~ Troisième partie ͠~
Finalement, arrivé à Canary Wharf, Suzie avait fait valoir, devant l'immensité de l'immeuble de la maison mère de Torchwood, que, ne connaissant absolument pas les lieux, elle et Owen risquaient de s'y perdre trente fois avant de trouver quoique ce soit d'utile.
« Okay je connais les lieux, et affublé de la sorte on ne me reconnaîtra pas » Avait admis Jack.
« De l'avantage d'être toujours déguiser, le jour où tu l'es pas… » Avait commenté Owen.
« Je passerais donc par derrière » Avait terminé Jack, s'en prêter plus d'intérêt au toubib moqueur.
« Est-ce que ton ego va s'en remettre ? » Avait alors plaisanté Suzie.
« Je vous rappelle quand même que l'on a de gros méchants aliens au-dessus de la tête » Les avait gentiment sermonnés Jack « Et que les gens que nous nous apprêtons à affronter, même s'ils sont tout à fait humains, sont probablement tout aussi dangereux, si non plus »
« Et depuis quand ça devrait nous empêcher de te balancer des vannes ? »
« Okay ! » Avait admis Jack « Donc vous passez par devant vous êtes ici à Londres pour les fêtes et, devant l'ampleur de la situation, en bons employés de Torchwood, vous venez offrir vos services »
« T'inquiète on assure, tâche d'en profiter et sois prudent » Avait coupé Suzie en le poussant hors de la voiture pour qu'Owen puisse redémarrer.
Jack connaissait la place, ce gratte-ciel avait été bâti sur d'anciens docks où se cachait déjà le précédant siège de la maison. Torchwood avait, semble-t-il, toujours affectionné les docks. Jack savait que la partie visible n'était pas ce qui l'intéressait. Comme à Cardiff, la construction s'enfonçait très profondément dans le sol, Jack était donc passé discrètement par le parking souterrain.
….
Owen avait déposé Jack à une centaine de mètres de l'entrée du parking réservé aux employés, puis avait fait le tour pour prendre l'accès du parking visiteurs. Il était blindé, ça allait de la voiture banalisée au camion estampillé UNIT. Owen s'était sagement arrêté devant la barrière en interdisant l'entrée. Un homme armé d'un fusil mitrailleur avait fait le tour du SUV avec un air sceptique.
« Z'êtes pas d'la maison » Avait-il finalement constaté après avoir vérifié l'immatriculation du 4x4.
« Oui et non » Avait répondu Owen, « Nous sommes de Cardiff, on se trouvait en ville, et on s'est dit que vous pourriez avoir besoin de bonnes volontés »
La proposition d'Owen ne faisait manifestement pas partie des cas de figures pour lequel le garde avait été préparé, du coup, il avait nettement hésité à les expédier au diable, puis s'était finalement dit qu'il devrait peut-être, vues les circonstances, en référer plus haut.
Owen avait coupé le contact, se demandant combien de temps il faudrait avant qu'on leur demande leurs noms et qualifications.
Alan, le concierge de l'institut avait pesté contre l'incompétence du malheureux qui s'était retrouvé de garde au parking et lui avait ordonné de lui envoyer les deux volontaires mais de vérifier quand même leurs papiers. Il les avait lui-même revérifiés, sauf que le siège n'avait manifestement rien sur le personnel de Cardiff pour contrôler. Même si la maison mère savait que le Capitaine ne travaillait pas seul, celui-ci ne les tenait absolument pas informés de ses recrutements. D'ailleurs, il ne les tenait pas au courant de grand-chose s'il pouvait l'éviter.
« Madame, j'ai à la conciergerie un couple qui prétend travailler pour notre branche de Cardiff et qui se propose en renfort »
« Qui prétend ?» S'était étonné John qui avait répondu à l'interphone en lieu et place de la directrice qui était fort occupée.
« Lorsque je consulte le listing des employés de Cardiff, je n'ai qu'un seul et unique nom et c'est celui de Jack Harkness »
« Quelles sont leurs qualifications en supposant qu'ils en aient ? »
« Owen Harper médecin, et Suzie Costello docteur en science »
« On a tout ce qui nous faut dans ces domaines. Remerciez-les et renvoyez-les chez eux » Avait répondu un peu trop rapidement John.
« Non, attendez» Avait soupiré Yvonne Hartmann, daignant enfin lever les yeux des schémas que Hedvig tentait de lui résumer dans un anglais que le stress rendait plus qu'approximatif. Elle s'était rendu vers le terminal le plus proche et l'avait basculé sur la surveillance de l'entrée principale. « Amenez-les ici, de préférence bien encadrés »
Hedvig en avait profité pour rejoindre Ragnar, le catalyseur refusait obstinément de fonctionner et ils n'arrivaient pas à en déterminer la cause. Il leur avait déjà fallu huit jours pour déterminer que c'était lui le responsable, le catalyseur, pas Ragnar, de leur échec. Car en fait, cela faisait des mois qu'ils travaillaient sur ce projet de reconversion des canons à particules prélevés sur une épave repêchée en pleine mer deux ans plutôt.
Une cible potentielle était en orbite, une possibilité de faire un test en situation réelle s'offrait à eux, et ils n'étaient pas prêts. C'était frustrant. Comme toujours, lorsqu'il était frustré Ragnar repassait à haute et intelligible voix tous les points testés. Intelligible façon de parler, car à part Hedvig personne d'autre ne parlait le néerlandais dans le coin.
Owen et Suzie s'étaient demandés si on essayait de leur faire perdre le sens de l'orientation, tant le chemin leur avait paru long et compliqué jusqu'à l'immense entrepôt souterrain. Il y avait là une quantité impressionnante de matériel extraterrestre, une quarantaine d'hommes et de femmes en blouses blanches s'affairaient autour de certains artefacts alors que le reste gisait à l'abandon. Au milieu de ce chaos un immense planeur solaire trônait comme le triste trophée d'une chasse barbare.
Owen et Suzie avaient échangé un regard consterné, ils avaient déjà vu de tels planeurs, leurs passagers étaient forts curieux mais totalement inoffensifs. Jack devait bien en éconduire un ou deux par an. Le Capitaine était justement entré dans une rage folle, quelques mois plutôt, parce que la maison mère avait tenté d'en abattre un. Manifestement, Torchwood avait quand même réussi à en capturer un.
« Alors voici nos aimables volontaires de Cardiff » Les avait accueillis une femme qu'ils avaient tout de suite identifiée comme étant la directrice Yvonne Hartman.
Elle s'était portée au devant d'eux avec un large sourire d'animatrice de show télévisé et en les applaudissant, le reste du personnel, hommes en armes compris, l'avait immédiatement imitée comme autant de petits singes savant. Ça avait quelque chose de véritablement malsain dans ces circonstances et avait donné froid dans le dos d'Owen. Les deux employés de Cardiff s'étaient regardés, interdits et quelque peu mal à l'aise.
« Docteur Owen Harper et voici ma collègue Suzie Costello… » Avait commencé Owen pour être immédiatement couper par un nouveau round d'applaudissements rapidement interrompu d'un geste de la directrice.
« Où est votre patron ? »
« Euh, bonne question » Avait répondu Owen, pris un peu au dépourvu « Là comme ça : aucune idée »
« Faites un effort » Avait rétorqué Yvonne. Elle arborait toujours ce sourire qui n'avait rien de rassurant, et qui rappelait à Owen certains psychopathes. « Parce que, si vous nous êtes absolument d'aucune utilité, lui pourrait peut-être en revanche décoder la séquence qui semble poser quelques problème à mes techniciens »
« Je pourrais peut-être… » Avait proposé Suzie.
« Vous pouvez toujours, mais ça m'épaterait beaucoup » Avait coupé Yvonne tout en leur indiquant où ça se passait.
Une dizaine de blouses blanches s'affairaient autours d'un groupe de terminaux rassemblés près d'une table de travail. Il y avait, là aussi, de hautes armoires informatiques et différents artefacts qu'Owen ne reconnaissait pas. Un homme, à la silhouette familière, était penché sur un bidule étrange, peut-être une sorte de moteur.
« Quand on parle du loup… » S'était exclamé la directrice. « Ce n'est pas le transformateur qui pose problème, Capitaine »
Tous les yeux s'étaient alors tournés vers cet homme en blouson de cuir noir que personne ne semblait avoir remarqué jusque là.
« Pas si sûr » Avait répondu Jack avec un sourire énigmatique. « Je trouve que l'acide a une drôle de couleur » Avait-il ajouté à l'adresse d'un technicien qui s'était rué pour se placer entre le Capitaine et le précieux artéfact. « Professeur Ragnar Orloff, je me trompe ? »
Le professeur Ragnar Orloff avait maugréé quelque chose qu'Owen n'avait pas compris et s'était immédiatement penché sur l'objet, soit pour vérifier que Jack n'avait pas fait de dégâts, soit pour voir ce qu'il en était de cette histoire d'acide mais aussi peut-être les deux, s'il n'était pas stupide.
« Comment êtes vous rentré ? »
« J'ai pas droit à des applaudissement, moi ? » Avait répondu Jack avec une moue faussement boudeuse, mais, devant le regard noir de la directrice, il avait repris son sourire prédateur : « Vous êtes très en beauté ma chère, le chaos vous va à ravir »
« Quand vous aurez fini de faire le pitre… »
« Oui maîtresse, je serais sage maîtresse» Avait minaudé en réponse le Capitaine comme un sale gosse.
« Jack ! » L'avait alors rappelé à l'ordre Suzie, que l'attitude provocatrice de son patron commençait à inquiéter.
« Oui, vous comptez vraiment ouvrir le feu sur ce vaisseau ? » Avait alors demandé Jack « Parce que, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais le premier ministre Harriet Jones ainsi que plusieurs autres personnes sont actuellement à bord »
« C'est Harriet Jones, elle-même, qui a souhaité faire appel à notre expertise »
« Vraiment ? Faudra que je pense à lui faire un topo sur vous » Avait fait Jack d'un air distrait, son attention se reportant sur les deux techniciens qui argumentaient en néerlandais derrière lui. «Vous bilez pas, de toute façon, vous n'en n'aurez pas besoin »
« Je ne sais pas grand-chose de ces créatures mais j'ai dans l'idée qu'elles ne sont pas de celles avec qui l'on négocie, Capitaine »
« Entre prédateurs, on se reconnaît, n'est-ce pas ? » Avait rétorqué Jack en désignant le planeur.
« Ces choses ont pris un tiers de nos concitoyens en otage, ils veulent piller notre planète et nous réduire en esclavage… »
« Je sais, j'ai écouté leur baratin. C'est dommage que vous n'ayez pas un téléporteur, je serais bien monté là haut. Vous n'en avez pas n'est-ce pas ? »
Owen avait l'habitude de voir son patron prendre les choses à la légère mais, là, il commençait lui aussi à s'inquiéter vraiment.
« Jack, tu crois pas »
« Tu as raison, Owen il est plus que temps qu'on laisse ces Messieurs Dames à leurs jouets »
« Capitaine ! » Avait ordonné la directrice. Une dizaine d'homme en armes s'étaient alors placés entre eux et la sortie.
« Cet incident sera bientôt clos et sans que vous ayez besoin d'intervenir, très chère. Je suis sûr que ça doit être frustrant, mais c'est la stricte réalité »
« Comment tu peux en être aussi sûr ? » Avait demandé Suzie.
« Parce que je ne comprends pas un traître mot de néerlandais » Avait répondu Jack, avec un sourire énigmatique mais confiant.
Yvonne Hartman s'était retournée vers ces deux techniciens qui discutaient toujours âprement dans leur langue.
« Je ne comprend pas » Avait fait la directrice, franchement agacée.
« Code neuf » Avait simplement répondu le Capitaine.
« Le Docteur ? Ça fait des heures que UNIT et le gouvernement cherche à le joindre… »
« Et il est là, il est arrivé »
« Comment pouvez-vous le savoir ? »
« Parce que je ne comprends pas un mot de néerlandais, en principe tout au moins » Avait répondu Jack sans plus d'explication « Oh, et vous devriez nous laisser gentiment sortir » Avait-il ajouté en sortant de sa poche une petite sphère métallique aux jolis reflets irisés.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? »
« Une grenade à onde sonique » Avait répondu en anglais, cette fois ci, Ragnar.
« Vous n'oseriez pas… » Avait dit un des rares hommes qui n'était ni en blouse, ni en treillis et qui s'était instinctivement placé entre la directrice et le Capitaine, comme si son corps avait la moindre chance de la protéger devant une telle arme.
« C'est bien mal me connaître Macintosh, c'est bien Macintosh, n'est-ce pas ? Joli costume, j'aime beaucoup » Avait plaisanté le Capitaine « Est-ce que je t'ai déjà dit que je ne trouvais rien de plus sexy qu'un homme en costume ? » Avait-il ajouté à l'adresse d'Owen.
« Et c'est pourquoi j'en porte jamais «
…
Pendant ce temps, sur le toit, les otages complètement abasourdis sortaient de leur transe.
« Qu'est-ce que je fais là ? » Avait fait Lisa en se reculant pour être aussitôt réceptionnée par les bras possessifs de son fiancé.
« Oh merci Seigneur » Avait soufflé Ianto en la serrant de toutes ses forces.
« Ianto, mais qu'est-ce qui se passe ? » Avait demandé la jeune femme, juste avant d'apercevoir le vaisseau occupant tout le ciel au dessus d'eux. « Mon dieu… »
« Ça va, ça va aller » Avait répondu Ianto, autant à l'adresse de Lisa que ses autres collègues qui s'entre regardaient sans comprendre « Regagnez vos postes de travail dans le calme, on vous expliquera » Avait-il ajouté, en gardant Lisa serrée bien fort contre lui. « Descendez dans le calme »
Tandis qu'Andrew dirigeait ses collègues un peu déboussolés vers l'escalier, Ianto avait appelé la directrice pour lui faire par de ce retournement de situation.
« Il semblerait que les otages aient été relâchés, Madame. Nous redescendons » Avait-il annoncé, avant d'embrasser passionnément la femme de sa vie sous des regards doublement surpris et envieux.
…..
Jack et sa petite équipe regagnaient juste le SUV lorsque les gens avaient commencé à descendre des toits.
« Mieux vaut ne pas traîner » Avait conclu Jack en lançant négligemment la sphère à Owen pour prendre le volant « D'ici peu, les rues seront impraticables »
« Hey, t'es vraiment malade, toi » Avait protesté le médecin en attrapant de justesse la grenade.
« Pourquoi ? Oh ce n'est qu'un jouet » Avait précisé Jack alors qu'Owen s'installait à l'arrière et que Jack démarrait déjà, sans attendre que ses coéquipiers aient fermé leurs portières.
« Comment ça, un jouet ? Et pourquoi ce Ragnar a-t-il prétendu que c'était une grenade ? »
« Probablement parce que c'est lui qui l'avait ainsi labélisé » Avait répondu Jack, « En fait c'est un jouet d'éveil qui sera très en vogue dans trois ou quatre siècles »
Jack avait toujours beaucoup de satisfaction à balancer ce genre d'affirmation, et de voir dans quel air circonspect ça mettait généralement son audience : à chaque fois Suzie et Owen se regardaient, n'osant se demander tout haut si leur patron était bon pour l'asile, ou s'il avait accès à des informations via des sources extraterrestres, ou encore s'il se payait simplement leurs têtes.
« C'est quoi un code neuf ? » Avait demandé Suzie.
Jack n'avait évidement pas répondu, faisant mine de se concentrer sur sa conduite, ce qui semblait d'autant se justifier que les ex-otages libérés semblaient s'être tous donnés le mot pour envahir les rues. Jack brûlait de savoir ce qui se passait là haut, être coincé sur le plancher aux vaches alors que la partie se jouait au-dessus de sa tête le rendait fou.
Mais il ne pouvait rien y faire : le Docteur et Rose s'amusaient sans lui.
…..
Jack avait assisté, prostré, à la liesse générale qui s'était déchaînée dans les rues lorsque le vaisseau avait enfin quitté le ciel de Londres. Tandis que le grand père de Tosh les invitait à faire la fête, assis à l'écart au milieu de la montée d'escalier, il jouait machinalement avec son mobile qu'il avait entre temps récupéré.
Est-ce que tu sais ce qui s'est passé là haut ? Avait-il tapé sur son clavier.
On est en plein débriefing. Avait répondu Henry.
Est-ce que le Docteur était seul ou accompagné ?
Il y avait un couple avec lui : Rose Tyler et Mickey Smith, d'après Harriet Jones. Je t'appelle dès que j'en sais plus.
« Y a un problème ? » Était venue lui demander Tosh. « Tes amis ? »
« Euh oui, non » Avait répondu Jack se redressant un peu embarrassé « Il faut que j'y aille » Avait-il bafouillé, avec un peu de chance le Docteur serait peut-être encore là avec Rose, puisqu'ils semblaient eux aussi avoir ratés le réveillon.
« Que tu ailles où ? »
« Chercher mon manteau » Avait-il répondu en contournant gentiment Tosh avant de s'enfuir dans la nuit. Cette fois-ci il avait pris le SUV, ne voulant prendre aucune chance, et si le Docteur posait des questions, eh ben, il lui expliquerait. Le cœur battant Jack avait slalomé entre les badauds qui sortaient tous plus nombreux pour faire la fête dans la rue, profitant de cette magnifique nuit étoilée.
Il s'était mis à neiger à mis parcours, ce n'était pas vraiment de la neige mais les cendres du vaisseau alien que Torchwood avait finalement trouvé le moyen d'abattre, mais, pour le Londonien lambda, c'était juste une raison de plus de danser au milieu de sa route.
Le téléphone de Jack avait, bien entendu, attendu qu'il soit arrivé à l'entrée de la cité où résidait Jacky Tyler pour se mettre à sonner. Jack avait mis sur hautparleur et avait continué.
« Jack on pourrait avoir un problème » Avait fait la voix d'Henry alors que le Capitaine arrêtait le SUV à l'angle d'un immeuble : à quelque mètres le Tardis attendait, tandis que Rose, dans les bras d'un homme qu'il ne voyait que de dos, regardait le ciel, Mickey et Jacky étaient là aussi.
« T'as 30 secondes pour me résumer » Avait averti Jack, il n'était pas question qu'il les laisse partir.
« Il semblerait que le Docteur ait perdu un bras au cours d'un duel »
« Pardon ? » Avait répondu Jack « Vu d'ici il a l'air d'avoir les deux »
« T'es avec lui ? »
« Non, mais il est dans ma ligne de mire »
« Il semblerait qu'il ait repoussé presque instantanément » Avait expliqué Henry.
« Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? » Avait répondu Jack, près à raccrocher.
« Écoute, j'en sais rien, sauf que le premier ministre et son secrétaire sont catégoriques sur ce point, et sur le fait qu'il est tombé par-dessus bord »
« Qui, quoi ? Le bras ? »
« Oui le bras. Or, on me signale qu'un bras a été rapporté à East Ham… »
Jack avait jeté un dernier regard à ses amis, une douleur immense étreignait son cœur. Il ne pouvait pas courir le risque que ce bras tombe entre les mains de n'importe qui, et surtout pas de Torchwood.
« Je m'en charge » Avait-il dit avant de raccrocher et d'enclencher la marche arrière.
Epilogue
Au petit matin, le SUV s'était garé devant la maison du grand-père de Tosh, la voiture de cette dernière était toujours là. Jack avait jeté un regard au container réfrigéré dans lequel Sally avait emballé le bras du Docteur. Puis il était monté sonner à la porte, Tosh avait ouvert avant même qu'il ait eu le temps de poser son doigt sur la sonnette.
« Salut, on est en train de déjeuner, tu te joins à nous ? »
« Ben, je ne voudrais pas déranger » Avait-il répondu un peu embarrassé, mais en fait, il était affamé, car, avec tout ça, il n'avait pas mangé depuis l'avant-veille.
« T'étais pas supposé être parti récupérer ton manteau ? » L'avait accueilli Suzie en le voyant retirer son blouson de cuir dans l'entrée. « Qu'est-ce que t'as bien pu ficher durant le réveillon ? Qu'est-ce qui est arrivé à tes vêtements ? »
Le grand père de Tosh était arrivé et avait paru des plus choqué par l'impertinence des employés de Jack. Les goûts vestimentaires de Jack avaient alors fait le sujet de conversation autour de la table. Jack avait, comme toujours, gentiment éludé les questions auxquelles il ne voulait pas répondre. Au moment de partir, Monsieur Sato avait disparu pour réapparaître avec une grande housse à vêtement. Il en avait sorti un grand manteau gris bleu.
« Waouh » S'était exclamé Jack, « Où est-ce que vous l'avez trouvé ? »
« C'est un officier Américain, sur le départ, qui me l'avait confié à la fin de la guerre, avant de rentrer au pays » Avait-il fait. « Il devrait vous aller, Capitaine »
« Il est magnifique » Avait fait Jack, en caressant l'étoffe du manteau en tout point semblable à celui qu'il avait perdu, sauf que celui-ci sentait un peu la naphtaline. Avec le temps cependant, il s'imprégnerait de l'odeur de son nouveau propriétaire.
