Mon blabla à moi:

d'abord, je vous remercie pour vos reviews. elles m'aident beaucoup. Sinon, je suis désolée de ne pas mettre, parfois, ma mise en forme qu'il faudrait, mais le fait est que je suis un peu surchargée de boulot. je mets à jour grâce au WiFi de la fac, donc en cours. je n'ai pas beaucoup de temps.

je crois que quelqu'un m'a demandé d'où vient le prénom d'Ambre. en fait, ça vient d'un rêve. toute la fic est fondée sur un rêve que j'ai fait il y a un an (la fic est vieille, je l'ai déjà terminée). il ne m'en reste que deux flashs, celui de la rencontre dans la tour d'Astronomie, et celle du baiser près de la fontaine. c'était maigre, mais j'ai fait une fic dessus. lorsque je me suis réveillée, j'avais ce prénom dans la tête. pour ce qui est du nom de famille, j'avais dans la tête depuis pas mal de temps l'idée d'une jumelle de James. et enfin, pour les Furies, je ne sais pas où je l'ai trouvé.

, et merci de me lire!

Chumani

PS: si vous êtes vraiment accros, allez voir sur .com, mon blog. Il vous donnera un moyen pour connaître la fin plus vite...*s'en va avec un air de père Fourras*

Peut-être qu'un jour j'aimerai ces réunions. Mais pour l'instant, c'est non. Je les hais, même.

Cela fait une semaine que je loge au 213 bis Baker Street. J'ai discuté avec le professeur Dumbledore, joué aux échecs avec Minerva Mac Gonagall, salué de loin Arthur Weasley, et évité les trois-quarts des autres membres de passage. Sirius ne s'est pas montré, et ça m'arrange beaucoup. Je ne sais pas si j'aurais résisté à l'envie de lui casser le nez une troisième fois.

Mais ce soir, c'est réunion de l'Ordre du Phénix. Une première pour moi, ce qui est peut-être la raison pour laquelle je déteste m'y rendre. Par Merlin, Morgane, Escalibur, et tous les dieux celtes, je suis morte de peur. Lily a tenu sa langue. Sirius aussi apparemment. Etrange… J'ai cru, l'espace d'un instant où j'ai touché Lily sans faire attention, voir qu'ils avaient monté une combine pour me forcer. Je n'espère pas, ce serait…dangereux.

Oui, dangereux, c'est le mot. Je suis en état de stress complet depuis une semaine. La pluie tombe à verse, et je crois même avoir provoqué un orage. J'aimerais pouvoir me calmer. Galadriel a beau m'aider, je ne parviens pas à stopper les trombes d'eau qui surgissent dans les endroits les plus incongrus. Sur mon passage, les miroirs explosent, les robinets fuient, les gouttières débordent. Arthus venu pour l'occasion m'a assené des remontrances salées qui n'ont eu pour autre effet que de mettre le Ministère les pieds dans l'eau. Je l'aime beaucoup mais il n'est pas très pédagogue. Je doute qu'il mesure l'ampleur de ce que je ressens. Sans doute pas. Il est veuf depuis longtemps, et son existence à lui s'est déroulée sans heurts.

Rien de tout cela ne serait arrivé si Lily ne m'avait pas fait cet odieux chantage. Je serais partie aussi sec, et l'Angleterre n'aurait pas une fois de plus prouvé que sa réputation de pays le plus humide du monde est méritée.

Mais Lily m'a forcée à rester, et c'est pour cette raison que je tourne en rond seule dans ma chambre en désordre essayant – vainement – de diminuer la pluie.

La cloche de la porte sonne une nouvelle fois. Une bouffée de stress s'empare à nouveau de moi, avant que je ne m'aperçoive que l'odeur que je sens est celle d'Abelforth Dumbledore.

Comment réagir ? Je l'ignore. Non, vraiment, je n'ai aucune idée. Lorsque j'ai croisé Sirius, je lui ai fracassé le nez. Certes, il l'avait cherché, et nous ne nous sommes jamais entendus. Mais James ? Je n'ai pas oublié la manière dont il m'a remplacée, ni comment il a tu mon existence. Il a voulu s'amender, c'est vrai, mais à l'époque je n'étais pas prête. Je ne crois pas l'être davantage aujourd'hui, mais trop de temps a passé pour que je recule encore.

Autre coup de sonnette. Cette fois-ci, c'est sérieux. Sirius et Peter sont là. Leurs odeurs sont toujours aussi détestables. Je sais, il aurait été surprenant qu'il en soit autrement, mais je ne m'en remets toujours pas. L'odeur des Animagi n'est pas de celles auxquelles on peut s'accoutumer. Enfin, je les supporte, c'est déjà ça.

Voyons les points positifs. Ils sont venus seuls. James ne sait donc encore rien, et Remus encore moins. Même Peter, de par son babil, ne paraît pas être au parfum. Sirius a dû avoir trop peur de ma puissance dévastatrice pour parler. Et encore, je ne crois pas qu'il mesure sa chance de s'en être tiré avec quelques malheureux coups sur le nez.

Revers de la médaille : le pire est à venir.

Ah, Lily est arrivée. Sans James. Il faut dire qu'elle vient de chez ses parents. Ils sont malades, et ses relations avec sa sœur sont si orageuses qu'elle fait mieux de se déplacer seule.

Soyons courtoise. Lily s'est montrée d'une gentillesse exemplaire cette semaine, au point que j'en culpabilise de ne pas l'apprécier. Descendre à sa rencontre est donc la première des politesses.

Sirius me regarde une nouvelle fois avec des yeux ronds lorsque j'émerge en haut de l'escalier. Peter cligne plusieurs fois des yeux et me reluque d'une manière si peu discrète que je réduis la rampe en charpie. Je déteste qu'on me guigne, même quand c'est involontaire. Mon horreur pour ce genre de démonstrations est montée en flèche depuis que Galadriel m'a annoncé la bouche en cœur que je suis un diamant rare dans un écrin d'or pur. Les employés du Ministère qui défilaient sans cesse devant Lily – c'est fou le nombre de bonnes excuses qu'ils avaient – n'ont pas contribué à me rendre ces démonstrations plus agréables.

Tandis que j'écrase le bois par une simple pression, le rat me regarde avec inquiétude. Je lui rétorque un œil furibond. C'était ça ou lui.

Ambry ! s'exclame soudain Lily avec une joie un peu forcée pour quelqu'un qui m'a vu la veille. Tu tombes bien, j'allais te chercher. James m'a envoyé un hibou. La pauvre bête est arrivée totalement trempée d'ailleurs, tu as fait de sacrés dégâts. Enfin, là n'est pas l'important. Il arrivera avec Remus, sans doute un peu en retard.

Toute la ville est bloquée par la pluie ! rajoute Sirius d'une voix forte.

Je grogne, et me prépare instinctivement à bondir. J'ai deux raisons : l'une c'est qu'ils ont tous deux parlé trop fort, j'en ai encore mal aux tympans. L'autre, c'est que j'en ai plus qu'assez que Sirius me reproche les moindres de ses ennuis, des lacets cassés aux inondations que je ne puis contrôler.

Heureusement (si avec ça il ose encore dire qu'il ne me surveille pas, je l'étrangle), Galadriel surgit soudain à mes côtés et m'administre ce qui ne me semble n'être que quelques gouttes de cette énergie qui m'apaise tellement. Je me calme quelque peu, mais sans parvenir à faire cesser les trombes d'eau qui se déversent au dehors. Pitoyable. Dire que je suis censée être la crème des crèmes des Furies…hum, on repassera.

Je t'ai déjà dit que tu es totalement inconscient ! lance-t-il à Sirius qui a reculé de quelques pas. Est-ce trop te demander que de faire un peu plus attention ? Un de ces jours je ne serais plus là pour te sauver la mise.

Ledit Sirius marmonne quelque chose d'inintelligible et se dirige à grands pas vers la salle où est censée se dérouler la réunion. Lily et Peter lui emboîtent le pas. Galadriel exerce une légère pression sur mon épaule avant de m'entraîner vers le même endroit.

Tout l'Ordre – enfin, presque – est rassemblé en ce haut lieu. C'est une très jolie pièce, cela soit dit en passant. Les murs sont recouverts de boiseries anciennes, et d'immenses vases emplis de fleurs blanches et odorantes décorent chaque table. Ça me rappelle mon appartement de Brocéliande, lequel est en passant d'un luxe des plus démesurés. Trop grand, en plus. Il faudrait une présence supplémentaire…ah non alors, ça ne va pas commencer ! Ambre, sors immédiatement ces idées de ta tête !

A qui appartient la maison, au fait ? je grogne tout en m'installant dans un canapé à deux places si confortable que je m'y allongerais bien.

Histoire de ne plus songer à mes châteaux en Espagne…

A ma mère, répond une jeune femme que je peine à identifier comme étant Alice Londubat, l'épouse de Frank. Elle n'appartient pas à l'Ordre mais a permis au professeur Dumbledore de faire usage de la maison. Elle préfère son appartement du Chemin de Traverse. Ça te plaît ?

C'est charmant. Navrée d'avoir causé toutes ces inondations.

Ne te bile pas pour ça. Je te comprends tout à fait.

C'est cela, oui. Et Dumbledore va annoncer ses fiançailles avec Mac Go. Pour autant que je sache, Alice n'est pas une Furie incontrôlable, et Frank ne lui fait pas plus peur qu'un Veracrasse. C'est bien de me lécher les bottes, ça pourrait toujours être utile, mais le principe du fayotage est que la personne concernée ne le remarque pas. Dans ce dernier cas, c'est loupé…

La réunion commence. Je dois dire – à ma plus grande honte – que je n'en écoute pas un traître mot. Tant pis, je piquerai dans la mémoire de quelqu'un. Galadriel, par exemple. Oui, ce serait une bonne idée. S'il refuse, je l'assomme. Non, je plaisante. Il est trop difficile à assommer. Arthur Weasley, ce sera mieux. Il ne refusera pas de me rendre service, surtout si je bats des cils pour l'amadouer.

La porte s'ouvre brusquement. Instinctivement, j'inspire une pleine bouffée d'air avant de m'apercevoir que c'était une très mauvaise idée…puisque quelques gouttes d'eau commencent à tomber du plafond.

Ils sont arrivés. Trempés comme des soupes en plus. Les tapis en sont pour leurs frais. Enfin, l'avantage est que cette proximité aquatique me détend un peu…mais pas assez, hélas. Un orage se prépare.

J'avais oublié leurs odeurs. J'avais oublié ces fumets capiteux qui me pénètrent toute entière, et clament à mon esprit la triste vérité.

Curieusement, et contrairement au cas Sirius, ces odeurs-là ne me répugnent pas. Elles m'avaient manqué. L'une d'elles surtout, et je ne crois pas avoir besoin de dire à qui elle appartient.

Lily se lève comme si elle était assise sur un cactus et se jette au cou d'un grand jeune homme brun, aux cheveux plus désordonnés que jamais, qui lui embrasse le cou et que je reconnais sans peine grâce au souvenir que Galadriel a laissé échapper.

Mon frère. Par Merlin, je l'avais oublié, mais notre ressemblance est frappante. Nous avons la même courbe autour du visage, la même finesse dans les traits, les mêmes cheveux, mais il y a encore quelque chose qui nous associe. Peu m'importe de quoi il s'agit, car en ce moment, alors que la pluie tombe plus fort que jamais, je ne pense qu'à une chose : James me regarde.

Le regard de Lily fait la navette entre nous deux, et un sourire fugace se dessine sur ses lèvres. Pas de doute, elle m'a coincée.

James, je le vois bien, n'est pas sûr de ce qu'il a devant les yeux. En face de lui est assise une déesse vivante, une beauté, ressemblant à la sœur qu'il a connue, mais qui est si changée qu'il peine à l'identifier. Une Furie, un monstre pourtant chargé de garantir la Paix. Il a de la chance d'être mon frère, sinon je lui aurais déjà envoyé mon poing dans le nez. Je déteste qu'on me regarde de la sorte.

Ambre a été envoyée par Brocéliande pour nous aider, murmure Lily de manière parfaitement audible – du moins pour moi et les deux retardataires.

Mais ce que j'entends davantage, c'est l'exclamation étouffée qui retentit juste derrière James. Oh non, non, non, non ! Non ! NON !

Chacun le sait : je suis d'une irrationalité qui défie toute concurrence. Or, en ce moment même, je suis aux prises de deux sentiments contradictoires : mon esprit me somme de partir d'ici en courant, de fuir, de disparaître. Mais mon cœur, lui, la partie énervante rose-guimauve, me souffle de bondir et de ne plus le lâcher. Ne plus lâcher Remus. Car, évidement, il ne peut s'agir que de lui.

Mon Remus. Ma vie, mon amour, celui sans lequel je ne puis vivre. Depuis onze ans, je n'étais plus qu'une coquille vide, un emballage, une raison, mais à laquelle il manquait l'étincelle qui me rendrait entière. Cette flamme, ce brasier plutôt, c'est Lui. Lui. Celui qui est tout à mes yeux, celui que j'adore. Mais dont j'ai peur.

Malgré cette dualité, je reste clouée sur place. Galadriel, assis quelques mètres plus loin, m'envoie un regard de compassion, lequel m'informe que je dois paraître plus paniquée qu'autre chose. Mon cerveau fonctionne à toute vitesse, mais je suis incapable du moindre mouvement. Un feu s'empare de mes entrailles, et je sens remonter le long de ma colonne cette brûlure qui annonce d'autres souffrances. Hors de question. Pas ici, pas maintenant. Je risque de faire un carnage. Plus tard s'il le faut. Mais pas maintenant. Je les tuerais tous, et je ne m'en remettrais pas.

Remus pousse James sans ménagement (il manque de se casser la figure, d'ailleurs. J'aurais bien voulu voir ça, le spectacle m'aurait peut-être un peu détendue) et entre dans mon champ de vision. J'en profite pour inhaler une pleine bouffée de son odeur qui – si elle me brûle un peu les poumons – m'a trop manquée pour que je veuille y renoncer.

Je fonds. Littéralement. S'il a vieilli, s'il paraît avoir souffert, il n'en est pas moins beau. Merlin, comme je l'aime ! Ses yeux couleur de miel croisent les miens, et je me retrouve soudain réduite à l'état de guimauve. Mon cœur bat en une chamade désordonnée, et mes mains agrippent le rebord du canapé – lequel se fendille d'ailleurs.

La scène paraît figée. Lily nous regarde. James nous regarde. Sirius nous regarde. Alice et Frank nous regardent. Gal nous regarde. Tous nous regardent.

J'ignore comment je devrais réagir. J'ignore quelle est la réaction que tous attendent de moi. Mais je sais que je n'agis pas comme ils l'escomptaient.