Chapitre 2 : Où suis-je ?

Aujourd'hui nous sommes le 16 septembre 1920.
J'étais toujours et malheureusement à bort du bateau l'Eclipse. Et bien sur, pour couronner le tout à mon malheur, cela fusait déjà 3 jours que j'avais fugué de chez moi fuyant ainsi mon père, ma belle mère Sue et ses si gentils enfants. Mon père, celui qui avait décidé de me vendre, bien avant ma naissance, à Monsieur Marc Newton senior, contre bien évidemment une somme d'argent conséquente. Cet argent qui lui a bien servi, il a pu créer son entreprise de navigation maritime. Certes cette entreprise a bien aidé mon pays natal, aussi bien pour la pêche que pour la marine nationale et d'autres belles choses accomplies grâce à lui et son idée.
Avec l'aide de Rosa, le plan initial de mon père a été mis à rude épreuve il y a peu. Elle m'a aidé à m'enfuir de l'enfer que me destinait mon cher père.

J'étais actuellement en pleine océan Atlantique, mais où ? Voilà une bonne question, je n'en savais rien du tout ! Voulant quand même savoir un minimum où nous étions, j'aperçu une dame faisant sa promenade sur le pont. Je décidais de l'accoster.

- Excusez-moi, Madame pouvez-vous me dire où nous somme en ce moment s'il vous plait ?

-Je ne suis pas une spécialiste en la matière ! me répondit-elle avec dédain.

Voila qui n'était pas très rassurant pour moi, elle m'avait répondu comme si je n'étais pas mieux que les excréments de son toutou qui la suivait, pauvre bête. Après ce bref échange assez désagréable, je retournais m'assoir à l'avant du bateau, aussitôt, mes pensées me frappèrent avec un capharnaüm impossible pour que ma petite tête puisse y voir clair.

Repoussant ces pensées loin dans ma tête, je me mis à observer l'océan.
Il n'y avait aucunes îles, pas un seul continent en vue, ni le moindre petit bout de terre, un vrai désert d'eau salé.

Amenant ma main devant moi pour saisir les embruns frais que le vent apportait jusqu'au bastingage. Un reflet se porta jusque moi, c'était le bijou que mon père m'avait donné pour mes fiançailles avortées avec Monsieur Newton fils.

La bague était très belle avec ces petits diamants, mais je ne voulais pas la garder au doigt et encore moins dans ma valise dans ma cabine. J'eu une idée, je la retirais de mon doigt je jouais un peu avec pour la regarder sur toutes les coutures et étudier ses belles forme. J'imprimais chaque détail pour en garder un beau souvenir dans ma mémoire avant de fermer les yeux et d'ouvrir ma main pour laisser tomber la bague dans l'eau. J'avais l'impression d'être Rose dans le livre le Naufrage du Titans.
Je rouvris les yeux et regardais ma main, la bague n'y était plus, je ne regrettais absolument pas mon geste, aucunement. Mon regard se perdit dans l'infini de l'océan.

Quelques minutes plus tard un bruit sur ma droite attira mon attention. Une vieille dame d'environ 70 ans, assez petite avec des cheveux blanc, était en train de taper de sa canne sur le sol en bois du bateau, et ce, pour se diriger vers ses appartements.

Je repris ma promenade sur le pont et découvris 6 petits canots de sauvetage, je fus surprise d'en trouver là. Ils se trouvaient à l'arrière du bateau et étaient en bon état de fonctionnement. Les 2 rames semblaient à même à être utilisées. Cela me rassura, je n'ai pas vraiment le pied marin et même si c'est le calme plat.

Deux heures plus tard et sachant que nous étions en méditerranée et que nous nous dirigions vers Cannes, je décidais enfin de rentrer dans ma cabine de fortune. Les murs de celles-ci étaient recouvert d'une peinture blanche partant du plafond et descendant sur les murs et d'une peinture bleu clair recouvrant le bas des murs. Quelques vieux tableaux agrémentaient ces murs, tenant de guingois avec de la corde et des clous. Ensuite un petit lit d'une personne avait été placé au fond de la pièce, là où il faisait le plus sombre. Le linge de lit, quoique propre avait jauni, l'oreiller et la couverture en laine blanchie avaient été maintes fois lavés afin d'en retirer quelques peu l'odeur de renfermé et d'iode. Juste à droite du lit, une chaise en bois trônait et de l'autre côté une petite table de chevet repeinte en bleu marine. Sur celle-ci, il y avait une lampe à huile, qui me permet de marcher dans ma chambre sans me prendre un de mes pieds dans un meuble. Une commande fait office de garde-robe, même si elle est petite je n'y rangeais rien. J'avais trop peur d'oublier quoique ce soit d'important et de toute manière le peu de choses que j'avais emporté n'avait pas besoin d'être déplacé de ma valise. Enfin, dans un coin de la pièce, une petite coiffeuse blanche avec 6 petits tiroirs où je pouvais déposer ma brosse à cheveux, mes bijoux, mon maquillage et tout mon nécessaire à maquillage. La contemplation de ma minuscule cabine finie, je m'aperçu qu'il était plus de vingt-deux heures trente. Il était donc temps que j'aille me coucher pour être en forme demain matin car le bateau arrivait au port de Cannes en France.

Je pris ma robe de chambre qui était installée sur le lit et je m'habillais, elle était blanche avec de la belle dentelle de couleur mauve au niveau de la poitrine.
Après m'être vêtue pour la nuit, je remis toutes mes affaires dans ma valise, qui ce trouvait près de la porte d'entrée de la chambre à coucher, j'éteignis la lampe a l'huile et me mis au lit. Je me mis à compter les moutons pour trouver le sommeil.
Un mouton, deux moutons, trois moutons, quatre moutons… je m'endormis sans problème.

Après avoir passé une longue et mauvaise nuit fortement agitée de cauchemars à propos de mon père Charlie.
Le bateau arriva enfin à bon port à Cannes. Je repris mes effets personnels et sentimentaux et je sortis de la cabine où j'ai dormis que quelques jours en attendant d'arriver en France. Je ne dirais jamais assez merci à ma chère nourrice Rosa de m'avoir permis de m'enfuir.

Avant de sortir définitivement je regardais à deux fois si j'avais bien fermé la porte de la chambre et je remontais sur le pont pour aller ramener la clef au matelot qui me l'avait donné à mon arrivée. Je descendis sur le ponton sans me retourner vers l'Eclipse. J'entrais pour la première fois dans la ville de Cannes et je me suis mise à chercher une banque ou un bureau de change, je n'avais que des Livres Sterling sur moi, il me fallait des Francs pour pouvoir me louer une chambre d'hôtel ou une chambre d'hôte. J'en avais aussi besoin pour trouver une épicerie pour que je puisse me nourrir un peu, trop pressée de quitter le bateau, je n'avais pas pris le petit déjeuner à bort.
Je trouvai une banque après une heure, après avoir eu quelques difficultés pour me faire comprendre en français. Mon problème est que je sais parfaitement lire le français mais le parler, ça c'était bien une autre chanson. Je suis rentrée dans la banque et je fus surprise car il ni avais personne sauf le banquier à son comptoir. Je pris une feuille sur le bureau et je me mis à écrire.

- Bonjour

- Bonjour que puis-je pour vous ?

- je viens pour changer des Livres Sterling en francs.

- Bien, mademoiselle, Vous voudriez échanger pour combien en francs ?

- 1500 francs, je vous prie.

Je sorti la somme que le banquier me demandais, lui tendis. Il recompta les billets devant moi et pris l'équivalant en francs. Il compta en posant billet par billet devant moi la somme de 1500 francs. Une fois fini il me tendit la liasse avec un sourire. Je lui rendis son sourire pour le remercier et je me retournai pour sortir de la banque.
A quelques pas de là, je trouvai une petite épicerie qui portait le nom de « chez les trois ponts » et entrais dedans. Une petite cloche dorée au dessus de la porte d'entrée du magasin signala ma présence à l'épicier et je me dirigeai vers lui.

- Bonjour.

- Bonjour mademoiselle.

- Pourrais-je avoir deux belles pommes et une bouteille de lait s'il vous plait.

L'épicier se mit à son travail et alla me chercher ce que je lui avais demandé. Pendant ce temps je fis le tour des étalages et je pris une boîte allumettes, 4 gros savons de Marseille, une casserole et un bon mètre cinquante de tissus épais pouvant me servir de serviette ou de bandage en cas d'urgence, une aiguille, une bobine de fil et une paire de ciseaux. Je retournai au comptoir avec ma marchandise et je les donnais à l'épicer, il me les mit dans un sac en papier solide mais avant de prendre mes affaires je vis un tas de journaux sur comptoir et en pris un.

Voulez-vous encore quelque chose mademoiselle ?

Ca sera tout merci.

Donc ça vous coutera la somme de 15 francs et 60 centimes s'il vous plait.

Je lui tendis un billet de 20 francs, il prit l'argent et ouvrit la caisse enregistreuse, il me rendit ma monnaie. En le remerciant je repris mon chemin jusqu'à la porte et l'ouvrit, elle refit le même bruit qu'a mon arrivée dans le magasin, je fis quelques pas et je me retrouvais dehors. il y avait beaucoup de monde sur le port de Cannes maintenant.
Je pris une rue qui me mena à une auberge. Celle-ci ressemblait plus à une maison normale qu'à une auberge. Sur la fenêtre à côté de la porte y était accroché une affiche indiquant « chambre à louer » je fus contente de trouver dès la première fois. Je me dirigeais vers la porte et l'ouvrit. A première vue, l'auberge était très accueillante et chaleureuse, j'entrais et me dirigea vers le comptoir en chêne, il y avait une dame d'une quarantaine d'années derrière.

- Bonjour madame.

- Bonjour jeune fille que puis-je pour toi ?

-Euh… à l'entrée il y a une affiche qui dit que vous louez des chambres et j'aimerais en louer une, si possible, s'il vous plait.

- Oui bien sur j'en ai de libre

-Je pourrais savoir le prix pour une semaine s'il vous plait ?

-Pour une semaine ce serait… Elle du réfléchir et compter sur ses doigts pour ne pas faire de bêtise.

- 90 francs et tout sera compris dans le prix c'est-à-dire la nourriture et la boisson, la chambre, le ménage de celle-ci et aussi la lessive de vos vêtements.

- Tout ça pour 90 francs.

- Oui tout et bien sur, l'eau et la nourriture sont à volonté et à la demande. Au fait, je m'appelle Elisabeth et toi ma belle ?

- Je m'appelle Bella.

- Sois la bienvenue ici Bella

Elle fit le tour du comptoir et vins vers moi, elle prit ma main libre et m'entraina avec elle vers les marches des escaliers en appelant quelqu'un.

- Edward !

Un homme d'une vingtaine d'année entra à ce moment là, par la porte derrière le comptoir.

- Qu'est ce qu'il y a encore ? dit-il avec méchanceté

- J'aurais besoin que tu gardes le comptoir pendant que je montre sa chambre à notre nouvelle cliente.

A ce moment la le jeune homme me regarda de la tête aux pieds et s'arrêta et regarda Elisabeth et lui répondit.

- Dépêche toi, je n'ai pas que ça à faire de ma journée !

Elisabeth se retourna et monta les marches quant à moi, je restais là à regarder le jeune homme. La partie que j'aimais le plus en cet homme était, bien sur, son visage d'ange avec ses cheveux brun-roux presque noir et ses yeux verts comme les feuilles des arbres. Il avait de belles lèvres et un nez assez droit à mon goût je trouve et comme il était grand. Je n'eu pas le temps de terminer l'inventaire qu'Elisabeth me rappela pour la suivre.

-Bella.

-Oui j'arrive.

Et je montais les marches pour aller jusqu'à ma chambre précédée par la dame de maison.