- Bon, maintenant, j'aimerais bien avoir une petite explication, dit Galadriel en s'installant face aux Maraudeurs. Toi, va voir ailleurs si j'y suis.

La nouvelle copine de Remus lance un regard outré à son petit-ami, persuadée qu'il prendra sa défense. Pourtant, pauvre d'elle, Remus ne la regarde même pas et murmure :

- Va travailler, Grace, tu n'es pas concernée.

Oh Merlin, je crois qu'il a compris ce que Gal lui veut. Surtout que mon ami ne paraît vraiment pas être de bonne humeur, et ne fait pas dans la dentelle. Et encore, ils n'ont rien vu.

Ainsi c'est Grace…Grace Angton… Elle va souffrir !

- Les trois autres, restez ici ! Vous êtes tous concernés !

Je confirme, Gal est en colère. Il se contrôle, mais…je le garde à l'œil. Ce serait dommage pour sa carrière qu'il se rende coupable d'un quadruple meurtre.

- J'ai une annonce : vous êtes des abrutis.

Tout à fait d'accord…pour les trois autres, du moins.

- Hé !

Ben voyons…Comme si Sirius n'y était pour rien…entre tous, il est bien le pire des crétins.

- Parfaitement, des abrutis, et toi en premier ! rajoute-t-il en pointant un doigt accusateur vers Remus. J'ai vu ce que vous avez fait à Ambre. C'est…ignoble.

- Quoi ? s'exclame Peter qui sort de son mutisme. Personne n'a rien fait !

C'est vrai que lui…mis à part décorer…non, je suis de mauvaise foi, Peter peut être gentil. Mais il n'a rien fait non plus au moment fatidique, il n'a rien tenté, alors je ne vois pas pourquoi je serais gentille avec lui.

- Oh non, pratiquement rien ! Elle a juste pleuré pendant une heure sans s'arrêter !

- Comédie ! reprend James. Avec Lily elle n'a pas versé une larme.

Imbécile.

- Et il ne t'est sans doute pas venu à l'idée qu'elle n'appréciait pas ta chère Evans ? Certaines personnes ne se confient qu'à ceux qu'ils aiment, et Ambre est du nombre !

Le fauteuil perd un accoudoir. Gal le considère un moment avec un œil satisfait, avant de jeter sa victime au feu et de s'attaquer au deuxième.

- Tu me parais bien la connaître, grogne Remus depuis le canapé où il tente de disparaître.

- Mais elle a peur de toi, rajoute Sirius fier comme un coq de sa déclaration.

Hum…la bêtise me paraît être une épidémie parmi eux…

- En effet ! Je la connais mieux que vous tous réunis, même vous deux ! crie-t-il en pointant James et Remus du doigt. Si seulement vous aviez un peu de jugeote, vous auriez compris…

Réponse synchronisée.

- Compris quoi ?

- Je l'aime. Pas comme elle t'aimait toi (nouveau doigt accusateur vers Remus), pas comme ce que tu as cru avant que tu ne la traites comme un jouet cassé qu'on jette, mais comme tu aurais dû le faire (regard haineux vers James qui recule de quelques pas). Je l'aime comme ma sœur, je la considère comme ma sœur. Ce que toi, (nouveau regard accusateur vers James) visiblement, tu ne fais pas.

Silence de mort. Hum… Leur aurait-il posé une colle ?

Je ne sais que penser. Mon nom. Il a dit mon nom. Mon vrai nom. Pas Ponny, ce n'était qu'une mascarade destinée à me cacher. Gal m'a trahie. Enfin, presque. S'ils ne comprennent pas, c'est qu'ils sont sacrément peu dégourdis. D'accord, c'est le cas, mais les indices sont si…flagrants qu'un Botruc les verrait.

Ce n'était pas prévu. Rien dans cette discussion n'était prévu. Gal est allé trop loin. Impossible de faire marche arrière. Oh Merlin, Merlin, dans quoi me suis-je fourrée ? Il avait tort. Ma blessure reste ouverte, personne ne pourra la renfermer. Je disparaîtrais, je ne serais qu'un éphémère… ou je vivrais ainsi.

Attention, James va parler !

- Attends… (je crois que ça monte au cerveau…) Attends… (y a peut-être un bug…) Tu as dis que… (on progresse !) Ambre… (il y a tout de même quelques ratés…)

Gal paraît hésiter. Doit-il le dire ? Doit-il démentir ? Doit-il se taire ?

Je ne suis pas loin, seulement à quelques couloirs de là. Mais il m'entend. Je le sais. Les Furiens ont les sens surdéveloppés, et moi plus que tout autre de mon âge. Gal me connaît mieux que personne. Il sait que j'écoute. Sans doute me reprochera-t-il de l'avoir fait, car mes blessures n'en sont que plus vives. Mais je ne regrette pas.

- Dis-le, je murmure en accentuant mon attention sur la scène qui se déroule loin de moi.

Nouveau craquement. Le fauteuil rend l'âme. Sans même paraître s'en apercevoir, Gal achève de le réduire en charpie et s'attaque à son voisin.

- Ta…sœur, souffle Galadriel avec dégoût. Ta sœur que tu n'as plus vue depuis onze ans. Qui aurait cru que pareil ange puisse être dans la famille d'un tel crétin ? Elle est devenue une loque, et cela par votre faute !

Moi, une loque ? Il exagère ! Quoique non. Il a raison. J'ai beau paraître au meilleur de ma forme, et cela grâce à ma beauté de Furie, je n'en suis pas moins au comble du désespoir. Remus ! Grace ! Remus et Grace ! Par tous les dieux celtes, c'est insupportable ! Lui si beau, si fin, si intelligent et elle si…banale. Pas laide, non, mais idiote, ça oui. Franchement crétine, même. Qu'il ne veuille pas de moi, je le comprends, bien que je ne cesse de le déplorer. Mais de là à aller jusqu'à…ça !

- Notre faute ? reprend Remus. C'est bien de toi qu'elle a peur, il me semble !

Gal se tait un moment. Les garçons doivent prendre son silence pour de l'hésitation, la préparation de sa défense ou de son mensonge, mais ce n'est pas le cas. Je le sais, il rassemble ses souvenirs, quand bien même il voudrait de tout son cœur les oublier.

- Ce n'est pas ce que vous croyez, finit-il par souffler. Sa…peur n'a aucune raison sinon elle-même.

- Tu oses dire que tu n'as rien fait alors que c'est elle qui tremble ?

- Je n'ai pas dit cela. J'ai dit que sa peur n'avait aucune motivation. Vous vous souvenez du principe de gémellité ?

Acquiescement général. Oh…miracle ! Sirius, Peter, et Remus s'aperçoivent enfin que jamais James ne leur avait touché un seul mot de mon existence. Et ce n'était pas par jalousie, vous vous en doutez bien. J'ignore si le jour de mon départ est encore inscrit dans sa mémoire, mais il me paraît clair que James avait…honte. Honte ! Par Merlin, si seulement il savait tout ce que j'ai enduré ! Honte ! Il mériterait la mort pour ce qu'il a fait.

Machinalement, j'écrase la première chose qui me tombe sous la main, une armure qui grince de protestation. Les portraits, ravis par le spectacle, se rassemblent dans leurs cadres, mais je leur lance un regard noir les enjoignant à se disperser sous peine de subir le même sort. Le message est passé, mais je gronde toujours autant de colère.

Revenons-en à nos Gryffondors…

- Ambre est ma jumelle, soupire James comme si cet aveu lui coûtait (une nouvelle armure trépasse). Et alors ? Je la connais à peine, elle a disparu le jour de nos sept ans ! Quand elle est partie, elle avait déjà changé. Elle n'était plus elle-même ! Quand deux des vôtres sont venus, Ambre était perdue, elle ne reconnaissait personne. Elle a même failli blesser mes parents !

Son ton est lourd de reproches. J'en grogne de colère et assassine une autre armure. Il pense quoi ? Que j'étais heureuse de partir ? Que j'ai fait exprès de m'énerver ? Sait-il seulement combien de jours, combien de nuits, j'ai passé à pleurer de désespoir ? Qu'a-t-il vu de tout ce que j'ai vécu ? J'étais une enfant arrachée à son foyer, et soumise comme d'autres aux aléas de sa condition. Comme tous les miens, on m'a enlevée le jour de mon septième anniversaire, et j'ai été élevée par les Furiens. C'est autre chose que ce gamin pourri-gâté.

- Justement, reprend Galadriel d'une voix douce mais où pointe une colère contrôlée, elle a été emmenée. C'était nécessaire, sinon elle aurait eu tôt-fait de vous réduire en poussière. Tu as eu de la chance de t'en tirer indemne. Ambre est une Furie.

Silence.

Silence pesant.

Silence TRES pesant.

Silence gênant.

- Ça explique bien des choses, finit par murmurer Remus. Mais pourquoi s'est-elle cachée ?

- J'y viens. Je suppose que vous savez que…enfin…parfois, la magie furienne est…incontrôlable. Lorsque nous sommes en colère, la meilleure des choses à faire est de déguerpir en vitesse.

Je ne puis retenir un ricanement, auquel répond un soupir de Galadriel. Si la colère de mon ami les avait impressionnés, les Maraudeurs savent à présent qu'ils ont échappé au pire. Et encore, ils n'ont pas tout vu. Je me demande si…enfin, j'en connais certains que j'écraserais avec autant de plaisir que je maltraite le métal.

Pas Remus évidement. Non, je ne pourrais lui faire le moindre mal. Mais James et Sirius… Par Merlin, Morgane, la dame du Lac et les dieux celtes, je les HAIS ! Peu m'importe ce qu'ils pourraient dire ou faire à présent, je refuse ne serais-ce que de les voir !

D'accord, James ne m'aime pas, et peu lui importe que je sois sa sœur ou non. Mais je le déteste, je réduits les arbres en charpie à l'entente de son nom. J'inonde le château s'il essaye de me parler. Qu'il se trouve seulement à moins de vingt mètres et je hurle ! Je grogne, je cours, je tue, et personne ne pourra me rattraper. Si seulement je n'avais pas le malheur de me nommer Ambre Potter, James ne serait déjà plus de ce monde.

Quoique non, mauvaise idée. Non, il ne vaut mieux pas. Je ne dois pas réitérer mes erreurs passées. Même sur lui, même sur James. Cette fois-ci, personne ne me pardonnera, et je ne veux pas davantage perdre les deux êtres qui me sont les plus chers au monde : Remus et Galadriel.

- Et alors ? reprend James. Tu l'as attaquée ? Tu as attaqué ma sœur ? Pourquoi, elle t'avait volé un biscuit ?

Heu…d'accord…James est encore plus atteint que ce que je croyais. Je me demande comment fait Gal pour ne pas pouffer de rire. La dernière remarque était d'une telle profondeur qu'elle mérite de rester dans les annales.

- Ravi de voir que tu lui attaches tout de même un peu d'importance, lâche Galadriel sans démontrer la moindre inquiétude. Mais tu te trompes. C'est elle qui m'a attaquée.

Je ne puis me retenir de prendre un air dégoûté. Ce souvenir est particulièrement douloureux, presque autant que celui du jour où Remus m'a abandonnée. Les semaines écoulées depuis ce jour n'ont été que douleur, et plus encore depuis la…séparation.

- Ambre est particulièrement sensible, reprend Gal avec une grimace démontrant combien ce souvenir lui est désagréable. Un jour, elle a craqué.

- Pourquoi ?

Ça, c'est Sirius ! Toujours avide d'information croquante à se mettre sous la dent. On dirait Rita Skeeter, une Poufsouffle de cinquième année, plus connue sous le nom de Miss Ragot. Sirius est un moment sorti avec elle, ce qui expliquerait sans doute son indélicatesse et sa curiosité déplacée.

- Tu constateras par toi-même, rétorque mon ami en jouant avec le feu de la cheminée.

En effet, ils devront bien le voir un jour. Ma magie… Je suis entièrement dépendante d'elle, je ne puis vivre sans elle. Du temps où j'étais élève à Poudlard, presque…normale, en somme, je devais partir. Des jours durant. Courir, grogner, expulser ce trop plein que je retenais chaque jour. J'étais dangereuse. Je me blessais. Mais on me laissait faire. Dumbledore savait, et l'infirmière aussi.

- Pour revenir à ce que je disais, reprit Galadriel en manquant d'incendier le tapis (James fait un bond de trois mètres en arrière…froussard), je disais qu'Ambry n'a pas supporté. Ça lui arrivait assez souvent, comme à tous les Furiens, mais ce jour là a été…horrible. Elle devait se retenir depuis longtemps je pense, et…enfin, vous verrez.

Exactement. Quoique… Si seulement Gal savait de combien de maîtrise je dois faire preuve ! L'Eau est un cauchemar, bien que les nombreuses légendes gravitant autour de cet élément soient fausses. Je ne contrôle pas plus que mon élément, ma maîtrise des autres est bien légère.

L'Eau…Il n'existe que six Furiens à la manier. J'en suis la dernière. Tant qu'aucun enfant n'aura pris la relève, ma magie continuera à me torturer, mes pouvoirs à augmenter, je continuerai à souffrir. Ma vie sera plus que jamais un enfer. Et je serais seule pour le porter.

- Je ne pense pas que vous sachiez comment se déroulent nos crises. Lorsque nous sentons que nous ne pouvons plus nous contrôler nous nous isolons afin de ne faire de mal à personne, avec pour seule compagnie celle de notre coéquipier qui nous a été associé à notre arrivée à Brocéliande. Sa présence est censée nous calmer. Il doit nous empêcher…d'attaquer. J'ai reçu lors de mon arrivée à Brocéliande la dure mission d'être le coéquipier d'Ambre. La tâche n'est pas facile, mais je suis fort, et jusque là jamais je n'avais failli.

- Mais là si ! reprend un James plus virulent que jamais (décidément, j'ai du mal avec lui… il m'étonne. Je n'arrive pas à le cerner.) Tu viens de le dire toi-même. Que s'est-il passé ? Tu es allé trop loin et elle a été blessée ?

Hein ? Depuis quand James réagit-il de cette façon ? Il est bizarre ce type…

- Si seulement tu avais deux grammes de jugeote (ce qui est absolument désespéré), tu n'aurais rien dit et j'aurais déjà terminé ! Surtout qu'apparemment, tu ne parais pas comprendre que ma faute là dedans est pratiquement nulle. Enfin, passons. En effet, j'ai failli. C'était…horrible.

Horrible ? Oh oui. Du moins je le suppose. Je n'en ai aucun souvenir. Cette crise – la pire de mon existence – m'a abandonnée dans un état second. Je vois encore la dernière seconde inscrite dans ma mémoire, Galadriel qui m'entraînait vers le cœur de la forêt. Ensuite, je ne me souviens que de Gal emmené à l'infirmerie, et Arthus face à moi. Tous les regards convergeaient non pas vers moi, mais sur le monstre que j'avais été une heure durant. Je faisais peur, à mon entourage et à moi-même.

La voix de Galadriel tremble. Je voudrais l'interrompre, reprendre le récit à sa place. Le résultat serait le même cependant, alors je m'abstiens. Et il ne vaut mieux pas que je me montre. Pas encore.

- Ambre ne reconnaissait personne, souffle mon ami en cachant son visage dans ses mains. Je ne l'avais jamais vu dans cet état. Elle hurlait, elle grognait… Sa puissance atteignait des sommets. Je n'ai pas pu la contrer, elle était trop forte. Alors…elle s'est retournée contre moi. Je l'avais certes cherché, dans l'espoir qu'elle épargnerait l'école. Même les professeurs n'auraient pu lui faire face. Mais je n'avais pas mesuré combien…

Silence. Les Maraudeurs restent bouche bée. Je ne les vois pas, mais devine – c'est trop facile – qu'ils doivent à présent me prendre pour la pire des bêtes. Ce que je suis, hélas.

- Elle m'a pratiquement tué, reprend Galadriel. Ambre était bien pire qu'un loup garou. Elle s'acharnait sur moi, et j'ai eu du mal à appeler l'école pour qu'on vienne m'aider. Je me rends à présent compte que c'était une énorme erreur, Ambre aurait continué son carnage sans aucune pitié, et un mort vaut mieux que cent. Heureusement, il y avait alors un Furien Eau dans les bâtiments. Arthus Shockley, vous avez peut-être entendu parler de lui, il collabore avec le bureau des Aurors. Il a réussi à la calmer, je me demande d'ailleurs par quel miracle. Enfin, il ne s'en est pas tiré indemne non plus.

Exact, je crois même que suite à cette…heu…altercation, Arthus a marché avec une canne pendant quelques semaines, même si à la fin il la gardait plus pour la classe que par réel besoin. Il est bizarre parfois. Enfin, moi je dis ça, mais je n'étais pas là pour voir. Je ne suis informée de cette période que dans la mesure des souvenirs de Carena, et son interprétation est des plus subjectives.

- Et comment ça s'est terminé ?

Mal. Très mal pour moi. Fichu Black, il me paraît décidé à ne pas laisser échapper la moindre miette de ragot. Si seulement il était l'armure que je réduis en charpie…

- J'ai passé deux mois à l'infirmerie entre la vie et la mort. Lorsque j'ai repris conscience, Ambre était partie et personne ne savait où elle était. Deux mois encore m'ont fallu pour que je recouvre le plein usage de mon corps et de ma magie. La seule trace qu'il me reste aujourd'hui est cette balafre que vous voyez. C'est par honte qu'elle est venue se terrer à Poudlard.

- Tu ne comptes tout de même pas sérieusement nous faire croire ça alors qu'elle t'a sauté au cou ? murmure une voix que je reconnais sans peine comme étant celle de Remus.

Galadriel ne répond pas immédiatement. Il reste quelques secondes les yeux dans le vague, sans paraître avoir entendu quoi que ce soit. Pourtant, ses lèvres bougent, presque imperceptiblement : il me parle, si bas que je l'entends à peine. Et moi, masochiste comme jamais, je l'écoute.

« Savoure. » j'entends de mon côté. « Il est jaloux. »

Je me permets de lui rétorquer un grognement sceptique. Galadriel n'en sourit que davantage, et continue comme si je lui avais donné ma bénédiction.

« Qui avait raison ? »

Je n'en jure pas, mais il me semble tout à coup entendre la marche nuptiale de Mendelssohn, fredonnée de manière nasillarde et fausse. Inquiétant. Pas déplaisant, loin de là, mais affreusement mensonger. Il faudra que je lui en touche un mot. Non pas me battre face à lui, je le mettrais aisément au tapis, mais j'aurais trop peur de faire de nouvelles erreurs. Enfin, tout de même, je n'apprécie pas qu'on me nargue impunément.

- Vous n'aurez qu'à lui demander, reprend Gal sur un ton plus enjoué. Elle confirmera, mais cela ne nous empêche pas d'être excellents amis. Nous sommes comme frère et sœur. Ce n'est un secret pour personne à Brocéliande, pas plus que le fait qu'elle soit sortie avec Maël.

- QUOI ?

Pour une fois je suis d'accord avec mon frère…mais peut-être pas pour les mêmes raisons.

Ce n'est pas possible ! CE N'EST PAS POSSIBLE ! Il fait exprès ! Où se croit-il ? Je lui avais donné mon aval (enfin, il me l'a arraché. Non, en fait, à la réflexion, Galadriel ne m'a même pas demandé mon avis), mais pas pour…ça !

« Je sais ce que je fais. »

La petite voix, le retour !

« Permets-moi d'en douter ! »

« Il est jaloux ! C'est bon signe, non ? »

Tiens, il n'y a plus d'armure dans ce couloir… Tant pis, je me venge sur une statue de métal. J'ignore de qui elle est l'effigie, mais toujours est-il qu'il n'en reste bientôt plus qu'une petite boule de bronze. Mais ce n'est pas suffisant.

Je rapproche ce qui fut une statue de ma bouche. Il ne me faut qu'une seconde pour que mon souffle, à ma demande, ne se transforme en flammes. Je ne suis pas douée pour manier le feu, loin de là. Galadriel a plus de souffle qu'un dragon, je puis à peine produire de quoi enflammer une allumette.

Le métal fond, me brûle, je m'en moque. Je veux détruire, passer ma colère.

Un fantôme me regarde bouche bée. Le moine gras de Poufsouffle. Je le dégage d'un coup de vent sans prendre garde à ses protestations.

- Oh, vous l'ignoriez ? reprend Galadriel avec un ton des plus innocents. Ambre et Maël ont été ensemble un moment. Ça n'a pas duré longtemps, trois mois je crois. Je ne connais pas tous les détails du pourquoi du comment, je n'étais pas d'accord avec eux. Enfin, vous pourrez toujours demander à Carena si ça vous chante… Ambre et Maël sont maintenant bons amis, mais il y a toujours un petit risque…on ne sait jamais.

Gare aux oreilles !

? Ce n'est pas possible, mais qu'est ce qui lui prend ? Il est devenu dingue ? Certes, il l'était déjà avant, mais ça va de mal en pis !

Si seulement je n'avais pas déjà commis une énorme bêtise je crois bien que je me dépêcherai d'aller lui régler son compte. Comme s'il y avait le moindre risque que je sorte à nouveau avec Maël ! Nous nous sommes séparés il y a deux ans sans cris ni pleurs, d'un accord tacite, et soulagés de mettre fin à cette situation stérile. Mais à quoi pense Gal, nom d'un Enormus à babilles à lunettes ? Qu'est ce qu'il fait ?

Je ne tarde hélas pas à avoir ma réponse. Je voudrais disparaître sous terre, car il m'apparaît à présent que Galadriel a tout bien calculé. J'ignore si son plan a parfaitement fonctionné, mais toujours est-il que James se lève d'un bond, attrape Remus par le col et fonce vers le trou du portrait. Pendant ce temps, Gal demande d'un ton innocent :

- Je peux savoir ce qui vous prend ?

- On va voir Ambre, réplique mon très cher frère tandis que Sirius et Peter lui emboîtent le pas.

Mon hurlement de rage s'entend dans tout le château.

héhé, dix pages word. je suis fière de moi. d'habitude, les chapitres comme ça je les sépare.

bon, fini le blabla. j'ai envie de baffer Sirius. *s'en va avec une hache*