Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr.
Couple : HP-DM, RW-HG, et... deux surprises.
Résumé : La guerre semble créer des tensions entre plusieurs membres de l'Ordre résidant à Grimmaurd. Alors que d'étranges choses se passent du côté des Mangemorts, Harry ne sait plus quoi faire...
Petit post it : Il est-y pô beau c'te résumé lô ? heing ? XD Désolée, je suis pas douée pour ça, je voulais juste vous remettre un peu dans l'ambiance du dernier chapitre avant de vous offrir celui-ci ! Tout frais, tout neuf, il sort à peine de ma pauvre tête.
J'espère qu'il vous plaira ! Sur ce, bonne lectoure !
Chapitre 9 : Quand l'envie est la plus forte.
"Vous-Savez-Qui a été mis au courant de vos actions. Soyez plus prudents. Cordialement, SS."
Scrimgeour ricana et rendit la lettre à Funestar.
- Toujours aucune idée de qui est ce prétentieux ? demanda-t-il.
- Non, Monsieur le ministre, répondit le langue-de-plomb en rangeant la lettre dans sa serviette noire fermée d'un sort.
- Si le Lord a été mis au courant de nos actions, ce traître en est sans doute la cause.
- Vous-Savez-Qui aurait fini par le savoir de toute façon.
- Funestar, combien d'affiches ont déjà été placardées ?
- Toutes celles des Malfoy, et celles de Greyback. Snape est en deuxième position. Les Lestrange viennent après. D'ici deux jours nous devrions avoir fini de retapisser les murs de Londres.
- Parfait. Dites aux aurors de continuer.
Funestar sourit et quitta le bureau du ministre de la magie.
Lentement, mais sûrement, de lourdes tentions se créaient au ministère. Voilà deux ans que la guerre contre les forces du mal était ouvertement déclarée mais que rien ne se passait. Une nouvelle guerre froide en quelques sortes.
Mais elle se déplaçait et se faufilait partout. Au ministère, elle régnait entre les langues-de-plomb et les aurors. Plus le temps passait, plus les tâches ingrates étaient confiées à ces derniers, moins le respect qu'on leur portait habituellement transparaissait dans les ordres de Scrimgeour. Le ministre tombait dans la facilité.
Funestar arriva au Département de la justice magique comme un mangemort arriverait à Poudlard. Des regards méfiants le fixèrent dans les couloirs, des murmures, des grognements. Aucun auror ne gardait un visage neutre face au sourire mauvais du langue-de-plomb. Ce dernier finit par rentrer dans le bureau de Kingsley.
- Shacklebolt ! lança-t-il. Ordre du ministre : il faut accélérer l'affichage des…
- On frappe avant d'entrer dans un bureau Funestar, siffla le noir en se levant.
- Peu importe. Il faut aller plus vite.
- Pourquoi ? Cette mesure est ridicule !
- Ordre de Scrimgeour. Fais travailler tes aurors !
Kingsley le regarda partir sans rien dire. A l'époque, il avait été ravi de la nomination de Rufus au poste de ministre. A présent, il se rendait compte que tout comme le précédent ministre, Scrimgeour était trop facilement influençable. Une guerre ne se traitait pas à la légère. Mais les ordres étant les ordres, il sortit de son bureau pour aller frapper à la porte d'à côté.
- Tonks, emmène Williamson avec toi et allez finir de placarder les affiches de Snape.
L'auror aux cheveux écarlates le regarda sans rien dire et hocha la tête.
oOoOoOoOoOoOo
La nuit finit par tomber sur cette longue journée mal commencée. A Grimmaurd, plus un bruit ne se faisait entendre. Les cris et les coups avaient été engloutis par le silence nocturne. Au quatrième étage, cependant, une marche craqua sous le poids d'une ombre.
Harry s'immobilisa en haut des escaliers et tendit l'oreille. Son cœur battait à tout rompre. Depuis sa dispute avec Ron le matin même, il était resté enfermé dans sa chambre avec qu'une seule idée en tête : attendre que tout le monde dorme pour monter. Monter… pour voir Malfoy.
Comme toujours rien ne bougeait dans la vieille maison, il reprit son ascension et marcha discrètement le long du couloir pour arriver enfin devant la porte verrouillée du blond. Il hésita, juste quelques secondes.
Le déclic du verrou se fit à peine entendre. Dans la chambre, la nuit et le silence envahissaient tout. Harry referma la porte le plus lentement possible, se concentrant sur chaque battement de son cœur.
Il prenait des risques. Si Ron le trouvait là, ou quelqu'un d'autre, que dirait-on ? Une fois la porte fermée à clef, il se retourna vers l'intérieur de la pièce. Rien n'avait bougé. Dans son lit, Malfoy ne s'était même pas retourné. Dormait-il ?
Harry s'approcha d'un pas, et tout en avançant, il retira son pull et défit les boutons de sa chemise. Au pied du lit, il abandonna ses chaussures, son pantalon et ses chaussettes, ne gardant qu'un simple boxer noir.
Malfoy ne dormait pas. Le drap ne bougeait plus sous le rythme régulier d'une respiration endormie. Harry se pencha en avant et posa ses mains sur le matelas.
- Respire Draco, te retiens pas, souffla-t-il doucement.
Le blond relâcha la pression et le drap se souleva enfin. Harry se retint de rire et grimpa sur le lit.
- Qu'est-ce que tu fais ? murmura Malfoy en se redressant enfin.
- Shhht…
Harry se glissa sous les couvertures et tâtonna un instant dans l'ombre avant de trouver le visage du mangemort sur lequel il posa ses doigts.
- Embrasse-moi.
Draco repoussa la main et se tourna complètement pour lui faire face.
- A quoi tu joues ? Et s'ils viennent ?
- Si tu continues à parler trop fort, ils vont venir, c'est sûr, grogna Harry en s'installant sur le dos et en croisant les bras par-dessus la couette.
- Tu boudes ?
- Bien sûr que non !
Malfoy eut la décence de ne pas ricaner trop fort. Puis, comme Potter ne bougeait vraiment plus, il se pencha lentement et l'embrassa sur une joue, du bout des lèvres, juste pour goûter encore un peu à cette peau douce à laquelle il n'avait pas droit.
Puis il s'installa lui aussi sur le dos, côte à côte avec Harry. La nuit cachait leurs deux sourires qu'ils ne devinaient même pas. La simple chaleur de leurs corps les faisait se sentir plus sereins.
- Je vais pouvoir repartir quand ? demanda doucement Draco.
Le sourire disparut du visage du brun.
- Je sais pas.
- Pourquoi tu t'es disputé avec la belette ?
- Il s'appelle Ron.
Le blond ricana dans la nuit, et attendit la réponse.
- A cause de toi, répondit Harry dans un souffle. Parce qu'il me reproche de…
- Je sais, coupa Malfoy.
- Alors pourquoi tu demandes ?
- Je voulais te l'entendre dire. Tu l'a rejeté, et tu m'as choisi moi ?
- Tu dis n'importe quoi la fouine, grogna Potter en se tournant sur le côté pour lui montrer son dos.
Un silence très expressif s'installa entre eux. Ils savaient parfaitement que ce n'était pas n'importe quoi, que c'était exactement ça. Harry sentit son cœur se geler sur place tandis que dans son dos, le blond remuait. Il s'approchait, et finit par se coller contre lui.
- Pourquoi tu ne m'avais pas dit que t'étais blessé à la hanche ?
- C'est rien, c'est fini.
- Tu t'es fait ça où ?
- Tu sais très bien, répliqua Harry en lui envoyant un coup de coude dans le ventre.
- Hey !
Pour se venger, Malfoy passa un bras par dessus les hanches du brun et vint poser sa main sur son nombril.
- Tu bouges et je te chatouille, murmura-t-il contre le cou du gryffondor.
- Et si je ne bouges pas, tu fais quoi ? demanda Potter sur le même ton.
- Rien.
Harry fit la moue.
- Dommage…
Quelque chose craqua soudainement au dehors. Ils se figèrent et tendirent l'oreille. Mais ce n'était qu'un orage qui se déclenchait. Ils s'apaisèrent et restèrent ainsi, enlacés, sans bouger, pendant quelques temps.
- Pourquoi tu voudrais repartir de toute façon ? demanda enfin Harry.
- Pour l'espionner et revenir te dire ce qu'il fait.
- Tu le ferais vraiment ?
- Tu me crois toujours pas.
- Non.
- Pourquoi ?
- Parce que face aux autres membres de l'Ordre tu redeviens ce petit con prétentieux que j'ai connu à Poudlard. Pourquoi tu ne peux pas te tenir tranquille devant eux ?
- Je suis pas une marionnette Potter ! s'énerva Draco en se détachant de lui. Et toi, pourquoi tu n'as rien fait quand les deux tarés se sont jetés sur moi pour me frapper ? On est dans la merde, tu comprends ? Moi je veux rester fidèle à mes valeurs, et toi à tes amis. C'est toute la différence.
Harry ne répondit rien. Depuis que Malfoy s'était écarté de son dos, il avait froid. Il se retourna brusquement, écartant les draps, et escalada le corps pâle du serpentard. Il s'allongea de tout son long sur lui, forçant ses jambes à se mêler aux siennes, appuyant son aine contre la sienne, faisant toucher leur peau, leur ventre, leurs épaules, et déposa enfin sa tête dans son cou. Là, il était bien.
- Euh… Harry ? murmura le blond un peu surpris.
- Remets la couverture, j'ai froid, répondit le brun dans son oreille.
Draco hésita un instant et finit par se décider, Posant un bras dans le dos de son amant pour le retenir, il étendit l'autre pour rattraper le drap et le ramener sur eux. Puis il resta là, à fixer le plafond entre les cheveux bruns qui lui retombaient sur le visage et à écouter la pluie qui frappait doucement les carreaux de l'unique fenêtre. Lui aussi, il était bien ainsi.
- On va faire quoi ? chuchota-t-il.
- La guerre, répondit sourdement Potter.
- Génial…, grommela Malfoy.
Mais il était d'accord. Faire la guerre, entre eux, ça voulait tout dire. Ça voulait dire faire semblant devant les autres, mais être libre entre eux. Et puis… il n'était pas question d'amour de toute façon… sûrement pas.
- Pourquoi les jumeaux se sont engueulés ?
- 'sais pas, répondit Harry en enfouissant son nez plus profondément dans la chevelure blonde de son oreiller.
- Et pourquoi Granger vient toujours me poser des questions dans ma chambre ?
- Mmmh… curieuse…
- Lupin m'a dit qu'il savait pour nous, lâcha enfin Draco.
Cette fois, il eut toute l'attention de Potter. Celui-ci cessa de respirer contre sa peau et redressa la tête pour le regarder. Leurs regards en disaient longs.
- Il ne dira rien, assura Harry.
- C'est toi qui…
- Non, coupa le brun. Il nous a entendu… dans la cuisine.
- Ah.
C'était il y a deux jours déjà. Deux jours qu'il n'avait pas senti cette bouche contre lui, cette langue en lui. Draco soupira. Si Potter continuait à le regarder comme ça, il craquerait. Mais ils ne pouvaient pas, les autres n'étaient pas loin. Lupin ne pourrait pas les protéger face à tous les membres de l'Ordre réunis.
Pendant qu'il se faisait ces réflexions, Harry observait le visage du mangemort. Ses yeux s'habituant à l'ombre, il discernait à présent le contour des lèvres, du nez, des yeux ; le front pâle où se perdaient quelques mèches de cheveux, le cou fin d'où se prolongeaient les épaules rondes et douces qui disparaissaient sous les couvertures. Il sentait les mains du blond dans son dos, immobiles, mais prêtent à tout.
Son sang descendait, il le sentait. Ses tempes battaient, son cœur s'affolait, et toujours, le sang, qui descendait, plus bas. Un cerveau mal irrigué est un cerveau qui réfléchit mal.
Ce fut le cas lorsque Potter se pencha en avant pour embrasser le blond.
Celui-ci fut à peine surprit. Savaient-ils faire autre chose ensemble ?
Il serra davantage le dos du brun contre lui et répondit à l'appel. Leurs deux sexes se gonflèrent rapidement, l'un contre l'autre. C'était leur troisième fois, mais jamais ça n'avait été si tendre, si doux.
Ce matelas moelleux valait mieux que le sol dur de la chambre d'hôtel de leur première erreur, et encore plus que la chaise de leur seconde fois.
Là, les caresses allaient avec la douceur de l'endroit. Ils découvraient véritablement le corps de l'autre. Leurs doigts s'entremêlaient et passaient sur leur peau avec avidité. Toujours au-dessus, Potter commença à bouger ses hanches contre celles de Malfoy qui soupira. Ils s'embrassaient, sur la bouche, sur les joues, dans le cou.
Draco aimait tout particulièrement les joues du brun. Un mélange de douceur et d'âpreté, due à une fine barbe naissante. Il ne se lassait pas de l'embrasser, presque câlinement, tout en faisant voler ses doigts sur le dos et les flancs hâlés.
Une main plus habile se faufila entre eux et se posa sur le sexe du blond.
- Trop de vêtements, grogna Harry en mordant légèrement une épaule pâle.
Les bras s'agitèrent, les jambes aussi, et bientôt, les deux sous-vêtements tombèrent au sol, quelque part dans la chambre. Peu importait leur emplacement. Ce qui comptait, c'était que plus rien n'empêchait le feu de brûler la glace.
Sous les mains agiles du brun, Malfoy se tortillait et gémissait avec pudeur. Il avait une terrible envie de lever les hanches et de jouir, déjà. Mais Potter lui coinçait les jambes avec les siennes, et il ne pouvait bouger. Il se contentait donc d'observer la langue du brun glisser sur sa poitrine, et de caresser lui-même toute la peau qui pouvait s'offrir à lui.
Soudain, tout s'arrêta. Harry se redressa, la respiration saccadée et observa le visage étonné du blond.
- On…, commença-t-il en hésitant. Qu'est-ce…
Il n'acheva pas. Il voyait dans le regard du mangemort que celui-ci l'avait compris. Ils se sentaient tous deux comme des bêtes, un peu honteux. Leur désir, leur attirance était-elle si violente qu'ils ne pouvaient se retenir alors que le danger rodait aux alentours ? Draco soupira et laissa retomber ses bras le long de son corps. C'était trop beau pour être vrai.
Ennuyé, Harry se laissa glisser sur le côté, descendant enfin du corps pâle qui l'obsédait. Faisant tout de même face à son amant, il observa ses réactions, tout en se convaincant qu'ils n'avaient pas le choix. Si les autres venaient à entendre ce qu'ils faisaient…
De son côté, Draco fronça soudain les sourcils. Il en avait marre. Pourquoi devait-il toujours obéir aux ordres de l'un ou de l'autre ? Pourquoi était-il toujours soumis ? Ils pouvaient vivre leur histoire sans que les autres ne le sachent. Il suffisait d'être prudent, voilà tout !
Il se redressa donc et repoussa Harry pour monter à son tour sur son ventre.
- Que…
- Ta gueule Potty, grogna-t-il sourdement. Et écoute-moi attentivement. Quoique tu dises, quoique tu penses, je vais te masturber, là, tout de suite. Si tu veux que personne n'entende rien, t'as cas te coller l'oreiller sur la tronche.
Tout en sortant ce discours, il avait fait glisser sa main sur le ventre du brun et avait au final attrapé l'érection qui pointait sous lui. Harry poussa un petit gémissement, à la fois de surprise et d'excitation. Puis, il se laissa aller.
Les mouvements habiles du blond lui firent oublier ses premières résolutions. Mais pas où il était. Plutôt que d'utiliser l'oreiller, il poussa Draco sur le côté et lui prit sa main libre pour la poser sur sa propre bouche. Puis il fit pareil pour lui. Il posa d'abord une main sur la poitrine du blond qu'il fit descendre lentement, vers le nombril, puis le long de la fine ligne de poils doux, pour aboutir à l'objet de ses désirs qu'il entoura.
L'exclamation satisfaite de Malfoy fut étouffée par l'autre main du brun qui se plaqua ensuite sur sa bouche. Ils étaient à égalité. Face à face, sur le côté, ils ne se quittaient plus des yeux, guettant la moindre lueur de désir dans le regard de l'autre.
Les deux mains actives se frôlaient à chaque montée, croisant et décroisant leur bras, en rythme, ensemble. Des soupirs assourdis s'échappaient des deux autres mains. Le tableau était saisissant. Chacun mettait toute l'ardeur qu'il pouvait. Un défi, seulement lisible dans leurs yeux, était lancé. Celui qui ferait jouir l'autre en premier…
Des sourires naissaient sous les doigts étouffants. Une complicité aussi, qui leur donnait encore plus chaud peut-être que le bout de leurs sexes qui se touchaient.
Sous les doigts du brun, les lèvres fines de Draco se pincèrent. Il était bon le bougre ! Et il en avait tellement envie depuis l'épisode de la cuisine ! Sentant son amant sur le point de venir, Harry accéléra encore le rythme de son poignet et le fixa intensément. Aussitôt, le blond ferma les yeux et gémit longuement dans la main protectrice du gryffondor.
Il explosait. Littéralement. Tout en lui fondait. Inconsciemment, il serra le sexe de Potter dans ses doigts et se contracta complètement pour jouir et en profiter un maximum. Harry se délecta de l'expression de pure jouissance qui passait sur le visage qui lui faisait face. Etait-ce possible d'être aussi beau ? Il n'avait jamais remarqué que la régularité des traits aristocrates du blond n'était pas un défaut mais bien une réelle beauté.
Enfin, les deux yeux gris s'entrouvrirent de nouveau et la main sur le sexe du brun reprit son office, lentement, cognant contre un ventre déjà poisseux. Harry soupira de bien être et relâcha la pression sur la bouche du blond.
- Viens…, murmura aussitôt celui-ci. Fais comme moi…
Il ne lui en fallait guère plus. Alors qu'une langue mutine glissait sur les lèvres rosées de Malfoy dans un geste très suggestif, le corps de Potter se cambra à son tour. D'un geste inconscient, il agrippa le bras marqué du blond et se sentit aussitôt partir. Le plaisir se mêla lentement à la douleur de sa cicatrice.
Il était à la fois dans les bras du blond, et dans une forêt de sapins ; à la fois lui-même en train de jouir, et Voldemort en train d'écarter des branches sur son passage.
La grille d'un splendide château sombre lui apparut.
Les yeux gris du serpentard le sondait, avec effroi.
Il marchait lentement en direction du bâtiment.
Draco le secouait doucement. La jouissance était-elle finie ? Et la douleur ?
Passant outre toute forme de politesse, il ouvrit la grille d'un coup de baguette et suivit la longue allée. Quelques corbeaux s'envolèrent, de quoi impressionner les moldus qui s'aventuraient trop près. Mais pas lui.
L'entrée du château subit le même sort que la grille et il pénétra les lieux avec prudence. Il n'avait pas peur, jamais. Mais mieux valait se méfier de ces bêtes qu'on appelait vampires.
Alors qu'il s'engouffrait dans un couloir noir aux tentures rouges, une voix grave et basse lui parvint. Quelqu'un chantait. Et il savait qui. Il se laissa guider par la voix et monta les étages.
C'est sur l'avant dernière marche qu'il sentit la présence d'un intrus. Quelqu'un qui apportait un sentiment et un désir dont il connaissait déjà la source. Potter…
Il sentit la colère monter en lui, et se concentra. La voix chantait toujours. Tout se brouilla…
Harry reprit soudain son souffle et rouvrit les yeux. Voldemort l'avait chassé de son esprit.
- Euh… ça va ? demanda une petite voix à ses côtés.
- Merde, murmura le brun en se redressant. Merde… Est-ce… est-ce que j'ai crié ?
- Non, tu as enfoui ta tête dans l'oreiller et tu ne bougeais plus. J'ai cru…
- Et toi ?
- Quoi moi ?
- Tu as senti ?
- Tu as appuyé sur ma marque Potter. A ton avis, j'ai senti quoi ?
Le blond s'en voulu aussitôt de son ton agressif. Mais il avait eu peur. Harry pouvait-il appeler son maître jusqu'ici en appuyant sur sa marque ? Apparemment non, puisqu'il ne sentait déjà plus la douleur dans son bras. Mais il savait qu'un lien avait été créé malgré tout : c'est déjà ce qui s'était passé à l'hôtel lors de leur première fois.
- Je suis désolé, souffla Harry. J'ai appuyé sans m'en rendre compte et…
- C'est rien, lança Draco en se calant contre l'oreiller. Le principal c'est que tu aies éjaculé et que…
- Oh, mais voilà, tu as raison, ricana ironiquement Harry. T'es vraiment con, reprit-il aussitôt d'un ton sérieux. Volde…
- Chut !
Malfoy le fixa avec un regard sévère.
- Tu viens presque de l'appeler avec ma marque, et maintenant tu veux prononcer son nom ? T'es pas en train d'abuser là des fois ?
Harry haussa les épaules et se laissa enfin retomber sur le matelas. Le blond avait bien fait de l'arrêter. Il ne pouvait décemment pas lui confier ce qu'il avait vu dans son esprit. C'était aux membres de l'Ordre qu'il devait le dire : Voldemort semblait avoir trouvé Bludd Blodwyn. S'il récupérait l'objet qu'il recherchait si activement, qu'adviendrait-il ?
Harry quitta ses sombres pensées lorsqu'une tête se posa sur son torse.
- Tu pourrais jeter un sort de nettoyage sur les draps ? C'est un peu crade, murmura le blond.
- Je n'ai pas ma baguette, répondit Potter.
- Hein ? s'étonna Draco en lui jetant un coup d'œil. Tu es venu dans la chambre d'un mangemort sans baguette ?
- C'est mieux que de l'amener et de voir ce mangemort me la piquer, non ?
- Ah… oui. J'espérais que c'était une preuve de confiance, grommela Malfoy en s'allongeant de nouveau sur son nouvel oreiller.
- Draco…, murmura Harry. Est-ce que si tu y retournes tu reviendras plus vite cette fois ?
- Je t'ai manqué ? ricana le serpentard.
- Putain, mais sois sérieux deux secondes !
- Je dois être autant là-bas qu'ici. A l'heure qu'il est, Snape doit me chercher partout.
- Pourquoi ?
- Je vis chez lui, tu te rappelles ?
- Ah… ouais…
Harry commença à réfléchir. C'était si facile de croire en la sincérité du blond. Si facile que ça lui faisait peur. Il avait l'impression d'être à la place de Dumbledore. Comment le vieil homme en était-il venu à faire confiance à Snape ? Est-ce que s'il accordait tout crédit à Malfoy, ce dernier finirait-il par le tuer, lui aussi, un jour ?
Potter soupira.
- Tu penses à quoi ? demanda doucement le blond.
- Rien… Ou plutôt si. Pourquoi tu retournes pas chez tes parents ?
- Bonne question, soupira Draco. D'abord parce que je n'y serais pas tranquille. Il y a sans cesse des allers venues au manoir. Mon père est constamment surveillé. Je crois que Tu-Sais-Qui ne lui fait plus du tout confiance. L'ambiance est tendue. Ensuite, parce que ma mère n'arrêterait pas de me couver, et j'ai horreur de ça. Et puis parce que Snape s'est proposé.
- Et quel est l'avis de Tu-Sais-Qui là-dessus ?
- Il… euh… pourquoi tu me demandes ça ?
- Réponds.
- Encore un ordre, vous êtes chiants tous !
Harry ne répondit rien à cela. Lui même se sentait un peu misérable de questionner le blond ainsi. Mais il avait besoin d'informations. Draco ne bouda pas longtemps. C'était son rôle, il le savait.
- Je ne sais même pas s'il le sait. Il a juste accepté que j'assiste à une réunion en comité réduit. Mais je pense que Snape a dû lui dire. Le Lord le garde toujours en tête à tête après toutes les réunions. Donc, ils ont dû en parler.
- Tu penses avoir une bonne cote auprès de Tu-Sais-Qui ?
- Plus que mon père en tout cas, soupira Malfoy en se calant contre le torse du brun.
Harry fixait le plafond et réfléchissait. Lors de ses derniers instants, Dumbledore lui avait confié beaucoup de choses sur Voldemort. Ce n'était pas un hasard. Il devait parvenir à le comprendre pour anticiper ses actions. Comme l'histoire des affiches. Comment allait-il réagir à son retour ? Qu'allait-il faire ?
- Mmh, au fait…, grommela Malfoy qui commençait à s'endormir. Il a quelqu'un…
- De quoi tu parles abruti ? grogna Potter.
- Snape… il a quelqu'un.
- Quelqu'un pour quoi faire ?
- Tain, t'es long à la détente ! s'énerva le blond en se redressant, à moitié endormi, pour le regarder. Il a quelqu'un dans sa vie quoi !
- S… Snape ? lâcha Harry en ouvrant grands les yeux.
- Ouais, moi aussi ça m'a étonné.
- C'est qui ?
- Bien sûr, il me l'a dit en me proposant une petite tasse de thé, ricana Malfoy.
- Ah parce que c'est lui qui…
- Oui.
Soudain, Draco regretta d'avoir parlé de ça. Pourquoi avait-il la langue si pendue ? Il grognait quand on lui posait des questions, et voilà qu'il finissait par dire des choses inutiles.
- Comment en est-il venu à te le dire ? s'étonna Harry.
Et voilà, c'était sûr… Le blond se retint de soupirer. Que pouvait-il répondre ? La vérité ? Qu'il avait embrassé leur ancien professeur de potion et que celui-ci l'avait repoussé ?
- Alors ?
- Ben, il me l'a dit, c'est tout.
- En même temps je m'en fous, grimaça Harry. Rien qu'à l'idée que…
- Oui, j'imaginais vraiment pas Snape avoir une vie sexuelle ! reprit aussitôt Draco, soulagé de voir la question piège s'éloigner.
- Bon, stop, là, ça devient vraiment malsain. Parle d'autre chose ou dors.
- Non, mais tu n'as jamais rêvé que…
- T'es dingue ! s'emporta Harry en sourdine, pour n'alerter personne dans la vieille maison. Tu vas te taire oui ?
Draco ricana et se glissa sur le côté pour observer le plafond, les bras sous la tête.
- N'empêche, murmura-t-il, je me demande qui c'est.
- Ça n'a aucune espèce d'importance, grogna Potter qui s'était retourné vers le mur.
- Je pense que c'est un homme, assura le blond. La manière dont il embrasse le dit, c'est…
Il s'arrêta net en ouvrant grand les yeux. Quel idiot.
- Je te demande pardon ? siffla une voix froide à côté de lui.
- Non, je…
Un poing atterrit sur sa joue avant qu'il ne puisse finir sa phrase.
- Aïe ! Mais ça va pas non ? s'énerva-t-il en se redressant.
- Je n'ai pas besoin d'un espion qui me raconte la vie sexuelle de Snape, siffla Harry, le poing encore prêt à frapper. Sale hypocrite ! Si tu prends ton pied avec lui, tant mieux pour toi. Mais ne me donne pas de détails. Maintenant, dégage. Retourne vers lui.
- Mais non… c'est pas…
- Dégage !
Enragé, Harry poussa le blond hors du lit et se leva lui-même.
- Habille-toi, lui ordonna-t-il.
Mais l'ordre était inutile : Malfoy avait déjà commencé à enfiler ses vêtements le plus vite possible. Sa colère bouillonnait. Il se retenait pourtant, car s'il criait, comment expliquer les événements aux autres qui ne manqueraient pas de débarquer ? Il pouvait s'en moquer : cela créerait plus d'ennuis à Potter qu'à lui-même. Mais voilà… Créer des ennuis de cette taille au brun ne l'amusait plus du tout.
Lorsqu'il eut fini d'enfiler ses chaussures, il constata que le gryffondor avait fait la même chose et qu'il se tenait à présent devant lui, habillé, le toisant de toute sa hauteur.
- Attends, Harry, recommença le blond. Tu peux pas faire ça, les autres…
- Je me fous des autres, siffla le brun. Tu es un espion, alors va faire ton boulot ! Et quand tu reviendras, tu auras intérêt à me dire quel objet recherche Voldemort.
Potter eut envie de ricaner en voyant la mine déconfite du mangemort lorsqu'il prononça le nom de son maître.
- Retourne vers lui, ordonna encore Harry en ouvrant le verrou.
L'instant d'après, il désignait la porte grande ouverte au blond qui s'engouffra dans le couloir. Ils descendirent les escaliers lentement et sans bruit. Toute la maison dormait encore. Arrivés dans le hall, Potter demanda à Draco de l'attendre. Il descendit seul à la cuisine et ouvrit le tiroir où Maugrey avait soigneusement caché la baguette du mangemort.
Dans le hall, près du tableau de l'ancêtre des Black, le blond gardait la tête haute, les bras croisés sur la poitrine. Il se sentait terriblement agacé par ce petit gryffondor qui se croyait au-dessus de tout. Agacé également par sa propre bêtise : alors qu'il était parvenu à esquiver la question embarrassante de l'autre abruti, voilà qu'il y répondait de lui-même sans y penser !
Pendant qu'il se traitait de tous les noms, Harry remonta et lui tendit sa baguette en ouvrant la porte du 12, square Grimmaurd. Sans un mot, sans un regard, sans le toucher une dernière fois, Draco Malfoy sortit dans la rue en rabattant sa grande capuche noire sur ses cheveux blonds. Lorsque la porte se referma derrière lui, il constata simplement que l'orage avait cessé. Puis il marcha.
De l'autre côté, dans le hall, la lumière s'alluma brusquement, et une voix légèrement triste fit tressaillir Harry Potter :
- J'espère que tu ne le regretteras pas, murmura Remus Lupin.
à suivre...
Voilà ! Comme d'habitude, merci beaucoup d'avoir lu, merci de suivre cette histoire, et à bientôt pour le chapitre suivant !! D
...
...
...
Bon, d'accord, je vous mets l'eau à la bouche ! le chapitre 10, qu'est-ce qui est prévu... Ohhh oui ! Draco va avoir quelques... soucis. Il va avoir de quoi réfléchir pour les 20 prochaines années dirons-nous... Ron va s'émanciper, les jumeaux vont revenir un peu sur le devant de la scène, et Harry sera en manque de son blond préféré. \ò/
Voilà, je dis plus rien. Bisous !!
