Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr. ^^

Couple : Harry et Draco principalement.

Résumé : Noël se préparait, Ginny etCharlie ont rejoint Grimmaurd, mais Draco est appelé chez Voldemort...

Petit post it : Minaaaaaa ! pour touaaaaaa ! Premier de ces trois chapitres où Lucius et Narcissa seront un peu plus présent. Je ne dis rien de plus, pas le temps !! Bisous bonne lecture !


Chapitre 20 : Le père, le fils et la haine.

Lorsqu'il entra dans la plus grande pièce du manoir de Voldemort, Draco comprit qu'il n'avait pas été le seul à être appelé. La majorité des mangemorts étaient présents. Ils discutaient, assis à leur place. Avant de s'asseoir, le jeune homme se dirigea vers sa mère qui s'était levée à son entrée. Voldemort n'était pas encore là, il pouvait bien saluer ses parents.

- Mon ange, murmura sa mère en le serrant contre elle. Où étais-tu ?

- Même si je te le disais, tu ne me croirais pas, répondit Draco en rigolant. Père, salua-t-il ensuite alors que Lucius s'approchait. Pourquoi cette réunion ?

- Crois-tu vraiment que je le sais ? répliqua le mangemort en posant une main sur l'épaule de Narcissa. Comment se passe ta… mission ?

- Bien, je crois, répondit prudemment Draco. Et toi ? Mulciber ?

Le ton du jeune mangemort était plein d'espoir. Cela dû plaire à Lucius dont l'intonation froide se réchauffa quelque peu.

- C'est très difficile, je le crains, murmura-t-il. J'ai profité de la bataille d'hier pour…

- Je sais, le coupa son fils sur le même ton.

Plusieurs mangemorts, notamment les Lestrange, regardait la famille la plus blonde de tous les sorciers, et Draco n'aurait pas supporté entendre son propre père lui dire qu'il avait échoué. Cela aurait été comme si Lucius ordonnait à son fils de le tuer, là, immédiatement.

- Alors pourquoi demandes-tu ? siffla Lucius en se redressant. On ne t'a pas vu sur le champ de bataille. Tu ne te bats pas mon fils ?

- Il était en mission, le défendit Narcissa. Et je préfère largement ça. Imagine s'il s'était fait tuer !

- Un homme doit se battre Cissy, c'est mon point de vue.

- C'est le mien aussi père, assura Draco. Ne t'en…

Il ne put rassurer ses parents plus longtemps : Voldemort venait de faire son entrée. Le silence se fit aussitôt dans la pièce et chacun retourna à sa place. Draco quitta ses parents pour se précipiter de l'autre côté de la table. Il s'assit et garda les yeux baissés vers ses genoux. Comme tous les autres, il avait remarqué l'absence de Snape. Il avait pensé qu'il viendrait en même temps que le maître, comme souvent. Mais Voldemort était entré seul, et la place à ses côtés restait vide.

Nagini vint s'enrouler autour du haut dossier du Seigneur des Ténèbres et il s'installa. Les premières paroles étonnèrent tout le monde.

- Viens ici Draco, siffla la voix froide.

Le blond redressa la tête et regarda la place qu'indiquait un doigt long et pâle : celle de Severus. Le regard gris étonné observa un instant les yeux rouges.

- Fais vite !

Sans plus attendre, sans plus se poser de questions, Draco se leva promptement et contourna la table pour aller s'asseoir à côté de Voldemort. Il ne se sentait pas comme privilégié : il avait en réalité peur comme jamais. Pourquoi le maître lui donnait-il cette place ? Où était Snape ? Pourquoi lui et pas plutôt Bella qui était d'une confiance beaucoup plus sûre ? Tant de questions martelaient l'esprit du jeune homme tandis que tous les mangemorts coulaient à présent en sa direction des regards surpris et pleins de convoitises.

Cette place était désirée, plus que tout. A part Lucius et Snape, personne n'y avait jamais posé ne serait-ce qu'on orteil. Lucius avait cessé de s'y asseoir après le désastre du ministère trois ans auparavant, relégué sur le côté gauche de la table, tout au bout. Snape l'avait succédé, et il n'avait jamais failli à une seule mission du maître depuis.

- L'absence de Severus n'est qu'exceptionnelle, siffla encore Voldemort en regardant le profil du blond sur sa gauche. Ne t'y habitue pas trop.

Draco hocha la tête, presque rassuré de savoir que Snape allait revenir. Il savait parfaitement qu'être assis à cette place signifiait beaucoup de choses, et il n'était pas sûr de pouvoir assumer ces responsabilités. N'avait-il pas choisi le camp de Potter au plus profond de lui ? Pouvait-il faire marche arrière ? Le regard doux de sa mère qu'il croisa lui ôta cette idée de la tête. Potter pourrait l'aider à sauver sa famille, tandis que Voldemort la condamnait.

Il redressa la tête et tâcha de se montrer à la hauteur de la confiance du grand Seigneur des ténèbres. La réunion commença alors vraiment. Voldemort mit au courant les autres mangemorts que l'opération Skeeter avait réussi. Dolohov et Jugson bougèrent un peu sur leur siège, fiers d'être l'attention du maître. Il félicita Draco pour son ingéniosité quant à la façon dont il avait renvoyé le corps en plein ministère. Puis il commença à questionner Lucius. Sous la table, Draco serrait les poings.

- As-tu lu le journal ce matin Lucius ?

- Oui maître.

Quelques rires fusèrent.

- Si le ministre est trop stupide pour comprendre mes intentions, il semble en revanche avoir très rapidement compris les tiennes. Tous ces renforts autour d'Askaban… cela a dû te causer beaucoup de soucis.

La voix était froide, presque désintéressée. Lucius restait le dos droit, la tête fièrement dressée. Il savait que son maître ne le tuerait pas en pleine réunion, pas devant les autres. Du moins il l'espérait. A côté de lui, Narcissa tremblait légèrement.

- Tu as échoué Lucius.

La phrase sonna comme un glas dans les trois cœurs des membres de la famille Malfoy. Pour deux d'entre eux, elle signifiait la mort, pour le troisième, un assassinat.

- Pars, retourne chez toi, et attends mes ordres. Tu me déçois, énormément.

Les deux chaises de Narcissa et Lucius raclèrent le sol de pierres. Draco eut un léger mouvement : il aurait aimé se joindre à eux. Mais on ne quittait pas une réunion sans permission, encore moins si l'ont était assis à la place du bras droit.

- Quelle équipe, siffla froidement Voldemort en dardant son regard rouge sur chaque mangemort. N'y a-t-il personne digne d'une confiance absolue parmi vous ?

Ce n'était pas vraiment une question, plus une plainte. Mais Bellatrix ne put s'empêcher de murmurer en fixant le visage du Lord d'un regard triste.

- Maître…

- Bella, je t'ai confié une mission, lui répondit Voldemort. J'espère que tu ne l'as pas oubliée, car dès ce soir, je veux que tu t'y mettes.

Les yeux noirs de la femme se durcirent et elle acquiesça. Personne ne vit la légère déviation que prit son regard en direction de Draco, pas même celui-ci, occupé à fixer la porte derrière laquelle venait de disparaître ses parents. Il irait les voir après. Il était peut-être avec l'Ordre, avec Potter du moins, mais sa famille restait sa priorité, son nom, son sang.

Voldemort faisait simplement le point sur la dernière bataille, regrettant vaguement celui qui s'était laissé prendre, projetait d'en faire une nouvelle bientôt et donnait de nouvelles indications. Draco songeait à son père et à Harry qui devait déjà être retourné à Grimmaurd avec Kingsley. Il avait parlé d'un repas. Il aurait aimé être avec eux plutôt qu'ici, à cette table où tout le monde le regardait avec méfiance, jalousie, haine et crainte à la fois. Enfin, le Seigneur des ténèbres leva la séance.

- Draco, reste.

L'ordre avait imposé le silence. Les mangemorts qui étaient pour la plupart déjà debout se tournèrent vers le blond avant de sortir tous rapidement. Le regard de Bella fut à peine plus marqué, plus tenu. Mais elle fila, comme les autres. Le blond se leva et se tint à côté du fauteuil de Voldemort. Nagini le fixait de ses yeux en fente.

- Tu connais ton devoir Draco, murmura le Lord en levant son regard rouge vers le jeune mangemort. Je vais bientôt te donner l'occasion d'accomplir ta dernière mission. Tu iras combattre la prochaine fois, et tu te débrouilleras pour tuer Lucius.

Les genoux de Malfoy tremblèrent légèrement.

- Maître… à ce propos, murmura-t-il en baissant les yeux. S'il vous plaît, épargnez-le. C'est mon père, je ne…

- Tu le feras Draco. Tu le feras si tu veux que ma confiance en toi s'éternise. As-tu aimé tenir cette place pendant la réunion ?

- Vous m'avez honorez maître, répondit le blond.

- Severus était en mission spéciale, j'ai pensé que cela ferait plaisir à ton père de voir l'avenir de son fils avant de mourir.

- Maître…, souffla encore Draco, choqué.

- Tu le tueras, n'est-ce pas ?

Le blond avait redressé la tête et ses pupilles grises furent un instant fascinées par la douceur apparente des yeux rouges. Il hocha la tête, doucement; comme paralysé.

- Tu peux t'en aller. Tiens-toi prêt.

Tel un automate, Malfoy quitta le regard de braise et fit demi tour en direction de la porte qu'il franchit du même pas lent. C'est au moment où elle claqua dans son dos qu'il sembla se réveiller. Sans s'en rendre compte un seul instant, il venait d'être soumis à l'impero de Voldemort l'espace de quelques secondes. Il secoua la tête et se mit à courir. Il devait aller voir ses parents, impérativement.

Allait-il pouvoir avouer à son père sa sombre tâche le concernant ? Il transplana dès qu'il fut dehors et atterrit directement sur le perron du manoir de sa famille. Il frappa et entra aussitôt. Au moment où il refermait la porte d'entrée, il crut voir une ombre au bout de l'allée, derrière la grille. Mais l'instant d'après, il ne vit plus rien et pensa avoir rêvé.

Il appela sa mère d'abord, puis son père. Ce fut ce dernier qui se manifesta. Il portait encore sa cape et semblait très agité. Derrière lui, Narcissa ne parvenait pas à le calmer.

- Revoilà le héros du jour ! siffla Lucius en descendant les escaliers du grand hall.

- Père, je suis venu dès que j'ai pu. La réunion…

- De quoi a-t-elle l'air depuis mon ancienne place ? le coupa son père qui se tenait à présent devant lui et le dominait de toute sa hauteur. Es-tu fier de toi ? Jamais je n'ai songé que tu oserais aller jusque là.

- Mais…

- Tais-toi ! s'énerva Lucius. Tu as délibérément trahi ta famille Draco.

- Jamais ! s'écria le blond en reculant d'un pas face au regard mauvais de son père.

- Lucius, calme-toi voyons, tenta Narcissa.

- Notre maître a l'intention de déclarer la guerre pour de bon, lança leur fils, il veut lancer une nouvelle bataille bientôt, demain peut-être. Tu pourras lui prouver alors que…

- Le Lord m'a laissé deux chances Draco ! trancha Lucius dont les longs cheveux virevoltaient dans le dos. Sais-tu ce que cela veut dire ? J'ai échoué ! Et au lieu de me soutenir et de rester à ta place, à savoir à mes côtés, toi, tu grimpes les échelons et te place à côté de celui qui va bientôt me condamner !

Narcissa poussa un petit cri et plaqua ses mains sur sa bouche. Son regard allait de son mari à son fils. Elle comprenait la colère de Lucius, mais elle n'aurait pas dû être dirigé vers Draco. Ce dernier n'avait rien fait. Il était là, justement, avec eux, avec lui. Mais le blond ne le voyait plus : il ne voyait plus ce fils qu'il avait élevé, il voyait un traître qui prenait la place qu'il avait perdue et toujours rêvé de récupérer.

- Ce faisant tu me condamnes toi-même ! achevait Lucius.

Jamais le hall du manoir des Malfoy n'avait résonné de tant de colère. Draco était sous le choc du raisonnement de son père. Ainsi c'était ce qu'il croyait ? Qu'il était satisfait de sa position et qu'il n'attendait que le bon vouloir de Voldemort ? Pour la première fois de sa vie, il sentit un sentiment bien connu se diriger vers son père. La haine qu'il avait l'habitude d'émettre envers Potter l'avait quitté lorsque le brun l'avait prit dans ses bras. Voilà qu'elle revenait, pour quelqu'un d'autre. Et il explosa.

- Je me tue à te prévenir ! hurla-t-il en brandissant un poing. Je m'efforce de gagner ta confiance et ton amitié pour que tu sois fier de moi ! Je fais tout pour préserver ma famille, je cherche, j'essaie de comprendre ! J'ai tout fait père, tout ! Je t'ai toujours admiré, même quand le maître t'as désisté de ta place ! Jamais je n'ai espéré m'asseoir à ses côtés ! Je ne suis même pas sûr d'en avoir envie ! Et maintenant tu me parles de traîtrise ! Je te hais, tu entends !

- Être fier de toi ? siffla Lucius. Quel fils digne de ce nom traînerait son père dans la boue ? Quel père pourrait être digne d'un fils lâche ?

Les deux hommes se fixaient à présent. Draco poussa un cri de rage au dernier mot de son père et se jeta sur lui pour le frapper. Mais il n'en eut pas l'occasion : Narcissa avait été plus rapide, depuis longtemps déjà elle avait sorti sa baguette.

- Je ne tolèrerai pas que vous vous battiez, cingla-t-elle après son sort de répulsion qui avait écarté son mari et son fils l'un de l'autre. Sors Draco, cela vaut mieux pour ce soir. Mais reviens demain. C'est Noël, et aucun de vous d'eux ne m'empêchera de passer cette soirée avec ma famille, ensemble.

La voix froide et parfaitement maîtrisée de sa mère ramena le jeune mangemort à la réalité. Il jeta un regard effrayé à son père qui le fixait toujours méchamment. Il fit demi-tour précipitamment et sortit en courant du manoir. En tant que membre de la famille Malfoy, il pouvait transplanner dès le perron, mais il ne cessa de courir, jusqu'à la grille, et encore au-delà. Courir pour oublier ce qu'il avait dit à son père, oublier ce que celui-ci lui avait dit, oublier qu'il essayait de sauver un homme envers lequel il venait de ressentir une haine si profonde en quelques secondes.

Si sa mère ne l'avait pas arrêté, jusqu'où serait-il allé ? Lucius était fort, plus que lui peut-être. Un peu plus vieux, mais plus habile, plus courageux. Se seraient-ils vraiment battus ? Draco ne pouvait l'imaginer : il avait tenter de frapper son père. Des larmes coulaient toutes seules sur ses joues gelées tandis qu'il courait encore, à travers la campagne moldue, celle de son enfance. Il avait grandit dans ces collines. C'était ici que son père lui avait enseigné ce qu'il savait, ici qu'était née cette admiration sans borne pour celui qui était tout. Ici qu'était revenue la haine.

Il se rendit soudain compte qu'il était moins vide. Est-ce que la déclaration de Potter faisait encore effet ? Ou bien était-ce ce sentiment nouveau dirigé vers son père ? Quoiqu'il en soit il ne pouvait toujours pas imaginer le tuer.

Il prit brusquement sa décision. Il allait s'entraîner. Tout en courant, il réfléchit au meilleur endroit pour cela. Le Terrier lui vint naturellement à l'esprit. La vieille maison des Weasley dont il avait entendu parler si souvent était pleine de gnomes et protégée par le même gardien du secret que Grimmaurd. C'était parfait. Il transplana à Loutry Sainte Chapoule sans cesser de courir. Il atterrit à l'extérieur de la ville. Observant les alentours, il repéra très vite une bicoque qui ressemblait à la description qu'en avait faite Harry un jour, devant lui. Il s'y dirigea. Il sentit le bouclier posé autour du terrain lorsqu'il le traversa en pensant au gardien. Il ouvrit la porte d'un simple sort et la referma derrière lui. Mieux valait être prudent. Même pour l'Ordre du Phénix, il n'avait pas le droit d'être ici.

Il lui fut facile de trouver le jardin. Il tenait sa baguette fermement, la rage envers son père toujours bien présente. Une fois au milieu du jardin, il attendit. Sa venue avait dû effrayer les petits êtres, mais bientôt, ils ressortirent de leur trou, s'approchant de lui, poussant des petits cris intrigués.

Draco recula devant leur nombre. Il commença à lancer des sorts mineurs de répulsion qui lui faisait penser à sa mère et à ce qu'elle avait dit. Il n'était plus très sûr de vouloir passer Noël au manoir. Le regard sombre de son père l'en dissuadait.

Il lançait à présent toutes sortes de sorts pour faire reculer les gnomes, mais pas un ne marchait. Ils semblaient les éviter aussi facilement que le plus petit insecte, s'amusant de ce sorcier à l'air perdu. Le blond reculait encore devant l'avancée des petits monstres. Il savait ce qu'il devait faire. Il était venu pour ça. Mais il avait beau essayer de ressentir à nouveau la haine qui l'avait envahi lors de sa dispute avec son père, seule la peur le faisait tenir debout à présent.

Cependant, au moment où un gnome plus hardi que les autres se jeta sur sa jambe, il hurla le sort interdit :

- AVADA KEDAVRA !!

Aussitôt, tout s'arrêta net. Dans la troupe des gnomes, l'un d'eux était tombé, et les autres le regardaient, sans comprendre. Jamais personne n'avait osé les tuer, c'était tellement ridicule de se débarrasser d'eux ainsi. Ils ne faisaient rien de mal.

La poitrine de Draco lui faisait mal. Il avait tué. Et il devait recommencer.

- Re… reculez ! Reculez ou je…

Il menaçait les gnomes abasourdis de sa baguette tremblante. Certains obéirent aussitôt et retournèrent dans leur terrier en poussant des petits cris affolés. D'autres passèrent carrément sous la haie entourant le jardin. Quelques uns restèrent face au sorcier, sans comprendre.

- Allez-vous en ! Partez ! hurla-t-il encore.

Les derniers attrapèrent le corps de leur ami mort et disparurent à leur tour dans un trou.

- Partez…, murmura Draco comme pour lui-même.

Albus Dumbledore avait eu raison : il n'était pas un tueur, à peine un bon espion. A peine… Il tourna les talons et rentra dans la maison où il se dirigea droit sur le divan. Il s'allongea de tout son long sur le vieux sofa qui grinça sous son poids pourtant léger.

Son père l'avait rejeté, presque renié. Si Narcissa n'était intervenue, il l'aurait probablement maudit. Pouvait-il seulement encore considérer Lucius comme son père ? Tout ça parce qu'il avait prit une place qui ne lui revenait pas, et dont il ne voulait pas. Il n'était qu'un jouet.

Et pourtant, son rôle d'espion lui donnait un pouvoir dont il n'était même pas conscient. Voldemort et Harry croyaient tout maîtriser, mais en réalité la guerre pouvait basculer grâce à lui dans un camp ou dans l'autre. Depuis quand avait-il de telles pensées ?

La porte d'entrée claqua. Il ouvrit grands les yeux. Il n'était pas censé être là. En quelques secondes, il s'était redressé et s'était trouvé une bonne cachette derrière l'épais rideau du salon. Le vieux tissu violet traînait jusqu'au sol et le voilait entièrement. A travers les trous mités du tissu, il pouvait observer la pièce sans être vu.

- Hey, hey…, entendit-il.

La voix, douce et calme, provenait de la cuisine. Draco fut parcouru d'un frisson en reconnaissant celle de son amant. Puis des pas s'approchèrent et une deuxième voix se fit entendre.

- Ils ont à mangé ?

- Je n'en suis pas sûr, vérifie la gamelle de Pattenrond, répondit Harry.

Les doigts pâle de Malfoy serrèrent sa baguette. Il avait beau avoir choisi le camp de l'Ordre, il ne se sentait pas pour autant en sécurité. Et il venait de tuer. Cette idée lui martelait l'esprit comme un mauvais air entêtant.

Soudain, Harry entra dans le salon, une chouette blanche sur l'épaule. Le jeune homme se laissa tomber dans le divan où, quelques instants plus tôt, se trouvait Draco. Il tendit une main vers les plumes blanches du volatile.

- Toujours aussi belle toi, murmura-t-il.

Draco n'avait jamais réellement fait attention à l'état de fatigue de Potter. A ce moment là, il lui trouva le même air las que Severus avait parfois. Son visage prit une expression attendrie en voyant le brun sortir sa carte à jouer d'une poche. Mais il la rangea vivement lorsqu'un grand rouquin entra à son tour.

- Quel ventre ce chat ! Il s'est jeté sur sa pâtée en moins de deux !

Le brun rigola et aussitôt Draco eut envie de casser la gueule à cet abruti de Weasley qu'il n'avait encore jamais vu. De quel droit faisait-il rire son amant ? Ce devait être ce Charlie dont tout le monde parlait mais qui n'était pas encore venu depuis le début de la guerre. Apparemment, lui et Harry s'entendait bien. Ils se mirent à parler en caressant Hedwige ensemble. La chouette finit par s'envoler jusqu'à sa cage pour grignoter ce que son maître lui avait donné à manger.

- On ferait bien d'y retourner, lança Potter en se levant. Ils vont manger le dessert sans nous sinon.

- Je peux te proposer d'autres desserts, murmura Charlie en lui attrapant la main.

Le cœur du brun rata un mouvement, de même que celui du mangemort toujours caché dans la pièce.

- Co… comment ça ?

- Tu ne t'es jamais demandé pourquoi j'étais toujours seul ? rigola doucement le rouquin en jouant avec le poignet qu'il tenait gentiment.

- Euh… non.

- J'ai une sorte d'attirance pour les êtres du genre masculin, avoua Charlie.

La bouche du brun s'ouvrit sous l'effet de la surprise.

- Je n'ai jamais osé le dire à quiconque. Je crois bien que tu es le premier, ajouta-t-il avec un clin d'œil malicieux.

- Charlie, je… excuse-moi mais…

Ne trouvant pas les mots, Harry retira simplement sa main avec un sourire d'excuse.

- Je comprends. Ma sœur te…

- Non, je te l'ai déjà dit, Ginny et moi c'est bien fini.

- Alors je me suis trompé ? s'étonna Charlie en mettant ses mains sur ses hanches. Tu n'aimes pas les garçons ?

- C'est… pas ça non plus, murmura Harry en rougissant.

- Okay, j'ai compris, n'en dis pas plus.

- Tu as compris quoi ? demanda le brun, curieux et inquiet à la fois.

- Tu as déjà quelqu'un, ou alors je ne te plais pas. Ou les deux.

Harry le regarda un instant se demandant jusqu'où il pouvait faire confiance au frère de son meilleur ami. Mais celui-ci ne venait-il pas de lui avouer quelque chose que même sa propre famille ne savait pas ?

- La première solution, avoua-t-il. Mais garde-le pour toi, personne ne le sait, et Ron ne se doute pas un seul instant que je suis… euh… comment tu as dis déjà ?

Charlie éclata de rire et lui tapa gentiment dans le dos, l'entraînant hors du salon pour repartir. Derrière le rideau, Draco avait fermé ses yeux si forts que de nouvelles rides apparaissaient au coin de ceux-ci. Il avait bien tout entendu et n'en revenait pas. Il entendit les voix se perdrent dans la cuisine et le bruit de la cheminée l'assura quelques instants plus tard qu'il était bien seul.

Il glissa le long du mur, restant couvert par l'épais rideau et s'autorisa un profond soupir de soulagement. Il ne sait ce qui se serait passé si Harry l'avait trouvé là, caché. Il aurait dû expliquer sa présence, son entraînement sur les gnomes, sa mission de tuer son père. Non. Il se serait contenter de mentir, d'inventer. Il aurait dit qu'il s'entraînait à espionner. Cela aurait fait rire le brun, et peut-être aurait-il oublié de chercher la vraie raison.

Puis vint la satisfaction de ne pas avoir eu a subir une scène amoureuse entre le Weasley et son amant. Il ne l'aurait probablement pas supporté. Il ne pouvait le nier : que Potter lui appartienne à lui et personne d'autre avait quelque chose de très plaisant. Il aurait tout fait pour empêcher que quelque chose ne se passe avec le rouquin, même trahir sa position s'il le fallait. C'est en se faisant cette réflexion qu'il se rendit compte que Voldemort n'avait fait aucune remarque sur ce qu'il avait très certainement vu lorsqu'il avait dominé Harry la dernière fois. Après tout, sa marque n'avait été activée que quelques secondes, peut-être pas assez pour que le Seigneur des Ténèbres puisse voir quoique ce soit.

Ou alors, Snape lui avait fait une scène de jalousie, et il préférait ne plus en parler. Voilà pourquoi Severus n'était pas présent à la dernière réunion : Voldemort lui avait certainement demandé de se tenir à l'écart pour se calmer. Ou bien, l'espion avait refusé d'y participer pour ne pas apprendre que Draco avait bien dominé Potter.

Malfoy secoua la tête et se redressa, sortant de sa cachette. Il commençait à résonner comme cette Granger. L'hypothèse qui faisait de Snape l'amant du maître était encore à vérifier. Et quand bien même, cela ne réglait en rien son problème : allait-il tuer son père ?

Le blond épousseta son pantalon et décida de retourner dans sa chambre à l'auberge, il n'avait plus rien à faire ici. Même si l'Ordre prenait en ce moment du bon temps, d'autres pouvaient toujours venir vérifier que les deux énergumènes présent un peu plus tôt avaient bien nourri les animaux. Draco referma soigneusement la porte de la maison et quitta la zone protégée avant de transplaner.

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Les grandes fenêtres du manoir Malfoy éclairaient encore la belle pelouse du parc. Dans les étages, le maître des lieux s'activait, vidant ses tiroirs, remplissant des valises à grands coups de baguettes magiques. Derrière lui, sa femme ne cessait de l'implorer.

- Je refuse d'abandonner notre fils, lui disait-elle les larmes aux yeux.

- Je n'ai plus de fils, sifflait Lucius en fermant une nouvelle valise qu'il réduisit aussitôt pour la mettre dans sa poche. Aide-moi plutôt.

- Non, s'entêtait Narcissa. Il aura besoin de nous. Tu es aveuglé par la jalousie, tu ne vois pas que c'est étrange que le maître lui accorde une si grande confiance alors qu'il n'est revenu de l'Ordre qu'il y a quelques mois ?

- Son rôle d'espion lui a probablement permis d'apporter des preuves suffisantes dont nous n'avons pas la connaissance. On ne sait pas tout Cissy, ce n'est pas la première fois qu'on le remarque. Il est loin le temps où le maître me disait ses plans et m'en demandait conseil !

- Lucius, ce n'est pas une raison pour…

- On part en voyage Malfoy ? lança soudain une nouvelle voix depuis la porte du salon où le couple se trouvait.

Les deux blonds se tournèrent brusquement, surpris. Appuyé sur le chambranle, Snape les toisait d'un regard indifférent, parfaitement à l'aise.

- Tiens donc, de retour ? siffla Lucius tandis que Narcissa reculait vers le fond de la pièce. Tu nous as beaucoup manqué à la réunion Severus. Ton maître a cependant jugé bon de te remplacer par le plus jeune d'entre nous.

- Mon maître est aussi le tien, et si tu essayes de provoquer en moi ce sentiment de jalousie dont ton cœur déborde, tu te trompes lourdement, répliqua aussi sec l'ancien professeur. Je suis parfaitement au courant que Draco s'est assis à ma place ce soir.

- Et tu trouves ça normal ? ricana le blond.

Snape ne répondit pas tout de suite. Visiblement, la situation l'agaçait malgré tout quelque peu. Mais il finit par répondre sereinement.

- Notre maître ne fait rien sans raison, lança-t-il. S'il a placé ton fils à ma place, je n'ai qu'à l'accepter.

Narcissa, appuyée contre une fenêtre en retrait poussa un petit cri.

- J'en étais sûre, murmura-t-elle en fixant Severus qui posa sur elle un regard plus paisible que sur son mari. Il a prévu des choses pour Draco. Que lui veut-il ? Que lui demande-t-il ?

- Arrête-donc, lui lança Lucius. Ce que le maître ordonne à ce traître ne nous regarde plus !

- Traître ? s'étonna Snape. Que veux-tu dire ?

Malfoy se contenta de jeter son regard le plus noir en direction du brun qui ravala sa question. Il espérait seulement que Draco n'avait pas fait la bêtise de faire connaître sa position pour l'Ordre à ses parents. Lucius était loin d'être un ami lorsqu'il était jaloux, même pour son fils.

- Que nous vaut le plaisir de ta visite en fait ? lança le blond faussement courtois.

- Notre maître veut te voir, répondit Severus froidement. Immédiatement.

Lucius pâlit tandis que Narcissa s'appuyait plus fermement au rebord de la fenêtre. Le couple s'y était attendu, l'un comme l'autre. Après la déception venait la punition. Et c'était pour cette raison que Lucius avait tenté de fuir. Mais il était visiblement trop tard.

- Accorde-moi deux minutes, lâcha-t-il d'une voix blanche à Snape qui hocha la tête avant de quitter la pièce.

Malfoy se tourna vers sa femme qui se jeta dans ses bras.

- S'il te plaît, murmura-t-elle d'une voix humide comme ses yeux. Pardonne-lui. Pardonne à ton fils.

Lucius la serra contre lui. Peut-être que face à la mort il pardonnerait, oui. Mais pas là, maintenant, devant sa femme. Il se détacha lentement et lui donna un ordre qu'il pensait être le dernier.

- Si je ne suis pas rentré dans une heure, fuis.

Les yeux bleus de la belle femme débordèrent plus que jamais de larmes qui roulèrent dans son cou pâle. Lucius se détourna et quitta la pièce vers son destin qu'il voyait funeste. Dans le hall, Severus l'attendait, toujours habillé de noir, comme s'il portait déjà le deuil. Le blond eut envie de ricaner, de se moquer de ses propres pensées. Il imaginait très mal Snape porter le deuil de sa mort.

Les deux hommes transplannèrent vers le manoir de Voldemort sans une parole. Ils marchèrent dans les couloirs froids sans même se regarder. Snape ne frappa même pas à la porte : le Seigneur les attendait visiblement. Il était encore assis dans son large fauteuil, caressant tendrement la tête de Nagini. Lucius s'accroupit devant lui, posant un genoux à terre. Il s'attendait à recevoir sa punition à tout moment. Elle ne tarda pas.

Une violente déchirure au creux de son ventre le fit hurler de douleur. Il glissa complètement au sol tandis que le sort s'en allait. Sans un mot, Voldemort pointa de nouveau sa baguette sur lui. Les cris du blond claquèrent contre les murs froids. Quelques secondes plus tard, qui lui parurent une éternité, il fut libéré.

- Lève-toi, siffla le maître.

S'appuyant au sol, les jambes encore tremblantes, Lucius se redressa et se tint debout. Il osa lever le visage et planter son regard fier dans les yeux rouges en colère.

- Tu as toujours eu une haute estime de toi-même, lança froidement Voldemort. Comment te sens-tu à présent ?

- Trahi, murmura Malfoy sans quitter des yeux le visage blafard.

- Trahi…, répéta le Lord avec un rictus moqueur. Et par qui ?

- Mon fils.

Voldemort éclata de rire. Derrière lui, Snape recommença à craindre ce que Draco avait éventuellement pu dire à son père. Mais ce n'était pas de ce genre de trahison dont parlait Lucius, et Voldemort le savait bien.

- Tu as sans doute aimé le voir s'asseoir à mes côtés. Moi qui pensais te faire plaisir, ajouta-t-il de sa voix sifflante. Te voilà plein d'une jalousie inutile Lucius !

Le blond ne répondit rien. Il s'était douté que la torture ne serait pas seulement physique. Le Seigneur des Ténèbres savait et aimait jouer avec les esprits.

- Mais tu ne devrais pas être jaloux. Il a mérité ma confiance, tandis que toi…

Un rictus mauvais apparu sur les lèvres fines. Les mains du blond tremblèrent légèrement. Son courage allait-il le faire tenir jusqu'au bout ? Ou bien allait-il finir par s'abaisser et demander pitié ?

- J'ai décidé d'attaquer, encore, quelque part en Angleterre, le soir de Noël. Tu n'avais pas prévu de passer la soirée en famille je suppose ?

Lucius serra les poings tandis que Voldemort ricanait encore.

- J'imagine aisément l'état de cette pauvre Narcissa. Son mari et son fils se déchirant mutuellement pour une place qu'aucun des deux ne méritent vraiment. Mais ne t'inquiète pas Lucius, susurra-t-il encore, tu pourras participer à cette bataille. Ta dernière sans doute.

La menace était claire, autant que l'ordre. Lucius devait aller se battre et ne pas en revenir vivant.

- Je suppose que, pour sauver ton honneur, tu sauras te battre jusqu'à la mort ?

Les yeux rouges venaient de broyer la dernière parcelle de volonté du blond. Celui-ci baissa enfin les yeux sous une pression trop forte pour lui. Et presque contre lui-même, il hocha la tête, accordant à Voldemort le plaisir de mourir de lui-même, en se battant. Il ne savait plus si c'était un honneur que lui faisait là le maître ou une torture supplémentaire. Il ne se sentait plus capable de réfléchir par lui-même.

- Je ne pense pas nécessaire que tu rentres chez toi ce soir. Severus va te montrer où tu dormiras. Demain soir, tu seras prêt.

L'échine courbée, Lucius se laissa conduire par Snape vers les cachots du manoir. L'impero qui le soumettait l'empêchait de prendre une décision, quelle qu'elle soit. Au moment de refermer la lourde porte, Severus lui murmura quand même :

- Ne t'en fais pas pour Narcissa.

Et la porte claqua, avec le verrou. Mais il ne s'inquiétait pas, il ne s'inquiétait plus. Lucius alla s'asseoir sur la misérable couche qui l'attendait et fit ce que le maître lui avait ordonné : il se coucha. Il fallait qu'il se repose, qu'il soit prêt à se battre.

Voldemort accueillit Snape avec un demi sourire.

- Et pourquoi ne doit-il pas s'en faire pour Narcissa ? murmura-t-il en s'approchant de l'ancien professeur qui se raidit légèrement.

- Parce que vous m'avez confié ne pas vous intéresser à cette femme.

- C'est vrai, reconnut Voldemort en posant une main sur le visage du brun. Cependant, il n'était pas censé le savoir.

Severus allait s'excuser, mais un des doigts qui lui caressaient la joue se posa sur ses lèvres pour le faire taire. Le visage du Lord semblait concentré. Il s'écarta brusquement de son espion et fit un geste en direction de la porte qui s'ouvrit dans une bourrasque. Derrière les battants se tenait Bella, légèrement penchée en avant.

- Comment oses-tu ! hurla Voldemort.

En un seul mouvement, il fit rentrer la mangemorte qui hurla de douleur et referma les portes lourdement. Il punit Bella quelques secondes jusqu'à ce que celle-ci, à bout de force, le supplie d'arrêter.

- Je te demande d'espionner Draco et tu viens en faire autant sur mon compte, siffla Voldemort qui tournait autour d'elle, sa baguette dirigée vers la mangemorte. Sais-tu que si tu ne m'étais pas utile je pourrais t'éliminer, là, immédiatement !

- Maître, pitié, je venais juste d'arriver ! se défendit Bella d'une voix tremblante.

- J'espère que tu as de bonnes informations à m'offrir, menaça Voldemort en lui attrapant le menton sans aucune douceur.

- Oui, oui !

Le Seigneur des Ténèbres la relâcha en la repoussant et se dirigea de nouveau vers Snape qui n'avait pas bougé.

- Je t'écoute ! siffla-t-il.

- Malfoy est allé chez ses parents après la réunion. Il… il en est sorti en colère. Il a longtemps couru avant de se rendre dans un lieu protégé par l'Ordre. Je n'ai rien vu, mais c'est à Loutry Sainte Chapoule, peut-être leur cachette maître !

Les yeux de Voldemort se plissèrent et il se tourna vers Snape. Celui-ci, soumit au gardien du secret de l'Ordre du Phénix n'avait jamais pu dévoiler l'emplacement du repaire si recherché. Mais il suffisait parfois de poser les bonnes questions.

- Qu'est-ce qu'il y a là-bas ? lui demanda Voldemort.

L'esprit de l'espion bouillonnait. S'il faisait un pas de travers, tout était perdu. Et si l'Ordre s'était déplacé ? Et si cet endroit protégé qui ne l'était pas du temps de Dumbledore était effectivement devenu leur cachette ?

- La demeure des Weasley, répondit-il simplement.

Un fin sourire apparut sur les lèvres qu'il embrassait parfois.

- Ce n'est donc pas leur repaire, murmura Voldemort. Et après ? siffla-t-il en direction de Bella qui se recroquevilla.

- Il est ressorti et a transplanné dans le Londres moldu. J'ai eu du mal à le retrouver mais il est dans une auberge, près des quais.

- Tiens donc, murmura le maître.

Il se retourna vers la cheminée pour réfléchir, suivit par Nagini qui s'enroula autour de ses pieds. Bella, toujours accroupit au sol regarda Snape qui la fixait étrangement. L'ancien professeur tâchait de savoir pourquoi cette information donnait tant à penser à son amant. En même temps, il essayait de comprendre pourquoi le Terrier était désormais sous protection. L'Ordre s'en était-il servi à un moment donné ? Il craignait d'avoir commis une erreur. Il devait à tout prix prévenir l'Ordre. Ou du moins le ministère. Et ce, le plus vite possible, dès que la maître lui en donnerait la possibilité. Il devait aussi retourner voir Narcissa, et peut-être Lucius, pour lui dire de ne pas s'approcher de Draco, de ne pas lui donner la moindre occasion. Il devait… Il n'en pouvait plus.

- Retournes-y Bella, et ne t'avises plus jamais d'espionner dans mon manoir, ordonna froidement Voldemort.

La mangemorte s'inclina et se dépêcha de quitter les lieux. Snape restait concentré, bien qu'épuisé par la situation qui s'envenimait de plus en plus. La nuit était loin d'être finie.

- Te souviens-tu de cette vision que j'ai eu lors de notre dernier échange ? susurra Voldemort qui s'était approché de lui.

- Oui, maître, répondit Severus.

- La description que nous a faite cette furie me semble convenir parfaitement. Cette chambre est peut-être bien la cachette commune que Draco partage avec notre cher Potter.

Le Lord laissa planer un silence qui permit à Severus de comprendre les intentions de son amant. Elles étaient évidentes : coincer Draco et Harry ensemble dans cette auberge. Le but n'était pas seulement de capturer l'espoir de tout un peuple, mais également de vérifier les bonnes intentions du jeune mangemort. S'il se trahissait, il mourrait.

- Je pense que nous fêterons Noël à Loutry Sainte Chapoule, murmura Voldemort.

à suivre...


Voilà ! Mina, un avis ? J'espère que vous avez tous apprécié. Prochain chapitre : Le père, le fils et....