Chapitre 5: Libres
Coucou! J'espère que vous êtes toujours présent pour lire mon histoire!
Nous faisons à partir de ce chapitre un petit retour en arrière: nous sommes au moment où Erik a libéré Christine et Raoul...
Christine se trouvait dans la barque qui la menait vers sa liberté. Blottie contre Raoul, elle ne pouvait cependant pas détourner les yeux de l'homme qui avait tant compté pour elle depuis ces dix dernières années. Depuis que son père était mort en fait. Son Ange de la Musique. Pourquoi avait-il été si exigeant avec elle ? Pourquoi lui avoir imposé ce choix ? Une vie avec lui, en sachant Raoul vivant, si elle restait de son plein gré. Ou alors Raoul mourrait...
Il avait été égoïste, depuis que Raoul était réapparu dans sa vie, trois mois plus tôt. C'était cet égoïsme, allié à une folie sombre et meurtrière, qui l'avait poussée à se réfugier vers Raoul, son amour d'enfance. Avec ce dernier, depuis toujours et comme maintenant dans cette barque, elle se sentait en sécurité. Rien ne pouvait l'atteindre. Avec Lui, c'était différent. Il était ce père qu'elle avait trop peu connu, Il avait été son confident de l'ombre, son mentor. Il l'avait mené vers l'aboutissement de ses rêves les plus secrets: devenir une grande cantatrice. Mais le prix à payer était devenu trop lourd. Le Fantôme avait un amour pour elle trop envahissant, trop inflexible. Cela la fascinait mais la terrifiait encore plus.
Lorsqu'Il avait enchaîné Raoul avec cette corde autour du cou et lui avait lancé son ultimatum, elle était restée pétrifiée car quoique serait son choix, elle perdrait l'un des deux pour toujours. Puis, elle avait agi. Elle ne sait pourquoi elle avait fait cela. Elle s'était approché de son Ange de la Musique qui s'était transformé en démon dément, assoiffé de meurtre, à la passion destructrice. Elle avait tellement voulu qu'Il redevienne cet homme au regard mélancolique mais doux et protecteur envers elle. Tellement qu'elle l'avait embrassé...
Elle n'avait eu sur le coup aucune idée quand aux conséquences de son geste. Le Fantôme ne s'était pas transformé en Ange inoffensif comme elle l'aurait cru. Il avait reçu ce baiser avec surprise. Il s'était figé mais, peu après, Il était devenu tendre et enfin Il lui avait rendu son baiser avec une fougue nouvelle.
Christine, en L'embrassant, n'avait de prime abord pensé qu'au monstre qu'elle touchait, les mains posées sur cette face parcheminée qui l'effrayait. A ce contact, elle avait eu un frisson de dégoût mais lorqu'Il s'était mis à lui rendre son étreinte, ce frisson s'était mué insidieusement en quelque chose de plus puissant, de différent. Le dégoût s'était envolé. A la place, elle frissonnait de désir, une chaleur lui envahissant le corps. Ce n'était pas la première fois qu'elle découvrait ce phénomène. Lorsqu'Il l'avait emmené dans son royaume dédié à la musique, le soir de son triomphe dans ''Hannibal'', Il avait chanté pour elle La Musique de la Nuit (The Music of the Night). Sa voix l'avait envoûtée, Il l'avait serré contre Lui pendant son chant hypnotisant et merveilleux et, là,des sensations inconnues s'étaient emparées d'elle. Mais ce soir-là, ces sensations avaient été décuplées. Elle n'avait plus été maîtresse d'elle-même. Elle s'était moulée dans Son étreinte, dans Ses baisers. Elle n'aurait su dire, d'ailleurs, combien de temps Raoul avait du rester emprisonné à devoir les regarder. A ce moment-là, elle avait perdu la notion du temps et de l'espace et avait totalement oublié que si elle avait agi ainsi, c'était pour sauver Raoul.
A cette idée, elle fut honteuse et détourna alors les yeux du Fantôme, qui était resté debout sur la rive à les regarder s'en aller. Elle blottit sa tête contre le torse du vicomte et ne put réprimer un sanglot. Raoul la serra contre lui et continua de diriger la barque dans les méandres des souterrains.
Raoul était inquiet du chemin à prendre. Il se dirigeait au hasard. Christine, blottie contre lui, pleurait en silence. Il se doutait bien qu'elle était encore sous le choc de ce qu'elle avait dû endurer ce soir. Il se sentait coupable de lui avoir infligé cette épreuve.
Lorsqu'elle avait chanté avec le Fantôme dans son exécrable opéra de ''Don Juan'', il avait redouté qu'elle ne perde le combat qu'elle menait pour eux deux. Il l'avait vue s'abandonner dans leur duo. A ce moment-là, il avait regretté l'idée de la donner comme appât à cet homme vil. Mais c'était le prix à payer pour qu'il soit arrêté et qu'ils vivent enfin leur amour sans entrave. Il avait été soulagé, lorsque Christine lui avait ôté son masque.
Comment avait-il pu reprendre à son avantage la chanson que Christine et lui avaient chanté sur les toits de l'opéra en octobre dernier, le jour où ils s'étaient promis l'un à l'autre ?
Il le détestait pour cela. Il le détestait encore plus parce que Christine n'avait eu d'autre choix que de lui donner ce baiser en échange de leurs vies et de leurs libertés. Il préférait mettre ces images dans un recoin de sa mémoire d'où jamais elles ne ressortiraient.
Quelle force et quel courage Christine avait eu d'embrasser cet homme, ce meurtrier défiguré et fou!
Grâce à elle, ils avaient eu leur sauf-conduit. Il ne sait pourquoi le Fantôme les avait laissés partir.
Peut-être avait-il eu ce qu'il attendait depuis le début: une partie de Christine ?
Pourtant, c'était lui, Raoul Vicomte de Chagny, qui était descendu dans les entrailles de l'opéra pour sauver celle qu'il aimait et malgré cela, c'était elle qui avait tout donné pour le sauver, lui.
La victoire sur le Fantôme lui laissait un goût amer. D'autant plus amer que le Fantôme était toujours libre.
Qui pouvait affirmer qu'un jour il ne se remanifesterait pas ? Ne continuerait-il pas à hanter leur existence jusqu'à la fin ?
Victoire d'autant plus amer qu'il savait qu'un lien indéfectible et incompréhensible unissait Christine au Fantôme. Il avait vu son aimée donner sa bague de fiançailles secrètes, celle qu'ils avaient choisi ensemble chez Swarovski. Cette bague synonyme de leur amour éternel. Ce symbole de leur engagement, Christine l'avait remis à cet imposteur, qui s'était fait passer pour l'Ange de la Musique envoyé par son père. Il avait profité de son innocence, de sa naïveté pour la manipuler. Elle était trop compatissante envers lui. Cet homme avait une emprise sur elle qu'il n'avait pas imaginé aussi forte.
Christine regarda son fiancé avec des yeux emplis de mélancolie et de soulagement. Pour le moment, ils étaient enfin réunis. Toutes les pensées négatives de Raoul s'envolèrent et il déposa un baiser sur le front de Christine.
Il arrêta la barque devant un embarcadère qui s'était présenté devant eux. Ils mirent pied à terre. Ils se trouvaient juste devant une volée de marches qui, il l'espérait, les mènerait dehors.
Raoul prit les mains de Christine dans les siennes.
« Maintenant, je veux te voir sourire à nouveau. Je suis là pour toi, Christine. Ne l'oublie pas. Plus rien ne peut nous atteindre, ni personne. Nous serons ensemble quoi qu'il advienne. »
Il essuya les larmes qui avaient coulé le long des joues de sa bien-aimée.
« Je veux que tu oublies tout ce qui s'est passé ce soir. Soyons pleinement heureux à présent. »
Oublier ce soir ? Christine, les lèvres encore brûlantes, se demandait si jamais cela serait un jour possible...
Alors que pensez-vous de chapitre ?
