Edward PDV
On a joué au jeu du chat et de la souris plusieurs jours.
Bella était soulagée pour son père, d'un coté, mais de l'autre elle avait eu une mauvaise journée parce que mes parents avaient réussit à contacter sa mère en Italie, et que cette dernière avait sauté sur l'offre de mes parents de garder Bella pour ne pas interrompre son voyage de noce. J'imaginais ce que pouvait ressentir Bella.
Sa mère ne faisait pas d'elle sa priorité.
Je ne connaissais pas cela. Mes parents nous avaient toujours dorlotés.
J'avais profité de la colère de Bella.
La nuit suivante elle avait visiblement eu besoin de décompresser.
Elle m'avait laissé la prendre comme je le voulais, autant de fois que je le désirais.
Alice se doutait de quelque chose.
Alors, j'ai décidé d'en remettre une couche, d'embéter encore plus Bella, pour éloigner ses soupçons.
Et puis, mes sentiments envers Bella grandissaient.
Pendant la nuit j'avais faillit lui dire que je l'aimais en la regardant jouir.
Ca m'avait mit tellement en rage contre elle, et contre moi, que j'avais alors donné de violents coups de reins en elle, me faisant accéder à l'orgasme de façon presque douloureuse.
Je savais que ça n'allait pas pouvoir durer.
J'étais obsédé par elle.
Je la taquinais assez méchamment et sans relâche, à présent.
Alors, quand mon père m'a demandé de le suivre dans son bureau, une semaine après l'arrivée de Bella chez nous, je l'y ai suivit, la tête basse.
Mon père s'est assis à coté de moi, voulant visiblement me mettre à l'aise.
« Edward…Je ne comprends pas. Tu es ignoble avec Bella, qui est une jeune fille adorable et qui vit un drame difficile. Tu n'es pas comme ça d'habitude. Je ne te reconnais pas. Tu me déçois mon fils. Vraiment. Je te pensais plus tolérant, plus compréhensif, plus gentil aussi. »
Il me regardait, sans colère, mais avec chagrin.
J'ai serré les poings de rage.
C'était vrai.
Je n'étais pas comme ça, habituellement.J'étais quelqu'un qui avait une grande maîtrise de lui-même.
Normalement.
Bella me mettait en défaut. A tous les niveaux. Sauf au niveau sexuel, ou j'excellais, avec elle.
Je n'ai pas répondu à mon père.
Une énorme boule dans ma gorge m'empêchait de parler, de toutes façons.
Mon père a continué :
« Edward…Je voudrais comprendre ? Ta mère et moi pensons qu'il y a autre chose. Ce n'est pas possible que tu haïsses Bella à ce point ? Elle t'a fait quelque chose ? Tu as quelque chose à me dire ? EDWARD ? »
Je savais que les larmes me montaient aux yeux.
Je le savais.
J'ai lutté, me concentrant sur les dessins compliqués du tapis du bureau de mon père.
Il a continué, d'une voix lasse. :
« Edward…Tu es mon fils et je t'aime. J'espère que tu n'es pas simplement jaloux. Nous aimons beaucoup Bella, mais bien sur tu es notre enfant, et si ça présence te gêne à ce point, nous prendrons d'autres disposition pour qu'elle soit accueillie ailleurs… »
Il avait une voix terriblement triste en disant cela.
Ma gorge s'est asséchée subitement.
J'ai revu Bella, sous la douche, ses formes douces, sa façon de me caresser pour me faire durcir encore. Sa manière de relever le menton, se voulant forte et fière, et la petite lueur triste dans son regard qui me donnait envie de la serrer contre moi.
J'ai revu comment elle buvait son lait, et passait sa langue sur les lèvres après.
Je l'ai vue rire et passer ses doigts dans ses cheveux.
La colère m'a fait grincer des dents.
Je ne voulais pas qu'elle parte.
Jamais.
Et pourtant ça allait arriver.
Pas tout de suite, mais Charlie Swan allait guérir et les assurances allaient lui payer une nouvelle maison.
Je ne verrai plus Bella.
Pas comme ça, du moins.
J'ai regardé mon père :
« Non »
« Non quoi Edward ? »
« Je ne veux pas qu'elle parte ! »
Il m'a dévisagé et quand il a secoué la tête j'ai su que j'avais été découvert.
« Oh Edward…Je suis désolé »
« Arrête ! »
« Je comprends maintenant. Je comprends tout. Mais pourquoi tu fais ça ? Essaye plutôt d'être gentil et »
« NON ! Elle…Elle ne m'aime pas, d'accord ? Alors, ça sert à rien ! »
« Tu en es sur ? »
« Oui ! »
Je me suis levé :
« Ne dis rien ! Je …Ne dis rien, c'est tout ! »
« Ne t'en fais pas. Je sais garder les secrets, Edward. »
J'ai voulu quitter son bureau mais il a posé une main sur mon épaule :
« Edward…Ca va aller. J'en suis sur. Elle réagit peut-être comme toi, tu ne penses pas ? »
« Je crois pas… »
"Edward, elle est si jeune! Elle est probablement totalement inexpérimentée et elle a peur. Ne perds pas espoir!"
Bella, inexpérimentée... C'était la meilleure, ça! Elle savait vraiment donner l'image d'une petite fille innocente, alors que c'était totalement faux...
J'ai fuit le bureau.
J'ai grimpé dans ma chambre et j'ai enfouit mon visage dans l'oreiller de Bella.
Il embaumait son odeur et je m'en suis repu un long moment.
Bizarrement je me sentais soulagé que mon père soit au courant.
Je savais parfaitement qu'il allait en parler à ma mère et c'était important pour moi que mes parents sachent que je n'étais pas un salaud.
Quand je me suis senti mieux, je suis redescendu.
Bella était sur la terrasse avec Alice. Elles parlaient pendant que ma sœur lui démêlait les cheveux. Je savais pourquoi ils étaient autant emmélés. La nuit, j'adorais jouer avec, les enrouler autour de mes doigts. Je les mordillais aussi. Bella , une fois, s'était plainte qu'elle n'arrivait plus à les déméler et qu'elle allait les couper. Ca m'avait littéralement glacé les sangs. Le soir dans la chambre, je l'avais menacée de lui arracher les yeux si elle faisait ça. Elle avait eu l'air surprise, mais heureuse.
Rosalie était à l'autre bout de la table et les regardaient d'un air malheureux.
Alice, naturellement, a tout fait pour inclure Rose dans la conversation.
Au bout d'un moment, Alice a lâché les cheveux de Bella et a tendu la brosse à Rosalie :
« Rose, je fatigue, tu termine s'il te plait ? »
Rosalie a hésité, puis elle a prit la brosse et a entrepris de coiffer ma Bella.
Celle-ci était visiblement sur la défensive, mais Rosalie y allait très doucement pour ne pas la blesser.
Alors Bella lui a sourit timidement, Rose lui a rendu un sourire tout aussi hésitant et j'ai su que j'étais foutu.
Je ne sais pas ce que j'aurais fait si ma mère n'était pas apparue sur la terrasse, affolée.
Mon père était sur ses talons et ma mère a prit Bella par les épaules :
« Bella…James Deroot vient de s'enfuir de la prison de Port Angeles… »
Bella PDV
La première réaction que j'ai eue a été la peur, bien sur.
Mais pas pour moi.
Pour Edward.
Pour Alice.
Pour les Cullen.
J'ai eu honte, aussi.
Je les mettais en danger.
Depuis l'arrestation du pyromane, on ne se cachait plus.
Tout le monde savait que je vivais chez eux.
C'est là qu'il viendrait directement.
Je me suis levée, paniquée :
« Je vais partir ! Je vous mets en danger, je suis désolée. Vous ne méritez pas ça ! »
Alice m'a serrée contre elle, tandis que le docteur Cullen me secouait :
« Bella ! Arrête ! Ca va aller voyons ! Tu restes là, on va nous protéger, ne t'en fais pas pour ça ! »
Je l'ai regardé, à travers mes larmes.
Je lui ai trouvé un air à la fois effrayé, malgré ses paroles rassurantes, mais aussi une expression très triste.
La terreur m'a prit aux tripes :
« Il a essayé d'approcher mon père ? C'est ça ? Il lui a fait du mal ? »
« Non ! NON ! Bella, ça va, il ne s'est échappé que depuis une heure. On nous envoie des policiers qui seront devant la maison ! »
J'ai mieux respiré.
Je me suis assise, et j'ai croisé le regard d'Edward.
Il avait l'air affolé.
Sans pouvoir me retenir, je lui ai adressé un sourire.
Auquel il a répondu.
C'était la première fois qu'on se souriait, si on ne compte pas les sourires post orgasmiques.
Autour de moi, tout le monde parlait en même temps, en colère et paniqué.
Sauf Edward.
Et je me suis aperçue que Carlisle avait surprit notre sourire.
A présent, Edward et lui se regardaient, intensément.
Puis, Edward m'a à nouveau regardée et j'ai baissé le regard la première.
Il avait été la première personne à qui j'avais pensé.
Je m'inquiétais pour lui.
J'ai eu peur, tout à coup, qu'il ne veuille plus du tout de moi.
Parce que je les mettais en danger.
Alors, je n'ai plus pu fuir.
Je l'aimais.
Et cette pensée m'a dévastée plus que tout.
J'étais prise au piège.
L'air me manquait.
La matinée était magnifique, mais à nouveau j'ai eu froid.
Et quand Mark, l'adjoint de mon père est arrivé en courant, j'ai essayé de me focaliser sur ce qu'il disait.
« On a vu Deroot roder devant le portail en arrivant ! Il s'est enfuit à travers bois et on a pas pu le rattraper ! Il n'a pas perdu de temps ! Vous devriez partir ! »
Carlisle est redevenu le Dr Cullen.
Il a couvert les voix de tout le monde :
« Allez faire vos valises. Vous avez une demi heure. On part tous en vacances ! »
Il me pressait les épaules.
Esmée et Alice m'ont embrassée.
« Ça va aller Bella, on part dans notre chalet du Wyoming, tout va bien ! Respire ! »
On partait.
Pour le Wyoming.
Je me suis concentrée là-dessus.
Je suis montée avec Alice.
Mais ma nuisette et ma brosse à dents étaient dans la chambre d'Edward.
J'y suis rentrée et il m'a aussitôt prise dans ses bras, pour un baiser qui m'a fait aussi mal que ce qu'il m'a réconfortée.
Je ne savais plus ce que je voulais, ni ce que je devais faire.
Je ne savais qu'une seule chose.
On partait pour le Wyoming.
Tous.
