Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr.
Couple : HP-DM, RW-HG, et... surprise.
Résumé : Depuis que Draco est parti rejoindre Voldemort, Harry a besoin de soutien. Vers qui va-t-il se tourner ?
Petit post it : Coucou ! Et bien le voilà ce chapitre 4 ! Finalement, je pensais vous faire attendre plus longtemps, mais ma bêta, toujours Griffy, a fait un sprint et a tout corrigé hypra vite. Donc voilà la suite.
Cette fic appartient toujours à ma chère Griff, c'est son cadeau, sa commande, juste parce qu'elle le vaut bien.
Mais je vous souhaite une bonne lecture à tous !
Chapitre 4 : La première alliance.
L'après-midi était tranquille. Les quelques clients qui étaient là restaient calmes. Deux dormaient, trois jouaient aux cartes et un autre groupe buvait sans parler. Parfois, quelqu'un éternuait et tous les regards se tournaient vers lui. Les écossais sont curieux. Tranquille, mais curieux. Le gérant de l'auberge tourna la page du magasine qu'il lisait, appuyé à son comptoir. Une pub pour la dernière voiture de chez Citroën apparu. Il soupira en songeant à tout ce qu'il pourrait faire avec l'argent de cette auto et passa à la page suivante.
Tout le monde sursauta lorsque la porte s'ouvrit en grand, laissant le froid du dehors entrer un instant.
Remit de sa surprise, l'aubergiste referma son magasine et se redressa. Il prit son air méfiant et regarda les deux hommes qui venaient d'entrer. C'était des clients qu'il logeait dans une de ses chambres depuis deux jours. Mais c'étaient surtout des gens étranges, qui s'habillaient bizarrement, qui parlaient avec des mots inconnus, et qui disparaissaient toute la journée pour ne revenir que le soir.
Tous les visages s'étaient tournés vers eux. L'un des deux hommes s'appuyait sur l'autre et laissait sa tête retomber mollement sur sa poitrine.
- Bonsoir, murmura celui qui semblait valide.
Il entraîna son camarade en le soutenant. Lorsqu'ils passèrent devant le comptoir, la main de l'aubergiste trembla légèrement.
- Hey ! Attendez voir ! lança-t-il d'une voix mal assurée. Vous mettez du sang partout, ajouta-t-il en contournant sa paillasse.
A ces mots, les clients présents dans la salle se redressèrent et tendirent le cou pour constater qu'en effet, des gouttes de sang marquaient le chemin des deux hommes.
- Je vais redescendre nettoyer après si vous voulez, s'excusa le valide.
Le barman le regarda, les poings sur les hanches. La voix douce de cet homme ne lui plaisait pas. Son air généreux non plus. Tout cela contrastait trop avec ce sang qui souillait son établissement.
- Je ne veux pas d'entourloupe, menaça le gérant. Vous entendez ? Allez chercher vos affaires et partez !
- Je suis désolé, mais ce n'est pas possible. Ne vous inquiétez pas, nous…
- Je ne veux rien savoir ! coupa l'aubergiste affolé.
L'homme blessé qui n'avait jusqu'alors pas prononcé un seul mot remua dans les bras de son collègue et sortit un bâton de sous la cape qu'il portait. Il le pointa vers leur hôte.
- Harry, non ! murmura le valide.
- Obliviate.
Une lumière bleue éclaira un instant le visage de l'aubergiste qui recula contre son comptoir en se tenant la tête.
- Recuro.
Les tâches de sang disparurent.
Un dernier sort fut lancé vers les clients qui étaient restés tétanisés, sans comprendre. Puis la baguette de bois retourna sous la cape…
Le gérant prit son air méfiant pour regarder les deux hommes passer devant lui… C'étaient des clients qu'il logeait dans une de ses chambres depuis deux jours… Mais c'étaient surtout des gens étranges, qui s'habillaient bizarrement, qui parlaient avec des mots inconnus, et qui disparaissaient toute la journée pour ne revenir que le soir…
Tous les visages des clients s'étaient tournés vers eux. L'un des deux hommes s'appuyait sur l'autre et laissait sa tête retomber mollement sur sa poitrine alors qu'ils montaient les escaliers vers les chambres…
- Tiens bon Harry, murmura Remus en atteignant le premier palier.
Il raffermit sa prise autour des épaules du jeune homme et monta le deuxième escalier. Lupin soufflait à chaque marche, tâchant d'oublier sa propre blessure et cette peur au fond de lui. Il arriva enfin face à la porte de leur chambre. Il l'ouvrit et se dirigea aussitôt vers le lit.
- Installe-toi, je reviens.
Harry Potter se laissa tomber sur le matelas épais en gémissant. Ses flancs saignaient et le tiraillaient. Une douleur lancinante qui le faisait souffrir à chaque respiration. Il avait été atteint d'un puissant sort de magie noire et il craignait que Remus ne sache pas quoi faire face à cela. Le loup garou revint malgré tout. Il posa une mallette sur le lit et commença à défaire la chemise du brun.
- Tu m'entends ?
- C'est mes côtes qui sont touchés, pas mes oreilles, ricana Harry.
Il gémit juste après. Rire avait ravivé la douleur.
- Ne bouge pas, le réprimanda Remus en dégrafant son pantalon.
- Vous… vous êtes blessé aussi ?
- Juste à la jambe. Cette satanée bestiole m'a mordu.
Harry ferma les yeux alors que son pantalon glissait le long de ses jambes.
- Tu peux te mettre sur le côté pour que je vois mieux la plaie ?
Aidé par son ancien professeur, le jeune sorcier roula légèrement sur le côté et dévoila une plaie béante au-dessus de sa hanche.
- Merde, Harry, on voit une côte, grogna Lupin d'une voix tremblante.
- Faites ce que vous pouvez…
- Je crains que la pharmacie d'Hermione ne suffise pas. Je vais déjà nettoyer un peu, d'accord ? Bouge pas.
Harry ferma les yeux et serra les dents lorsqu'il sentit un coton enduit de désinfectant passer sur sa peau fragilisée. Il agrippa la couverture de toile épaisse et songea à autre chose. Détourner l'attention de la douleur… Ils étaient dans cette chambre minable, Ron et Hermione roucoulaient au Terrier, le ministère restait neutre, Voldemort était toujours méchant et lui, Harry Potter, supportait encore la pression de millions de sorciers qui l'acclamaient en héros et réclamaient sa présence. Bien. Le monde restait le même.
- Je vais appuyer un peu Harry, prévint Remus dans son dos.
Vite… autre chose… Les dernières nouvelles qu'il avait eut de son oncle et sa tante étaient rassurantes. Ils avaient déménagé en Australie et y vivaient très bien.
- Aahhhh… gémit-il entre ses dents.
- Dé… désolé Harry.
Détourner l'attention… encore. Malfoy.
Voilà. Le sujet idéal. Où était ce salaud ? Que faisait-il ? Qu'est-ce qu'il avait dévoilé ? Le reverrait-il ? Qu'avait-il derrière la tête ?
Et malgré la haine qui l'étouffait, il ne pouvait s'empêcher de revoir ce corps tendu sous ses doigts, cet halètement excitant résonner à son oreille, ses fesses qui se présentaient d'elles-mêmes, ce corps blanc, pur, ces cheveux blonds et ces gémissements qui l'avaient fait frissonner. Cette sueur qu'il avait léché. Ce sexe… cette poitrine.
Un nouveau gémissement jaillit d'entre ses lèvres serrées que Remus interpréta mal.
Oui, ce corps parfait qui cachait l'âme d'un lâche doublé d'un salaud.
Un parfait salaud.
- Je préfère ne pas aller plus loin Harry, lâcha Lupin. Je n'arrive pas à refermer et…
- Tant pis, ça ira…
- Harry, je pense qu'il faut faire venir Pom…
Trois coups furent frappés à la fenêtre. Harry rouvrit aussitôt les yeux et Remus redressa la tête. Leurs deux cœurs battaient à tout rompre. Mais ce n'était qu'un hibou. L'oiseau frappa de nouveau la vitre de son bec. Lupin contourna rapidement le lit et récupéra la lettre que le hibou apportait.
- Ça vient du Terrier ! s'exclama-t-il.
Il décacheta rapidement le parchemin et le déplia. Les yeux anxieux d'Harry le fixait avec impatience.
- Très bien, ils ont fixé la date du transfert de Fleur. Bill voulait retarder encore d'une semaine par mesure de sécurité, mais Kingsley pense que plus on attendra, plus il y aura de risques.
Il acheva de lire la lettre et soupira.
- Je crois que tu ne pourras pas nous accompagner Harry.
- Pourquoi ? souffla le brun.
- C'est pour demain soir. On doit voyager par balais de Londres à Paris. Un portoloin est prévu à cet endroit pour nous amener chez Fleur et le retour se fera de même. On doit être rentré avant le jour.
Harry hocha la tête et se cala contre l'oreiller. Cette deuxième journée depuis le dispersement de l'Ordre dans toute l'Angleterre l'avait épuisé. Avec Lupin, ils avaient fini par trouver la grotte où Voldemort avait caché un horcruxe, certainement le diadème de Serdaigle, d'après Hermione. Depuis cette découverte, ils s'y rendaient chaque jour pour percer chaque piège installé par le Lord noir. Chaque jour une nouvelle dépendance de la grotte était explorée, de nouvelles profondeurs, de nouveaux défis.
Cette fois, ils avaient aperçu le lac qui indiquait qu'ils étaient enfin arrivés au plus profond de la grotte. Mais ils n'avaient pu l'atteindre. Une pluie de sort s'était abattue sur eux en même temps qu'une sorte de strangulot géant les avait attaqué.
- Vous proposez quoi ?
- Un retour prompt au Terrier. Pomfresh te soignera et j'accompagnerai les autres en France. On reprendra nos recherches quand tu seras guéri.
- Mais Remus, on y est presque ! Et n'oubliez pas que Voldemort doit savoir qu'on est en Ecosse. Malfoy a du…
- On ne sait rien de ce que Malfoy a pu lui dire Harry.
- Pourquoi ce serait-il privé de lui dire nos projets pour partir en Ecosse ?
- Il ne savait pas.
- Cette sale fouine en savait sûrement plus qu'on ne le pense.
- Harry, ça fait deux jours que nous explorons cette grotte. Et nous n'avons vu aucun mangemort jusqu'à présent. Tu ne penses pas que…
- Les mangemorts ne connaissent pas l'existence de cette grotte ni celle des horcruxes. Si Voldemort veut vérifier la sécurité du diadème, il le fera lui-même.
- Raison de plus pour nous éloigner un peu et revenir plus tard, insista Remus.
- Plus tard, quand Voldemort aura déplacé son horcruxe.
- Je ne pense pas qu'il fasse ça Harry. Il lui faudrait trouver un nouvel endroit, jeter de nouvelles protections…
Harry soupira. S'il n'avait pas été blessé, s'il n'avait pas été si fatigué, il aurait certainement insister et gagner gain de cause. Mais il préféra fermer les yeux et hocher la tête. Ils rentreraient donc au terrier, après deux jours seulement de recherches.
Il entendit Remus écrire une réponse et le hibou s'envola un moment après, dans la nuit qui tombait. Il se sentit partir doucement. Sa tête tournait, des images défilaient. La fatigue, sans doute, lui jouait des tours. Il posa une main sur son front moite et sombra lentement dans le sommeil.
oOoOoOoOoOoOo
Il se déplaçait vite, frôlant à peine le sol. La forêt autour de lui était loin d'être accueillante, mais il la connaissait. Elle grimpait le long des flancs des Carpates, en plein cœur de la Transylvanie.
Cette forêt l'avait accueillit après sa première et dernière défaite. Il semblait flotter au-dessus des feuilles déposées à terre. Il survolait la boue, les graviers, les racines des arbres centenaires qui ressortaient à la surface. Il devait le trouver, absolument. Il chercherait encore une semaine s'il le fallait, mais il trouverait cet imbécile. Une profonde colère l'habitait. Il n'en serait pas arrivé là si Dolohov avait rempli sa mission.
Mais il s'approchait, il le sentait.
Bientôt, il l'aurait.
Bientôt…
oOoOoOoOoOoOo
Harry haleta et ouvrit les yeux. Un plafond bas aux poutres peintes lui apparu. Il ne reconnaissait pas cet endroit. Affolé, il se redressa vivement et hurla aussitôt de douleur.
- Harry !
Il se laissa retomber sur les coussins en se tenant les côtes tandis qu'Hermione se jetait sur lui. Il se sentait nauséeux.
- Ne bouge surtout pas Harry ! On est au Terrier. Pomfresh t'a mis un bandage mais tu ne dois absolument pas bouger !
Le brun serrait les dents. Sa blessure le lançait fortement à nouveau. Cependant, petit à petit, la douleur se régula et il put respirer à nouveau normalement. Il rouvrit les yeux et tomba sur le visage anxieux de son amie.
- Mione…
- On a eu peur tu sais, commença la jeune fille. Lupin a transplané dans la cour en te tenant dans ses bras. On a cru…
Elle éclata en sanglot sans achever et laissa tomber sa tête sur le matelas. Harry sourit faiblement et posa une main dans ses cheveux.
- Je ne me suis pas réveillé alors, murmura-t-il.
Hermione s'essuya les yeux en faisant non de la tête.
- J'ai fait un rêve je crois, se rappela soudain le brun en fronçant les sourcils. Je crois que Voldemort cherche quelque chose, ou quelqu'un.
Il tâchait de se souvenir des détails, mais rien ne lui revenait si ce n'était cette colère profonde qui l'envahissait. Si Voldemort était en colère, tout allait bien pour eux.
- Est-ce que tout le monde est ici ? demanda-t-il.
- Non. La plupart des membres arriveront demain dans l'après midi pour se préparer au transfert de Fleur.
- Demain ? Mais, on n'y est pas déjà ?
- Non, il n'est que vingt-trois heures trente.
Le temps lui avait semblé plus long. Son rêve en était sans doute la cause.
- Tant mieux, ça va me laisser plus de temps pour me remettre et vous accompagner dans ce cas.
- Tu n'y comptes pas ! s'affola Hermione. Toi, tu resteras là. Moi non plus je n'y vais pas d'ailleurs. Ils n'ont pas besoin de tout le monde tu sais. Ron ira.
Le brun fronça les sourcils de contrariété. Il ne voulait surtout pas retomber dans l'inactivité qu'il avait connu quelques temps à Grimmaurd. En songeant à l'ancienne maison des Black, il sut ce qu'il allait faire en attendant de pouvoir retourner explorer la grotte.
- Est-ce que Pomfresh est là ?
- Elle a dit qu'elle repasserait demain matin quand tout le monde sera levé.
- Bien.
- Harry, tu devrais dormir en attendant.
- On est où en fait là ? Je ne connais pas cette pièce.
- C'est la chambre des parents de Ron. Elle est au rez de chaussée, c'était plus simple pour t'y installer. Ils dorment dans le salon à côté.
- Et Ron ?
- Dans sa chambre. J'ai été désignée pour te garder.
- Trop aimable.
La jeune femme rigola nerveusement et lui redit de s'endormir de nouveau. Il hocha la tête et se cala confortablement, la laissant retourner dans le lit pliant qu'on lui avait installé spécialement.
La nuit fut courte pour les deux amis. Ils se réveillèrent ensemble, alors que des bruits de bavardage se faisait entendre dans la maison. Hermione s'éclipsa rapidement, après avoir interdit à Harry de bouger et bientôt, la chambre fut envahie de toutes les personnes déjà levées. Lupin se tenait légèrement en retrait, observant le fils de son ancien meilleur ami avec une pointe d'inquiétude. Et surtout, toujours cette peur.
- Harry, mon chéri, comment te sens-tu ? s'exclama Molly Wealsey en retapant les oreillers du brun.
- Beaucoup mieux, merci.
- Tu nous as foutu une sacré frousse mon pote ! renchérit Ron.
- Désolé, mais ça a valu le coup. On approche du but.
- Ton optimisme m'épatera toujours mon garçon, rigola Pomfresh. Allez allez, tout le monde dehors ! Je veux l'examiner encore une fois !
Une fois la chambre vide, l'infirmière s'approcha de son blessé et retira le bandage pour examiner la blessure.
- Beaucoup mieux ! s'exclama-t-elle, satisfaite. Cette pommade est un miracle.
- C'est vous le miracle, la taquina Harry.
- Oh non, rigola-t-elle. C'était une potion que Severus avait confectionner quand…
- Pardon ? coupa froidement le brun.
- Ah attention Harry ! Critiquez autant que vous voulez l'homme qu'il est, mais surtout pas le maître des potions !
L'infirmière appuyait cet avertissement d'un doigt accusateur qui pointait le nez du brun. Celui-ci garda son air fermé mais la laissa cependant lui appliquer une deuxième couche de cette pommade miraculeuse.
Quelque part, il était bien heureux de profiter du savoir de ce traître de Snape. Si ce soin était si efficace, il serait bientôt sur pied.
- Dites voir, murmura-t-il, est-ce que quelqu'un est déjà retourné à Grimmaurd ?
- Non, je ne crois pas, répondit l'infirmière en rangeant enfin ses potions. Mais je ne suis sûre de rien. C'est Fol'œil qui s'occupe de tout ça.
- Très bien. Je peux me lever ?
- Attendez encore un peu avant de faire des bêtises Monsieur Potter. Vous avez interdiction de quitter cette chambre pendant deux jours minimum.
- Mais…
- Suffit. Je repasserai vous voir ce soir.
La porte claqua avant qu'Harry n'ait pu défendre son cas. Interdiction de bouger pendant deux jours ? Certainement pas ! Il avait décidé de retourner à Grimmaurd, il y retournerait. Et ce matin même ! Il se redressa et s'assit au bord du lit. La pommade devait comporter un anti-douleur car ses muscles se crispaient beaucoup moins qu'avant.
Il allait poser un pied par terre lorsque la porte s'ouvrit de nouveau. Remus Lupin entra et referma derrière lui.
- C'est drôle, j'ai cru entendre Pompom recommander à Molly de te surveiller car tu ne dois pas bouger, commença-t-il de sa voix douce.
- Oh, Remus, ne me dites pas que vous cautionnez…
- Non, je pense que si tu décides de te lever, personne ne pourra t'en empêcher, coupa Lupin en souriant. Sois simplement prudent.
Harry lui sourit et posa finalement ses pieds au sol. A peine debout qu'il vacilla légèrement et il dut se rasseoir aussitôt au bord du lit. C'était un premier essai.
- Tu sais… je… je suis désolé, murmura Remus en s'asseyant sur le lit de fortune d'Hermione. J'aurais du mieux te protéger, j'aurais du me douter…
- Rien du tout, coupa Harry. Vous êtes un compagnon d'aventure parfait. Je ne vous en veux pas. Ce n'est pas de votre faute Remus, c'est celle de Voldemort.
L'ancien professeur lui fit un sourire.
- Et vous ? Votre jambe ?
- Oh ce n'est rien. Les strangulots ont des dents plutôt petites.
- Celui-ci était particulièrement gros.
- Je suppose que Tu-Sais-Qui s'est amusé à le transformer à sa façon.
- C'est possible ça ? s'étonna Harry.
- Les mystères de la biodiversité magique sont insondables, répondit Remus.
Pendant ces deux jours de recherches et d'exploration, les deux hommes s'étaient rapprochés. Harry avait une confiance entière et dévouée à son ancien professeur, et Lupin considérait Harry comme un véritable ami, qu'il aurait de toute façon été si James était encore en vie. Mais il avait toujours ce sentiment d'inquiétude qui l'envahissait lorsqu'il regardait le jeune homme. Pas besoin d'utiliser son instinct de loup garou pour savoir que quelque chose s'était passé. Quelque chose de grave peut-être. En tout cas, quelque chose qui occupait Harry suffisamment pour lui donner parfois cet air absent et coupable.
En y réfléchissant, Lupin avait fini par penser que ce problème était certainement lié avec l'évasion de Malfoy. Selon lui, Harry se sentait coupable de l'avoir laissé s'échapper. Mais que s'était-il passé ? Lorsque le brun était rentré le soir de la disparition du serpentard, il était revenu seul. Seul, et particulièrement énervé.
Personne n'avait posé de question, il s'était contenté de dire que "ce salaud s'était fait la malle". Et puis, plus rien, jusqu'au rêve, deux jours après.
Il leva les yeux vers Harry qui avait réussit à se mettre debout.
- Je vais retourner à Grimmaurd, lui dit le jeune homme.
- Quand ?
- Aujourd'hui. Ce matin.
- Je viens avec toi, imposa Remus. J'étais content de pouvoir t'accompagner dans cette grotte. James l'aurait fait tu comprends. J'ai l'impression de former une sorte d'alliance avec toi, j'ai l'impression de retrouver ma bande.
- Une alliance, murmura Harry en souriant.
- Oui je sais, c'est bête, rigola Remus. Mais j'avais l'habitude d'être en bande avec ton père, c'est sans doute pour ça. En tous les cas, si tu vas à Grimmaurd, j'aimerais t'accompagner.
- Non, pas la peine. En fait… je ne voulais pas que ça se sache. Je ne le dis qu'à vous. C'est juste pour voir, jeter un coup d'œil. Et puis j'ai quelque chose à y récupérer.
Harry parvint à marcher tranquillement jusqu'à une commode où ses vêtements avaient été déposés. Il jeta un coup d'œil à Lupin et soupira.
- Ne me regardez pas comme ça, grogna-t-il en enfilant son pantalon. On dirait que vous avez pitié de moi.
- Tu sais très bien que ce n'est pas ça. Je m'inquiète, c'est tout.
- Il n'y a aucune raison de s'inquiéter Remus. Pomfresh m'a soigné comme…
- Ce n'est pas pour cette blessure que je m'inquiète le plus.
Le pantalon enfin enfilé, Harry se tourna vers Lupin en mettant sa chemise.
- Ah bon. De quoi alors ?
- De ce qui a bien pu se passer entre toi et Malfoy pour que tu sois si… je n'sais pas. Tu ne t'arrêtes plus. Tu veux toujours tout faire, vite, maintenant, alors qu'avant…
- Avant on ne faisait rien ! s'emporta Harry. On restait tous à Grimmaurd, on cherchait un peu les horcruxres, on en a détruit un, et puis on semblait s'en satisfaire ! Je ne veux pas retomber là dedans. Oui il faut avancer, parce que Voldemort n'attend rien lui ! Parce que demain Malfoy peut tout lui dire ! Parce que…
C'est le ricanement de Remus qui l'arrêta.
- Tu vois ! On dirait presque que tu fais la guerre contre Malfoy et non contre Tu-Sais-Qui. Qu'est-ce qui s'est passé Harry ? Personne n'ose te poser la question parce qu'on ne veut pas que tu te sentes coupable de sa fuite. Mais dis-le moi.
A présent habillé, Harry se rassit au bord du lit et fixa le sol. Oui, il se battait contre Malfoy. Il voulait se venger, ou le récupérer. Il ne savait plus très bien. Ce mélange de haine et de désir qu'il ressentait pour ce lâche le dégouttait de lui-même. Il se détestait presque autant qu'il détestait le blond. Être sans cesse en train de bouger, de chercher, de s'activer, c'était pour lui le moyen de se racheter, aux yeux des autres, et même à ses propres yeux.
- Non, laissa-t-il tomber froidement.
Il songea aux mots qu'il devrait employer s'il décidait d'expliquer ce qui c'était passé, et il se sentit encore plus honteux, encore plus haineux. Il se leva, salua Remus de la tête et sortit de la chambre.
Il repéra tout de suite le couloir qui menait au salon des Weasley. Des voix s'en échappaient. Il reconnut celle qu'il voulait entendre, mais toutes les autres appartenaient à des personnes qui refuseraient de le voir hors de son lit.
En soupirant, il rentra de nouveau dans la chambre sous l'œil étonné de Remus.
- Est-ce que… est-ce que vous pourriez aller dire à Maugrey que je voudrais lui parler ? demanda Harry un peu gêné après son refus de se confier.
Lupin sourit et acquiesça. Il quitta la chambre tandis qu'Harry se rasseyait sur le lit. Bientôt, il entendit le claquement habituel de la démarche du vieil auror. Celui-ci entra dans la chambre bruyamment et fixa aussitôt le brun de son œil magique.
- Bonjour Potter.
oOoOoOoOoOoOo
Une demie-heure plus tard, Harry se faufilait jusqu'à la cour de la maison et disparaissait dans un tourbillon de feuilles, effrayant deux poules qui picoraient juste à côté. Dans le salon, personne ne se doutait de rien, à part Maugrey et Lupin. Ce dernier faisait part de leurs découvertes dans la grotte aux quelques membres présents.
- Le strangulot ne nous embêtera plus, expliquait-il. Je l'ai tué juste après qu'il m'ait mordu. A moins qu'il y en ait d'autres dans le lac.
- Et l'horcruxe ? demanda Ron.
- Nous ne l'avons pas encore aperçu, mais il est évident qu'il est là. Peut-être dans le lac, ou peut-être de l'autre côté du lac, dans une nouvelle pièce.
- Peut-être devrions-nous achever cette quête à plusieurs non ? proposa Hermione. Après le transfert de Fleur, nous pourrions y retourner à cinq ou six.
- Pour attirer l'attention ? maugréa Fol'œil. Rien de tel.
- S'il y a d'autres strangulots de cette taille à combattre dans le lac et que le diadème est au fond, on ne sera pas de trop de six, reconnu Lupin.
Tous firent silence pour réfléchir à la meilleure solution. Le salon était faiblement éclairé, malgré les chandelles que Molly avait allumé en plus. Mais le temps gris du dehors semblait vouloir s'installer partout, même à l'intérieur. Une théière circula entre les sièges et le divan pour resservir ceux dont les tasses étaient déjà vide.
C'est en tendant la sienne que Hermione se souvint d'un détail.
- Oh ! Harry a fait un rêve cette nuit après que Pomfresh l'ait examiné.
- Qu'est-ce que c'était ? demanda Ron.
- Il ne se souvenait pas bien. Il a juste dit que Voldemort cherchait quelque chose, ou quelqu'un. Et qu'il était en colère.
- Ah et bien espérons que ce n'est pas l'horcruxe de la grotte qu'il cherche, soupira Remus en posant sa tasse.
Pendant ce temps, à quelques kilomètres du Terrier, en plein centre de Londres, la porte invisible du 12 de la rue Grimmaurd s'ouvrit et se referma vivement.
- Lumos.
Les murs du hall vibrèrent sous la faible lumière de la baguette de Harry Potter. Celui-ci avança et entra dans la grande salle à manger. Rien n'avait bougé. Il restait encore les quelques verres qui avaient été sortis lors de la nuit où tout le monde avait quitté les lieux. Il se dirigea vers les étages à pas comptés, pour ne pas réveiller le tableau de la mère de Sirius.
Maugrey lui avait assuré que les systèmes de protection étaient suffisants. Il était lui-même revenu chaque jour et chaque nuit pour vérifier la fiabilité des lieux, de la même façon qu'il l'avait fait après la mort de Dumbledore. Harry ne craignait donc rien, à priori et selon le vieil auror, l'Ordre pourrait déjà s'y réinstaller. Mais vieux valait être prudent.
Harry arriva dans la chambre qu'il occupait jusqu'alors et se dirigea aussitôt vers son petit bureau. Au fond d'un tiroir qu'il tira vivement, il retrouva ce qu'il cherchait : la dame de pique. Les événements qui s'étaient précipités lui avaient fait oublié sa carte.
Il la fit tourner entre ses doigts et en fut satisfait. Au moins, quand il n'aurait rien à faire, il pourra s'amuser avec elle. Cette carte fonctionnait un peu comme un déstressant sur lui. Il la mit dans sa poche et quitta sa chambre en direction des étages, vers la pièce de Malfoy.
Il commença à la fouiller méticuleusement. Mais les minutes passaient et il ne trouvait rien d'intéressant. Alors qu'il allait s'attaquer au matelas du lit, un grand fracas lui provint d'en bas suivit aussitôt des injures de l'ancêtre en peinture.
- QUI OSE PENETRER AINSI MA MAISON ?
Harry empoigna sa baguette et se dirigea aussitôt vers l'escalier. Il jeta un coup d'œil vers le bas, mais il n'aperçut qu'une lumière rouge qui semblait flotter dans tout le hall. Espérant n'avoir pas oublié qu'elles étaient les marches qui craquaient, il commença à descendre lentement, baguette bien en main.
- AAHH ! ON OSE ME REVEILLER AINSI ! AVEC TOUT CE BRUIT ! QUI ? MONTREZ-VOUS !
Harry se posait la même question, et alors qu'il arrivait au deuxième étage, il espérait vraiment que la vieille sorcière obtienne une réponse. Mais soudain, tout redevint silencieux. Le cœur du brun s'accéléra d'un seul coup et il n'osa plus bouger. Devait-il remonter et utiliser la cheminée de sa chambre pour aller alerter les autres ?
- C'est toi ! s'exclama alors la mère de Sirius d'un ton beaucoup plus calme qui inquiéta Harry. Tu es revenu ! Ahh ! Si tu pouvais faire fuir tous ces sangs impurs qui…
Harry n'écoutait plus. Il n'y avait qu'une seule personne qui pouvait pénétrer le repère sans son aide et qui était également apprécié de Madame Black.
Cette fois-ci, le silence n'était plus de rigueur. Il dévala les escaliers et atterrit dans le hall en moins de temps qu'il ne fallait à Coquecigrue pour faire le tour de sa cage. Le tableau se tourna vers lui et reprit son air grincheux, mais elle ne dit rien.
Gisant au sol, au milieu de la pièce, Draco Malfoy se tortillait sous l'assaut de milliers de lianes qui l'entouraient et l'empêchaient de parler. Lorsque le blond aperçut Harry, ses yeux s'écarquillèrent légèrement et il cessa de bouger.
- Alors c'est toi…, siffla le brun.
à suivre...
Est-il nécessaire de rappeler que la mort de l'auteur mettrait définitivement fin à cette fic ? :o
s'enfuit en courant La suite arrive ce week end promiiiiiiiiiiiiiis !!
Bisous !
RAR : Merci de tes encouragements Kousaidechi !! Je ne voudrais pas te faire pleurer à chaque chapitre dis donc, ce serait d'un triste ! lol J'espère que cette suite t'a plus. Bonne lecture !
