Premier regard.

Colombus. Septembre 1911.

L'été commencait à cèder sa place à l'automne. Doucement, la température devenait plus fraîche et les feuilles changeaient de couleur. Les jours de pluie étaient de plus en plus fréquents et c'était pour mon plus grand bonheur. Le dernier été avait été ensoleillé. Il n'y avait eu presque qu'aucun jour de pluie. Aujourd'hui était l'une des rares journées où le temps était nuageux. J'étais content, je pouvais enfin aller travailler.

- Docteur Cullen, une patiente pour vous. Elle a une blessure à la jambe, souffla Mary, une infirmière.

- J'arrive tout de suite, répondis-je mais Mary était déjà partie.

Je sortis et vis une adolescente assise, la jambe allongée. Elle souffrait. C'est la première chose que je constatai. Pourtant en m'approchant, derrière son visage de douleur se cachait une adolescente magnifique. De longues boucles caramelles descendaient le le long de son dos. Ses yeux tant qu'à eux étaient deux émeraudes pures. Son visage parfait était tellement beau que j'avais pitié pour les autres femmes qui en la regardant on dût perdre le peu d'estime qu'elles avaient pour leur corps. Pour la première fois, j'étais nerveux. Nerveux, car son sang provoquait en moi une envie telle que j'ai du arrêter de respirer. J'avais terriblement peur de ne pas savoir me contrôler. Et si mon instinct prenait le dessus…

- Docteur, vous pouvez vous dépêcher cela fait cinq minutes que vous ne faites rien. Est-ce trop vous demandez de la soigner ? Criais une femme.

Elle interrompit mes pensées. J'avoue que j'avais sûrement eu l'air idiot en fixant la demoiselle.

- Désolé madame, je m'en occupe tout de suite, dis-je d'un ton neutre.

J'avanca lentement et je m'assis à côté d'elle. Sa senteur m'envahit immédiatement. C'était loin d'être désagréable. Elle sentait le caramel avec une pointe de vanille. *Carlisle, ressaisit toi. Oublie son odeur et soigne-la. *

- Comment vous appellez-vous? Dis-je pour débuter la conversation.

- Esmée, réponda-t-elle.

Alors là, je n'aurais jamais pu trouver un nom qui lui allait aussi bien que celui-ci.

- Vous avez un très joli nom, murmurais-je.

- Merci beaucoup, dit-elle en rougissant.

- Je me présente. Je suis le Docteur Cullen mais appeler Carlisle.

Je me rendis compte que tout le monde nous regarda. Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous. Je compris alors que j'étais très proche de la jeune femme. Je reculai immédiatement.

- Vous allez devoir venir dans mon bureau pour que je vous examine.

Elle acquiesca. Je lui rendis un bras pour qu'elle s'y aggrippe mais Esmée tituba. Je la rattrapai de justesse.

- Je crois qu'il serait mieux que je vous porte dans mes bras. Ca vous dérange? Demandais-je en espérant que non.

Elle rit. Esmée fit signe que non. Son rire était la plus belle musique du monde. Je la soulevai du sol en prenant soin de ne pas raviver sa douleur à sa jambe. Je la calla dans mon torse. Esmée était légerte comme un papillon. Ses bras nus étaient en contact avec les miens. Sa peau douce et chaude me réchauffait. J'avais le sentiment qu'une décharge électrique me transpercait le corps. Détrompez-vous, je me sentais terriblement bien. Son odeur ne me dérangait presque plus à comparer à tout à l'heure. Certes, je devais faire attention mais je pouvais respirer et savourer son odeur sans aucun effort. Le trajet m'avait semblé beaucoup plus court qu'à l'habitude. J'ouvrai lentement la porte de mon bureau et m'approcha de la table d'examen. Je la déposai. Elle étouffa un cri.

- Alors Esmée, comment cela est arrivé ? Risquais-je.

- Je grimpais dans un arbre et j'ai trébuché. Je crois bien que j'ai la jambe cassée n'est-ce pas? Dit-elle.

- Je le crois aussi. Je vais quand même vous examinez. Cela vous cause-t-il un problème? Demandais-je.

- Faites votre travail, Carlisle, réponda-t-elle.

Je relevai lentement son pantalon et tâtais délicatement sa jambe.

- Mais vous avez les mains gelées. Vous êtes sûr que vous vous sentez bien ? S'écria-t-elle.

Esmée m'avait distrait et j'avais oublié de mettre mes gants. J'inventais rapidement une réponse.

- Désolé, je viens de sortir d'une opération où l'on utilise de la glace pour diminuer l'enflure, bredouillais-je.

Esmée hocha la tête guère certaine. Je changeai de sujet.

- Vous avez effectiment la jambe cassée. Vous allez être obligé de vous faire plâtrer et vous devrez marcher avec des béquilles pendant un temps indéterminé, soufflais-je.

- Je n'ai pas vraiment le choix, demanda Esmée en sachant déjà la réponse.

- Non, désolé, répondais-je avec une voix ferme.

Je fis son plâtre et lui donna ses béquilles. Je reccompagna Esmée à la salle d'attente qui tant qu'à elle essayait de se débrouiller avec ses béquilles. Ses parents l'attendaient déjà.

Esmée se tourna vers moi et me dit :

- Merci. J'espère vous revoir.

- Derien, c'est mon métier. À l'un de ces jours…

C'est vrai que j'aimerais qu'on se revoie mais j'étais trop dangereux pour elle. Dès demain, je partirais. Je relevais la tête pour constater que sa famille et elle tournait le coin pour prendre la sortie qui mène à l'extérieur. Esmée se tourna vers moi l'air triste. À cet instant, je mémorisais chaque détail de son visage d'ange. Une dernière fois.

J'espère que vous avez aimé.

Vous voulez la suite.

Vous savez ce que je veux!

Bisous. L.