Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr.

Couple : HP-DM, RW-HG, et... surprise.

Résumé : L'Ordre est de nouveau au complet, avec Draco comme prisonnier. Les tentions apparaissent dans le groupe, comme une zizanie qui se faufile...

Petit post it : Un, deux, trois, soleil !

Un, deux, trois, soleil !

ohhh ! vous z'êtes z'ici ? D

Bon ok... faire l'enfant ne servira à rien. Je me dois d'être franche avec vous. J'ai eu un trou ! Un big trou ! Un trou dans lequel je n'arrivais pas à écrire... Donc voilà, la fic est restée en plan quelques temps... trop longtemps, je sais.

Mais regardez !! Voici la suite malgré tout ! Contre vents et marées. J'espère que vous vous souvenez de la fin du chapitre 6, et de tout ce qui s'était passé avant ! Bref, rien ne m'appartient, comme d'habitude. Les persos sont à JK, et même le chapitre ne m'appartient pas.

Non, ce chapitre appartient de pleins droits à Dray et Artemis qui m'ont bien poussé à en reprendre l'écriture.

Je le dédicace aussi (si vous le permettez) à une de mes plus fidèles lectrices : Real-or-Not. Merci beaucoup à toi.

Trois dédicaces, et... c'est parti ! Bonne lecture.


Chapitre 7 : Méfiance et jalousie.

La cuisine de Grimmaurd avait rarement été aussi silencieuse. Mais le pire était passé. Appelé en urgence par Lupin, la quasi totalité des membres de l'Ordre était venue. Le premier coup dur pour Harry avait été lorsque Ron et George, en apercevant Malfoy ficelé sur son siège au bout de la pièce, s'étaient jetés sur lui pour le rouer de coups.

Maugrey avait réussi à les arrêter avant que le blond ne s'évanouisse complètement. Patiemment, mais les sourcils froncés de dégoût, Hermione lui avait aussitôt appliqué une pommade sur son visage, sans rien mais n'en pensant pas moins.

Pendant ce temps, Molly Weasley s'était jetée sur Harry en lui reprochant d'avoir quitté sa chambre alors qu'il était blessé. A ces mots, Draco avait brièvement relevé la tête vers le brun, tandis qu'Harry tâchait de s'expliquer.

A présent, la tempête était passée, il n'en restait que quelques traces : les joues rouges de Draco et son œil au beurre noir, le regard haineux de Ron, celui gêné d'Harry, les poings de Molly qui n'avaient pas quitté ses hanches, et l'inquiétude dans les yeux de Lupin qui semblait perdu dans ses réflexions.

- Il se passe des choses au ministère, lança tout à coup Kingsley.

Tout le monde redressa la tête et le fixa, sauf Draco qui préférait se faire oublier.

- On a reçu des ordres de la part des langues de plomb.

- Depuis quand les langues de plomb donnent-ils des ordres aux…

- Depuis que Scrimgeour a décidé de leur faire confiance à eux plutôt qu'à nous, simples aurors, coupa Kingsley en se tournant vers un Maugrey révolté.

- Mais il l'était lui-même !

- J'ai l'impression que les langues de plomb font de plus en plus bande à part, expliqua l'homme noir. Tout le monde s'en méfie, et ils se méfient de tout le monde. Un notamment : Funestar. Il se balade souvent entre son bureau et celui de Scrimgeour. Ils savent des choses.

- Logique, fit remarquer Fred.

- Oui, mais ces choses ont l'air d'être capitales.

- Quels sont ces ordres que vous avez reçu ? demanda Lupin qui pensait à Tonks.

- On doit placarder des affiches à l'effigie de certains mangemorts pour mettre leur tête à prix. Et à bon prix.

Un silence suivit cette déclaration.

- Mais ils sont fous ! s'exclama enfin Arthur. Jamais Vous-Savez-Qui ne laissera faire ça ! Ils risquent de provoquer un malheur avec ça !

- Voldemort a quitté l'Angleterre, murmura Harry. C'est sans doute ça que les langues de plomb savent, et c'est sans doute pour ça qu'ils se permettent ça.

- Comment le sais-tu ? s'étonna Kingsley.

Un simple mouvement de tête en direction de Malfoy fit comprendre à tous la source de cette information.

- Tu fais aussi partie de la liste noire Malfoy ! lança Kingsley d'une voix grave et pesante. Si tu sais quelque chose, dis-le.

- J'ai déjà tout dit à Potter, assura le blond en redressant enfin la tête.

- Sais-tu combien vaux ta capture ?

- Oh moins dix mille gallions, non ? ricana le mangemort.

- Non, ça c'est pour ton père, répliqua l'auror.

Le blond perdit légèrement son sourire. Il n'avait revu ni son père ni sa mère depuis son retour parmi les mangemorts. Où étaient-ils ?

- Toi tu n'es qu'à quatre mille cinq-cents gallions. Je suppose que tu ne voudrais pas voir ce nombre augmenter n'est-ce pas ?

- Il dit la vérité, trancha Potter. Il m'a tout dit.

- Qu'il le répète donc devant tout le monde ! tempêta Ron. Allez la fouine !

- Voldemort a quitté l'Angleterre a la recherche d'un objet, soupira Draco.

- Quel objet ? demanda Maugrey étonné.

- Harry ! ça correspond avec ton rêve ! s'exclama Hermione.

- Quel rêve ? s'inquiéta Kinglsey qui n'était pas au Terrier lorsqu'Hermione en avait parlé aux autres.

La réunion prenait un tournant qui menait à la confusion générale. Harry se vit contraint de raconter sa vision, qui coïncidait effectivement avec le rapport de Draco. Beaucoup furent poser, des idées, des exclamations, quelques injures. L'assemblée (1) se poursuivit jusque tard dans la soirée. L'Ordre décida finalement de réintégrer Grimmaurd et de garder Malfoy prisonnier quelques temps. Malgré les informations qu'il avait apporté, la méfiance rodait encore autour de lui.

Puis, il fut l'heure de se préparer pour le transfert de Fleur. Ceux qui étaient désignés pour cette mission se mirent d'accord pour les derniers détails tandis que les autres se préparaient à passer une nuit blanche : personne n'avait réellement envie de dormir et tous voulaient être sûr que Fleur et ses gardes du corps allaient pouvoir faire l'aller retour sur la France sans complications.

Enfin, vers vingt-trois heures, Ron, Fred, Bill, Arthur, Maugrey, Kingsley et Lupin, firent leurs adieux momentanés aux autres avant de disparaître dans la cheminée. A peine furent-ils partit que George poussa un grognement et monta dans les étages sans répondre au regard triste de sa mère.

- Que se passe-t-il ? demanda Harry en s'approchant d'elle.

- Je ne suis pas au courant de tout, soupira-t-elle en se rendant à la cuisine. Je sais simplement que pendant que toi et Remus étiez en Ecosse, Fred et George se sont disputés assez fort.

- A quel sujet ? s'étonna Harry.

- Aucune idée ! Mais si la guerre les sépare, que…

Elle n'acheva pas sa phrase et secoua sa tête en essuyant quelques larmes avec un torchon. Harry s'approcha d'elle et tâcha d'émettre des hypothèses rassurantes.

Pendant ce temps, Draco avait été emmené par Hermione dans sa chambre. Ce n'est qu'une fois qu'il fut assis sur son lit qu'elle lui défit les lianes. Le blond frissonna de bien être. Si Potter était là, il l'aurait pris dans ses bras pour rattraper le retard d'affection prit lors de leur dernière… erreur.

- Tu as revu Snape ? demanda soudain Hermione d'une voix étrange.

Draco la fixa et ricana.

- Je suis un simple juxe-box à réponse en fait.

- C'est le rôle d'un espion, non ? Et puisque tu veux jouer l'espion pour nous, alors…

- Je l'ai revu, coupa Malfoy en s'allongeant sur son matelas. Et il vous embrasse tous très fort.

Il ferma les yeux, s'attendant à une gifle, un soupir, une insulte… Mais rien ne vient. Puis enfin, la porte se ferma et le déclic de la serrure se fit entendre. Cette Sang-de-Bourbe avait choisi la fuite. Ou peut-être avait-elle trouvé sa blague drôle mais qu'elle ne voulait pas rire devant lui. Draco ricana à cette idée.

Puis, il se mit à réfléchir. Quel genre d'espion était traqué par un camp et enfermé comme un rat par l'autre camp ? Que d'ironie dans sa situation ! Il n'était même pas libre de faire un choix. De façon plus précise, il n'était de toute manière même pas libre d'aller où bon lui semblait tant qu'il était enfermé dans cette maudite chambre.

Qu'aurait fait Snape ? C'était une question qu'il tâchait de se poser le plus souvent possible. Snape, le grand espion de Dumbledore, le bras droit deVoldemort, Mangemort de premier plan et ancien Maître de potions… qu'aurait-il fait s'il s'était retrouvé enfermé dans une chambre miteuse au sein du repère de l'Ordre du Phénix ? La vague idée de sauter par la fenêtre effleura Draco qui se rappela aussitôt qu'il était au quatrième étage…

Et il se refusait de toute façon à partir en mélodrame. Il se redressa donc sur son lit. Mais alors qu'il allait poser un pied par terre, il stoppa tout mouvement et tendit l'oreille.

Le parquet craquait… légèrement. Une foule de souvenirs pas si vieux lui revinrent, lorsqu'il vivait ici comme un habitant à part entière, avant de commencer ses erreurs à répétitions avec Potter. Lorsque ce dernier venait écouter à sa porte chaque matin avant d'aller faire sa promenade dans le parc.

Les mêmes pas, les mêmes craquements, et puis, le silence. Draco était sûr que le brun écoutait à sa porte. Il eut la brève envie de l'appeler, mais il se retint. Que faisaient les autres ? Potter allait-il entrer ? Légèrement sur les nerfs, le mangemort s'assit au bord de son lit et fixa la poignée.

De l'autre côté de la porte, Harry s'était simplement assis contre le mur, les jambes tendues devant lui, les mains sur ses cuisses entre lesquelles tournait sa dame de pique, et la tête légèrement en arrière, appuyé contre le mur, les yeux au plafond. Aucun bruit ne provenait de la chambre du blond. Que faisait-il ?

Alors qu'Harry rassurait Molly, il avait vu Hermione redescendre pour annoncer que Malfoy était bien enfermé. Il avait alors saisi la première occasion potable pour s'éloigner et venir s'asseoir ici. Rien ne se passait vraiment comme il le voulait.

Il aurait voulu ne jamais recoucher avec le blond. Il aurait préféré que jamais personne n'apprenne cette terrible erreur. Que pensait réellement Remus sous son air de consolateur ? Harry aimait profondément le lycanthrope depuis les moments difficiles qu'ils avaient partagés dans la grotte en Ecosse. Il ne voulait surtout pas le décevoir.

Il tourna légèrement la tête vers la porte. Avait-il envie d'entrer ? Non… Pas ce soir. Plus ce soir. L'affaire avait déjà été faite. Il aurait aimé sentir les bras du blond, avant d'aller attendre le retour de la mission pour Fleur. Mais non…

Rien n'était raisonnable en temps de guerre, encore moins l'amour.

Il se releva, sans bruit et rangea la carte dans sa poche. Evitant vainement les lames de parquet craquantes, il redescendit au sous-sol, où les autres discutaient devant une tasse de thé. L'ambiance y était plus tendue.

- Harry, tu devrais aller dormir ! lui reprocha Molly. Je te rappelle que ta hanche n'est pas encore soignée !

- Pomfresh revient demain, elle nous dira ce qu'il en est, la rassura Potter.

- Au fait, comment va Giny ? lança Hermione pour changer de conversation.

- Le dernier hibou que nous avons reçu d'elle était plutôt positif, répondit Molly Weasley après un dernier avertissement du regard à Harry. Il semble que Minerva soit une excellente directrice pour Poudlard.

- Aucun doute ! acquiesça Tonks qui était arrivée après le départ de la mission. Mais elle devrait tout de même accepter que certains aurors fassent une ronde la nuit dans les couloirs. Ça rendrait les familles moins anxieuses.

- Crois-tu qu'une poignée d'aurors suffirait à protéger nos enfants ! s'emporta Molly.

Elle-même étonnée par son ton de voix élevé, la mère des Weasley se laissa retomber sur son siège dans un soupir.

- Pardonne-moi Nymphadora, murmura-t-elle en s'épongeant les yeux. Je supporte de moins en moins cette situation. Une première guerre, c'était déjà trop. Une deuxième, et avec mes enfants en plus ! Je ne supporte pas… Ils sont tous éparpillés ! poursuivait-elle les larmes aux yeux. L'un au ministère, l'autre je ne sais où, trois autres en mission risquée, une à l'école, deux qui se font la tête et un dernier qui se balade dans une grotte avec une hanche cassée !

Elle finit par fondre en larme sur la table. Aussitôt, Hermione et Tonks se levèrent et la prirent dans leurs bras. Harry avait été choqué en entendant sa description à la suite de celles des fils Weasley. Cette femme le considérait donc vraiment comme son propre fils. Il se pencha en avant et prit une main de Molly entre les siennes. Elle finit par se calmer, s'excusa une nouvelle fois, et se leva en leur souriant pour aller faire un peu de vaisselle.

Harry se sentait de plus en plus fatigué. Mais il refusait de quitter cette cuisine où une partie de sa famille se trouvait. En croisant les bras sur la table et en y posant sa tête, il eut une brève pensée pour Malfoy, tout seul, là haut, au quatrième, loin au-dessus d'eux, et loin de tout…

oOoOoOoOoOoOo

Rien n'aurait pu qualifier l'expression de Severus Snape à ce moment précis. Quelques adjectifs pourraient s'en approcher : une mine dégoûtée, furieuse, écœurée, irritée… En tout cas, parfaitement décourageante pour un quelconque interlocuteur.

Sauf peut-être pour Lucius Malfoy qui se tenait présentement sur son perron. Le brun finit par s'écarter et laissa le blond entrer dans son humble demeure. Une fois la porte refermée sur le vent sifflant qui prolongeait la nuit dehors, un silence pesant s'installa. Malfoy s'installa directement dans un fauteuil, sans même y être invité. Snape, habitué aux façons peu obligeantes de son ancien camarade d'école, se dirigea vers un buffet d'où il sortit deux verres qui se remplir d'un liquide ambré d'un claquement de doigt.

- Ton service est toujours aussi prompt mon cher, remarqua Luciu, un brin ironique.

- Je te prierai de me faire part de la raison de ta venue au plus vite, répliqua Severus sans relever la pique. D'autres affaires autrement urgentes m'attendent.

- Evidemment, siffla le blond en plongeant dans son verre.

Un nouveau silence s'abattit sur eux alors qu'ils buvaient. Et soudain, se fut l'explosion. Lucius reposa sèchement son verre sur la petite table du salon, se leva et se planta face à Snape. Depuis le retour de Draco parmi les Mangemorts, ce dernier s'attendait à une visite de ce genre, il ne fut donc pas surpris par le discours du blond :

- Je suppose que tu es fier de toi n'est-ce pas ? C'est mon fils tu entends ? MON fils ! De quel droit l'héberges-tu ? De quel droit l'entraînes-tu dans les réunions privés de notre Maître ? Bella m'a tout raconté figure-toi ! Qu'est-ce que tu lui as fait faire chez cet imbécile de Slughorn ? C'est mon fil Snape, et je compte l'élever comme bon me semble !

- Comme un lâche, murmura simplement Severus en s'écartant de Lucius.

- Bien au contraire ! suffoqua Malfoy en le suivant. Comme un Malfoy !

- C'est bien ce que je dis, siffla Snape en se tournant à nouveau vers lui. Tu n'es plus rien Lucius, plus rien. Pourquoi crois-tu que notre Lord ne te donne plus de missions ? Pourquoi crois-tu que le seul ordre qu'il t'ait donné ces derniers temps est de rester enfermé chez toi ?

- Peut-être parce que je ne suis pas encore passé entre ses jambes moi !

La gifle claqua dans l'air comme le coup sec d'un élastique sur un mur froid.

- Sais-tu qui tu viens d'insulter ? susurra Snape dont la main piquait encore.

Lucius sortit sa baguette en même temps que lui. Les deux hommes se fixèrent de leurs regards en feu. Aucun d'eux ne souhaitaient cette bagarre, aucun d'eux ne voulaient mourir si bêtement. Mais les deux étaient profondément blessés.

La rancœur et la jalousie de Malfoy ressortait jusque dans ses moindres mouvements de sourcils. La colère de Snape vibrait jusqu'au bout de ses doigts.

- Tu m'as volé ma place auprès de Lui, siffla Lucius. C'était moi son bras droit.

- Jusqu'à ce que tu fasses l'erreur de briser la prophétie, répliqua Snape sur le même ton. Tu sais très bien qu'il ne te pardonnera jamais cette erreur.

- Je vois clair en ton jeu Snape. Tu veux faire de Draco ton successeur n'est-ce pas ? Le placer au plus haut pour que moi je me sente encore plus bas !

- Je ne veux que le meilleur pour ton fils, et tu devrais en faire autant !

- Je ne te laisserais pas faire !

- Je sais très bien que tu ne me laisseras pas faire, siffla Snape en tournant sa baguette entre ses doigts. Mais j'ose espérer que tu n'iras pas jusqu'à contrecarrer les plans de notre Maître.

Cette phrase fit son effet. Evidemment. Même si Malfoy rêvait de reprendre sa place, même s'il enrageait de voir son fils monter les grades si vite auprès de leur Seigneur, jamais il n'oserait défier le Lord Noir. Il baissa sa baguette et la rangea dans sa canne d'un mouvement sec. Snape en fit autant, sur ses gardes.

- J'espère que mon fils prendra plaisir à vivre dans ce taudis, siffla-t-il en se dirigeant vers la porte.

- J'en suis certain, répondit tranquillement Severus.

La porte claqua et le silence revint. Jalousie et aristocratie ne faisaient décidément pas bon ménage. Severus jeta un sort sur les verres de cognac qui retournèrent dans leur placard en s'autonettoyant. Il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil vers la pendule et ressentit une pointe d'inquiétude en voyant que Draco avait quitté son domicile depuis plus de treize heures. Etait-il toujours avec l'Ordre ? Etait-il en sécurité ?

Il monta vers sa chambre en songeant à l'accusation de Lucius qui revenait sans cesse lors de leur dispute. "Je ne suis pas encore passé entre ses jambes moi !"

La porte de sa chambre se referma sur lui dans un claquement sec.

oOoOoOoOoOoOo

- Harry ! Mione ! On a réussi !

Harry, toujours endormi sur ses bras dans la cuisine du 12, square Grimmaurd, sursauta en même temps qu'Hermione. Ses yeux encore fripés de sommeil s'ouvrirent en grand lorsqu'il vit Fleur Delacour entrée dans la pièce en souriant.

- Hello ! s'exclama-t-elle en se jetant sur lui.

Hermione quant à elle, se jeta dans les bras de Ron qui venait de les réveiller.

- Il n'y a pas eu de problèmes ? demanda Tonks en s'approchant de Remus.

- Non, aucun, répondit celui-ci un peu gêné de la voir.

- Ils ont été formidables ! assura Fleur en riant.

Molly lui jeta un coup d'œil étrange, mais sourit à la vue de Bill qui lui tenait la main. Puis elle se dirigea joyeusement vers le plan de cuisine pour faire quelques petites choses à grignoter. Le mariage de Bill et Fleur avait finalement été annulé. L'été suivant la mort de Dumbledore, la jeune femme était retourné chez ses parents et n'en était pas revenue depuis. C'était Bill qui avait fait les allers-retours en France pour voir sa fiancée le plus souvent possible. Le temps était passé, et un mariage avait semblé de plus en plus incongru. Ils étaient fiancés, cela suffisait pour l'instant.

Harry, enfin libéré de l'étreinte de la vélane, aperçu Fred monter les escaliers. Il fut brièvement tenté de le suivre, pour savoir ce qu'il se passait entre lui et George, et aussi, peut-être, pour continuer plus haut… vers le quatrième étage…

Là haut, il ouvrirait la porte de la chambre de Malfoy. Le blond devait sans doute être déjà couché. Il n'avait rien de mieux à faire. Peut-être même dormirait-il. Harry s'approcherait du lit en retirant son tee-shirt, sans un bruit.

Toujours en silence, il laisserait son pantalon glisser jusqu'au sol et ôterait ses chaussures et ses chaussettes. Malfoy n'aurait pas bouger, lui tournant le dos. Le blond aurait forcément senti sa présence, mais même lorsque Harry écarterait les draps, il ne bougerait pas. Le brun se coulerait contre son dos pâle, rabattant les draps sur eux. Il se collerait à lui et passerait un bras par-dessus la fine hanche du mangemort.

Il lui murmurerait sans doute des choses à l'oreille : "tu dors ou tu fais semblant ?"Draco grognerait une réponse maladroite… Ou plutôt non, il se retournerait doucement dans les bras d'Harry et ouvrirait ses pupilles grises pour fixer le visage serein de son envahisseur. La faible lueur de la lune éclairerait la pièce par la petite fenêtre de la chambre. Harry poserait une main sur la joue de Malfoy et n'hésiterait qu'une seconde avant de s'avancer pour déposer ses lèvres sur leurs jumelles. Le baiser serait… langoureux… ou un brin sauvage.

Oui, un brin sauvage. Un baiser qui les ferait gémir et réclamer muettement une nouvelle erreur, de nouvelles caresses… de… de nouveau…

- Harry !!

Potter sursauta et tourna la tête vers la voix qui l'appelait. Il avait suffit de quelques secondes pour qu'il s'endorme debout, dans un coin de la cuisine.

- Et ben ? Tu dors ? se moqua Ron en s'approchant de lui. Mon vieux, tu devrais aller te coucher, non ?

- Oui, tu as sans doute raison, répondit Harry d'une voix légèrement rauque. Tu m'appelais pour ça ?

Harry vit aussitôt la lueur sombre qui passa dans les yeux de son ami. Ils étaient un peu en retrait des autres. Ron se pencha vers lui et l'observa avant de lui répondre.

- Non, j'aurais aimé qu'on parle. Ça fait longtemps qu'on ne sait pas retrouver tous les deux. Tu vois ?

Harry hocha la tête. La dernière fois que Ron et lui avait été ensemble tranquillement, c'était lors de leur mission au centre de Londres. L'arrivée de Malfoy dans leur chambre d'hôtel les avait séparé, puis la mise en couple du rouquin avec Hermione, et pour finir, la mission d'Harry avec Lupin en Ecosse. Ils avaient donc en effet eu peu de temps pour parler.

- On va dans ma chambre ? proposa le brun.

Ron acquiesça. Il jeta un coup d'œil à Hermione qui les observait de loin et qui leur fit un clin d'œil, comme pour dire : allez-y, je vous rejoins plus tard.

Les deux jeunes hommes montèrent donc au deuxième étage et se laissèrent tomber sur le lit d'Harry.

- Tu vas bien ? attaqua aussitôt le rouquin.

Le brun pesa lourdement la question, et sentit toutes les autres questions cachées derrière celle-ci. Il regarda son ami en souriant et finit par hocher la tête.

- On a plus que deux horcruxes à trouver, et on est sur le point de détruire celui de la grotte. Voldemort est parti, ça donne un peu l'impression d'être en vacances, non ?

- Ouais, je suis d'accord, rigola Ron. Même si on doit rester sur nos gardes avec cette histoire d'affiches. A mon ais, ils ne vont pas aimer.

- Certainement pas, non. Le ministère ne réfléchit pas beaucoup.

- Qu'en pense Malfoy ?

Sans savoir réellement pourquoi, cette question dérangea profondément Harry. Il sentait que là encore, Ron mettait une foule de questionnement derrière, comme s'il cherchait à lui faire avouer quelque chose. Est-ce que Remus avait parlé ? Non… Est-ce que Ron se doutait de quelque chose ? Encore moins, il ne connaissait même pas les préférences sexuelles d'Harry et restait persuadé que son ami était encore amoureux de sa petite sœur.

- Aucune idée.

Là encore, le regard du rouquin se vrilla légèrement.

- Je sais pas comment te dire ça Harry… Mais ça m'emmerde vraiment qu'il soit revenu.

Le ton était clair. Ronald Weasley avait toujours cordialement détesté Draco Malfoy, et visiblement, c'était loin d'avoir changé.

- Combien de fois a-t-il insulté ma famille ? Et Hermione ?

Le rouquin se tut. Il y allait par petite dose. Il finirait par sortir tout ce qu'il avait sur le cœur, mais par petite dose. Il y avait trop à dire sans doute.

- Je ne peux pas comprendre qu'on puisse ne serait-ce que supposer sa fiabilité.

Harry baissait les yeux. Il aurait dû s'attendre à un dialogue ouvert avec Ron. N'avait-il pas laisser partir le blond sciemment, et sans en parler aux autres ? N'avait-il pas en quelque sorte trahi la mission qu'il avait avec le rouquin ?

- Soit on le garde enfermé ici jusqu'au bout, soit on le relâche définitivement, comme Snape. Les espions pas fiables, ce sont des parasites.

Le brun releva la tête et le regarda.

Oui, un parasite… Un parasite au corps de rêve qui lui collait drôlement à la peau. Que faire alors ? Que dire ?

La porte de la chambre s'ouvrit soudain et Hermione apparut dans l'encadrement.

- Je peux rentrer ? demanda-t-elle d'une petite voix.

Devant le manque de réaction des deux garçons, elle prit la décision elle-même et referma la porte sur elle. Puis, elle vint s'asseoir auprès d'eux.

- Fleur est complètement excitée, lança-t-elle d'une voix légère. Elle a l'air de dire qu'elle préfère l'air de Londres que celui de sa campagne natale.

Harry lui fit un sourire triste, et Ron baissa les yeux vers la couette.

- Ta mère a l'air de l'apprécier finalement, non ?

- Oui, je crois, grommela Ron.

Harry soupira. Il devait se défendre et répondre. S'expliquer. La présence d'Hermione lui donnait du courage.

- Ron, je ne fais pas confiance à Malfoy, je n'arrive pas à le croire. Je suis comme toi : il nous a trop insulté pour qu'on lui accorde tout crédit du jour au lendemain. Mais je suis aussi réaliste : combien de chance avons-nous de gagner cette guerre sans espion ?

Hermione approuva légèrement de la tête, comme pour l'encourager. Ron gardait la tête baissée, obstinément.

- Tu dois reconnaître qu'il nous a apporté plusieurs informations importantes ce soir, ajouta Harry.

- Il en apportera autant à son Maître.

- Nous n'avons rien dit d'important devant lui, fit remarquer Hermione.

- De toute façon, c'est pas moi qui décide, n'est-ce pas ? lança Ron en se redressant. Harry, quand est-ce que tu repars en Ecosse ?

- Je ne sais pas, avoua le brun, heureux lui aussi de changer de sujet. Je pense que ça dépendra de ce que Pomfresh dira de ma hanche demain matin.

- Ok. En tout cas, on t'accompagnera avec Lupin.

- Pas question !

- Si Harry, dit Hermione à son tour. Il pourrait y avoir d'autres strangulots dans le lac et nous ne serons pas trop de quatre pour nous en défaire.

- Malfoy a dit que les lieux étaient surveillés ! Ce ne serait pas prudent de…

- Voldemort n'aurait jamais fait surveiller la grotte si Malfoy n'avait pas vu nos plans à l'hôtel, fit soudain remarquer Ron en descendant du lit.

Il resta ainsi debout en silence quelques secondes, défiant Harry de dire le contraire.

- Donc nous viendrons avec vous, c'est tout.

Le brun hocha la tête, sans savoir quoi répondre. Pourront-ils tenir à quatre adultes sous la cape ? Rien n'était moins sûr.

- Allez, il faudrait qu'on dorme un peu, lança Hermione en se levant à son tour. Pomfresh vient assez tôt demain. Bonne nuit Harry !

- Bonne nuit à vous deux.

Ron lui fit un léger sourire. Il semblait s'être décontracté lorsque le brun avait accepté qu'ils viennent en Ecosse. Le couple quitta la chambre et Harry se retrouva seul.

Au sous-sol, la cuisine se vidait petit à petit. Seuls Bill, Fleur, Arthur et Molly finirent par rester pour discuter, en famille, heureux de se retrouver. La bonne humeur de la vélane se communiquait facilement et les traits de Molly semblaient rajeunir peu à peu.

Au premier étage, la chambre des jumeaux était étonnamment silencieuse, et aucune lumière ne filtrait sous leur porte. Juste à côté, Remus et Tonks discutaient encore et toujours de leur relation si problématique selon le loup-garou.

Mais bientôt, le silence de la nuit creusa sa tanière dans toutes les pièces. L'ombre envahit tout, recouvrit tout. La journée avait été longue.

Au quatrième étage, un jeune homme blond regardait les feuilles d'un arbre trembler par sa fenêtre. Contrairement à ce qu'Harry avait imaginé, Draco ne s'était pas couché. Loin d'avoir sommeil, le mangemort ne s'était jamais senti si éveillé. Le monde entier se méfiait de lui : Potter, le Lord, tout l'Ordre, tous les Mangemorts et même Snape. Il songeait à ses parents, quelque part en Angleterre, peut-être à Londres…

Allait-il passer toute la guerre ainsi ? Ballotté entre deux mondes, deux univers ? Allait-il seulement vivre toute la guerre ? La nuit qui tombait lui sembla bien lourde à porter pour un homme de dix-huit ans à peine. Il soupira et alla s'allonger tout habillé sur son lit avec pour seul drap les reflets de la lune dansant sur sa silhouette.

à suivre


(1) merci beaucoup à Yumenokuni pour ce mot ! xD

Voilà ! Que vous dire de plus ? Que la suite arrive bientôt ? Me croirez vous ? Vous devriez... Mes cours à la fac vont reprendre lundi, mais maintenant que je suis relancée, ça va venir plus facilement.

Au prochain chapitre... vous en saurez un peu plus sur les raisons qui font que les jumeaux se sont fâchés, et un pas sera fait entre Harry et Draco. On en saura plus aussi sur Snape. hé hé

Alors à bientôt et merci d'être encore là !! Bisous !!