Bella PDV
J'avais froid.
On était début juillet, et il faisait très beau temps, mais moi j'avais froid.
Je savais, parce qu'on me l'avait dit, que c'était à cause du choc.
Je tremblais.
Alice me parlait à voix basse, visiblement impressionnée.
J'avais mal, aussi.
Physiquement, surtout à mon poignet foulé, et dans tout le corps également, j'étais pleine de courbattures.
J'ai commencé par prendre une douche rapide.
Puis Alice m'a passé des sous vêtements, un bas de jogging et un sveat.
Le soutien gorge était trop petit pour moi alors elle m'en a passé un appartenant à Rosalie, qui était un peu grand mais j'ai resseré les bretelles et les agraphes au maximum.
J'ai ai tout enfilé et j'avais toujours froid. Alors elle m'a donné une paire de chaussettes et un gilet.
J'ai sourit, quand même.
Alice resterait Alice : le bas de jogging était gris foncé et le sveat noir, et elle m'avait donné des chaussettes noires et un gilet gris, histoire que je sois assortie !
Puis, nous sommes retournées dehors, au soleil.
Je me suis assise sur une chaise et j'ai fait beaucoup d'efforts pour cesser de trembler, en pure perte.
C'était à tel point qu'Emmett m'a frictionnée, pendant que Jasper est allé me faire un chocolat chaud.
Et Alice, malgré mes protestations, a appelé son père.
Edward et Rosalie sont retournés dans la piscine.
Ils n'avaient pas l'air très contents de ma présence.
Le docteur Cullen est arrivé peu après, et j'étais très génée qu'il ai quitté son travail à cause de moi.
Il m'a amenée dans son bureau, avec Alice, pour appeler l'hopital de Port Angeles.
J'ai eu des nouvelles de mon père, qui allait aussi bien que possible.
Quand j'ai racroché j'ai pleuré.
De gros sanglots de décharge qui m'ont littéralement vidée. Alice me frottait le dos et le docteur Cullen me murmurait des paroles apaisantes.
Après ma crise de larmes j'étais épuisée et le docteur Cullen a demandé à Alice de m'amener dans sa chambre.
Je me suis pelotonnée sur le lit, avec le lapin en peluche qu'Alice m'avait prêté et je me suis endormie sans m'en rendre compte.
Quand je me suis réveillée j'ai regardé l'heure au radio réveil d'Alice et j'ai vu qu'il était plus de 18h00.
J'étais désorientée et mal à l'aise.
J'ai hésité avant de descendre au rez de chaussée.
Quand j'ai finit par le faire j'ai entendu parler dans la cuisine.
Je m'y suis dirigée.
Le docteur Cullen et la mère d'Alice s'y trouvaient.
Ils m'ont entendue arriver et Mme Cullen est venue me prendre dans ses bras.
Je ne savais pas trop quoi dire.
Nous sommes sortis dans le jardin.
J'avais moins froid.
Alice est venu me voir.
J'ai demandé des nouvelles de mon père mais le docteur Cullen n'en avait pas d'autres.
Je voyais bien que quelque chose n'allait pas.
Au moment ou j'allais poser la question, folle d'angoisse, j'ai vu la voiture de patrouille de l'adjoint de mon père se garer dans l'allée.
Ils m'ont interrogée dans le bureau de Mme Cullen, avec elle.
Je ne comprenais pas leurs questions :
« est-ce que ton père avait des ennemis ? »
« est-ce qu'il recevait des coups de fils anonymes ou des lettres de menace ? »
« est-ce que j'avais eu des ennuis au Lycée, ou ailleurs ? »
« est-ce que j'avais été suivie dans la rue ? »
Je tombais des nues.
Je répondais non à tout, de plus en plus surprise.
Ils ont finit par me dire que l'incendie de ma maison avait été allumé volontairement.
J'ai eu peur.
Ils ont du penser que j'avais peur pour ma sécurité parce qu'ils m'ont dit :
« ne t'en fais pas, c'est sans doute en rapport avec le travail de ton père, et tu es en sécurité ici, personne ne sait que tu es chez les Cullen ! »
Mais je ne m'en faisais pas pour moi :
« et mon père ?Qui le protège ? Il est sur un lit d'hopital, et si quelqu'un essaye de l'achever ? »
Ils m'ont rassurée : mon père était sous surveillance policière.
Ils sont repartis et j'ai essayé de m'occuper.
J'ai aidé la mère d'Alice à préparer le repas.
Alice ne me lachait pas.
Elle parlait sans cesse et ça me permettait de penser à autre chose qu'à ce moment terrible ou mon père avait sauté du premier étage avec moi dans ses bras, et ou j'avais entendu ses os craquer quand nous avions touché le sol.
On est passé à table vers 20h00 et j'ai mangé.
Je ne pensais pas pouvoir avaler quoi que ce soit, mais en fait j'ai dévoré mon assiette.
J'étais jeune, et je n'avais rien dans le ventre depuis la veille au soir, à part le chocolat chaud de Jasper dont je n'avais réussit à boire que 3 ou 4 gorgées.
Et puis Mme Cullen avait fait du poulet qui était délicieux.
J'ai trés bien vu qu'ils faisaient tous des efforts pour être joyeux, et gentils avec moi.
Sauf Edward et Rosalie.
Je ne connaissais pas bien Rosalie.
Et j'évitais Edward.
Je le trouvais dangereux, en fait.
Un peu trop beau pour mon propre bien.
Je n'avais jamais été à l'aise avec lui.
Sa façon de me regarder, terriblement intense, me faisait sentir encore plus nulle et banale que je ne l'étais.
Sans que je sache pourquoi, Edward Cullen me détestait.
Ca me dérangeait, parce que j'aimais beaucoup Alice, et je pense qu'il m'aurait fallut trés peu pour tomber amoureuse d'Edward.
Mais ses machoires se contractaient dès qu'il me voyait et je baissias la tête, tachant de me faire toute petite.
Alors j'avais toujours refusé les invitations d'Alice, auparavant. D'ailleurs, si j'avais été dans mon état normal, un peu plus tot dans la journé,e j'aurais sans doute refusé de venir vivre ici.Même pour quelques jours...
Aprés le repas, le docteur Cullen a téléphoné pour avoir des nouvelles de mon père.
Il allait mieux.
J'étais soulagée.
Et fatiguée.
La mère d'ALice nous a tous envoyé au lit.
Emmett et Rosalie ne se sont pas fait prier, et je me doutais bien pourquoi...
Jasper et Edward sont entrés dans la chambre de ce dernier, aprés un long baiser d'Alice et Jasper.
Je me suis couchée à coté d'Alice.
Je crois que je me suis endormie dès que ma tête a touché l'oreiller...
Je me suis réveillée dans la nuit, pour aller faire pipi et quand je me suis ralongée, il m'a semblé qu'Alice tenait beaucoup de place, mais j'étaits trop hagarde pour réellement y préter attention.
J'aurais du.
Edward PDV
J'étais furieux.
Elle était là.
Chez moi!
Bella Swan.
La petite et insignifiante Bella.
Qui me faisait, à moi, un effet bizarre.
J'avais une espèce d'allergie à Bella.
Chaque fois que je la voyais, je crevais d'envie...De je ne sais pas quoi au juste.
Mais en tous cas, elle me mettait en rogne.
Elle n'avait d'ailleurs jamais rien fait pour ça, la pauvre.
Elle baissait la tête en me voyant, et filait sans demander son reste.
Une seule fois je l'avais provoquée et elle m'avait tenu tête.
Elle m'avait bousculé dans le couloir, et m'avait automatiquement demandé pardon.
Je ne l'avais pas encore reconnue et je lui avais dit:
"pour que je pardonne, c'est un basier!"
Elle avait rougit, et m'avait dit, cinglante:
"alors ne me pardonne pas!"
Et moi, j'avais du me maitriser pour ne pas la plaquer contre le mur et...
Et quoi?
La frapper? Ca me rendait dingue de savoir que je pouvais être violent avec une fille.
En fait, j'avais essayé de réflechir une ou deux fois à ce qu'elle faisait réagir chez moi.
Elle était jolie, belle même, féminine tout en étant discrète.
Elle ne m'aguichait pas, ni ne me rejettait.
En fait, ça ne venait pas d'elle.
Ca venait de moi.
Alors je l'évitais.
Sauf qu'à présent ,elle était dans ma maison.
Et dans un drole d'état: malheureuse, perdue, mais courageuse.
Et l'envie de l'empoigner se faisait de plus en plus forte.
L'empoigner seulement ne me faisait pas si peur, mais aprés?Qu'est ce que j'allais être capable de lui faire?
La gifler à tour de bras?La secouer comme un prunier en lui disant d'arrêter de me rendre dingue? Ou bien...
Ou bien quoi? Aucune idée.
Je savais juste que ce que je ressentais pour elle était violent.
A une époque, elle arrivait le matin au Lycée avec un indien de la réserve Quileute.
Mais ça n'avait pas duré longtemps, je savais que l'indien en question, un dénommé Jacob, était parti à Seattle pour des études de mécanique.
Sans arriver à comprendre pourquoi j'en avais été satisfait.
Parfois, je voyais Bella parler avec un gars de sa classe. Je retenais mon souffle jusqu'à ce que je comprenne qu'elle ne sortait pas avec lui.
Elle n'avait rien d'une fille qu'on affiche.
C'était un petit rat de bibliothèque.
Joli,le rat, mais rat quand même...
Ca expliquait sans doute qu'elle n'ait pas de petit ami.
Mais ça ne m'expliquait pas pourquoi j'en étais soulagé...
L'avoir chez moi ressemblait à de la torture. Je la regardais, me demandant ce que cette fille avait de si particulier,pour me mettre dans un tel état. Habituellement, j'étais un garçon sain d'esprit et plutot gentil!
Heureusement, j'avais Rosalie sous la main.
Une chance.
Elle ne supportait pas bien Bella, elle aussi.
Sauf que dans son cas, c'était clair.
Jalousie.
Bella ,sans le savoir, avait détourné l'attention portée habituellement à Rose.
Emmett , dès le premier instant, s'était mis à adorer Bella.
Il la traitait comme sa petite soeur.
Et bien entendu, Alice adorait jouer les Saint Bernard.
Jasper ne faisait rien qui puisse contrarier Alice, alors il faisait le Saint Bernard aussi.
Sauf qu'un Saint Bernard a des pulsions, lui aussi.
Jasper dormait dans ma chambre.
A peine installé dans le lit, j'ai plongé dans un livre, pour me changer les idées.
Jasper m'a alors dit:
"Edward, tu sais, pour cette nuit, on pensait, Alice et moi, que tu pourrais dormir dans la chambre d'Alice..."
J'ai relevé le nez:
"quoi?"
Il a rougit:
"euh, ouais...Tu sais, pour qu'Alice et moi, on puisse..."
Et mes parents qui croyaient Alice vierge...
J'ai replongé dans mon bouquin:
"de toutes façon y'a Bella, alors c'est réglé!"
Alice s'est alors introduite dans la chambre .
Elle s'est glissée entre Jasper et moi et j'ai grogné:
"oh! je suis là!"
Alice m'a prit le livre des mains:
"t'as qu'à aller dans mon lit!"
"t'es dignue ou quoi? y'a Bella!"
"bah, elle dort! elle t'embêtera pas! allez, sois sympa!"
"non! jamais de la vie!"
"alors tourne toi , bouche toi les oreilles et ferme les yeux, parce que je suis en manque moi!"
a ricané Jasper.
Je me suis levé d'un bond, furieux.
J'ai rejoint la chambre de ma soeur.
En effet, Bella dormait.
Je me suis glissé à ses cotés.
Le plus loin possible d'elle.
Haletant,le coeur battant à tout rompre, j'ai comprit ce qui me faisait cet effet-là.
C'était son odeur.
J'avais le sentiment de me noyer dans son odeur délicieuse.
J'aimais, non, j'adorais son odeur.
Un mélange de fleur et de bonbon à la fraise.
J'étais tellement dur que je savais que je ne pourrais pas me retenir.
Je me suis redressé sur un coude et je l'ai regardée dormir.
Elle était incroyablement belle.
J'admirais son visage pur et innocent.
Vers 2h00 du matin elle est allée à la salle de bains.
Je suis resté immobile, rabattant le drap sur moi.
Elle s'est ralongée et j'ai littéralement mordu l'oreiller, pour ne pas me jeter sur elle.
J'avais comprit, à présent, ce dont j'avais envie de lui faire, juste aprés l'avoir empoignée...
La prendre comme une bête...
J'ai été pris au dépourvu. Parce que quelques minutes aprés s'être recouchée, elle s'est mise à pleurer.
J'ai tendu la main et je l'ai maladroitement posée sur ses cheveux.
Elle a relevé la tête, mais j'étais déjà perdu.
L'avoir touchée avait fait sauter mes dernières resistances.
Je ne me suis plus controlé.
Je lui ai littéralement sauté dessus!
.
L'auteure tient à rappeller qu'il s'agit là d'une histoire d'amour:pas de viol en perspective, rassurez-vous!
Reste à savoir comment va réagir Bella: va -t-elle lui coller une paire de claque ou bien embrasser furieusement Edward?
