Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr. ^^
Couple : HP/DM, SS/V, FW/GW.
Résumé : Draco est de nouveau retenu prisonnier à Grimmaurd. Il a mis au courant l'Ordre d'une mission de Voldemrt, à savoir libérer Mulciber d'Askaban. Tout est mis en oeuvre pour éviter cela...
Petit post it : Mes chers amis, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Commençons par la mauvaise : je n'ai plus internet chez moi. Du coup, j'ai bien vu toutes les nouvelles reviews que certains d'entre vous ont mis, ici et sur d'autres fics, mais je n'ai pas eu le temps d'y répondre encore. =( Je le ferai petit à petit, as soon as possible. ^^
La bonne nouvelle c'est que le 16ème chapitre de Break the ice est sous vos yeux et que je vous souhaite la meilleure lecture possible !
Chapitre 16 : Une bulle dans le chaos.
Lorsqu'Harry descendit prendre son petit déjeuner, il fut surpris de trouver Draco déjà attablé, devant un bol de café chaud. Hermione, elle aussi présente, lui fit un petit sourire pour lui faire comprendre qu'elle avait la situation bien en main.
Comme à son habitude, Molly s'activait pour nourrir tout ce petit monde. Elle posa un bol devant Harry et poussa vers lui la corbeille de toasts. Le brun s'installa face à son amant.
- Bien dormi ? lança-t-il.
Ce fut Hermione qui répondit en premier.
- Très bien oui. Ron est déjà parti avec Tonks et Kingsley. Et toi ?
Le brun hocha la tête et écouta d'une oreille discrète le sifflotement de la théière sur le feu. Il leva la tête vers le mangemort.
- Et toi ?
Draco avala sa bouchée de pain et haussa un sourcil sans le regarder.
- L'air est frais en prison, mais ça va.
- Ne te plains pas Malfoy, on aurait pu te mettre dans les toilettes avec la goule.
- Un peu de compagnie ne m'aurait pas fait de mal.
Harry eut un fin sourire. Il comprenait parfaitement l'allusion du blond. Cette nuit, il ne l'avait pas rejoint pour de nouvelles acrobaties.
- Quand tu auras fini de manger, j'aimerai qu'on parle, toi et moi, lui dit-il en tartinant allègrement de confiture un innocent bout de pain.
- Ravi, répondit simplement le blond.
Hermione leur jeta un coup d'œil et retourna à sa lecture d'un vieux livre. Harry avait bon appétit ce qui fit plaisir à Molly. Cette dernière se mit à énumérer toutes les choses optimistes : l'arrivée prochaine de Ginny, la réconciliation des jumeaux, la bonne santé de son mari.
Draco ne disait rien, personne ne pouvait dire s'il écoutait ou non.
Soudain il se redressa.
- J'ai fini. Suis-je autorisé à remonter ?
- Oui, mais pas tout seul, lança Hermione en posant sa serviette.
- J'y vais, trancha Harry en se levant. Tu as la clef ?
La jeune fille fouilla dans sa poche et lui donna la clef de la chambre du prisonnier. Puis les deux jeunes gens sortirent de la cuisine et gagnèrent rapidement les étages, sans un mot.
- Je suis sûr que ça t'excite d'avoir ce pouvoir, murmura Draco d'un ton blasé en s'affalant sur son lit.
- Quel pouvoir ? s'étonna Potter en tournant la clef dans la serrure et en s'appuyant sur la porte à l'intérieur de la pièce.
- Celui de m'enfermer à loisir, ricana le blond.
Harry haussa les épaules de façon blasée, avant de redresser la tête avec un sourire entendu.
- C'est plutôt toi que la situation excite Malfoy !
Le mangemort paru faussement scandalisé avant de ricaner de nouveau.
- Tu voulais me parler ? se reprit-il.
- Oui, répondit Harry en se déplaçant vers la fenêtre.
- De quoi ?
- Je ne sais pas trop, murmura le brun qui sortit automatiquement sa carte à jouer, qui traînait toujours dans sa poche. De tout, ajouta-t-il, de tout et de rien.
- Sois plus précis, souffla Draco.
- Qu'est-ce que ça te fait que deux personnes soient au courant de notre relation ? lâcha soudain Harry en se retournant.
Il fixait le blond, tournant et retournant la dame de pique entre ses doigts, attendant une réponse qui ne venait pas. Malfoy avait baissé les yeux sur ses draps, jouant avec. Il poussa un profond soupir.
- Il n'y en a pas que deux, lança-t-il.
- Comment ça ? s'étonna Harry.
- Potter, Potter, susurra Draco en relevant la tête. J'espère que tu n'as pas cru un instant que le Lord n'allait se rendre compte de rien.
- Tu veux dire que… il…
- Tu as appuyé sur ma marque lors de notre première fois ! s'emporta légèrement le blond. Franchement, comment veux-tu qu'il en soit autrement ? La majorité des mangemorts le savent.
Harry se sentit soudain mal. Il avait cru que leurs rapports avaient quelque chose d'intime. Une petite bulle de plaisir dans l'énorme chaos de la guerre. Et voilà qu'il apprenait que le camp adverse était au courant, se moquait peut-être…
- Je ne sais pas à quoi tu penses, murmura Draco en le fixant étrangement, mais personne n'en parle jamais. Ils croient tous que j'ai fait ça une ou deux fois seulement, à l'occasion, pour mieux avoir ta confiance.
- Et… c'est vrai ? murmura le brun.
- Bien sûr que non, siffla Malfoy.
- Ah…
- Potter, ça va ?
- Oui, ça… ça me fait bizarre, c'es tout.
Le brun lui sourit, essaya du moins. Il se rendait compte un peu plus chaque jour que la présence du blond lui devenait vitale. Sa présence, mais aussi son odeur, sa voix, ses yeux. Un peu plus chaque jour il se rapprochait d'un état qu'il avait cru fuir en abandonnant Ginny. Il tombait amoureux, invraisemblablement.
La matinée se poursuivit dans un calme relatif. Les deux jeune hommes discutèrent effectivement de tout et de rien, selon le souhait du brun. Ils évoquèrent les jumeaux et leur réconciliation qui bien que satisfaisante, intriguait tout le monde. Mais il était tellement agréable d'entendre de nouveau des rires et des petites explosions de l'autre côté de la porte de leur chambre, que personne n'irait probablement jamais les interroger sur ce qui les avait séparé.
Noël fut également évoqué. Draco exprima brièvement l'idée de vouloir être avec sa famille ce soir là. Harry nota mentalement la demande. Il en ferait peut-être part aux autres. Mais au fond de lui, il voulait que le blond reste à Grimmaurd, prisonnier ou non, mais près de lui.
Sans trop insister, Draco posa quelques questions sur la découverte du dernier horcruxe. Harry parla rapidement de la grotte, de Ron qui avait refusé de détruire l'horcruxe, mais sans trop en dire. Il se rendait compte à quel point il était fou d'être amoureux d'une personne en qui il ne pouvait peut-être pas avoir confiance. Etait-ce de la folie ou de la stupidité ?
Il finit par s'asseoir sur le lit, parlant de l'arrivée prochaine de Ginny, expliquant son stress et ses inquiétudes par rapport à la jeune fille.
Draco comprenait. Mais la douleur qu'il ressentait lorsque le brun montrait son amitié pour la rouquine l'inquiétait. Depuis quand était-il jaloux d'une Weasley ? N'avait-il pas plus que cette pimbêche ne pourrait jamais avoir ? Avait-elle seulement déjà touché Potter un jour ? Il se secoua, trouvant ces pensées trop enfantines.
Soudain, remarquant la carte d'Harry, il s'en empara, faisant cesser le mouvement agile des doigts du brun.
- C'est quoi ? demanda-t-il.
- Une dame de pique, ça se voit non ? ricana Potter.
- Je vois bien oui, répondit sèchement le blond. Mais ça vient d'où ?
- Du bureau de Sirius en dessous. Il y avait tout un jeu de carte.
- Pourquoi as-tu pris celle là ?
- J'avais besoin d'un truc pour me calmer. C'était au début, tu sais, avant nous. Et…
- Avant nous…, répéta machinalement Draco en observant le dessin de la dame de pique souriante.
Il n'avait jamais envisagé un "nous" quelconque avec Potter. Mais maintenant que celui-ci l'avait employé, il trouvait que cela sonnait très bien. Trop bien peut-être…
- Oui, avant. Bref. Et j'ai pris celle-là, parce que je la trouvais chouette.
Draco hocha la tête et lui rendit la carte.
- Elle est chouette oui, murmura-t-il l'esprit ailleurs.
Il se laissa tomber en arrière sur le lit, mains croisées sous sa tête. Voilà plus de deux heures que lui et Potter discutaient. Juste discuter. C'était la première fois. Avant ils ne discutaient pas, ils s'engueulaient, se frappaient. Après, ils ne discutaient toujours pas, ils s'embrassaient et baisaient.
Aujourd'hui, ils avaient discuté. Grâce à Potter d'ailleurs. C'était très perturbant pour le mangemort qui ne savait plus trop quoi penser. Le matelas s'affaissa légèrement à ses côtés : Harry s'allongeait contre lui.
- On dirait un couple, murmura le blond, se flagellant mentalement aussitôt pour avoir exprimé à voix haute ce qu'il pensait.
Le rire cristallin du brun n'arrangea rien. Il se moquait !
- C'est bon, arrête, s'énerva-t-il en repoussant le gryffondor.
- Quoi ? rigola Harry.
- Tu te fous de moi, menaça Malfoy en le pointant du doigt.
- Mais non ! Je rigole parce que je pensais exactement à la même chose juste avant que tu ne le dises.
Le brun plongea ses yeux verts dans ceux de son amant avec sérieux. Draco acquiesça lentement. Non, il ne se moquait pas. En vérité, ils étaient bien plus proches qu'il ne l'avait pensé. Cette proximité allait-elle l'aider ?
- Au fait, murmura Harry en se calant de nouveau contre le torse du blond. Est-ce qu'il t'appelle de temps en temps ?
Malfoy se secoua, et se força à reprendre le cours de leur conversation.
- De temps en temps, répondit-il un peu crispé.
Potter hocha la tête, comme s'il s'en était douté.
- Mais je pense qu'il sait que je suis ici de toute façon. Je le verrai plus tard.
- Je te rappelle que tu es prisonnier et…
Harry allait ajouter qu'il n'avait pas l'intention de le laisser partir de sitôt, mais à ce moment là, quelqu'un l'appela des escaliers d'une voix affolée.
Il bondit hors de la pièce, négligeant de fermer la porte de la chambre, et courut jusque dans le hall : les aurors étaient revenus avec de mauvaises nouvelles. La panique était palpable. Tout le monde parlait en même temps. Kingsley brandissait un exemplaire de la Gazette, Remus lisait à voix haute l'article inquiétant, Hermione s'accrochait à Ron, et Harry déboula de l'escalier avec un visage pâle. C'est Arthur qui lui fourra la Gazette dans les mains.
- Regarde, lui dit-il simplement.
En première page de ce numéro spécial, le ministre de la magie avait fait publier la liste complète de tous les mangemorts, avec leur mise à prix.
- De mieux en mieux, grommelait Maugrey. Il n'a absolument pas tenu compte de nos avertissements.
- Il croit que parce que Vous-Savez-Qui n'a fait que retirer les affiches des murs la dernière fois, qu'il ne fera rien de plus cette fois.
- Il avait quand même laissé sa marque partout ! protesta Ron.
- Oui, c'était effrayant, renchérit Tonks.
- Ce ministre est nul, lâcha Fred. Il croit vraiment que…
- Je lui ai pourtant bien dit de ne pas sous-estimer Voldemort !
- Il ne comprend rien.
Pendant que tous critiquaient Scrimgeour, Harry sentit une présence dans son dos. Quelqu'un lisait le journal par-dessus son épaule. Il jeta un coup d'œil et poussa un soupir. Il allait encore se faire engueuler : il avait oublié de fermer la porte de la chambre du blond, et celui-ci était descendu en même temps que lui.
Ce fut le ricanement du mangemort qui rendit son calme à la pièce.
- Et bien, murmura-t-il. Dix-mille gallions pour ma tête, j'ai augmenté. Il me semble même être plus cher que mon propre père, me voilà flatté.
- Qu'est-ce qu'il fout là lui ? lança soudain Ron. Harry tu…
- J'ai juste oublié de fermer, soupira le brun qui replia le journal sèchement.
- Pas d'inquiétude, susurra Draco en passant à côté de lui pour finir de descendre l'escalier. Je suis prisonnier, je ne l'oublie pas. J'ai juste un peu soif, si vous permettez. Potter n'a pas cessé de me faire parler, j'ai la gorge asséché.
Tandis qu'il descendait les escaliers menant à la cuisine, deux regards se tournèrent vers Harry qui rougit légèrement : Remus et Hermione poussèrent un soupir en chœur. Ce fut Ron qui secoua tout le monde.
- Il faudrait mieux éviter de le laisser seul, lança le rouquin.
Ayant prévu ce comportement, Harry se jeta dans les escaliers à son tour pour être le premier à rejoindre son amant. Il voulait à tout prix éviter une nouvelle bagarre entre le mangemort et quelques membres de l'Ordre. Il eut un mouvement de recul en arrivant dans la grande pièce : Draco n'était absolument pas en train de boire. Il fixait avec des yeux ronds, comme hypnotisé, le dernier horcruxe posé négligemment sur la longue table en vrai. La cicatrice du brun picota légèrement, et ceux qui s'entassaient derrière lui durent sentir la tension qui émanait du prisonnier, puisque personne ne prononça un seul mot.
Tout alla très vite. Le blond se jeta sur le mur où avait été fixée l'épée de Gryffondor. Il l'arracha de son perchoir, sans tenir compte du cri aigu de Molly Weasley, et la tenant fermement à deux mains, il fit lourdement retomber la lame sur le diadème de Serdaigle. Un souffle puissant en sortit immédiatement. Tout le monde recula d'un pas, sauf Harry : il était profondément déchiré. Son front le brûlait, mais moins que son cœur. Les yeux légèrement exorbités du blond et la sueur qui perlait sur son front lui faisait peur.
Soudain, de grandes flammes bleues sortirent du bout de l'épée. Elles prirent lentement forme humaine, un corps de volute que tous reconnurent. Une voix froide et cynique monta dans l'air, à peine audible.
- Tu me trahis Draco, lâchement.
La phrase fut répétée, sourdement, jusqu'à ce que l'image de Voldemort s'évanouisse, laissant la place à deux autres formes, enlacées. Harry eut un mouvement de la tête, priant pour que personne ne le reconnaisse, la tête ainsi nichée dans le cou de l'autre corps. La voix froide de son pire ennemi continuait de marteler l'esprit du mangemort.
- Abandonne, Draco, il est encore temps. Vois ce que tu vas perdre. Tu es la glace, lui le feu. Abandonne. Il sera trop tard.
Le blond ferma brusquement les yeux, des larmes roulaient sur ses joues. Il leva l'épée, comme résigné à abandonner. A son tour, Hermione poussa un cri. Harry s'était jeter en avant. Il ne fallait sûrement pas arrêter la destruction d'un horcruxe en plein milieu. Agrippant l'épée par dessus les mains gelées de Malfoy, il força le blond à frapper une seconde fois le diadème. Celui-ci explosa sur la table qui prit feu.
Les fumées et les voix qui en sortaient se firent de plus en plus floues pour disparaître complètement. Les deux jeunes sorciers se laissèrent tomber au sol tandis que Remus lançait un sort à la table pour éteindre le feu.
- Draco ? ça va ? murmura Harry en se relevant aussitôt.
Le blond resta un instant prostré, chassant de son esprit les images que l'horcruxe lui avait fait voir. Il regarda ses mains, glacées, qui avaient, l'espace d'un instant, confirmé ce que Voldemort avait dit : en touchant celles de Potter, il avait vu toute la différence. Les mains du brun étaient brûlantes, chaudes. Rien à voir. Il redressa à la tête et croisa les yeux inquiets du brun.
- Je… Je l'ai vraiment…
- Détruit ? Ah, oui, il me semble, répondit Harry en désignant la table.
Au centre de celle-ci se trouvait un large trou noir, à l'endroit même où il avait planté l'épée.
- Remarque, ça sera plus facile pour débarrasser, rigola le brun.
Draco esquissa un sourire. Il avait l'impression de voir son amant pour la première fois. Celui-ci avait une main posée sur son épaule, l'empêchant de se relever trop vite après son effort. Il avait un regard rassurant qui semblait le couver, comme s'il était important.
- Potter…
- Oui ?
- Je suis désolé. Ça a été… une pulsion.
- Tu éviteras ce genre de pulsion à l'avenir Malfoy, grogna une voix dans le dos d'Harry.
Draco se redressa et aidé du brun, se releva complètement, quittant enfin les dalles froides de la cuisine. Il se retrouva aussitôt face à Ronald qui le fixait d'un air suspicieux.
- C'était quoi exactement ? Un acte de bravoure ?
- Ron, laisse-le, lança un des jumeaux. Il a fait ce que personne ici n'avait envie de faire.
- Et tu n'as justement pas envie de savoir pourquoi ? insista le rouquin en se tournant vers son frère.
- Parce que j'ai eu l'impression qu'il fallait le faire. Maintenant.
La voix froide et cassante du blond fit frissonner Ron. En réalité, le rouquin était jaloux. C'était lui qui aurait dû détruire le diadème. Mais il avait refusé, par simple mauvaise foi, par gaminerie, ne voulant accorder à Harry quelque chose alors que son ami et lui s'était disputé. Il se sentait profondément idiot face à ce mangemort qui venait de donner une preuve des plus frappantes de son attachement à l'Ordre.
Il lança un dernier regard noir en direction de la table brûlée et tourna les talons, disparaissant dans la cage d'escaliers. Fred s'approcha de Malfoy et se baissa pour récupérer l'épée. Il alla la remettre à sa place, sur le mur, tout simplement. Le blond n'avait plus conscience que d'une chose : la main d'Harry était toujours posée sur son épaule, et elle était toujours aussi chaude. Il serra les poings, testant sa propre chaleur : il restait froid. Autour de lui, les membres de l'Ordre recommencèrent à parler. Il n'écoutait plus. Il n'avait plus soif, il voulait juste s'allonger.
Ce fut Hermione qui proposa de le remonter dans sa chambre. La main sur son épaule se crispa, il comprit que Potter voulait le ramener lui-même, mais Granger insista. Il se retrouva dans les escaliers et bientôt, il put s'asseoir sur son lit. Face à lui, mains sur les hanches, la jeune femme l'observait.
- Peut-on te faire confiance Malfoy ? murmura Hermione.
Le blond la regarda sans répondre.
- Est-ce que tu l'aimes ?
Il ne répondit toujours pas. Au fond de lui, il se sentait éteint. Hermione comprit qu'elle n'aurait aucune réponse. Elle tourna les talons et sortit, n'oubliant pas de tourner la clef dans la serrure.
Le havre de paix qu'avait été la matinée avait tout bonnement disparu. Pendant quelques heures, Potter lui avait fait oublier la guerre. Ils avaient discuté, s'étaient confiés bien plus de choses en ce laps de temps qu'ils n'avaient pu le faire en huit ans d'affrontement. Et soudain, tout avait basculé, sans réelle raison. Il avait prit conscience qu'il était la glace et lui le feu. Depuis quand ses flammes l'avaient-elles fait fondre ? Depuis quand être glacial l'ennuyait ? Il avait toujours été fier de ce statut : être celui qui méprisait, celui qui restait maître de lui. Comme son père.
Penser à son paternel le fit frissoner. Si le ministre avait fait publier les photos des mangemorts et leur mise à prix, c'était parce que Kingsely était allé lui annoncé que Voldemort avait l'intention de faire évader Mulciber. Harry lui avait expliqué cela dans la matinée. Or, son père était responsable de cette mission. C'était lui, Draco, qui en avait parlé à l'Ordre. Ce serait donc à cause de lui si son père échouait. Et il savait ce que le maître attendait de lui… Serait-il vraiment capable de tuer celui qui lui avait tout appris ?
En bas, sur la table de la cuisine, Harry venait de s'évanouir.
Il avançait dans le manoir avec assurance, admirant le dos de Snape qui se trouvait devant lui. Avant d'entrer dans le salon, il passa une main sur les hanches du mangemort et caressa furtivement une joue. Puis il entra. La petite troupe qui avait jusque là une discussion animée arrêta net tous mouvements. Snape rejoignit les autres qui s'étaient alignés.
Il aimait ce pouvoir qu'il avait sur eux. Il s'avança vers la cheminée, un air hautain sur le visage. Comment pouvait-on trouver cette demeure belle ? Les Malfoy avait un goût si peu marqué pour les choses de qualité. Il finit par se tourner vers le propriétaire des lieux, se retenant à peine de donner à sa voix cet accent d'impatience.
- Alors Lucius ?
- Maître, murmura l'homme à demi plié devant lui. Il semblerait que le ministre ait donné l'ordre de renforcé la surveillance d'Askaban.
- Tiens donc, susurra-t-il. Quel dommage Lucius. Cela risque d'être plus difficile pour toi.
Il ne pouvait s'empêcher d'être cynique. Il se moquait totalement que cet imbécile réussisse ou non cette mission. Mulciber n'était pas plus indispensable qu'un autre après tout.
- Sache que de leur côté, Jugson et ce cher Antonin m'ont déjà ramené ce que je leur ai demandé. Il est intéressant de remarquer que toi, tu traînes.
Sa voix prenait les teintes de sa colère d'elle-même.
- Même ton fils fait mieux que toi, siffla-t-il sourdement.
C'était faux, bien entendu, du moins pas forcément vrai. Après tout, Draco était retourné auprès de l'Ordre pour y cueillir le plus d'informations possibles. Il ne saurait s'il avait réussi qu'à son retour. Mais il souhaitait enfoncer Lucius le plus possible. Il avait finement remarqué que le blond n'appréciait guère être comparé à son jeune fils. Il éclata de rire. C'était si facile.
- Je te laisse encore deux jours Lucius. Deux jours.
Alors qu'il allait sortir après un bref signe de tête à Snape pour qu'il l'accompagne, Bellatrix entra en trombe dans le salon.
- Maître ! cria cette furie. Regardez !
Il plissa les yeux et attrapa le journal que lui tendait la mangemorte. La rage inonda ses yeux lorsqu'il vit le noms de ses sbires, accompagnés de photos ridicules, et leurs prix. Il jeta la Gazette dans le feu ronflant et se tourna vers ses troupes.
- Yaxley ! Va chercher les autres ! Attaquons !
Harry sursauta en criant. Quelqu'un lui avait jeté un seau d'eau. George, qui tenait encore le seau à la main le fixait avec anxiété, ainsi que tous les autres membres de l'Ordre. Hermione venait de revenir de la chambre de Draco. On la mit rapidement au courant : alors qu'ils parlaient de ce qu'il fallait faire, Harry s'était évanoui.
- Une vision ? demanda Maugrey en s'appuyant sur sa canne.
- Ils… ils vont riposter ! s'écria Harry qui reprenait contact avec la réalité.
- Où ? s'exclama Bill.
Le brun avoua son ignorance. Mais déjà, les aurors et tous les volontaires se préparaient. Si une bataille se déclenchait quelque part en Angleterre, ils le sauraient très vite. Tandis que Remus interdisait formellement à Hermione et Harry de participer, les chargeant plutôt de surveiller leur prisonnier, la cuisine se vida rapidement sous les yeux hagards de Molly qui se laissa tomber sur une chaise.
Lorsque le silence revint, Harry prit soudain conscience de quelque chose.
- Je reviens ! lança-t-il à Hermione qui s'était approchée de la rouquine pour la rassurer.
Il grimpa jusqu'à la chambre de Malfoy qu'il ouvrit rapidement. Draco se redressa sur son lit en sursaut. En quelques secondes, son amant l'avait attrapé par le col et le secouait.
- Draco, dis-moi ! L'autre mission, celle de Skeeter ! Voldemort a réussi quelque chose, dis-moi ce que c'est !
Le blond sut aussitôt que Potter avait eu ce genre de vision dont il lui avait parlé une fois, vaguement.
- Je ne sais pas, souffla-t-il. C'était urgent, je ne sais que ça.
- Urgent ! s'exclama Harry en le lâchant enfin. Tu ne m'as rien dit ! On aurait pu la protéger, et empêcher ça !
- Harry, je ne pouvais pas…
- Et tu savais que ton père aussi était chargé de libérer Mulciber ?
- Tu… tu l'as vu ? murmura Malfoy.
- Il a échoué. Si tu nous avais dit l'importance que Voldemort accordait à Skeeter, on s'en serait occupé aussi et il n'aurait rien réussi ! Et pourquoi a-t-il besoin de Skeeter ? Qu'est-ce qu'il compte faire ?
Draco n'écoutait plus. Le brun venait de faire tomber le couperet sur le fil de son destin : son père avait échoué. Il allait devoir faire le choix le plus difficile de toute sa vie. Mais jamais il ne pourrait le faire en prison. Sa décision fut prise en un instant.
Il se leva et avant que Potter n'ait pu prévoir son mouvement, il envoya son poing sur le visage qu'il avait embrassé tant de fois. Il devait agir, au plus vite. Il se pencha sur le corps évanoui d'Harry et fouilla ses poches. Il en sortit la carte de la dame de pique. Sans prendre le temps de la regarder, il la mit dans son pantalon et continua de le fouiller. Il trouva la baguette magique du gryffondor.
Ainsi armé, il sortit de la chambre, après avoir attrapé sa cape et son masque. Sa propre baguette devait probablement être cachée dans un des tiroirs de la commode dans la cuisine. Il se contenterait de celle de Potter pour l'instant. Il n'avait pas le temps. Lorsqu'il fut dans le hall, quelqu'un appela depuis la cuisine. Il ouvrit la porte de la maison, jetant un coup d'œil au grand tableau de l'ancêtre des Black. La vieille le regardait fièrement, semblant savoir ce qu'il venait de faire. Que s'imaginait-elle ?
La porte de sa prison claqua et le froid l'engourdi aussitôt. Mais il appartenait au froid, il devait y retourner. Des larmes de rage roulèrent sur ses joues tandis qu'il courrait à travers le Londres moldu. Lui qui avait cru l'espace d'un instant que détruire l'horcruxe serait un déclic suffisant à son inconscient pour le pousser définitivement dans les bras de l'Ordre du Phénix, il s'était lourdement trompé. C'était l'annonce de l'échec de son père qui lui avait fait changer d'avis. Il devait agir, à partir de cet instant, il ne pouvait plus rester entre deux.
La guerre était un chaos dans lequel il allait mettre de l'ordre.
à suivre...
AH AH AHHHH !! J'attendais ce moment depuis le début de la fic ! J'avais mis un moment avant de savoir comment Draco finirait par choisir son camp. Avez-vous compris sa psychologique ? Ce sera plus explicité dans le chapitre suivant. En tout cas, son choix est fait (et oui, j'aime vous laisser dans le doute, si vous arrivez à deviner quel camp il a choisi et pourquoi, vous aurez droit à un bonbon. hi hi Après tout, il y a tous les éléments ici). ^^
Bisous !!!
