Pour moi, je l'ai fait.

Juin 1921, Ashland.

La nuit était déjà tombée lorsque je poussai la porte de la morgue. Mon collègue m'avait supplié de le remplacer prétextant un rendez-vous urgent. Je savais très bien que c'était parce qu'il détestait aller à la morgue remplir le document du décès et bien évidemment, c'était moi – Dr Carlisle Cullen- qui devait le faire à sa place. La morgue était une petite pièce dépourvue de fenêtres située au sous-sol de l'hôpital. Le plus souvent possible, j'évitais cet endroit comme la peste. Je me disais que les corps qui se trouvaient là n'avaient pu être sauvés par les médecins et du coup, je me sentais affreusement coupable. Encore plus que les autres car mes capacités surdéveloppées auraient dû les sauver. Personne ne méritait de mourir. La porte se refermait lentement derrière moi, me laissant seul avec des corps sans vie. Le silence était d'or. Pourtant, en me concentrant un peu plus, j'entendis des battements de cœur si faibles que personne n'aurait pu les remarquer. Ce cœur semblait déjouer tout les docteurs. Je suivis le bruit pour découvrir celle qui bien malgré moi n'avait jamais quitté mes pensées, celle avec qui je m'étais senti si bien, Esmée Ann Platt. Elle avait encore ses longues boucles caramelles et ses beaux yeux verts. Son visage était cependant colorié par la mort. Je m'installai sur une chaise tout près d'elle acceptant son sort. Esmée allait mourir et j'allais rester à ses côtés. Son cœur battait de plus en plus faiblement, il lui restait à peine une heure à vivre quand je me rappelai qui j'étais, qu'est-ce que j'étais: un vampire. Tout à coup, l'idée qu'elle meurt m'était inconcevable. Esmée méritait de vivre plus que quiconque. Sans réfléchir, je plantai mes crocs dans son cou. Son sang était si bon, indescriptible. Il était fait pour moi. Je n'aurai pas pu arrêter si elle n'avait pas posé sa main sur mon épaule. À cet instant, je me rappelai mon but et m'écartais. Esmée se mit à crier immédiatement. Je me précipitais donc vers la sortie de secours en ayant dans mes bras, le plus précieux des trésors. En arrivant chez nous, Edward me regarda l'air surpris mais ne commenta pas. Il avait lu dans mes pensées qu'il ne servait à rien de me raisonner, elle faisait maintenant partie de ma vie. J'installai Esmée sur mon lit le plus confortablement possible. Instantanément, elle poussa un cri à faire réveiller les morts. Le calvaire commençait. Par ma faute.

Je sais, je sais, le chapitre est court, j'en suis désolée mais je vais me rattraper dans le prochain.

Mille fois pardon pour tout ce retard.

L. xx