CHAPITRE 2 – Consentants et accessibles.
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La Nouvelle-Orléans – Juillet 2010
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Je restai longuement sur mon canapé, le téléphone en main, encore choquée par l'identité de mon interlocuteur.
Edward Cullen...
Ce nom réveillait en moi la nostalgie d'une époque presque révolue à ceci près que j'étais toujours dans l'Armée mais que je n'étais plus assignée aux missions à l'étranger. Il m'était arrivé de repenser à Edward aux cours de ces deux dernières années et les questions affluaient dans ma tête.
Avait-il changé ? Est-ce que je vais ressentir ce que j'avais toujours ressenti en sa présence même après tout ce temps ? Dans quelle merde s'était-il fourré pour que son dernier espoir fût... moi ?
Notre histoire ne s'était pas faite sans mal. Premièrement, il était mon supérieur et l'Armée voyait d'un très mauvais œil les relations entre troufion et officier ; et bien que la passion ait été le moteur de notre relation, j'étais heureusement partie avant de l'envoyer devant une cour martiale. Ce qui serait sûrement arrivé vu notre incapacité à tenir la chose discrète. Deuxièmement, nous connaissions parfaitement la réalité de la guerre et des risques sur le terrain, ce qui avait pour conséquences, avant chaque départ en mission, de violentes disputes. Les sentiments commençaient à nous aveugler et même à affecter notre logique. Nous étions là pour obéir aux ordres mais aucun de nous ne voulait laisser partir l'autre. Peut-être que l'armée avait raison d'interdire les liaisons entre soldats.
La fin de notre relation fut rapide et mais pas sans douleur, un peu comme un sparadrap qu'on aurait voulu enlever rapidement mais qui serait quand même resté englué à la peau malgré la force qu'on aurait mis à l'arracher.
J'avais été rapatrié aux États-Unis avec le reste de mon unité et Edward avait été promu et affecté à une autre mission sur place. Il ne m'avait pas dit de l'attendre, ni même de lui écrire mais je n'avais pas pris cela comme un rejet. Je suppose que c'était plus facile pour lui. En tout cas, j'espérais que ce fut le cas ; moi j'avais souffert le martyr. Notre histoire avait trouvé sa source dans la guerre. Essayer d'y nourrir une relation normale, c'était comme faire tomber la neige dans le désert de Gobi. La guerre ce n'était pas la vraie vie, c'était être tous les jours aux abois, sentir la menace au-dessus de votre tête de façon graduelle et constante, respirer l'odeur de la mort quotidiennement. C'était d'éviter de se lier aux personnes quand vous saviez que chaque vie menaçait de s'éteindre à n'importe quel moment. Ça faisait beaucoup trop mal. La guerre, c'était voir des choses insoutenables et je ne le savais que trop bien à cause des cauchemars qui m'accompagnaient parfois dans mon sommeil, quand je me réveillais dans un cri, en sueur, la respiration saccadée.
Il était rare que nous puissions y trouver des moments de paix. Edward était le mien. J'étais le sien.
Et quand je suis partie, je n'ai plus jamais retrouvé ses instants de plénitude.
C'était mon seul regret.
Et aujourd'hui, j'allais le revoir. Dans quelques heures, il franchirait le seuil de ma porte. C'était complètement surréaliste.
C'est alors que plusieurs questions qui ne m'avaient pas préoccupées jusqu'à présent affluèrent à mon esprit. Je suppose que j'étais encore sous le choc pour pouvoir penser clairement mais maintenant que j'avais toute ma tête, je me demandais comment il savait où j'habitais, et même, comment avait-il eu mon numéro ?
De toute façon, il était inutile de chercher des réponses tout de suite et, étant donné que je ne portais encore qu'une serviette de toilette, il me sembla judicieux dans un premier temps de me mettre quelque chose sur le dos. Je rangeais un peu mon appartement, essayant de combler, comme je le pouvais, mon trouble grandissant. Cette attente me ramenait inexorablement à ce que j'avais pu éprouvé avant un assaut sur une position ennemi. Je me sentais comme en planque, attendant patiemment avant de bondir sous le feu des tirs, le cœur palpitant, les mains serrées et moites, les genoux qui s'entrechoquaient sous les tremblements de mon corps. Et le silence.
J'allumais la télé pour le combler. Mais mon esprit était à mille lieux de chez moi...
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Afghanistan – Mars 2008
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Je me réveillai dans l'hôpital mobile militaire de notre camp, non loin de Qandahar. Bien sûr, quand je disais ''hôpital'' il fallait plutôt voir une grosse tente, plantée au milieu du désert. Je me levai doucement et arrachai les capteurs collés sur ma poitrine ainsi que la perfusion dans le creux de mon coude.
Je me sentis planer un peu mais je constatai avec ravissement qu'il ne manquait aucune partie à mon corps. Je marchai entre les lits dans lesquels étaient installés des patients – parfois en piteux état – et tapotai sur l'épaule d'une infirmière qui me tournait le dos, trop occupée à noter je ne sais quoi sur son carnet.
« Excusez-moi. » Demandai-je d'une voix éraillée. « Où est mon uniforme? »
L'infirmière écarquilla les yeux et désigna du doigt le lit dans lequel j'étais allongée. « Retournez tout de suite vous coucher Soldat. »
« Je me sens parfaitement bien. » Assurai-je en fronçant les sourcils.
« Tant que le médecin-chef ne vous autorise pas à vous lever, vous me ferez le plaisir de retourner sur ce lit. »
« Mais puisque je vous dit que je vais bien! » M'insurgeai-je. « Je dois faire mon rapport et voir le Lieutenant Green. »
L'infirmière ne se laissa pas démonter, signe qu'elle en avait vu d'autres, et soutint mon regard.
« Ne haussez pas le ton soldat. Vous dérangez les malades. »
Je sentis la piqûre de la honte me transpercer furtivement avant de tourner les talons et de me diriger dehors. Je remerciai intérieurement l'armée qui fournissait des pantalons avec leur blouse sinon, je me baladerais le cul à l'air devant le regard en manque des soldats qui étaient postés dehors.
J'entendis l'infirmière beugler derrière moi mais je ne l'écoutais déjà plus, trop occupée à essayer de trouver un treillis, des rangers et, au moins, un débardeur. Les blouses médicales me foutaient la trouille. Je rentrai dans la tente qui abritait le quartier des femmes et entrai en collision avec quelque chose.
« Swan. Qu'est ce que tu fous là ? »
Devant moi se tenait Rosalie Hale, mon idole. Je jurai que je n'avais jamais rencontré une femme avec autant de tripes et de hargne de toute ma vie. Elle était ce que Zidane était au terrain de foot. Je l'admirai. Sauf que je venais de me rendre compte de mon erreur. Elle était en rogne après moi.
« Je... J'étais... J'ai juste... » Bredouillai-je en reculant un peu.
« Tu n'étais pas censée te reposer ? » Grogna-t-elle en détaillant ma tenue. « Ne me dis pas que tu t'es enfuie de ton lit ? »
Je me détournai d'elle et me sauvai en courant vers la tente médicale, rejoignant mon lit au pas de course et me glissant dans les draps à la vitesse de la lumière.
Cela pouvait paraître un tantinet exagéré mais vous n'aviez jamais vu Rosalie Hale en colère.
Moi si.
Je me rappelai parfaitement le jour où nous étions en permission et qu'elle avait pratiquement dévasté le camp après avoir foutu un coup de boule magistral à Taylor et enlevé l'espoir à Yorkie de pouvoir se reproduire un jour. Le tout avec au moins 2g d'alcool dans le sang. Alors, sobre...
L'infirmière me lança un sourire de triomphe tandis que je la laissai remporter cette partie. Mais je n'avais pas dit mon dernier mot...
Cependant, je n'eus pas le loisir d'exécuter mes plans d'évasion car deux heures plus tard, le médecin-chef signa ma sortie. Rosalie exigea de le voir lorsqu'elle me vit revenir dans nos quartiers.
La confiance régnait...
Plus tard, je me posai dans un coin de la tente et commençai à rédiger mon rapport sur la mission.
C'était vraiment la partie du boulot que j'aimais le moins. Il fallait sans cesse se rappeler les détails et repasser dans sa tête les scènes les plus marquantes. J'avais ainsi des flashs vivaces du Colonel, baignant dans son sang et la gorge à moitié ouverte.
Le moment où j'avais marché sur la mine me posa un vrai cas de conscience. Je devais faire en sorte que mon rapport soit neutre et impersonnel pourtant j'avais une furieuse envie de descendre cet enfoiré de Newton en flèche, cependant, une partie de moi s'interrogea sur ce que j'aurai fait si les rôles avaient été inversés...
Difficile de répondre. Aurai-je risqué de me faire tirer dessus pour sauver le cul de Newton ? Probablement pas. Mais au final, je pense que je l'aurais tout de même fait. Je n'aurai jamais été capable de me regarder dans une glace en sachant que j'avais abandonné l'un des nôtres alors qu'il était encore en vie.
Je me serai rendu compte que c'était comme si je lui avais tiré moi-même une balle dans la tête.
Je mordillai mon stylo longuement et décidai de rester vague. Après tout, j'étais en vie. Et bien que je voulais arracher les tripes de Newton pour m'en faire des chaussettes, j'aurai tout le loisir de lui dire ma façon de penser de vive voix. Et si le QG le suspendait, je n'aurai jamais l'occasion de lui péter les deux bras moi-même.
« Alors ? » Demanda soudainement Rosalie en sautant sur son lit de camp en sous-vêtement.
C'était l'une des raisons pour laquelle je l'idolâtrais. Elle n'avait peur de rien. Elle était sûre d'elle, sûre de son corps, sûre de son intellect. C'était un roc. Et en plus, elle était belle. D'autres l'auraient jalousée mais comment ne pas tomber sous le charme de G.I Joe en talon quand vous étiez militaire ?
Elle comme moi, derrière notre apparence, une fois ôté nos uniformes, personne n'aurait pu se douter que nous étions capable de tuer un homme à mains nues ou de snipper un pigeon à 300 m. (N/A : Message aux protecteurs des animaux : Aucun pigeon n'a été maltraité dans cette fic.)
« Alors quoi ? » Soufflais-je en posant ma tête contre le bureau.
« T'es pas passée loin cette fois. » Constata-t-elle en désignant mon bras bandé.
« Je ne préfère pas en parler. »
« Ok. » Dit-elle en haussant les épaules.
Je savais qu'elle n'allait pas insister. C'était d'ailleurs l'une des raisons de notre improbable amitié : Aucune de nous n'allait fourrer son nez dans les affaires de l'autre ou n'avait de tendances malsaines à la curiosité et l'insistance déplacées.
« Donc... Je crois me souvenir que tu as un arrêt de cinq jours... » Commença-t-elle sur un ton nonchalant.
« Je ne peux pas boire Rose. » Voyant parfaitement où elle voulait en venir. « Avec tous les médocs qu'ils me font ingurgiter... »
Elle me fit un grand sourire. « Pas grave. Je bois, tu regardes. »
« Ça t'arrange bien. » Grimaçais-je. « Mais... Pitié. Attends au moins le week-end. Je me vois mal encore faire le mur pour l'instant. »
« Pfff. T'es vraiment pas drôle. »
Je roulai des yeux. « Le mitard, ça m'attire pas vraiment. »
« C'est dommage. » Dit-elle en entourant son corps parfait d'une serviette blanche. « C'est vachement fun. »
Je pouffais. « T'es cinglée. »
« Et toi, pas assez. »
Je ris et lui tirai la langue. « Va te faire foutre Hale. »
« J'aimerais bien. » Ponctua-t-elle d'un clin d'œil avant de cambrer les reins et de sortir de la tente en roulant du cul.
J'étais toujours hilare en entendant les sifflets des mecs dehors tandis que Mallory me faisait une apparition surprise. Elle tomba sur son lit et souffla bruyamment.
« Quelle journée de merde ! On a encore perdu trois gars hier. C'est bizarre, ça pourrait arriver à n'importe qui. Mes parents peuvent recevoir la visite de gars en uniforme chez nous pour leur annoncer que leur fille unique s'est faite descendre. »
Je signais mon rapport et gémis. « Lauren. Si tu veux t'épancher, y'a le sergent-psy. Viens pas me foutre les boules avec tes pensées négatives. »
« Il paraît que Brown a fait le grand saut. »
« Il paraît. » Dis-je sans relever la tête.
« T'étais avec lui, non ? Il était dans ton unité. »
Je soufflais, agacée. « Écoute. T'es une gentille fille alors je vais te traduire : Ferme-là. »
« Je voulais juste faire la conversation. » Se défendit-elle.
« Ouais bin, trouve un autre sujet. »
« Deuxième Classe Swan ? » Appela un gradé qui venait de pénétrer dans nos quartiers. Je me mettais au garde à vous ainsi que Mallory et, après qu'il nous ordonna un « Repos » retentissant, il me tendit une enveloppe.
Sitôt qu'il fut sorti de la tente, Mallory se mit sur la pointe des pieds et tenta, comme la commère qu'elle était, de lire ma missive. Je lui tournai le dos en lui jetant un regard noir et celle-ci, après avoir soufflé bruyamment, retourna sur son lit, la mine boudeuse.
« C'est ton ex ? Comment il s'appelle déjà... Jacky ? Jacob ? » Demanda-t-elle en posant ses doigts sous son menton.
« Comment t'es au courant toi ? » Demandais-je mi-choquée, mi-dépitée.
« Bin, le soir où t'étais ronde comme une queue de pelle, Mike m'a dit qu'il avait entendu dire par Cheney que Crowley lui avait dit que t'étais en train de dire à Rosalie que Jacky était le pire ex que t'avais jamais connu et à quel point tu... »
« Stop. » L'interrompis-je, ahurie.
Putain. Il fallait vraiment que j'arrête de picoler comme un trou sans fond.
« Donc, c'est de lui hein ? »
« Je te demande si ta grand-mère fait du vélo ? Merde, c'est pas dans l'Armée que t'aurais dû t'enrôler, c'est dans les renseignements généraux. » Grognais-je.
Je la vis ouvrir la bouche mais levais un doigt menaçant destiné à lui clouer le bec. Mallory n'était pas méchante mais quand elle s'y mettait, elle était vraiment casse-pieds.
Bien que je mentais effrontément en prétextant une envie pressante, les toilettes me semblèrent l'endroit idéal pour lire ce courrier. Avant, je déposais mon rapport à la secrétaire du Lieutenant Green et me posai tranquillement sur la cuvette des WC.
Que me voulait Jacob ?
J'eus ma réponse quelques minutes plus tard quand, après une dizaine de lignes me déclarant son amour éternel, il m'annonçait qu'il épousait Léah Clearwater dans quatre mois et qu'il plaquerait tout si je revenais vers lui.
Quel salaud !
Ma première réaction fut la colère mais après voir réfléchi au ridicule de la situation, je me mis à rire et à rire... jusqu'à m'en faire mal au ventre. Je ne pouvais plus m'arrêter. Même en me posant sur mon lit sous le regard médusé de Lauren, je ne m'arrêtais pas.
Rosalie revint de sa douche et me fixa curieusement en me demandant ce qu'il m'arrivait. Je lui tendis la lettre et lorsqu'elle eut terminé, elle me jeta un regard amusé.
« Là, c'est trop. » Me tordis-je. « Franchement, il fait fort. »
« Les hommes.» Souffla Rosalie. « Leur logique me dépasse. »
« Mon Dieu, ça fait des lustres que je n'ai pas autant ri. » Dis-je en essuyant une larme qui coulait dans le coin de mon œil.
Rosalie connaissait mon histoire avec Jacob (L'alcool, c'est fou ce que ça délie les langues!). Elle savait comment il avait fini par m'étouffer dans sa vision de notre couple. Lui, subvenant aux besoins de notre famille, moi, m'occupant de la maison. Certaines femmes s'épanouissent dans ce rôle, elles y trouvent leur équilibre et leur joie. Mais je ne m'y sentais pas à ma place. Je rêvais d'évasion, d'aventure. Nous étions trop différents malgré les sentiments. Ça n'aurait jamais marché.
Encore aurait-t-il fallu que je l'aime assez – ou tout court – pour cela.
Jacob avait la chance d'avoir trouvé quelqu'un qui partageait ses idéaux. Et il me disait de revenir ?
Finalement, je plaignis Jacob qui vivait dans l'illusion d'une relation qu'il avait idéalisée et Léah qui méritait mieux que la place de bouche-trou.
C'était à cause de lui que je m'étais engagée. A l'armée, quand vous signiez, il n'y avait pas de retour possible avant la fin de votre contrat. Je ne le laissais pas avec l'espoir que je reviendrais.
Je n'avais pas été assez loin apparemment.
Cette pensée redoubla mon hilarité. Qu'aurait-il fallu que je fasse ? M'inscrire dans le programme spatial et exiger qu'on m'envoie sur la Lune ?
Je me calmai au bout de quelques minutes et donnai un regard rassurant à Rosalie. Cette dernière, comme à son habitude, ne posa aucune question.
J'adorai vraiment Rosalie.
« Deuxième Classe Swan ? » Demanda une voix masculine.
Je me retournai et fis face à un autre gradé qui pénétrait dans la tente.
Deux fois en moins d'une journée ! Je devrais prendre un abonnement.
« Oui Monsieur. » Le saluais-je.
« Repos. » Ordonna-t-il, avant de me tendre une note. « Vous vous présenterez dans le bureau du Lieutenant-Colonel. »
Je pris la convocation mais le motif n'était pas indiqué.
« Puis-je vous demander la raison, Monsieur ? »
« Je n'en sais pas plus, désolé. »
Je le saluai et regardai de nouveau la convoc' comme si le fait de la fixer allait m'apporter les réponses d'un coup de baguette magique.
« Qu'est ce que tu as encore fait, Swan ? » Dit Rosalie en secouant la tête.
Je cherchai dans ma tête un truc que j'avais pu faire et qui aurait mis en pétard le QG mais je me tenais à carreaux depuis trois mois et, sauf effet rétroactif, je ne voyais vraiment pas.
« T'es convoquée chez Colonel-Gueule-d'ange ? » S'émerveilla Mallory en plaquant ses mains sur ses joues.
Je regardais Lauren en grimaçant. « Hein ? »
« Le Lieutenant-Colonel Edward Cullen. » Dit Lauren d'une voix rêveuse comme si je devais savoir de quoi elle parlait. « La Mecque dont chaque pauvre fidèle rêverait de fouler le sol. »
Rosalie stoppa Lauren dans son extase non dissimulée. « Mallory... Es-tu en train de faire des allusions sexuelles en utilisant des métaphores religieuses ?»
« Qu'est ce que je pourrais utiliser d'autre pour décrire Dieu ? » Lauren sembla être partie dans un autre monde, les yeux dans le vague. « Je l'ai vu hier en train de faire ses pompes. J'aurais voulu me transformer en sable pour pouvoir frôler son torse. »
« Comment tu connais son prénom ? » M'étonnai-je alors que Lauren affichait un sourire, fière d'elle. « Je côtoie Green depuis deux mois et je ne sais même pas comment il s'appelle! »
Elle sembla hésiter puis regarda à droite et à gauche avant de se pencher vers nous dans la confidence. « Pendant qu'il faisait ses pompes, je lui ai piqué sa chemise - juste histoire de la renifler un peu - et il y avait une gourmette en argent avec ''EDWARD'' gravé dessus. »
Rosalie secoua la tête avant de l'enfouir dans ses mains avec désespérance. « Faut vraiment que tu t'envoies en l'air Mallory. Tu vas venir avec nous ce week-end et te trouver un gars pour te soulager. »
« Si tu le voyais, tu trouverais tous les autres carrément fades et imbaisables. » Contra Lauren.
« Reviens sur Terre. » Dit Rose en agitant une main devant ses yeux. « Pourquoi rêver d'atteindre l'inaccessible quand tu as un tas de beaux gosses en manque qui ne demandent qu'à être dévorés tout cru ? »
J'approuvais de la tête. « Ouais, consentants et accessibles, Mallory. C'est notre nouvelle devise. » J'haussai les épaules. « En plus, je l'ai déjà rencontré. Je ne risque pas de défaillir.» Raillai-je.
« Quoi ! Quand ça ? » Bombarda Lauren, excitée comme une fan de Justin Bieber en délire. « Il n'est arrivé qu'avant-hier et t'étais dans les vapes. »
« Qui a sauvé mon cul à Ghorak d'après toi ? » Demandais-je bien que la question fût purement rhétorique.
Les yeux de Lauren s'agrandirent comme des soucoupes dans la compréhension. « Oh my god ! Beau gosse et super sauveur. Avec un peu de chance, il a des rayons dans les yeux et il vole en cape rouge et en collant. »
« Arrête de planer Loïs. Et puis, de toute façon, tu prends le mauvais exemple : Superman est gay. » Dit Rose en se posant mollement sur son lit.
« Ah bon ? » S'étonna Lauren.
« Ouais. Sinon comment expliques-tu qu'il mette sa culotte par dessus son pantalon ? » Dit Rosalie en prenant un magazine et en se plongeant dans sa lecture.
Je pouffais tandis que Lauren réfléchissait encore à la chute de la blague de Rosalie, puis, ne voyant pas ce qu'il y avait de drôle, elle se racla la gorge et revint à la charge.
« Alors ? Tu as vu la couleur de ses yeux ? Et ses cheveux ? Ah ! Ses cheveux... Ça change de la coupe réglementaire des gars. Il t'a parlé ? Il est peut-être célibataire. »
« Consentants et accessibles, Mallory. AC-CES-SIBLE. » Répéta Rose.
Lauren leva ses yeux au ciel et se tourna vers moi attendant visiblement que je partage mes impressions sur la chevelure de 'Colonel-Gueule-d'ange'. Pfff, quel surnom ridicule.
« J'ai dit que je l'avais rencontré, pas que je l'avais vu. Excuse-moi, j'étais trop occupée à tomber dans les pommes. » Ironisais-je. « Merde, j'ai une tâche sur mon treillis. »
« Je ne sais pas ce que tu as fait pour être convoquée mais ça la fout mal si tu te pointes dans son bureau mal fagotée. » Commenta Rose sans se défaire de sa lecture. « Si ça se trouve, c'est un maniaque du règlement : Tenue impeccable, Rangers cirés et ... »
« … Sexe sur le bureau. » Soupira Mallory, l'air nostalgique.
Je la fixai, retenant mon rire et pris un air faussement choquée. « Je doute que le sexe sur le bureau soit très règlementaire. »
Rosalie fixa Lauren avec un regard plein de reproches. « Consentants et... »
« ….Accessible. Oui, je sais. » Termina Lauren. « J'ai encore le droit de fantasmer. »
Je désignai Rose du doigt. « T'as raison. Je vais pas prendre de risque. »
Je souris puis entrepris de briquer ma tenue. Autant faire bonne impression.
Je ne m'étais pas doutée à quel point j'allais le faire...
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Note de l'auteure :
Alors ?
Rendez-vous demain.^^
