Disclaimer : les persos sont à JK Rowling !

Couple : HP-DM principalement.

Résumé : La guerre est finie, Voldemort est mort. Malfoy et Snape sont enfermés à Askaban...

Petit post it : Est-ce que vous croyez qu'on peut avoir un concours en écrivant des fics ? Ok... sûrement que non. Je dois me remettre à bosser, mais je veux finir Break the ice avant ! ^^

En tout cas, voici la suite, j'espère qu'elle vous plaira !


Chapitre 27 : La peine des cœurs.

- Le juré reconnaît l'aide précieuse apportée par Severus Snape durant la guerre. Il a à plusieurs reprises contacter le ministère pour donner d'inestimables informations. C'est notamment grâce à son travail d'espion que le ministère aura pu déterminé l'exacte localité du manoir de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Prononcer-Le-Nom. Il est également reconnu que Dumbledore lui-même avait demandé à Severus Snape de le tuer, pour éviter qu'il ne tombe entre des mains ennemis.

Dans la salle de tribunal, tout le monde retenait son souffle. Le Magenmagot enchaînait les affaires depuis deux semaines, depuis la mort de Voldemort. Jusqu'à présent, aucun Mangemort passé devant la cour martiale n'avait échappé au baiser du détraqueur.

- Par conséquent, le juré déclare Severus Snape innocent et lavé de tout soupçon. Il est désormais libre d'user de tous ses droits, et la marque des ténèbres qu'il porte au bras sera désormais reconnue comme l'emblème de sa fidélité au gouvernement sorcier. En outre, Severus Snape pourra s'il le souhaite, récupérer son poste de professeur à Poudlard.

Le marteau qui devait conclure ce verdict tomba et aussitôt, la cage qui enfermait l'accusé innocenté s'ouvrit. Dans toute sa splendeur, Snape se leva et descendit les marches qui le séparait du pupitre de Scrimgeour. Ce dernier lui remit sa baguette et le salua de la tête.

Si certains s'étaient attendus à un départ plus marquant, ils furent déçus : le grand espion quitta le tribunal dans un silence total et sans un mot. Dans un coin de la salle, au milieu du public, Minerva McGonagall eut un léger sourire en coin. Elle allait devoir sans doute convaincre cet imbécile de revenir enseigner, mais elle avait un argument de choc : le cours de défenses contre les forces du mal restait sans professeur.

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Allongés l'un contre l'autre sur le lit de Fred, les jumeaux Weasley lisaient ensemble le résumé des derniers procès dans la gazette des sorciers. Ils avaient fait beaucoup de progrès depuis la lettre d'Angelina qui avait failli les séparer pendant la guerre. Ils acceptaient tous deux l'amour plus que fraternel qu'ils ressentaient l'un pour l'autre.

- Et ben, Ginny va retrouver Snape à Poudlard j'imagine, souffla George.

- On s'en fout, on n'y est plus, répliqua Fred en se redressant.

Il profita de sa position pour poser délicatement ses lèvres sur celles de son frère. Le baiser resta simple et doux. Ils étaient à Grimmaurd et n'importe qui pouvait entrer dans cette chambre à n'importe quel moment. D'ailleurs…

- Les garçons, lança leur mère en ouvrant leur porte en grand. Ginny ne vous remercie pas pour les explosabouses que vous avez mis dans son sac avant qu'elle ne reparte pour Poudlard.

Molly avait tout de la mère en colère : le regard sombre et les poings sur les hanches. Elle ne s'étonna même pas de voir ses fils sur le même lit, jambes entremêlées. Ils étaient encore en train d'inventer des bêtises sans doute.

- Mais maman…, commença George en se redressant pour aller entourer Molly.

- Nous sommes peut-être vilains…, poursuivit Fred en les rejoignant.

- Mais nous sommes en vies !

- Nos bêtises sont la preuve que la guerre ne nous a pas eu !

Madame Weasley commença d'abord à rosir puis à sourire. Elle repoussa gentiment les jumeaux et leur lança :

- La guerre non, mais faites attention à ce que moi je ne vous ai pas !

Et la porte se referma. Molly était fière d'elle. Voilà deux semaines que ses jumeaux jouaient avec elle et avec ses émotions pour faire passer toutes leurs bêtises. Mais cette fois-ci, elle n'avait pas marché. Elle continua donc de monter jusqu'au troisième étage. La porte à laquelle elle frappa était celle de la chambre d'Harry. Mais personne ne répondit. En soupirant, Molly monta d'un étage encore et se rendit jusqu'à la petite chambre du bout. Cette fois-ci, la voix du brun lui proposa d'entrer.

- Tu es là, soupira-t-elle en entrant. Pourquoi viens-tu toujours t'enfermer ici ?

Harry était assis dans l'ombre, sur l'ancien lit qu'occupait Draco Malfoy pendant la guerre. Il lisait un grimoire trouvé dans la bibliothèque de son parrain.

- C'est la pièce la plus calme, expliqua Harry d'une voix posée.

La mère de son meilleur ami vint s'asseoir à côté de lui. Le brun leva vers elle son visage caché. Depuis qu'il était sorti des cachots de Voldemort, personne n'avait vu sa joue droite. Dès qu'il avait récupéré sa baguette, Potter s'était créé un masque à la mesure de son visage qui lui cachait tout le côté droit : le front, le tour de l'œil, le nez, la moitié des lèvres jusqu'en bas de la mâchoire. D'une couleur noire profonde, légèrement brillant, personne n'avait vu Harry sans ce masque. Lorsque ses amis lui avaient demandé ce qu'il s'était passé dans les cachots, la seule réponse qu'il donna fut un silence sans explication.

- Que lis-tu ?

- Vous venez encore pour me proposer de me payer un loyer, n'est-ce pas ?

Molly rigola légèrement et acquiesça.

- Voilà plusieurs mois que notre Terrier a été rayé de la carte et que la famille Weasley a envahi ton chez toi. Te payer un loyer serait la chose la plus naturelle du monde Harry.

- Sauf que j'ai un coffre qui n'a pas besoin d'être plus rempli qu'il ne l'est déjà. Et que je refuse de vous considérer comme des locataires. Molly, ajouta-t-il, sans vous je ne mangerais que ce qui me tomberait sous la main, et je n'aurais pas les rires des jumeaux à l'étage en-dessous. Et puis Arthur me fait de supers compte rendus de ce qu'il se passe au ministère. J'ai besoin de tout ça, autant que vous avez besoin d'un toit.

La rouquine acquiesça.

- Bien, j'arrête de t'embêter avec ça.

Elle se leva et se dirigea vers la porte. Mais avant de sortir, elle tenta une dernière fois d'arracher la vérité au brun.

- La pièce la plus calme, n'est-ce pas ? minauda-t-elle. C'est pas plutôt parce que c'était la chambre de Draco Malfoy ?

Pris au dépourvu, Harry rougit jusque sous son masque et se mit à bafouiller :

- Non… non, bien sûr que non. Rien à voir avec cet idiot !

La porte se referma sur le sourire de Molly Weasley. Ni Remus ni Hermione qui étaient les seuls à connaître la relation qu'entretenait Harry et Draco pendant la guerre, n'avaient prévenu le brun que tout le monde avait découvert le pot aux roses. Ginny avait lâché le morceau, par jalousie sans doute. Ainsi, l'ordre avait garder le secret, mais Potter n'en savait rien.

Il ne ressentait plus rien de toute façon pour le blond. Hermione avait tenté de lui prouver par a plus b qu'il n'était pas si fautif que ça et que son enlèvement n'avait été qu'une coïncidence. Harry acceptait cette idée. Pourquoi pas après tout ? Il ne se souvenait plus très bien de la scène, mais le blond avait eu l'air aussi surpris que lui. Et ne l'avait-il pas poussé à se réfugier dans l'auberge, justement parce qu'il avait la sensation qu'on les suivait ?

Dans l'esprit du brun, il était donc possible que Malfoy n'ait pas voulu le faire capturer. Mais s'il s'était montré coopératif jusque là, il avait révélé sa véritable nature de mangemort dans les cachots de Voldemort. Sauf que ça, Harry n'en avait encore parlé à personne. Révéler l'attitude du blond, reviendrait à révéler ce qu'il cachait sous son masque. Potter avait donc décidé de laisser faire la justice sans intervenir.

Soudain, des cris de joie retentirent au fin fond de la maison. Il referma donc son grimoire, glissa sa baguette dans la manche de sa robe et descendit. C'était Ron et Hermione qui revenaient du centre de Londres.

- Alors ?, lança Harry en arrivant à leur hauteur.

- On a trouvé ! lui répondit Ron en lui envoyant une tape amicale dans le dos.

- Un superbe appartement, compléta Hermione.

- Avec balcon, douche et baignoire, deux chambres, renchérit le rouquin.

- Le nid d'amour parfait en somme, lança Fred depuis l'escalier.

- Pardon de t'interrompre frérot, continua George, on a entendu vos roucoulements depuis notre chambre.

Tout en leur demandant de se calmer, Molly Weasley invita tout son petit monde à descendre pour le dîner. Ron ne cessait de décrire son futur appartement à Harry qui lui posait quelques questions polies. Le brun était heureux pour ses amis qui avaient pris la décision de s'installer ensemble le lendemain de la fin de la guerre. Il leur avait bien fallu deux semaines pour trouver l'appartement idéal.

- Bonjour tout le monde ! lança soudain Arthur Weasley en entrant dans la cuisine. Et bon appétit !

Ron reprit aussitôt ses explications auprès de son père. Connaissant le discours par cœur, Harry se tourna vers Molly pour prendre des nouvelles de Bill et Fleur.

- Ils se plaisent beaucoup dans le sud de la France je crois, répondit la rouquine en resservant des pommes de terre à Hermione.

- Ils ont trouvé une maison ? demanda la jeune fille en reposant son assiette.

- Oui. Avec un jardin. La maison est sublime apparemment, répondit Molly.

- Pas autant que notre appart ! lança Ron.

Tous rirent de bon cœur. Cependant, la conversation habituelle revint sur la table, comme chaque soir.

- Quelle est la dernière folie de Scrimgeour ? demanda Harry.

- Pire qu'une folie, répondit Arthur en soupirant. Le procès de Narcissa Malfoy a eut lieu aujourd'hui.

- Ah bon ? s'étonna Molly. Je croyais qu'il devait être pour la semaine prochaine. Je voulais y aller.

- Il l'a avancé pour que personne n'y assiste justement. J'ai pu y être présent, mais il n'y avait que le strict minimum : le juré, quelques aurors et le ministre.

- Pourquoi tant de précautions ? s'étonna Hermione. Jusque là il était plutôt content que les gens se rendent compte qu'il avait tous les mangemorts sous la main, non ?

- Oui, acquiesça Arthur. Le seul problème c'est que Narcissa Malfoy ne porte pas la marque des Ténèbres.

- Comment ! s'exclama les six autres.

- A part être la femme d'un des plus grand Mangemort et la mère de Draco Malfoy, elle n'a absolument rien à voir avec Vous-Savez-Qui. Scrimgeour s'en est aperçu et a donc pris la liberté d'avancer l'heure de son procès pour éviter un esclandre.

- Qu'encourt-elle ? demanda Molly plus émue que les autres. Pas le… baiser, n'est-ce pas ?

- Non, répondit Arthur après avoir bu une gorgée d'eau. Askaban à perpétuité pour complot contre le ministère.

- L'imbécile, siffla George. Pourquoi est-ce qu'il ne l'a pas laissé sortir comme Snape ?

- Parce que si rien ne prouve que Narcissa Malfoy n'a pas participé à la guerre auprès de Voldemort, rien ne prouve le contraire non plus. Et les Malfoy était très mal vu du temps de Fudge. Du coup il veut être le ministre qui mettra cette famille sous les verrous.

En disant cela, Arthur avait jeté un coup d'œil en direction d'Harry lequel semblait s'être désintéressé de la conversation.

- Qu'est-ce qu'on peut faire ? murmura Molly qui se souvenait de cette femme comme d'une mère aimante et protectrice.

- Pas grand chose maintenant que le verdict est tombé.

- Et le procès de Malfoy, c'est quand ? demanda Ron.

- Dans deux jours.

Le rouquin se retourna vers son ami et changea brusquement complètement de sujet sans que personne ne comprenne ce qu'il avait en tête.

- Harry, les parents d'Hermione vont venir nous apporter quelques affaires demain après midi à l'appartement. On aurait aimé faire une petite pendaison de crémaillère mais il n'y a pas encore assez de place et rien n'est installé. Est-ce qu'on pourra venir ici après l'emménagement ?

Surprit, autant que les autres, le brun redressa la tête et fixa Ron. Il avait pris l'habitude de voir les visages à travers son masque, comme si une ombre flottait en permanence devant son œil droit.

- Ok, pas de souci.

- Chouette ! le remercia Ron. Tu viendras avec Hermione et moi demain matin pour nous installer ?

- Oui, je vous aiderai, bien sûr.

Et plus personne ne parla de Malfoy ce soir-là. Après le dîner, chacun s'en retourna dans sa chambre. Seul Harry monta de nouveau se réfugier dans l'ancienne chambre de Malfoy. La lune laissait entrer une lumière grisâtre par la fenêtre sale. Il se planta devant l'armoire à glace et observa son reflet. Il n'était rien de spécial. Lorsqu'il mettait un pied dans le monde sorcier, soit on lui sautait dessus, soit on l'observait avec une admiration exagérée. Rares étaient les personnes encore sincères avec lui depuis qu'il avait tué Voldemort. Mais lui, il ne se trouvait rien de spécial.

Même son masque attirait les plus beaux louanges : de belles légendes étaient nées sur la raison qu'il avait de se cacher la moitié du visage. Voldemort l'aurait torturé pendant toute une journée pour lui faire avouer les pires secrets du ministère. Bien sûr, dans cette version, il avait tenu bon et n'avait rien dévoilé.

Ou alors Voldemort l'avait tenu prisonnier par un sort spécial qui lui rattachait tout le côté droit du corps à un mur brûlant. Le jeune héros, sans tenir compte de sa douleur, ne pensant qu'à son devoir, aurait tiré, tiré, jusqu'à se déchirer la peau pour se libérer et aller tuer son ennemi.

Devant la glace, Harry eut un faible rictus. S'ils savaient… D'une main légèrement tremblante, il ôta son masque et observa le tatouage qui lui ornait la joue. Le crâne était au centre, la queue du serpent descendait jusqu'à la limite de la mâchoire, et sa tête entourait complètement son œil, dans un maquillage indésiré.

Croyant entendre quelqu'un monter Potter remit très vite en place le masque et alla s'asseoir sur le lit. Malfoy allait donc être jugé, comme tant d'autres. Harry s'allongea et laissa son esprit vagabonder vers le blond, comme depuis deux semaines chaque soir.

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- Harry…

- Mmh ?

- Je… je ne sais pas où est ma place.

Harry quitta sa contemplation du bureau et releva la tête vers le lit. Draco était assis contre les oreillers et le regardait, le regard vaguement perdu.

- Dans cette guerre, insista le blond, je ne sais pas où est ma place.

- Putain Malfoy, siffla Harry depuis sa chaise. Tu es en train de me dire que tu n'as toujours pas choisi ton camp ? Mais tu viens de me confier pleins de choses !

- Et alors ? s'énerva Draco. Je ne l'ai pas dit à Tu-Sais-Qui tout ça !

Harry tâcha de rentrer sa colère.

L'illumination se fit dans l'esprit du brun en détaillant le torse nu de Draco à moitié caché sous les draps. Il se leva, complètement nu, et s'approcha du lit pour grimper sur le matelas.

- Ta place ? Elle est là.

Et il le prit dans ses bras. Délicatement, Harry avait passé une jambe de l'autre côté du corps de son amant et s'était installé sur les cuisses cachées par la couette, serrant le torse et les épaules du blond contre lui.

- Euh… Harry ? Je… je suis dans tes bras là.

- Oui, confirma le brun dont le cœur battait à tout rompre. Justement.

- C'est ma place ?

- Ta place c'est moi.

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Une larme roula derrière le masque tandis que Potter essayait de s'endormir au rythme des visions qui envahissaient son esprit.

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- Alors, tu en penses quoi ? lança Ron tout fier le lendemain matin.

- Pas mal en effet, répondit Harry en jetant un dernier coup d'œil au balcon. Pas trop de vis à vis, vous allez être tranquilles.

- Oui, confirma Hermione. Venez, j'ai fait du thé.

Les trois amis s'installèrent comme ils purent au milieu du salon, sur quelques cartons déjà défoncés. Trois tasses voltigèrent en douceur jusque devant eux. Ron et Hermione s'échangèrent un coup d'œil. Il n'en fallait pas plus pour que Potter sente la chose venir.

- Vous allez me parler de Malfoy, lâcha-t-il en touillant son thé.

- Harry, commença Hermione, Ron est au courant pour ce qu'il s'est passé entre vous.

La tasse trembla légèrement entre les doigts du brun. Il jeta un regard affolé vers son ami. Le masque cachait bien sa surprise, mais intérieurement, son cœur battait à tout rompre.

- Hey, ça va, détends-toi, ricana Ron. De toute façon, tout le monde est au courant.

- Quoi ?

- Tu te souviens, avant que tu te fasses enlever, on était parti à la recherche de Ginny, expliqua Hermione. Et bien c'est elle qui a tout dit : elle vous avait entendu, et c'est pour ça qu'elle était partie de Grimmaurd.

- Elle…

Le brun ne put aller plus loin. Il comprit tout : la jalousie qu'avait dû ressentir la rouquine à qui il n'avait jamais donné d'explications, et surtout pourquoi tout le monde le ménageait par rapport à Malfoy depuis ce moment là.

- Je suppose que je dois des excuses à Ginny, murmura-t-il.

- Sans doute, ouais, approuva Ron. Mais on voulait surtout te parler du procès de Malfoy en fait. Harry… je vais témoigner pour lui.

Cette fois-ci, le brun se redressa et fusilla Weasley en attendant une explication.

- Mon père m'a dit deux trois détails sur le procès de Snape qui n'étaient pas dans la presse, lança Ron. Apparemment, Snape aurait libéré Malfoy d'une affreuse prison avant qu'ils se fassent attraper par les langues de plomb tous les deux.

- Une affreuse prison ? ricana Harry. C'est un menteur : Malfoy était dans mon cachot avec Voldemort, parfaitement libre.

A peine avait-il avoué cela qu'il le regretta. Il posa sa tasse sur son carton et se leva pour aller faire face à la rue par la grande baie vitrée. Il sentait le regard de ses deux amis dans son dos. Un regard de pitié sans doute. Sa colère laissa pourtant très vite place à un grand vide. Malfoy lui manquait. Mais c'était le Malfoy d'avant la marque. Le Malfoy qu'il avait vu dans le cachot, celui-là, il le haïssait. Et il n'était pas sûr de pouvoir lui pardonner un jour.

- Harry, murmura Hermione en s'approchant, qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Le brun se retourna pour leur faire face. La jeune femme était debout devant lui, Ron était resté assis sur le carton mais le fixait avec grande attention. Harry porta une main à son masque et hésita un instant avant de la laisser retomber.

- Je suis désolé, soupira-t-il. Je ne peux pas.

- Vieux, on ne te demande pas de nous montrer, lâcha Ron. Juste de nous expliquer. Tu aimais Malfoy, non ? Je veux dire… tu semblais lui faire pleinement confiance. Tu l'as défendu plus d'une fois devant l'Ordre entier. Tu lui avais même donné cette carte pour pouvoir communiquer avec lui. Qu'est-ce qui a pu tout changer ?

Au fond de lui même, Harry reconnut que le rouquin faisait de gros efforts par rapport à la relation qu'il avait entretenu avec le blond. Jamais il n'aurait imaginé que son ami ait pu faire preuve d'une si grande ouverture d'esprit.

Il retourna s'asseoir et s'avoua vaincu.

- Voldemort s'est juste amusé un peu, lança-t-il en gardant la tête baissée. N'allez pas croire ces idioties à propos de torture ou je ne sais quoi. Ça n'a duré que quelques secondes. C'était douloureux, mais très rapide. Malfoy était là, et il n'a rien fait pour empêcher ça. Voilà ce qui a changé, ajouta-t-il d'une voix plus forte en redressant la tête. Il m'a regardé souffrir sans rien dire.

Ron et Hermione l'observèrent un instant avant d'acquiescer pour montrer qu'ils comprenaient. Puis Ron enchaîna :

- D'accord. Mais imagine un peu : il était dans une pièce avec Voldemort, et d'autres mangemorts. Qu'est-ce qu'il pouvait faire ?

- Pas grand chose, reconnut Harry. Mais il n'était pas non plus obligé d'assister à ça.

- Et s'il s'est retrouvé dans une cellule lui aussi juste après, renchérit Hermione, tu ne crois pas que ça voudrait dire qu'il s'est trahi par la suite ? Il a peut-être tenu le choc sur le moment, mais après ?

La question resta en suspens dans l'esprit du brun. Il savait que son cœur ne réclamait qu'une preuve de l'innocence de Malfoy, mais la marque qui ornait encore sa joue lui rappelait à chaque instant que le pardon serait difficile.

- Tu dois comprendre Harry, reprit Ron, que si je vais le défendre, ça n'est pas pour te faire du mal. Je comprends que tu lui en veuilles, mais il nous a aidé, il a donné à l'Ordre de précieux indices sur les horcruxes. Il en a même détruit un lui-même. On ne peut pas le laisser entre les griffes de Scrimgeour. Sinon, ce sera le baiser à coup sûr.

Le cœur du brun rata un battement. Le baiser… il n'y avait pas pensé. Savoir Draco en prison le rassurait : il payait pour sa traîtrise, mais il pouvait aussi encore le voir s'il en avait envie. Le baiser ne lui laisserait aucune alternative.

- Je sais, murmura-t-il. Fais comme tu veux.

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La soirée de crémaillère s'était bien passée. Arthur Weasley n'avait eu de cesse de poser des questions aux parents d'Hermione et les jumeaux avaient profité de l'occasion pour tester certains de leurs nouveaux produits.

De nouveau, le silence régnait sur Grimmaurd. Assit au bureau, dans la chambre de Malfoy, Harry écrivait une longue lettre à Ginny dans laquelle il expliquait tout ce qui s'était passé. Chaque paragraphe était ponctué d'un pardon. Il ne voulait pas qu'elle reste en retrait, il l'aimait, comme une petite sœur.

Une fois la lettre envoyée, le brun s'allongea sur le lit, et se laissa, de nouveau, emporté par les souvenirs de la guerre.

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Depuis que Malfoy s'était écarté de son dos, il avait froid.

Il se retourna brusquement, écartant les draps, et escalada le corps pâle du serpentard. Il s'allongea de tout son long sur lui, forçant ses jambes à se mêler aux siennes, appuyant son aine contre la sienne, faisant toucher leur peau, leur ventre, leurs épaules, et déposa enfin sa tête dans son cou.

Là, il était bien.

- Euh… Harry ? murmura le blond un peu surpris.

- Remets la couverture, j'ai froid, répondit le brun dans son oreille.

Draco hésita un instant et finit par se décider.

Posant un bras dans le dos de son amant pour le retenir, il étendit l'autre pour rattraper le drap et le ramener sur eux. Puis il resta là, à fixer le plafond entre les cheveux bruns qui lui retombaient sur le visage et à écouter la pluie qui frappait doucement les carreaux de l'unique fenêtre.

Lui aussi, il était bien ainsi.

- On va faire quoi ? chuchota-t-il.

- La guerre, répondit sourdement Potter.

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L'effervescence au ministère de la magie était presque la même que pour le procès de Snape une semaine plus tôt. Journalistes, sorciers curieux, aurors, membres de l'Ordre. Certains eurent la chance d'apercevoir Severus Snape lui-même. Le ministre était ravi du haut de sa chaire. Lorsque Draco Malfoy entra en piste dans sa jolie cage, il s'autorisa même un sourire : cette journée allait marquer son triomphe, il en était sûr.

Mais le premier témoignage de Snape lui fit grincer des dents : le nouveau professeur de défenses contre les forces du mal fit une description poignante de la prison qu'aurait réservé Voldemort au petit blondinet. Scrimgeour fit tout pour minimiser l'impact de ce témoignage, mais les jurés commençaient à douter.

Le ministre mit donc l'accent sur le fait que Malfoy avait laissé Potter se faire torturer dans les cachots sans rien dire. Non assistance à personne en danger ! Scrimgeour retrouvait son sourire lorsqu'un nouveau venu réclama la parole à son tour.

Ronald Weasley s'avançait. Le jeune homme avait acquis une certaine réputation pendant la guerre. Ses gestes de bravoures et son aide précieuse avaient fait de lui une sorte de héros que les gens aimaient bien. Le ministre était obligé de l'écouter et de prendre précautionneusement en compte ce qu'il allait dire.

- L'accusé est loin d'être innocent, commenta le rouquin.

Scrimgeour s'autorisa un léger sourire. Les choses semblaient mieux tourner que prévu. Il avait craint que cet idiot ne soit contre lui.

- Mais il l'est tout de même davantage que coupable, ajouta Ron.

Et sans tenir compte du murmure de surprise qui remplissait la salle, il continua, sans plus s'arrêter cette fois, comme si ce qu'il disait sortait de lui sans avoir été préparé, comme une source d'eau chaude, brûlante dont il voulait se débarrasser avant d'oublier.

- Sans Malfoy, la guerre ne serait probablement pas encore finie, et elle tournerait au carnage. Sans lui, l'Ordre serait anéantit. Sans lui, Monsieur le ministre, vous seriez mort, et Voldemort se tiendrait à votre place.

Cette fois, plus un bruit ne filtrait à travers la salle d'audience. L'accusé fixait le dos de son avocat improvisé, un air neutre sur le visage.

- Malfoy n'est qu'un sale traître qui a choisi d'aider notre camp, à ses risques et périls, conclut Ron. Mais même si ce n'est qu'un sale traître… n'oublions pas qu'il nous a réellement beaucoup aidé.

Cette dernière phrase semblait avoir été arraché de force de la bouche du rouquin qui se renfrogna. Draco eut envie de ricaner.

- Et pourrait-on savoir ce que ce… sale traître aurait fait pour nous, concrètement ? susurra Scrimgeour.

- Pour vous ? Rien du tout ! assura Ron en croisant les bras. C'est pour l'Ordre qu'il travaillait.

- C'est la même chose !

- Certainement pas ! se récria Weasley. Pendant que vous cherchiez à provoquer Voldemort et à montrer au peuple que vous étiez meilleur que votre prédécesseur, l'ordre cherchait à détruire les plans de notre ennemi et à l'anéantir. C'est NOUS qui l'avons tué. C'est encore NOUS qui avons capturé la plupart des mangemorts en liberté ! C'est à NOUS de dire si telle personne faisait ou non partie de l'Ordre du Phénix. Pendant que vous restiez dans votre bureau à envoyer vos langues de plomb coller des affiches ridicules, NOUS trouvions des indices et des pistes très concrètes pour détruire Voldemort. NOUS avons gagné la guerre, et Malfoy était avec NOUS !

La tirade fut suivi d'un silence exemplaire. Même l'accusé ne souriait plus. Visiblement, Weasley faisait un bon avocat : la plupart des membres du jury ne semblaient plus si sûr d'eux et prenaient quelques notes. L'audience regardait, amusée et embêtée à la fois, le ministre qui semblait sur le point d'exploser. Sa crinière flottait autour de son front qui s'était plissé.

- Que le juré… donne son verdict…, parvint-il à dire en gardant son calme.

Une jeune femme se leva, tenant en main la feuille sur laquelle tous les avis des jurés se trouvaient déjà, grâce à l'écriture téléportée.

- Le jury propose à une très large majorité, quinze ans de prison ferme, pour non assistance à personne en danger. En contre partie, Monsieur Draco Malfoy est lavé de tous soupçons d'être mangemort. Il est reconnu comme espion pour l'Ordre.

Lorsqu'elle se rassit, le marteau du ministre tomba lourdement sur son bureau, pour approuver, à contre cœur, la sentence. Ron jeta un coup d'œil au blond et quitta la salle.

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- Dis-moi Harry…, murmura Hermione. Que penses-tu de Malfoy ? Sincèrement ?

- Il… il est comme l'hiver, lança-t-il en regardant de nouveau par la fenêtre.

Il est froid, gelé même. Un bloc de glace. Et ce que j'aime c'est… c'est quand je m'approche… c'est comme si j'étais du feu.

Parce qu'il se laisse approcher, il se laisse prendre comme… comme je sais pas. Tu vois ?

Il… je fais fondre la glace. Je brise le bloc, et… Voilà.

à suivre...


Merci d'avoir lu ! Quinze ans de prison, ça vous semble juste, non ? hihi Exceptionellement, je ne vous dis pas le titre du prochain chapitre, car vous devineriez trop de choses grâce au titre. ^^

A tout bientôt !