Disclaimer : les persos sont à JK Rowling bien sûr. ^^

Couple : HPDM

Résumé : Nouvelle bataille, au Terrier cette fois. Lucius meurt, tué par son propre fils. Draco retourne à Grimmaurd et s'endort dans les bras d'Harry. La réunion va commencer...

Petit post it : Qui a cru que je ne reviendrais jamais ?? Ah ah ! Je suis désolée d'avoirmis si longtemps à poster la suite, d'autant plus qu'elle était écrite (enfin juste quelques retouches à faire). La fac est toujours en ébullition, les partiels approchent, mon acné fait son grand retour, ainsi que ma constipation... hum.... intéressant, non ? Bref, je stresse, il me faut cette licence. Du coup, les choses traînent un peu plus pour la fic. Mais no panic ! Je vous jure que vous aurez la fin avant la rentrée de septembre ! ^^

Bonne lecture ! (ah et Mina.... ce troisième chapitre particulier est encore et toujours pour toi.) Bisous !


Chapitre 22 : Le père, le fils et les regrets.

Dans la cuisine, personne ne parlait. Charlie appliquait une compresse sur son œil droit qui saignait encore. Tonks se massait un coude, Arthur étalait de la pommade sur quelques brûlures. Et Ron passait ses doigts sur son crâne presque rasé. Les jumeaux s'étaient à peine moqués de sa nouvelle coupe : l'humeur n'était pas vraiment à la rigolade. Noël semblait soudain bien loin.

Enfin, des pas se firent entendre dans les escaliers. Hermione ramenait Harry. La jeune femme alla s'asseoir à côté de Ron tandis que le brun, après avoir jeté un nouveau regard noir en direction de Remus, prit sa place en bout de table.

- Malfoy ne vient pas ? lança Fleur.

- Après, trancha Hermione avant qu'Harry n'ait pu répondre quoique ce soit. On peut le laisser se reposer quelques minutes.

- Bien, alors commençons, lança Kingsley. Je pense que le ministre va bientôt demander aux aurors de retourner sur place pour chercher quelques indices, donc faisons vite. Hermione, nous t'écoutons.

La jeune femme se leva et s'appuya sur la table en se penchant légèrement en avant. Personne ne devait remettre sa parole en doute.

- Ça n'est plus la première fois que je vous en parle. Cette fois, j'en suis sûre : Snape est de notre côté. C'est lui qui envoie des notes au ministère pour le tenir au courant des décisions de Voldemort. Il n'a pas tué Dumbledore par choix politique. Il l'a tué parce que Dumbledore le lui avait demandé. Notre ancien directeur ne voulait pas tomber entre de mauvaises mains, il préférait que ce soit son espion qui s'en charge.

- C'est lui qui t'a dit tout ça ? lança George.

- Il ne me l'a pas dit comme ça, bien entendu. Dans la bulle, il ne m'attaquait pas. Il me lançait des sorts de chatouille ou de fou rire. Il a fini par me dire, simplement, que le ministère ne savait pas tout, qu'il pouvait en dire plus, pour peu que l'on se montre près à l'écouter.

- Cette bulle, c'était assez effrayant, fit remarquer Ron.

- Un sort de son cru, apparemment, annonça Hermione. Mais peu importe. Ce qui compte, c'est que nous avons à présent deux sources pour nous renseigner sur Voldemort.

- Une seule, corrigea Harry d'une voix sombre.

A côté de lui, Arthur hocha la tête lentement.

- Oui, Draco ne nous sera plus d'aucune utilité, approuva le rouquin.

Hermione se rassit.

- Et bien, réjouissons-nous, conclut-elle, nous avons malgré tout encore un espion actif. Snape est le bras droit de Voldemort. Ce dernier lui accorde une confiance parfaite.

Harry songea brièvement à ce songe qu'il avait eu et aux rumeurs dont Draco lui avait fait part : Snape serait l'amant de son maître. Devait-il en parler ? Il préféra se taire.

- Puis-je poser une question ? demanda Molly dont les yeux rouges et les cheveux défaits montraient l'état dans lequel elle se trouvait depuis la bataille.

- Bien sûr, approuva Remus de sa voix douce.

- Je demande car ça n'a rien à voir. Simplement… à quoi ressemble notre maison à présent ?

Arthur jeta un coup d'œil à ses brûlures. S'il se trouvait dans un tel état, c'est parce qu'il avait, vainement, tenté d'éteindre le feu qui détruisait le Terrier.

- Maman, murmura Bill, je crains qu'il n'en reste plus grand chose.

Molly poussa un profond soupir en hochant la tête.

- Vous serez toujours les bienvenus ici, lança Harry à l'ensemble des Weasley. Grimmaurd est votre maison autant que la mienne, vous le savez.

Arthur posa une main sur son bras, en geste de remerciement, et les jumeaux lui firent un clin d'œil. La réunion reprit son cours. On fit le bilan des mangemorts touchés, chacun y allant de sa description de la bagarre. Ron avoua que Malfoy ne l'avait attaqué que de sorts mineurs et qu'en dehors de sa coupe de cheveux, il ne lui avait fait aucun mal.

- Il faut maintenant savoir, reprit Kingsley, comment les mangemorts ont eu vent de ce lieu. Personne en dehors de nous, pas même Snape, ne savait que le Terrier était protégé.

- Il n'est pas difficile de savoir pourquoi Voldemort l'a attaqué, fit remarquer Maugrey. Il a dû s'imaginer que c'était là notre repaire.

- Mais comment a-t-il su ? insista le noir.

- On pourrait demander à Malfoy, non ? proposa Tonks. Après tout… lui aussi était au courant de l'existence de la protection. Et il connaît le gardien du secret.

Tous approuvèrent. Il fallait aller chercher le mangemort. Harry se leva en soupirant et quitta la cuisine. Dans la chambre, il trouva son amant encore endormi. Il s'appuya sur le matelas et le secoua par l'épaule. Le blond ouvrit les yeux, laissant s'échapper les dernières larmes et se redressa. Harry ne savait pas quoi lui dire, alors il se pencha, et l'embrassa, du bout des lèvres, tout simplement.

Les yeux gris semblèrent le remercier.

- On fait la réunion. Tu peux venir ?

En quelques secondes, le visage de Draco retrouva son expression terrifiée. Il supplia presque :

- Non. Harry, Non.

Le brun posa ses mains sur ses joues et le força à le regarder.

- Calme-toi. Ils ne vont rien te faire. Tu es en sécurité ici, on ne te demandera rien. D'accord ? On a juste besoin de ton témoignage pour deux trois trucs. S'il te plaît. Tu reviendras dormir après.

Le blond finit par acquiescer. En descendant les innombrables marches de la vieille maison, il se força à reprendre contenance. Il ne devait pas se laisser aller. Il devait chasser l'image de son père, avant de devenir fou. La cuisine l'accueillit dans un silence solennel. Aucune chaîne ne vint enrouler ses bras ou ses jambes lorsqu'il s'assit à la place habituelle de Potter, en bout de table. Le brun alla s'appuyer contre le mur, derrière Ron et Hermione. Que n'aurait-il pas donner pour laisser son amant dormir plus longtemps !

- Malfoy, nous avons fini par accepter de te faire confiance, lança Kingsely, sans tenir compte du reniflement de dédain d'Alastor. Est-ce que tu as une idée de la façon dont Voldemort a découvert l'existence du Terrier ?

Aussitôt, le regard qui se voulait assuré, tourna en direction du brun. Celui-ci l'encouragea d'un sourire. Draco baissa la tête. Après tout…

- Voldemort ne me fait pas si confiance que ça, commença-t-il. Il m'a déjà fait suivre, ça ne m'étonnerait pas qu'il le fasse encore.

- Mais… tu n'es jamais allé au Terrier, fit remarquer Hermione. Si ?

Malfoy hocha la tête.

- Si, j'y suis allé hier soir.

Personne ne tint compte du léger rougissement qui apparut sur les joues de Charlie. Celui-ci lança un bref coup d'œil en direction d'Harry qui ne faisait pas attention à lui.

- Comment ça ? s'étonna George. Pour quoi faire ?

- Je venais de quitter la dernière réunion de Vous-Savez-Qui, et j'avais besoin de me… poser. J'ai pensé au Terrier, je n'osais pas revenir ici. Mais, je n'y suis pas resté longtemps, juste quelques instants.

Charlie parut soulagé. Le blond ne l'avait probablement pas vu en compagnie d'Harry.

- Si j'étais suivi, c'est possible que l'endroit ait été découvert comme ça.

- Génial, grommela Tonks. Je propose que tu ne quittes plus Grimmaurd.

Draco fronça les sourcils et lui lança un regard noir.

- Et comment je fais pour vous filer des infos dans ce cas ?

- Si tu es suivi, tu ne vas nulle part, confirma Fred.

- Je dois y retourner ! insista le blond.

- Tu ne peux absolument pas y retourner ! s'énerva Harry en se redressant. Tu as tué ton père Draco ! Même si Lucius n'avait plus la confiance de Voldemort, il restait un mangemort. Maintenant il saura que tu es un traître !

Quelques uns hochèrent la tête pour montrer leur consentement, mais la plupart observaient et attendaient la réaction du jeune mangemort. Personne n'avait encore parlé de la mort de Lucius Malfoy.

- Non, murmura Draco. Il… il m'avait demandé de… le tuer.

Un lourd silence tomba dans la cuisine de Grimmaurd, comme si cet aveu avait ôté tout pouvoir de parole à chaque personne présente. Le plus choqué de tous était sans doute Harry qui observait la tête baissée de Malfoy sans comprendre. Il perdait pied…

- Tu… et tu lui as obéis ? murmura Fleur.

Draco releva les yeux et observa la jeune femme avant d'acquiescer.

- Mais avec qui es-tu bordel ! hurla George en se levant. AVEC QUI ES-TU ?

- VOUS ! répondit Malfoy sur le même ton. Avec Harry ! Mais est-ce que vous vous rendez-compte de ce que c'est ? Est-ce que vous voyez ce que j'ai fait ? JE ME TUE POUR VOUS !

- ET TU TUES POUR VOLDEMORT ! compléta Ron fou de rage.

Ce dernier était complètement perdu. Quelques heures à peine auparavant, il était prêt à dire haut et fort que Draco Malfoy, ancien serpentard, lui avait sauvé la vie. A présent, il le voyait de nouveau comme un lâche qui ne choisissait pas son camp.

- Non… Non, Harry, dis-lui… dis leur…

Draco se laissa retomber au fond de son siège, totalement abattu. Harry le regardait toujours. Il y avait encore une semaine, il aurait probablement tourné les talons et serait sorti de la pièce en claquant la porte. Mais là, il avait décidé de lui faire confiance. Il se leva et contourna la longue table. Hermione et Remus s'échangèrent aussitôt un regard inquiet.

Le brun s'accroupit près de l'espion et posa une main sur son genou. Il leva la tête et rencontra deux pupilles grises pleines d'espoir.

- Moi je te crois, murmura Harry. Je le crois, reprit-il sur un ton plus fort en se tournant vers les autres, parce que Lucius allait tuer Ron si j'ai bien compris ce qu'Hermione m'a dit, et Draco l'a défendu. Que ce soit un ordre ou non de Voldemort, Ron est encore parmi nous grâce à lui.

- Je ne voulais pas le faire, lâcha Draco dont les mains avaient repris leur tremblement. Mais je ne pouvais pas le laisser faire.

Tous l'observaient. Complètement perdu, le blond leur rendait leur regard, réclamant un soutien, un signe, n'importe quoi. Ce fut Molly qui le lui apporta. Elle poussa un petit grognement insatisfait et se leva de la table pour s'approcher du mangemort.

- Est-ce que vous ne voyez pas qu'il est à bout de force ? lança-t-elle d'un ton plein de reproche. Maintenant ça suffit. Viens avec moi mon garçon. Ça n'est pas en lui disant une fois qu'on lui fait confiance, et en l'accusant de tous les maux de la terre juste après qu'il va pouvoir se remettre de ses émotions.

Elle écarta Harry et entraîna Draco à sa suite. Ce dernier se laissa faire. La main chaude de la femme lui entourait le poignet avec douceur. Elle l'emmena jusqu'à sa chambre, au dernier étage. Il eut un léger mouvement de recul face à la décoration. Elle était bien plus imposante que n'importe où dans la maison.

- Ne fais pas attention, lança Molly en fouillant l'armoire pour sortir une couverture. Charlie et Harry ont tenu à décorer tous les murs. Allonge-toi.

Il ne se fit pas prier. Une fois sous ses draps, ses tremblements semblèrent diminuer.

- Et maintenant, tu dors.

- Attendez.

Molly, qui venait de baisser magiquement la lumière et s'apprêtait à quitter la pièce, se retourna vers le lit. Draco s'était redressé et la fixait de ses yeux hagards.

- Il faut… prévenir ma mère.

La rouquine le regarda et hocha la tête. Elle le rassura d'un dernier sourire et sortit en refermant la porte. Oui, les mères devraient toujours savoir où se trouvaient leurs enfants. Elle n'hésita pas plus longtemps et ne prit même pas la peine de tenir l'Ordre au courant. Elle se rendit dans l'ancien bureau de Sirius et prit un parchemin. Elle devait simplement choisir ses mots.

oOoOoOoOoOoOo

Narcissa ne s'était pas relevée. Effondrée sur le divan où gisait le corps déjà froid de son mari, elle ne savait plus, ne voyait plus ce qu'elle pouvait ou devait faire. Soudain, une main se posa sur son épaule. Elle tourna légèrement la tête et aperçut la silhouette rassurante de Snape. Mais tout rassurant qu'il était, Cissy repoussa sa main et recula légèrement.

- Toi… toi tu es toujours en vie, murmura-t-elle dans un sifflement rauque. Et pourquoi ? Dis moi !

Severus s'agenouilla près d'elle et ne lui offrit qu'une seule réponse, celle de ses bras. La femme se blottit contre lui, en larmes et le frappa de ses poings fatigués.

- Le maître les avait condamné, les deux à la fois, soupira-t-il. Je suis désolé Narcissa.

La blonde se redressa brusquement.

- Qu'est-ce que tu veux dire, les deux à la fois ? Où… où est Draco ?

Snape, se rendant compte que Yaxley n'avait rien dit en ramenant le corps, comprit que c'était à lui que revenait la douloureuse tâche d'annoncer toute l'horreur de la situation.

- Je ne sais pas où il est mais calme-toi, il est en vie.

- Il va bien !

Il ne pouvait pas répondre à cette question.

- Non, je ne pense pas.

- Qu'est-ce qu'il a ! s'écria Narcissa d'une voix abîmée d'avoir trop crié et trop pleuré.

Snape lui attrapa les poignets et la força à se calmer.

- Cissy, tu vas m'écouter attentivement, et quand j'aurais fini, seulement à ce moment là, tu pourras crier autant que tu veux. Mais écoute moi d'abord.

Quand il fut certain que les yeux fous de la blonde n'étaient concentrés que sur lui, et lui seul, il se lança, expliquant que depuis plusieurs semaines, Voldemort avait planifié ce qui s'était passé ce soir. Le meurtre de Lucius par Draco n'avait jamais été un hasard. Au fur et à mesure qu'il parlait, Narcissa tordait sa bouche, laissait retomber sa tête et tortillait ses bras pour se défaire de la prise de Severus.

- Draco ne voulait pas le faire, je le sais. Il est venu ici, pour prévenir Lucius. Mais ton mari était trop jaloux, n'est-ce pas ? Il n'a jamais voulu faire ça. Et il ne l'aurait probablement pas fait si… si Lucius n'avait pas essayé de tuer Ronald Weasley.

Snape avait brièvement hésité avant de livrer cette information que même le Seigneur des Ténèbres ne détenait pas. Car elle voulait tout dire : le camp que Draco avait choisi était à présent parfaitement clair. Narcissa redressa la tête et fixa un instant l'ancien professeur. Celui-ci lu dans son expression qu'elle avait enregistré la donnée, mais qu'elle avait pour l'instant besoin de s'exprimer autrement. Il la lâcha. Le cri infernal qui jaillit de la bouche de cette belle femme fit battre le cœur de Snape plus fort. Il aurait aimé l'aider, il aurait aimé que rien de tout cela ne soit arrivé. Il voulait faire plus.

Du temps de Dumbledore, il n'était pas qu'un simple espion. Il agissait. Pourquoi les choses avaient-elles dû changer ? Il posa son regard sur le visage encore surpris de Lucius et ferma ses paupières. Il ne poulait plus voir ça. A côté de lui, pliée en deux sur la moquette, Cissy sanglotait en entortillant ses longs cheveux. Il posa une main sur sa tête, tâchant de se faire le plus rassurant possible. Il fallait que l'amour maternel surpasse l'amour conjugal. Il fallait qu'elle pardonne à Draco pour pouvoir continuer à vivre avec le souvenir de son mari.

Quelque chose frappa soudain au carreau d'une des fenêtres. Severus tourna la tête et aperçut un vieil hibou mal en point, une lettre dans son bec. Quel imbécile se servait encore de ce moyen archaïque pour communiquer avec la famille Malfoy en temps de guerre ? Il fut surpris en voyant son propre nom s'étaler sur l'enveloppe, et encore plus lorsqu'il lut la signature au bas de la lettre.

D'après HG, vous êtes des nôtres. Si vous le pouvez, rassurez NM : son fils va bien, il dort. Il ne voulait pas… Renvoyez le hibou, on en aura besoin. MW.

Il ne connaissait qu'une seule personne capable de prendre l'initiative de rassurer une mère, même mangemorte, et ayant de telles initiales. Il donna une sucrerie au volatile et referma la fenêtre. Narcissa était toujours accroupie par terre, tenant la main congelée de Lucius entre les siennes.

- Tu as une alliée quelque part Cissy, murmura Severus en revenant près d'elle.

Il lui tendit la lettre. La blonde la lut fébrilement, plusieurs fois, les doigts tremblants. Snape se fit la réflexion que dans cet état, elle ressemblait beaucoup plus à sa sœur, Bella. C'est en pensant à la mangemorte qu'il se rappela brusquement qu'il n'avait toujours pas pu prévenir Draco que sa tante le suivait. Severus se rassura en se disant que pour l'instant, suite à la bataille, elle avait perdu sa trace et ne savait absolument pas où il se trouvait. Mais la cachette utilisée à la fois par le blond et Potter devait probablement être déjà sous surveillance. Il se promit de trouver un moyen de les prévenir sitôt qu'il aurait fini de s'occuper de Narcissa.

Celle-ci s'était redressée, et appuyée sur le divan elle lui rendit la lettre.

- Molly Weasley, n'est-ce pas ? lâcha-t-elle en essuyant ses joues.

Snape acquiesça.

- Il est avec l'Ordre alors ?

- Dans tous les sens du terme, oui.

Cissy plaqua une main sur son front. Elle semblait plus calme.

- Tu vas le trahir ?

Le sourire triste que l'ancien professeur lui accorda la rassura.

- Je t'ai juré de le protéger. Je ne le trahirai pas.

- Il n'a pas fait un mauvais choix. Il est en sécurité là-bas.

- S'il y reste, oui. Mais s'il veut jouer aux espions, non.

- Il… il n'y a que toi qui le sait ?

- Quoi donc ?

- Qu'il a défendu ce Weasley et qu'il est avec l'Ordre ?

Snape réfléchit un instant. Personne n'était vers eux lorsque le drame avait eu lieu.

- Je pense oui, je suis le seul.

Narcissa se leva, en s'appuyant lourdement sur le bras que lui proposa Severus, et tout naturellement, sortit sa baguette pour la pointer sur le bras droit de Voldemort qui recula d'un pas. Oui, vraiment, la ressemblance avec Bella était frappante.

- Je ne vais pas pouvoir te laisser repartir dans ce cas Severus, je suis désolée.

- Cissy, murmura le brun, je te jure de ne jamais rien révéler. Le maître n'a pas besoin de savoir pour quelles raisons Draco a obéit à sa demande, n'est-ce pas ?

- Je suis désolée Severus.

Visiblement, Narcissa avait fait son choix rapidement : elle comptait protéger son fils, malgré son meurtre, malgré tout. Snape ne pouvait que la féliciter de cette force mentale.

- Tu sais que tu peux avoir confiance en moi, n'est-ce pas ?

Les yeux rougis se plissèrent. Elle acquiesça, mais ne baissa pas sa garde pour autant.

- J'ai… j'ai tué Dumbledore à sa place.

- Je sais Severus, je sais. Pardonne-moi.

La puissance magique de Narcissa Malfoy était légendaire, tout comme celle de la pourtant si jeune Ginny Weasley. Il suffisait d'une fois pour voir à quel point un sorcier ou une sorcière était doué ou non. Narcissa avait déjà fait ses preuves devant l'ancien professeur. Elle n'usait de sa magie que rarement, mais lorsque sa baguette se pointait quelque part, mieux valait ne pas se trouver derrière. Même s'il n'avait à priori rien à craindre, il préférait ne rien tenter de stupide ou d'inconsidéré.

- As-tu un rendez-vous bientôt ?

- Je dois retrouver notre Lord.

- Ah… oui, bien sûr. Tu es toujours avec lui, n'est-ce pas ?

- Non, puisque là je suis avec toi, et qu'un peu plus tôt j'étais avec Draco.

- Mais tu étais avec lui entre les deux.

Où voulait-elle en venir ? Snape acquiesça, les yeux fixés sur la baguette.

- Je suis en train de signer mon arrêt de mort également, murmura Narcissa. Je menace le bras droit. Mais tu sais que je n'ai pas la marque. Il n'était que le maître de mon mari. Je croyais qu'il était aussi celui de mon fils. Je me réjouis de voir que non. Il n'est plus rien.

Severus baissa la tête. Non, elle ne signait pas son arrêt de mort, pas auprès de lui. Il eut envie de tout lui dire. Qu'il était avec l'Ordre lui aussi, depuis le début, et que même s'il ne pouvait affirmer que Voldemort n'était rien pour lui, il espérait malgré tout sa chute. Il se redressa et lui sourit doucement.

- Tu ne signerais ton arrêt de mort que si j'allais répéter ceci au Lord. Mais je ne le ferai pas.

- Tu ne le feras pas.

- Non.

- Severus, peux-tu faire un nouveau serment avec moi ?

Le cœur du brun rata un battement. Un second serment avec la même personne le lierait de façon très forte à Narcissa. Evidemment, pour elle, ce serait la preuve ultime. Pour lui, ce serait une nouvelle chose à cachée à son amant.

- N'y a-t-il pas… un autre moyen ? murmura-t-il.

- Je suis désolée Severus. Jure moi, par serment, que tu ne trahiras aucun membre restant de la famille Malfoy, que tu nous aideras et que Tu-Sais-Qui ne sauras jamais rien, et je te laisserai repartir.

- Ecoute Cissy, je… je ne peux pas. Pas parce que je ne le veux pas, mais parce que je ne pourrais pas cacher ce serment au maître. Pas un deuxième.

- Il n'est pas sensé deviner la portée du serment.

Severus ricana.

- Tu sais parfaitement qu'il fera tout pour le savoir. Sois raisonnable. Fais-moi confiance.

- Tu peux dormir ici Severus, ça ne sera pas la première fois. Réfléchis pendant la nuit et… demain nous ferons le serment. D'accord ?

Cette fois, le maître des potions fit un mouvement qui lui coûta cher. A peine avait-il commencer à sortir sa baguette que celle-ci se retrouva dans la main de son adversaire, et lui avait reculé de trois mètres sous la forte bourrasque provoquée par le sort informulé. Il ne pouvait absolument pas perdre de temps.

- Cissy, écoute-moi. Je dois… j'ai plein de choses à faire, et je dois retourner auprès de lui. Si je n'y vais pas, il va s'étonner.

- Alors accepte maintenant.

Severus poussa un profond soupir. Parviendrait-il à se sortir vivant de cette guerre ? Les choses se compliquaient de jour en jour, d'heures en heures, depuis la fin de la guerre froide. Il enviait presque Draco d'être en sécurité auprès de l'Ordre. Fuyant le regard de Narcissa, il s'agenouilla et tendit une main en direction de la blonde qui s'approcha vivement. Le serment se fit sans attendre, juste à côté du corps de Lucius Malfoy dont le visage inquiet et figé ne semblait pas approuver une telle démarche.

oOoOoOoOoOoOo

Lorsque la réunion prit fin, Molly tâcha de remettre un peu de bonne humeur dans les rangs en servant le repas de Noël préparé à l'avance. Personne n'avait beaucoup d'appétit, mais tout le monde y mit du sien. Au dessert, Harry prit un morceau de bûche et s'excusa auprès de tout le monde pour monter à la chambre de Malfoy.

Le blond dormait d'un sommeil agité. Harry posa l'assiette sur la table de nuit et se pencha simplement pour lui voler un baiser avant de ressortir. Il irait le voir plus tard, dans la nuit. Quand il aurait besoin de parler, il serait là.

oOoOoOoOoOoOo

- J'ai failli attendre.

- Pardonnez-moi maître, j'étais allé rendre visite à Narcissa.

- Comment va-t-elle ?

Severus détestait ça ; cette fausse compassion, ce désir de haine. Il lança un regard entendu à Voldemort qui ricana doucement.

- Parfois je ne sais plus si tu me détestes ou si tu m'adores, susurra-t-il en s'approchant de son bras droit.

C'était exactement la question que se posait l'ancien professeur. Mais la réponse ne viendrait jamais, pas tant qu'il fricoterait autant avec l'Ordre, qu'avec les mangemorts repentis.

oOoOoOoOoOoOo

Un mouvement sous la couette lui indiqua que le blond se réveillait. Voilà plus de deux heures qu'Harry veillait Malfoy, et trois heures que tout le monde dans la maison était couché. Draco soupira et se frotta les yeux. Il n'avait plus de larmes, c'était toujours ça. Il aperçu l'ombre qui se découpait dans la faible lumière de la fenêtre.

- Potter, murmura-t-il.

Le brun sourit dans le noir et s'approcha du lit. Il grimpa dessus et se cala contre le blond. Celui-ci passa ses bras autour du cou d'Harry et le serra doucement. Plus rien n'avait d'importance à présent. Ils étaient ensembles.

oOoOoOoOoOoOo

La fine silhouette de Ginny Weasley se glissa hors de la chambre qu'elle partageait avec Charlie. Elle devait discuter avec Harry, à tout prix, et n'avait pas encore eu l'occasion de le faire depuis son arrivée à Grimmaurd la veille. Elle voulait lui dire combien être au château sans lui était difficile, combien l'imaginer en train de se battre faisait accélérer son cœur, combien elle s'inquiétait pour lui, bien plus que pour n'importe qui. Une guerre devait-elle forcément empêcher un amour naissant de s'épanouir ?

La jeune femme grimpa avec prudence à l'étage au-dessus. Devant la porte des jumeaux, des chuchotements et des rires se faisaient entendre. Elle n'y prit garde : une seule porte l'intéressait. Elle gratta d'abord sur le bois épais. N'entendant aucun bruit, elle frappa trois petits coups. Elle sourit, pour elle-même, imaginant Harry les cheveux hirsutes et le regard hagard, se demandant qui pouvait bien venir le voir en plein milieu de la nuit.

Comme aucune réponse ne venait, et qu'elle ne voulait prendre le risque de réveiller toute la maison en tapant plus fort, elle tourna la poignée et entra. Il lui fallut quelques secondes pour s'habituer à la pénombre. Guère plus pour constater que le lit était vide et même pas défait. Son sourire s'évanouit aussitôt et son esprit se mit en quatre pour comprendre la situation.

Où pouvait-il être ? Il avait découché. Pourquoi faire ? Pour qui ? Deux sentiments bien connus l'envahirent. L'angoisse de le savoir quelque part où il pouvait risquer tout et n'importe quoi, et la jalousie de l'imaginer avec quelqu'un d'autre. Ne trouverait-elle donc jamais le moyen de lui parler ? Elle alla s'asseoir sur le lit moelleux et réfléchit.

Harry était du genre à ne pas dormir de la nuit, elle le savait. Il était capable de passer des nuits et des nuits à s'entraîner, ou à lire des livres de sorts, ou à discuter tactique avec les autres. A cette pensée, Ginny se redressa : il était probablement avec Ron et Hermione !

Elle sortit de la chambre précipitamment. Si tel était le cas, elle allait pouvoir faire d'une pierre deux coups : parler à son ancien petit ami, et annoncer au fameux trio qu'elle souhaitait quitter Poudlard pour venir les aider. A quoi lui servait-il d'apprendre quels étaient les effets de telle ou telle plante, pendant que le monde était à feu et à sang ?

Devant la porte de la chambre de son frère, elle hésita pourtant. Aucun bruit ne lui parvenait, si ce n'était le léger ronflement de Ron, et à côté, plus discrète, la douce respiration endormie d'Hermione. Harry n'était pas ici. Les paroles de son père sur le trajet de la gare aux côtés de Charlie lui revinrent en mémoire : il avait expliqué pourquoi Malfoy se trouvait à Grimmaurd et à quel point les relations entre le mangemort et Harry avaient évolué. Sans émettre d'opinion, Arthur avait simplement mis en avant le fait que le sujet Malfoy était délicat.

Il n'en fallut pas plus à Ginny qui reprit son ascension, mais cette fois jusqu'à l'étage le plus élevé de la vieille maison. A pas de loup, elle s'approcha de la porte au bout du palier, tout au fond. Aucune lumière ne filtrait, mais des murmures s'échappaient, comme dans la chambre des jumeaux. Mais ces chuchotements n'avaient rien avoir avec les rires étouffés des frères de la jeune rouquine : des sanglots, des reniflements, et des mots rassurants. Voilà ce qu'elle entendit.

En s'appuyant un peu contre la porte, elle put même entendre assez nettement ce que les deux garçons se disaient. A demi-mots, comme dans un souffle, les voix venaient jusqu'à elle, la torturant dans son amour propre, l'arrachant à la joie de revoir Harry, l'enfonçant petit à petit au fond d'un gouffre insurmontable.

- Snape m'en avait parlé avant…

- Hermione dit qu'il est avec nous…

- Il avait essayé de me prévenir… Harry, c'est horrible… Je…

- Shht… Essaye de ne plus y penser. De ne plus penser du tout…

- J'ai son visage devant les yeux… Il me regarde et…

- Tais-toi. Concentre-toi sur autre chose. Sur ma main. Tu sens ma main ? … Alors concentre-toi, endors-toi Draco.

Ginny avait glissé le long du mur. Elle imaginait parfaitement la scène qui devait se dérouler dans son dos, derrière la porte. Harry devait tenir Malfoy dans ses bras, et il lui caressait les cheveux, le rassurant et l'empêchant de retomber dans de sombres pensées. Depuis quand les deux pires ennemis de Poudlard se tenaient-ils ainsi ? Depuis quand Harry tenait-il de tels discours à un serpentard ? A ce serpentard en particulier ? Celui qui avait fait entrer les mangemorts dans Poudlard, celui qui aurait dû tuer Dumbledore.

La rouquine se redressa vivement, et sans se soucier de faire du bruit ou non, descendit dans le hall. Elle n'était qu'en pyjama, une robe de chambre négligemment nouée autour de sa taille. Le froid hivernal la saisi brusquement, lui coupant un instant la respiration. Si seulement la nuit pouvait geler ses larmes ! Elle claqua la porte et disparut dans la lumière pâle d'un réverbère clignotant de la rue.

oOoOoOoOoOoOo

Debout dans la nuit, dans le froid, les pieds dans l'herbe gelée, Narcissa Malfoy tendit son bras au-dessus de la cavité que deux elfes venaient de faire. Ceux-ci s'écartèrent. Un sort fit plonger des dizaines de roses au fond de la tombe dans une gerbe d'étincelles dorées. Puis la blonde s'écarta, laissant aux elfes le soin de reboucher le trou. Cela ne prit guère plus de quelques secondes. Un monticule s'étalait à présent devant ses pieds. Un sort y fut jeté et une lourde pierre tombale apparut, se déposant d'elle-même par-dessus la tombe.

De sa belle écriture, Narcissa y inscrivit le nom de son mari et ses dates. N'y avait-il rien de pire, pour un Malfoy, de se retrouver enterré au fond de son jardin ? Ce dernier avait beau avoir la taille d'un parc de plusieurs hectares, il restait un vulgaire jardin. Une simple sépulture, voilà ce que Cissy réservait à Lucius. Malheureusement, c'était tout ce qu'elle pouvait lui accorder, pour l'instant.

Elle resta un instant devant la pierre blanche, maudissant le destin, haïssant la haine qui distribuait ainsi la mort comme des bonbons. Mentalement, elle supplia l'âme de son mari de pardonner à leur fils et de le protéger. Elle fit le serment de ne vivre plus que pour ça : protéger son fils, mourir pour lui s'il le fallait, et le rendre heureux.

Le cœur en miette, mais la volonté tendue à l'extrême, la belle femme retourna à l'intérieur du manoir. Elle avait un objectif à présent. Elle devait trouver un moyen de communiquer avec l'Ordre. La pluie commença à tomber lorsqu'elle referma la lourde porte de la grande maison vide.

à suivre...


chapitre suivant : Capture et trahison. MUHAHAHAHAHA !!! Gros bisou à tous !

AhH oui et parce que je ne le fais pas assez souvent : merci beaucoup aux lecteurs anonymes qui ne laissent pas de reviews, ainsi qu'à ceux qui en laissent mais à qui je ne peux pas répondre ! à tous : MERCI !