Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr. ^^
Couple : Harry et Draco principalement (autres : Fred et George, Voldemort et Snape).
Résumé : Une bataille s'est déclenchée à l'extérieur et Draco s'est échappé de Grimmaurd en frappant Harry. Et où est passée Rita Skeeter ?
Petit post it : Chapitre suivaaaaaaaaaaant ! Il est fraiiiis le chapiiitre ! Hum... pardon. Je sais, nous ne sommes pas sur un marché. ^^ Donc voilà voilà, le chapitre 17, pour lequel j'ai une annonce très particulière à faire : il est dédié à Real or Not, une lectrice adorable qui me suit depuis le début, toujours présente, toujours attentive, et qui avait presque pleuré dans mes bras pour savoir si oui ou non Voldemort et Snape étaient bien ensemble. Donc ça, vous le savez depuis quelques chapitres. Mais ici, grâce à ma chère Real, vous allez pouvoir constater de vos propres yeux jusqu'où va cette relation... ^^ (comment ça j'ai pas le droit de faire un lemon autre que sur Harry et Draco ? Mais oh hey ! c'est moi qu'écrit hein !) ^^
Bref : Real c'est pour toi et j'espère que ça te plaira !! Gros bisous !!!!
Chapitre 17 : Escapade.
Ce fut Hermione qui trouva Harry. Elle avait été alertée par le bruit de la porte d'entrée. Lorsqu'elle le secoua, le brun entrouvrit ses paupières et gémit. Se redressant sur un coude, il appliqua aussitôt son autre main sur sa tempe déjà enflée. Il allait avoir un sacré coquard. Il se leva, s'appuyant de justesse au baldaquin du lit pour ne pas tomber.
- Mmh, ça tourne, grogna-t-il.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? lança Hermione en l'aidant à s'asseoir. Vous vous êtes battus ?
Harry ne répondit rien, se contentant de frotter son œil douloureux. La jeune femme lui intima l'ordre de ne pas bouger, et partit chercher la trousse à pharmacie. Quelques instants plus tard, elle appliquait un coton imbibé d'alcool sur le visage tuméfié de son ami qui grimaçait sous ses bons soins.
- Il est parti ou tu l'as laissé partir ? murmura-t-elle en fronçant les sourcils.
Harry préféra ne pas répondre, de toute façon, elle avait déjà compris, il en était sûr.
- Tu es bon pour un œil au beurre noir pendant plusieurs jours, lança-t-elle une fois son travail d'infirmière fini. On dira aux autres que tu t'es pris une porte, ce sera plus simple.
Le brun lui jeta un regard reconnaissant. Il était encore sous le choc, et devoir s'expliquer aurait été pour lui une torture peut-être plus douloureuse que ce coup de poing. Une fois qu'il s'en senti capable, il se leva et fouilla sa chemise à la recherche de sa baguette, dans le but de remettre de l'ordre dans la pièce. Ses yeux s'agrandirent de surprise lorsqu'il comprit que son amant la lui avait dérobée.
Hermione s'affola. Cette fois-ci il ne s'agissait pas d'une simple évasion. Pouvaient-ils encore cacher cela aux autres ?
- Est-ce qu'on peut localiser un objet à distance ? souffla Harry dont l'esprit réfléchissait à cent à l'heure.
- Pas s'il n'est pas relié à un autre, répondit Hermione. Mais il doit être loin maintenant, peut-être est-il déjà auprès de Voldemort.
Le brun n'en était pas si sûr. Il se contenta de froncer les sourcils et de continuer à réfléchir. Il mit la main dans sa poche pour prendre sa carte. La dame de pique l'aidait beaucoup dans ce genre de moment : mais sa poche était vide. Malfoy lui avait pris sa carte. Et c'est ce nouveau vol qui lui rendit espoir. Pourquoi le mangemort aurait-il pris un objet aussi insignifiant s'il était contre lui ?
- Hermione, j'ai une idée. Il nous a dit qu'il vivait sous son propre toit depuis qu'il a quitté Snape. Je crois savoir où, en tout cas ça ne me coûte rien d'aller vérifier.
- Pas sans baguette Harry ! protesta la brune horrifiée.
- Je vais lui ramener la sienne !
Potter était déjà sortit. A l'étage en dessous, il fouilla dans le bureau de Sirius, retrouva le vieux de jeu de cartes, et en sortit le roi de pique. C'était nécessaire. Puis il descendit jusqu'à la cuisine, croisant le regard inquiet d'Hermione et celui, complètement affolé de Molly.
- Qu'est-ce que…
- Une porte, la coupa Harry en prenant la baguette de Malfoy cachée dans un tiroir sous la table. Je me suis cogné contre une porte.
La rouquine le regarda remonter dans le hall avec un air atterré. Lorsqu'il eut la main sur la poignée, Hermione l'arrêta.
- Je peux t'accompagner ? murmura-t-elle.
Un voile passa dans les yeux verts de son ami. Elle aurait essayé…
- Harry, j'ai de plus en plus de bonnes raisons de penser que Snape n'est peut-être pas si… mangemort qu'on le pense.
- Qu'est-ce que tu dis ? souffla le brun en la fixant avec colère.
- C'est juste un avis Harry, ne t'énerve pas. Simplement… si cela s'avère être vrai, le fait que Draco se soit écarté de lui n'est peut être pas bon signe.
Le brun ne répondit rien. Il savait que son amie faisait chaque jour de nombreuses recherches sur Snape. Dès que Draco parlait de leur ancien professeur, elle s'animait. Pouvait-elle avoir raison, comme toujours ?
- Sois prudent, murmura-t-elle avant de le pousser dehors.
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Il était très certainement agréable de s'asseoir sur un banc face à la Tamise, alors que le soleil rasant miroitait sur l'eau, un livre dans les mains, se laissant bercer par le chant des oiseaux annonçant la fin de l'hiver. Oui, il devait être agréable d'être un simple moldu en ces temps sombres de guerre.
Draco dépassa le couple qu'il observait et accéléra le pas. Les quais de ce côté-ci de Londres offraient une jolie promenade. Mais il n'avait guère le temps. Il devait tout d'abord se retrouver seul quelques instants, pour mettre ses idées au clair, puis rejoindre Voldemort, le grand Lord, ce Seigneur Noir qu'il allait devoir berner.
Il frissonna au contact de la poignée froide de l'auberge, et eut une moue déçue en constatant que même l'intérieur ne semblait pas chauffé. L'aubergiste lui jeta un coup d'œil et retourna à ses affaires. En reprenant la chambre qu'Harry avait laissé derrière lui, Draco lui avait bien spécifié de ne jamais s'intéresser à ses activités. La menace avait été comprise. Une fois assis sur le lit miteux de la pièce, le jeune mangemort put souffler un peu.
Il avait frapper Potter. Bien. Ce n'était pas la première fois. En revanche, c'était la première fois qu'il le faisait pour le bien du Gryffondor. S'il lui avait gentiment demandé de le laisser partir, jamais Harry n'aurait accepté. Il serait resté prisonnier là-bas, à Grimmaurd, et n'aurait pu agir. Un espion se devait d'être actif, il le comprenait très bien maintenant. Il comprenait également parfaitement ce que Snape avait tenté de lui dire : être un espion, un bon espion, pouvait faire tout basculer d'un côté ou de l'autre.
Draco senti ses épaules bien fragiles pour un tel poids. Mais il se redressa aussitôt. Il ne devait plus flancher, jamais. Il ne serait plus jamais le prisonnier, il serait le geôlier. Regroupant ses idées, il mit au point son plan. En apprenant la défaite de son père, une seule chose lui était passée par l'esprit : le sauver, et ne pas devoir le tuer. Qui pouvait sauver un mangemort condamné par Voldemort ? Personne. Sauf celui qui est censé le tuer, à savoir lui, Draco Malfoy.
Et s'il voulait sauver son père, quelles étaient les solutions qui s'offraient à lui ? Une seule : désobéir à Voldemort, bien entendu. Dans ce cas, le choix était vite fait. Seul Potter pourrait comprendre, seul Potter pourrait l'aider. Même s'il ne savait pas encore vraiment comment s'y prendre, il savait au moins pour qui il le faisait. Il ne pourrait désobéir à Voldemort qu'avec le soutien d'Harry et l'appui des siens. L'Ordre lui donnerait de quoi tromper son maître.
Soudain, alors qu'il était plongé dans ses réflexions, sa marque le brûla légèrement. Il comprit le message. Il se prépara et disparut en transplannant. Devant la grille où il atterrit, un visage connu l'observa minutieusement.
- Snape, murmura-t-il.
- Ainsi, tu as réussi à t'échapper, lui lança Severus sur le même ton. Il t'attend.
La grille grinça, et les deux hommes avancèrent sur le chemin menant au sombre château. Les couloirs étaient froids, parfaitement adaptés pour un sorcier qui tâcherait de fermer son esprit du mieux possible. Enfin, ils arrivèrent devant une grande porte sous laquelle filtrait un rayon de lumière pâle. Avant d'ouvrir, Snape lui prit un bras et se pencha vers lui.
- J'espère que tu sais ce que tu fais, souffla-t-il dans un murmure à peine audible.
Le cœur de Draco rata un battement, mais il n'en laissa rien paraître. Il jeta un regard neutre et froid à son ancien professeur et poussa la lourde porte lui-même. Les yeux rouges de son maître se posèrent aussitôt sur lui et un sourire vint effleurer les lèvres du visage pâle.
- Tiens donc, je ne t'espérais même plus, susurra Voldemort. Approche.
Le blond obéit et posa un genou à terre devant le large fauteuil où se trouvait le Lord. La pièce avait quelque chose de lugubre qui faisait couler une légère sueur froide dans la nuque du jeune homme. Il ne savait pas encore ce qui l'attendait, mais sentait qu'il y avait là, dans un coin, une chose horrible rien que pour lui. Le regard de Voldemort en disait long.
- Regarde-moi Draco. La dernière fois que je t'ai vu, tu étais tout effrayé… Te souviens-tu de mes trois ordres ?
- Oui maître, répondit le jeune homme en se relevant, ne laissant rien paraître de son mal être profond. Pour vous obéir, je ne vis plus chez Snape, j'ai dominé Potter et il ne me reste qu'à attendre pour… mon père.
Le regard de Voldemort se fit plus perçant.
- Tu l'as… dominé ? Pourquoi n'en ai-je rien vu ?
- Je l'ai empêché d'appuyer sur ma marque maître, je ne voulais pas vous déranger avec ça.
- Au contraire, Draco, siffla le Lord, j'aurais aimé voir ce cher Potter soumit à tes pulsions. La prochaine fois, appuie !
Le blond eut un bref hochement de la tête pour montrer qu'il avait compris. Il s'appliquait à ne laisser voir que ce qu'il voulait bien laisser passer. L'esprit de Voldemort perforait le sien à une vitesse incroyable. Il laissa voir les préliminaires, et finalement, l'image du coup de poing sembla plaire au maître.
- Ne l'abîme pas trop, Draco, murmura-t-il. A présent, dis moi ce que tu as appris.
Voldemort se leva et tourna le dos aux deux mangemorts présents dans la pièce pour aller se placer face au feu, dans une attitude attentive. Malfoy en profita pour jeter un coup derrière lui : à l'autre bout de la pièce, une forme sombre allongée lui indiqua que ses inquiétudes étaient fondées. L'odeur de la mort était très particulière.
- Ils sont ressortis de la grotte maître, commença-t-il.
- En sont-ils sortis… chargés ?
Tout en répondant par l'affirmative, Draco se demandait jusqu'où il pouvait aller, qu'est-ce qu'il pouvait dire. Il comprenait de mieux en mieux Snape et ses difficultés à trouver une position confortable.
- Ils l'ont détruit.
Un sifflement mécontent s'échappa de la gorge de Voldemort.
- Si vite… Mais ce n'est pas grave, reprit-il en se tournant de nouveau vers Draco. Sais-tu pourquoi ?
Le blond secoua la tête, sentant l'inquiétude grimper en lui.
- Parce qu'à chaque fois qu'ils en détruiront un, j'en créerai un autre !
Le Lord éclata de rire. Puis brusquement, il se calma et tira d'une de ses manches amples un objet brillant, long, étrange. Mais malgré toute l'étrangeté de cet objet et de sa présence en ces lieux, Draco le reconnut aussitôt : c'était l'éteignoir de Dumbledore.
- Tu vois, on obtient toujours ce que l'on veut auprès de moi Draco, susurra Voldemort en s'approchant. C'est ce briquet que tu étais allé chercher avec Severus chez Slughorn, tu dois t'en souvenir, si peu de temps après ton retour parmi nous…
Malfoy n'arrivait plus à savoir s'il était le bienvenu ici ou si le Lord allait l'écraser d'un instant à l'autre. Sa couardise lui vrillait le ventre. Difficile de devenir courageux sur demande.
- Finalement, cet imbécile l'avait cédé à Worpel. Tu connais le sort que nous lui avons réservé.
Voldemort s'autorisa un léger rire moqueur.
- J'ai dû prendre cette affaire en main moi-même pour l'obtenir, et me rendre jusqu'au Carpates. Et aujourd'hui, regarde : tu as devant toi ce qui remplacera le diadème détruit.
Cette fois-ci il éclata franchement de rire. Draco frissonna et jeta un coup d'œil à Snape. Celui-ci fixait le feu, parfaitement neutre, comme si tout cela ne le concernait pas. Comme avant que le maître ne l'interdise d'approcher son ancien professeur, Malfoy ressentit brusquement la nécessité d'imiter Severus, de prendre exemple sur lui. Il redressa donc la tête et fixa le bas de la robe de Voldemort. Celui-ci se déplaça jusqu'au tas de vêtements que le blond avait aperçu. Du bout du pied, il retourna le corps. Les yeux vides et grand ouverts de Rita Skeeter fixèrent brusquement Draco.
Celui-ci parvint, avec grande difficulté, à se retenir de reculer, de crier, de s'enfuir. A la place, il resta cloué au sol, observant le corps. Il finit par s'en détacher et regarda de nouveau Voldemort qui caressait l'éteignoir du bout des doigts.
- Une vie pour une âme, murmurait-il. Cela s'appelle joindre l'utile à l'agréable.
Le sourire crispant qu'il lança alors à Malfoy acheva de convaincre ce dernier qu'il avait choisi le bon camp. Jamais il ne pourrait être aussi mauvais que cet homme, il ne serait jamais un bon mangemort tant que la vue d'un corps lui donnerait la nausée. Est-ce que Snape aimait ce comportement ?
A ce moment là, quelqu'un frappa à la lourde de porte. Ce fut Rodolphus qui rentra, un œil en sang.
- Maître, des renforts viennent d'arriver. Des aurors et des membres de l'Ordre.
Draco frissonna. Il avait complètement oublié cette bataille qui se déroulait à l'extérieur, quelque part dans la campagne moldue.
- Tiens donc, susurra Voldemort qui avait promptement rangé son nouvel horcruxe. Potter y est-il également ?
- Non maître.
- Détruisez-en le plus possible dans ce cas, siffla le Lord mécontent.
Rodolphus salua et sortit en courant. Draco songeait à la baguette qu'il sentait dans sa manche. Potter ne pouvait plus aller combattre. Sans sa baguette, il ne pourrait pas faire grande chose. Il se sentit brusquement soulagé.
- Draco, débarrasse-moi de ça en partant, lâcha sourdement le maître en désignant le corps de Skeeter.
L'ordre était clair : il devait partir. Le blond se dirigea vers le coin de la pièce. Avant de sortir sa baguette il jeta un coup d'œil à Voldemort, mais celui-ci ne se préoccupait déjà plus de lui. Il lança un sort de lévitation et regarda avec dégoût les bras ballotter à quelques centimètres du sol. Il allait sortir lorsque la voix sifflante l'arrêta :
- En fait, il n'est pas nécessaire d'attendre pour ton père. Il m'a encore déçu…
Le jeune mangemort sentit son cœur se serrer. Il se retourna, mais seul le regard perçant de Severus Snape le fixait. Et le blond eut soudain l'impression d'avoir fait une énorme bêtise. En effet, les yeux noirs de l'ancien professeur ne le regardait pas lui, mais la baguette qu'il tenait fermement entre ses doigts moites. Et visiblement, le vieil espion avait parfaitement reconnu le morceau de bois.
Draco écarquilla légèrement les yeux et décida, cette fois, de suivre son instinct de lâche : il accéléra le pas, sortit de la salle et referma la porte. Une fois seul dans le couloir, il se mit à courir, sans s'arrêter, sans reprendre son souffle, poursuivit par le corps mort de la journaliste. A peine fut-il en zone transpanable qu'il attrapa le bras rêche et froid du corps qu'il traînait avec lui et qu'il disparut.
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Severus Snape resta les yeux braqués sur la porte un long moment. La surprise que lui avait causé la vue de cette baguette le laissait pantois. Pourquoi Malfoy avait-il la baguette de Potter ? Il avait tout de suite vu dans l'esprit et les yeux du jeune homme, au moment où il l'avait retrouvé devant la grille, que les choses avaient changé, qu'une décision avait été arrêtée. Mais laquelle ? Avait-il attaqué Potter pour le neutraliser ? Mais dans ce cas, pourquoi n'avait-il pas donné la baguette à son maître qui en eut été ravi ? L'ancien professeur eut envie de rire : il lui semblait que le dernier héritier des Malfoy avait choisi l'autre camp.
- Que nous vaut ce regard perplexe ? susurra une voix dans son dos.
Il frissonna et ferma aussitôt son esprit à sa récente découverte.
- Je rêvassais, répondit Severus en se tournant.
- A quoi ?
Voldemort se tenait debout devant lui. Snape avait toujours admiré la stature de cet homme. Contrairement à tous les autres mangemorts, il s'était très vite senti en sécurité près de lui. Ça n'était bien évidemment pas une raison pour ne pas rester prudent.
- Je me demandais pourquoi vous teniez tant que ça à voir Potter et Draco en train de…
- Tu n'es pas jaloux tout de même ? le coupa Voldemort.
Snape se renfrogna. Il détestait ça. Se sentir impuissant. En sécurité mais tellement moins important que cet homme qui se jouait de ses sentiments. Et pourtant…
- Ne l'avez-vous pas vous même été lorsque Draco m'a embrassé ?
Severus se serait giflé d'avoir osé dire cela. Les yeux rouges le fixèrent quelques secondes, semblant hésiter sur l'attitude à adopter. Finalement, Voldemort leva une main et caressa une joue du brun.
- Certes, tu as toujours été le seul à voir clair en moi je suppose.
Le maître en potions s'autorisa un rictus. Il était évident que jamais le Lord n'exprimerait son attachement pour lui. Jamais directement, mais comme il venait de le dire, Severus savait voir à travers les demis-mots, il savait lire dans ces yeux rouges parfois presque tendres.
- Approche.
L'ordre paraissait doux. En tous les cas, ce n'était pas Snape qui allait refuser de s'approcher du corps de Voldemort. Il posa ses mains sur les épaules de son maître et fixa les lèvres fines presque absentes. Celles-ci s'entrouvrirent et se posèrent sur les siennes. Le frisson qu'accompagnait habituellement un tel contact fut à la hauteur des espérances des deux hommes. S'aimaient-ils ? La question n'était pas vraiment là, tandis qu'ils se laissaient tomber sur le large fauteuil du Lord. Ils aimaient s'embrasser, se toucher, faire l'amour. Avait-on besoin de se poser d'autres questions ?
Pourtant, Severus était toujours en proie à des sentiments contradictoires lorsque son maître lui faisait la faveur de partager son lit, ou ses accoudoirs en l'occurrence. Chaque petite concession lui apportait un plaisir sans nom. Si Voldemort le laissait le toucher, c'était une grande victoire. S'il avait l'autorisation de le lécher, où bon lui semblait, il atteignait le nirvana. Car le plus souvent, le Seigneur des Ténèbres ne se contentait que de soulever sa cape et sa robe.
Les choses se faisaient souvent dans l'urgence, entre deux réunions, avant un compte rendu de mission, après un échange rapide. La bataille faisait rage, sans doute, à l'extérieur, et Voldemort jouissait rien qu'en pensant que des hommes mouraient pendant qu'il baisait. Il ricana et laissa Severus se pencher sur son cou.
L'envie se fit plus pressante. Les vêtements de l'ancien professeur de potions disparurent. A quoi servait-il de connaître la magie noire si elle ne rendait pas quelques bons services ? Severus soupirait, tandis que la langue fine de Voldemort sillonnait son corps.
Soudain, au moment même où le Lord pénétrait Snape, ils s'envolèrent. L'ancien professeur poussa un cri de plaisir. Se sentir décoller, uniquement retenu par les bras puissants et le sexe de son maître était un pur bonheur. Les coups de buttoir se firent de plus en plus rapide alors qu'ils s'élevaient au-dessus de la pièce. Et au moment où la jouissance vint pour Severus, Voldemort eut la vision très nette d'un paysage défilant devant ses yeux. Il courait, sur les quais. Il poussa un cri de rage et retomba sur le fauteuil. Toujours assis sur lui, Snape haletait. Cela avait rarement été si puissant. Il se pencha pour voler un dernier baiser à son maître qui le lui accorda. Lorsqu'il ferma ses yeux rouges sous cette dernière friandise, l'image floue de quelqu'un qui court lui revint.
- Suffit, siffla-t-il en repoussant fermement le mangemort. Rhabille-toi et donne-moi ton bras.
Snape était habitué à ce manque de romantisme. Que pouvait-il espérer de plus de la part du plus grand mage noir de tous les temps ? Il se redressa, enfila son pantalon, sa chemise et sa cape en un temps record, puis, après avoir remonté sa manche, présenta sa marque au maître. Celui-ci allait appliquer un doigt dessus, pour appeler quelqu'un, mais se ravisa.
- J'ai besoin de tes conseils, Severus, susurra-t-il. Il semblerait que notre ami Potter soit sorti de sa cachette pour se promener au bord de la Tamise.
Aussitôt, les pensées de Snape s'affolèrent. Cet imbécile avait quitté Grimmaurd, et ce, sans sa baguette ? Mais à quoi jouait-il ? Il devait se douter que Voldemort n'attendait que ce moment pour le capturer !
- Malheureusement, ma vision n'était pas assez nette pour savoir précisément où il était, poursuivait Voldemort. Mais j'ai cru pourtant reconnaître un décor déjà vu… dans l'esprit de notre cher Draco.
Il était déjà particulièrement difficile pour Snape de concilier l'amour qu'il ressentait pour cet homme, et l'abnégation de ses méthodes. Mais lorsqu'en plus il s'agissait de monter un plan machiavélique juste après avoir fait l'amour, il s'avérait parfois complètement dépassé. Il craignait pour la vie de Potter, pour celle de Malfoy, pour la sienne.
- Que me conseilles-tu Severus ? murmura Voldemort en posant, comme à son habitude, une main froide sur les joues pâles du professeur.
Celui-ci réfléchit à toute vitesse. Que serait le mieux ?
- J'avoue ne pas savoir quoi faire. Si Potter et Draco ont une planque commune, il serait intéressant pour vous de la découvrir.
- Exactement ! s'exclama Voldemort en se détournant pour admirer le feu. Donne-moi ton bras Severus, ma décision est prise !
Docilement, mais parfaitement affolé à l'intérieur, Snape tendit sa marque sur laquelle les longs doigts fins de son amant appuyèrent. La douleur lancinante se propagea jusque dans sa moelle. Puis, le maître le lâcha. Il n'y avait plus qu'à attendre. A peine dix minutes plus tard, Bellatrix, les cheveux encore plus emmêlés que d'habitude, une lèvre en sang, entra dans la pièce. Elle jeta des yeux noir à Snape, qu'elle détestait d'être si proche de son maître, et coula son regard le plus doux en direction de Voldemort.
- Comment se déroule la bataille ? siffla celui-ci sans même se retourner vers elle.
- A merveille. J'ai tué l'un des leurs, et plusieurs sont blessés.
- Parfait. J'ai une nouvelle mission à te confier, Bella.
La voix du Lord se fit soudain caressante. Il vola jusqu'à elle et posa ses mains sur ses épaules, parlant dans son cou, derrière elle.
- Tu n'aimerais pas me décevoir, comme Lucius, n'est-ce pas ?
- Jamais maître ! s'exclama Bella horrifiée.
- La prochaine fois que Draco viendra ici, tu le suivras lorsqu'il en repartira. Je veux savoir où il va, ce qu'il fait, qui il voit. Et si jamais tu croises Potter sur ta route… Ramène-le moi !
L'ordre avait été proféré avec une telle violence que même Bella en frissonna. Severus, quant à lui, était tout bonnement terrifié. C'était une chose d'être suivi par Macnair, gros balourd incapable, mais ç'en était une autre de l'être par Bella, experte en la matière. Aurait-il le temps de prévenir Malfoy ?
- Va ! lança Voldemort pour congédier la mangemorte.
Puis il reprit sa position vers la cheminée, et c'est d'une voix sourde qu'il s'exprima.
- Severus, pour toi aussi j'ai quelque chose. Il y a un espion dans nos rangs. Je veux que tu le trouves.
- Un… un espion, maître ? murmura Snape à bout de souffle.
- Je commande la libération de Mulciber, et dès le lendemain, les effectifs de protection d'Askaban sont doublés. Je déclare une guerre par surprise, et pourtant, les aurors arrivent sur les lieux dix minutes seulement après le début du carnage. Il y a donc forcément quelqu'un qui les tient au courant.
Severus se retenait de respirer. Il s'inclina, acceptant ainsi sa mission et quitta la salle. Une fois dans les couloirs, et seulement à ce moment-là, son visage se décomposa. C'était bien entendu lui-même qui avait prévenu le ministère pour la bataille, et il était prêt à parier que c'était Draco qui avait annoncé la couleur à l'Ordre à propos de Mulciber.
Voldemort se trompait. Il n'y avait pas un espion, mais deux.
à suivre...
Voilou ! Real, j'espère ne pas t'avoir déçue. C'est dur de rendre un Voldemort crédible dans ce genre de situation. =( A la base, ce chapitre était beaucoup plus long, puisqu'on suivait Draco à l'extérieur et on le voyait se débarrasser du corps de Skeeter. Mais finalement, j'ai préféré retiré ce passage. Vous saurez ce qu'il a fait du corps au chapitre suivant. ^^
D'ailleurs, puisqu'on parle du chapitre suivant... sachez que la relation de Potter et Malfoy va... comment dire... prendre un sacré coup. (héhé mais je ne dis pas si c'est un coup positif ou négatif) !
Et pour finir ce bavardage inutile : bravo à tous ceux qui avaient deviné juste pour le camp choisi par Draco ! =D Maintenant, nouvelle devinette : De quelle couleur est le slip de Voldemort ? muhahaha
