Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr. ^^
Couple : HP-DM...
Résumé : Voldemort s'apprête à envoyer ses mangemorts attaquer le Terrier. Lucius Malfoy reviendra-t-il vivant de cette bataille ?
Petit post it : Toujours pour toi Mina... Le titre te fait peur, peut-être pleures-tu déjà. Excuse-moi... En attendant, j'espère que tu aimeras au moins l'écriture si tu n'aimes plus la tournure que prend l'histoire. ;-) A tous les autres : je vous souhaite une bonne lecture !
Chapitre 21 : Le père, le fils et la mort.
Funestar sortit de l'ascenseur au plus vite. Ce vingt-quatre décembre avait pourtant parfaitement bien commencé. Depuis la dernière bataille, Voldemort se tenait tranquille, comme s'il avait compris le message. C'était le sous-estimer, le langue de plomb s'en rendait compte à présent. Il avait prévu de quitter le travail plus tôt, vers seize heures, pour rejoindre sa famille et acheter les derniers cadeaux. Mais au moment où il se préparait, un mot cacheté de leur espion secret avait fait son apparition.
Il frappa trois coups secs sur la porte du bureau du ministre et entra directement. Scrimgeour croulait sous les papiers à remplir : des interviews, des articles à vérifier avant publication, des autorisations à signer. Que des élèves aient quittés Poudlard ne l'enchantait guère, beaucoup de parents se plaignaient. Cet Ordre du Phénix se croyait tout permis. Il devait envoyer plus d'aurors à l'école pour protéger les autres.
Il redressa la tête à l'entrée de son meilleur conseiller. L'air grave de celui-ci lui fit aussitôt comprendre qu'il ne passerait pas Noël les pieds sous la table.
- Que se passe-t-il ?
- Encore ce S.S. qui nous avertit, annonça Funestar en tendant la lettre.
Scrimgeour se leva promptement et s'en empara. Elle annonçait une nouvelle bataille pour le soir-même, à Loutry.
- Quelle heure est-il ? Mon dieu vite ! s'exclama le ministre en voyant que l'après midi était bientôt finie. Convoquez les aurors, sauf ceux qui sont à Poudlard, c'est peut-être encore une diversion. Le château doit rester protéger, et…
- Doit-on mettre l'Ordre au courant ? demanda Funestar en rangeant la lettre dans sa cape.
Scrimgeour arrêta de s'agiter et l'observa un moment. Il finit par acquiescer.
- Cette fois, oui, je pense que nous devrions les prévenir. De toute façon, ils sont toujours au courant en même temps que nous. Shakelbolt en fait partie.
Cependant, contrairement à ce que pensait le ministre, l'Ordre du Phénix n'était encore absolument pas au courant de ce qui se tramait. Les membres présents à Grimmaurd organisaient la soirée joyeusement. La veille, le repas s'était déroulé sans encombre, et ils espéraient tous pouvoir réitérer cette expérience bénéfique pour le moral de tous.
De son côté, Draco venait de recevoir l'ordre de Snape : il devait revenir au manoir au plus vite, car c'était lui qui allait diriger la bataille. Les mangemorts l'attendaient. Et suivant les désirs de Voldemort, il se préparait déjà à partir. S'il ne montrait pas un minimum d'obéissance envers le Lord, il n'aurait plus aucun crédit à ses côtés et ne pourrait plus l'espionner pour le compte de l'Ordre. Mais il devait aussi les prévenir. Il plongea sa main dans sa poche et en tira la carte. Le roi de pique le regardait, confiant sur son papier glacé.
Il nota les informations qu'il détenait du bout de sa baguette après avoir réchauffé la carte au creux de ses mains, et envoya le message.
En pleine conversation, Harry sursauta soudain et sortit précipitamment la carte de sa poche. Il n'était plus nécessaire de se cacher puisque tout le monde avait été mis au courant du moyen de communication qu'il avait établi avec leur espion.
- Qu'est-ce qu'il veut ? grogna Ron, qui malgré la confiance accordée au mangemort par l'ensemble de l'Ordre avait encore du mal à être poli.
- Voldemort va attaquer le Terrier ! s'exclama Harry.
- Quoi ? cria Arthur.
- Ce soir, compléta le brun d'une voix rauque.
Les chaises raclèrent sur les dalles et tout le monde se mit à parler en même temps. Ce fut Kingsley qui rétablit le silence.
- Ecoutez, lança-t-il de sa voix grave. Nous ne savons pas comment Vous-Savez-Qui a été mis au courant de l'existence de cette cachette, mais il va falloir la défendre. Je propose de mettre le ministre au courant. C'est la deuxième bataille en peu de temps. La guerre froide est belle et bien finie, il faut nous allier avec le ministère.
- De toute façon, les aurors vont être appelés, non ? demanda Ron.
- Je suppose oui, répondit le noir.
- Il faut aller chercher Pattenrond ! s'exclama soudain Hermione.
- Et Hedwige, compléta Harry dont le cœur battait à tout rompre.
- Ce n'est peut-être pas la priorité, protesta Remus.
La conversation se poursuivit, sur ce qu'il devait être fait ou non. Kingsley envoya un message à Scrimgeour. La réponse lui annonça que le ministère était déjà au courant et qu'ils acceptaient l'aide de l'Ordre.
- Vous voyez ! lança Hermione. Eux aussi ont un espion ! Je mettrais ma main à couper que c'est Snape !
- Je tiens à te garder intacte, grommela Ron, alors cesse de dire n'importe quoi.
Mais les autres semblaient penser que la chose était possible. Lorsque la nuit tomba, tout le monde s'affaira pour partir. Molly poussa les hauts cris lorsque Ron disparut dans la cheminée accompagné de Tonks. Hermione serrait les poings. Elle voulait y aller, mais Ginny lui avait demandé de rester avec elle. Harry achevait de mettre sa cape lorsque Remus lui attrapa le bras.
- Je propose que tu restes ici, murmura le loup garou à son jeune ami.
- Proposition refusée, rigola doucement Harry. J'ai raté la première bataille, je ne veux pas rater celle-ci.
- Voldemort pourrait venir ! insista Lupin. Tu n'es pas prêt.
- Je ne le serais jamais Remus, s'énerva le brun en dégageant son bras. Et puis Draco y sera, ajouta-t-il à voix basse pour que personne n'entende. Je refuse de le laisser.
Le lycanthrope observa un instant le fils de James et prit sa décision. Il sortit sa baguette et lança un sort d'immobilité à Potter qui n'eut pas le temps d'esquiver. Il le transporta jusqu'à sa chambre et le déposa sur son lit.
- Excuse-moi Harry, murmura-t-il en retournant vers la porte. Mais j'ai vu trop de gens mourir autour de moi. Je pourrai protéger Tonks, mais pas si tu viens aussi.
Au moment où la porte allait se fermer, il ôta le sort d'immobilité et verrouilla aussitôt la porte. Tandis qu'il redescendait les escaliers, les hurlements de rage du brun retentirent jusqu'à ses oreilles. Il salua Molly d'un signe de tête, menaça Hermione si elle libérait Harry et disparut à son tour dans la cheminée.
Les deux femmes soupirèrent. Il ne servait à rien d'aller essayer de calmer le lion en fureur qui se déchaînait contre sa porte à l'étage. Elles descendirent toutes deux à la cuisine, rejoignant Ginny qui était restée en bas à rassurer Fleur. Elles n'avaient plus qu'à attendre le retour de ceux qui risquaient une nouvelle fois leur vie.
Lorsqu'il entra dans la salle, tous les mangemorts étaient debout, en cercle, Voldemort au centre. Celui-ci tendit la main vers lui pour le faire venir, et Draco avança, comme un automate. Il le rejoignit, repérant Snape qui se tenait en retrait, vers la cheminée.
- Ce soir est un grand soir pour vous tous, commença Voldemort en tenant son plus jeune mangemort par une épaule. Noël ! Je veux que vous montriez à ces amoureux des moldus comment on aime faire la fête.
Greyback ricana et le sourire froid de Bella s'élargit.
- C'est Draco qui dirigera les opérations. Lorsqu'il estimera que vous vous êtes assez amusés, c'est lui qui vous ramènera auprès de moi. Si un quelconque problème survient, c'est à lui que vous devrez en faire part.
La voix était sans appel. Quelque part dans l'assemblée, deux yeux gris fixaient le jeune sorcier avec une haine sans nom. L'impero de Lucius lui dictait de se battre, mais il conservait tout son esprit de déduction. Après s'être assit à la place de Snape, voilà que son fils prenait la direction des opérations. Comme lui autrefois. Pour lui, c'était simple : Draco s'amusait de la condamnation de son père. Peut-être même l'avait-il soufflé au maître.
- Battez-vous avec honneur, tuez avec plaisir et mourrez s'il le faut.
Les yeux rouges se posèrent un bref instant sur Lucius. Puis le large mouvement qu'il fit de la main évacua la salle : tous les mangemorts sortirent en criant, heureux de passer à l'action une nouvelle fois. Le visage tendu, Draco les regarda sortir sans rien dire, sentant encore la main pâle de Voldemort peser sur son épaule.
- Severus, va, et explique-lui les règles.
Draco se sentit repoussé en avant. Snape passa devant lui et il le suivit. Une fois dans le couloir, il lui sembla que l'attitude de l'espion changea quelque peu. L'ancien professeur se rapprocha de lui, comme pour le soutenir, et sa voix ne fut pas plus forte qu'un murmure tandis qu'ils marchaient en direction de la zone de transplanage.
- Une fois sur place, attends un peu avant de faire exploser la barrière de protection. Ensuite, essaye plus de sauver ta peau qu'autre chose. Si jamais tu vois Granger, avertis-moi avec ta marque. Maintenant écoute-moi Draco, lança Snape en s'arrêtant.
Il prit le jeune sorcier par les épaules et plongea son regard dans les yeux gris paniqués.
- Ce n'est pas pour t'honorer qu'il te donne cette place.
- Je sais.
- Il te teste.
Draco hocha la tête. Il s'en doutait, il n'était pas si stupide. Si son père croyait qu'il avait voulu cette place, ça n'était pas son cas. Lui, savait parfaitement que Voldemort jouait avec la jalousie de Lucius.
- Essaye de ne pas t'approcher de ton père.
- Je dois…
- Je sais. Fais-moi venir au moindre problème. Ta mère est au manoir, en sécurité.
- Elle vous a encore demandé de me protéger.
Snape ne répondit rien, mais son regard en disait long. Il allait lui dire de se méfier de Bellatrix lorsque la porte du manoir s'ouvrit sur Rockwood.
- Alors ? lança le mangemort d'un ton mauvais. On fait quoi, Malfoy !
La nuit était complète. Les aurors du ministère et quelques langues de plomb prêts à se battre se trouvaient dispersés sur le village, centrés autour du Terrier. Dans la maison, l'Ordre prenait certaines dispositions. Ils avaient contacté Pomfresh pour qu'elle puisse venir assez rapidement, au cas-où.
Fred se disputait avec son jumeau qui refusait qu'il aille se battre.
- Tu te remets à peine de l'autre fois et…
- Si tu crois que je vais te laisser y aller seul !
Il se passait à peu près la même chose entre Remus et Tonks, entre Charlie et Bill. Le premier semblait d'accord pour que leur plus jeune frère aille combattre, le second en revanche trouvait ça scandaleux. Ron n'écoutait même pas leur bavardage.
- D'après Harry, Draco sera là, annonça Remus à Kingsley.
- Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Arthur. Il va probablement nous attaquer, non ?
- On se défend, sans l'attaquer violemment, proposa le noir. Si jamais il pousse ses attaques trop loin, on répondra de même.
- Super, grommela Ron.
Et soudain, tout explosa : la barrière de protection qui entourait la maison venait d'être attaquée. Les fenêtres volaient en éclats. L'Ordre au grand complet sortit et la bataille commença. Les sorts fusaient dans la nuit tombante, éclairant les visages des mangemorts qui, riant aux éclats, se défendaient et attaquaient en même temps. Ils étaient bien plus entraînés que la majorité des aurors. Draco se jeta dans la bataille et très vite, se retrouva face à Ronald Weasley.
- Tiens ! une tête connue ! lui lança le rouquin.
- On est venu se défouler Weasmoche ? répliqua le mangemort.
Tout en se défiant par différentes insultes, ils commencèrent à s'attaquer mutuellement. Au fond de lui, Draco était terrifié. Harry était-il sur place ? Sa marque ne l'avait jamais brûlé autant : toutes les autres marques des autres mangemorts étaient reliées à la sienne pour quelques heures. Il se sentait à la fois puissant et misérable. Il tâchait de faire abstraction du fait qu'il était sur un vrai champ de bataille, uniquement entouré d'ennemis, et jouait avec Ron à se battre. Car c'était un jeu véritablement, comme autrefois, à Poudlard, lors des cours de duel. Ils ne s'envoyaient que des sorts mineurs. Autour d'eux, le feu d'artifice des différents sorts auraient pu paraître beau s'il n'avait pas été si cruel.
Soudain, quelqu'un hurla le prénom de son adversaire. Le rouquin se retourna et fronça aussitôt les sourcils en apercevant Hermione courir vers lui en évitant plusieurs sorts d'une couleur verte inquiétante. Il se prit un sort de découpe en pleine figure. Malfoy éclata de rire.
- Je vais te tuer ! hurla Weasley dont les cheveux gisaient au sol.
- Ronald ! appela encore Hermione.
La jeune femme s'approchait d'eux. Elle se plaça aussitôt aux côtés de son petit ami, faisant face au plus jeune mangemort.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? siffla Ron dont le regard restait pendu au visage du mangemort.
- T'aider.
Draco perdit quelque peu de son assurance et eut un léger mouvement de recul. Ils savaient qu'il était avec eux, n'est-ce pas ? Ils savaient qu'il faisait semblant, n'est-ce pas ? Où était Harry ? Autour de lui, chaque mangemort était en proie avec deux ou trois adversaires. Et pour autant, ni les aurors, ni l'Ordre ne parvenait à les faire tomber. Mais lui, Draco Malfoy, ne se sentait absolument pas de taille à combattre contre ses deux anciens camarades. Il regrettait presque d'avoir offert une coupe militaire à Weasley. Mais c'était tout ce qu'il avait trouvé sur l'instant.
Les yeux profonds de Granger le fixaient et bientôt, la bataille s'engagea de nouveau. Draco fut très vite rassuré en constatant qu'elle aussi se battait à l'ancienne contre lui, comme lorsqu'ils ne maîtrisaient encore que quelques sorts gentillets, plus stupides qu'agressifs. Un sort d'enflement atteignit Ron au bras qui eut soudain l'impression d'être beaucoup plus musclé que la normale.
- Ah ah ! rigola Draco. Dommage, j'aurais dû viser une autre partie.
- Qu'est-ce que tu sous-entends misérable fouine ? siffla le rouquin en répliquant d'un poussos qui fit agrandir les royales oreilles du blond.
Ce dernier attaqua avec fureur. Soudain, en pleine attaque, il se souvint de ce que Snape lui avait demandé, si jamais Granger venait. Tout en se défendant du mieux possible contre les attaques du couple de gryffondors, il remonta sa manche et posa un index sur sa marque. Tous les mangemorts le sentirent, mais pas un ne broncha. Le capitaine de la bataille avait le droit d'appeler qui il voulait.
- Qu'est-ce que…
Mais Ron ne put finir sa phrase : à côté du blond, un souffle sombre prenait forme humaine. Hermione poussa un léger cri, croyant un instant que Malfoy venait d'appeler Voldemort en personne. Mais son visage reprit tout son sérieux en reconnaissant le visage pâle de Severus Snape.
- Vous ! hurla Ron.
Le rouquin n'eut pas le temps de faire quoique ce soit que déjà, Severus lançait un sort de son cru sur Hermione qui écarta brusquement la jeune femme de son ami et l'isola dans une sorte de bulle. Snape entra sans problème dans cette sphère protectrice que Ron essaya vainement de faire éclater. A l'intérieur, les deux ennemis commencèrent à se battre. Mais très vite, Hermione comprit qu'à l'instar de Draco, Snape ne lui lançait que des sorts mineurs sans grande méchanceté.
- Vous vous battez bien professeur, mais quel manque de cruauté ! siffla la brune qui venait d'écarter un simple sort de chatouille.
- Où est l'intérêt de vous tuer Miss Granger ? répliqua Snape avec un rictus mauvais. Je ne suis pas venu pour ça.
A l'extérieur de la bulle, personne n'entendait rien de cet échange. Ron, tout en donnant encore le change à Malfoy, tâchait toujours de rejoindre Hermione sans succès. Toute leur attention concentrée sur leurs attaques, aucun d'eux ne vit venir une menace bien réelle. Lucius Malfoy en personne, qui venait de se débarrasser de deux aurors, s'approchait prudemment de son fils par derrière.
Le regard du blond était pénétrant. L'impero de son maître le faisait se jeter entre les sorts sans même se protéger. Il prenait tous les risques et remportait toutes les victoires. Il ne mourrait pas, pas ce soir. Il allait prouver au maître qu'il était le meilleur combattant de tous ces mangemorts stupides. Il allait détruire le fabuleux trio. Et si le temps le lui permettait, il détruirait son fils. C'était la réflexion qu'il avait eu le temps de mener dans son cachot, depuis la veille. Snape était venu lui rendre visite plusieurs fois, le rassurant à propos de Cissy, et le suppliant de ne pas approcher Draco pendant la bataille. Mais lorsque Voldemort avait annoncé que le jeune imbécile serait le capitaine de cette guerre, tous les arguments du bras droit s'étaient échappés de son esprit. Aveuglé par le pouvoir de la jalousie que Voldemort avait développé en lui et rendu plus fort encore par l'impero, Lucius ne voyait plus qu'une chose : la traîtrise d'un fils dont il ne voulait plus.
C'est Ron qui le vit en premier, lui qui faisait face au blond. Il cria quelque chose et Draco re retourna brusquement.
- Alors il te faut de l'aide ? siffla Lucius en braquant sa baguette sur Weasley, tétanisé.
Tout alla très vite. Ron tomba à la renverse sous un sort du mangemort puis en hurla un à son tour en direction du blond qui le rata de peu. Derrière eux, Snape brisa la bulle qui le protégeait ainsi qu'Hermione. Mais ce ne fut ni les sorts de la jeune femme, ni ceux, beaucoup plus discrets, de l'espion de Voldemort qui protégèrent le rouquin menacé. Car bien avant, une lumière verte éclatante avait déjà atteint l'aristocrate stupéfait. Le bras tendu, la bouche crispée, les yeux froids, Draco Malfoy venait de lancer un des trois sorts interdits en direction de son père.
Et le mangemort déchu tombait, comme au ralentis, les yeux braqués sur son fils. Ron fut debout lorsque Lucius fut au sol. Le rouquin fixait le mangemort sans comprendre. Le regard dur de Draco se transforma petit à petit à la vue de la bouche ouverte de stupeur de son père, de ses yeux figés à jamais, de ses longs cheveux blonds qui se mêlaient déjà à la boue.
Le jeune mangemort fit un pas en arrière, sans baisser sa baguette pour autant. Bientôt, ce fut la terreur qu'on put lire sur son visage. Et alors que tout semblait s'être arrêté, les cris et le bruit reprirent soudain leur fonction abrutissante. Snape hurla quelque chose à l'intention de Yaxley, qui se trouvait non loin de là. Le mangemort obéit : il se jeta sur le corps de Lucius et transplana avec. L'ancien professeur se déplaça aussitôt vers Draco qu'il prit par le bras.
- Appuie sur ta marque ! lui ordonna-t-il.
Comme le blond ne réagissait pas, Snape prit lui-même une des mains du jeune sorcier qu'il posa sur la marque chaude du capitaine de la bataille. A l'instant même, tous les mangemorts qui n'étaient pas encore partis, transplanèrent sans se poser de questions. Ron était terrifié. Il maintenait sa baguette tendue en direction de Severus qui n'avait pourtant d'yeux que pour Hermione.
- N'oubliez pas, Granger ! cria l'espion avant de transplaner à son tour, emportant un Draco dont le visage n'avait fait que pâlir davantage.
La disparition de la totalité des mangemorts n'avait guère pris plus de trente secondes. Il ne restait plus rien de la bataille, qu'un énorme nuage vert fluorescent en forme de crâne et de serpent flottant au-dessus de la maison en ruine et en flammes.
Lorsqu'ils atterrirent, non pas au manoir de Voldemort, mais à l'impasse du tisseur, Draco commença à se secouer. Il tremblait. L'image de son père assassiné flottait devant ses yeux hagards. Snape le poussa à l'intérieur de son humble demeure et alluma un feu d'un simple mouvement de baguette. Et puis soudain les trois ordres que Voldemort lui avait donné quelques semaines plus tôt retentirent à ses oreilles : ne plus s'approcher de Snape, dominer Potter, tuer son père. Il avait obéi.
Alors que Severus s'était écarté de lui pour faire chauffer de l'eau, il tomba brusquement à genoux au centre du salon et se mit à hurler. Il hurlait tout ce qu'il avait en lui, de haine, de peur, de fatigue, d'amour. Snape revint en courant vers lui.
- Draco ! Arrête ! Calme-toi, c'est bon, tout va bien.
- NON !!
Le blond ne cessait de crier. Il se haïssait du plus profond de son être. Il choisissait un camp et obéissait à l'autre sans se poser de questions. Il avait tout fait, tout ! Il repoussa les bras de son ancien professeur et se remit debout en titubant.
- Draco, il va probablement nous rappeler pour…
- Laissez-moi ! hurla le blond en reculant vers la porte. Vous… êtes un sale traître ! Je ne dois pas… AHH !
Perdant la tête, le jeune mangemort fit demi tour et fonça à l'extérieur de la maison. Sans tenir compte de Snape qui le rappelait, il transplana dès qu'il put, disparaissant aux yeux du bras droit de Voldemort, désespéré. Il se retrouva dans le centre moldu de Londres qu'il connaissait si bien et se mit à courir.
Il ne s'approchait plus de Snape, il le fuyait. Il avait tué son père, sans l'aide de personne. Il avait dominer Potter avec plaisir. Il se haïssait, du plus profond de son être. Qu'est-ce qui le poussait à faire toutes ces choses que Voldemort lui avait ordonné ? Qui décidait au fond de lui ? Sa propre conscience était-elle incapable de prendre une seule décision ? La vie l'avait détruit. Une seule chose pouvait peut-être encore le sauver, ou au moins l'aider. Une seule personne.
Il transplana dans la seconde. Il atterrit dans le parc protégé de Grimmaurd qu'il traversa en courant, comme si sa vie en dépendait et frappa à la porte de la vieille maison des Black de toutes ses forces.
- Il faudrait qu'on se réunisse, lança Hermione en sortant de la cheminée, Pattenrond dans ses bras. Immédiatement. J'ai des choses à vous dire sur Snape.
- C'était quoi cette bulle autour de vous ? demanda Maugrey en passant devant elle.
- De la magie noire je pense, expliqua la jeune brune. Mais il faut vraiment revoir notre jugement par rapport à…
Elle ne put terminer sa phrase. Des coups frappés à la porte les firent tous sursauter. Arthur, le plus près, ouvrit. Ce fut Draco Malfoy qui entra en trébuchant, claquant la porte derrière lui. Il ne s'était visiblement pas attendu à voir l'Ordre au complet dans le hall. Quelques baguettes se levèrent dans sa direction.
- Doit-on te ligoter ? siffla Maugrey.
- Alastor, murmura Molly qui remarqua tout de suite l'état de grand choc du jeune garçon. Je ne pense pas que ce soit nécessaire.
- Il s'est battu contre nous, siffla l'ancien auror.
Draco reprit vite contenance. Il ne voyait qu'une chose à faire. Son esprit était obsédé par le visage de son père et par le nom de celui qui pourrait l'aider.
- Potter ! hurla-t-il.
- Silence ! lui répliqua-t-on.
Fol'oeil ne lui laissa aucun répit. Le sort qu'il lui lança l'immobilisa et l'entoura de fines cordelettes qui rappelèrent vaguement quelque chose au jeune mangemort. Dans un coin, Ron doutait. Sans l'ancien serpentard, il ne serait probablement plus là. Draco se tortillait au sol, tenu en respect par les baguettes de plusieurs membres remontés de la cuisine. L'image du visage blafard de Lucius continuait inlassablement de défiler sous ses yeux, se mélangeant à celui de Snape, le regard soucieux. Il voulait hurler, mais pas seul. Il voulait hurler. Que lui importait de garder la tête haute après ce qu'il avait fait ?
Au moment où Ron allait ordonner à Maugrey de le laisser tranquille, Remus et Harry arrivèrent.
- Qu'est-ce qui se passe ? lança la voix énervée du brun. Relâchez-le !
- Harry, ce gamin a…- S'il n'avait pas fait semblant d'attaquer l'Ordre, il serait mort ! lança le brun. Laissez-le, je lui fais confiance.
Draco cessa soudain de respirer. Harry lui faisait confiance. Il sentit les baguettes se baisser plus qu'il ne les vit et les cordelettes disparurent. Mais il ne se releva pas pour autant. Son envie de crier s'était brusquement muée en une envie de pleurer. Quelqu'un se pencha sur lui.
- Viens, murmura Potter.
Il l'aida à se relever, et voyant que le blond ne tenait pas debout tout seul, il le porta sur son dos, les deux bras blancs autour de son cou. Harry donna un coup de rein pour remonter le serpentard sur ses épaules, et commença à monter les escaliers.
- Je vais l'installer dans ma chambre, lança-t-il aux autres qui le laissaient faire. Il faut réunir tout le monde. Je veux savoir ce qui se passe à propos de Snape.
Lorsque Remus était revenu du Terrier, il était directement allé ouvrir la chambre du brun, et sans tenir compte des insultes que celui-ci lui avait envoyé, il l'avait prévenu qu'une réunion devait se faire immédiatement, car, entre autre, Hermione avait des choses à annoncer à propos de l'ancien maître de potions.
Draco se laissait complètement aller. Pas un seul de ses muscles n'était contracté. Ses poignets étaient enserrés par les deux mains de Potter, autour de son cou, et ses pieds traînaient sur chaque marche de l'escalier qu'ils gravissaient lentement. Sa tête rebondissait légèrement sur les épaules du brun. Il imaginait parfaitement les regards étonnés des autres. Mais il s'en fichait.
Enfin, une porte s'ouvrit et Harry le fit basculer sur son propre lit. Le jeune mangemort perdit aussitôt la chaleur du dos de son amant, et les larmes commencèrent à couler d'elles-mêmes.
- Dra… Draco ?
Harry était déboussolé. Il n'avait jamais vu Malfoy pleurer. Le blond était sur le dos, sur son lit, les bras immobiles de chaque côté du corps, le visage impassible, et de ses paupières closes s'échappaient les premières larmes qu'il pouvait voir sur ce visage pâle. Qu'est-ce qui avait pu se passer pendant la bataille pour le mettre dans cet état ?
- Draco…
Le brun s'allongea à son tour sur le lit et posa simplement une main sur la joue mouillée de Malfoy. Celui-ci poussa un gémissement plaintif et se tourna pour enfuir son visage dans le cou de Potter. Harry sentit tout de suite les larmes rouler sur sa propre peau. Il entoura le dos du blond de ses bras et le berça doucement.
Des milliers de questions explosaient dans la tête du brun. Il détesta Remus de l'avoir empêché de se rendre sur place. Il aurait peut-être pu éviter ce qui faisait à présent pleurer le blond. Il le serra davantage contre lui, se rendant compte que rien ne pouvait être pire que de le perdre. Il commença à lui murmurer des paroles rassurantes, sans grand sens. Simplement qu'il sache qu'il était là, qu'il ne partirai pas, ne le laisserai pas. Il lui caressait les cheveux, les joues, essuyait les larmes insatiables.
Doucement, la fatigue et l'émotion commencèrent à emmener le blond avec elles. Il sombra dans un sommeil lourd et agité. Harry ne le lâcha pas pour autant, continuant à lui murmurer ce qui lui passait par la tête : qu'il était désolé de ne pas être venu, qu'il ne voulait plus le voir pleurer.
Ce furent les deux coups frappés à sa porte qui le secouèrent. Il se redressa, laissant la tête de Draco retomber sur le matelas avec douceur, et se dirigea vers la porte qu'il entrebâilla. C'était Hermione.
- Ça va ? demanda-t-elle simplement.
Harry jeta un coup d'œil derrière lui. Recroquevillé au centre du lit, là où il l'avait laissé, le blond dormait toujours. Il sortit de la chambre et referma derrière lui.
- Il dort.
- J'ai récupéré Pattenrond, et j'ai vu Hedwige s'envoler pendant la bataille. Je pense qu'elle te rejoindra ici.
Le brun hocha la tête, soulagé.
- Harry, ce soir, Malfoy était le capitaine de la bataille.
Il fronça les sourcils.
- Qu'est-ce que c'est ?
- C'est Tonks qui vient de nous expliquer ça. Il a réussi à faire venir Snape à lui, en appuyant simplement sur sa marque. Ce pouvoir est habituellement réservé à Voldemort. Mais lors des batailles, Voldemort le donne à quelqu'un d'autre, un mangemort de confiance, le bras droit en général, qui devient alors le capitaine. Celui qui dirige les autres, le temps de la bataille.
- Et… c'était Draco ?
Hermione acquiesça d'un air triste.
- Qu'est-ce que ça change ?
- Il a tué son père Harry.
Le cœur du brun cessa brusquement de battre. Que venait-elle de dire ?
- S'il est dans cet état, c'est parce qu'il l'a tué, tout à l'heure. Maugrey s'est battu contre Lucius. Selon lui, il était sous impero, il avait un regard de fou. Il a essayé de s'attaquer à Ron et Malfoy l'a tué.
Harry s'appuya contre sa porte. Il n'arrivait pas à savoir ce qu'il ressentait. La perte d'un mangemort n'était rien en soi. Mais savoir que Draco avait tué son père était un sentiment bien différent.
- Quel est le rapport avec le fait qu'il soit le capitaine ?
Hermione eut un léger mouvement impatient, comme si c'était évident.
- Si Voldemort lui a donné ce pouvoir ce soir c'est qu'il lui faisait entièrement confiance. En tuant son père, Malfoy vient de signer son arrêt de mort.
Elle sut que le brun avait parfaitement saisi son raisonnement par le regard de pur terreur que celui-ci posa sur elle.
Au même instant, au manoir Malfoy, Yaxley déposait le corps de Lucius sur un divan. Narcissa entra dans la pièce, alertée par le bruit et s'arrêta sur le pas de la porte. Le mangemort n'eut pas le courage de lui dire la vérité sur le rôle de Draco dans cet assassinat.
- Désolé Cissy, murmura-t-il seulement.
Et il partit, laissant la blonde se jeter sur le corps de son mari en hurlant sa douleur.
Voldemort congédiait ses sujets qui venaient faire leur rapport personnel de la bataille les uns après les autres. Snape arriva enfin. Ce dernier avait un peu traîné et semblait fatigué.
- Où est-il ? siffla le maître en sa direction.
- Je ne sais pas, avoua le brun qui s'agenouilla devant lui.
- Bella a perdu sa trace. Si mon plan échoue, Severus…
La menace resta en l'air. Les yeux sombres de l'ancien professeur s'étaient posés sur lui, avec effroi. Voilà bien longtemps qu'il ne l'avait pas regardé ainsi. Voldemort eut un fin sourire et tendit la main qu'il plaça sur une joue.
- Il finira par revenir, n'est-ce pas ? susurra-t-il.
Snape acquiesça.
- Laissez-lui le temps de se remettre.
- Bien sûr. Je peux lui faire confiance à présent. Dis-moi, comment l'a-t-il fait ? Ont-ils combattu ?
Severus se redressa et cacha la vérité, en partie.
- Lucius arrivait derrière Draco. Draco s'est retourné et… ils n'ont pas combattu.
Les yeux rouges de Voldemort brillaient d'extase.
- Jamais je n'aurais imaginé que Lucius attaquerait son fils de dos.
Tandis qu'il éclatait de rire, Snape songea que jamais il n'aurait imaginé Draco sauvant la vie d'un Weasley en tuant son père. Mais ça… Voldemort n'était pas obligé de le savoir.
à suivre...
Ben... voilà. J'ai eu énormément de mal à écrire ce chapitre. Le suivant aussi d'ailleurs. En fait, les trois chapitres "Le père, le fils et...", j'ai eu du mal. Après ça, tout va s'enchaîner. Mina, je suis désolée. Je referais vivre Lucius dans le OS que je te prépare, promi ! ^^
Prochain chapitre : Le père, le fils et les regrets.
Bisous et merci à tous !!
