Oyé, Oyé. Je suis en avance. Surprise !

Merci pour toutes vos magnifiques reviews. Je n'arrive toujours pas à croire à quel point vous aimez cette histoire.

Merci à celles qui ont mis cette histoire dans leur favoris ainsi que celles qui ont fait de moi l'une de leur auteure préférée.

Merci à Lénérol, ma betâ, pour ses corrections et suggestions.

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CHAPITRE 7 – A ta place

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Afghanistan

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Je n'arrivais pas à croire que le temps pouvait passer si vite. J'avais conscience que lorsque je disais ça, on avait l'impression qu'il s'était écoulé des années depuis que j'avais croisé la route du Lieutenant-colonel Cullen. Mais cela ne faisait que cinq mois et depuis je l'appelais affectueusement ''ma sex machine sur pattes''. Pourtant, j'étais en dessous de la vérité, il était devenu bien plus que ça.

Seulement voilà, j'aurai préféré me couper une jambe plutôt que de m'avouer ce qui me crevait les yeux depuis le début. D'abord, parce qu'entre nous, il n'y avait aucun espoir et qu'il n'y en aurait jamais aucun, nous étions de deux mondes diamétralement opposés. Lui voguant dans les hautes sphères et moi rasant le sol. Ensuite parce que je n'avais aucune idée de ses sentiments (ou absence de sentiments). Et enfin, parce que j'avais peur qu'en prononçant des mots qui n'avaient aucun sens ici, j'en viendrais à foirer l'intensité et le naturel de nos moments.

Et puis comment poser des mots alors que j'étais incapable de dire avec exactitude ce qu'Edward m'inspirait sans mourir de trouille ? Je me disais qu'un jour, j'arriverai à comprendre et ne m'étais pas souciée du temps qui m'était imparti pour le faire.

Juillet était la période la plus chaude dans cette partie du globe. Nos missions étaient quasi-inexistantes. Le calme avant la tempête.

Et elle se déchaîna sous le trait d'un lundi matin.

Toute la base - sauf ceux qui se trouvaient déjà en mission ou de garde - était réunie sous la tente du mess transformée en salle de conférence pour l'occasion du debriefing mensuel du Colonel Hartley. Il abordait le plus souvent les détails et le déroulement des missions exigées par les technocrates en costume de Washington, les bilans techniques de chaque unité et assurait la coordination avec les autres corps de l'Armée - Air Force et Navy - basées en Afghanistan. Les plus hauts gradés de la base étaient assis devant, tandis que nous, pauvres sous-fifres, nous contentions de nous battre pour choper des chaises assez près de l'écran de contrôle pour pouvoir voir les instructions tactiques sans devenir aveugle à force de plisser des yeux. Or, ce n'était pas mon éloignement de l'écran qui motivait les raisons pour lesquelles je voulais à tout prix me rapprocher du premier rang. Un certain Lieutenant-colonel aux yeux verts n'y était pas étranger.

Quand il intervenait, c'était vraiment le meilleur moment du débriefing. Le voir tenir sa petite baguette et nous montrer avec plus de précision certains points des images satellites réveillait en moi les fantasmes sexuels les plus délirants.

Je me renfrognais un peu à la fin de son intervention mais me consolais en me disant que de là où j'étais assise, je pouvais reluquer sa chevelure folle. J'entendais le Lieutenant Green égrener sa liste de noms détachés aux différentes tâches à effectuer au sein de la base – Garde de nuit, corvée de sanitaires, aide à la préparation des repas et au ravitaillement... – qui s'effectuaient par roulement et cela annonçait la fin proche de ce débriefing. Pourtant, à ma grande surprise, lorsqu'il eut terminé, le Colonel renvoya tout le monde sauf notre unité.

Edward fut l'un des premiers à sortir et j'essayais d'ignorer le mauvais pressentiment qui accompagnait cette annonce. Je croisais brièvement le regard interrogatif de Rosalie avant qu'elle ne se lève à son tour.

« Tu me raconteras. » Chuchota-t-elle avant de se rendre vers la sortie.

Une fois tout le monde parti, le Colonel Hartley prit la parole.

« Bien. Je vous ai demandé de rester pour vous faire part de la décision de relever votre unité. »

Un brouhaha s'éleva tandis que moi je restais cloîtrée dans un silence stupéfait, anesthésiée et abasourdie.

« Au cours de ces dix-huit derniers mois... » Reprit-il, « … vous avez bien servi le drapeau et vous êtes une des unités qui s'est le plus illustrée. Vous êtes laissés à la disposition de l'Armée des États-Unis mais, comme vous l'avez compris, vous rentrez au pays. »

La joie qui suivit cette annonce n'avait rien à voir avec ce que moi je ressentais en ce moment. J'avais l'impression que le ciel me tombait sur la tête. Mon quotidien n'était pas ce qu'on pouvait appeler idyllique mais chaque jour je savais pourquoi je me levais. Je me sentais utile. Ne plus retrouver des marques qu'il m'avait fallu des mois pour me repérer me laissait un goût amer.

Et puis, il y avait Edward.

Cette annonce allait sonner le glas de nos moments enfiévrés et je pris soudain conscience qu'il me fallait faire le deuil de sa présence qui avait été presque rituelle et familière.

L'euphorie qui régnait tout autour de moi me sembla extrinsèque, comme si je n'étais pas concernée et une fois que le Colonel nous eut remis la feuille bleue prouvant notre démobilisation et ordonné de nous retirer, il me fallut quelques minutes pour décider de ce que j'allais faire, tant je me sentais perdue.

Et c'était sans réfléchir vraiment que je me dirigeais vers les quartiers d'Edward.

Je pénétrais dans son bureau, le papier froissé à la main. Le papier que j'allais bientôt maudire à défaut de trouver des raisons plausibles à ma déchéance.

Il se trouvait debout devant son bureau et se retourna. Il ne parut pas surpris de me voir. Ses yeux se posèrent sur mon poing qui serrait la petite feuille bleue.

« Tu le savais ? » Demandais-je dans un souffle.

Je trouvais la force de croiser ses pupilles émeraude. Son regard en disant long. Il n'avait pas besoin de me donner la réponse à ma question ; je la lisais déjà dans ses yeux.

« Depuis deux semaines. » Confirma-t-il tout de même. « J'ai signé moi-même l'ordre de démobilisation. »

Je relevai la tête, digne, essayant de ne pas lâcher les larmes qui attaquaient déjà mon nez.

« Tu me renvoies là-bas alors ? »

« Tu sais pourquoi. »

Sa voix tremblait.

« Tu me diras au revoir ? »

La mienne était devenue presque rauque.

« Les au revoirs sont faits pour ceux qui vont se retrouver un jour Isabella. »

« Tu me diras adieu alors ? »

« Non. Je repars en mission demain. »

Son attitude n'était ni froide ni détachée. Il avait le comportement de quelqu'un qui souffre mais qui cherche à le cacher à tout prix. Avec le talent et le jeu d'un mauvais acteur plus que médiocre. Ou peut-être ne cherchait-il même pas à me cacher ce qu'il ressentait après tout ?

« Tu as raison. » Dis-je en pinçant les lèvres de manière à retenir le sanglot qui montait dans ma gorge. « De toute façon, je déteste les trucs larmoyants qui ne servent à rien. »

Avec toutes les peines du monde, je tentai de contrôler le son de ma voix. « Je suppose que tu ne reviendras pas à la base avant mon départ. »

Il se contenta de secouer la tête.

Je n'avais pas conscience alors que c'était la dernière fois que je le voyais. Je n'avais pas réalisé qu'il ne serait plus jamais avec moi, que ma main ne se glisserait plus jamais dans ses cheveux, que mon corps ne sentirait plus jamais son corps, que sa présence n'illuminerait plus jamais mon existence mais, alors même que je n'avais pas encore compris cela, les larmes franchirent le bord de mes yeux.

Edward s'approcha et apposa un baiser sur mon front. Il s'attarda à se libérer de mon étreinte. Cela fit mal autant que ça me rassurait mais, trop tôt, il s'écarta.

Je lui pris alors le visage à deux mains et le forçai à me regarder.

« Edward. Si un jour tu as besoin de moi, pour n'importe quoi, je serai là pour toi. »

« Je sais. »

Je soufflai en fermant les yeux. « Je serai toujours là pour toi. »

Et sans un mot de plus, je me détournai. Le regard embué, je quittai sa tente pour aller me réfugier dans la mienne. Rosalie était étonnée de me voir si abattue. Surtout que j'allais enfin rentrer au pays. Mais comment pouvait-elle comprendre ? Je n'avais jamais dit à Rose ce qu'il se passait entre Edward et moi et bien que je sache qu'elle avait de forts soupçons, nous ne parlâmes jamais de ça entre nous.

Cependant, semblant comprendre enfin mon trouble, elle me serra contre elle sur mon petit lit de camp et je m'endormis tranquillement dans ses bras.

Je ne l'avais pas encore compris mais j'avais laissé bien plus que du sang et des larmes dans le sable du désert ; j'y avais aussi laissé mon cœur...

Je ne revis jamais Edward.

J'étais rentrée aux États-Unis et même si des milliers de kilomètres me séparaient de lui, son absence était comme une déchirure béante qui, dès qu'elle semblait se refermer, se rappelait à moi comme un ami un peu trop collant qui s'invitait chez vous sans prévenir et dont vous ne parveniez jamais à vous débarrasser.

Une fois arrivée sur le sol américain et après le débriefing de notre mission, nous étions tous renvoyés chez nous. Je n'avais pas envie de voir ma mère, ni même mon père. Je croyais que rester seule chez moi me permettrait de trouver la paix et la sérénité qui m'avait tellement fait défaut depuis que j'étais rentrée.

Je me trompais.

Isolée et ruminant beaucoup trop les mêmes pensées, j'avais réalisé, une semaine après avoir retrouvé mon appartement, ce que j'avais perdu.

Edward.

Et j'avais pleuré.

Pleuré parce que je m'étais rendu compte à quel point je l'aimais et parce que j'avais pris conscience que ce que j'avais perdu, ce n'était pas quelques moments d'intimité sans conséquences qui n'auraient pas eu d'impact sur ma vie. Non... Edward m'avait transformée. Il avait laissé sa marque - aussi nettement que le fer rouge marque sur la peau. Sauf que la sienne était invisible et était ancrée bien plus profondément que l'épiderme. Le tatouage sur mon cœur, qui s'était brisé, m'en rappelait constamment l'existence.

Je regrettais de ne pas m'être battue, de ne pas l'avoir supplié de me laisser là-bas. J'aurai dû l'y forcer.

Mais à ce moment là, je ne savais pas. Je n'avais jamais aimé.

Je l'aimais.

Je l'avais aimé et désiré depuis le premier jour. Depuis que j'avais entendu le son de sa voix jusqu'au moment de la toute dernière étreinte, je l'avais aimé. Et même après qu'il eut – involontairement - broyé, piétiné, pilé et écrasé mon cœur, je l'aimais toujours.

J'avais toujours eu un doute sur ce que j'étais venue cherché dans ce désert ; aujourd'hui je le savais. J'étais venue chercher Edward Cullen.

Si j'avais su...

Si j'avais su que ça faisait aussi mal...

Et tous les jours, ça faisait mal.

À chaque heure, chaque minute, chaque seconde.

J'avais vécu la guerre et c'était l'enfer. L'amour, c'était pire encore.

Je ne pouvais plus regarder un couple s'embrasser dans la rue sans que mon ventre ne se torde de douleur. Je ne pouvais plus écouter de musique parce que tous mes morceaux préférés parlaient d'amour tragique et perdu, et, même dans les chansons qui n'en parlaient pas, je trouvais quand même le moyen d'être tourmentée. Je ne regardais plus la télévision parce que, chaque fois que je voyais le nom d'un soldat mort, mon cœur se liquéfiait dans la souffrance et dans la peur que ce fût son nom à lui qui apparaisse sur mon écran.

Les jours passaient, les semaines devenaient des mois et la douleur était toujours là.

Alors j'essayais de me guérir. Je buvais, j'essayais de trouver quelqu'un qui puisse combler son absence sans jamais y parvenir. Je voulais juste que mon désespoir disparaisse.

Ce fut peine perdue. C'était comme vouloir arrêter une hémorragie avec un pansement.

Au fil du temps, j'avais juste appris à vivre avec et à l'ignorer.

Je n'avais pas quitté l'Armée. Même si je voyais à chaque fois l'uniforme qui me rappelait inexorablement lui. Mon travail était devenu ma seule bouée de sauvetage. Qu'aurais-je bien pu faire d'autre ? Je n'avais aucun talent particulier à part tâter de la gâchette ou jouer des poings.

Si je ne voulais pas devenir folle - ou l'une des ces femmes aigries et amères d'avoir rater leur vie et d'être passer à côté de leur existence - je devais mettre Edward dans une boîte et ne jamais l'en faire sortir. Cependant, c'était comme si je possédais la lampe du génie d'Aladin : La tentation était parfois trop grande ; je ne pouvais pas m'abstenir de la frotter. C'était dans ces moments-là que ma peine était la plus lourde à supporter. Même si ça me retournait les tripes, je ne pouvais pas m'en empêcher.

Je prenais ma petite feuille bleue, barbouillée de crevasses de l'avoir froissée tant de fois et caressait l'écriture d'Edward du bout des doigts. A peine un effleurement. A peine un frôlement. A peine une larme. Juste le temps d'un soupir. Juste le temps d'une pensée. Juste pour me rappeler que je pouvais vivre sans lui... que je devais vivre sans lui.

Et je vécus sans lui. Sans voir à nouveau le soleil de l'aurore cristallisé son regard, sans sentir son parfum tellement unique, sans entendre sa voix, sans toucher sa peau. Je vécus sans lui mais en dehors de moi-même.

Les seuls moments où je me sentais à nouveau sereine, c'était lorsque, mue par une envie aussi soudaine qu'imprévue, je tenais ce petit bout de papier entre les mains où les mots inscrits me rappelaient que mes sentiments étaient partagés.

Je veux que tu saches que, quoi qu'il arrive, je t'aime Isabella.

Je t'aimerais toujours.

E.

Des mots qui, au moment où je les avais découverts, m'avaient fait passer de la colère à l'anéantissement en moins de temps qu'il aurait fallu à une Porche pour passer de 0 à 100 km/h.

Après mon retour à la base de Fort Bragg, nous avions récupéré notre dossier de démobilisation ainsi que nos effets personnels. Edward avait dû écrire ça à la va-vite sur mon ordre de rapatriement entre mon départ et le sien.

La seule pensée qui m'avait traversée l'esprit à l'époque c'était : comment avait-il pu me faire ça ?

Je lui avais tout donné, je lui avais fait confiance au point de faire avec lui ce qu'aucun autre n'avait eu le droit de faire, au point de me compromettre ; je me sentais en droit d'avoir mieux qu'un bout de papier dont je n'avais même pas la force de me débarrasser. Pire, je m'étais sentie trahie parce que, là où il s'était donné le droit de me le dire, lui ne saurait jamais ce que j'avais si souvent tu pour le protéger. Nul doute que si je lui avais avoué mes sentiments, les choses auraient été différentes. Je n'avais rien dit pour éviter de nous faire encore plus de mal ; apparemment, cette considération ne lui avait pas traversé l'esprit.

Peut-être avait-il cru que ce serait plus facile pour moi ainsi. Ou pour lui. Peut-être que c'était sa façon à lui de me dire adieu. Cruelle, certes, mais n'était-ce pas le lot de tous les hommes d'être incroyablement maladroit quand il s'agissait de l'expression de leur sentiments ?

Au final, je lui avais pardonné sa stupidité. Ma frustration et ma rancune provenaient uniquement du fait que je n'avais pas eu le courage de lui dire ces quelques mots. Lui, si.

Et, avec le recul, je préférais savoir que ne rien savoir du tout.

Au moins je savais... Je savais que j'avais été aimée.

C'était toujours sur cette pensée que je replaçai les mots d'Edward dans une boite à chaussures, là où étaient enfouis, tel un secret honteux, les quelques souvenirs que je gardais de cette période.

Je rangeai la boite dans mon armoire et reprenais le cours de ma vie.

Ma vie qui n'avait aucun sens puisqu'il n'était plus là...

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La Nouvelle-Orléans – Juillet 2010

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Edward regardait toujours la feuille bleue puis, après un silence interminable, il poussa un profond soupir.

« J'assume et je le pense encore. »

« Edward. » Dis-je avec lassitude comme si j'avais été instantanément vidée de toutes mes forces. « Ne me fais pas ça. Pas maintenant, pas ici. Tu avais un millier... un million de moments pour me le dire. Alors tais-toi. »

« Je suis venu en partie pour ça Isabella. »

« Quoi ? C'est ça ton histoire de vie ou de mort ? Je ne vois pas pourquoi tu as pris la peine de venir dans ce cas. Tu aurais pu juste m'envoyer un fax. Après l'avoir écrit sur un bout de papier, ça t'aurait rappelé des souvenirs. »

« Tu voulais quoi à la fin ? Que je foute une banderole publicitaire au cul d'un AV-8 (N/A : C'est un avion de chasse), lui faire survoler la base et en faire profiter tout le monde ? »

Je roulai des yeux devant son exagération outrancière. « Tu aurais pu... Tu aurais dû me le dire. »

« Ok. » Dit-il en me regardant droit dans les yeux. « Je t'aime Isabella. Et je t'aimerai toujours. Dis-moi qu'il est trop tard et je franchirai cette porte pour toujours. »

« Je... J'ai... » Bafouillai-je, prise de court. Je me reprenais vivement. « C'est la meilleure ça ! T'arrives comme une fleur, tu me dis que tu m'aimes et moi, je devrais me jeter au pied de Môssieur Edward Cullen. Je t'ai dit que je ferai tout pour toi et pas que je te laisserai me rendre maboule. Je vais te dire ce que j'en pense : Va te faire foutre. »

« Très bien. »

Il se détourna, saisit son sac d'un geste vif et se dirigea vers la porte d'entrée.

« OÙ TU VAS ? » Hurlai-je, furieuse.

« Tu ne veux pas de moi alors- »

« Est-ce que j'ai prononcé les mots 'trop' et 'tard' ? »

« Bin... Je- »

Je levai les yeux au ciel et posai vivement mes mains sur mes hanches.

« Parce que tu crois aller où comme ça ? Reviens ici, j'ai pas fini. »

Je croisai mes bras sur ma poitrine et déballai tout ce que j'avais sur le cœur.

« Tu n'as aucune idée de ce que j'ai enduré ces deux dernières années. Ne crois pas que tu as le monopole de la souffrance parce que tu ne fais vraiment pas le poids. Tu n'as pas idée combien de fois je t'ai imaginé dans les bras d'une autre : Ha ! Je ne suis pas naïve au point de croire que tu as vécu une vie de moine ermite depuis mon départ. Je t'ai imaginé mort quelque part au milieu du désert ou enseveli dans des ruines, je t'ai imaginé, franchissant ma porte, j'ai aussi envisagé le fait que je ne te reverrai jamais dans cette vie. Tout Edward. J'ai tout imaginé. Et tu viens, tu me dis que tu m'aimes ? Si je n'avais aucune part de responsabilité, si j'avais eu les tripes pour une fois dans ma vie de te dire ce que moi aussi je ressentais, je te giflerai et après je te redirai d'aller te faire foutre. Mais je t'aime Edward. Je t'aime comme jamais je n'ai aimé quelqu'un de toute mon existence. Si tu pars, ça m'anéantira. Alors reste.»

Edward me fixa avec cette foutue même intensité que lorsqu'il matait mon corps nu. Il avait ce regard ténébreux et incendiaire qui obligeait mes ovaires à faire du hoola hoop. C'était vraiment pas du jeu. Il se rapprocha de moi lentement, porta sa main sur ma joue et ses yeux se posèrent sur mes lèvres, comme hypnotisé.

Je soufflai dans son cou en serrant mes poings contre ses hanches.

« Tu crois vraiment que je vais te tomber dans les bras parce tu colles ton corps de Dieu grec contre moi et que ton odeur incroyable embue mon cerveau ? » Murmurai-je en essayant de paraître blasée mais en ne faisant que frissonner de sentir Edward si proche de mon corps, attendant de retrouver sa douceur, sa violence, son abandon.

Un sourire se dessina au coin de ses lèvres.

« Tu as toujours cette foutue habitude de trop parler. » Chuchota-t-il si bas qu'un nouveau frisson assaillit ma nuque.

« Et toi, de ne pas assez le faire. »

« Tu sais ce que je pense des personnes qui parlent trop au lieu d'agir. »

« Si je parle autant, c'est uniquement pour t'énerver. Je sais que tu me feras taire avec tes lèvres, te faisant ainsi faire le premier pas. De cette façon, je n'aurai pas l'air de la fille qui se retient désespérément de sauter sur…»

Je ne pus continuer ma phrase, interrompue par la bouche d'Edward posée sur la mienne qui me dévorait comme si sa propre vie en dépendait. Complètement à côté de mes pompes, je répondais à ce baiser avec un réflexe presque mémoriel, n'ayant rien perdu des sensations que j'avais éprouvées la dernière fois où je l'avais embrassé. Elles étaient même décuplées, amplifiées par deux longues années de cécité et d'errance. Une partie de moi n'avait fait qu'attendre sans jamais vraiment trouver la raison de ce sursis.

En fait, j'attendais Edward.

Et il était là, contre mes lèvres, contre mon corps, à la place où il aurait toujours dû être.

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Note de l'auteure :

Si c'est pas mignon tout ça...

Nous voilà donc arrivés à la scène du prologue.

Demain, dernier chapitre sous la forme de l'épilogue ainsi que ma dernière note sur cette fic.

Je suis malheureuse...