Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr.
Couple : HP-DM, RW-HG, et... surprise.
Résumé : Une fois le transfert de Fleur réussi, l'ambiance à Grimmaurd semblait s'être détendue quelque peu. Mais c'est sans compter la présence d'un mangemort parmi l'Ordre. Quel est ce trouble qui règne autour de la maison des Black ?
Petit post it : Bien le bonjour ! Voici donc le chapitre suivant... Vous allez me détester... toujours pas de lemon ici. Désolée, mais je ne m'imagine pas voir la relation de Draco et Harry évoluer tant qu'aucun "clash" n'a eu lieu entre Harry et Ron. Vous allez comprendre en lisant je pense...
J'espère que ça va vous plaire ! Bonne lecture !
Chapitre 8 : Les ravages de la guerre.
Hermione n'ouvrit pas les yeux lorsqu'elle entendit Ron se lever alors que le soleil ne perçait pas encore les volets de Grimmaurd. Elle l'écouta simplement s'habiller et sortir de leur chambre. Le rouquin était inquiet, pour eux, pour Harry, pour sa famille, pour le monde entier. Elle se plaça sur le dos et fixa enfin le plafond, les yeux grands ouverts.
Que pouvait-elle faire ? Elle sentait que l'amitié entre son petit ami et Harry s'effritait, à grand pas. La dernière fois qu'elle les avait vu complices, c'était lorsqu'ils étaient partis à Londres pour leur mission.
Après, elle avait vu Ron revenir, seul, pour expliquer que Malfoy était venu les voir pour parler avec Harry. Ce soir-là, le rouquin avait montré un caractère explosif qu'on lui voyait rarement. Et par la suite, même après le retour d'Harry à Grimmaurd, c'était comme si l'ombre imposante de Malfoy planait entre eux.
La jeune femme sentait que quelque chose s'était passé. Quelque chose qu'elle ne comprenait pas… mais qu'elle éluciderait.
Dans les couloirs, les pas posés de Ron faisaient grincer chaque lame de parquet. Il descendait au plus bas de la vieille maison des Black, au sous-sol, dans la cuisine, où se trouvait déjà deux personnes matinales comme lui.
- Bonjour Ronald, lança Pomfresh dans un sourire.
- Ah Ron, mon chéri, lui sourit Molly.
- 'Jour, murmura le rouquin en se laissant tomber sur une chaise.
- Vous vous levez bien tôt, fit remarquer l'infirmière.
- C'est parce que je veux voir Tonks avant qu'elle ne reparte pour le ministère. Elle est toujours là non ?
- Oui, j'ai vu qu'elle avait dormi dans la chambre de Remus, confia Molly.
- Oh ! Les choses s'arrangeraient-elles entre eux ? s'étonna Pompom.
- Je l'espère, je l'espère !
Le ton de minauderie de sa mère fit soupirer Ron. L'histoire de Tonks et Remus faisaient beaucoup parler l'Ordre depuis la mort de Dumbledore et leur déclaration à l'infirmerie de Poudlard. Il y avait des hauts et des bas, comme disait souvent Ginny.
Il attrapa un bol et se versa un peu de chocolat chaud.
- Et pourquoi veux-tu la voir ? demanda soudain Molly en faisant griller des toasts.
- Un truc à lui 'mander, répondit Ron la bouche contre son bol.
- Quel truc ?
- Maman ! ça me regarde.
Molly fronça les sourcils et commença à lui faire la morale sur les devoirs d'un fils envers sa mère, laissant le soin à Pomfresh d'entrecouper son discours par quelques hochements de tête. Ron fut sauver par une explosion au-dessus de leur tête :
- ENCORE CE LOUP-GAROU ET CETTE….
- Silence vieille pie !!
La première voix était bien entendu celle de la mère de Sirius. Ron sortit de table, laissant son bol encore chaud pour monter vers le hall. Car la deuxième voix appartenait à celle pour qui il s'était levé si tôt.
- Tonks ! appela-t-il en arrivant en haut des escaliers.
- Elle vient de sortir Ron, l'informa Remus. Elle ne voulait pas…
- Merde !
Ronald savait que l'auror transplanait dans le parc à côté. Il ouvrit la porte et aperçu en effet la silhouette fine de la jeune femme qui traversait la rue.
- Tonks ! appela-t-il une nouvelle fois en sortant dehors.
L'auror se retourna et lui sourit. Malgré le froid et une légère bruine, Ron referma la porte et sortit dans la rue. Ils étaient en sécurité ici. Maugrey et Kingsley avaient jeté de nombreux sorts de détections de magie noire autour du repère de l'Ordre. Et particulièrement sur le parc où Harry aimait se rendre.
C'est là que Ron rejoignit Nymphadora, près d'un gros arbre centenaire. Il fut frappé par la couleur de ses cheveux : des mèches noires zigzaguaient dans une couleur rouge assez sombre.
- Euh… ça va ? lui demanda-t-il.
- Oui ! répondit Tonks en souriant. Et toi ?
- Je voulais te demander un service.
- Je t'écoute.
- J'ai arrêté Poudlard il y a deux ans pour suivre Harry et l'Ordre, mais maintenant je regrette. Je vois Ginny qui elle a continué et qui est maintenant en septième année, et quand elle nous parle de ses cours, je trouve ça tout à coup génial.
- Ouais, c'est souvent quand on perd quelque chose qu'on…Euh, mais comment je peux t'aider ? s'étonna l'auror.
- Je voulais finir mes études pour être auror, expliqua Ron. Je n'ai pas changé d'avis, je veux toujours être auror.
- Sans ASPIC ça risque d'être difficile.
- Je sais, mais est-ce que tu accepterais de me prendre quand même près de toi ? Pour faire un genre de… euh… stage si tu veux.
Nymphadora Tonks éclata de rire mais redevint sérieuse rapidement.
- Tu en as parlé à tes parents ?
- Ecoute, je suis majeur non ? Et j'en ai marre de ne rien faire ! Je veux bouger.
- Ok, ok. Ecoute, je vois ça avec Kingsley ce matin et je reviens à midi pour te dire.
Ils se sourirent pour marquer leur entendement et l'auror disparut dans un léger tourbillonnement de feuilles. Ron retourna entre les murs réchauffés de la maison sans rien laisser paraître aux autres.
Pendant son absence, la cuisine s'était vue étoffée de deux nouveaux membres : Remus qui paraissait avoir aussi mal dormi que lors d'une pleine lune, et George qui s'était installé dans un coin avec son bol et qui écrivait quelque chose sur un petit parchemin.
- Ron, je n'aime pas quand vous sortez dans le parc, gronda Molly lorsqu'il entra.
- Tonks était avec moi et…
- Je pourrais avoir des toasts ? coupa George en relevant brièvement la tête.
D'un mouvement souple et agacé de sa baguette, Molly Weasley envoya trois toasts près du bol de son fils. Pomfresh choisit cet instant pour se lever.
- Bien, je vais voir Harry.
- Il dort encore je crois, prévint Remus.
- Alors je le réveillerai ! Je dois repartir à Poudlard au plus vite. Si vous saviez le nombre de Serpentard que je reçois chaque jour à l'infirmerie !
La petite bonne femme quitta donc la cuisine, laissant les autres se douter fortement de l'origine de toutes ces blessures serpentardes. Elle monta l'escalier qu'elle commençait à bien connaître, et arriva enfin face à la porte d'Harry. Lorsqu'elle frappa, un grognement sourd lui répondit. Elle entra donc sans façon.
- Debout paresseux ! s'exclama-t-elle. Je dois t'examiner.
Harry Potter était le seul élève de Poudlard, ancien élève qui plus est, que Pompom se permettait de tutoyer. Elle l'avait tellement vu dans un de ces petits lits blancs de l'infirmerie, elle lui avait donné tant de potions et jeté tant de sorts guérisseurs, qu'elle avait fini par s'accorder cette petite familiarité.
Le brun sortit la tête de sous son drap, les cheveux ébouriffés et les yeux ronds comme ceux d'une chouette. L'infirmière, sans gêne et sans pitié, tira la couette d'un seul coup.
- Allez, zou ! Sur le côté !
- Hey ! s'exclama Harry. J'aurais pu être tout nu !
- Je sais parfaitement que tu dors toujours avec ce même pyjama bleu rayé et trop grand pour toi. Montre-moi donc ta hanche. Est-ce que tu as encore mal ?
- Non, grogna le brun en grimaçant pourtant sous les doigts experts de la femme qui appuyait exactement où ça le lançait encore.
- Tu as forcé hier alors que tu devais rester tranquille.
- Je n'ai rien fait à part marcher ! protesta Harry qui prit aussitôt une teinte rosée.
Bien sûr qu'il avait fait autre chose… mais Pomfresh n'était pas censée le savoir après tout. Ces pensées le mena aussitôt sur un terrain où des questions à la pelle glissaient lentement. Où était Malfoy ? Toujours dans sa chambre ? Qu'allait-il faire ? Et lui, Harry Potter, que pouvait-il faire ?
- Bon, lança l'infirmière en refermant sa petite trousse après quelques minutes. Ça devrait aller en s'arrangeant. Mais s'il te plaît, ne t'agite pas et ne retourne pas dans cette grotte avant mon feu vert total.
Harry grogna son consentement en s'asseyant au bord de son lit. Pomfresh sortit enfin, laissant derrière elle un parfum d'ambroisie et de flacons d'éther. En s'habillant, le brun ne parvint qu'à une seule conclusion : pour avoir des réponses à ses questions, il suffisait qu'il reprenne sa vieille habitude d'aller écouter à la porte de Malfoy chaque matin.
Ainsi, au lieu de descendre directement vers la cuisine, il monta au dernier étage. En faisant le moins de bruit possible, il alla jusqu'à la porte du blond et colla son oreille contre le battant. Exactement comme la veille, lorsqu'il était monté après qu'Hermione ait enfermé le mangemort, il n'entendit rien, pas un souffle.
Il avait envie d'ouvrir la porte. Il suffisait de tendre la main vers ce verrou, le tourner et entrer.
Mais un bruit dans l'escalier le retint. Il tourna aussitôt la tête et se redressa.
- Harry ? C'était Hermione.
- Salut Mione, murmura le brun en s'éloignant de la porte. Bien dormi ?
- Oui, répondit la jeune fille. Je venais faire descendre Malfoy.
Un silence s'installa entre eux. Il était clair que la jeune femme se demandait ce que son ami faisait ici, dès le matin. Mais Harry se contenta d'hocher la tête et de lui céder la place. Il soupira intérieurement tandis qu'il redescendait vers la cuisine.
A l'étage, Hermione secoua la tête et fit tourner le verrou avec prudence, sa baguette en main. Elle ouvrit en grand la porte et sursauta : Malfoy était debout, habillé, face à la fenêtre, les mains dans le dos, dans une attitude très passive. Il se retourna à son entrée.
Le masque parfait des Malfoy était de retour. Si la veille encore il s'était permis un humour grinçant à propos de Snape, et même une lueur de crainte face à l'Ordre au grand complet, il semblait avoir récupéré toute son acidité pendant la nuit.
- Tu n'as pas dormi ? s'étonna Hermione.
Le blond eut un rictus et regarda la baguette tendue vers lui.
- Au contraire Granger, j'ai dormi comme une masse.
La brune fronça les sourcils et s'écarta de la porte pour le laisser passer.
- Tu peux descendre pour manger, annonça-t-elle.
- Trop d'honneur, répliqua le blond en sortant de la chambre.
Ils descendirent doucement, méfiant l'un envers l'autre. Personne ne pipa mot lorsque le blond entra dans la cuisine. Ron se leva simplement pour porter son bol dans l'évier et quitta la pièce. Harry, qui venait d'arriver, hésita un court instant entre son petit déjeuner et l'amitié qu'il avait pour le rouquin. Il observa le blond, tâchant de lire ses réponses sur le visage pâle du mangemort. Mais finalement, il sortit rejoindre Ronald.
Le blond s'installa au milieu de la table, face à Hermione qui lui fit passer quelques toasts. En bout de table, George lui jeta un simple coup d'œil avant de retourner dans l'écriture de ce qui semblait être une lettre.
Dans les couloirs au-dessus de leur tête, des éclats de voix leur parvinrent. Tout le monde se regarda. Les voix d'Harry et de Ron étaient parfaitement reconnaissables, mais personne ne parvenait à comprendre ce qu'ils se disaient.
Seul Draco mâchait tranquillement ses toasts, les trempant dans son lait chaud sans rien dire. Fleur entra dans la cuisine en robe de chambre de satin.
- Et ben, quelle ambiance au-dessus ! lança-t-elle d'une voix joyeuse.
Malgré le côté inutile et malvenu de cette intervention, c'est ce qui relança tout le monde. Molly reprit sa distribution des toasts d'un air soucieux, Hermione se servit du café en tendant l'oreil pour essayer de savoir ce que son petit ami et Harry se disaient, George plia sa lettre, et Remus attrapa le pain.
- Bill dort encore, crut bon de préciser Fleur. Un vrai bébé !
- Je remonte, annonça George en se levant.
- En passant, dis-leur de se calmer ! lança Molly.
- Sûrement pas, répondit son fils en disparaissant dans les escaliers.
- Mais…
- Laisse Molly, coupa Remus gentiment. Je crois que ça leur fait du bien de discuter.
- Discuter ? ricana une voix froide.
- Malfoy, on t'a pas sonné, répliqua aussitôt Hermione.
Le blond reposa son bol avec délicatesse et darda son regard gris perle sur la jeune fille. Un fin sourire mesquin apparu sur ses lèvres. Granger finit par baisser le regard. Ce petit aristo arrogant savait quelque chose qu'elle ne soupçonnait même pas, elle en était sûre. Les questions qu'elle s'était posée au tout début, lorsque Malfoy était parti rejoindre Harry et Ron, ces questions-là la tenaillaient toujours.
- Joue pas au malin Malfoy et mange tranquillement, lança soudain Remus d'une voix étonnamment élevée qu'on ne lui connaissait pas.
Au même instant un grand bruit leur parvint.
- Mon dieu ! Ils se battent ! s'exclama Molly en commençant à courir vers les escaliers.
- Non !
Remus se leva et la rattrapa dans le hall. Là, les coups leur parvenaient bien plus nettement que depuis le sous-sol. Les coups, et les insultes qui allaient avec…
- Salopard, tu… aïe !
- Tu fais pas le poids Harry…hey !
- Lâche-moi !
- Connard !
Molly ne retenait plus ses larmes. Remus la força à redescendre dans la cuisine. Fleur s'était éloignée de l'escalier, vers le buffet de la vaisselle, comme pour se protéger. Hermione fixait toujours Malfoy, comme s'il était le responsable de cette bataille. Molly se laissa tomber sur une chaise en pleurant.
- Il fallait que ça éclate, murmura Lupin pour l'encourager. Il le fallait. Depuis leur retour de mission, quelque chose ne va pas. C'est sans doute…
Personne ne sut jamais ce que pensait le loup garou : Harry Potter venait d'entrer en boitant dans la cuisine, une main appuyée contre le mur pour s'aider à marcher, l'autre sur sa joue enflée.
- Remus ! lança-t-il d'une voix déterminée. Je veux retourner dans cette putain de grotte. Maintenant !
- Elle est surveillée, rappela Malfoy d'une voix neutre.
- Ta gueule toi ! hurla le brun.
- Harry, ta hanche…, commença Hermione.
- C'est rien. Par contre, tu devrais aller voir Ron. Il saigne du nez.
La jeune femme se leva aussitôt et sortit après avoir attrapé la petite mallette contenant de quoi apporter les premiers soins aux blessures légères. Depuis la réponse qu'Harry avait fait à sa mise en garde, Malfoy ne mangeait plus, ne buvait plus. Il se contentait de fixer la table d'un regard mauvais.
- Tu n'as pas mangé, fit soudain remarquer Molly en direction d'Harry.
Elle se leva aussitôt et s'agita autour de la table pour lui donner un bol, des toasts et de la confiture. Harry s'installa et grignota légèrement. Après la bruyante conversation qu'il venait d'avoir avec Ron, la maison semblait étrangement silencieuse. Il s'en voulait, terriblement. Il n'aurait pas du sortir à sa suite. Il aurait dû rester dans la cuisine pour prendre son petit déjeuner avec Malfoy et les autres.
Il jeta un coup d'œil à la mère de son meilleur ami. Elle avait pleuré. Pourquoi continuait-elle à s'occuper de lui alors qu'il venait peut-être de casser le nez à son fils ? Le considérait-elle comme l'un des leurs à ce point ?
Harry avait juste voulu parler avec le rouquin. La veille lorsqu'ils avaient discuté avant de se coucher, il lui avait semblé qu'ils avaient fini par se mettre d'accord, tacitement, pour travailler ensemble à la recherche de l'horcruxe de la grotte.
Seulement le rouquin avait visiblement changé d'avis durant la nuit. Voilà comment leur dispute avait commencé. Ron avait fini par l'accuser de différentes choses dont le fait qu'il n'ait pas pu finir sa scolarité. Harry s'était attendu à de telles accusations. Il savait également que leur amitié s'était fragilisée ces derniers temps. Peut-être n'était-ce pas plus mal que l'abcès ait crevé.
- Qui surveille la grotte ? demanda soudain Remus.
Malfoy redressa lentement la tête et fixa son ancien professeur.
- Pourquoi continuez-vous à me poser des questions alors que vous n'avez pas confiance en moi ?
- Réponds Draco.
Seules Molly et Fleur tiquèrent sur le prénom utilisé par Harry. Lupin se contenta de remarquer que le regard du blond avait légèrement vrillé.
- Lestrange, répondit-il d'une voix monocorde. Les deux, précisa-t-il.
- Voldemort a le béguin pour ta famille ? ricana Harry.
- Très drôle Potty. Mais attention, j'aurai pu vous raconter des conneries. Si ça se trouve ils sont dix à surveiller cette grotte !
- Je te déconseille de nous mentir, annonça calmement Lupin.
- Harry, tu devrais aller te reposer, trancha Molly.
Elle avait écouté la conversation, et n'aimait pas le ton qu'elle prenait. Pourquoi cette journée commençait-elle si mal alors que la veille tout le monde semblait plus calme et même heureux de l'arrivée de Fleur ? Quelle était cette tension qui traînait sans cesse dans l'air de la vieille maison des Black ?
- Je sais ce que je dois faire, répliqua Harry en repoussant son bol et se reprochant aussitôt son ton un peu rude. Je monte, ajouta-t-il plus doucement.
Les escaliers lui semblèrent interminables. Pas un bruit ne provenait de la chambre des jumeaux ni de celle de Ron et Hermione. Il s'enferma dans la sienne pour réfléchir, encore…
- Toi aussi tu montes, annonça Remus dans la cuisine en faisant signe à Malfoy de se lever.
Le blond posa la tartine qu'il allait entamer et quitta le banc sur lequel il était assis. Il commençait à réaliser sa position : il avait cru faire un pas en avant dans sa relation avec Harry ses derniers temps, et voilà qu'il se retrouvait dix pas en arrière, dans le même état que ses débuts en tant que prisonnier avec l'Ordre. Qu'allait-il se passer ?
Lupin, le professeur si calme que rien n'énervait, le poussa un peu pour lui faire monter les dernières marches vers le quatrième étage plus rapidement. Bientôt, la porte de sa chambre se referma et il put s'asseoir sur son lit. Il fut surpris en relevant la tête et en constatant que Remus était entré avec lui.
- J'ai deux mots à te dire, lança le loup garou.
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Snape portait son masque en argent blanc caché par sa capuche et sa longue cape noire de mangemort. Sa démarche souple le menait vers un lieu qu'il ne connaissait que trop bien. Maugrey et les autres avaient beau avoir sécurisé l'endroit, il pouvait toujours l'approcher, jusqu'à sentir le picotement désagréable qui lui indiquait la limite des protections magiques.
Il s'arrêta donc à un mètre de l'entrée du parc de Grimmaurd et observa les bancs, les arbres, le petit bac à sable. Depuis la mort de Dumbledore, c'était la troisième fois qu'il revenait en ces lieux.
Après quelques minutes, il dut se rendre à l'évidence : ce n'était pas en restant debout là qu'il saurait si Draco était toujours en sécurité avec l'Ordre depuis qu'ils s'étaient séparés. La dernière fois qu'ils s'étaient vu, quelques jours auparavant, le jeune homme avait tenté de l'embrasser. Est-ce que son refus de répondre à ces avances avait vexé le blond au point de le pousser à disparaître ?
Severus soupira et fit demi-tour. Mieux valait ne pas s'attarder davantage dans le coin, d'autres affaires l'attendaient. A la première ruelle sombre et vide qu'il trouva, il transplana directement chez lui.
Il ôta son masque dans un grincement de dents et le jeta sur un fauteuil avant d'ouvrir un tiroir et d'en sortir une feuille, une plume et de l'encre. C'est d'une main sûre d'elle qu'il traça ces quelques mots :
"Vous-Savez-Qui a été mis au courant de vos actions. Soyez plus prudents. Cordialement, SS."
Il plia la feuille et la glissa dans une de ces poches. Il eut envie de ricaner face à son optimisme. Le ministère ? Être prudent ? Fallait-il être fou pour y croire ! Voilà à peine deux jours que son Maître était parti, et ces imbéciles n'avaient rien trouvé de mieux à faire que de placarder des affiches au nom de tous les mangemorts pour les retrouver. S'ils voulaient une guerre ouverte, ils ne s'y seraient pas pris autrement.
L'ironie de son rôle le fit également rire. Il était le premier à vouloir que Draco choisisse un camp, alors que lui même ne l'avait jamais réellement fait.
Si… évidemment… Dumbledore. Cet homme avait toujours représenté le bon côté des choses pour lui. Mais maintenant ?
Snape grogna et récupéra son masque. Il avait une lettre à envoyer, quelques ordres à donner au nom de Voldemort et un espion débutant à retrouver…
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Draco gardait la tête droite, les yeux ancrés dans ceux du lycanthrope et attendait. Remus s'appuyait sur la porte et le regardait également. Il n'était plus tout à fait sûr de ce qu'il voulait dire au blond. Quelques banalités ? Quelques menaces ? Juste en prévention, au cas où… Mais comment les formuler ?
- J'ai toujours détesté ton père, annonça-t-il soudain.
Les yeux gris vrillèrent légèrement, de la même façon que leur lueur avait tremblé lorsqu'Harry l'avait appelé par son prénom quelques instants plus tôt dans la cuisine.
- Mais tu n'es pas ton père.
- Bien, bravo, ricana Draco.
- Je te déconseille de faire de l'humour.
Remus soupira en fermant les yeux. Le rôle du méchant ne lui allait pas.
- Bien, allons-y franchement, prévint-il. Si tu fais du mal à Harry, je saurais te le faire regretter. Si tu nous trahis, de même. Mais je te mets particulièrement en garde pour Harry. Le toucher ne t'autorisera jamais à le faire souffrir.
Les paroles dites sur un ton calme firent lentement le tour des pensées du blond. Lorsqu'il comprit enfin ce qu'elles impliquaient, il ferma les yeux, refusant la réalité : leur secret, non, leur erreur avait été découverte.
- Personne d'autre ne le sait, murmura Lupin. Mais je te jure que si j'apprends que tu as abusé de… ça…
- J'ai compris, coupa Draco en rouvrant les yeux.
Sans un mot de plus, Remus se retourna, ouvrit la porte et sortit. A l'intérieur, Malfoy entendit le verrou tourner. Prisonnier…
La tête vide, le blond s'allongea sur son lit. Prisonnier… Impuissant… Inutile.
Le plafond était gris, les murs étaient gris, le ciel dehors était gris, sa vie était grise. Il resta ainsi quelques minutes, ne pensant à rien d'autre qu'à deux yeux verts qui le fixaient avec colère, haine, envie, plaisir, haine… toujours la haine. Aurait-il un jour à nouveau le droit d'enlacer le brun comme il l'avait fait lors de leur première fois, dans cet chambre d'hôtel miteux ?
Soudain, sa porte s'ouvrit et se referma. Il reconnut tout de suite les pas légers et discrets de Granger qui alla s'asseoir par terre contre son mur, sous la fenêtre. Elle allait donc reprendre ses habitudes d'avant sa fuite elle aussi.
- Pourquoi plus rien ne va quand tu es là ?
La question résonna étrangement dans l'esprit du mangemort. Oui, tiens, pourquoi ?
- Pourquoi es-tu revenu ?
Et pourquoi était-il parti, après tout ?
- Pourquoi Harry t'a laissé partir et revenir ?
Touché ! Voilà la question parfaite à laquelle il ne pouvait répondre.
- Pourquoi Ron a-t-il changé d'avis ?
- De quoi tu parles Granger ?
- Hier soir, ils s'étaient mis d'accord : on allait l'aider à fouiller la grotte.
- Elle est surveillée, rappela le blond.
- Arrête de radoter Malfoy ! s'énerva la jeune femme. Ron a changé d'avis dans la nuit. Maintenant il veut se battre. Il a l'air de vouloir se battre pour mourir.
La façon dont elle disait ça laissait croire au blond qu'il était le responsable de ce changement d'attitude si radical. Mais y était-il pour quelque chose, réellement ?
- C'est simple, résuma la brune. Quand ils parlent de tout et n'importe quoi, tout va bien. Dès que tu entres dans leur conversation, ça dérape.
Il était donc coupable… Prisonnier et coupable. A chaque seconde grignotée sur le temps, l'esprit de Draco se vidait un peu plus.
- Qu'est-ce qui s'est passé entre toi et Harry ?
- Aucune idée, murmura-t-il.
Et c'était vrai. Il ne savait plus. Il ne savait pas. Il avait cru, il n'y croyait pas. Ce matin, il s'était levé avec la ferme intention de ne plus se laisser faire, de s'imposer. La seule vue de Potter faire demi-tour et quitter la cuisine parce qu'il s'y trouvait avait brisé sa résolution. C'était-il trop frotté au gryffondor ? S'il ne parvenait plus à être de glace face à lui, le pourrait-il face à Voldemort ?
- Même les jumeaux se sont disputés ! continuait Hermione. Ils ont fermé leur magasin sur le Chemin de Traverse, et ils restent ici, enfermés, en silence. Tu portes la poisse Malfoy ! hurla-t-elle en frappant le parquet de son poing.
La chambre replongea dans le silence et Hermione se calma doucement. Elle savait que parler avec le mangemort ne lui apporterait rien. Mais trop de questions se bousculaient dans sa tête, trop de choses se passaient, et trop rapidement. Depuis quand le monde était-il si compliqué ?
Elle sentait également, sans trop pouvoir dire pourquoi, que quelque chose n'allait pas dans l'attitude du blond. Il voulait parfois jouer le traître parfait, et répondait juste après à toutes leurs questions avec une franchise exaspérante. D'autant plus exaspérante que personne ne pouvait prouver ses dires. Il se laissait frapper par Ron et George sans crier puis se montrait blessant et hautain comme lorsqu'ils étaient tous à Poudlard.
Elle finit par se lever et sortit en claquant la porte de la cellule du prisonnier. Elle finirait par savoir.
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Deux étages plus bas, un hibou aux reflets mordorés s'envolait par une fenêtre ouverte.
- A qui tu écris ? lâcha une voix dans le dos de George.
- Ça ne te regarde pas, répondit le rouquin en refermant la fenêtre de leur chambre.
- Tu crois qu'elle va te répondre ? ricana Fred.
George haussa les épaules et alla s'asseoir sur son lit. Cette journée commençait vraiment mal. Fred avait commencé par le réveiller en ouvrant leurs volets en grand. Puis il avait dû se forcer à finir cette lettre pour Angelina… Ron et Harry s'étaient battus juste derrière la porte de sa chambre et il ne s'était pas interposé. Il pleuvait, et comble du malheur, il n'avait mangé que trois tartines au petit déjeuner.
Ce détail lui rappela une autre réalité.
- Tu n'as pas mangé, lança-t-il à Fred qui regardait le ciel gris par la fenêtre. Je sais très bien que tu es comme moi : si tu ne manges pas tu…
- Arrête de faire semblant de te soucier pour moi. Je n'ai pas faim.
George fronça les sourcils.
- Je ne fais pas semblant.
Fred se retourna vers lui. Leurs rapports n'avaient jamais été si froids que ces derniers temps. C'est lorsque Malfoy avait rejoint l'autre camp et que l'Ordre avait dû quitter Grimmaurd que les choses avaient commencé à s'envenimer entre eux. Pour ne pas encombrer le Terrier où logeait alors déjà plusieurs membres de l'Ordre, ils étaient retournés vivre au magasin.
Personne ne savait ce qu'il s'était passé. Mais deux jours après leur départ, Fred revenait au Terrier, sans George, pour annoncer qu'ils avaient fermé la boutique. Depuis, personne ne les avait vu s'adresser la parole, ou même se regarder. Leur bonne humeur manquait. Le bruit des pétards aussi.
- Va manger, lâcha George d'un ton sans réplique.
Exaspéré, Fred attrapa un pull et sortit de la pièce en claquant la porte. Qui pouvait encore prétendre que la guerre n'apportait rien de mauvais ?
à suivre...
Merci d'avoir lu jusque là ! Alors... que se passe-t-il entre les jumeaux ? Des idées ? Hermione continue à jouer les enquêtrices.
Au prochain chapitre, Harry et Draco vont pouvoir discuter un peu... Et il se passera aussi quelques petites choses du côté des mangemorts. A bientôt ! bisouss !!
