Bien le bonjour!

Je sais que l'attente a été plus longue que prévue et je m'en excuse mais j'ai des bonnes nouvelles pour vous : cette absence n'aura pas été vaine puisque je l'ai utilisée, en fait, pour terminer cette fic car je trouvais les délais de parution trop longs et que je voulais me consacrer à d'autres projets (encore une longue fic en vue) et j'ai aussi eu le temps de pondre deux autres "Bulles".

Donc, au final, ça nous donne quoi, me direz-vous?

Et bien, ce chapitre (+ de 9300 mots quand même et sans mon blabla et le résumé!) et le suivant (+ de 11700 mots au complet) et l'épilogue (6000 mots), alors, alors?

Disclaimer: C'est avec regret que je me dois de me contenter de mater Naruto et Sasuke sans pouvoir me les approprier car Kishimoto ayant accepté les supplications des personnages, il a refusé de me les vendre... une question de perversité, je crois... pas tout compris...

Les rewiews:

Les rewiews sont le carburant du stylo de l'auteur mais c'est donnant-donnant c'est pour cela que j'y réponds toujours (même si parfois, je me laisse déborder et réponds en retard, gomen). Je réponds donc pour :

□ Les membres inscrits : par le système mis en place par le site.

□ Les anonymes : directement sur mon profil.

Trêve de blabla, bonne lecture!


Résumé du chapitre précédent :

Choji, après avoir découvert ce qu'il était arrivé à Ino, décide de la soutenir tout en essayant de la convaincre de venir avec lui mais elle s'y refuse, trop effrayée par Sasori. La présence de Choji ne passe pas inaperçue et on lui refuse l'entrée pour aller voir la jeune femme. Mais Choji décide de ne pas abandonner car il est inquiet pour Ino. Il trouve un moyen de pénétrer dans l'hôtel de passe et découvre la jeune femme contusionnée et choquée. Il décide de l'emmener avec lui mais se fait surprendre par un des gardes armés en poste. Il se fait rouer de coups avant l'intervention miraculeuse de Sasuke. Shikamaru, de son côté, est confronté à ses erreurs passées avec Gaara et leur relation s'avérera tendue après le retour de l'hôpital de ce dernier. Notre génie se rend compte à quel point il s'est reposé sur le roux et tente de reprendre les choses en main et de connaître son amant qui n'est absolument pas résolu à lui rendre la tâche facile, décidé que c'est uniquement la culpabilité qui fait agir son amant ainsi et que sinon, il se serait résolu à le quitter. Finalement, Gaara provoque la discussion qui permettra à Shikamaru de faire réellement ses excuses au roux et de lui demander une nouvelle chance. Malgré ses hésitations, l'amour que Gaara porte à Shika lui permettra de lui laisser une nouvelle chance mais il leur faudra du temps pour rebâtir un couple solide et une relation de confiance. De son côté, Sakura se dispute de plus en plus violemment avec Kankurô et trouve dans la présence discrète de Shino un réconfort inattendu malgré que leur relation ne soit officiellement basée que sur l'amitié, le jeune ayant été clair avec elle sur le fait qu'il éait hors de question de développer une relation avec une femme mariée. Néanmoins, Sakura prend conscience de son attirance pour le jeune homme mais cela l'effraie également et elle est confuse. Choisira t'elle son mariage ou tentera t'elle l'aventure avec le beau brun? Itachi, lui, se réveille à l'hôpital où il a été emmener d'urgence. Il a été sauvé de justesse et c'est avec étonnement qu'il trouve son ami Kisame à ses côtés à son réveil qui le booste à se reprendre en main... avant d'envisager d'aller batifoler avec la belle infirmière Shizune. le dialogue avec Kakashi ne sera pas aussi facile. Kakashi se remet très difficilement de ce qui a failli arriver à son amant et il veut obtenir de lui de lui laisser au moins une chance de l'aider, de le soutenir malgré sa future cécité en l'aidant à réaliser ses projets. Vaincu par la détresse de son amant, Itachi sait que c'est un rude parcours qui les attend et sa crainte de la nuit éternelle n'en est pas diminuée mais il veut essayer, pour son aimé. Sasuke, épuisé par sa journée, l'arrestation du gang de prostitution de Dogenzaka et le sauvetage inopiné d'Ino et Choji rentre chez lui fatigué mais il surprend une conversation entre Hinata et Naruto. Celle-ci est enceinte du blond et souhaite garder l'enfant. Il comprend que cela a eu lieu la nuit où Kiba est mort, quand son amant était allé réconforté la veuve avec Sakura. il est furieux et se sent trahi. Naruto lui a menti et son attitude de ces derniers temps lui laisse à penser que cela a avoir avec la culpabilité ressentie par le blond et il lui en veut profondément. Il prépare un sac à la va-vite et, malgré les suppliques de Naruto, s'en va.Néanmoins, une fois calmé, Sasuke va se rendre compte que cette crise a mise en avant les défaits de sa relation avec le blond et une série de non-dits entre eux. Malgré tout, il décide de patienter avant de le retrouver car son enquête est dangereuse et il veut protéger Naruto. Néanmoins, il ne s'attendait pas à ce que, le lendemain, il soit mis sous mandat d'arrestation pour corruption, l'obligeant ainsi à entrer dans la clandestinité...


Chapitre 6

La vie est un choix


- Alors, ma jolie. Tu sais ce qu'il te reste à faire ?

Elle hocha la tête. Oui, elle savait ce qu'il fallait faire.

Rester silencieuse, sourire quand on lui parlait, se laisser toucher quand il le fallait. Elle détestait quand il l'emmenait à ces réunions mais elle n'avait pas le pouvoir de dire non. Elle n'avait aucun pouvoir de toute façon. Elle écoutait les discussions mais n'y comprenait pas grand chose. Elle savait qu'il s'agissait de choses importantes mais on la considérait comme quantité négligeable. Ce qu'elle était, par ailleurs.

Par conséquent, cela n'avait pas le moindre intérêt qu'elle les entende ou non. Sasori avait toute emprise sur elle et elle n'était là qu'à titre d'objet qu'on exhibe et parfois que l'on offre à un collègue ayant besoin de « soins » particuliers, pour se détendre ou pour améliorer les relations. Un joli cadeau vivant. Sasori ne disait jamais son nom, elle n'était que « elle ». Elle n'avait même plus honte et c'était sans doute ça le plus honteux.

Ce jour-là, il lui avait prêté un kimono bleu pâle qui faisait ressortir ces yeux vides et comme tout le monde était de bonne humeur, il y avait eu une fête. Un partenariat venait de se conclure d'après ce qu'elle avait compris. Il y avait eu de la musique, de l'alcool… et elle. Ils l'avaient juste allongé, écarter les pans du kimono puis ils l'avaient prise sans précaution supplémentaire, les uns après les autres. Parfois à tour de rôle, parfois ensemble. Elle n'avait pas été capable de se relever, Sasori avait dû la laisser sur place.

Mais il était revenu chercher sa « petite chose précieuse ». Sasori revenait toujours. Et le cauchemar continuait.

0o0o0

Une main fraîche sur son visage. Une caresse agréable et douce. Depuis quand n'en avait-elle pas eu ? Elle chercha à remonter le cours de ses souvenirs mais tout était confus. Elle ouvrit les yeux, s'accommodant de la douleur désormais si familière. Une paire d'yeux, connus lui semblait-il, la fixait. Des yeux inquiets, fatigués et emplis de… sollicitude ?

Chôji.

- Ino ? Comment tu te sens ? Demanda t'il.

Ça aussi, c'était une question qu'elle n'avait plus l'habitude qu'on lui pose, sauf depuis quelques temps. Chôji. Il venait la voir presque tous les jours. Il ne posait pas de questions. Il lui amenait toujours quelque chose à manger et elle avait même recommencé à prendre un peu de poids. Et il lui parlait. Personne ne lui parlait plus. Et il lui donnait des nouvelles de tout le monde. Il ne la jugeait pas. Il s'inquiétait pour elle.

Que s'était-il passé ? Soudain, elle se souvint. La matrone avait prévenu Sasori de ce client qui venait quasiment tous les jours pour la rencontrer. Il était donc venu la voir. Il avait souri et elle avait su qu'elle avait des ennuis. Il lui avait demandé qui était ce client particulier, pourquoi il venait, si elle le connaissait. Elle ne pouvait pas dire la vérité. Elle avait juste dit qu'il s'était entiché d'elle. Mais Sasori ne l'avait pas cru. Il ne la croyait jamais.

Il avait demandé si elle avait parlé. Elle savait ce qu'il sous-entendait. Elle avait juré, prié que jamais elle n'avait parlé mais elle n'avait pas pu y échapper. Il l'avait violé, bien sûr, mais elle avait l'habitude et elle avait attendu qu'il en ait fini avec elle. Mais ce n'était qu'un début. Ensuite, il l'avait frappé. Pas suffisamment fort pour lui casser quelque chose bien entendu. Il ne fallait pas qu'elle reste trop longtemps « hors-circuit » mais suffisamment pour qu'elle retienne la « leçon ».

Après, tout était flou. Peut-être était-elle tombé inconsciente, elle ne se souvenait pas. Elle examina la chambre. Blanc. Lumineux. Définitivement pas sa petite chambre de Dogenzaka. Un bip attira son attention. Un bip ? Une machine était posée à côté d'elle et c'est alors qu'elle se rendit compte de la perfusion plantée dans son bras. L'hôpital. Sasori allait être furieux, pensa t'elle aussitôt. Elle tenta de se lever mais deux mains l'en empêchèrent doucement.

- Il ne faut pas que tu bouges Ino, déclara gentiment son ami. Tu n'as principalement que quelques ecchymoses et des bleues mais tu souffres également d'une légère commotion. Les médecins ont demandé à ce que tu te ménages., rajouta t'il.

- Comment… Commença t'elle, hésitante.

- Je suis venu te rendre visite. On n'a pas voulu me laisser entrer mais j'ai trouvé un moyen et puis, je t'ai emmené, annonça simplement Chôji..

- Sasori va m'en vouloir, déclara t'elle, plus pour elle-même qu'autre chose.

- Tu ne le verras plus, Ino, déclara fermement son ami brun.

- Mais il faut que j'y retourne ! S'exclama la jeune femme, paniquée. Il va me chercher et quand il me retrouvera…

- Il ne te retrouvera pas Ino, je te le promets, promit le jeune homme pour tenter de l'apaiser alors qu'il essayait de convaincre son amie de rester couchée.

- Mais tu ne comprends pas, sanglota la blonde, désemparée. Je n'ai nul part où aller, mes parents… ils ne doivent pas savoir ! Qu'est-ce que je vais faire ? Où vais-aller ? Je dois y retourner !

- Tu peux… venir chez moi, si tu veux, proposa le jeune homme.

- Je n'ai pas de quoi te payer, murmura la jeune femme avant de se redresser. Mais je peux…

Une main douce agrippa la sienne et un regard plein de gentillesse, de bonhommie, se planta dans ses yeux.

- Tu n'auras plus jamais à faire ça, Ino. Je suis ton ami. Les amis sont fait pour ça.

Après tant de temps passé à n'être considéré que comme un objet qui se monnaye, elle avait du mal à croire les paroles du jeune homme. Tout se paie avait-elle appris avec Sasori mais elle savait que Chôji était sincère. Il l'avait toujours été. Il ne lui avait jamais menti. Mais pouvait-elle accepter ? Sasori allait la faire rechercher, c'était sûr. Elle allait mettre Chôji en danger. Ce n'était pas ce qu'elle voulait. Elle leva des yeux incertains vers son ami qui lui souriait aimablement.

- Sasuke va assurer discrètement la protection du restaurant, déclara t'il gentiment, conscient des inquiétudes rémanentes de la jeune femme. J'ai mon appartement juste au dessus mais ne t'inquiètes pas, tu auras tes propres quartiers. Il y a un petit appartement vide juste au dessus du mien comme ça, tu seras indépendante, d'accord ?

C'était juste… trop. Elle se mit à pleurer, sans pouvoir s'arrêter. Elle laissa échapper toutes les larmes qu'elle avait retenues, toutes les angoisses et les inquiétudes qui la rongeait. Elle ne prit conscience que Choji l'enlaçait que lorsque les larmes se tarirent. L'étreinte était maladroite mais réconfortante. Ils restèrent un moment ainsi jusqu'à ce que la porte ne claque violemment, laissant entrer un Sasuke essoufflé.

- Il faut partir. Maintenant, expliqua t'il, l'urgence clairement lisible dans sa voix.

- Qu'est-ce qui se passe ? Interrogea Chôji.

- Il arrivent, répondit sobrement Sasuke.

Ils arrivent. Sasori. Le cauchemar. Elle se remit à trembler et chercha du réconfort auprès de son ami qui lui sourit.

- T'inquiètes pas, Ino. On va pas les laisser te faire de mal.

Elle hocha la tête faiblement, laissant Sasuke lui ôter l'aiguille de la perfusion. Chôji l'enveloppa dans le drap de l'hôpital. Ils n'avaient pas le temps de lui permettre de s'habiller. Il la prit dans ses bras, encore une fois, et il se faufilèrent par la porte de secours. Sasuke avait une voiture qui lui servait pour sa mission d'infiltration et grâce à cela, ils purent quitter discrètement l'hôpital sans se faire remarquer.

Il leur fallut plusieurs détours et rebrousser plusieurs fois chemin avant de finalement arriver chez Chôji. Ils installèrent la jeune femme dans la chambre d'ami de l'appartement de Chôji en attendant que celui destiné à accueillir la jeune femme soit prêt. Chôji n'avait pas songé à le meubler et à l'aménager et s'était contenté de le faire nettoyer et rénover en attendant d'en avoir l'utilité. Ils laissèrent la jeune femme se reposer. Ino se rendormit quasiment aussitôt, le drainage intense d'énergie dû au surplus d'émotion, ajouté à son état de santé fragile, avait eu raison de ses maigres forces.

Sasuke et Chôji s'assirent dans le salon sans parler jusqu'à ce que Sasuke ne prenne la parole.

- Tu sais que l'Akatsuki va la rechercher ? Demanda t'il, sans préambule.

- Tu n'envisages quand même pas qu'elle y retourne ? Répondit le jeune homme, choqué.

- Non. Bien sûr que non, répondit aussitôt le policier. Mais je veux que tu prennes conscience des risques que tu vas encourir. Et, de plus, je ne suis plus vraiment en position pour t'aider, rajouta le brun, sans ambages.

- Tu veux dire, cette histoire de corruption ? Questionna curieusement le jeune home en servant le thé, depuis la cuisine.

- Oui, acquiesça le jeune homme.

Un léger silence prit. L'attaque avait eu lieu la veille. Hier encore, Sasuke faisait parti des forces de police. Aujourd'hui, il était activement recherché par ses propres collègues pour corruption. Choji examina son ami. Il n'était pas très proche de Sasuke mais il voyait les grandes cernes et la fatigue qui ornait ses traits. Il se demanda comment Naruto prenait la chose mais n'osa pas poser de questions. Il savait seulement que Sasuke était innocent. C'était évident, même pour lui. Après, les détails lui importaient peu.

Sasuke ne lui en donna pas. Il lui expliqua simplement qu'il effectuerait une surveillance à distance et qu'ils ne se contacteraient plus dès lors qu'il partirait de l'appartement. Il donna quelques consignes à Chôji pour Ino. Elle ne devait pas sortir du restaurant jusqu'à ce que ses « employeurs » de l'Akatsuki ne soient arrêtés. Tant que le danger ne serait pas levé. Il écouta attentivement jusqu'à ce que la jeune femme ne fasse savoir qu'elle était réveillée.

Sasuke demanda à s'entretenir avec elle un moment et Chôji les laissa seuls. Il fit ce qu'il faisait toujours quand il stressait : il cuisina. Il se doutait bien que Sasuke allait devoir se réfugier dans la clandestinité et il ne pouvait pas faire grand chose pour l'aider autrement que de lui préparer de quoi tenir au moins pour une journée. Il s'interrogea une nouvelle fois : Naruto était-il au courant ? Lui-même ne l'avait su qu'en allant chercher une boisson au distributeur dans le hall d'entrée pendant que le médecin examinait la jeune femme.

Le kiosque à journaux en libre-service placardait l'annonce à la une et il avait failli blanchir quand il avait lu le titre. Et vu les cernes de Sasuke, il n'avait pas du dormir la nuit précédente… Avait-il eu le temps de le prévenir ? Naruto devait se faire un sang d'encre. Il n'avait jamais compris pourquoi les autres qualifiaient la relation entre Naruto et Sasuke d'idyllique ou presque. Il était évident pour lui que l'insécurité était la principale caractéristiques de celle-ci même s'il lui semblait inapproprié d'en parler. Ce n'était pas ses affaires.

Néanmoins, il sentait que quelque chose de grave se tramait et il s'inquiétait pour ses amis. Même si le noiraud avait un caractère de chien, il était vraiment amoureux de Naruto et cette affaire n'était vraiment pas une bonne chose vu l'ambiance récente entre les deux amants. Il sentait leur relation instable, fragilisée, et cette séparation forcée, due à la fuite forcée de Sasuke, en attendant que son innocence soit prouvée (car il ne faisait aucun doute pour Choji qu'elle le serait) était vraiment malvenue.

Mais il ne dirait rien. Ce n'était pas à lui de dire aux gens ce qu'ils devraient ou ne devraient pas faire. Sasuke et Naruto étaient des adultes et c'étaient à eux de faire face à leurs problèmes de couple. Il en avait fait de même avec Shikamaru et Gaara et cela avait été bénéfique en fin de compte. Et c'était peut-être l'occasion pou eux de mettre les choses à plat, pensa t'il. Dans la chambre, il entendait les bruits des conversations, le ton monocorde des questions que devait poser le jeune policier et celui-ci hésitant et brisé de la jeune femme. Oui, Naruto et Sasuke s'occuperaient bien d'eux-mêmes seuls.

Lui, il allait s'occuper d'Ino.

0o0o0

- Mais il y a bien quelque chose que je puisse faire ! S'écria la jeune femme, exaspérée.

Chôji détourna le regard, embarrassé. Depuis près de trois mois que Ino avait emménagé chez lui, le temps avait passé incroyablement vite et si sa santé était encore fragile et son corps trop mince, le tempérament de la jeune femme, lui, avait finit par recommencer à se faire sentir. Même s'il était suivi de crises de larmes de la jeune femme qui n'arrivait pas à ne pas culpabiliser de ses éclats. Ce qui ne tarda pas, une fois de plus. Chôji fit alors ce qu'il avait pris l'habitude de faire : il la prit dans ces bras pour la réconforter.

Chôji ne pouvait qu'imaginer ce que son amie ressentait. Ino était terrifiée. Elle ne demandait jamais à sortir, cette simple perspective faisait s'entrechoquer ses genoux. Le danger n'était pas écarté et ils le savaient tous les deux mais rester sans rien faire toute la journée n'était pas vivable à terme. Au début, Chôji lui avait proposé de l'aider avec ses affaires notamment la comptabilité et la gestion du restaurant pour l'occuper mais la jeune femme, quoique enthousiaste et pleine de bonne volonté, était plus une catastrophe qu'autre chose.

Il avait dû passer de longues heures dans ses livres de comptabilité pour repasser derrière la jeune femme jusqu'à ce qu'elle le surprenne et refuse depuis d'y toucher, prise par le remord de lui avoir compliqué la tâche. Néanmoins, elle avait fini par prendre l'initiative en suggérant de faire le service au restaurant après le départ inopinée d'une des serveuses. Et elle s'en sortait plutôt bien jusqu'au moment où son passé l'avait rattrapé.

Un client éméché l'avait reconnue et ne s'était pas privé de lui faire des avances plus que poussées devant une Ino totalement démontée et au bord des larmes jusqu'à ce que Chôji et deux autres cuisiniers ne sortent l'intrus du restaurant. Ino avait refusé de manger pendant deux jours après ça et s'il n'y avait pas eu Itachi, Chôji aurait dû s'avouer qu'il était impuissant à aider la jeune femme lorsqu'elle lui avait confessé d'une voix éteinte :

- Tu vois Chôji, tu auras beau essayer de dissimuler la crasse sous le tapis, elle finit toujours par ressortir.


Kakashi et Itachi était rapidement devenus des habitués du « Palais gourmand » de Chôji au même titre que la plupart de leurs amis par ailleurs. Celui-ci se réjouissait de pouvoir les côtoyer. Il avait d'ailleurs du mal à voir, en dehors de leurs physiques, une quelconque ressemblance entre Itachi et Sasuke. Même s'il était réservé et peu expansif, le frère aîné Uchiha était considérablement plus ouvert que son frangin et il émanait de lui une douceur et une compassion sensitive que l'on devinait issues de la dureté des épreuves de la vie.

Et lorsque le destin avait encore frappé Itachi, le restaurateur s'était inquiété de voir s'effondrer cet homme qui lui rappelait tant son Ino. Il voyait bien les efforts de Kakashi pour l'aider, son désespoir presque mais il constatait que le problème semblait sans solution jusqu'à ce qu'une rencontre fortuite, même si légèrement orchestrée par Chôji, eut pour effet de passer un peu de baume sur les blessures de chacun. C'est pour cela qu'il ne s'étonna que peu de la complicité rapide entre sa protégée et Itachi.

- Non Kakashi, ce n'est pas de l'organza[1], c'est de la popeline[2]…. Mais tu n'étais pas loin, tenta de le rassurer Itachi, sa main se posant doucement sur celle de son amant qui serrait les dents. Même si Itachi avait définitivement perdu la vue il y avait près de deux mois maintenant, sa sensibilité aux émotions des autres, et de son amour en particulier, n'avait en rien diminué, au contraire.

- Je suis désolé, murmura tristement Kakashi.

- Ce n'est pas grave, maintenant tu le sais, déclara gentiment le brun tout en se saisissant de ses baguettes avec dextérité et commençant à manger le plus naturellement du monde.

La cécité s'avérait finalement moins gênante que ne le craignait Itachi et ses craintes de voir son amant l'abandonner lorsqu'il serait rendu compte du fardeau qu'il était devenu étaient presque éteintes désormais. Le seul problème majeur, du point de vue d'Itachi, restait la lenteur de leur travail désormais et du retard dans l'achèvement des commandes confiées. Malgré le temps qu'il y consacrait ert son envie de soutenir au mieux son amant dans son travail, Kakashi n'avait pas « l'œil » en matière de décoration et il sentait bien que la frustration de son amant était à son comble. Il n'avait pas la fibre artistique. Kakashi se sentait inutile et l'aura de tristesse qu'il dégageait rendait Itachi misérable.

- Ce… ce serait plus gai avec du Sabra[3]… à mon avis, rajouta précipitamment la voix timide d'Ino qui déposait les plans annotés par Chôji pour la redécoration de son restaurant au comptoir principal où s'étaient installés les deux hommes.

- Du sabra ? Fit la voix songeuse d'Itachi avant qu'un sourire ne se dessine sur les fines lèvres. Oui, ce serait une très bonne idée. Ses sourcils se froncèrent un instant : Mais dans ce cas, il va falloir trouver autre chose pour les zabutons…

- Pourquoi pas de la toile batiste ? Suggéra la jeune femme, plus à l'aise.

- Excellent ! S'exclama Itachi, enthousiaste. Et pour la fontaine murale, cela apportera une touche naturelle, exotique mais élégante tout en restant dans l'esprit…

- Dans l'esprit de la culture japonaise traditionnelle, acheva la jeune femme qui souriait doucement face à un Kakashi amusé et surtout, soulagé.

Pendant que Ino entraînait Itachi à l'étage tout en discutant soieries, équilibre entre gyô, shin et so[4], Kakashi tournait un regard reconnaissant vers Chôji qui faisait semblant de ne pas l'avoir remarqué, occupé à préparer des Tsukemono [5]. Il se doutait bien à qui il devait ce revirement inespéré et l'idée était effectivement excellente considérant le talent dont avait toujours fait preuve la jeune femme dans ce domaine. Elle serait sans aucun doute une excellente partenaire de travail pour Itachi, permettant à Kakashi de se recentrer sur ce qui faisait sa partie auparavant et en arrêtant de culpabiliser pour la cécité de son amant. Il laissa échapper un petit rire :

- Tu sais, Chôji, je crois que je t'en dois une sur ce coup-là, laissa t'il échapper gaiement avant que son ton ne se fasse plus sérieux : Je ne sais pas combien de temps encore on aurait pu tenir et voir le rêve d'Itachi s'effondrer…. Je ne l'aurais pas supporté, confia t'il tristement.

- Tu ne me dois rien, répondit calmement Chôji. J'ai déjà été largement récompensé.

Les yeux de l'argenté se chargea de compréhension. Il était évident pour quelqu'un d'un tant soit peu attentif que les sentiments de Chôji dépassait le stade amical mais il était également indéniable qu'il n'avait pas l'intention de faire part de ceux-ci à l'intéressée. Il lança un regard explicite à son ami qui se contenta de lui faire passer le message au travers d'un œil à l'expression limpide :

Ce n'était pas ses affaires.

0o0o0

Ino ne comprenait pas. Pas vraiment. Elle se sentait… bien. Tout était parfait maintenant, ou presque. Cela faisait six mois maintenant qu'elle avait quitté l'enfer de Sasori et même si elle ne pouvait sortir dans la rue, elle se sentait libre. Elle avait eu des cauchemars quasiment toutes les nuits et elle en avait encore mais ils étaient plus lointains, moins douloureux à présents. Elle préférait rester dans la chambre d'ami de Chôji plutôt que de rester seule dans l'immense appartement qu'il lui avait mis à disposition.

Comme ça, la nuit, lorsqu'elle s'éveillait de l'un de ses trop nombreux souvenirs mélangés à ses craintes les plus profondes, elle pouvait venir se glisser dans la chambre de Chôji pour qu'il la rassure. Chôji ne lui apparaissait pas comme menaçant même s'il était un homme. Il savait mais ne la chassait pas ni ne la regardait avec pitié. Il était toujours éveillé et il ne la forçait jamais à lui parler de son passé. Il se contentait de lui ouvrir les bras et de la serrer contre lui jusqu'à ce qu'elle soit calmée. Jamais il ne s'imposait et il n'avait jamais eu de gestes déplacés à son encontre.

Il la protégeait.

Au début, elle pensait qu'il voudrait… Mais il ne l'avait jamais demandé à Dogenzaka et même après ça, quand elle avait pris son courage à deux mains après qu'il l'eut une fois de plus réconforté, elle avait voulue l'embrasser et il l'avait repoussé. Elle s'était mordue les lèvres, croyant qu'il était dégoûtée par elle, par ce qu'elle était mais il l'avait retenue alors qu'elle avait cherché à fuir. Il lui avait dit qu'elle ne lui devait rien, qu'il était son ami et qu'elle n'avait pas à se sentir redevable.

Là, pour la première fois depuis si longtemps, elle s'était sentie réellement et profondément en sécurité.

Chôji ne demandait rien et faisait tout pour elle comme si c'était la chose la plus naturelle qui soit. Pourtant, ils n'avaient jamais été très proches autrefois et elle se rappelait avec honte des remarques désobligeantes qu'elle avait proféré sur son poids. Bien sûr, elle avait toujours trouvé Chôji gentil. Un garçon un peu gauche et pas très bavard. Gentil mais… pas son type. Elle avait construit très tôt une idée précise du genre d'homme qu'elle voulait rencontrer puis épouser.

Et elle avait rencontré Sasori.

Sasori correspondait à tout ces critères. Il était beau, charmant et charmeur, intelligent et riche. Suffisamment pour l'entretenir et soutenir ses projets. Elle s'était laissée aveuglée par l'apparence et elle en avait payé le prix. Même maintenant, même si elle essayait de l'oublier, elle savait ce qui l'attendait dehors et s'il n'y avait la présence rassurante de Chôji, elle resterait terrée au fond d'un placard à trembler toute la journée.

Et puis, il y avait Itachi et son nouveau travail. Le brun était d'une patience infinie et si elle se doutait qu'il était « au courant », il n'en avait pas mentionné un mot, de même que Kakashi. Elle aidait le brun a construire ses nouvelles compositions, à mettre en place ses idées et leurs potentiels créatifs étaient décuplés ainsi assemblés. Kakashi prenait des vidéos des lieux à décorer, s'occupant du côté technique et de la gestion, soulagé de ne plus avoir à s'impliquer dans le côté « artistique » de la chose à vrai dire.

Bien entendu, comme elle ne pouvait pas sortir, leurs réunions se déroulaient dans l'appartement de Chôji mais leur collaboration se déroulait plutôt bien. Itachi et Kakashi étant homosexuels, elle ne se sentait pas mal à l'aise en leur présence même si, au départ, elle avait eu du mal à s'habituer au côté « tactile » d'Itachi. Mais comme il le faisait en toute innocence, elle s'y était faite et après cela, sans s'en rendre réellement compte, elle avait commencé à ne plus sursauter à chaque geste, chaque frôlement. Elle avait élargi petit à petit son cercle de confiance. Avec ses amis pour commencer, Sakura bien sûr, et puis Itachi, Kakashi, Naruto et Shikamaru, Gaara, Hinata, Neji, Tenten et tout ceux qui avaient été un jour ses amis.

Ils l'acceptaient comme elle était, simplement. Sans poser de questions.

Et Dieu, que cela lui avait manqué ! Les chamailleries de Gaara et de Shikamaru, les ramens de Naruto, l'impassibilité de Neji… Ils se retrouvaient tous régulièrement au restaurant avant de monter à l'appartement pour continuer la soirée, souvent attendant un break pour que Chôji puisse les rejoindre. Elle était heureuse, ou presque. Elle avait un travail honorable, des amis formidables et bientôt, quand toute cette histoire serait terminée, que Sasuke serait blanchi de ces calomnies, alors elle oserait appeler ses parents.

Elle ne leur dirait pas de quel enfer elle sortait, elle ne le pourrait jamais, elle le savait. S'ils la rejetaient… Ses parents avaient toujours été très coulants avec elle. Ils avaient tolérés son mauvais caractère et ses résultats scolaires moyens. Il l'avait même encouragé à devenir styliste comme elle le voulait au départ mais ils avaient néanmoins de très stricts principes moraux et elle ne supporterait pas de les décevoir.

Et puis, il y avait Chôji.

Il se comportait en grand frère protecteur mais… elle ne savait pas si cela lui suffisait. Il avait tant sacrifié pour elle, tant fait. Chôji était quelqu'un de droit, de sérieux et d'indépendant. Il était très travailleur et très talentueux dans son domaine. Il montait tous les jours pour la forcer à manger lorsqu'elle s'était installée chez lui après leur fuite de l'hôpital. Et il restait à parler avec elle, de tout et de rien. Du restaurant, de leurs amis. Puis il la laissait se reposer.

Puis, il avait proposé d'amener Sakura. Elle avait refusé, bien entendu. Mais cela avait fait parti de ces choses qu'il savait qu'il fallait qu'elle affronte. Il lui avait fallu longtemps avant qu'elle accepte finalement de rencontrer son amie d'enfance. Elle avait craint cette entrevue mais l'acceptation simple de Sakura lui avait ôtée un grand poids. Et elle avait pleuré et pleuré encore dans les bras de celle qui, il n'y avait pas si longtemps que cela, elle consolait encore lorsqu'elle subissait des moqueries sur son « grand front ».

Et leurs discussions lui rappelaient que le monde continuait à tourner en dehors de sa cage dorée. Un monde dont elle avait toujours peur mais qu'elle se sentait de plus en plus prête à affronter. Parce qu'elle n'était plus seule et qu'elle savait qu'on la rattraperait si elle trébuchait. Chôji y veillerait, c'était sûr. Sakura l'avait mise en garde contre ce qu'elle appelait le syndrome de la rescapée, pour ne pas infliger à Chôji une peine imméritée. Ino devait faire le tri dans sa vie avant de pouvoir envisager une relation.

Cela lui avait pris longtemps mais maintenant, elle savait exactement quels étaient ses sentiments.

0o0o0

- Shika ? Demanda une voix dangereusement basse et lente. De quelle couleur est cette chemise ?

Ledit Shika appliqua aussitôt une stratégie de repli appropriée au ton et se leva pour mettre la table entre lui et son furieux petit-ami.

- Bleue ? Tenta t'il.

- Et sais-tu de quelle couleur elle devrait être ? Poursuivit le roux en articulant exagérément chaque mot.

- Euh…

- BLANCHE ! Elle devrait être blanche ! C'est pas croyable ! Explosa le roux, les doigts crispés sur la chemise du haut de sa chaise roulante. Je t'ai répété combien de fois qu'il ne faut pas mélanger le blanc avec les couleurs ? Non, ne me dis pas, je me fous que tu les aies compté…

- J'ai mis une lingette, tenta de se justifier le brun tout en tournant autour de la table pour éviter que le roux ne l'attrape.

- UNE LINGETTE ! Je t'ai déjà dit que c'était de l'attrape-nigaud ces trucs-là et toute une lessive qui a été gâchée ! Parce qu'il n'y a pas que ma chemise préférée… PREFEREE, tu entends ? Toute une parure de draps et toute neuve ! Sans compter les…humf !

Une paire de lèvres brûlantes se saisirent des siennes et le roux soupira intérieurement. Ce qu'il pouvaient détester quand son amant faisait ça !

- Je suis désolé, murmura l'autre contre sa bouche.

Et il craqua.

0o0o0

- Je ne comprends pas, fit le roux, désappointé.

- C'est pourtant simple, il me semble, fit l'autre, le sourcil haussé, un léger sourire aux lèvres.

- Tu dis que tu n'as pas passé commande, reprit lentement l'autre sans y croire.

- Nan, confirma l'autre, un léger sourire aux lèvres.

- Et il ne restait rien de ce que j'ai préparé hier ? Demanda l'autre, toujours méfiant.

- Nan, assura le brun.

- Mais… c'est…. mangeable, déclara Gaara, incrédule.

- Je sais. Je trouve aussi, fit le brun, satisfait de lui-même en se resservant une part.

- Tu as… cuisiné ?

- Ouais.

- Sans appeler les pompiers ?

- Nope.

- Et la cuisine est…

- Propre comme un sou neuf, mon ange, certifia le brun.

- Comment… ?

- J'ai pris des cours avec Chôji, déclara simplement Shikamaru en le regardant tendrement.

- Tu…

- Qu'est-ce que je ferais pas pour toi, sérieux ! Soupira Shika en baillant ouvertement.

Le roux l'aurait pu, il se serait jeté dans les bras de son amant. Il avait pesté sur le fait qu'il soit, malgré sa main toujours bandée et en convalescence, obligé de cuisiner tous les repas mais il n'avait jamais forcé le brun à prendre des cours de cuisine. Jamais. Il l'avait vu manier un couteau et après trois boîtes de pansements et un séjour aux urgences, il avait même dû renoncer à lui demander de l'aider à préparer les repas.

Mais Shikamaru avait appris pour lui.

Cela faisait presque quatre mois depuis l'accident et s'il était toujours maladroit avec ses béquilles nouvellement acquises, elles lui donnaient assez d'autonomie pour approcher de son amant et lui faire comprendre à quel point ces attentions étaient appréciées. Et Dieu ! Elles l'étaient vraiment beaucoup. A tel point que Shikamaru eut beaucoup, beaucoup, de mal à s'asseoir le lendemain.

Galère !

0o0o0

- Pourquoi tu fais ça ? Je pensais que t'étais son meilleur ami, non ? Murmura le brun, baillant à s'en décrocher la mâchoire après une sieste trop courte à ses yeux alors qu'il aidait son amant à nouer sa cravate, la main gauche de celui-ci n'ayant pas encore retrouvé toute sa motricité.

- C'est parce que je suis son ami que je le fais, rétorqua l'autre, affichant un visage irrité à l'attention de son compagnon tout en s'en réjouissant secrètement. Je le soutiens même si je n'approuve pas ses choix.

- C'est vrai que Sasuke n'a pas donné de nouvelles depuis six mois mais quand même… Argua le brun alors que le roux affichait une mine exaspérée. Il n'a sans doute pas pu, ce n'est pas de tout repos, quand on se cache, pour communiquer, je suppose. Avec ses ex-collègues à ses trousses.

- Il a bien trouvé un moyen pour prendre régulièrement contact avec son frère, non ? Ça l'aurait tué, cette face d'empaffé de juste laisser un mot à Naruto pour dire que tout va bien ? S'écria t'il abruptement.

- Et donc, reprit le brun pour tenter d'apaiser la tension de son amant (et pour éviter, surtout, que ça lui retombe dessus), on est obligé d'assister et de participer à ça ? Franchement, je pige pas la logique du truc. Il était pas obligé d'en arriver à ça.

- Shika, reprit le roux d'une voix dangereusement calme, je sais que tout le monde te considère comme un génie…Le jeune homme marqua une pause avant de reprendre, l'air ennuyé : et sache que je respecte ton intelligence plus que tout autre mais quand il s'agit du domaine relationnel… t'es vraiment une quiche.

- Je sais, conclut doctement ladite quiche. Il savait qu'il ne servait à rien d'argumenter, c'était un fait et pour l'être logique et rationnel qu'il était, il était évident qu'il était inutile (et beaucoup trop fatiguant) de chercher à contredire son amant.

- Donc, nous allons chercher tes parents et tu vas me faire le plaisir de rester éveillé jusqu'au bout sinon… Menaça le jeune homme aux cheveux flamboyants, un sourire sadique inscrit sur sa face.

- Ouais, ouais, je sais. Galère ! Néanmoins, un sourire mutin vint fleurir du bout des lèvres fines pour contredire ses propos précédents lorsqu'il ajouta : si je suis méchant, tu devras me punir, n'est-ce pas ?

- Incorrigible… Soupira Gaara.

- Oh, si ! Justement… corrige-moi ! Susurra le brun tentant de faire glisser ses mains sous la chemise de son amant… Aïe !

- Dépêche toi, je ne veux pas être en retard et il faut encore passer chercher te parents, l'admonesta le roux en sortant de la pièce, lourdement appuyé sur ses béquilles alors, que laissé seul dans la pièce, le génie réfléchissait à sa prochaine stratégie d'approche tout en soignant ses pauvres doigts martyrisés :

- Note à moi-même : pour éviter d'aller où Gaara veut aller… c'est perdu d'avance, autant se résigner… Galère !


- Tu devrais plutôt mettre celle-ci, tu sais, conseilla doucement la jeune femme.

- Oui. Tu dois mieux savoir que moi, agréa le jeune homme rondelet en tendant la main pour saisir la cravate de soie en soie chamarrée que lui tendait Ino. Il faillit se reculer lorsqu'elle s'avança pour réajuster le nœud. Il n'avait pas le droit, ce n'était pas juste.

- Bien sûr que j'ai raison, lança t'elle, malicieusement tout en retenant la grimace qui menaçait de s'imprimer sur son visage tout en faisant semblant de ne pas avoir remarqué le mouvement de recul (de rejet d'après elle) de son ami..

- Tu es très belle dans cette robe, complimenta galamment Chôji, faisant rayonner la jeune femme de plaisir. Elle adorait la décoration mais elle n'avait rien perdue de sa première passion pour le stylisme et grâce à Sakura qui lui avait apporté le tissu et le matériel nécessaire, elle avait pu confectionner sa propre tenue sans rien devoir à Chôji cette fois et elle en était très fière. Elle avait tout payé avec l'argent de son salaire auprès d'Itachi.

- C'est la coupe, fit elle, timidement. Et le tissu rend bien, c'est tout. Elle avait encore du mal avec les compliments mais elle appréciait ceux de Chôji qui ne cachaient pas d'intentions sous-jacentes. Il était toujours sincère même s'il ne voulait pas d'elle autrement que comme une amie. Trop souillée, elle le savait.

- Non, Ino, ajouta t'il gentiment. Tu es belle. La robe ne fait que mettre en avant ce qui était déjà présent.

Ils se turent, gênés. Chôji d'en avoir trop dit et Ino parce qu'elle ne savait pas comment réagir. Le jeune homme n'avait jamais fait montre de cet intérêt pour elle et la seule fois où elle l'avait proposé, il l'avait repoussé. Elle se rappela un conseil qu'elle avait donné à Sakura lui disant qu'il valait mieux tenter que regretter. Le cœur battant, elle décida d'oser. Elle se hissa sur la pointe des pieds pour atteindre les lèvres de son ami dont les yeux s'élargirent soudainement à la douce pression, fragile et hésitante des lèvres de la jeune femme sur les siennes. Lorsqu'elle mit fin au chaste contact, Chôji se détourna.

- Tu n'as pas à faire ça. La voix était calme mais le ton était incertain.

- Peut-être… peut-être que c'est ce que je veux, bredouilla Ino, tremblante.

- Je ne veux pas de ta pitié, murmura Chôji.

- Ma pitié ? répliqua ironiquement la jeune femme, des larmes contenues. Dis plutôt que tu ne veux pas de moi. Je pourrais l'accepter, tu sais.

- Ne pas vouloir de toi ? Demanda le brun, perplexe, rencontrant enfin le regard de la jeune femme.

- Je sais bien que… après ce que j'ai fais… le nombre d'hommes qui ont… qui m'ont…

Il ne put s'empêcher de la prendre dans ses bras. Et Dieu, que ça faisait du bien. Bien sûr qu'il l'aimait mais il n'avait pas voulu qu'elle croit qu'il avait fait tout ça pour ça. Qu'il voulait quelque chose en échange. Elle était tellement plus que ça. Il l'avait toujours admiré, petit. Ce caractère, cette force. Souvent, il se contentait de la regarder. Il voyait bien comment elle était, pleine de vie, enthousiaste et dynamique. Mais protectrice aussi, lorsqu'elle défendait Sakura contre ceux qui se moquaient d'elle.

Puis, ils avaient grandi mais il n'avait jamais osé l'aborder. Il savait bien que même si elle l'aimait bien, elle ne le trouvait pas attirant. Trop gros, trop lent. Pas intéressant. Et après Hitomi, il avait perdu tout espoir de séduire une fille aussi jolie. Et voilà qu'elle l'avait embrassé et lui… il se détestait pour oser y penser, pour oser… espérer. Ino pensait qu'elle l'aimait pour l'instant mais elle trouverait bien mieux.

Elle méritait tellement plus que ce qu'il pouvait lui offrir.

C'est ce qu'il lui murmura à l'oreille, doucement, la berçant délicatement, comme il le faisait lors de ses cauchemars. Il lui disait que le passé n'avait pas d'intérêt, que l'homme qu'elle choisirait , s'il l'aimait vraiment, ne s'en soucierait pas. Que ça n'avait pas d'importance. Qu'il ne fallait qu'elle perde son temps avec des gens comme lui quand l'avenir lui tendait les bras.

Elle l'écoutait, blottie dans les replis de chair qui la réchauffaient si bien, qui la rassuraient tellement. Et elle sut, avec une clarté telle qu'elle dissipa ses doutes, qu'elle ne voudrait jamais d'autres bras que ceux-là. Qu'elle ne voulait pas voir d'autres yeux que ceux, si doux et si compréhensifs de Chôji. Et elle voulait se battre pour ça. Elle ne le laisserait pas décider pour eux. Elle se sentait de nouveau pleine de cette énergie que lui avait confisquée Sasori et, prenant une grande respiration, elle se dégagea de l'étreinte protectrice de Chôji avant de planter son regard dans ses yeux noisette.

- N'envisage même pas d'essayer de te débarrasser de moi comme ça, Monsieur Akimichi.

Et elle l'embrassa. Encore. Et il ne la repoussa pas et se contenta de la serrer. Plus fort.


- Tu ne peux pas me faire ça ! S'exclama t'il, choqué. Pas maintenant ! Je dois signer un important contrat avec la Toei, j'ai besoin que tu sois là. Arrête tes caprices un peu, tu veux ?

Si Sakura avait eut le moindre regret, ils furent dissipés. Elle esquissa un sourire, amère.

- Je t'annonce que je demande le divorce, que je vais m'installer chez une amie et la seule chose à laquelle tu penses c'est à l'impact sur tes affaires ? Voilà qui résume bien notre mariage.

- Allons, Sakura, ce n'est pas ce que je voulais dire, déclara maladroitement Kankurô pour se rattraper. Il n'est pas question que tu partes vraiment et tu le sais, voyons. Sois raisonnable et va déballer tes affaires.

La jeune femme soupira et si son ton était triste, elle restait néanmoins calme et déterminée :

- Non.

- Arrête de faire l'enfant et va ranger ce bazar, on en discutera plus tard si tu veux mais là, j'ai des choses importantes qui m'attendent, soupira un Kankurô exaspéré.

- C'est bien là le problème tu vois. Il n'y a jamais de plus tard avec toi et tu attends toujours que je t'obéisse sagement mais je vais t'apprendre quelque chose que tu n'as pas assimilé apparemment : je ne suis pas une enfant et je vais maintenant m'en aller.

- Tu es ma femme, nom d'un chien Sakura ! Ets-ce qu'un jour tu vas te comporter comme telle et cesser ces insupportables crises ? S'emporta Kankurô.

- Au revoir, Kankurô déclara simplement la jeune femme avant de tourner les talons, ses deux valises à la main et de sortir de la maison, tandis que son mari, une fois le premier choc passé, lui hurlait qu'elle finirait par revenir de toute façon et qu'elle en aurait pour un moment à se faire pardonner.

Une fois dans la taxi qui la menait chez Hinata, elle laissa couler ses larmes. Du soulagement, principalement. Etrangement, elle se sentait mieux au fur et à mesure qu'elle s'éloignait. Elle avait changé. Kankurô aussi. Ils n'arrivaient plus à se comprendre, à se parler. Il fallait que l'un des deux prenne position, pour qu'ils arrêtent de se faire du mal. Les derniers mots de Kankurô flottaient dans l'air et c'est un murmure douloureux qui lui répondit :

- Je n'ai plus envie de pardonner. Je veux pouvoir exister.

0o0o0

- Alors, où tu en es avec ton divorce ? Questionna doucement son amie.

- Kankurô a enfin renoncé à chercher à me « faire entendre raison » et à entraver la procédure, ce ne devrait plus prendre très longtemps puisque les questions matérielles avaient été réglées par notre contrat de mariage, annonça Sakura, sereine.

- Tu vas pouvoir passer à autre chose, poursuivit Ino. Et puis, comme il retourne vivre en Grande-Bretagne, tu n'auras même pas à te soucier de le rencontrer.

- Oui.

- Tu es triste ? Demanda la blonde avec délicatesse.

- Oui, un peu. Sans doute, avoua la rose tout en jouant avec ses cheveux qu'elle avait décidé de couper court. Elle n'avait pas cédé sur la couleur mais elle avait accepté de les avoir long comme le voulait son futur ex-mari.

- C'est normal, la rassura la blonde. Vous étiez marié depuis un moment tout de même et c'est toujours difficile de savoir que l'amour que l'on a éprouvé pour quelqu'un et qui était censé durer toute une vie s'est évanoui.

- Oui, tu as sans doute raison. Je pense qu'on était tous les deux trop jeunes, pas prêts pour cette vie-là. Et quand on a eu fini de grandir, on était devenu trop différents mais on était trop fier pour se l'avouer.

- On fait tous des erreurs, tu sais, murmura tendrement son amie. J'en suis un bon exemple…

- Oh ! Je ne voulais pas… Je suis désolée, s'excusa la jeune femme.

- Ne t'en fais pas, la gratifia Ino avec un sourire. Même si c'est encore dur d'y penser, je sais que j'ai ma propre responsabilité dans ce qui s'est passé…

- Non ! C'est la faute de ce Sasori de malheur et si je lui met la main dessus…

- Arrête Sakura, je ne dis pas que tout est entièrement de ma faute mais je dois admettre que, comme pour ton histoire avec Kankurô, j'ai mes torts et que ma foutue fierté a sans doute jouée, tu vois ?

Elles papotèrent encore un moment. Discutant de choses plus ou moins sérieuses : de la météo sur Tokyo, de la décoration du restaurant de Chôji, de la fuite de Sasuke et de la grossesse d'Hinata, des recherches de Sakura, des disputes de Gaara et Shikamaru, de l'attitude étrange et distante de Tenten… Avant qu'Ino ne se décide à aborder le sujet puisque son amie ne semblait pas décider à le faire elle-même :

- Et comment va Shino ? Demanda t'elle innocemment.

- Shino ? Ah… euh… Il va bien. Je suppose, déclara prudemment la jeune femme.

- Tu supposes ? Demanda Ino, intriguée.

- Et bien.. c'est que… tu vois… quand je lui ai annoncé que j'avais quitté Kankurô, il… je ne sais pas comment décrire ça, avança Sakura, rembrunie.

- Qu'a t'il dit ?

- Franchement ? Pas grand chose. Il a juste dit : « si c'est ce que tu veux » et le lendemain, il est parti en mission d'étude en Amérique du Sud ! Non mais tu te rends compte ? S'écria t'elle. Je quitte mon époux, je le lui annonce en espérant… en espérant… La voix se brisa et la jeune femme s'effondra dans les bras d'Ino.

Installant la tête de son amie sur ses genoux, elle lui caressa les cheveux, les démêlant de ses longs doigts fins en attendant que Sakura se calme. C'est ainsi qu'elle faisait déjà, étant petite. Après un moment, sentant le corps de la jeune femme se détendre, elle reprit doucement :

- Est-ce qu'il le sait ?

Un soupir défaitiste lui répondit :

- Je ne sais pas. On… On n'a jamais vraiment… Comme j'étais mariée… Mais comme je ne vais plus l'être alors, je croyais qu'il devinerait, tu vois ? Bafouilla la jeune femme alors qu'Ino se mettait à rire doucement. Ce n'est pas drôle !

- C'est vrai. Excuse-moi mais sans vouloir te vexer, que voulais-tu qu'il fasse ?

- Et bien… il aurait pu… La jeune femme chercha ses mots. Ou bien, il aurait dû… euh…

- Exactement, rétorqua malicieusement Ino. Ça fait des mois que vous vous tournez autour mais sans rien faire et un jour, tu débarques et tu lui annonces de but en blanc que tu divorces, comment voulais-tu qu'il réagisse ? Il ne sait pas quoi faire ou quoi dire, c'est évident.

- Je crois que… je l'aime, annonça piteusement Sakura.

- Ça, c'était plus qu'évident, la taquina son amie.

- Et lui ? Tu penses qu'il a fui parce que… je l'embarrasse avec mes sentiments ?

- T'es bête quand tu t'y mets. C'est visible comme le nez au milieu de la figure qu'il est fou de toi !

- Mais alors, pourquoi est-il parti ? Demanda Sakura, ébranlée en se redressant.

- C'est un homme, déclara simplement Ino avant d'élaborer. Tu lui as donné un espoir auquel il n'est pas sûr de pouvoir donner suite. Il craint d'être le mec de transition si tu vois ce que je veux dire… et de souffrir.

- Oh ! Dit la jeune femme. Oh.

- Qu'est-ce que tu vas faire quand il reviendra ?

- … Lui parler ?Déclara Sakura, entortillant un doigt autour d'une mèche.

- Bonne idée, grand front. Bonne idée.

Sakura se rallongea sur les genoux de son amie. Ça lui avait vraiment manqué. Elle était proche d'Hinata mais ce n'était pas la même chose. Elle ne pouvait pas lui confier ces choses-là. Avec Ino, elle était dans le rôle de la petite sœur, elle pouvait ne pas être forte devant elle alors qu'elle se sentait toujours un peu obligée de « materner » Hinata. Surtout ces derniers temps, entre la mort de Kiba, la découverte de sa future maternité et la paternité de Naruto… Ça faisait beaucoup et elle ne s'était pas sentie à l'aise d'aborder ces propres problèmes avec la brune.

Mais maintenant, il était temps.

0o0o0

- Shino ? Euh… Je peux te parler ? Questionna Sakura, intimidée.

- Oui, bien sûr, affirma le jeune homme de façon neutre.

Elle l'avait attendue à la fin de la journée, quand tout le monde était enfin parti et les avait laissé seuls. Shino était rentré la veille mais accaparé par son rapport de recherche, il n'était revenu au laboratoire qu'aujourd'hui. Sakura et lui allèrent se changer avant de se retrouver dans l'entrée, comme ils l'avaient si souvent fait. Ils se rendirent dans le petit appartement à côté du laboratoire que l'Institut avait bien voulu lui allouer. Sakura n'avait pas voulu s'imposer à Hinata ou chez un autre de ses amis plus que nécessaire.

Le trajet se fit en silence de même que la préparation du thé. Ils étaient tout les deux aussi gênés l'un que l'autre et aucun ne savait par où commencer. Ils avaient l'air de deux ado un soir de sortie des parents, se laissa t'elle aller à se dire, rafraîchissant un peu son humeur et sa tension. Elle déposa la théière et les tasse et se décida à faire ce qu'une adolescente n'oserait pas faire : elle prit le visage de Shino en coupe et l'embrassa. La meilleure tactique, disait toujours Ino, c'est l'attaque.

Lorsqu'elle sentit, à son grand soulagement, le jeune homme lui répondre, elle ne put penser qu'une chose : « Merci Ino ».


- Est-ce que… Sasuke le sait ? Demanda Kakashi alors qu'il essayait vainement de discipliner ses cheveux d'une main tout en essayant d'enfiler une chaussette de l'autre.

- Oui, il le sait, répondit brièvement Itachi, le visage fermé. Il était le seul à avoir vu Sasuke ces six derniers mois et le contenu de leurs courtes conversations n'avaient jamais été partagées. Kakashi respectait cela mais cela ne l'empêchait pas de ne pas apprécier l'effet que cela avait sur celui qu'il aimait.

- Bien, concéda t'il pour clore la discussion sur ce chapitre délicat. Et toi, qu'est-ce que tu en penses ? Hasarda t'il.

- Naruto est comme mon petit frère, au même titre que Sasuke, commença Itachi qui avait pris Kakashi par les épaules et l'avait contraint à s'asseoir sur le lit (comment il arrivait à faire ça laissait toujours Kakashi confus) avant de poursuivre : Je sais que c'est une erreur, Naruto sait que c'est une erreur mais c'est une erreur qu'il se croit obligé de faire et je ne peux pas le blâmer. Je ne suis pas à sa place mais si tu m'abandonnais pendant des mois après une dispute telle que celle qu'ils ont eu, je ferais sans doute quelque chose, n'importe quoi, en espérant te faire réagir sans vraiment penser aux conséquences.

- Attends, tu es en train de me dire qu'il fait tout ça pour faire bouger Sasuke ? S'exclama Kakashi, incrédule.

- En partie, mais je ne pense pas qu'il en ait véritablement conscience et Tsunade est d'accord avec moi, acquiesça le brun tout en brossant habilement les cheveux de son amant.

- Mais Sasuke est traqué par toutes les polices du pays, c'est déjà un miracle qu'il ne se fasse pas prendre lors de vos entretiens et encore, on doit une fière chandelle à Kisame pour ça, déclara Kakashi en se laissant aller à la douce caresse. Il ne pourrait pas approcher Naruto sans se faire démasquer.

- Mais Naruto sait, tout comme moi, que ça n'aurait jamais empêché Sasuke s'il l'avait vraiment… voulu, lâcha Itachi, peiné.

- Ouais.

Ils finirent de se préparer en silence. Itachi prit sa canne blanche et son brassard tandis que son amant lui ouvrait la porte pour le laisser passer. Le brun était terriblement mal à l'aise mais il ne ferait pas faux-bond au blond. Sasuke lui-même le lui avait demandé et s'il ne savait pas exactement ce que celui-ci pensait de la situation, il avait l'intuition que son petit frère n'aspirait qu'à reprendre la vie commune avec le blond mais que la situation, et peut-être sa foutue fierté, l'en empêchait. Il lui avait demandé, plusieurs fois, d'au moins transmettre un message à Naruto, de mettre les choses au clair avec lui mais son entêté de frère n'avait rien voulu céder.

Il avait un mauvais pressentiment. Il ne sortirait rien de bon de là-dedans.


- On va être en retard, fit-il remarquer.

- Elle ne me fait pas paraître trop grosse ? Demanda Sakura, inquiète, en s'examinant dans le miroir une fois de plus.

- Tu es parfaite, déclara une voix tendre. Sakura se retourna et regarda l'homme qui partageait sa vie depuis deux mois.

- Tu n'es pas objectif, affirma t'elle coquettement.

- Si. Je le suis, le timbre était sérieux et le ton convaincu et elle en frissonna de joie.

Elle n'était pas encore officiellement divorcée mais elle s'en fichait car elle avait tout ce qu'elle voulait. Shino était un homme merveilleux. Il parlait peu mais ils avaient de vraies discussions quand ils s'y mettaient. Et pas seulement sur le travail mais sur plein de choses. Ils n'étaient pas toujours d'accord et Sakura partait parfois dans des colères monstrueuses mais il n'élevait jamais la voix. Il attendait qu'elle ait fini puis il commençait à argumenter avec elle. Il ne cherchait pas à la changer ni à lui reprocher ses piques de nervosité et de tension incontrôlables.

Elle se faisait parfois l'impression d'être une compagne horrible et elle s'était excusée plusieurs fois auprès de lui, penaude mais à chaque fois, il la prenait dans ses bras et lui disait qu'il l'aimait parce qu'elle était comme ça. Il savait comment la calmer, comment l'amadouer et dénouer ses crises. Parce qu'il l'aimait. Il n'était pas à l'aise avec ces mots là mais quand il les disait, ça sonnait bien mieux que les milliers de « je t'aime, à ce soir » de Kankurô. Il était encore très timide avec elle et ils n'avaient toujours pas dépassé le stade des baisers. Quand il lui avait avoué être toujours puceau, elle ne l'avait pas crû et pour tout avouer, ça l'avait franchement effrayé.

Et puis, elle avait compris ce qu'il lui en coûtait de faire un tel aveu et elle l'avait pris pour ce que c'était : une marque de confiance. Ils ne s'étaient pas juré fidélité ni n'envisageaient de se marier. Ils voulaient prendre leur temps et voir où cela allait les mener. Ils s'aimaient, c'était déjà ça et ils avaient envie de voir jusqu'où leur histoire les emmènerait. Sakura avait déjà repris son nom de jeune fille et elle avait envie d'indépendance pour l'instant ce que Shino respectait tout à fait. Ils ne vivaient pas ensemble. Ils sortaient au cinéma, au restaurant, passaient beaucoup de leur temps ensemble mais sans s'engager. C'était agréable de se faire de nouveau courtisée.

D'autres s'y étaient d'ailleurs essayés et Sakura avait pris conscience alors d'une faiblesse dans leur couple : Shino n'osait pas intervenir. Il ne se sentait pas suffisamment confiant dans les sentiments de Sakura pour faire savoir à tous qu'elle était à lui. Alors, quand en revenant du cinéma un soir, un homme lui avait fait une fois de plus des avances sans se préoccuper de la présence de son compagnon, elle avait répondu vertement qu'elle avait tout ce qu'il lui fallait et même plus que ce que l'homme pourrait jamais lui offrir, elle avait su qu'elle avait bien agi. Shino lui avait souri, de ce sourire qu'il ne destinait qu'à elle. Un sourire qui manquait encore d'assurance mais qui montrait toute cette confiance qu'il voulait mettre en elle.

Et nom d'un chien, elle ne le décevrait pas.


- Tout va bien, Naruto ? Demanda Tsunade, inquiète.

- Bien sûr, Ba-chan.

- Jiraya va venir te voir pour te conduire, déclara t'elle doucement avant d'hésiter un instant et d'ajouter : tu es sûr de ce que tu fais ?

- Bien sûr.

- Naruto, je…

La porte s'ouvrit et laissa entrer un Jiraya sérieux et grave mais arborant un sourire rassurant. Il portait un splendide yukata gris perle, spécialement acheté pour l'occasion. Une fleur fraîchement coupée de camélia était accrochée à l'échancrure, répandant son parfum dans la pièce. Il s'avança vers son fils et commença à lui faire milles recommandations sur le pourquoi du comment tout en l'entraînant à sa suite pour soutenir et détendre son fils qu'il savait nerveux et attristé, laissant une Tsunade affligée et désemparée avant qu'elle ne se décide à rejoindre la foule de ceux venus assister à ce qui n'était rien d'autre pour elle qu'une mascarade.

Elle reconnut le visage des amis de Naruto, les anciens couples comme les nouveaux. Elle s'arrêta en face de Kakashi et d'Itachi, serrant les mains de ce dernier pour faire passer toute l'émotion qu'elle ressentait à cet instant. Puis elle le relâcha et s'éloigna. On avait besoin d'elle ailleurs. Elle prit la place qui lui avait été réservée et observa le déroulement de la cérémonie d'un regard morne .Oh comme elle aurait voulu, comme elle aurait sans doute dû intervenir lorsque la fameuse question fut posée, après que Naruto ait passé l'anneau au doigt d'Hinata et réciproquement, les liant à jamais autour du secret caché dans son ventre arrondi :

« Si quelqu'un s'oppose à cette union, qu'il parle maintenant ou se taise à jamais »

A suivre...


Vous êtes contents (sourire innocent)?

Ça s'arrange pour à peu près tout le monde sauf Naruto et Sasuke... On s'approche de la fin, dernier chapitre la semaine prochaine! Avec une surprise (sourire très très très satisfait) à la clef...

Ne vous sentez pas gêné! Non, je vous assure! Vous avez bien le droit de laisser une rewiew pour, au choix:

- Me remercier.

- Me féliciter.

- Me vénérer...

- Éventuellement, critiquer (faut savoir accepter toutes les opinions).

A la semaine prochaine!Mariko

PS : Publication d'une Bulle" demain si ça vous intéresse en l'honneur de Kitsune!


[1] L'organza (ou organdi) est une mousseline de coton légère et apprêtée, sans doute originaire de Kounya-Ourguentch au Turkménistan.

[2] La popeline est une toile qui présente une côte fine et serrée, elle est absorbante, souple et légèrement soyeuse.

[3] Le Sabra, parfois appelé soie végétale, est un tissu imitant l'aspect de la soie.

[4] Un petit rappel sur l'Ikabana est nécessaire si vous ne vous rappelez pas des références dans GPA : Dans l'Ikabana, à travers les techniques, un esprit s'exprime. Il peut être shin : strict, imposant, traditionnel, symétrique, so : léger, spontané, asymétrique, imprévu, ou gyô : entre shin et so.

[5] Ce sont des légumes ou des fruits traités dans la saumure. Ils sont servis avec du riz comme okazu (plat d'accompagnement), et quelque fois avec des boissons comme un otsumami (encas).