Disclaimer: rien n'à moi, tout à JKR
Un dessin accompagne chacun des chapitres de cette minific. Pour celui-ci, c'est ici: http:/ hysopoldea . deviantart . com/ art/ Green-Wall-197897817 (sans les espaces)
Millicent sourit en sentant le mur heurter son dos. D'accord, la douceur dont avait fait preuve Théo en la poussant avec délicatesse contre ce mur était la véritable raison de sa joie, plus que la présence de ce mur derrière elle dont elle n'avait strictement rien à faire. Elle le savait qu'il était derrière elle, et… Elle s'emballait. Théodore, lui, paraissait encore plus terriblement sérieux que d'habitude. Peut-être était-il aussi anxieux qu'elle ? Il la regardait et elle se demanda si cette fois encore il ne se passerai rien. Ce n'était pas la première fois qu'elle le voyait faire un mouvement vers elle, vers un changement de leur relation, avant de reculer. Théo était prudent et même si elle lui admirait cette qualité, elle commençait sérieusement à en avoir assez.
Elle pensa un instant à faire le premier pas. Elle eut envie d'envoyer son éducation sur les roses et de se pendre au cou de son ami. De faire sa gourgandine, comme dirait sa mère, d'oser mener la danse. Elle voulait se conduire comme ces filles de moindre rang, mais bien plus libres qu'elle. Mais elle se reprit et se contenta ,comme toujours, de l'encourager du regard. Il comprendrait, Théo comprenait toujours. Elle espérait juste qu'il aurait assez de courage pour traverser l'espace qui les séparait aujourd'hui, ou du moins avant qu'elle ne meure de frustration. Elle voulait pouvoir dire qu'ils étaient ensembles. Pas pour une question de fierté ou autre chose du même genre (Regardez, j'ai un copain !), mais parce que cela lui semblait dans l'ordre des choses.
Elle se souvenait parfaitement du petit Théo, après la mort de la mère de celui-ci. Il n'avait pas vraiment changé, il avait toujours été un peu solitaire, un peu silencieux, il était juste plus calme, plus triste. Plus seul, aussi. Millicent appris plus tard que si elle pouvait encore voir Théodore, c'était grâce au lien d'amitié qui unissait Mrs Nott et Mrs Bulstrode. Cette vielle amitié avait poussé cette dernière à insister auprès de M Nott pour qu'ils puissent encore se voir. Le père de Théodore avait mit un certain temps avant d'accepter. Millicent se souvenait encore de ces journées à attendre et à espérer pouvoir revoir son meilleur ami. Elle ne voulait plus jamais être séparée de lui pour aussi longtemps et si ça impliquait devoir attendre qu'il soit près, alors elle attendrai. Toute sa vie s'il le fallait.
Millicent n'aurai pas si longtemps à patienter. Il semblait qu'il avait enfin, après un certain temps de réflexion, prit sa décision. Théodore venait de poser sa main sur le mur, juste à côté de sa tête. Il était proche, très proche d'elle. Millicent se souvint de leurs batailles pour rire, des étreintes d'enfants, de tous contacts qu'ils avaient eût. Elle les avait tous beaucoup appréciés, mais, le seul qui lui avait fait autant d'effet, c'était deux semaines auparavant, quand Théodore l'avait serrée dans ses bras pour la consoler et qu'il lui avait gentiment sourit. Ce sourire lui avait provoqué la même sensation de bonheur que l'approche de Théodore. Son cœur battait de plus en plus fort. Les yeux clairs de Théo la rassuraient. Elle sentait son odeur, mélange agréable de jour de pluie et d'encre presque sèche, et, là, juste devant elle, sa chaleur presque. Puis Millie arrêta de penser.
Les lèvres de Théo étaient douces, légères et hésitantes. Sa bouche s'était posée sur celle de Millicent comme un papillon sur une fleur. Elle était étonnée, même si elle s'y attendait. Elle n'avait pas prévu cette douceur légèrement maladroite, ni ses genoux qui faiblissaient et encore moins qu'elle oublierai comment respirer. C'était donc ça un baiser. Elle trouva cela aussi surprenant qu'agréable. Millicent acceptait et appréciait cette découverte avec un enthousiasme qu'elle ne savait pouvoir ressentir qu'avec Théodore. En effet, ce n'était que quand il était avec elle qu'elle se sentait entière. Elle aurait pu se sentir effrayée, mais c'était Theo et dans son système de valeur, cela voulait dire que ça ne pouvait être que bon pour elle. Il était toujours là pour elle. Et, de plus, elle l'aimait.
Un éclat de rire rauque les interrompit. Les lèvres de Théodore se détachèrent des siennes et ils se tournèrent tous deux vers le gêneur. Face à eux se trouvait un Blaise Zabini plus que légèrement moqueur. Ils le fusillèrent du regard avec beaucoup de dignité, si, bien sûr, on faisait abstraction de leurs joues rouges et de leurs respirations un peu plus rapide qu'à l'ordinaire. Blaise leva les deux mains à hauteur de poitrine, paume vers l'avant, tandis que son sourire s'agrandissait au point que les coins de sa bouche menaçaient de frôler ses oreilles. Quand on ne lui parlait pas de sa mère et qu'il n'était pas devant un public dangereux pour sa réputation, Zabini était bavard et avait un humour mordant. Malheureusement, Théodore comme Millicent le savaient d'expérience.
Les yeux en amande de Blaise étaient encore plissés de son éclat de rire précédent et brillaient de joie. Millicent se demanda quand il allait enfin parler. Elle s'attendait à une remarque sarcastique et préférait en finir le plus vite possible. Zabini pouvait être gentil, mais elle se doutait qu'il ne le serait pas à cet instant, comme à chaque fois qu'il voyait une possible occasion de rire de quelqu'un. Or si la situation lui paraissait risible, il allait chercher un moyen pour rendre ceci encore plus drôle à ses yeux. Blaise fit pourtant le contraire de ce qu'elle attendait. Il fit demi-tour et lança, par-dessus son épaule, en partant :
-Hey, Nott, Bulstrode, reprenez votre activité, je vais dire à Parkinson que je n'ai pas trouvé Millicent.
Ils le regardèrent partir, légèrement et agréablement surpris. Théodore avait toujours sa main sur le mur. Millicent se tourna vers lui et sourit. Il lui plaisait vraiment beaucoup. Il se rendit compte avec un peu de retard qu'elle l'observait et il lui jeta un regard interrogatif. Elle haussa les épaules, l'air de dire «suivons le conseil de Zabini». Un sourire naquit sur le visage de Théodore avant de venir cueillir celui de Millicent sur ses lèvres. C'était ça, c'était parfait.
