« Debout ! Ponny ! DEBOUT ! »

Merlin, qui peut donc avoir une si douce voix ? Je vous le donne en mille : Evans ! Cette Harpie de première (j'aimerais bien la confronter aux Furies qui doivent arriver dans deux semaines…la victoire serait incertaine) doit être ravie de tenir sa revanche… Je vous explique :

J'ai accepté de collaborer avec Lupin au début de la semaine, soit mardi. Nous sommes aujourd'hui samedi. Grâce à des trésors de patience que je me suis découverts (trésors toutefois bien insignifiants car ils sont presque épuisés), j'ai réussi à supporter Lupin pendant nos séances de travail.

Je vous entends déjà. Comment une peste comme moi peut-elle être patiente ? Je me le suis demandé tout autant que vous…avant d'avoir une révélation qui n'est pas pour me plaire :
Lupin est…intéressant. Ça me brûle les lèvres de devoir l'avouer, mais c'est la vérité. C'est un plaisir de l'écouter. Je me demande même comment il peut être ami avec le triple crétin qu'est Potter, enfin, ça c'est son problème.

Cependant, malgré le fait que je commence à tolérer sa présence dans un rayon de moins d'un kilomètre, Lupin reste un Maraudeur. Or, les Maraudeurs sont tous saufs de parole.

Enfin…tout n'est pas si simple. Lupin m'avait promis qu'il s'en tiendrait aux strictes relations nécessaires. C'est donc ce qu'il fait…à sa manière. Comprenons-nous. Je croyais ne le voir qu'une fois la journée, lors de nos travaux à la bibliothèque. Mais à peine ai-je eu l'occasion de me soustraire à son encombrante présence qu'il rapplique à nouveau. J'ai embarqué son parchemin. Il veut consulter un livre en ma possession. Sa dernière plume est cassée, peut-il m'en prêter une ? Dix minutes plus tard, il vient me la rendre. A chaque fois, il me gratifie d'un sourire, d'un regard empreint de gentillesse mais, oh Merlin…j'en ai plus qu'assez de lui. Pourtant, et là est tout le paradoxe, lorsqu'il me laisse en paix dix minutes, je me demande ce qui lui est arrivé.

Alors je me suis vengée. Rien de bien méchant. Cependant, lorsque les Maraudeurs commençaient à se faire trop insistants, il leur arrivait certains…désagréments. Pettigrow dut afficher pendant trois jours une peau jaune. Black dégringolait de tous les escaliers. Potter était considéré par l'esprit frappeur logé au château comme la meilleure des cibles depuis des millénaires.

« DEBOUT ! ESPECE DE MARMOTTE ! »

Qu'est ce que je disais ? Evans a décrété par une lubie que j'étais la cause – plus ou moins directe – des malheurs de son nouveau copain et de ses amis. Elle doit être contente, la voilà qui tient sa revanche, et ne me fait pas grâce d'une seule minute de sommeil supplémentaire.

Je lui ficherais bien une bonne paire de baffes, moi… Pourquoi beugle-t-elle si fort, d'ailleurs ? Pourquoi est ce que je me lèverais ? On est samedi, non ? J'ai le droit à ma grasse matinée ? (Je n'en ai de fait pas besoin, mais c'est…agréable de la voir s'énerver.)

« PONNY ! JE NE VAIS LE DIRE MILLE FOIS, ALORS TU VAS ME FAIRE LE PLAISIR DE TE LEVER IMMEDIATEMENT ! »

Aïe, mes oreilles ! Se rend-t-elle compte qu'elle dépasse le million de décibels ? Cette satanée greluche d'Evans m'a déchiré les tympans ! Calme, Ambre, calme…Elle a sûrement une raison de te réveiller à sept heures un samedi matin. Respire… Bon, répondons :

« Grumplf ! »

Comprendre, dans mon langage : « va te faire voir et boucle-la ! »

« Ça suffit, Ponny, lève-toi. Je t'ai apporté quelques toasts. Remus t'attends. »

QUOI ? Lupin ? Il compte me pourrir la vie jusque quand celui-là ? Il ne tient tout de même pas à travailler le samedi matin, non ? Par Merlin, si jamais il me sort encore son sourire à deux Noises, promis, il gagne un séjour prolongé, tous frais payés, à Sainte Mangouste !

-« Gné ? »

« J'admire la profondeur de ton vocabulaire, Ponny (ce n'est pas possible, elle tient vraiment à ce que j'explose !). Dépêche-toi de te préparer ou je vais devoir le faire par la force. »

« Evans, je réplique avec cette douceur de ton qu'elle me connaît, sois gentille, et laisse-moi dormir, d'accord ? Va échanger ton chewing-gum avec Potter et oublie-moi. »

« Crois-moi, rien ne me ferait plus de plaisir (quelle garce ! Qu'est ce que Potter lui trouve mis à part une plastique de rêve ?). Seulement, vois-tu, il y a quelques problèmes. Le premier, c'est que Remus m'a interdit de sortir du dortoir sans toi. Le deuxième, c'est que je suis pressée. Enfin, tu conviendras j'espère qu'il me serait difficile d'être avec James alors qu'il dispute un match de Quidditch. Alors, DEPÊCHE-TOI DE TE LEVER NOM D'UN VERACRASSE, ET LAISSE-MOI ALLER ADMIRER MON PETIT AMI JOUER AU QUIDDITCH EN PAIX ! »

« ET TOI SI TU ARRÊTAIS DE HURLER PENDANT QUELQUES SECONDES JE POURRAIS ME LEVER ! A moins que ce ne soit trop compliqué pour toi, Evans ? »

Silence. Je l'ai eue.

Une minute…Qu'est ce qu'elle a dit ? Lupin lui a interdit de sortir sans moi ? Mais il est dingue ce type ! Pas de doute, c'est bien un Maraudeur ! Je m'en vais lui dire deux mots, moi ! Je ne suis pas un jouet !

Alors qu'une seconde plus tôt j'étais confortablement installée dans mon lit chaud et douillet, m'adonnant à mon sport favori, me voilà levée. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, je me lave, m'habille, et range mes affaires (Evans esquive mes gestes désordonnés avec une aisance déconcertante). Grrr ! Lupin va m'entendre !

Armée de ma seule baguette, je descends dans la salle commune. Surprise, elle est vide. Seul s'y trouve Lupin, vautré plus qu'assis dans un des fauteuils les plus confortables. La première chose que je remarque est cet agaçant petit sourire (un jour Lupin va se retrouver à l'infirmerie sans comprendre son malheur). La deuxième est qu'il est habillé pour sortir. Panoplie complète du Gryffondor : cape bordée de rouge, gants rouges, écharpe rouge et or. Enfin, dernière chose (ou première ?) qui me saute aux yeux : il a les cheveux dorés, comme ses yeux, et ça lui va…divinement bien.

Je dois paraître stupide à le regarder du haut de l'escalier, ma baguette à la main, car il sourit encore davantage et me dit :

« Tu sais Ambre, je sais que je suis beau mais arrête de m'admirer comme ça je vais finir par rougir. »

Quel crétin ! Quel crétin ! Quel double crétin !

« Tu te prends pour ton pote Black ? Je te croyais assez futé pour ne pas sortir de pareilles inepties ! »

« Merci du compliment. »

« Je ne vois pas où tu vas en chercher un. »

« Pour moi au contraire c'est très clair. Je sais que tu considères Sirius comme un parfait idiot, et tu viens de dire que tu me croyais plus intelligent que lui. Je prends ça pour un compliment. »

Grognement incompréhensible. Je n'ai rien à redire à son raisonnement, malheur à moi ! J'ai bel et bien implicitement avoué que je le trouve intelligent. Pire encore – mais au moins a-t-il eu assez de tact pour ne pas le crier – que je l'ai…admiré.

Silence. Si Lupin compte sur moi pour dire quelque chose, c'est raté…

-« Tu devrais te couvrir », finit-il par dire.

« Pourquoi ? »

« Je t'emmène voir un match de Quidditch. »

Pardon ? Qu'est ce qu'il a dit ? Quidditch ?

« Tu m'as bien dit que tu n'y connaissais rien, non ? Alors tu vas découvrir ! »

Merlin, c'est pas vrai ! Quoique…depuis qu'il m'en a parlé, je me demande à quoi ça ressemble. J'ai lu un bouquin dessus. Tout ce que j'ai retenu – et encore, c'était parce qu'Evans faisait au même instant le panégyrique de son copain – c'est qu'un joueur, l'attrapeur, doit prendre une petite balle volante avant celui de l'équipe adverse, et que Potter est le très talentueux attrapeur de Gryffondor. Maigre connaissance.

« D'accord, je grogne finalement. Je te suis. Accio cape ! »

Une minute plus tard, mes vêtements d'hiver sortent de mon dortoir pour atterrir dans mes mains. Au même moment, Evans émerge, emmitouflée comme si elle partait au pôle nord.

« Merci Lily, dit Lupin si bas que même moi je peine à l'entendre. Tu veux bien prévenir Sirius et Peter que je ne serais pas avec eux pour le match ? »

Ouf ! Merci Merlin, il ne comptait pas m'imposer la présence de ses crétins d'amis.

« Aucun problème, rétorque la greluche. Quant au réveil c'était un plaisir ! »

« Totalement sadique, je grogne pour ne pas être en reste. Tu m'as déchiré les tympans ! »

« Lily, j'avais dit pas trop fort ! »

Ha, trop drôle ! La peste Evans se fait enguirlander par un des meilleurs amis de son petit copain ! Enfin, Lupin est gentil de s'être rappelé que je supporte mal le bruit, même si ses avertissements n'ont eu aucun effet.

« On y va ? »

Let's go ! Gare à tous ceux qui sont sur mon chemin, je suis accompagnée d'un Maraudeur !