bonjour à tous! merci pour vos reviews! Voici les réponses! J'espère que je n'ai rien oublié...
Fourchette: je sais, c'est inhumain, et j'ai vraiment abusé. mais c'est le principe de la publication hebdomadaire, non? non? alors...tant pis. je continue quand même! merci de tes reviews régulières!
Elixir: contente que tu aimes ma fic! désolée si tu as trouvé quelques fautes d'orthographe. en ce cas, ce sont des fautes de frappe. pour moi, un texte ne peut être bon que s'il est correctement orthographié. ensuite, pour mon blog...j'ai déjà pensé à faire un bolg pour chaque texte. le problème, c'est que ça risque de faire un petit peu "vide", tu vois. en plus, je suis étudiante. j'ai à peine le temps de publier sur et hpf, et d'écrire mes fics. gérer quatre ou cinq blogs...je crois que la qualité du site en pâtirait. je voulais faire des liens cette semaine. le problème, c'est que j'entre en période d'examen de mi-semestre, et que j'ai moins de temps que je ne le voudrais. c'est donc en projet. merci de ta review!
Je ferme les yeux. L'image de Remus n'en disparaît pas pour autant, elle continue à hanter mon esprit.
Mon corps est comme paralysé. Non, rectification : il est paralysé. Je ne puis esquisser un mouvement. Tout se bouscule dans ma tête, odeurs, souvenirs, sons. La pluie tombe encore plus dru au dehors. Les passants sont rares, l'eau commence à dépasser les perrons et à entrer dans les maisons.
J'entends Remus s'approcher de moi. J'inspire profondément, manque de faire une crise cardiaque en sentant son odeur, et me retiens de justesse de briser l'unique miroir de la pièce. Mes efforts s'avèrent vains toutefois lorsque mon amour occupe la place vide voisine à la mienne : la glace tombe en miettes.
Calme-toi Ambre. Calme-toi et récapitule : Arthus – ton supérieur – t'a envoyée assister l'Ordre du Phénix. Ton frère est là, et Remus est assis à côté de toi. ET IL FAUDRAIT QUE JE ME CALME ? Ça va pas la tête ?
Une carafe de cristal explose. Gal ricane et répare la casse. Le pauvre, je crains qu'il n'en ait pas fini… Et dire que ça l'amuse ! Je l'étranglerais bien moi…Mauvaise idée cependant. Ça ferait désordre, et puis j'en connais certains qui ne me le pardonneraient pas.
Pause.
Hein ? Quoi quoi quoi quoi quoi ? Qu'est ce qui se passe ? Je rêve ! Ce n'est pas possible ! Je dois me tromper ! Et pourtant non.
Quelque chose m'effleure la main, et je dois me mordre le doigt pour trouver la force de protéger mon esprit du flot de pensées qui me menace. Je ne suis pas sûre que Remus apprécie que je fouille dans sa tête comme je le fais dans ma chambre en désordre. Sous le choc (c'est vrai, quoi, je m'attendais plus à ce qu'il me griffe – ce serait légitime – qu'à ce qu'il me tienne la main), je rouvre les yeux.
Non, je ne rêve pas. Remus est bien à mes côtés (non, je ne le regarde pas, mais mes yeux ont bien par hasard glissé du côté où il se tient). Il ne paraît pas plus que moi écouter ce que raconte Galadriel sur la lettre d'Arthus, et regarde du côté de James, lequel caresse doucement le bras de Lily. Le mouvement près de ma main reprend. Il est timide, d'abord, puis se fait plus insistant. Je suis si ébahie que je n'offre aucune résistance (enfin, pour résister, il faudrait déjà que ce contact me révulse. Or, je ne crois pas apprendre quoique ce soit à quelqu'un si je dis que je suis plus que ravie de cette attitude. Hum, si j'étais un chat, je ronronnerais).
Remus me tient la main. Remus me tient la main ! REMUS ME TIENT LA MAIN ! (Pour peu, je me mettrais à danser de joie. Mauvaise idée, cependant, je ne veux pas passer pour une folle devant tout l'Ordre) Comme par miracle (enfin, ce n'en est pas vraiment un, je me connais, mais tout de même, c'est…frappant), la pluie s'arrête aussitôt et fait place à un magnifique soleil. Il n'y a plus trace d'un nuage dans le ciel londonien.
Je dois une nouvelle fois faire preuve d'un immense contrôle, mais cette fois-ci pour ne pas lui sauter dessus. C'est vrai, quoi, ce n'est pas facile. Je l'adore, il est juste à côté de moi, je sens son odeur, et il me tient la main. Comble du supplice, nos yeux se croisent encore. L'or tombe dans le vert, et l'ombre d'un de ses sourires d'autrefois – je vais me mettre à baver s'il continue – se dessine sur ses lèvres. Il m'apparaît alors évident qu'il déplore autant que moi la présence de témoins. Bon, peut-être pas pour la même raison, si ça se trouve il va me mettre une paire de claques (que je n'aurai pas volée), mais je suis en ce moment trop accrochée au simple plaisir de sentir sa main contre la mienne pour être ronchon.
Et dire que cette réunion n'en finit pas…
J'ai tellement de choses à lui dire ! Je l'aime tellement ! Mais d'abord, je dois m'excuser. Mon comportement était inqualifiable. Il a souffert par ma faute. Si je n'avais pas eu un si mauvais caractère, rien de tout cela ne se serait passé. Si seulement j'avais su faire face, jamais nous n'aurions été séparés durant sept ans.
Bon, en même temps, je dis cela en partant du fait qu'il m'aimerait encore. Tout ça parce qu'il me tient la main. Affligeant. Peut-être qu'il était plus que ravi que je m'en aille, il y a sept ans. Peut-être qu'il veut me sommer de repartir illico. Peut-être…qu'il n'a rien à me dire et que le fait qu'il me tienne la main ne relève que du pur hasard. Bon, je vous l'accorde, c'est tordu et peu compatible avec son caractère. Remus est casse-pieds par nature. Ça lui ressemble parfaitement de me retenir s'il me veut quelque chose.
Le temps passe à la vitesse d'un escargot. La petite aiguille de l'horloge bouge avec une lenteur désarmante. J'essaye vaguement d'écouter ce qui se dit, sans grand succès toutefois, car Remus a brusquement l'idée d'entremêler nos doigts. Mon cœur n'en bat que plus vite, mon pouce commence à saigner, et j'abandonne toute idée de suivre la moindre parcelle de la conversation.
C'est définitif, Remus a quelque chose à me dire. C'est d'autant plus flagrant qu'il commence à m'attirer contre lui, sans se soucier des éventuels regards indiscrets (même s'il n'y en n'a pas, tous savent que je pourrais leur crever les yeux). Par Merlin, il est fort ! Malin, en plus, même si je le savais déjà. Il m'a coincée. Je ne puis me libérer sans lui briser les phalanges, et c'est une chose que je ne pourrais jamais me résoudre à faire. Et il le sait bien-sûr, sinon il ne profiterait pas autant de la situation.
Pourtant, je ne comprends toujours rien. Remus m'a abandonnée, mais se conduit comme si nous n'avions jamais été séparés. De plus, s'il voulait vraiment me parler à Poudlard, il devrait m'en vouloir. Je l'ai évité, j'ai fui jusque de sous son nez, je me suis tue. Mais toutes les apparences clament le contraire de la logique. Serait-il aussi irrationnel que moi ?
On ferait une jolie paire…
Zut, revoilà la marche nuptiale qui me trotte dans la tête.
Je retire ce que j'ai dit. Cette fichue musique n'est pas venue là toute seule. Galadriel chante, si bas que je suis la seule à pouvoir l'entendre. Tentant d'ignorer les images qui surgissent brusquement dans ma tête, je lui adresse un regard noir. Malheureusement, le grand sourire que m'adresse mon ami – dont les yeux vont de moi à ma main – ne fait rien pour m'aider. Grrr, il a de la chance que je ne puisse bouger !
Soudain, un grand mouvement s'empare de tout le groupe. La réunion est enfin achevée. Elle a duré une heure. Chacun se lève, parle fort, s'interpelle. James serre des mains, étreint Sirius, et il me semble même qu'il ait un échange cordial avec Galadriel. Comme quoi il faut toujours croire au miracle, ça arrive parfois. Pas un regard vers moi, mais je soupçonne Lily de l'avoir discrètement chapitré (elle aurait pu le hurler que je n'aurais rien remarqué de toute manière). Jamais mon balourd de frangin n'aurait eu cette idée seul.
Je n'ai toujours pas bougé. Quand bien même je le voudrais cela me serait impossible. Sans que je ne m'en aperçoive, Remus me tient à présent d'une poigne de fer, et a posé ma main sur ses genoux. L'invitation est trop irrésistible.
Personne ne paraît se formaliser – ni même s'apercevoir – que nous sommes immobiles. Ou bien alors ils ont trop de tact pour montrer qu'ils ont remarqué. Quoi qu'il en soit, ils quittent tous la pièce les uns après les autres. Galadriel ferme la marche sans m'accorder un seul regard. Il ferme la porte, et je l'entends marmonner une vague formule magique qui m'informe qu'il verrouille le seul accès possible hormis les fenêtres.
Je suis seule avec Remus.
