Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr. ^^
Couple : HP-DM, FW-GW, SS-V (qui ne sont plus des surprises...)
Résumé : Harry et Remus sont revenus d'Ecosse avec l'Horcruxe, et Draco est revenu à Grimmaurd, chassé de chez Snape par Voldemort.
Petit post it : Et bien voilà... Que dire ? Peut-être qu'un certain couple est enfin un peu plus développé dans ce chapitre, et qu'un autre retrouve toute sa dimension, sous des draps tout chaud. J'espère que ça vous plaira.
Bonne lecture !
Chapitre 15 : La douceur d'un drap…
La première chose que vit Harry en ouvrant les yeux ce matin là fut la couleur terne mais cependant rassurante des murs de sa chambre. Avec un soupir, il se recala dans son oreiller, chassant de son esprit l'image de cette cave ensorcelée par Voldemort. Plus d'eau au-dessus de sa tête, mais l'affreux plafond de Grimmaurd. Plus de cadavres de strangulots dans les coins : à la place, des tas de linges sales.
En revanche, la fièvre ne l'avait pas quitté pendant sa courte nuit. Le soleil était haut dans le ciel, mais personne ne bougeait dans la maison. Personne, sauf Hermione qui avait à peine dormi après le retour des aurors et de la mission d'Ecosse.
La jeune femme grimpait les marches grinçantes en direction de la chambre d'Harry, justement. Elle frappa légèrement à la porte, et ayant perçu la faible réponse du brun, elle entra. Un sourire plus tard et elle s'asseyait déjà sur le bord du matelas.
- Comment te sens-tu ?
- Comme si un hyppogriffe avait pondu sur ma tête, répondit Harry.
- Ah ! C'est bon signe, rigola Hermione.
- Tu crois ?
- Oui, oui ! L'œuf va bien finir par éclore, ajouta-t-elle très sérieusement.
Le brun lui jeta un regard amusé avant de lui demander ce qui l'amenait de si bon matin.
- De si bon matin ? ricana la jeune femme. Il est midi passé.
- On s'est tous couché tard !
- C'est vrai, admit-elle en souriant. Non, en vérité je voulais te féliciter pour l'horcruxe. Il n'y a plus qu'à le détruire.
- Je comptais demander à Ron… Tu crois qu'il acceptera ? murmura Harry.
Hermione lui jeta un regard triste.
- Il t'en veut tu sais.
- Mais il refuse qu'on parle, protesta Harry en se redressant dans son lit. Si seulement il acceptait de comprendre !
- Comprendre quoi ?
Harry avait senti le ton curieux qui se dégageait de la question. Il jeta un coup d'œil à son amie et se demanda tout de suite s'il pouvait lui dire. Intelligente comme elle était, peut-être même avait-elle déjà une idée…
- Alors ? insista-t-elle.
- Comprendre… et bien… je sais pas moi ! Comprendre pourquoi j'essaye de faire confiance à Malfoy.
- Ah… c'est donc bien ça, murmura Hermione.
Harry détourna les yeux et regarda vers la fenêtre. L'automne s'achevait. L'hiver était bien là, avec son air froid, ses paysages blancs, son soleil pâle, ses journées courtes, ses nuits trop longues. Lorsque le brun reposa son regard sur son amie, celle-ci arborait un sourire mesquin.
- Quoi ? grogna-t-il, se sentant coupable malgré lui.
- Tu sais très bien, lança la brune en croisant les bras. Tu me caches quelque chose.
- Et alors ? J'ai bien le droit.
- Mmh… Au fait, tu sais que Ginny va venir pour Noël ? On va être tous réuni. Ça fait tellement longtemps ! Je crois que Molly sera la plus heureuse. Même Charlie devrait venir.
- Ah…
Le sourire d'Hermione se fit plus triste face au regard perdu de son ami. Elle le savait, elle le torturait. Elle se doutait qu'il devait se sentir coupable face à son ex petite amie. Mais elle voulait qu'il lui dise, qu'il lui fasse confiance, qu'il se libère un peu de cette pression qu'il voulait garder pour lui.
- Dis moi Harry… Que penses-tu de Malfoy ? Sincèrement ?
Il se contenta d'abord de triturer son drap entre ses doigts, et finalement, il se lâcha.
- Il… il est comme l'hiver tiens, lança-t-il en regardant de nouveau par la fenêtre. Il est froid, gelé même. Un bloc de glace. Et ce que j'aime c'est… c'est que quand je m'approche… c'est comme si j'étais du feu. Parce qu'il se laisse approcher, il se laisse prendre comme… comme je sais pas. Tu vois ? Il… je fais fondre la glace. Je brise le bloc, et… Voilà.
Les secondes de silence qui suivirent ce demi aveu parurent une éternité à Harry. Il hésita un bon moment avant de tourner de nouveau la tête vers Hermione. Il fut surpris de voir qu'elle souriait, et malgré ses joues rougies, elle semblait prendre la chose avec tolérance.
- Tu… comprends ? murmura Harry.
- Tu l'aimes ? répliqua Hermione.
- Ah… je sais pas… non. Non je ne crois pas.
- Et lui ? Il t'aime ?
- On parle de Malfoy, ricana le brun. Rappelle-toi… la glace.
- Certes, mais il pourrait éprouver des sentiments pour toi.
Le brun fit non de la tête persuadé qu'il n'y avait rien entre eux.
- Donc tu lui fais confiance ? demanda encore la jeune femme.
- Pas vraiment, mais je ne peux pas non plus le renier complètement.
- Oui.
Ils se sourirent, Harry heureux que quelqu'un comprenne, heureux de s'être libéré de ce poids et de s'être confiée à son amie, et Hermione, satisfaite d'avoir compris, d'avoir su trouver les mots pour amener le brun à parler.
- Te sens-tu assez d'aplomb pour aller le voir alors ? lança-t-elle tout à coup en se levant.
- Voir qui ? s'étonna le jeune homme.
- Et bien ! Malfoy !
- Mais… il est retourné chez Snape.
- Il est revenu ici cette nuit après les aurors. Je voulais te prévenir, mais tu dormais à poings fermés et j'étais moi-même fatiguée. C'est aussi pour ça que je venais ce matin. Je voulais aller le voir avec toi. Je crois que les autres n'écouteront pas ce qu'il a peut-être à nous dire. Ron lui a littéralement sauté dessus.
- Ah, murmura simplement Harry. Ron… il ne comprendra jamais, n'est-ce pas ? ajouta-t-il d'une voix blanche.
Hermione haussa les épaules avec un petit sourire d'excuses.
- En attendant… tu viens ?
Le brun hocha la tête et écarta les draps pour se lever. Sa tête lui tournait un peu, mais il pouvait se lever, quitte à se recoucher plus tard. Il enfila un pantalon et un tee-shirt qui traînaient par là et sortit dans le couloir avec Hermione. Ensemble ils montèrent les escaliers jusqu'au dernier étage.
Harry fronça les sourcils en voyant la porte de la chambre du mangemort de nouveau fermée à clef, comme à l'époque où il n'était que prisonnier. Hermione sortit la clef de sa poche, et après avoir frappé deux coups, ils entrèrent.
Les rideaux étaient tirés, ne permettant pas à la lumière du jour de pénétrer dans la pièce. Visiblement, le blond était encore au lit. Le bruit l'avait cependant réveillé puisque pendant qu'Harry refermait la porte, il se redressa en se tournant vers eux.
- Qu'est-ce qu'il y a ? grogna-t-il en ne voyant d'abord qu'Hermione.
- Tes visites sont de plus en plus inattendues, répondit Harry en se détachant de l'ombre pour s'approcher de la fenêtre.
Il ouvrit les rideaux, faisant papillonner des yeux Draco qui remonta aussitôt le drap sur son torse nu. Lorsque le brun se retourna vers lui, il fut désamorcé par son sourire. Potter semblait serein et souriait de façon déconcertante. Tout le contraire de lui, qui avait passé sa matinée à se tourner et se retourner entre ses draps, la tête trop pleine, le cœur vide.
- Tu n'as pas dormi la nuit dernière toi non plus ? demanda Hermione en allant s'asseoir par terre, à son endroit habituel.
- Si, répondit simplement Malfoy.
- Alors pourquoi dors-tu encore alors que le jour est levé ?
- Granger… si tu connaissais mieux les prisons, tu saurais qu'on y fait que dormir, siffla le blond.
En un geste souple mais néanmoins agacé il écarta les draps et se leva, faisant fi de sa nudité. Hermione rougit et détourna aussitôt la tête : visiblement, le blond n'était pas du genre à s'encombrer de tissus la nuit. Elle se persuada mentalement qu'elle n'avait rien vu du corps gracile et s'empêcha d'écouter les bruits de vêtements qui lui parvenaient à présent. Harry en revanche ne perdait pas une miette du spectacle et eut un fin sourire presque attendri en voyant les fesses blanches et rondes de son espion disparaître sous un pantalon.
- Tu… tu pourrais prévenir Malfoy, grogna la jeune femme le visage toujours tourné vers le mur.
- Quoi ? La belette ne t'a pas encore raconté comment l'homme est fait ? ricana le blond en fermant sa chemise.
- Draco !
Le mangemort se détesta aussitôt de se sentir coupable face au ton de reproche qu'il avait senti dans la voix de Potter. Une fois habillé, il retourna s'asseoir sur son lit et fixa le brun. C'était à lui qu'il voulait parler, et c'était lui qu'il voulait entendre.
- Pourquoi tu n'es pas venu me voir tout de suite cette nuit ? reprocha-t-il.
- Je n'ai su que tu étais rentré qu'il y a cinq minutes. Cette nuit, je dormais.
- Ah… et il ne faut pas réveiller sa seigneurie.
- Il avait de la fièvre ! riposta Hermione. Il en a encore d'ailleurs. Et il est rentré de mission pas longtemps avant toi Malfoy.
- Ah… d'Ecosse…
- Tu en sais trop, murmura la jeune femme.
- Sans doute, répondit Draco en haussant les épaules. Je sais aussi que les Lestrange sont chargés de surveiller la grotte. Visiblement pour rien puisque vous en êtes revenus… Comment avez-vous fait d'ailleurs ? Je sais également que d'une manière ou d'une autre, Vous-Savez-Qui sait que l'Ordre est allé fouillé par là-bas.
- Tu as dû lui dire, siffla Hermione.
- Non, il nous a vu, lança Harry, toujours appuyé contre la fenêtre.
- Vu ?
- Il y a une certaine… connexion entre Voldemort et moi, expliqua Potter d'un ton calme sous le regard inquiet d'Hermione.
- Tu n'es peut-être pas obligé de lui dire, lança-t-elle.
- Et tu n'es pas non plus obligé de prononcer son nom, approuva Draco en s'appuyant contre son oreiller. Je m'en doutais pour la connexion de toute façon Granger.
- Encore une fois, tu sembles savoir trop de choses, constata froidement Hermione.
- Est-ce que tu as découvert quel était l'objet que… Tu-Sais-Qui est allé chercher ?
- Non. Par contre je sais qu'il l'a trouvé. Il est revenu avec.
- Ça nous le savons déjà, fit remarquer la brune.
- Autre chose à nous apprendre ? demanda Harry.
Draco repensa à la liste qu'il avait écrite dans la nuit et qui se trouvait là, dans sa poche, sans doute un peu froissée. Il avait déjà dit tout ce qu'il n'avait pas barré. Soit il passait aux choses sérieuses, soit…
- Non, rien pour l'instant, affirma-t-il.
Potter soupira tandis que Granger l'observait minutieusement. Malfoy se méfiait de cette fille. Elle était trop perspicace.
- Rien sur Snape ? insista-t-elle.
- Pourquoi Snape ? demanda Draco d'une voix neutre. C'est la deuxième fois que tu me demandes des choses sur lui. Qu'est-ce que tu espères entendre ?
- Je ne sais pas, ça dépendra de ce que tu as à dire.
- Je ne peux rien dire sur lui.
- Tu vis toujours chez lui ? demanda soudain Harry d'un ton légèrement moins calme.
Malfoy se souvint que l'ancien professeur de potion avait été le motif de leur dernière dispute et la raison de sa dernière expulsion de Grimmaurd. Il devait précautionneusement choisir ses mots.
- Non, répondit-il franchement. J'ai mon propre toit désormais.
- Vraiment ? susurra Harry, dubitatif. Pourquoi ? Vous vous êtes disputés ?
- Très fin Potter, ricana Draco. Parce que je préférais avoir mon endroit pour y prendre mes habitudes.
Bien qu'il ne l'avouerait jamais, Harry était très content d'apprendre cela. Il se sentait rassuré dans le sens où il était bien le seul, semblait-il, à posséder le corps du blond… pour l'instant. De son côté, Hermione ne quittait pas des yeux le mangemort.
Disait-il la vérité ? Ne cachait-il pas quelque chose ? Se doutait-il qu'elle savait… ?
- J'aimerais beaucoup que tu enquêtes un maximum sur Snape, lança-t-elle enfin.
- Et comment ? L'Ordre me garde prisonnier, ricana Draco en montrant les murs de la pièce. Et quelles informations aurais-tu besoin d'avoir sur lui ?
- Quel rôle tient-il auprès de son maître ? Quelle mission lui confie-t-il ?
- Il est très proche de Tu-Sais-Qui et il n'a pratiquement aucune mission. Il semble en fait devoir rester en permanence à la portée du maître. C'est son conseiller. Ils doivent planifier les missions ensemble, ou quelque chose comme ça.
Plus il parlait, plus Draco se sentait l'envie d'en dire plus. Les premiers mots s'étaient fait hésitants. Il répondait plus pour le regard curieux de Potter posé sur lui que pour satisfaire Granger dont il n'avait que faire.
Sa langue s'était déliée plus facilement qu'il n'aurait cru. Oui, il était plus facile de parler devant Potter que devant Voldemort. Mais il devait s'arrêter, sinon, sa liste allait y passer. Et il y avait certaines choses dont il ne tenait absolument pas à parler.
- Il est donc si proche…, murmura Hermione en se relevant. Harry, je vais à la bibliothèque, rejoins-moi plus tard s'il te plaît.
Le brun n'eut pas le temps de lui en demander davantage. Elle laissa la clef de la chambre sur la porte et sortit rapidement.
- Quelle mouche…
- Laisse, coupa Harry. Elle doit avoir des idées derrière la tête.
- Je n'ai pourtant rien dit d'extraordinaire. Même le ministre sait que Snape est le bras droit de Tu-Sais-Qui.
Draco espérait vraiment que ses informations n'étaient pas si importantes. Mais le départ précipité de la jeune femme l'inquiétait. Et si elle découvrait quelque chose qu'elle n'aurait jamais dû savoir ? Si le maître devinait qu'il avait parlé…
- Tu n'es pas parti très longtemps finalement, lança une voix près de lui.
Sortant de ses réflexions, Malfoy constata que Potter en avait profité pour s'asseoir lui aussi sur le lit.
- Le temps m'a paru long pourtant, lâcha Draco en pensant à tout ce qui s'était passé, entre son retour chez Snape, la réunion avec Voldemort, l'annonce qu'il devait tuer son père, la location de la petite chambre d'hôtel, et enfin, son cauchemar de la veille.
- A moi aussi, répondit Harry se perdant lui aussi dans ses souvenirs d'une grotte, d'un lac, et d'un diadème lui brûlant les doigts.
Ils restèrent ainsi quelques secondes en silence les yeux dans le vague avant de se jeter un regard neutre.
- Pourquoi Ron s'est-il jeté sur toi ? demanda alors Harry d'un ton de conversation badine, tranchant le silence fragile qui s'était installé.
- Peut-être parce qu'il me déteste, non ? ricana le blond.
- Est-ce une raison suffisante ? Honnêtement ?
- C'est vrai, tu me détestes aussi mais tu ne te jettes plus sur moi.
Le sourire mesquin qui trônait sur les lèvres de Malfoy ne trompa pas Harry. Celui-ci s'appuya sur le matelas et avança vers sa proie en plissant les paupières.
- Tu préfèrerais ? murmura-t-il une fois son visage contre celui du mangemort.
- Non.
La réponse refroidit légèrement Harry qui se redressa et s'assit en tailleur au milieu du lit. Draco laissa échapper un léger rire avant de se lever pour se diriger vers la porte. Consciencieusement, en bon prisonnier qu'il était, il tourna la clef pour la fermer de l'intérieur.
- Vous n'êtes pas assez prudent monsieur le geôlier.
- Tu ne serais pas allé bien loin, répliqua Harry d'un ton bougon.
- Tu as ta baguette ? demanda le blond en se dirigeant à présent vers la fenêtre.
- Pour quoi faire ? Tu n'as pas la tienne…
Malfoy ferma les rideaux, plongeant la pièce dans une pénombre incertaine et répondit en avançant à pas de fauve vers le lit.
- Pour nettoyer mes draps une fois que j'aurais fini de te faire jouir jusqu'au plafond.
Harry fit une grimace.
- La métaphore n'est pas très poétique, remarqua-t-il.
- Le sexe n'a pas besoin d'être poétique, rétorqua Malfoy avant de prendre possession des lèvres du brun qui se laissa faire, passant même ses mains dans les cheveux pâles qui le chatouillaient.
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Deux étages plus bas, c'était Georges qui se réveillait. La veille, il avait tenu à attendre le retour des aurors en compagnie de tous les autres. Fred et lui avait parlé avec les autres, comme si de rien n'était. Mais ils ne pouvaient plus faire semblant. Il avait reçu la réponse d'Angelina, une réponse négative et il savait que Fred avait lu la lettre.
Le rouquin quitta son lit et fit quelques pas pour s'approcher de celui de son frère, lequel dormait encore pronfondément. Le rouquin s'assit prudemment au bord du lit et observa le visage de son jumeau. Pourquoi avait-il fallu qu'ils soient identiques ? Frères, mais jumeaux de surcroît ! Cela donnait un côté profondément narcissique à l'amour qu'il ressentait. C'était ce qui gênait le plus Georges.
Et pourtant, en y regardant de plus près, les tâches de rousseurs n'étaient pas toutes au même endroit… En se penchant un peu plus, il vit la légère cicatrice qui ornait le coin de l'œil droit de son frère, souvenir d'une griffure de Pattenrond… En s'approchant un peu, il fut certain que son frère n'avait pas la même odeur que lui. Et le goût ? Sa peau avait-elle le même goût ? Du bout de la langue, il s'apprêtait à frôler une des deux joues lorsque deux yeux verts s'ouvrirent en grand juste sous son nez.
La langue au coin des lèvres, Georges resta un instant interdit, partagé entre la honte et l'envie. Finalement il se redressa brusquement et commença à bafouiller sous le regard perdu et encore endormi de son frère.
- J'ai… euh… je… il est l'heure… de se réveiller.
Fred n'était pas idiot. Il avait parfaitement senti le souffle chaud de son frère sur son visage, c'était ce qui l'avait réveillé.
- J'ai lu la lettre, lâcha-t-il d'une voix rendue rauque par le sommeil.
Georges rougit. Cette fois, il n'allait pas pouvoir éviter la conversation, il le savait.
- Hier soir, quand elle est arrivée, tu dormais. Je te l'ai apportée, mais avant je l'ai lu.
- Je sais, répondit simplement Georges.
- Et… ?
- Je ne t'en veux pas, j'aurais fait pareil.
- On a toujours tout partagé, j'ai pas réussi à m'en empêcher.
- J'aurais fait pareil, répéta Georges, se rendant compte lui même de ce qu'il disait. J'aurais… j'aurais fait pareil, murmura-t-il encore.
Cette phrase était lourde de sens. Elle signifiait à Fred que son jumeau s'était imaginé dans la situation inverse : que lui, Fred, ait une petite amie, et que lui, Georges en soit celui qui en pâtisse. Pour Fred, que son frère ait pu imaginer cela, qu'il ait fait l'effort de se mettre à sa place, voulait tout simplement dire qu'il était prêt à accepter ses sentiments.
Le rouquin se redressa sur ses coudes dans son lit et plongea ses yeux dans ceux, identiques, de Georges.
- Tu allais faire quoi ?
La rougeur de Georges fut décuplée par cette simple phrase.
- Goûter, murmura-t-il simplement.
- Mmh… oui, goûte-moi.
Aucun des deux ne supporta plus longtemps la distance qu'il y avait entre leurs lèvres. Leurs caresses furent hésitantes. Malgré tout, ils partirent chacun à la découverte du corps de l'autre, avec envie et frénésie. Ils s'étaient voilés leurs sentiments véritables depuis bien trop longtemps, leur dispute avait pris des proportions qui les avaient eux mêmes dépassés.
Plus rien ne les retenait, sauf peut-être, la morale, la famille… tout. Mais plus leur peur.
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Ça n'était qu'un soupir après tout. Un soupir poussé avec ce souffle chaud dans son cou. Harry en frissonna. Etait-ce la fièvre ou la peau de Malfoy contre lui qui lui donnait cette chaire de poule divine ? Tout le torse du blond reposait sur son dos, il sentait les mains fines contre ses flancs et la langue dans son cou.
Et ce soupir… Draco soupirait de bien être, de sentir son amant sous son corps chaud. S'appuyant sur ses mains il se releva légèrement pour embrasser la nuque qu'il s'offrait à lui. Puis, doucement, il fit glisser sa langue le long de la colonne vertébral du brun. Il retrouvait ce goût qu'il connaissait si bien, de mieux en mieux. Il l'apprenait par cœur, pour les jours où il ne l'aurait plus en bouche. Pour le jour où il ne pourrait plus le goûter.
Harry se tortilla sous lui. Il essayait de se retourner. Draco l'en empêcha en le maintenant sur le ventre avec ses bras. Il s'approchait à peine des fesses du brun, ce n'était pas pour les voir disparaître.
La voix froide de Voldemort trottait dans sa tête : " Je veux que tu domines Potter…"
Il tenta de la chasser, de se concentrer sur les gémissement d'Harry qu'il faisait naître sous ses doigts, de se concentrer sur la douceur du dos qu'il caressait. Mais alors qu'il glissait enfin sa langue dans l'antre chaude du gryffondor, il fut tétanisé par son geste. Il faisait précisément ce que le maître voulait.
Il se redressa aussitôt, arrêtant toute préparation à une éventuelle pénétration et se leva sous le regard surpris d'Harry qui se retourna enfin.
- Draco ? murmura-t-il.
Debout au milieu de la pièce, tournant le dos au lit, le blond essayait de chasser l'image de Voldemort penché sur lui en train de lui donner ses trois derniers ordres… Ne plus approcher Snape… Dominer Potter… Tuer Lucius…
Un frisson de peur le parcoura. Il se retourna enfin vers le lit et observa le brun. Celui-ci c'était assis au milieu du matelas, les sourcils froncés d'incompréhension.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il.
- Comment êtes-vous sortis de la grotte ? murmura Draco.
Harry garda un visage surpris et continua de fixer le blond. Quelque chose l'avait arrêter et voilà qu'il parlait de cette grotte.
- Tu ne veux pas continuer ce que tu faisais plutôt ?
- Non, lâcha Draco en revenant enfin vers le lit.
Il grimpa sur le matelas et présentant son dos au brun avant de se pencher, à quatre pattes.
- Prends-moi, comme d'habitude, murmura-t-il.
Les fesses du blond à hauteur des yeux, Harry eut beaucoup de mal à se retenir de lui sauter dessus aussitôt. A la place, il s'approcha doucement et posa les mains sur les hanches pâles, les caressant paisiblement. Puis, en appuyant légèrement, il força Draco à se baisser et à s'asseoir. Enfin, il l'attira à lui et l'entoura de ses bras.
- Non, toi, murmura-t-il. Tu avais si bien commencé les choses… continue, je suis d'accord. Je veux te sentir, en moi, autour de moi, partout.
Les yeux de Malfoy s'étaient fermés d'eux mêmes. Son désir était trop fort pour être nié. Mais les yeux rouges de Voldemort revenaient sans cesse. S'il prenait Potter, après avoir fui la maison de Snape… il ne resterait plus que son père à tuer.
Il repoussa brusquement le brun et s'écarta de lui.
- Soit tu me prends, soit on s'en tient aux préliminaires, siffla-t-il. Et si me voir t'offrir à toi ne te suffit pas, on va en revenir aux bonnes vieilles habitudes.
En disant cela, il s'était levé de nouveau et s'approchait de la porte. Harry eut un bref mouvement de surprise, imaginant que le blond allait s'échapper, mais en réalité, le mangemort plaqua ses deux mains sur la porte, se pencha légèrement en avant, écarta les jambes et tourna la tête vers le lit.
- Maintenant Potter…, murmura-t-il.
Harry se souvient aussitôt de leur première fois, dans cette chambre d'hôtel miteuse, où Draco avait fait exactement la même chose. Rejetant ses questions à plus tard, le brun se leva et s'approcha.
Malfoy baissa la tête, fixant le sol en attendant.
Agacé par son comportement froid, Harry prit son propre sexe en main, écarta les fesses qui s'offraient à lui de l'autre main, et le pénétra directement.
- Gnnn…. !
Draco avait pensé à serrer les dents. Aucun bruit ne devait filtrer, ils étaient à Grimmaurd. Une larme coula le long de sa joue, solitaire. A présent, Harry le tenait par les hanches, et sans un bruit, sans un gémissement, sans un soupir, il allait et venait, le plus simplement du monde.
Petit à petit, l'image de Voldemort disparut, remplacé par celle de son amant, dont il imaginait le visage crispé juste derrière lui. En vérité, Harry était parfaitement détendu. Il se détachait de Malfoy au fur et à mesure qu'il le prenait. La froideur qu'il avait senti s'installé entre eux l'avait déboussolé. Juste au moment où il arrivait à parler de cette relation avec Hermione, il fallait que le blond fasse quelque chose d'aussi stupide.
Mais ce dernier n'avait pas voulu que les choses se passent comme ça. Il avait juste eu peur. Evidemment, il ne pouvait pas en parler à Potter, mais il voulait se rattraper malgré tout.
- Ha… Harry, murmura-t-il entre deux coups de reins. Il… y a d'autres choses… Je dois… ah… te dire…
Le brun ne put s'empêcher de se pencher un peu vers le cou tendu devant lui. Il l'embrassa, se fit plus doux dans ses mouvements.
- Après, murmura-t-il.
Harry était à la fois soulagé que la gêne soit dissipée, et vexé que leur relation soit si attachée à la guerre et à son déroulement.
Il laissa glisser une main vers le sexe du blond et entreprit de le caresser au même rythme que celui de ses hanches. Les gémissements commencèrent à revenir, ils se laissèrent petit à petit aller à reprendre leurs habitudes, leurs gestes, leurs soupirs. Et très vite, la jouissance arriva, moins passionnée, mais forte malgré tout.
Harry se plaqua contre le blond, l'empêchant de glisser au sol. Ils enlacèrent leurs doigts, reprenant leur souffle. Le silence de la maison les rassura sur leur discrétion. Sans se détacher du corps encore chaud du mangemort, Harry posa son menton sur une épaule pâle.
- Je t'écoute…, murmura-t-il.
- Jugson et Dolohov doivent trouver Rita Skeeter. S'ils y arrivent, elle est probablement en danger.
Le brun fronça les sourcils et se recula pour aller s'asseoir sur le lit.
- Skeeter ? Pourquoi faire ? demanda-t-il.
- Aucune idée, répondit Draco en s'appuyant contre la porte.
Harry laissa ses yeux glisser le long du corps nu du blond, perdu dans ses pensées.
- Il veut l'enlever ?
- Oui. Il veut aussi faire libérer Mulciber d'Askaban, pour investir le ministère.
Cette fois Harry se leva et attrapa ses vêtements en toute hâte.
- Il faut prévenir les autres, lança-t-il. Rhabille-toi, je viendrai te chercher.
- Je ne veux pas parler aux autres ! protesta Draco. Personne ne me fait confiance, quel intérêt j'ai à parler devant eux ?
Harry lui jeta un regard sévère et tourna la clef dans la serrure. Il ouvrit la porte et sortit sans un mot. Dans la chambre, debout dans sa nudité, Draco eut simplement l'envie de pleurer.
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- J'ai entendu du bruit, murmura Fred contre le torse encore chaud de son frère.
- Les autres doivent être réveillés, s'alarma aussitôt George en se redressant. Rhabille-toi, on va descendre les rejoindre pour manger.
- Attends !
Fred se leva à sa suite et l'entoura de ses bras.
- Jure moi que j'ai pas rêvé… qu'on a bien fait l'amour… et qu'on le refera.
George observa le visage inquiet de son frère et su qu'il avait définitivement fait le bon choix. Il voulait être là pour le protéger, il voulait recommencer à rire à ses côtés, il voulait être avec lui, tout simplement.
- Oui, murmura-t-il en souriant, on le refera dès ce soir.
Ils s'embrassèrent tendrement avant de sursauter : quelqu'un frappait à leur porte.
- Debout les jumeaux ! Réunion, tout de suite !
C'était Harry.
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La cuisine était plongée dans un silence rarement constaté à Grimmaurd. Les principaux membres de l'Ordre étaient là, assis autour de la grande table de bois, avec une tasse devant chacun. Harry reposa la sienne et se releva.
- Je vais le chercher, il vous dira ça lui-même.
- Laisse, j'y vais, lança Hermione en s'élançant dans les escaliers avant que le brun n'ait pu protester.
Elle monta les quatre étages rapidement et se retrouva assez vite devant la porte de la chambre de Malfoy. Elle l'ouvrit en grand. Le blond était appuyé contre la fenêtre, le regard perdu au dehors.
- On te demande en bas, lui lança-t-elle.
- Je ne veux pas parler.
- C'est Harry qui te demande de descendre, insista Hermione en sortant sa baguette.
- Et alors ? ricana le mangemort en se tournant vers elle.
- Alors tu pourrais avoir un minimum de respect envers lui, siffla la brune.
- Du respect ? Est-ce qu'il m'en montre lui ?
Le blond avait pris un air menaçant qui déplaisait à la jeune femme. D'un coup de baguette elle l'immobilisa et le fit flotter derrière elle.
- Je suis au courant de ce qui se trame entre vous, murmura-t-elle contre la tempe froide du blond. Donc j'insiste : respecte-le un minimum.
Si Draco avait pu écarquiller les yeux, il l'aurait sûrement fait. Mais il dû se contenter d'assimiler la confidence de Granger en se laissant traîner vers le sous sol de la maison. Il se retrouva bientôt attaché à une chaise, au bout de la longue table qu'il connaissait bien. Et ce n'est qu'une fois bien attaché par les soins de Maugrey qu'Hermione relâcha son sort et qu'il pu s'exprimer :
- J'ai rien à dire ! siffla-t-il rageusement en fixant Granger d'un regard hargneux.
- S'il te plaît Malfoy, entendit-il. Je leur ai parlé de ce que tu m'as dit, mais il nous faudrait des détails.
Pourquoi la voix de Potter était-elle si douce quand celle de Voldemort était si froide ? Probablement parce que l'un venait de le prendre contre une porte et pas l'autre…
- Je n'ai aucun détails, murmura-t-il en baissant la tête.
- Pourquoi Tu-Sais-Qui fait-il rechercher Skeeter ? lança Bill.
- Je ne sais pas.
- Qui est chargé de faire sortir Mulciber de prison ? demanda quelqu'un d'autre.
- Je… Selwyn, Yaxley, Thorfinn…
Le blond releva la têt et chercha Potter des yeux. Il le trouva, assis au milieu des autres, buvant ses paroles comme les autres, attendant de lui des preuves de son attachement à l'Ordre. Plus il parlait et plus le brun lui ferait confiance. Mais avait-il seulement besoin de cette confiance .
- Et qui d'autre ? insista froidement Ron devant le silence prolongé du blond.
- En fait, c'est tout, affirma le mangemort en détournant son regard du brun.
Il se refusait de parler de son père qui faisait aussi partit de cette mission. Finalement il avait presque dévoilé toute sa liste. Et il se sentait aussi vide qu'en présence de Voldemort. Sa place n'était donc pas ici non plus.
- S'il n'a rien de plus à nous dire, il vaudrait mieux le remonter, lança Maugrey.
- Je m'en occupe ! lança Hermione.
Cette fois, elle n'eut pas besoin de jeter un sort au blond. A peine ses jambes furent-elles déliées qu'il se mit debout et marcha vers l'escaliers, les bras toujours attachés dans le dos. Il sentait le regard de tout le groupe sur son dos tandis qu'il disparaissait dans les étages.
Il n'échangea pas un mot avec sa geôlière. Ce ne fut que lorsque celle-ci lui détacha les poignets qu'il se risqua à lui poser une question :
- Il te l'a dit ou tu as deviné ?
Hermione se retint de sourire. Le fait que le mangemort pose cette question prouvait que la relation qu'il entretenait avec Harry n'était pas anodine pour lui. Il s'y intéressait.
- Les deux, assura-t-elle en le fixant d'un regard pétillant. Si tu lui fais du mal, je t'étripe, rajouta-t-elle avant de fermer la porte à double tour.
Dans la cuisine, en attendant son retour, Arthur remarqua soudain quelque chose de surprenant.
- Mais, vous ne boudez plus ? lança-t-il à ses deux fils jumeaux, assis l'un à côté de l'autre, semblant réfléchir à la situation comme les autres.
George et Fred relevèrent la tête ensemble et rougirent sous les regards inquisiteurs des autres. L'arrivée d'Hermione les soulagea en partit. Mais George dû malgré tout assurer à tous qu'en effet, son frère et lui s'étaient réconciliés.
La réunion s'acheva sur la décision d'informer le ministère du risque de l'évasion de Mulciber dans les prochains jours. Il ne fallait surtout pas que ce mangemort redoutable ne s'échappe. Quant à la mission qui concernait Rita Skeeter, ils décidèrent d'attendre d'en savoir plus.
L'après midi passa rapidement pour tout le monde. Le soir, Harry monta directement dans la chambre de Draco, bien décidé à ne pas le laisser parler une seule fois de la nuit. Et en effet, le blond fut bien trop occupé à embrasser la peau de son amant, dans ces draps qui n'étaient pas les siens, dans ces draps blancs qui le tenaient prisonnier.
Dans ces draps aussi doux que le corps qui s'offrait à lui…
à suivre...
Et voilà ! J'espère que ça vous a plu. Au prochain chapitre, une certaine organisation entre Harry et Draco va se mettre en place. Et comme la guerre froide est finie, il ets fort possible que les choses s'accélèrent encore. Et il y a toujours un horcruxe à détruire : le serpent....
A votre avis, juste pour voir si vous avez des idées : est-ce que Lucius va réussir sa mission de faire échapper Mulciber ? Est-ce que Draco va devoir le tuer ? Et pourquoi Voldemort a-t-il besoin de Rita Skeeter ?
Et puis par hasard.... vous n'avez toujours pas d'idées sur la nature de l'objet que Voldemort est allé chercher jusque chez les vampires ? hé hé
