Auteur : Nat, comme toujours.
Disclaimer : Je ne possède rien, à part l'idée. Et encore, je doute qu'elle soit bien brillante…
Spoiler : L'histoire se passe au cours de la guerre de Kharlan, donc forcément oui, il y a du spoiler.
Warning : J'aime les trucs maniaco-dépressifs ! =D Pas vous ? Sinon, shônen-ai et léger yaoi, homophobes s'abstenir. Présence possible d'OOC, donc contre-indication pour les maniaques des personnalités respectées. Ah, et désolée d'avance pour tous les fans de Yuan ! (dont je fais partie, d'ailleurs. Oui, je sais, une fois de plus ça ne se voit pas. ^.^')
Résumé : La lune est noire. Elle croît, elle devient pleine, elle décroît. Puis elle redevient noire. Comme un espoir qui naît, grandit, s'épanouit, et finit par mourir. Ainsi va la vie… Elle dure le temps d'une lune.
OoOoOoOoO
Lune noire
OoOoOoOoO
La lune était noire, ce soir-là. De nombreuses étoiles brillaient haut dans le ciel, mais elles étaient lointaines, froides, cruelles. Leur trop faible lumière ne parvenait plus à percer les ténèbres de la terre…
OoOoO
Kratos n'était pas assis près du feu de camp. Il s'était levé, calmement, peut-être un peu trop, et avait baragouiné quelque chose à propos d'un quelconque bruit qu'il aurait entendu et qu'il voulait vérifier. Il n'avait pas attendu de réponse. Il savait qu'il n'y en aurait pas. Il s'était éloigné, tout aussi calmement, jusqu'à disparaître dans l'ombre froide de la nuit. Il s'était éloigné du feu, de Yuan et de Martel. Il ne savait pas exactement où est-ce qu'il allait comme ça, ni où il comptait s'arrêter. Tout ce qu'il voulait, c'était mettre le plus de distance possible entre lui et eux.
Son pas tranquille, sa respiration sereine et son visage de marbre donnait à voir l'image d'un jeune homme maître de lui, inatteignable dans sa carapace, intouchable. Pourtant, Kratos le savait, il était touché. Ses pensées bouillonnaient en lui, s'arrêtaient, se bousculaient, s'entremêlaient, s'entrechoquait. Derrière le rideau rouge sang de ses cheveux, le vert sombre de l'herbe se mélangeait à l'encre de Chine du ciel nocturne. Et ce ne fut qu'en sentant la morsure du vent glacé sur son visage que le mercenaire comprit qu'il pleurait. Il cessa de marcher et porta lentement sa main à sa joue, suivant du doigt la traînée brûlante et salée que ses larmes y avaient tracée. Depuis combien de temps n'avait-il pas pleuré ? Il ne s'en souvenait même plus. Doucement, l'Humain aux cheveux rouges éloigna sa main de son visage. Sa main qui lui paraissait si blanche sous la lumière fantomatique des étoiles. Sa main aux bouts des doigts brillants, humidifiés par les larmes. Sa main qui lui semblait soudain étrangère à lui-même, comme si c'était une espèce de gant de chair mou et pataud qu'on lui aurait collé là parce qu'il en fallait une. Comme on l'avait collé au monde parce qu'il fallait un héritier à la famille des Aurion. Il ne servait à rien. Personne ne l'attendait, personne ne l'aimait. Non, personne. Pas même… Yuan.
Un rire désabusé résonna soudain dans la nuit autour de lui. Kratos eut besoin de quelques secondes pour réaliser pleinement que ce rire un peu fou, ce rire mort et glacé qui lui donnait envie de pleurer encore plus était le sien. Il ne le fit pas taire. Ce rire, tout comme sa main, tout comme ses larmes, lui était totalement étranger. Il n'était pas lui. Il n'était plus lui. Il n'y avait plus de Kratos Aurion. Il avait été touché. A mort. Quelque chose cognait dans sa poitrine, lui faisant un peu plus mal à chaque seconde, à chaque battement. Yuan l'avait trahi.
Oh, bien sûr, il l'avait vu venir. Ou plutôt, il l'aurait vu venir, s'il l'avait voulu. Seulement voilà, quand on est un jeune crétin en mal d'affection doublé d'un utopiste à la noix, on est prêt à croire n'importe quoi. Même les absurdités les plus évidentes.
Ce soir-là, Yuan, une fois de plus, s'était assis près de Martel, de l'autre côté du feu. Il lui avait parlé comme d'habitude, de tout et de rien, de ce dont il ne parlait jamais avec Kratos. Il l'avait fait rire. Il lui avait sourit. S'était rapproché. Avait baissé d'un ton. Et lui avait passé un anneau au doigt. Alors seulement, l'Humain aux cheveux rouges avait compris. Il n'était rien pour le guerrier Sylvaranti, qu'une façon plus ou moins agréable de passer le temps. C'était Martel qu'il voulait. Et, comme il le lui avait dit, Kratos était idiot. Du moins, suffisamment pour s'être imaginé qu'on pouvait l'aimer pour lui.
Le mercenaire aux cheveux roux essuya ses larmes d'un geste rageur. Il se mordit la lèvre pour retenir une nouvelle vague de sanglots, si violemment qu'il se l'ouvrit, mais il n'y prêta pas attention. Et soudain, il se reprit. Non, c'était impossible ! Il avait dû se tromper, il s'était sûrement trompé ! Yuan lui avait dit qu'il l'aimait. Il le lui avait dit ! Perdu, ne sachant plus que croire, le jeune homme leva les yeux vers le ciel à la recherche d'un soutient, d'une réponse. Mais la lune était noire, et le ciel s'était fermé.
Kratos baissa la tête. C'est alors qu'il l'entendit. Un bruit de pas feutré, léger, comme une simple caresse sur les brins d'herbe de la plaine. Une bouffée d'espoir gonfla son cœur. Yuan ! C'était Yuan ! Il en était sûr ! Un sourire vint fleurir sur ses lèvres alors qu'il se retournait vers la personne arrivant. Ce sourire se figea. Puis disparut. C'était bien Yuan, oui… Mais un Yuan que le soldat Tesseha'llan ne reconnaissait pas. Un Yuan aux traits durs, austères, qui le dévisageait avec tant de haine, tant de dégoût dans le regard… Incapable de bouger, Kratos fixait avec incompréhension le visage fermé du demi-Elfe. Pourquoi… ? Il lui avait dit qu'il l'aimait…
Le guerrier aux cheveux bleus s'avança d'un pas et murmura quelque chose à l'oreille de l'Humain avant de s'éloigner définitivement de lui. A ces mots, Kratos sentit quelque chose se briser en lui. Sa poitrine se soulevait et s'abaissait douloureusement, son esprit restait bloqué sur cette phrase, cette phrase maudite qu'il aurait voulu ne jamais entendre. Il aurait mille fois préféré se crever lui-même les tympans plutôt que de l'avoir entendue. Yuan avait disparu. Il avait froid, si froid… Yuan… Pourquoi ? Le Tesseha'llan porta ses doigts à sa lèvre éclatée et sursauta en sentant un liquide poisseux coller à sa peau. Il regarda sa main aux doigts couverts de sang. Son sang…
« C'est… C'est… à cause de ça ? »
Une larme, une unique larme coula le long de sa joue. La seule. La dernière. Il lui avait dit…
« Si seulement tu n'avais pas été Humain, Kratos… peut-être que j'aurais pu t'aimer. »
…Qu'il l'aimait…
OoOoOoOoO
^.^
Que celles qui votent pour que Yuan et l'auteur aillent au bûcher lèvent la main ! Non, Mithos. Un seul vote par personne. Baisse cette main gauche !
Voilà, c'était une des premières fics que j'ai écrit après avoir découvert ce merveilleux jeu qu'est Tales of Symphonia. Sinon, vous avez sans doute pu constater que déjà à l'époque j'aimais torturer ce pauvre Kratos…
Kratos : Mais qu'est-ce que je lui ai fait, à cette cinglée ?
Nat : Rien. La cinglée trouve juste que tu es un personnage qu'on peut facilement mettre dans toutes sortes de situations désagréables, et j'avoue prendre plaisir à te faire souffrir. La douleur te va si bien…
Yuan : D'ailleurs, arrivé à ce stade, on appelle ça du sadisme.
Nat : …Vraiment ?
