Chapitre 4 ; Qui il est.

Dortoir des garçons de Gryffondor, Poudlard

Samedi, Jour J. Heureusement qu'il n'avait pas cours aujourd'hui, il n'aurait donc pas à trouver raison à son absence de toute la journée. Il se leva avant tout le monde, vers six heures, pour prendre une douche rapide et s'habilla d'une robe noire trop grande pour lui, sans oublier de mettre la potion ainsi que le journal de Tom dans sa poche. C'est ainsi que, baguette à la main, il suivait les instructions dudit Tom pour se rendre à «l'endroit parfait pour ne pas être trouvés».

C'est à sa plus grande surprise qu'il se retrouva devant les toilettes des filles, troisième étage.

«Tom, je crois que tu t'es trompé...»

«Pas moi. Tu es bien devant les toilettes des filles, troisième étage ?»

«Justement.»

«Severus affirme t'avoir vu - et entendu, évidemment- parler fourchelangue durant un cour. C'est ce que tu devras aussi faire pour entrer dans la salle.»

«Comment je suis supposé faire cela ?»

«Positionne-toi devant le robinet avec le serpent et ordonne-lui de s'ouvrir.»

Harry regarda tout les robinets avant de finalement trouvé le serpent sur l'un d'eux. Il se planta devant se dernier et planta ses yeux dans les siens, cherchant en eux une réponse inexistante.

::Ouvres-toi.:: murmura-t-il doucement, s'étonnant de remarquer que sa voix était devenue sifflements, mais était encore totalement compréhensible et normal à ses oreilles.

Obéissant, le robinet s'effaça sur le côté, entraînant les autres et se déconstitua avant de se reconstituer différemment, tel un puzzle des plus étranges, pour former en ouverture un trou béant, sombre. Harry essaya de voir le fond mais l'obscurité étant encore trop opaque à cette heure de la journée, il n'y vit que ténèbres. En confiance aveugle envers Tom, il y sauta. Il tomba alors sur une plate-forme qui, sur son bout, se trouvait un toboggan gigantesque. Il s'y assit et se laissa glisser jusqu'à son autre extrémité. Arrivé, il s'aventura dans une série de couloirs d'égouts et, toujours guidé par le Lord Noir, débarqua sur une vaste salle, le plafond soutenue par des poutres, où le mur du fond, face à lui, se trouvait une statue géante de ce qu'il supposa être de Salazar Serpentard lui-même. L'endroit était sombre, froid, et sentait le renfermé ; comme si personne n'y était allé depuis belle lurette.

Le coeur battant, il demanda à Tom ce qu'il avait à faire.

«Transforme une poutre en chaudron assez grand pour contenir deux hommes de taille moyenne.»

Aussitôt dit, aussitôt fait. Il craint un instant pour le plafond, mais celui-ci heureusement tient le coup.

«Allume un feu en-dessous. Ensuite, verses-y tout le contenu de la fiole et multiplie-là par elle-même 8 fois.»

«Ne risque-t-il pas ainsi de réduire l'efficacité de la potion?»

«C'est un concentré, il a besoin d'être dilué.»

Comment avait-il pu douter ? Tom est parfait, il n'oublie aucun détail...

Avant bleu clair, la potion devint de plus en plus foncé jusqu'à s'arrêter sur un bleu marin opaque, sans odeur. Lorsque des bulles commencèrent à apparaître à sa surface, le Lord lui donna les instruction pour la suite.

«Parfait. Tu vas déposer mon journal dans le fond, bien au fond, et tu vas laisser tes mains dans la boisson. En aucun cas tu ne les retires.»

«Compris»

Le coeur de Chertan battait mille à l'heure.

Lentement, presque cérémonieusement, il sortit à air libre le journal dudit Tom et le plongea tout aussi précausieusement dans le chaudron. C'était tiède... Bref. Il suivit à la lettre les demandes du Jedusor.

«Le processus va pomper assez de ta magie pour me reconstruire un corps opaque. Plus tu libères de magie facilement, moins cela prendra de temps.»

Le liquide jusqu'au coude, il essaya tant bien que mal de libérer sa magie. Ne se passant rien, il crut que ses efforts furent vint et qu'il puisse arrêter lorsqu'il sentit sortir de lui toute sa force à une vitesse affolante.

A ce rythme il ne tiendrait pas !

Chertan tenta de freiner cette quête au pouvoir mais peine perdu ; c'était comme si quelque chose s'était infiltré en lui et volait tout ce qu'il désirait.

Il ne restait alors que deux façon de faire cesser cela ; appeler de l'aide extérieur... mais impossible vu que personne d'autres que les fourchelangue pouvait pénétrer dans la salle... ou encore pouvait-il retirer ses mains.

Mais ça, c'est hors de question. Tom a exiger qu'il n'ôtes point ses mains de la boisson, alors il le fera. Plus question de lui cacher quoi que se soit. Lui prouver à quel point il était loyal. Qu'il n'était pas Harry Potter, mais Chertan Jedusor.

Les minutes passèrent, longues, pénibles.

Harry jeta un coup d'oeil à l'intérieur du chaudron et remarqua que le niveau du liquide avait baissé, lui arrivant maintenant au poignets.

Ne sait-on jamais.

Il se pencha plus vers l'avant pour qu'il lui arrive de nouveau aux coudes.

En même temps que le niveau du liquide baissait, la couleur de ce dernier virait de plus en plus rouge, passant par le violet.

[...]

Il se re-re-re-pencha vers le liquide d'un maintenant rouge carmin, mais trébucha pour finalement tomber entièrement dans le chaudron, pour heurter quelque chose qui n'était pas une paroi du chaudron. Humain, c'était typiquement humain.

Il était typiquement humain.

Le liquide continua à baisser, révélant peu à peu ses mains -ensanglantées?-, son corps trempé ainsi qu'un autre corps, recroquevillé en position foetale.

Un visage fin, parfait de minces lèvres, des cheveux brun d'une belle couleur noisette...

Sublime.

Il ouvrit les yeux. Rouge.

Ils se fixèrent, se dévisagèrent, interdits.

Chertan retira ses mains de sur lui, là où elles étaient tombées sans qu'il ne s'en rendre compte, se releva sans tomber et lui en tendit une pour l'aider à se relever.

Une main quasi-squelettique vint, au bout de multiples essais, prendre la sienne. Difficile de se mouvoir après 15 ans d'inactivité... Aussi tiède que la sa propre main, encore mouillée de la boisson d'auparavant.

Il tira dessus et mit ainsi sur pieds le corps de Tom. Corps qui, soit-dit en passant, était nu.

Voyant qu'il ne tiendrait pas debout, Harry se permit de le prendre dans ses bras le temps qu'il retrouve un semblant d'équilibre. En simultané, il fit disparaître d'un sans baguette murmuré le chaudron d'une taille démesuré.

Tom resta en place une bonne minute, pour ensuite se pousser et aller s'écraser sur la colonne la plus proche. Chertan ne s'en sentit pas vexé ; Voldemort était connu pour ne compter sur personne. Juste le toucher sans sa permission sans se prendre en Avada en plein visage reflétait presque de l'exploit.

-Ta... commença Tom de sa place. Sa voix trop inégale, il se racla deux fois la gorge avant de poursuivre ; Ta baguette.

Chertan se rapprocha et la lui donna. D'un informulé, Tom se fit apparaître des vêtements directement sur son corps et disparaître toute trace de liquide de la salle, lui compris.

Ses cheveux, comme libérés d'un poids, reprirent du volume pour onduler le long de son visage, s'arrêtant juste sous son oeil gauche, masquant en partie ce dernier. Il fit ensuite apparaître un miroir et se regarda, vérifiant qu'il n'y avait pas d'imperfections.

Satisfait, il se permit un sourire qui, avec ce corps, donna un sourire ravageur.

Chertan, quand à lui, était carrément émerveillé, bien qu'il n'en laissait rien paraître. Tom était encore mieux, transpirait plus de puissance que tout ce qu'il aurait pus s'imaginer. Et sa voix... la voix qu'il avait si souvent souhaité entendre, pas celle qu'il entendait dans son esprit, celle-là il l'appréciait mais sans plus... Trop vieille... non, cette voix-ci, sa voix à cet âge, il y avait enfin droit de l'entendre. Elle était posée mais exigeante, froide, luxurieuse, dans le même style que celle de Severus, mais un octave plus haut, un octave plus beau. Il voulait la ré-entendre, c'était celle de son maître, celle de sa raison de vivre.

-Parfait ? demanda-t-il alors, à l'intention du corps de son hôte.

Retournant toute son attention sur l'unique autre être présent, le Seigneur des Ténèbres se demanda alors si tout cela n'était au final qu'un coup foireux de Dumbledore.

-Harry... Potter, dit-il simplement.

-Chertan Jedusor, affirma-t-il cependant en retour.

-Effectivement, dit Tom pour répondre à la question précédente. Déçu ?

Ledit Chertan réfléchit un instant à sa réponse.

-Aucunement. D'après ce que j'en déduis de ce que tu m'as dit ; vite dis, tu es beau, impossible à nier. Sublime, magnifique, tout les synonymes que tu voudras. Tu dépasses tout ce que j'aurais pus penser d'à quoi tu aurais pus ressembler.

Il lui fallait trouver quelque chose pour prouver entièrement son identité, sa fidélité, et vite.

Il pointa la baguette d'Harry, qu'il avait encore en sa possession, vers son possesseur, mais ce dernier n'esquissa même pas un gestes pour se protéger.

Leurs regards se croisèrent.

-Tu m'as promis plusieurs Doloris, releva le Potter.

-Endoloris.

Il n'essaya même pas de s'enfuir lorsqu'il vit le sort émeraude fonça vers lui à une vitesse vertigineuse, ni ne tiqua lorsque le sort l'atteignit pourtant de plein fouet.

Silence. Immobilité totale.

Chertan ne montra aucun signe de souffrance, son corps se recouvrant pourtant de lui-même de blessures diverses. Tom tenta d'augmenter la force du sort. Rien n'y fit ; il en vint donc à la conclusion qu'Harry avait sûrement user instinctivement d'un sort quelconque pour ne pas ressentir la douleur.

Mais il venait de se réveiller, ses pouvoirs étaient peut-être encore trop endormis pour être en état de lancer franchement un Doloris, en plus que la baguette n'est pas la sienne -bien que étrangement compatible avec la sienne.

-Tu souffres? demanda-t-il en re-essayant une dernière fois de lui lancer le sort.

-Je... c'est étrange... constata platement le questionné. Je ressens quelque chose dans tout mon être, mais je n'arrive pas à identifier ce que c'est. Serait-ce ça souffrir ?

-Je vais vérifier cela.

Tom cessa alors le sort et rejoignit à coup de grandes enjambées Chertan, plaça une main sur son visage baignant maintenant de sang pour approfondir le contact mental et força ses barrières mentales. Sa force décuplée par son nouveau corps et de la magie d'Harry additionné à la sienne, il était forcément plus puissant que ce dernier... mais assez inutile, vu que dès qu'il comprit qui voulait entrer dans son esprit, il l'avait immédiatement ouvert pour lui.

Il repassa la scène en ''point de vue Potter'', vit bien les effets du sort, autant psychologiques que physiques, mais étrangement n'en ressentit rien d'autre qu'un plaisir démesuré à cela, aucune souffrance au sens propre du mot.

Ayant vu ce qu'il voulait voir et ne souhaitant pas s'attarder dans la tête d'autrui, il s'éjecta de Chertan et recula de quelques pas.

-J'avais oublié que l'efficacité d'une baguette est réduite si elle est contre son posseseur. Mais autre chose, aussi ; tu es masochiste.

-Qu'est-ce ?

-Une poignée de gens qui ressentent du plaisir à se faire mal, à souffrir en général.

-Donc, c'était bien de la souffrance que je ressentais ? Je souffrais ?

-Je déteste me répéter.

Voldemort se demanda maintenant ce qu'il pourrait faire de son pire ennemi alors que de son côté, ledit Harry, lui, se réjouissait de ce nouvel... avantage.

-Recurvite, siffla Tom à l'intention d'Harry.

Le sang disparu des vêtements mais ne cessa de couler. D'un informulé, le Seigneur des Ténèbres y remédia sans plus tarder.

Ils se dévisagèrent ainsi une durée qui sembla une éternité, sans esquisser ne serait-ce que le moindre mouvements, à simplement regarder l'autre. Ce fut le plus âgé qui trancha le silence.

-Va me chercher Severus et ne te fait surtout pas remarquer par qui que ce soit.

-Oui.

Il tourna les talons et ne fit pas plus attention que ça au léger malaise qui le prit. N'était-ce pas le prix à payer pour voir Tom Jedusor, Lord Voldemort ? De ce rapproche ne soit-en peu de lui ? Lui, l'intouchable..?

Abusant des passages secrets, révélés par un sort de l'invention de Tom, il atterrit enfin devant les appartements du professeur de potions, et usant de la moindre politesse, il cogna trois coups bref sur celle-ci. Un silence de plomb lui répondit, avant que la porte ne s'ouvre à la volée pour dévoiler une paire d'yeux noir glacial sur un visage parfaitement impassible. Voyant que son interlocuteur n'était pas une de ses têtes brûlés de Gryffondors qui ne venaient que pour l'ennuyer... Bien que ce soit bel et bien un Gryffondor... Il perfectionna son masque d'impassibilité et demanda poliment à Harry ce qu'il désirait.

-Il souhaite que vous veniez.

-Est-il satisfait de son corps?

-Oui.

Severus retint un soupir de soulagement.

-Permettez que je prenne une douche avant de vous rejoindre.

-Accepté. Mais faites vite, il n'est guère patient.

Oh, ça il me l'a maintes fois rappelé... songea Severus.

Il s'effaça pour laisser entrer le Potter, lui servit du thé pour l'attente avant d'enfin s'éclipser dans la salle de bain.

Rogue prit une douche rapide, cinq minutes tout au plus.

-Il est temps.

Les cheveux encore dégoulinant d'eau, l'aîné suivit son élève, vision extérieur relativement assez amusante pour tout ignorant. Parce que tout le monde pensait que ce professeur ne se lavait jamais les cheveux -les cons.

Justement, parlant d'ignorants, ils en croisèrent un.

-Harry ! Harry ! Je prends quelques photos, ok ? Ok, hein ?

Une chevelure châtaine et un appareil photo, c'est tout ce qu'enregistra le cerveau d'Harry sur le moment.

-Sectumsempra ! Cria-t-il sur l'innocent.

Le sort le frappa de plein fouet, et il tomba au sol dans un bruit sourd, le sang sortant de sa poitrine au sol à une vitesse affolante.

D'un informulé l'appareil photo pris feu et d'un Oubliettes il supprima de la mémoire du malheureux cette rencontre imprévue. Sans remords.

Un autre sort, dernier, referma à peu près la blessure et l'envoya à l'infirmerie pour de plus grands soins.

Les deux adeptes du Seigneur des Ténèbres pressèrent le pas pour atteindre l'endroit. Fin arrivés, Rogue s'inclina aux pieds de son maître alors que le Gryffondor le regarda faire avec un regard étrange.

-Severus, susurra-t-il.

-Maître. Heureux de voir que vous êtes en pleine forme à nouveau.

-Quel âge ai-je ?

-16 ans, maître.

-Oh.

Le Seigneur tourna autour du maître des potions comme un vautour tourne autour de sa proie. Harry l'observa ; il était fabuleux, magnifique dans toute sa splendeur. Bon, il se répétait, mais c'était vrai et cela l'épatait toujours.

-Comme prévu, bravo, conclu-t-il sans pourtant avoir l'air de le penser sincèrement.

Il cessa ses tours et vint se positionner face à Chertan, s'approchant encore de façon à ce qu'il soit le seul à entendre, même si c'est rendu à être pratiquement collé à lui, à ce que l'amnésique sente son souffle suavement démoniaque sur sa joue et dans sa nuque.

-Chertan, je ne te l'ai jamais proposé mais maintenant que j'ai l'occasion de le faire... Désires-tu devenir l'un des miens ? Un mangemort.

-Oui, répondit sans hésitations l'autre.

Tom recula alors d'un pas, juste pour pouvoir observer entièrement le visage de son interlocuteur, pour ensuite continuer plus haut ;

-Me jures-tu fidélité pour toujours, le restant de tes jours ainsi que de tes nuits ?

-Je serais toujours là lorsque vous aurez besoin de moi, maître, conclu-t-il avec un sourire plus ou moins sarcastique.

Le vrai Jedusor leva un sourcil interrogateur mais ce rapprocha de nouveau, à lui frôler les lèvres cette fois, preuve qu'il avait confiance en lui de l'approcher ainsi, et ordonna.

-C'est Tom et tutoiement pour toi, Chertan.

Ledit Chertan eu chaud de cette soudaine proximité et n'osa plus rien dire, profitant uniquement de ce moment présent ou il était, il l'avoue, bien si près de celui qui sera très bientôt son maître à vie. La situation était grisante.

Le Seigneur lui agrippa le bras gauche et plusieurs choses se passèrent ensuite simultanément ; Voldemort qui presse ses doigts sur sa peau vierge pour y graver sa marque, d'un informulé complexe, tandis qu'Harry qui se demande ce que sa ferait de presser ses lèvres sur celles du Seigneur des Ténèbres, et osa en ce moment précis franchir les quelques millimètres qui les séparaient. Plusieurs réactions à cela ; Harry dont les yeux deviennent fous et se révulsent dans un suave gémissement, délaissant ainsi les lèvres auquel il venait à peine de goûter, sous le coup de la douleur de la gravure de la marque -étrangement plus souffrant que le Doloris de tantôt- et Tom qui recule impérativement, comme frappé d'horreur. Pourtant dans un sens... Son dernier baiser remontait à quand déjà ? Une bonne cinquantaine d'année, au moins. Pas qu'il était en manque... Ou qu'il ait aimé particulièrement le baiser (enfin l'on ne dit pas si l'on ne sait pas, n'est-ce pas). En apparence sans conséquences, ce petit geste innocent eu cependant des répercussions psychologiques chez le maître, et troublé mentalement sur le moment, la marque qu'il était en train de créer eu quelques, disons, différences. Finissant son labeur, il retira sa main et regarda le produit final. La marqué était bien la, un peu plus grande que normal et était en couleur au lieu de l'habituel noir et blanc. Il fronça les sourcils. Il avait essayé de la faire en couleur, à l'origine, mais étrangement cela n'avait jamais fonctionné.

Ce n'est pas si grave ; toujours Chertan sortait du lot de la normalité, alors ceci ne ferait qu'appuyer ce fait...