Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr. ^^
Couple : Harry et Draco.
Résumé : Draco Malfoy semble avoir enfin choisi son camp. Il était temps : la guerre froide est finie, Voldemort est passé à l'offensive...
Petit post it : Bonjouuuur ! Voilà un chapitre que j'ai adoré écrire. Un peu de joie et de bonheur ça fait du bien. Donc évidemment, j'espère qu'il vous plaira aussi. Je vous laisse lire, on se retrouve à la fin, où j'aurais deux trois trucs à annoncer. Bonne lecture ! ^^
Chapitre 19 : Noël en guerre.
La nuit avait été dure pour tout le monde. Pomfresh avait remis Maugrey sur pied, tandis que Ron hurlait de douleur sous l'effet de la potion poussos. Et Fred ne s'était toujours pas réveillé, plongé dans un état comateux qui mettait Georges dans tous ses états.
Au petit matin, tous les membres de l'Ordre avait les traits tirés, mais aucun plus que Potter. Car Harry n'avait pas encore eu l'occasion d'annoncer à ses amis que Voldemort avait créé un nouvel horcruxe et il avait réfléchi à la meilleur façon de leur dire durant toute la nuit. Il salua Hermione qui descendait prendre son petit déjeuner et lui demanda comment allait leur ami.
- Mieux, la potion a fait effet, répondit la jeune femme d'un ton las. Il n'a plus mal, il est juste fatigué.
- Je peux aller le voir ?
Hermione regarda Harry et lui sourit en hochant la tête. Le brun était venu la voir dès qu'il avait pu après être revenu de l'auberge où il avait passé quelques heures avec Malfoy. Il l'avait rapidement rassurée en lui montrant sa baguette qu'il avait récupérée. Personne n'avait avalé l'histoire de la porte comme explication à son œil au beurre noir. Mais personne n'avait posé davantage de question. La bataille avait laissé tout le monde épuisé. La guerre froide était vraiment finie : Voldemort passait à l'action.
Harry frappa trois légers coups sur la porte de la chambre de Ron et entra aussitôt. Son ami était encore très pâle, même ses tâches de rousseurs semblaient avoir disparues. Le brun s'installa au bord du lit et sourit au rouquin qui grimaça.
- T'as encore mal ? s'inquiéta-t-il.
- Je te dirais bien non, pour te rassurer, mais ça me chatouille encore drôlement dans le bras, répondit Ron en fronçant les sourcils.
- Une fois que la potion aura fait effet tu seras comme neuf.
- J'espère bien oui.
Ils se regardèrent. La dernière fois qu'ils avaient parlé, ils s'étaient battus. Depuis, Ron avait simplement refusé de détruire le diadème et ils ne s'étaient plus adressés la parole.
- Tu sais, commença le rouquin d'un air embêté, je suis désolé pour l'horcruxe. J'aurais dû le faire, sans me poser de question. J'ai été con.
Harry lui sourit.
- On ne peut plus con en effet, rigola-t-il. Mais tout est bien qui finit bien. L'avantage, c'est que maintenant on est à peu près sûrs qu'on peut faire confiance à Dra… Malfoy.
Ron grimaça encore.
- Je suppose que oui, grogna-t-il. D'ailleurs, là, il est parti cueillir des fleurs et il reviendra tout à l'heure avec un gros bouquet à poser sur la tombe de Fred, c'est ça ?
Harry détourna le regard et soupira.
- Non, Ron. D'abord Fred n'est pas mort. Ensuite, Malfoy est parti rejoindre Voldemort, puis je suis allé le voir pour qu'il me dise ce qu'il avait appris. Il est notre espion, on peut le croire.
- Il t'a dit quoi ? insista le rouquin qui voulait des preuves de cette allégeance du blond.
- Que Skeeter a été enlevée par Voldemort et qu'elle est morte. Son âme a servi à créer un nouvel horcruxe. Tu te souviens de ce que Dumbledore nous avait dit ? Il faut tuer quelqu'un pour pouvoir prendre un morceau de sa propre âme et l'enfermer dans un objet.
- Un objet…, murmura Ron sous le choc. Celui qu'il cherchait tu crois ?
- Oui, Draco est formel, il l'a vu. C'est l'éteignoir de Dumbledore.
Le rouquin eut un petit cri : la surprise l'avait fait sursauté et la douleur dans son bras s'était réveillée. Les deux jeunes hommes se regardèrent.
- Encore deux alors, souffla Ron en laissant sa tête retomber sur son oreiller. On n'y arrivera jamais.
- Si, assura Harry. C'est le huitième qu'il fait. A chaque fois, il se détruit lui-même un peu. S'il continue, il va disparaître de lui-même.
- Il n'a certainement créé cet horcruxe que parce qu'il sait qu'on détruit les autres. Il n'ira pas plus loin, grogna Ron. Il faut l'arrêter avant qu'il n'en fasse d'autres ! Tu as prévenu tout le monde ?
- Non, tu es le premier, répondit Harry. Je voulais qu'on parle avant. Tu me manques Ron, j'ai besoin de toi, de ton amitié, et surtout de ta confiance.
- Moi aussi tu me manques, lui assura le rouquin en le regardant avec un léger sourire. Regarde nous, on dirait un vieux couple qui s'est engueulé et qui tâche de recoller tous les morceaux.
Potter éclata de rire.
- Harry, j'ai aussi besoin de ta confiance, mais je veux être sûr de pouvoir t'accorder la mienne.
Le brun hocha la tête, montrant qu'il comprenait.
- Alors dis-moi comment tu t'es fait ce coquard. Je n'ai pas cru un seul instant au coup de la porte. Tu es maladroit mais pas à ce point.
Potter hésita un instant et décida de tout dire.
- C'est Malfoy qui m'a frappé pour s'échapper.
La bouche de Ron s'ouvrit, mais avant qu'il ne puisse insulter le blond, Harry poursuivit.
- Il l'a fait parce qu'il devait sortir pour apprendre ce que je viens de te dire. Un espion n'est pas censé rester enfermé Ron. Il espionne pour nous, il faut bien qu'il aille auprès de Voldemort de temps en temps. S'il m'avait demandé de le laisser partir, je n'aurais jamais accepté. Alors il a utilisé d'autres moyens.
- Mouais, grommela le rouquin. Ça peut aller comme excuse.
Harry lui fit un sourire triste. Puis il toucha son œil blessé et rigola.
- Et puis ça me va bien, non ? lança-t-il d'une voix séductrice.
- Ginny va adorer, ricana Ron.
La bonne humeur du brun s'évapora aussitôt.
- Elle arrive quand ? demanda-t-il d'une voix blanche.
- Tout à l'heure. Papa est allé la chercher à la gare avec des gars du ministère.
- Ron, tu ne m'en voudras pas si je ne retourne pas avec elle ? Je veux dire… jamais.
Le rouquin observa son ami et finit par lui sourire doucement.
- C'est votre histoire Harry. Elle restera ma sœur, et toi mon meilleur pote.
Le large sourire du brun valait bien toutes les concessions du monde.
- Maintenant, tu devrais aller annoncer la couleur aux autres, grommela Ron en se recalant dans les oreillers.
Potter hocha la tête et le laissa se reposer. Il convoqua tous les membres de l'Ordre dans la cuisine. Seul George refusa de venir, préférant rester auprès de son jumeau toujours endormi dans son lit. Les deux jumeaux n'avaient jamais semblé aussi proches aux yeux des autres. George ne lâchait plus la main de Fred depuis qu'ils étaient rentrés. Kingsley assurait qu'il l'avait entendu pleurer toute la nuit. Molly était dans un état épouvantable.
Lorsque tout le monde fut installé autour de la grande table qui présentait désormais un large trou brûlé en son centre, Harry commença. Il expliqua ce que Draco avait fait pour eux, présentant les choses de façon à obtenir la confiance de l'Ordre pour le mangemort. Tous furent abattus en apprenant l'existence d'un huitième horcruxe. Lupin prit sa tête entre ses mains et soupira longuement. Seul Maugrey, qui s'appuyait un peu plus sur sa cane que d'habitude, émit quelques réserves.
- Et si Malfoy t'avait raconté ça pour te faire croire qu'il te dévoilait quelque chose, mais qu'en réalité aucun horcruxe n'a été créé dernièrement ?
Voyant tous ses efforts anéantis en une seule phrase, Harry lui jeta un regard noir. Evidemment, il avait lui-même pensé à cette hypothèse. Mais il n'était plus objectif par rapport au jeune mangemort.
- C'est vrai, lança Bill. Harry, on ne peut pas savoir.
- Il a détruit un horcruxe ! s'écria le jeune homme. Ça ne vous suffit pas comme preuve ? Il l'a détruit pour nous ! Je me suis retrouvé seul avec lui de nombreuses fois, il ne m'a jamais attaqué ou emmené auprès de Voldemort ! Ça ne vous suffit pas ?
Sa voix résonna légèrement dans la grande pièce. Hermione profita de ce silence pour se lever et monter vers le hall. C'était l'heure de la Gazette et c'était toujours elle qui allait la chercher. Lorsqu'elle revint, Harry semblait toujours énervé, les bras croisés, un air boudeur sur le visage, et personne n'osait parler. Il fallait parfois réfléchir en silence.
La jeune femme ouvrit le journal et poussa un petit cri. En première page, on pouvait voir une photo des plus macabres : la cabine téléphonique du ministère était entourée d'un halo vert représentant une tête de mort avec un serpent. Et par la porte rouge, une main sortait, mollement. Des sorciers tournaient autour avec effarement, personne n'osant approcher. Le titre de l'article qui l'accompagnait s'étalait en grosses lettres : "Rita Skeeter, une nouvelle victime de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom. La presse est-elle visée ?"
Le journal passa de mains en mains. Un autre article parlait de la bataille de la veille qui avait fait plusieurs blessés parmi les aurors et avait permis la capture d'un mangemort. Un peu plus loin, un journaliste faisait allusion à la tentative d'évasion de Mulciber, enfermé à Askaban depuis plusieurs années. Pour le ministre, interviewé en catastrophe, la bataille n'avait été qu'une diversion pour laisser champ libre à l'attaque de la prison. Mais comme il s'était attendu à une action semblable, la protection d'Askaban avait été renforcée, et la mission des mangemorts était tombée à l'eau.
- Quel imbécile, siffla Kingsley. Si Vous-Savez-Qui a attaqué hier, ce n'était pas pour faire une diversion, c'était pour punir le ministre de sa connerie.
- Lucius et ses acolytes s'en sont simplement servis comme diversion, approuva Harry qui observait la photo de la cabine téléphonique avec compassion.
Il ne le dirait pas aux autres, mais il savait que c'était Draco qui avait fait ce travail.
- Mais à présent, vous ne pouvez plus nier les faits, ajouta-t-il en faisant passer le journal à Fleur, sa voisine. Rita n'est pas morte pour rien, Voldemort n'est pas allé aux Carpates pour rien. Tout se recoupe : il est allé chercher l'éteignoir de Dumbledore et en a fait un horcruxe. Et lorsque Malfoy nous a dit que certains mangemorts étaient chargés d'aller libérer Mulciber, il disait encore la vérité !
Le silence suivit cette tirade. Ils étaient forcés d'approuver à présent. Certains lisaient un passage du journal à haute voix. Les discours de Scrimgeour faisaient grincer des dents Kingsley qui le traitait régulièrement d'incapable. Ce fut Hermione qui recommença à parler au bout d'un moment.
- Renvoyer le corps de Skeeter au beau milieu du ministère, ça s'appelle un avertissement, grommela-t-elle. Scrimgeour est peut-être aveugle, mais il a quand même su l'emplacement de la bataille avant nous hier. Il faut reconnaître qu'il a envoyé ses aurors très rapidement. Les mangemorts ont à peine eut le temps de commencer à attaquer le village où ils étaient que déjà les aurors arrivaient. Et si Kingsley n'avait pas reçu le même ordre qu'eux, aurions-nous trouvé l'endroit à temps ?
La question plana un instant, puis elle reprit.
- Je suis persuadée qu'il y a un autre espion que Malfoy près de Voldemort. Et cet espion, plutôt que de nous communiquer les informations qu'il a à l'Ordre, les donne au ministère.
Harry fut le premier à voir où elle voulait en venir. Elle lui avait déjà parlé de ses suppositions quant au statut de Snape. Il craignait fort que cette idée soit très mal vue par les autres. Et pourtant, Hermione alla jusqu'au bout de sa pensée :
- J'ai beaucoup réfléchi à ce sujet, je n'ai pas arrêté de chercher, j'ai essayé d'en apprendre plus à travers Malfoy. Mais évidemment, il était difficile de lui poser ce genre de questions. A présent, je suis quasiment persuadée que le ministère a quelqu'un qui le renseigne, quelqu'un qui se trouve suffisamment près de Voldemort pour connaître le moindre de ses plans à la minute près. Il n'y a qu'un seul mangemort qui, d'après Malfoy, est en permanence auprès de Voldemort.
- Snape, lâcha Remus d'une voix atterrée.
- Oui, Snape, confirma Hermione. Dumbledore lui faisait confiance, malgré tout. Il devait y avoir une raison.
- Dumbledore faisait confiance à n'importe qui, grommela Maugrey.
- Peut-être mais Snape n'aurait pas pu le tromper sur une durée aussi longue, contra Hermione.
- Snape est particulièrement doué en occlumencie, rappela Bill.
- Dumbledore l'était aussi, trancha la jeune femme qui avait décidé d'aller jusqu'au bout de son idée. Vous pouvez dire tout ce que vous voulez, ajouta-t-elle. J'ai passé des nuits entières à réfléchir là-dessus. Snape était un espion qui travaillait pour Dumbledore. Je ne sais pas encore pourquoi il l'a tué cette nuit-là, mais…
- Il était condamné, murmura Harry.
Tout le monde le regarda. Il était le seul à avoir assisté à la scène.
- Dumbledore allait mourir, de toute façon, dit-il en redressant la tête. Vous le savez, nous revenions de la grotte où il avait dû boire ce… cette…
Aucun mot ne parvenait à décrire l'horreur qu'il avait vécu ce soir là. Il se reprit et poursuivit, d'une voix plus sombre.
- Dumbledore aurait bien été capable de sentir sa fin venir et de demander à Snape de le tuer lui, plutôt que quelqu'un d'autre.
- Comme ça, Snape gardait son lien si privilégié avec Voldemort, et il pouvait continuer à livrer des informations.
- Et pourquoi au ministère ? lança Fleur de sa voix claire.
- Parce qu'ici, personne n'aurait jamais cru à ses avertissements, approuva Maugrey. Tu n'as peut-être pas tord jeune fille, grogna-t-il à l'intention d'Hermione. Mais dans ce cas, pourquoi le ministère continue à mettre sa tête à prix ?
Hermione prit quelques secondes pour réfléchir avant de répondre.
- Deux solutions, lança-t-elle. Soit Snape ne signe pas ses lettres, et dans ce cas, le ministère ne sait pas que c'est lui. Soit Snape signe ses lettres, et le ministère est suffisamment intelligent pour savoir que si sa tête ne paraît pas avec celles des autres mangemorts, Voldemort risque de se poser des questions.
- Je penche pour la première solution, ricana Kingsely. Jamais Scrimgeour n'aurait autant de lucidité.
- Bien, alors qu'est-ce qu'on fait ? trancha Harry.
Mais personne n'eut le temps de répondre ou de proposer quoique ce soit. A l'étage, un cri les fit tous sursauter, et juste après, la voix de George se répercuta sur les murs de la vieille maison.
- Maman !! MAMAN ! Fred s'est réveillé !
Molly poussa un cri et se leva aussitôt, faisant tomber sa chaise à la renverse. Elle était déjà dans le hall quand tout le monde se lança à sa poursuite. Et effectivement, dans la chambre des jumeaux, George tenait à présent la main d'un Fred parfaitement réveillé, qui se contentait de grommeler qu'il avait mal à la tête. Leur mère éclata en sanglot en le serrant contre elle, tandis que Bill attrapait George par la taille pour danser avec lui. Hermione courut prévenir Ron et Harry ne pouvait plus détacher ses yeux de l'immense sourire de Fred qui étouffait à moitié sous les bras de sa mère.
- Mon fils, mon petit Fredy, martelait-elle en pleurant.
- 'Man, protesta le jeune homme. Laisse-moi respirer ou bien je retombe dans les pommes.
- Ah non ! s'exclama George qui abandonna Bill pour sauter sur le lit. Pas question !
Les deux jumeaux se firent le plus beau sourire qui soit et tombèrent dans les bras l'un de l'autre. Tout le monde applaudit. Le soulagement était intense. Lorsqu'ils étaient rentrés de la bataille, portant Fred comme s'ils portaient un mort, l'espoir était devenu si fin qu'une pichenette aurait suffit à le détruire. A présent, tout le monde se sentait d'attaque pour repartir à l'affront. Des bruits se firent soudain entendre dans le hall : la porte claqua et des voix résonnaient.
- Oh mon dieu ! s'exclama Molly en levant les bras en l'air. Ginny !
Elle se releva, quittant le chevet de son fils guéri et courut à nouveau dans les escaliers. Ses cris de joie parvinrent à tout le monde. Tandis qu'ils descendaient tous en bas pour accueillir la nouvelle venue, Harry se dirigea plutôt vers le lit où les jumeaux rigolaient encore. Il tendit la main à Fred avec un grand sourire.
- Content de te revoir parmi nous, lança-t-il.
- Oh ! s'exclama le rouquin en lui serrant la main. Ce violet autour de ton œil te va à ravir ! Ma sœur vient pourtant juste d'arriver, ce n'est donc pas elle qui…
- Non, une porte, trancha Harry en rougissant.
Fred le fixa suspicieusement avant d'éclater de rire.
- De toute façon, tu ne diras rien.
George, tellement soulagé de voir son jumeau et amant de nouveau en vie, sauta du lit et atterrit juste à côté de Potter qu'il serra dans ses bras. Il avait senti l'embarras du jeune homme en entendant le prénom de sa sœur. Il se sentait le besoin de le rassurer : quoiqu'il arrive entre elle et lui, le brun resterait un membre de la famille.
- On t'aime nous tu sais, lui dit-il en le lâchant enfin.
- Ouais, rigola Harry gêné. Moi aussi. Restez comme ça les gars.
Puis il les laissa fêter leur retrouvailles. Il devait descendre affronter Ginny. En passant devant la chambre de Ron, il constata que le lit était déjà défait et vide. Hermione était certainement venue l'aider à sortir pour voir sa sœur. Personne ne l'avait vu depuis la rentrée, presque quatre mois. Tous étaient dans la cuisine, tout le monde parlant à la fois. Lorsque Harry entra, Ginny lui lança un beau sourire. Puis éclata de rire en se tournant vers Bill.
- Tu avais raison, ça lui va bien !
Puis, comme pour s'excuser de s'être moquée, elle vint faire une bise au brun qui n'avait pas bougé.
- C'est rien, précisa-t-il, légèrement crispé. Ça va partir.
- Bien sûr ! rigola Ginny. Je ne m'inquiète pas.
- Hey, Harry, lança une voix derrière lui.
Le brun se retourna pour tomber sur les deux yeux verts les plus beaux qu'il n'avait jamais vu.
- Charlie ! cria-t-il. Tu es venu aussi !
Le rouquin éclata de rire en serrant la main du jeune garçon.
- Les dragonnes ont toutes accouché plus tôt que prévu, alors j'ai pu m'éclipser pour passer Noël avec vous.
- C'est magnifique ! continuait Harry, un sourire heureux collé aux lèvres. C'est…
Un énorme sanglot provenant du bout de la pièce le coupa dans sa phrase. Tous se tournèrent vers Molly. Elle s'était laissée tomber sur une chaise, et la tête dans les bras, posés sur la table, elle pleurait toutes les larmes de son corps. Trop de bonheur d'un coup, après tant de stress… Aussitôt, Ron, Bill, Charlie, Arthur et Ginny vinrent l'entourer. Le père de toutes ces têtes rousses avait lui aussi les yeux humides. Harry jeta un regard à Hermione.
La jeune femme venait d'éponger ses yeux avec un mouchoir qu'elle cacha furtivement dans sa poche. Le brun lui fit un sourire. Le bonheur de la famille fut complet lorsque Fred et George entrèrent à leur tour dans la cuisine, et annoncèrent à l'assemblée qu'ils avaient particulièrement faim.
Aussitôt Molly fut debout et s'activa comme jamais. Implicitement, tout le monde décida d'oublier la guerre le temps d'un repas, le temps d'une fête. Quelques uns se lancèrent dans la décoration de la maison. Des tas de boules de Noël brillant de mille feux firent leur apparition un peu partout. Les jumeaux installèrent des minis explosifs de cotillons dans tous les recoins. Ils explosaient à chaque fois que quelqu'un passait trop près.
Bill et Ginny s'assurait que pas un bout de la rambarde du grand escalier n'était recouvert de guirlande. Hermione s'occupa du sapin, dans le hall, avec l'aide de Ron qui se contentait de la regarder en souriant.
Harry et Charlie se chargèrent de décorer tous les murs, en y collant confettis et paillettes dorées. Le brun était ravi que le chasseur de dragons soit venu également. Il s'était toujours bien entendu avec lui, un peu comme avec Ron, et sa présence lui permettait d'éviter Ginny beaucoup plus facilement.
Tandis qu'ils décoraient la chambre de Remus et Tonks, Charlie lui demanda de le tenir informé de tout ce qui s'était passé pendant son absence. Harry lui parla de la grotte où lui et Remus avait trouvé le diadème, il lui parla des erreurs de Scrimgeour, de sa forte tendance à sous-estimer Voldemort. Il lui raconta comment Ron et lui en étaient venus à se battre, avant de se réconcilier. Il n'omit aucun détail : la dispute des jumeaux oubliée, les fréquents coups de blues de Molly, l'aide plus ou moins reconnue et acceptée de Malfoy, le nouvel horcruxe créé par Voldemort, la mort de Skeeter.
Ils n'eurent bientôt plus qu'une pièce à décorer : la chambre habituellement réservée à Draco. Harry se laissa tomber sur le lit, complètement épuisé. Des rires leur parvenaient d'en bas. Charlie s'appuya à la fenêtre.
- Tu vas faire quoi avec Ginny ? murmura-t-il.
Potter savait que chaque membre de la famille Weasley allait un jour ou l'autre lui demander des comptes pour avoir fait souffrir leur sœur. Il décida de dire la vérité, comme il l'avait déjà fait avec Ron.
- Rien, avoua-t-il d'une vois basse. Je suis désolé, mais nous ne sommes pas fait l'un pour l'autre. On a rompu, c'est définitif.
- Elle espère encore tu sais, lui dit Charlie en venant s'asseoir à son tour sur le lit.
- Je pense que non, elle a compris.
Le rouquin rigola. Il envoya gentiment son poing dans le ventre du brun.
- Elle a beau avoir compris, ça ne l'empêche pas d'espérer encore un peu.
Harry lui envoya un sourire triste. Qu'y pouvait-il ? Ginny ne pourrait plus jamais lui apporter ce qu'il désirait, ce dont il avait besoin. Peut-être qu'il y a quelques mois, la chose eût été possible, mais à présent, elle ne faisait absolument pas le poids face à celui qui occupait déjà le cœur du jeune homme.
- Je suis désolé, chuchota Harry en détournant les yeux du regard brillant de Charlie.
- Personne ne t'en veux, affirma le rouquin. Maman t'aime autant que si tu étais l'un d'entre nous. Avec ou sans Ginny, avec ou sans Ron, tu seras toujours un membre de la tribu.
Le brun le savait, Molly le lui avait suffisamment prouvé. Il hocha la tête et rigola.
- Bien, on termine ? ajouta-t-il en se redressant.
- On termine !
Du coup, la chambre de Malfoy eut droit à la plus belle décoration de toutes les pièces. Les deux hommes laissèrent leur imagination déborder, créant des arabesques avec les jets de confettis qu'ils envoyaient. Bientôt, plus un seul coin du mur n'était visible, tout était recouvert.
- Si Malfoy revient, il va faire une crise cardiaque, ricana Charlie.
- Il n'a plus besoin de revenir ici, lança Harry. On peut communiquer autrement.
Charlie lui jeta un regard de travers, mais le regard vague du brun, qui se perdait dans la contemplation du lit, lui interdit de poser ne serait-ce qu'une question. En chemin, son père lui avait confié que Malfoy était un sujet étrange et sensible, particulièrement auprès du jeune Harry. Il n'insista donc pas et entraîna le brun pour rejoindre les autres.
Dans la cuisine, tout le monde mettait la table, préparait un repas digne de ce nom. Molly était aux anges : elle donnait des ordres, observait ses enfants, faisait quelques remarques sur la tenue de Charlie qui la taquinait. Seul Ron restait assis, tenant son bras en grimaçant parfois. Tonks surveillait la cuisson de ce qui ressemblait fort à une soupe à la tomate, tandis que Remus discutait paisiblement avec Kingsley.
Soudain, alors que Harry disposait les assiettes sur la table, il sentit dans sa poche une chaleur bien connue. Il jeta un coup d'œil autour de lui, et une fois qu'il fut sûr que personne ne le regardait, il tira la carte de sa poche.
"Tu peux venir ?".
Du bout de sa baguette, le brun inscrivit une réponse positive sur la dame de pique. Le mot brilla un instant et disparut. Puis, il se dirigea automatiquement vers Hermione qui était penchée sur Ron.
- Je peux vous parler ? leur murmura Harry.
Ses deux amis hochèrent la tête, et sous le regard satisfait de Molly et des autres, que le retour du trio satisfaisait, ils sortirent, aidant Ron à monter les escaliers.
- Ici, ça ira, lança Harry une fois qu'ils furent dans le hall.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Hermione.
- Malfoy et moi avons décidé d'utilisé le même système de communication que l'AD. On ne fait ça que depuis hier soir, ajouta-t-il précipitamment en voyant les sourcils de Ron se froncer. Je vous demande de lui faire confiance. On en a longtemps parlé à la réunion tout à l'heure, et vous étiez tous d'accord pour dire que sans lui, on en n'aurait jamais su autant sur les intentions de Voldemort.
Hermione hocha doucement la tête, tandis que Ron restait plus difficile à convaincre. Mais au bout d'un instant de réflexion, il approuva.
- C'est évident qu'en tant qu'espion, il doit pouvoir communiquer avec nous. Mais ne serait-ce pas plus prudent si c'était quelqu'un d'autre que toi qui jouait au transmetteur ?
- Pour l'instant c'est moi, et il vient de m'appeler. Je ne sais pas s'il a quelque chose d'important à me dire ou pas. Je ferais mieux d'y aller.
- On t'accompagne, lança Ron.
- Pas question, tu es blessé, gronda Hermione. Je t'accompagne, ajouta-t-elle en se tournant vers Harry qui rigola doucement.
- Aucun de vous. Restez ici. Il ne m'arrivera rien ce soir. Je ne reste pas longtemps, je veux goûter à la soupe de Tonks.
Les trois amis rigolèrent gentiment.
- Dis-nous au moins où c'est, insista Ron.
- Il s'est installé dans la chambre à l'auberge où on était toi et moi quand on travaillait sur les plans de l'Ecosse.
- Il s'est pas foulé, grogna le rouquin. Il a piqué notre planque.
Harry rigola. Puis il leur demanda de prévenir simplement les autres, sans trop de détails, les assurant qu'il faisait vite. Le froid de la nuit qui tombait l'accueillit. Il connaissait les risques et choisit donc d'être extrêmement prudent. Ce n'est qu'une fois dans le parc protégé, à l'abris des arbres, qu'il transplana pour atterrir dans une petite ruelle, à quelques mètres de l'auberge. Il rabattit la capuche de sa cape sur sa tête et fouilla les alentours du regard avant de s'aventurer dans la rue.
Dans l'auberge, le patron nettoyait quelques tables qui venaient de se vider. Il était tendu. L'occupant bizarre de la chambre du dessus n'avait pas quitté les lieux depuis la veille. Qu'est-ce qu'il pouvait faire toute la journée là-haut ? Plus il frottait, plus le vieil homme s'énervait. Un de ces jours il allait le virer, tout simplement. Il s'habillait de façon étrange, portait même parfois un masque en fer. Il se croyait probablement drôle. Peut-être était-ce quelqu'un du milieu cinématographique ?
En tous les cas, il ne plaisait pas à l'aubergiste. Et les gens qui venaient parfois le voir non plus. Ils ressemblaient tous à des fantômes noirs. Ils attiraient la peste.
Et précisément, au moment où le vieillard songeait à cela, Harry poussa la porte de l'auberge. Le brun ne retira pas sa capuche sans avoir vérifié au préalable que personne de suspect ne se trouvait dans les parages. Puis il salua le patron de la main et monta directement à l'étage. Il frappa un petit coup à la porte qui s'ouvrit aussitôt. La pièce baignait de lumière et de chaleur.
- J'ai fait un feu artificiel, entre.
- Tu es fou ! s'exclama Harry en refermant la porte. On est en plein dans une auberge moldu ! Tu vas te faire repérer !
- As-tu deviné quoi que ce soit avant d'entrer ?, soupira Draco.
- Non, reconnut Potter.
- J'ai mis une sorte de repousse moldu tout autour de la chambre.
Harry hocha la tête et observa son amant. Celui-ci était assis en tailleur, devant un feu ronflant au centre de la pièce. Il le rejoint en quelques pas et se laissa tomber à ses côtés.
- Je ne reste pas longtemps, dit-il en contemplant les flammes orangées. Ginny et Charlie sont arrivés et…
- Je comprends que tu préfères passer du temps avec ta petite amie, le coupa Draco en tendant ses mains gelées en direction du feu.
- Ce n'est pas ma petite amie ! se défendit Harry en le regardant. Simplement, tout le monde était si content, j'ai envie d'y retourner, pour manger avec eux.
- Demain soir, c'est Noël, murmura Draco.
- Je sais. Tu seras où ?
- A ma place, avec mes parents.
- A ta place, répéta Harry dans un murmure à peine audible.
- Quoi ?
- Rien.
- Si, vas-y dis-le !
- Ta place, elle est avec moi ! s'emporta le brun.
- Alors pourquoi ne restes-tu pas ce soir ! répliqua aussitôt Draco.
Pour la première fois depuis que Potter était entré dans la pièce, ils se fixèrent, se défiant du regard. Puis, n'en pouvant plus, Harry s'avança et colla ses lèvres contres celles du blond qui agrippa ses cheveux avec force. Mais au même instant, une douleur les transperça.
- Ah ! Putain Malfoy, je t'avais dit de ne jamais recommencer ça !
- C'est pas moi ! se défendit Draco en se redressant aussitôt. C'est lui, il m'appelle.
Les yeux d'Harry s'agrandirent légèrement et il se releva, comprenant le message.
- C'est pas plus mal, comme ça tu vas pouvoir rejoindre tes chers amis, lui lança Malfoy en se dirigeant vers le lit pour prendre sa cape qu'il noua autour de son cou dans un large mouvement.
Le feu s'éteignit sous un sort qu'il lança négligemment du bout de sa baguette. Harry, remonta son col et remit sa capuche.
- Tu m'avais fait venir pour quoi ? demanda-t-il.
- Pour rien. Pour parler.
Le ton agacé du blond trompait son attitude désinvolte. Au moment où il allait mettre son masque, Harry arrêta son geste et regarda une dernière fois les yeux gris perle. Draco battit des cils, perturbé par cet examen imprévu.
- Je refuse qu'on soit fâché, murmura le brun tout contre ses lèvres.
La capuche de Potter faisait comme une protection autour de leurs deux visages ainsi rapprochés. Malfoy scella ses lèvres à la bouche si chaude de son amant et y déposa un simple baiser, comme une promesse fugace, pour plus tard. Puis il s'écarta et mit son masque.
- Il insiste, dit-il de sa voix transformée en désignant son bras.
Harry hocha la tête et se déplaça pour ouvrir la porte. Ils sortirent ensemble. Dans l'escalier, la main du mangemort frôla celle de Potter. Celui-ci ne sut jamais si l'intention était voulue ou non. Lorsqu'ils traversèrent la sale principale de l'auberge, où quelques moldus attablés buvaient tranquillement, le silence les imprégna jusqu'à la sortie. Ils faisaient peur, ainsi vêtus, de grandes capuches, de longs manteaux noirs, marchant sans bruit. L'un des deux avait même quelque chose de brillant sur le visage, sans qu'on ne parvienne à voir ce que c'était. Les moldus étaient impressionnés.
La porte claqua et le froid s'engouffra sous leur cape. En face de l'auberge, appuyé contre un poteau, de l'autre côté de la rue, un grand noir costaud, les bras croisés, attendait.
- Tu es surveillé Potter, souffla Draco sous son masque.
- Je vois ça, grogna Harry.
Sans un autre mot, le brun traversa la route et le blond tourna à droite pour se rendre à son rendez-vous avec le diable. Le brun ne fit aucun commentaire sur la présence de Kingsley. Il avait parfaitement compris : ça n'était pas vraiment lui qui était surveillé, c'était l'espion. L'Ordre acceptait de faire confiance à Malfoy, mais avec prudence. Ron et Hermione avait prévenu les autres, et l'auror avait dû estimer nécessaire de venir vérifier que tout se passait bien.
Les deux hommes rentrèrent sans échanger une seule parole. Une fois dans la cuisine pour une fois chaleureuse et pleine de rires, Harry oublia tout et se laissa transporter par la bonne humeur de la famille Weasley, enfin réunie.
à suivre...
Hi hi. Alors oui, j'avais quelques petites choses à dire.
1- merci énoooooooorme à tous les anonymes qui laissent des reviews et auxquels je ne peux malheureusement pas répondre. Merci à vous tous !!
2- je peux désormais vous dire qu'il y aura précisemment 30 chapitres en tout à cette fic. Il en manque donc... euh... 30 - 19... 11 ! Avez-vous réellement cru que j'hésitais ? ^^
3- les trois chapitres qui vont suivre (donc les 20, 21 et 22 pour ceux qui suivent) vont être un peu particuliers. Ils seront un peu plus axés sur la famille Malfoy. Depuis plusieurs chapitres maintenant, vous avez conscience que Draco est en plein dilemme par rapport à son père. J'avais besoin de m'étaler sur ce qu'il ressent, sur ce que Lucius ressent pour avancer. (Minna, bien entendu, ces 3 chapitres sont pour toi)
4- oui j'adore faire des notes qui ne servent à rien.
5- est-ce que je vous ai déjà dis merci de me lire ?
6- je vous promets de mettre la suite au plus vite, sachant que je n'ai toujours pas le net, que la fac est désormais bloquée (mais pas la BU, ouf !).
7- BISOUSS !!!!
