Disclaimer: rien n'à moi, tout à JKR
Un dessin accompagne chacun des chapitres de cette minific. Pour celui-ci, c'est ici: http : / hysopoldea . deviantart . com / # / d3a5k6o (sans les espaces)
Théodore lisait quand un septième année fit irruption dans la salle commune, vociférant contre l'équipe de Quidditch de cette année. Il leva les yeux et retourna directement à sa lecture en voyant le capitaine fulminer. Il avait de bonnes raisons de le faire, car si leur capitaine était dans l'équipe depuis longtemps, ce n'était pas le cas des autres joueurs et ceux qui passaient leur ASPICs l'année dernière étaient partis. Bilan : il avait deux nouveaux batteurs , peu dégourdis, à former. Théodore le savait, malgré son manque d'intérêt pour ce sport, parce que c'était le principal sujet de conversation chez les Serpentard cet an-ci, que trois des joueurs (dont les deux nouveaux) partageaient son dortoir et aussi parce que les colères du capitaine étaient particulièrement difficiles à manquer. Surtout juste devant la cheminée des Serpentard.
Quelqu'un s'assit à côté de lui. Parce qu'ils s'étaient appropriés, ou plus exactement, parce que personne à part eux ne venait s'asseoir si loin du feu, ce vieux canapé dans le coin le plus éloigné de la salle commune depuis le début de leur première année, Théodore devina que c'était Millicent. Il sourit à sa petite amie. Celle-ci lui répondit avant de se remettre à fusiller du regard le capitaine de leur équipe de Quidditch. Théodore dut se retenir de soupirer. Il pouvait presque lire les pensées de Millicent. Il savait très bien que des envies de meurtres traversaient en cet instant l'esprit de la jeune fille. Il se devait de la calmer. Un assassinat ferait très mal sur son CV. Théo se pencha donc vers elle et lui murmura à l'oreille :
-Je sais Millie, il est incapable de penser à jouer sans brutalité, et misogyne, en plus de cela. Il refuse donc catégoriquement les candidatures féminines et manque donc une moitié de sa Maison qui pourrait améliorer son équipe, à commencer par toi, qui t'es pourtant toujours très bien débrouillée sur un balai. Seulement c'est le capitaine, et il semble impossible de le changer. Après tout, si Rogue l'a nommé à ce poste, il doit avoir une certaine influence. Notre directeur tient bien trop à la coupe pour donner cette responsabilité à un incompétent. Et, de toute façon, j'aimerai bien que tu arrêtes de le regarder.
Bouche bée, Millicent se tourna vers son ami, sa queue de cheval fouettant l'air en suivant le mouvement de sa tête. Il était rare que Théo parle autant en si peu de temps. Il était habituellement partisan de l'utilisation du moins de mots possibles. Son meilleur ami n'aimant pas particulièrement parler. Celui-ci était retourné vers son bouquin, et seul un léger sourire sur ses lèvres rappelait le discours qu'il venait de lui débiter. Elle pensa enfin à fermer la bouche et tendit un doigt vers Théodore, toujours aussi étonnée. Il paraissait absolument passionné par son livre, au point que son visage disparaissait presque totalement derrière la couverture rouge. Elle resta un instant immobile, l'air de chercher ses mots.
-Donc tu m'écoutes quand je parle ? demanda-t-elle.
-Il faut croire. Ce n'est pas comme si tu passais ton temps à brasser du vent.
-Au point de retenir tout ce que je dis ? Et tu ne veux pas que je m'occupe de lui, que je le regarde, ajouta-t-elle. Tu serais pas jaloux, pas le plus grand des hasards ?
Sa dernière phrase sonnait presque comme une accusation.
-De lui ? s'exclama-t-il. Aucun risque, s'esclaffa-t-il avant de se reprendre en voyant le regard noir qu'elle lui lança : Tu as bien meilleur goût que ça.
Au vue de son sourire, c'était la bonne chose à dire. Il s'essuya mentalement le front, plus que soulagé. C'était un bon point pour lui. Mais il semblait qu'il n'était pas totalement sorti d'affaire, les questions reprenant. Théodore pensa un instant à son cher silence, celui que, habituellement, Millicent était une des rares à respecter aussi bien que lui. Et bien ce n'était pas le cas ce jour-là, semblait-il. Il se retint de soupirer et se prépara à répondre à l'avalanche de questions qui allaient suivre. Quand elle voulait, Millicent pouvait être d'une curiosité insatiable.
-Donc, tu n'es pas jaloux ?
-Tant que tu ne me donnes pas de raison de l'être, non.
-Tu es trop rationnel, de temps en temps.
Théodore haussa les sourcils, surpris. Qu'est-ce qu'elle allait donc encore raconter ?
-C'est possible de l'être trop ? demanda-t-il. Pas assez, d'accord. Mais trop…
Millicent lui adressa un sourire triste. C'était comme s'il ne pouvait pas comprendre ce qu'elle lui disait. C'était un fait assez rare pour être noté. Après tout, il s'agissait de Théodore. Elle se décida à lui expliquer enfin ce qu'elle voulait dire.
-Quand on parle de sentiments, la raison n'a rien à faire dans la discussion.
-C'est pour ça que je ne comprend pas ce que tu racontes, demanda-t-il en fronçant les sourcils.
Elle le dévisagea un instant avant que son visage se mette à rayonner de bonheur. Elle savait. Théodore en eut chaud au cœur. Il n'était pas du genre à dire des «je t'aime » à tout bout de champs. Mais Millicent savait entendre les mots d'amour qu'il ne prononçait pas mais qu'il pensait dans chacune de ses phrases.
