Bonjour bonjour ! merci de me lire ! n'hésitez pas à aller voir mon roman sur Le Héron à la Plume Flamboyante (publié sous le nom de Khana), j'adorerais avoir votre avis dessus. Fin du blabla.
Enfin non, pas fin du blabla. Je ne dis rien, mais si vous allez voir sur Le Héron, il se peut que vous y trouviez un moyen très indirect de connaître la suite de cette fic… *part en sifflotant*
Maintenant, je me tais pour de bon !
!
Je ne mange plus. Je ne dors plus. Je ne vis plus. Depuis que Remus m'a quittée, je ne suis plus rien. Plus d'une semaine déjà.
Je n'aurais jamais imaginé cela. J'ai haï les Maraudeurs. J'en ai aimé un. Les autres commençaient presque à devenir fréquentables. Et tout cela pourquoi ? Je ne le sais même pas ! Il ne me l'a même pas dit.
Non, je fais erreur. J'ai dit que j'en ai aimé un. Rien n'est plus faux. J'en aime un, et là fait toute la différence. Si je ne l'aimais pas, je me serais relevée sans verser plus de quelques larmes de crocodiles. J'aurais pensé à autre chose.
Je ne serais pas restée allongée dans mon dortoir pendant des jours, sans bouger. Je n'aurais pas passé autant de nuits blanches, à me torturer. Je n'aurais pas ignoré la faim qui me tire en ce moment même les entrailles. Je ne serais pas devenue, disons-le, une loque.
Je me dois d'admettre que Lily a été admirable. Dès que James l'a avertie, elle est venue me rejoindre.
Contrairement à mon habitude, lorsque la nouvelle est tombée, je n'ai fait aucun coup d'éclat. Remus restait à côté de moi, ne sachant comment agir. Refusant de croiser son regard, j'ai tourné les talons et je suis partie vers le lac. J'ignore combien de temps je suis restée seule. Je ne pouvais plus penser. Je ne pouvais plus agir. Même si j'en avais eu besoin, je n'aurais sans doute pas été capable de jeter le moindre sort. J'étais…bonne à rien.
Lily m'a trouvée presque gelée au bord du lac. Elle m'a immédiatement emmenée, sans un mot, dans notre dortoir, où je reste prostrée depuis cette fameuse scène. Point n'était besoin de parler. Y avait-il seulement quelque chose à dire ? Pas une larme n'avait perlé au coin de mes yeux, mais les mots refusaient de franchir ma gorge.
J'ai perdu plusieurs kilos. La petite lueur apparue dans mon regard a disparu aussi vite qu'elle était venue, et cela sans doute à jamais. Je dois faire peine à voir. Je n'ai plus aucune raison de vivre.
C'est à présent la reprise des cours. Lily veut m'obliger à descendre. Je ne veux pas. Je risquerais de Le voir, et cela c'est hors de question. Lily doit croire, dans sa naïveté, que mon absence de larmes est due à un léger chagrin plutôt qu'à un trop-plein, et que seule la rancune motive ma décision. Mais elle se trompe.
On risque de me voir. Non, pire encore : on va me voir. Seul un aveugle ne remarquerait pas mon teint pâle et les cernes entourant mes yeux. Les élèves s'étaient habitués à me voir en compagnie de Remus. Mais là n'est plus ma place, et mon apparence n'a plus rien d'humain.
Lily fait la tête à James, parce que celui-ci a sous-entendu que moi et moi seule était la cause de cette rupture. Il paraît croire que c'est moi qui ai signalé la séparation, et pas l'inverse. J'ignore pour quelle raison, mais ne veux pas la connaître.
Je n'aime pas Lily, mais ne puis m'empêcher de ressentir pour elle…de la gratitude. Oui, c'est cela. La plupart des filles gravitant autour des Maraudeurs ont cessé de me démontrer tout simulacre d'amitié lorsque la nouvelle s'est répandue. Seule est restée Lily, sans doute plus frappée du syndrome du saint-bernard que réellement désireuse de me soutenir. Enfin, Lily sera toujours Lily. Elle me soutient, et c'est plus que bienvenu en cette occasion, même si je mets de la mauvaise volonté à ses soins.
Dans la Grande Salle, où elle a réussi à me traîner après dix jours d'absence, nous croisons les Maraudeurs. Lily lance à James un regard mi-affligé mi-colérique, adresse un signe de tête à Sirius et à Peter, refuse de seulement regarder Remus. Je détourne les yeux moi aussi – autant ne pas me suicider – et me concentre sur l'extrémité de la table où sont d'ordinaire rassemblés les Furiens.
Aujourd'hui encore ils sont là. Rien d'étonnant en même temps, ils sont à demeure jusqu'à juin. A mon approche, l'une des Furies, dont les cheveux blonds pâles sont coupés en un carré époustouflant, tourne la tête vers moi et m'adresse un petit sourire auquel je suis incapable de répondre. C'est Carena, à qui Galadriel a confié les Maraudeurs. Sans doute connaît-elle mon cas, mais son principal souci est actuellement de me désigner du doigt à son voisin, un Furien pourvu d'une généreuse touffe noisette, courte et ébouriffée, qui me porte aussitôt une attention plus que particulière. Aucune trace de Galadriel. Merlin…
Je m'assieds en soupirant, toujours sans regarder les Maraudeurs. Lily, experte en stratégie, a pris grand soin de se placer assez loin pour que je n'aie pas trop à souffrir de leur présence, mais suffisamment près pour que son cher James la voie clairement. Tout en mangeant, elle lui lance de petits regards, dans l'espoir qu'il comprenne le message, plutôt clair, qu'elle veut faire passer : il ne tient qu'à ce qu'il revienne sur ses paroles pour que sa belle lui tombe dans les bras. Beurk ! Pour rien au monde je ne voudrais assister à cette scène.
Forte de l'enseignement dispensé par le spectacle que j'offrais lorsque j'étais avec Remus, Lily me force à manger. Cela fait plusieurs jours que je n'ai avalé que quelques gorgées d'eau. Malgré cela, je ne parviens qu'à avaler une minuscule brioche et refuse de toucher à mon thé. Toute faim s'est envolée au moment où je suis entrée dans la Grande Salle.
La grande aiguille de ma montre semble tourner à la vitesse d'un escargot. Une demie heure avant le début des cours…Merlin, que c'est long ! J'ai hâte de retourner en classe, ne serais-ce que pour pouvoir oublier l'espace d'une heure le profond malheur qu'il m'est donné de vivre.
Soudain, alors que les portes de la Grande Salle étaient closes, un énorme fracas se fait entendre, pire que le tonnerre, plus assourdissant qu'une tempête. Les portes s'ouvrent brusquement, accompagnées par une espèce de vent chaud ne pouvant provenir des fenêtres closes. Les Furiens paraissent brusquement soulagés, et j'en comprends rapidement la raison.
Galadriel remonte l'allée, ses cheveux – toujours aussi longs – se balançant au gré du vent qu'il produit. Par-dessus le strict uniforme de cuir noir des élèves de Brocéliande, il a passé une splendide robe de sorcier jaune feu qui lui donne encore plus de prestance et de beauté. Quelques filles gloussent sur son passage tandis qu'il poursuit son chemin vers son groupe d'amis.
J'ai je crois déjà dit combien je le crains, et cela pour des raisons qui me sont personnelles. Cependant, en cet instant, je n'ai jamais été aussi heureuse de le voir. Mes peines ne s'envolent pas, loin de là, mais je me sens…plus légère, ou plutôt moins lourde.
Je crois bien que Lily se souviendra toute sa vie de la réaction, plus qu'étonnante, qui est la mienne en cet instant. Alors que Galadriel s'arrête un instant au niveau des Maraudeurs, sans doute pour leur parler, je bondis de ma place et cours me jeter à son cou.
- Oh, Gal, je lui murmure tandis qu'il m'emprisonne dans l'étau de ses bras, tu ne peux pas savoir…
Et, sans rien rajouter de plus, je fonds en larmes. Ce ne sont pas quelques larmichettes de gamine, mais plutôt un énorme torrent, celui qui me faisait défaut la semaine passée.
Je me libère de toute ma peine. J'avais besoin de pleurer, mais il me manquait pour cela une épaule amie sur laquelle je peux réellement compter. Ma faute est oubliée. Les détails viendront ensuite. Je n'ai pour l'instant qu'un seul souci, témoigner par mes larmes de la déchirure et du vide de mon cœur.
Lily est sidérée. James en reste bouche bée. Peter oublie son assiette. Remus me regarde avec des yeux ronds. Seul Sirius n'est qu'à moitié surpris. Si il soupçonnait bien un lien entre Galadriel et moi, il n'en avait pas mesuré l'ampleur.
Mais moi, je ne vois rien de tout cela. Je verse toutes les larmes de mon corps, tandis que Galadriel, l'ami qui me manquait en ces heures cruelles, me serre gentiment contre lui.
Je le sens toucher ma nuque. Gal entre dans ma mémoire et visionne toutes les images que j'ai gardées de ces derniers jours. Je les lui montre volontiers, ma scène avec Remus m'a trop faite souffrir pour que je puisse en garder les détails pour moi seule. Cette tâche achevée, je sens une bienfaisante vague de fraîcheur qui me parcourt. Mes larmes ne s'en arrêtent pas pour autant, mais je commence à reprendre mes esprits.
Je n'aurais pas dû faire cela, par Merlin. Je n'aurais pas dû. Pas après ce que j'ai fait. Oh, par tous les dieux celtes, je crois bien que le moment fatidique se rapproche à grands pas. Quoique…ce n'est plus si grave à présent. Plus rien ne me retient à Poudlard.
- Je peux savoir ce qui t'a pris ? demande Galadriel à Remus de sa belle voix grave où perce une colère difficilement contenue.
Remus ne réponds rien, tout bouleversé qu'il est encore de mon comportement plus qu'inattendu, à moins qu'il ne désire disparaître sous terre, tant la colère d'un Furien peut être dangereuse. Les yeux de mon ami brillent en ce moment même d'un éclat qui témoigne de sa fureur. Fausse crainte cependant, car Gal se détourne bien vite de lui pour revenir vers moi.
- Ma pauvre Ambry, me susurre-t-il à l'oreille sans que personne d'autre ne puisse entendre, je vais m'occuper de toi. On va tâcher d'arranger ça.
Il me soulève comme si j'étais un poids plume (ce que je dois de fait être) et m'emmène hors de la salle, loin des yeux indiscrets, et surtout loin de Remus. Là-bas, dans un mouvement parfaitement synchronisé, cinq têtes se tournent vers Carena. Elle leur lance un sourire triomphant et légèrement méchant puis, accompagnée par son voisin aux cheveux en brosse, se mets en devoir de me rejoindre.
