Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr.
Couple : HP-DM, RW-HG, V-SS.
Résumé : Voldemort était parti chercher un objet sur la terre des vampires. Il l'a trouvé : il revient. Aussitôt, c'est le branle bas de combat : les aurors sont convoqués au ministère (5 membres de l'Ordre partent donc en plein milieu de la nuit : Maugrey, Tonks, Kingsley, Ron, et Arthur). Pendant ce temps, Harry et Remus, qui étaient retournés en Ecosse explorer la grotte où se trouve l'avant dernier horcruxe, se retrouvent coincés sous le lac. A Grimmaurd, ceux qui restent attendent des nouvelles de ces deux missions...
Petit post it : Et ben ! ça faisait longtemps ! J'ai dû battre mon record de non-publication... Toutes mes plus plates excuses. Vous savez ce que c'est : le boulot, les études, etc... MAIS, quelque soit le délai que je mette pour poster la suite, je peux vous promettre que je n'abandonnerai pas cette fic pour autant.
Voilà, ça c'était pour rassurer les inquièt(e)s, et aussi préparer le terrain de ce qui va suivre... Parce que je sens que vous allez m'étriper...
A la fin du chapitre 11, je vous avais dit deux trois petits trucs, dont le fait qu'Harry et Draco allaient se retrouver dans le chapitre 12. HUUUUMMMMM... Alors... en faiteuh... Ils se retrouvent, mais... comment dire... pas vraiment.
Ah ! comment expliquer ce dilemme ! En fait, le chapitre 12, 13 et 14 se chevauchent. C'est la même période vu sous un angle différent. Le chapitre 12 ci-présent présente le point de vue de Grimmaurd. Le chapitre 13 (que je poste tout de suite), est le point de vue d'Harry et Remus dans la grotte. Et le chapitre 14, le point de vue de Draco avant qu'il ne revienne à Grimmaurd.
Tout cela n'est pas si compliqué, il suffit de lire. à tout à l'heure pour les plus courageux !
Chapitre 12 : le retour des guerriers.
Hermione Granger était loin d'être bête. Assise par terre au beau milieu du hall de la maison du 12, square Grimmaurd, elle réfléchissait. Mais surtout, elle attendait. Il était deux heures passées et elle ne dormait pas. Comment s'endormir tranquillement lorsque son petit ami avait disparu avec les aurors pour un appel urgent du ministre, et lorsque son meilleur ami était quelque part, en Ecosse, dans une grotte ensorcelée ?
Lequel des deux reviendrait en premier ? Vivant ?
Elle secoua la tête. Bien sûr qu'ils reviendraient vivants, tous les deux ! Et Remus aussi. Tout le monde.
Elle leva les yeux vers le tableau de l'ancêtre des Black. La vieille femme l'observait de haut, avec dédain, lâchant par moment une insulte depuis qu'elle s'était installée ici.
- C'est pas fini oui ? lança Hermione après un nouveau grommellement de la part de la sorcière peinte.
- Tout sera fini lorsque les Sangs de Bourbe auront quitté cette maison, riposta l'ancêtre.
- Oh, très fin ! Vous ne vous renouvelez donc jamais ?
- Sale jeune fille présomptueuse ! Pour qui te prends tu ? Tu n'es pas chez toi ici !
- Non, je suis chez Harry Potter.
- Aaaaaaah !
Hermione avait déjà remarqué à plusieurs reprises que le nom de son ami rendait la vieille encore plus en colère. Le tableau se mit à vociférer des milliers d'insultes envers la jeune femme qui, impassible, s'allongea carrément sur le tapis, les mains sous la tête. Elle eut soudain une idée.
- Vous n'aimez pas Harry, mais il semblerait que votre petit protégé ait décidé de faire affaire avec lui ! lança-t-elle d'un ton banal, en baillant à moitié.
Le flot de paroles s'arrêta net. Hermione réussi même à percevoir des bruits de vaisselles à l'étage en dessous. Molly non plus ne parvenait pas à dormir.
- Vous ne le saviez pas ? murmura la brune. Draco Malfoy s'entend de mieux en mieux avec Harry Potter.
- Draco joue son rôle, un point c'est tout, grogna la vieille.
- Quel rôle ? Rôle d'espion pour Voldemort ?
- Comment osez-vous prononcez son nom ! siffla la peinture. Je vous l'interdis !
- Et moi je vous recommande de ne plus considérer Malfoy comme un allié. Il est passé de notre côté, c'est évident !
Hermione la provoquait. Les yeux rivés au plafond poussiéreux du hall, elle provoquait la colère de la mère de Sirius, juste pour en savoir plus. Cette vieille peau était là en permanence, elle devait donc savoir des choses qu'elle, Hermione, ne soupçonnait pas.
- Draco agit comme bon lui semble ! Ce ne sera pas le premier homosexuel dans notre famille ! Après tout, si notre grand Maître le lui a ordonné, il a toutes les raisons de le faire !
La jeune fille avait sans doute raté quelque chose. Sourcils froncés elle se redressa, en tailleur, face au tableau.
- Homosexuel ? répéta-t-elle incrédule. Je ne comprends pas. Pourquoi est-ce que…
- Ou alors c'est ce sale rat de Potter qui le maintient sous la torture !
- Harry ne torturera jamais personne ! s'insurgea Hermione. Qu'est-ce que vous voulez dire ? Malfoy a toutes les raisons de faire quoi ?
La question était trop directe, la vieille se tut. Hermione décida d'insister.
- Vous êtes la seule à pouvoir me dire ce qu'il se passe entre eux. Vous êtes tout le temps dans la maison. Malfoy et Harry ont déjà été seuls ici. De quoi parlent-ils ?
- Oh ils ne parlent pas beaucoup, grogna l'ancêtre d'un ton plein de sous-entendu. Mais ce n'est sûrement pas une Sang de Bourbe comme toi qui comprendra les rouages intelligents de Draco Malfoy.
- Si Malfoy a fait quelque chose à Harry et le trompe pour avoir sa confiance, je veux le savoir ! s'exclama Hermione en se redressant. Dites-moi tout ce que vous savez !
Elle sortit sa baguette et la pointa sur le tableau. La femme dessinée eut un bref mouvement de recul sur sa toile, mais finit par ricaner.
- Seul cet imbécile de Sirius savait comment refermer mes rideaux.
- Qui vous dit qu'il ne me l'a pas enseigné ?
Par simple provocation, Hermione fit jaillir quelques étincelles vertes de sa baguette. La couleur dû plaire à l'ancêtre qui se renfrogna.
- Si vous êtes si intelligente que ça, vous devriez faire le rapprochement vous-même, grogna-t-elle, les yeux sur la baguette.
- Aidez-moi à le faire. Pourquoi parlez-vous d'homosexualité ? Malfoy est homo ?
- Sûrement pas idiote ! s'écria Mrs Black. Un serpentard gay… quelle idée ! Il joue la comédie, voilà tout !
- Avec Harry ? Vous voulez dire… il le séduit ? Mais Harry est hétéro !
- Je n'en serais pas si sûre à ta place, ricana le tableau. Et ça ne m'étonne pas. Quand les parents sont pourris à la base, le rejeton l'est forcément aussi.
- SILENCE ! hurla Hermione. Il est sorti un an avec Ginny. Harry n'est pas…
- Hermione ? Que se passe-t-il ?
Attirée par le bruit, Molly Weasley avait quitté la cuisine et se trouvait en haut des escaliers, le regard interrogatif. Hermione rangea précipitamment sa baguette et désigna l'ancêtre de Sirius du doigt.
- Elle m'a énervée, rien de grave, assura-t-elle. Je monte à la bibliothèque. Vous devriez dormir Molly.
Sous le regard intrigué de la rouquine, Hermione monta rapidement les escaliers menant au troisième étage, où avait été aménagée une petite bibliothèque. Elle se laissa tomber sur une des chaises, et s'appuya à la table qui était au centre de la pièce.
Elle n'avait rien contre l'homosexualité. Mais jamais cette idée ne lui avait frôlé l'esprit. Qu'avait pu voir ou entendre la vieille Black pour parler de ça ? Est-ce que par hasard Harry et Malfoy seraient…
Elle secoua la tête. Oui, le roman d'amour parfait. Après la haine, l'amour éternel ! Elle n'y croyait pas. Et pourtant… Elle repensa à ces bagarres constantes qui avaient lieu lorsque Draco était prisonnier à Grimmaurd. C'était elle qui était chargée de soigner les blessures, elle savait donc très bien que les deux garçons ne faisaient pas semblant de se frapper.
Et puis le souvenir de cette soirée où Harry et Ron étaient partis à Londres pour enquêter lui revint. Ce soir là, Harry et Draco s'étaient disputés plus fort encore que d'habitude. Et quelque chose semblait avoir déjà changé. Maintenant qu'elle y repensait, Harry avait montré un caractère très colérique pendant la préparation de leur départ, et il avait tenu à voir Malfoy avant de quitter Grimmaurd.
C'était quelques jours plus tard que Draco s'était échappé pour aller le rejoindre. Il fallait bien que quelqu'un lui ait dit où ils s'étaient cachés.
Ron était persuadé que c'était Harry lui-même qui l'avait dit au mangemort, mais Hermione n'en était pas sûre. Le brun était particulièrement énervé après le blond ce soir-là, pourquoi lui aurait-il donné une telle information ?
La jeune femme se laissa aller contre le dossier de sa chaise en soupirant. Après la disparition de Malfoy, Ron était revenu, seul, pour dire que le prisonnier était avec Harry. Maugrey avait tout de suite voulu les rejoindre pour récupérer le mangemort. Mais Lupin l'en avait empêcher. Le loup garou avait expliqué aux autres que si Harry voulait parler avec Malfoy, il devait avoir ses raisons.
Dans l'ombre de la bibliothèque, Hermione fronça les sourcils. Plusieurs autres souvenirs lui revinrent où, chaque fois que la conversation tournait autour de Malfoy et Harry, Remus ramenait le calme. Serait-il au courant de quelque chose ?
Non, pourquoi Harry aurait-il confié une chose si importante à l'ami de son père et pas à ses deux meilleurs amis ? La réponse paru évidente à Hermione : parce que jamais Ron n'accepterait une telle chose.
Elle soupira. Si Harry avait réellement une relation plus poussée avec l'ancien serpentard, beaucoup de choses s'expliquaient. Son regard se perdit dans le coin de ciel qu'elle apercevait par la fenêtre. En dehors d'elle et Molly, tous les autres étaient allés se coucher, attendant d'avoir des nouvelles des différentes missions.
La jeune femme se sentait épuisée. La journée avait été longue et stressante. Elle avait peur pour Ron, elle avait peur pour Harry… Elle avait peur de se retrouver seule. Elle avança un peu sa chaise vers la table et posa ses bras dessus. Elle nicha sa tête au creux d'un coude plié et ferma les yeux. Elle eut une dernière pensée pour Pattenrond, réfugié au terrier avec Hedwige, avant de s'endormir complètement.
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Un étage plus bas, dans la chambre des jumeaux, quelque chose frappa sur un des carreaux de la grande fenêtre. Fred Weasley ne dormait pas. Couché dans le noir depuis de longues heures, il ne parvenait pas à fermer les yeux. Il se leva donc aussitôt, le cœur battant. Avant même de prendre la lettre qu'un hibou gris apportait, il savait d'où est-ce qu'elle venait.
Une fois le volatile reparti, Fred se laissa tomber sur son lit, la lettre sur les genoux. La réponse qu'il se posait depuis des semaines se trouvait là, à quelques centimètres de ses doigts, à peine cachée par une grossière enveloppe de parchemin.
Le prénom de Georges s'étalait en grosses lettres bleues. Le cœur battant, Fred posa une main sur le papier. Avait-il le droit d'ouvrir ? Non, bien entendu. Mais il en avait tellement envie.
Il repensa à tout ce qui s'était passé entre lui et son frère depuis la mort de Dumbledore. C'était comme si la bataille de Poudlard avait déclenché tous les faits. A l'époque de l'école, ils étaient suffisamment occupés ensemble pour ne se rendre compte de rien. Fred avait bien ressenti une pointe de jalousie envers Angelina lors du bal de cinquième année, mais il avait mis ça sur le compte de la robe magnifique que portait son frère.
Les choses s'étaient compliquées quand ils avaient quitté Poudlard, pour s'installer à leur compte. Pire encore, lorsque pendant cette fameuse bataille, ils avaient cru se perdre pour toujours. Après l'enterrement de l'ancien directeur, ils avaient dormi ensemble, comme lorsqu'ils étaient petits. Juste enlacés, pour se rassurer. Pour se prouver que rien n'avait changé.
Depuis ce moment, les choses s'étaient compliquées. Ils avaient fini par fermer le magasin, craignant la prise de risques que cela impliquait. Ils s'étaient installés à Grimmaurd, sous la protection de l'Ordre. Georges avait fini par écrire cette lettre à Angelina, lui demandant de quitter son poste d'aide soignante à Sainte Mangouste pour venir le rejoindre, en sécurité.
Et la réponse était là.
N'y tenant plus, Fred déchira l'enveloppe et en sortit un parchemin plié en quatre. Ses yeux humides parcoururent la lettre rapidement. Il n'y avait pas grand chose. Elle refusait, tout simplement.
La maison était plongée dans un silence lourd qu'appesantissait encore l'ombre qui y régnait. Fred se glissa dans les escaliers sans bruit. Son frère était à l'étage en dessous. Depuis leur dispute où Georges avait failli le frapper avec un livre, ce dernier dormait dans la pièce de l'arbre généalogique des Black. Personne ne venait jamais ici, sauf eux, parfois. Même Harry fuyait la haine qui semblait régner entre ces quatre murs.
Fred entra dans la salle et s'approcha lentement de son frère. Celui-ci était allongé sur le vieux canapé qui occupait un coin de la pièce. George avait enfoui sa tête sous un bras, laissant l'autre tomber jusqu'au parquet. Il dormait, sur le ventre, profondément. Son frère tendit une main vers les cheveux roux et les caressa tendrement. Comment en étaient-ils venus à se disputer à ce point ? Pourquoi n'avaient-ils pas réussi à faire face comme d'habitude ? Fred se détestait, vraiment. Il se détestait d'être le frère de cet homme qu'il aimait, se détestait de lui ressembler autant et de l'aimer quand même.
Le rouquin se redressa et posa la lettre ouverte au sol, à côté de la main qui frôlait le parquet. Puis il s'éloigna en silence, à reculons. Il aurait aimé voir le visage endormi de son frère, mais il restait caché sous ce bras. Il referma la porte de la pièce sans bruit et remonta dans sa chambre.
oOoOoOoOoOoOo
Dans la cuisine, Molly Weasley attendait. Pour la énième fois elle refit le décompte : Bill dormait à l'étage avec Fleur. Charlie était quelque part en Roumanie, à moins qu'il n'ait été déplacé… Molly poussa un soupir. Charlie était quelque part. Elle ne pouvait en savoir plus. Percy… Percy devait probablement dormir et demain matin il reprendrait le chemin du ministère. Sauf si lui aussi avait été appelé d'urgence comme les aurors. Dans ce cas il allait peut-être croiser Ron.
Ronald, justement… Une larme glissa des yeux humides de la mère de famille. Son plus jeune fils lui échappait. Même lui, elle n'arrivait pas à le garder près d'elle, en sécurité. Fred et Georges étaient sous le même toit qu'elle. C'était toujours ça. Sauf qu'ils ne s'adressaient plus la parole qu'en criant…
Enfin, Ginny. Noël approchait et Molly se réjouissait de revoir sa fille bientôt. Mais elle s'inquiétait d'une chose : ni elle ni Harry ne demandaient des nouvelles de l'un et de l'autre. Où en étaient-ils ?
La femme se leva en soupirant et porta sa tasse de thé sale dans l'évier. Elle allait se refaire chauffer de l'eau. Elle n'avait que ça à faire : attendre. Attendre qu'ils reviennent tous vers elle, en vie, et avec le sourire.
Soudain, un bruit se fit entendre dans le placard sous l'évier. Molly poussa un petit cri et lâcha sa tasse. Kreatur en sortit en grognant, bondissant comme un fauve.
- Ah ! C'est vraiment pas vrai… Ah !
- Qu'est-ce que…, commença Molly.
- Hein ? s'exclama l'elfe en se tournant vers elle. Ah ! Je dormais !
Et il disparut.
Molly, dont le cœur battait la chamade, se ressaisit lentement. Elle avait visiblement réveillé l'elfe de maison. Mais où était-il parti ? Harry lui avait interdit de transplaner hors de la maison. Agacée, la rouquine se pencha pour réparer la tasse cassée au sol.
Mais à peine l'avait-elle posée dans l'évier qu'une sorte d'explosion à l'étage la fit de nouveau sursauter.
- Mon dieu, murmura-t-elle en sortant précipitamment sa baguette.
Des voix s'énervaient à l'étage. Celle nasillarde de Kreatur qui répondait à…
- Remus ! s'exclama Molly. Oh mon dieu ! Harry ! Qu'est-ce qu'il a ?
- Une bonne fièvre, il faut le coucher et appeler Pompom.
Dans le hall de l'immense maison, Remus Lupin venait d'atterrir, Harry Potter dans ses bras, grâce à Kreatur qui semblait aussi préoccupé de son maître que de la poussière qui s'entassait sur le tapis. A présent toute excitée, Molly aida le loup garou à monter le jeune garçon vers sa chambre. Sur les paliers, quelques têtes endormies se montraient, attirées par le bruit. Bill et Fleur regardèrent passer le petit groupe en demandant ce qu'il s'était passé. Georges sortit précipitamment de la pièce où il dormait, une lettre à la main.
- Il…
- Il a juste de la fièvre, le rassura Molly. Allez à la cuisine, on arrive.
Rassuré, le rouquin, les regarda monter à l'étage au-dessus avant de suivre l'ordre de sa mère. Il avait bien trouvé la lettre ouverte, et l'avait lu, sans qu'aucune déception ne se fasse ressentir. Il s'était attendu à son refus. A présent, il allait devoir affronter la vérité de ses sentiments…
Ce fut Hermione qui fit le plus de bruit en apercevant Harry.
- Comment êtes-vous revenus ? Pourquoi est-il comme ça ? Est-ce que ça va ? Et pourquoi…
- Hermione ! la coupa Remus. Nous allons faire une réunion dès ce soir pour tout expliquer, mais avant, il faut le laisser se reposer.
- Je vais appeler Pomfresh ! lança Molly qui repartit vers le hall.
- Je reste avec lui, imposa alors la jeune femme inquiète et heureuse à la fois de savoir son ami hors de danger.
Remus acquiesça et sortit de la chambre. Il descendit rejoindre les autres dans la cuisine. Tous à présent parfaitement réveillés, attendaient avec impatience de savoir ce qui c'était passé. Fred les avait rejoint et il jetait des coups d'œils ennuyés en direction de son jumeau qui évitait chacun de ses regards.
- Où sont les autres ? s'étonna Remus en acceptant un bol de café.
- Pendant votre absence, Kingsley et les aurors ont été appelé d'urgence, expliqua Bill. On ne sait pas où ils sont pour l'instant.
- Harry a rêvé du retour de Voldemort. Il rappelait tous ses mangemorts à lui, murmura Remus, soucieux.
- Est-ce que vous croyez qu'une bataille…
- Non, on le saurait déjà, coupa Molly. Arthur est avec eux, et il nous prévient si besoin est. Maintenant, explique-nous ce qu'il s'est passé Remus.
Le loup garou eut un faible sourire et sortit de sa poche le diadème de Serdaigle qu'il posa sur la table de bois.
- On a trouvé ça, annonça-t-il avec un air satisfait sur le visage.
La cuisine resta un instant silencieuse, devant la surprise de voir l'avant dernier horcruxe sous leurs yeux, puis tout le monde éclata en même temps.
- Magnifique ! s'exclama Bill en levant un poing en l'air.
Fleur applaudit des mains en sautillant tandis que Molly se laissait tomber sur une chaise, un large sourire illuminant son visage. Les deux jumeaux, se retrouvèrent bêtement dans les bras l'un de l'autre, avant de se reculer précipitamment et de vérifier que personne ne les avait vu.
- Il était donc bien dans la grotte ! lança Georges pour se donner une contenance.
- Oui, confirma Remus. Cette fois, nous sommes rentrés dans le lac. Nous n'avons croisé aucun nouveau strangulot. Par contre, au bout d'un moment, un tourbillon nous a aspiré et on est tombé dans une sorte de grotte, sous l'eau.
- Co… comment en êtes-vous sortis ? s'étonna Fleur.
- Grâce à Kreatur. Harry l'a appelé.
La simplicité de cette solution laissa tout le monde pantois. Puis chacun félicita de nouveau le loup garou.
Pendant qu'ils discutaient, Pomfresh arriva enfin. Tout en soignant Harry sous les yeux inquiets de Molly et d'Hermione, elle expliqua que la surveillance de Poudlard avait été renforcée, à cause des événements du Chemin de Traverse.
- Quels événements ?
- Quand les aurors rentreront, ils vous expliqueront, assura l'infirmière. Ils ne devraient plus tarder. Maintenant, excusez-moi, mais j'ai encore beaucoup de travail à Mangouste. Harry ne doit pas se lever jusqu'à demain soir, ajouta-t-elle avant de disparaître dans la cheminée.
Tous retournèrent dans la cuisine, laissant Harry se reposer.
- Je pense que sa fièvre vient de la proximité du diadème. Il n'avait pas l'air bien, déjà avant d'aller dans le lac, expliqua Remus.
- Vous êtes partis juste après son rêve, reprocha Hermione. Sa connexion avec Voldemort devait encore le gêner.
La nuit s'achevait. Le retour de ceux qui étaient partis au ministère se faisait de plus en plus pressant. Fleur avait déjà laissé sa tête reposer sur l'épaule de son fiancé. Celui-ci participait activement à une discussion avec Georges et Fred, tandis que Remus, Hermione et Molly cherchaient à savoir ce qui avait bien pu se passer sur le Chemin de Traverse.
Enfin, alors que le soleil commençait à se lever, la porte d'entrée claqua, et des voix se firent entendre en chuchotant. Les pas souples des cinq sorciers descendirent les escaliers vers la cuisine, persuadés que tous les autres dormaient encore.
- Ah non ! Ils sont là ! s'exclama Tonks. J'avais raison, rigola-t-elle en lançant un clin d'œil à Maugrey qui haussa les épaules.
Ses cheveux reprirent soudain leur couleur rose la plus courante lorsqu'elle s'aperçut également de la présence de Remus.
- Vous êtes revenus !
Et elle se jeta dans ses bras, tout comme Arthur dans ceux de Molly et Ron dans ceux d'Hermione.
Les conversations se croisèrent, tous voulaient savoir ce que chacun avait fait. L'horcruxe trônant toujours au centre de la table attira les regards des nouveaux venus. Remus dut donc rééxpliquer ce qui s'était passé.
Puis ce fut au tour de Kingsley de prendre la parole.
- Vous-Savez-Qui a envoyé ses hommes arracher les affiches du ministre. Lorsque nous sommes arrivés sur le terrain, il y avait des centaines de marques des ténèbres dans les rues.
- Il fallait s'y attendre, grogna Bill. A quoi pense Scrimgeour ?
- Il espérait intimider Voldemort, ricana Ron. Du coup, il a envoyé les aurors pour nettoyer les lieux.
- Serait-ce la fin de la guerre froide ? murmura Molly.
- En tout cas, ce qui est sûr, c'est que Voldemort est revenu. Les choses vont s'accélérer, c'est évident, assura Arthur.
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A l'étage, dans sa chambre, Harry Potter entrouvrit les yeux. Il reconnut le plafond et soupira de soulagement. Le temps qu'il était resté dans cette grotte avec Remus lui avait semblé une éternité. Il se sentait encore fiévreux, mais la tiédeur des draps l'aida à se rendormir paisiblement.
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- Bon, et si on allait se coucher ? lança soudain Remus avec un petit sourire.
Tout le monde approuva joyeusement cette proposition, et l'ensemble de l'Ordre quitta la cuisine sans regret. Mais arrivés au palier, ils eurent la surprise d'y trouver Draco Malfoy, debout face au tableau de Mrs Black, la défiant des yeux.
- Toi ! s'écria Ron qui bouscula Fleur pour se jeter sur le blond.
- Non ! hurla Hermione en tentant de l'arrêter.
Elle repensait à ce qu'elle avait appris pendant la nuit. Si la relation entre le mangemort et Harry était vraie, il allait falloir régler le léger problème que causait la haine du rouquin envers le blond.
- Arrêtez, supplia-t-elle à genoux, tandis que sous les yeux figés de surprise des autres, les deux jeunes hommes se frappaient sans aucune retenue, roulant au sol.
Enfin, Remus Lupin s'avança. D'un coup de baguette il les sépara. Haletant, écartés l'un de l'autre par une force magique, ils se jetaient encore des regards haineux.
- Tu n'as rien à foutre ici sale traître ! grogna Ron en réajustant son tee-shirt. Maugrey, il faudra renforcer la protection pour…
- Ça suffit Ron, coupa Remus en fronçant les sourcils. Justement, si la protection laisse passer Malfoy c'est qu'il doit être de notre côté.
- Pas du tout, trancha le blond de sa voix froide. C'est juste parce que je connais le gardien du secret.
Un silence pesant prit place entre l'Ordre et le mangemort acculé contre un mur. La fierté et l'insolence du blond avaient été particulièrement loin cette fois. Arthur réagit le premier.
- Expelliarmus ! lança-t-il.
La baguette de Draco sauta de sa poche pour atterrir dans la main tendue du père de famille.
- Je crois que tu seras heureux d'apprendre que personne n'a occupé ta chambre depuis ton départ, siffla Arthur.
- Je dois voir Potter, répliqua toujours aussi froidement le blond.
- Et bien c'est lui qui viendra te voir, dans ta cellule là haut, siffla Ron.
De fines bandelettes sortirent de la baguette de Maugrey et vinrent entourer fermement les poignets de Malfoy qui ne se débattit même pas. Puis la petite troupe monta dans les étages, sous les yeux inquiets de Remus, et tristes d'Hermione. Cette dernière décida qu'il était de son devoir de prévenir Harry du retour de son espion.
Restée dans le hall pour éteindre les lumières, Molly Weasley eut un sourire fatigué : son désir s'était finalement réalisé. Tout le monde revenait, même Draco Malfoy.
à suivre...
Voili voilou... Bon alors tout de suite, le chapitre 13.
