Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr.

Couple : HP-DM, RW-HG, et... surprise.

Résumé : Draco a rejoint Voldemort, laissant Harry seul avec l'Ordre. Comment le blond va-t-il être acceuilli par les mangemorts ?

Petit post it : Bonjour ! Avec un peu d'avance, voici le troisième chapitre de cette fic. J'espère qu'il ne va pas vous décevoir et que vous n'allez pas décider de ne plus suivre cette fic qui n'en vaut pas la peine. Oui, je fais une crise de doute. lol Je suis scorpion, c'est normal. Bonne lecture quand même ! hi hi


Chapitre 3 : Réinsertion.

Il marchait le long d'un couloir. Noir. Quelques lumières surgissaient à certains croisements avec d'autres couloirs, tout aussi noirs et froids. Un serpent glissait à ses côtés. Enfin, il arriva devant une haute porte qui s'ouvrit d'elle-même. A l'intérieur de la grande pièce, ses fidèles mangemorts l'attendaient, encapuchonnés et masqués, assis autour d'une longue table. A son arrivée, ils se levèrent tous. Sans un mot, il s'installa au bout.

Le serpent glissa contre lui et vint s'enrouler autour du dossier de son fauteuil, afin de poser sa tête sur son épaule. Il fit un geste et tout le monde se rassit.

- Avant de commencer… Lucius, Narcissa…

Son ancien bras droit et sa femme firent tomber leurs masques et leurs capuches, dévoilant des visages anxieux.

- Votre fils a réussit à s'échapper, lança-t-il sans aucune satisfaction apparente.

- Oh mon Dieu, murmura Narcissa en plaquant ses paumes sur sa bouche.

Il leva sa longue main osseuse et ouvrit une petite porte renfoncée dans le mur épais de la salle d'un simple geste. La silhouette longiligne et puissance de l'héritier Malfoy s'avança alors.

- Draco !

Sa mère se leva et courut jusqu'à lui pour l'étreindre. Son père s'était simplement redressé, tendu vers ce fils qu'il n'avait pas vu depuis presque deux mois.

- Suffit, coupa sa voix aiguë après quelques secondes. Narcissa, à ta place. Et toi…

La femme obéit tandis que Draco restait debout à attendre l'ordre.

- Ici.

Il lui désignait un siège juste à sa droite. Le blond s'approcha et s'y installa. D'un nouveau geste ample, il fit comprendre à tous que la réunion commençait vraiment. Tous ses mangemorts retirèrent alors leurs masques. Il fut satisfait de lire la surprise sur le visage du nouvel arrivant lorsque celui-ci vit Snape assit en face de lui.

- Alors Draco, siffla-t-il presque doucement, raconte nous…

- J'ai été blessé lors de la bataille de Loutry, commença le jeune homme qui fixait encore son ancien professeur de potion. L'Ordre m'a récupéré. Ils m'ont fait prisonnier et je suis parvenu à m'échapper il y a deux jours.

- T'ont-ils traité… correctement ?

- Oui, maître.

- Etonnant…, siffla-t-il en le fixant.

- Ça n'est pas venu tout de suite, maître. Je suis resté enfermé dans une chambre durant une semaine pendant laquelle la Sang de Bourbe Granger venait me soigner. Puis, ils ont laissé la porte de ma chambre ouverte, sans rien dire. J'ai décidé de faire profil bas pour tenter d'obtenir leur confiance. Je ne voyais pas d'autres moyens. J'ai donc commencé à me promener dans leur repère discrètement, sans me faire remarquer. Les seuls moments de crises étaient lorsque Potter me voyait. Nous nous sommes battus plus d'une fois.

- Comment t'es-tu échappé ?

- Grâce à Potter justement, ricana Malfoy.

Cette petite phrase en fit rire plus d'un. Mais son regard rouge et colérique les arrêta. Il se reconcentra sur le blond et l'engagea à s'expliquer. Malgré son apparence calme et posée, tout le monde pouvait sentir la tension qui régnait. Les Malfoy étaient des dégradés. Ils avaient été punis plusieurs fois par leur Seigneur. Le retour du fils n'était pas forcément une très bonne chose.

- Je suis parvenu à obtenir sa confiance totale, poursuivait le blond qui n'avait plus envie de rire non plus. Il y a une semaine à peu près, il m'a demandé de le rejoindre dès que je le voulais, lors d'une de ses missions. J'ai attendu quelques jours, et je suis sorti du repère pour le retrouver.

- Et… c'est tout…, murmura-t-il en fixant le jeune mangemort.

- Je suis en position de vous assurer un lien quasi direct avec Potter, maître.

- Un lien…

- Oui. Un lien entre vous et lui, par mon intermédiaire.

- Toi, comme espion ?

- J'ai réellement acquis la confiance de Potter, maître. L'Ordre viendra avec. Il croit que je suis ici simplement pour lui rapporter des informations sur vous.

Il ancra son regard rouge et suspicieux dans les yeux du jeune présomptueux et tenta de pénétrer son esprit.

- Et la vérité…

- Je… Je suis tout à vous Seigneur, affirma le blond sans ciller.

- Vraiment ? susurra-t-il. As-tu déjà des informations à me donner ?

- Oui, maître, plusieurs.

- Tu me diras ça. Mais avant… es-tu bien sûr de m'avoir tout dit ?

- Oui, maître.

- Tu mens Draco, siffla-t-il avec force, laissant sa voix résonner sur les murs de pierre. Pourquoi ne nous dis-tu pas de quelle façon tu as obtenu la confiance de notre cher Potter ? Pourquoi ne parles-tu pas de ce qu'il t'a fait ?

Il put voir le regard gris scintiller de peur et les joues du blond pâlir. Il en ressenti une profonde joie. Un plaisir intense se glissait dans ses veines.

- Draco Malfoy s'est laissé prendre par notre ennemi ! lança-t-il à toute la tablée, accompagnant cette annonce d' un large mouvement de bras.

Si certains s'autorisèrent un sourire narquois, personne n'osa vraiment émettre le moindre son. Son regard se fit plus dur.

- N'est-ce pas là ce qu'il s'est passé, Draco ?

- Je… je crois que je suis une de ses… faiblesses, maître, répondit la voix retenue du blond. J'ai joué avec ça. Je… je suis désolé que vous ayez eu à subir…

- Je suppose que Potter a trouvé ça amusant, le coupa-t-il sèchement. Appuyer sur ta marque à ce moment là… Comptais-tu employer la même ruse avec moi ?

Draco se recroquevillait lentement mais sûrement sur sa chaise. Sa colère était palpable dans toute la pièce. Plus aucun mangemort ne les regardait. La pièce éclairée seulement par les lueurs vertes du feu de la grande cheminée avait tout d'une ambiance inquiétant et angoissante.

- Croyais-tu qu'il te suffisait de revenir au bout de deux mois et de m'affirmer ton allégeance ? Qui crois-tu être Draco…, susurra-t-il d'un ton mauvais en laissant planer des silences incertains pour tous. Veux-tu vraiment accroître la peine de tes parents ? Personne n'a été envoyé pour te libérer, tu as du t'en rendre compte…

Cette information sembla faire effet sur le blond qui pâlit. Il avait envie de l'écraser, de lui montrer qui détenait le véritable pouvoir. Ce garçon avait passé plus d'un mois en compagnie du camp adverse, il devait lui faire comprendre qui était son maître. Il siffla un ordre à Nagini qui descendit du large fauteuil sous les regards anxieux de tous les autres. Le serpent grimpa le long du siège de Draco qui se mit à trembler légèrement. Ce n'était qu'un avertissement… L'envie de prendre sa baguette le tenaillait. Il allait réduire la fierté ce jeune homme et si possible, atteindre celle de son père à travers lui.

- Songe un peu à ce que Severus a fait à ta place l'année dernière, Draco. Je n'ai pas oublié ta lâcheté… Et tu me mens à peine revenu ! Endoloris !!

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Alors qu'à plusieurs kilomètres de lui, Malfoy s'effondrait sous le choc du sort, Harry se redressait dans son lit, en sueur. Il mit un certain temps avant de reprendre tous ses esprits. Sa cicatrice le brûlait avec force, et il ressentait encore profondément la colère de Voldemort. Il était pourtant bien à Grimmaurd, il était bien Harry Potter. Il tendit ses mains devant lui et fut soulagé de voir qu'elles n'étaient ni maigres ni blafardes. Soudain, il mesura toute la portée de sa vision. En une minute à peine, il fut debout et habillé avant de débouler dans le couloir du second étage.

Le cœur battant la chamade, il frappa à la porte de Remus Lupin, d'abord timidement, puis beaucoup plus fort. Lorsque la porte s'ouvrit, Harry se souvint brusquement qu'ils étaient en pleine lune. Même avec la potion tue-loup que Remus recevait à présent de Slugborn, le loup-garou passait toujours une très mauvaise nuit. Ses traits tirés et sa bouche tordue dans une grimace effrayèrent un instant Harry. Mais il raconta malgré tout ce qu'il avait vu dans son rêve. Le lycanthrope était tout à fait réveillé à la fin de son explication.

- Réunion immédiate de tout l'Ordre ! lança-t-il en retournant dans sa chambre pour s'habiller. Va réveiller les autres ! Il faut faire venir Maugrey et Kingsley aussi !

Harry resta un instant hésitant devant la porte de son ancien professeur, puis il s'élança. Il ouvrit toutes les chambres, alluma toutes les lumières et annonça avec frénésie la réunion improvisée. Puis il descendit au salon pour faire venir les autres par cheminée. Bientôt, tous les membres étaient réunis dans le salon. La plupart semblaient particulièrement inquiets et nerveux de ce bouleversement.

- Il est quatre heures du mat', grogna Ron en se laissant tomber sur un banc, son pyjama bleu encore ouvert sur sa poitrine.

- Harry a eut un rêve, expliqua Remus en s'appuyant au bout de la longue table. Il semblerait que Malfoy nous ait vendu.

- Quoi ? s'exclamèrent plusieurs personnes.

- Voldemort donnait une réunion et Malfoy était avec eux.

- J'en étais sûr ! cria Ron à présent tout à fait réveillé.

- Mais, tu nous as dit qu'il allait les espionner pour nous, commença Tonks en regardant Harry. C'est donc logique que…

- Je ne le crois plus, la coupa le brun. Je crois que je ne l'ai jamais vraiment cru.

- Alors pourquoi tu l'as relâché ? s'écria Ron.

- Ronald ! On va pas recommencer avec ça ! hurla Hermione.

- S'il ne l'avait pas laissé partir, on n'en serait pas là !

- Harry devait avoir de bonnes raison pour…

- Potter, coupa Maugrey en tapant son long bâton sur le parquet pour réclamer le silence, vous l'avez forcément cru à un moment donné n'est-ce pas ? Ou bien vous a-t-il menacé ?

- Non, non, répondit Harry, mal à l'aise. Tout ce que je sais c'est qu'il vaut mieux partir d'ici au plus vite.

- Partir, mais…

- Personne ne lui a jamais dévoilé le secret.

- S'il le pouvait, Snape l'aurait déjà fait depuis longtemps.

- Je suis d'accord avec Harry, il vaut mieux se méfier, lança Remus. Il est resté ici pendant plus d'un mois et il a du emmagasiner suffisamment d'information pour savoir où il était. Voldemort pourrait arriver à tout moment.

Un lourd silence répondit simplement à cette annonce. Tous se regardaient entre eux et certains avaient déjà la main sur leur baguette. Maugrey s'excusa et se rendit dans le hall sous prétexte de lancer quelques sortilèges de protection supplémentaire.

- Je n'y crois pas, souffla Kingsley. Je pense que le sortilège qui entoure Harry, en tant que nouveau gardien du secret, est trop puissant pour que Malfoy puisse dévoiler notre emplacement. Après la mort d'Albus, Snape n'a pas pu le faire. Pourquoi le pourrait-il, lui ?

La voix de Fol'œil leur donna son avis depuis l'entrée, affirmant qu'il valait mieux quitter les lieux quelques temps comme lorsqu'ils l'avaient fait après la mort de Dumbledore. Il revint vers eux et lança que pendant deux semaines minimum chaque membre qui logeait jusqu'alors sur place devait être envoyé chez d'autres membres de l'Ordre.

Une organisation fébrile se mit en place autour des plus âgés qui avaient en quelque sorte pris le commandement à la mort de l'ancien directeur de Poudlard. Ron insista aussitôt auprès de Maugrey pour qu'Hermione vienne avec lui.

- Harry vient aussi chez nous, annonça Arthur Weasley. Il faudra installer quelques sorts de protection autour de la maison.

Le brun le regarda d'un regard un peu vitreux, comme s'il s'éveillait d'un mauvais rêve. Il n'avait pas raté les regards accusateurs que beaucoup lui avaient lancé. Cette pression le prenait à la gorge et le sang battait dans ses tempes. Il s'était laissé avoir. Il avait fléchi devant le corps de Malfoy. Il avait cru le posséder, mais le mangemort avait parfaitement joué son rôle. Des images furtives de cette nuit de débauche défilaient au plus profond de son esprit, et il en pâlissait davantage.

- Non, lança-t-il enfin. Je vais continuer à chercher les horcruxes et à me cacher.

- Te cacher ? Mais enfin, Harry, tu…

- C'est à cause de moi si cette situation se produit à nouveau, coupa le jeune homme d'une voix forte, attirant par-là même l'attention de tous les autres.

- Harry, je ne crois pas que…

- Je t'accompagne dans ce cas, coupa Lupin.

Potter se tourna vers les portes de la salle où le loup-garou était posté. L'ancien professeur aux yeux de miel le regardait en souriant tristement. Harry hocha la tête.

- On se tiendra au courant par cheminée et hiboux durant cette période, jusqu'à ce qu'on soit sûr que l'on puisse revenir ici, poursuivit Remus à l'attention des autres. Notre point de ralliement principal sera le Terrier en attendant, si vous êtes d'accord ?

- Bien sûr, répondit Molly. Mais Harry, mon chéri, tu ne peux pas partir comme ça !

- Non, on va avec lui aussi bien sûr, lança Hermione.

- Non, refusa Harry. Je refuse que vous me suiviez là-dedans.

- Harry, ça n'a rien à voir, on te suit depuis le début, protesta Ron.

- Restez avec les autres, coupa Harry. L'avant dernier horcruxe est en Ecosse. Je vais m'y rendre et quand je reviendrai, on le détruira ensemble. Gardez l'épée.

- Mais…

- Je serai avec Lupin.

Plus personne n'osait parler. Tous en voulaient au Survivant d'avoir quasiment ouvert la porte au seul mangemort qu'ils avaient pu capturer jusque là. Mais ils connaissaient également tous le caractère impétueux du jeune homme. Après tout, il avait très bien réussi à se cacher pendant une semaine avec Ronald. Tous s'en voulaient de le sacrifier ainsi d'une certaine manière, mais personne ne protesta plus.

Alors qu'autour d'eux l'organisation se poursuivait, et que les membres commençaient à quitter la maison, Remus et Harry restaient dans le salon, séparés par la longue table. Lupin fixait la tête baissée et les sourcils froncés du jeune homme. Il sentait bien que quelque chose de nouveau chez lui était né, quelque chose d'effrayant pour un homme de son âge… Et l'ancien professeur était persuadé que les craintes qui apparaissaient en ce moment sur le visage d'Harry n'étaient pas sans rapport avec l'affaire Malfoy. Lorsqu'il avait su que le blond s'était échappé et que Potter ne l'avait pas retenu, il avait cru à une ruse, à un plan secret bien préparé.

Mais à présent, il voyait bien le regard égaré du jeune homme, et toutes ses certitudes s'envolaient. Il fixa la carte à jouer qui glissait entres les doigts fins d'Harry avec rapidité. Une dame de pique… Que s'était-il passé de si terrible entre lui et l'apprenti mangemort ?

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- Relève-toi, siffla Voldemort méchamment.

Draco, qui avait glissé de son siège sous la douleur, s'appuya sur ses bras tremblants pour se relever. Nagini l'observait de ses yeux fins, sifflant entre ses dents des mots qui faisaient sourire sadiquement son maître. Il parvint à se rasseoir après quelques gémissements, et aussitôt, le serpent reprit sa place autour de son siège. Les cris hurlés par le jeune homme résonnaient encore dans les oreilles de tous les mangemorts présents et laissaient place à un silence palpable. Narcissa Malfoy pleurait sans bruit, ses doigts ancrés dans le bras de son mari dont le regard dur fixait le centre de la table de bois.

- En as-tu assez ? demanda Voldemort.

Le blond serra ses poings posés sur ses cuisses et ne put que hocher la tête.

- Draco…, reprit-il d'un ton dangereusement bas, en as-tu assez ?

- Oui, maître, souffla le blond.

Voldemort regardait cette tête baissée tout en caressant le bois tendre de sa baguette.

- Tu méritais cette punition.

- Oui…

- Tu sais pourquoi ?

- Je… Je vous ai menti Seigneur.

- Oui, mais pas seulement Draco. Tu as aussi pensé que j'allais te croire… Réponds-moi ! ajouta-t-il devant le silence de Malfoy en levant sa baguette vers lui.

- J'espérais que… oui maître, murmura Draco.

Il s'était légèrement écarté du bout de la table en glissant vers le fond de son siège, effrayé par la menace de la baguette, mais Nagini, toujours derrière lui, le repoussa en avant.

- Severus ! Explique-lui ! siffla Voldemort avant de rappeler son serpent vers lui.

Le regard gris se releva enfin et se fixa dans les deux onyx noires. Snape commença à parler, expliquant les dangers du rôle de l'espion, mais surtout, insistant sur l'allégeance totale que l'on doit au Seigneur des Ténèbres. Draco tentait de desceller dans ce regard dur et sévère, une once d'amitié. Mais rien, rien dans l'attitude de son ancien professeur ne montrait quelque chose de semblable.

- Tu oublies quelque chose Severus, susurra le Lord Noir lorsque Snape eut achevé. Il faut savoir fermer son esprit. Draco… sais-tu le faire ?

- Tante Bella m'avait appris.

- Vraiment Lucius, l'éducation de ton fils est merveilleuse, ricana-t-il en jetant un regard sévère à l'homme au long cheveux d'or qui gardait sa tête baissée. Draco, regarde moi !

Le jeune tourna ses yeux vers le regard de serpent et eut un frisson. Voldemort tentait de pénétrer son esprit avec plus de force encore qu'auparavant. Les jointures de ses doigts blanchirent davantage tandis qu'il retenait cette intrusion de toute sa magie.

- Ce n'est pas contre moi que tu dois bloquer ton esprit Draco ! siffla la voix en colère. Dis moi, tu dois savoir qui est le nouveau gardien du secret.

Draco s'y était attendu. Voldemort allait l'assommer de questions jusqu'à ce qu'il lâche prise. Il tint fermement son regard et répondit.

- Je crois que c'est Potter lui-même.

- Tu crois…

- Ils ne parlaient jamais de cela devant moi, mais de nombreux indices me le laissent supposer.

- Où se cachent-ils ?

- Je ne peux pas le dire… A cause du secret.

- Où as-tu rejoins Potter ?

- Dans un hôtel en banlieue.

Le regard mauvais s'accentua. La haine que Voldemort portait à l'ancien homme de main de Dumbledore palpitait dans chaque trait de son visage. Une question informulée était parfaitement compréhensible. Tous se posaient la même.

- Il n'y est plus, murmura Draco. Il m'a dit qu'il n'y reviendrait plus.

Une forte déception passa dans les yeux rouges.

- Parle moi de leurs projets…

- Ils s'apprêtent à organiser un vol depuis la France pour ramener Fleur Delacour qui souhaite participer plus ardemment aux activités de l'Ordre.

- Potter y sera ?

C'était impressionnant comme le simple fait de prononcer ce nom rendait le Seigneur des Ténèbres plus effrayant encore.

- Je ne sais pas.

- Où est-il…

La voix était dangereuse. Draco eut presque envie de pleurer à cause de la réponse qu'il allait être obligé de faire.

- Je ne sais pas non plus, murmura-t-il. Mais il projetait d'aller en Ecosse.

- Pourquoi faire ?

- Il…

Malfoy eut un dixième de seconde d'hésitation. Son esprit s'agita dans une réflexion accélérée. Harry lui avait interdit de parler de leur travail, mais il pouvait parler des Horcruxes. Il commençait à saisir toute la difficulté de la tâche qu'il s'était assigné. Mentir ou dire la vérité n'était pas réellement le problème. Il s'agissait surtout de ne pas mettre l'Ordre en danger et d'obtenir la confiance de Voldemort.

Mais cette hésitation passa inaperçue.

- Il cherche quelque chose Seigneur.

- Quoi donc ?

- Des objets qu'il détruit.

Draco restait volontairement vague car il savait très bien que l'existence des horcruxes n'était pas connue des mangemorts. Lui-même l'avait découvert pendant sa captivité. Voldemort relâcha aussitôt prise et parut un instant surprit.

- Bien. Tu m'en diras plus lorsque nous serons seuls… Macnair ! lança-t-il en regardant enfin un autre mangemort. Askaban…

L'interrogatoire était fini. Draco détendit légèrement ses muscles et tourna de nouveau la tête vers Snape. Celui-ci le regardait intensément. Mais très vite, leurs regards se séparèrent et ils se concentrèrent tous deux sur l'exposé de Macnair sur l'état actuel des choses à la prison des sorciers.

Aucune confiance n'était acquise. Draco était entre deux eaux. Qui servait-il ? Qui allait-il réellement servir? Ne craquerait-il pas pour servir définitivement les Forces Noires ? N'était-ce pas plus sécurisant d'être sous la protection du plus fort comme le faisait Snape ? Il jeta un coup d'œil à son père qui ne le regardait pas. Sa mère lui fit en revanche un léger sourire auquel il répondit à peine.

Il était revenu parmi les siens. Une douleur dans le dos lui rappela à quel prix. Il avait surtout été frappé par la franchise de Voldemort : celui-ci n'avait envoyé aucun homme à sa recherche. Personne. Il avait été abandonné.

Alors qu'il écoutait un autre rapport, il senti le regard brûlant de Voldemort dans sa nuque. L'envie de se retourner était pesante, mais il ne voulait pas recroiser les yeux de braise. Pourra-t-il soutenir cette force d'occlumens longtemps ?

Il se mit à penser à Potter alors que Pettigrow bredouillait quelque chose. Les mêmes questions se posaient encore. Avait-il envie d'aider ce perdant ? Il le détestait. Mais pas au point de souhaiter sa mort. Sa lâcheté que Voldemort lui avait si bien rappelée lui donnait envie de vomir. Il n'était pas capable de choisir un camp. La position d'espion lui semblait parfaite pour ça, mais à présent, les doutes l'assaillaient. N'était-il pas mieux dans le repère, à jouer au prisonnier ? L'aurait-on laissé là-bas jusqu'à la fin de la guerre ? Et cela dépendait toujours de la fin et du gagnant de toute façon…

Une sueur froide coula le long de son dos alors qu'il se rendait compte que Voldemort ne l'avait toujours pas lâché des yeux.

La réunion se poursuivit jusqu'aux premières lueurs de l'aube. Tout le monde fut congédié, sauf lui et Snape. Il dut alors parler des horcruxes, mais se retint de dire qu'il savait exactement combien étaient déjà détruits. Il se contenta d'avouer que Potter en avait détruit un pendant sa captivité. Il affirma ne rien savoir d'autre.

Il sentait très bien qu'il était encore sur la corde raide lorsque Voldemort le renvoya, gardant Snape auprès de lui. La seule certitude que Draco ressentie cette nuit là fut qu'il était heureux de revoir ses parents.

Cependant, il refusa de retourner au manoir avec eux, leur expliquant qu'à présent, il avait une mission. Il lui sembla pendant un bref instant que son père était jaloux de cette position qu'il avait obtenu auprès du Lord, malgré le danger et l'incertitude qui planaient.

C'est lorsqu'il quitta véritablement le repère de Voldemort en leur compagnie qu'il eut la preuve vivante de la précarité de sa situation. Macnair, caché dans l'ombre, bondit sur lui et lui coinça les bras dans le dos en rigolant.

- Alors Blondie, tu veux jouer avec notre Lord ?

- Lâche-le.

- Oh, Lucius, tu es là aussi, ricana le bourreau.

- Forcément ! Un traître ne va pas sans un autre, se moqua une voix rauque qui sortait aussi de l'ombre.

- Greyback ! sursauta Malfoy père. Comment s'est passée ta pleine lune ?

- Magnifiquement bien, susurra le loup-garou en apparaissant enfin dans la lumière que projetait le portillon du manoir.

Draco profita de la diversion pour se dégager des bras de Macnair. Mais il eut un sursaut de dégoût face au visage de Greyback. Sa transformation ne semblait pas encore complètement achevée, comme si les lueurs du jour qui naissait ne suffisaient pas à éteindre toute la sauvagerie qui brillait dans ses yeux jaunes. Du sang coulait encore le long de son menton et de nombreuses touffes de poils gris parsemaient ses bras et son visage.

- Alors comme ça t'es revenu toi, grogna-t-il en direction du blond. Et il t'a accepté ? J'en suis très content. Si jamais tu le trahis encore, j'aurais peut-être la chance de te goûter.

- Je t'interdis…, commença Narcissa Malfoy en prenant son fils par les épaules.

- Je ne l'ai pas trahi ! cria Draco en se dégageant. J'ai été fait prisonnier et aucun d'entre vous n'est venu m'aider !

- Il nous l'a interdit Blondie, ricana Macnair. Je crois qu'il va te falloir beaucoup travailler pour récupérer sa confiance.

- Le Lord n'accorde sa confiance à personne, trancha une nouvelle voix depuis le haut de l'escalier du manoir.

- Ohhh, Sevy, comment peux-tu dire ça ? murmura Greyback d'un ton qui se voulait doucereux. N'es-tu pas celui qui…

- Tu devrais encore être loin d'ici, loup-garou, coupa Snape en s'avançant vers eux. La nuit n'est pas complètement finie et tu sais que le Lord ne t'accorde sa reconnaissance qu'à titre exceptionnel. Les êtres comme toi ne doivent pas traîner dans les parages.

- Bien sûr, grogna Greyback qui s'éloigna vers la zone de transplanage.

- Et toi Macnair, n'as-tu rien d'autre à faire ?

- J'allais partir justement, répondit le bourreau hypocritement. Je voulais juste te saluer une dernière fois Severus.

Il s'éloigna sur les traces du loup-garou en jetant des regards curieux en arrière. Severus regardait à présent la famille Malfoy, à nouveau réunie. Mais Lucius et Narcissa ne l'intéressaient plus depuis longtemps. En revanche, le retour inopiné de son ancien élève l'intriguait davantage.

- Il n'est pas prêt à te confier ses secrets Draco, lança-t-il en fixant le plus jeune.

- Je m'en doute, répliqua celui-ci.

- Il faudra qu'on parle, toi et moi.

- Oui.

- Lucius, Narcissa, tâchez de vous faire petits. Le retour de votre fils a ravivé la colère du Lord. Il t'en veut toujours beaucoup, Lucius.

- Je sais, répondit Malfoy d'une voix froide. Et toi, évidemment, tu es toujours son favori. Que t'a-t-il fait cette fois-ci ? Pénétration, fellation ?

- Tu dégrades l'image de ton Seigneur Lucius, répliqua Severus. Profitez bien de vos retrouvailles, elles ne dureront peut-être pas.

Il s'éloigna par de longues enjambées, laissant flotter sa cape à ras du sol. Draco eut soudain l'envie de lui courir après et de rester avec lui. Il avait oublié que le statut de Snape lui donnait tout ce pouvoir sur les autres mangemorts. Il comprit que s'il obtenait les faveurs de Severus, la partie serait gagnée. Il voulait lui demander comment il devait faire. Comment mentir à Voldemort ? Comment lui cacher des choses ? Snape devait savoir tout ça. A moins qu'il l'est réellement toujours servi, lui et non Dumbledore.

Les générations se succédaient. C'était à son tour d'espionner Harry Potter. A son tour de choisir. A son tour d'être seul au milieu des deux camps. Il écarta la main de sa mère qui voulait lui caresser une joue et marcha vers la zone de transplanage où Severus venait de disparaître. Il s'envola à son tour sans un regard pour ses parents. Il allait tout faire comme sans ancien professeur. L'imiter l'aidera. C'était son unique point de repère.

à suivre


Voilà. Je l'ai postée en avance parce que je pars en vacances bien loin de mon ordi et d'internet demain. Quant au prochain chapitre... il risque d'être un peu en retard au contraire. A la rentrée, comme beaucoup d'entre vous je pense, je vais tomber dans l'horreur des partiels de fac... -- Donc j'aurais sans doute moins de temps pour écrire.

Pour me faire pardonner, il sera fort possible que je mette le chapitre 4 et 5 en même temps ou à un intervalle très réduit. Voilà. Merci d'avoir lu en tout cas ! Bisous et bonne fin d'année !!