Je suis désolée d'avoir tardé à poster ce nouveau chapitre mais malheureusement, travail et fanfiction ne font pas toujours bon ménage. S'il vous plaît, n'utilisez pas le magique lasso pour m'étrangler!

Je m'excuse auprès de toi, Katelleva, et merci pour tes intéressantes reviews!

Chapitre 20: Nouveaux départs

Sur le chemin du retour, Christine ne cessait de repenser à cet instant sublime où il avait enfin déposé les armes. Il lui avait embrassé le cou, après son aveu. Elle avait cru que ses jambes allaient se dérober sous elle. Elle avait voulu se retourner et voir son visage mais il ne l'avait pas laissé faire. Il l'avait maintenu fermement.

« Retourne chez toi. Tu me reverras bientôt. »

Il l'avait poussée doucement vers la sortie, une main contre son dos. Au sortir de ses appartements, elle n'avait croisé personne, ni Meg, ni Mme Giry.

Il était bientôt 10 heures et la matinée était bien avancée. Quand elle rentra à l'Hôtel, Pierre la prévint que le vicomte désirait la voir. Elle se rendit dans la chambre de Raoul.

« - Bonjour, lui dit son mari, d'une voix désappointée.

- Bonjour, Raoul.

- Où étais-tu ce matin? Tu as été le rejoindre, n'est-ce pas?

- Oui, avoua Christine, ne pouvant pas lui mentir.

- Je ne peux pas te permettre cela, Christine. Jamais! Pense à notre réputation.

- Je n'ai cure de ce que les gens peuvent penser de moi.

- Tu n'as que faire de ce que moi je pense de toi?

- Tu peux penser ce que tu veux car jamais je ne me pardonnerai ce que je t'ai fait.

- Ne pouvons-nous pas essayer de vivre normalement? Reprenons un nouveau départ, Christine. Partons aux États-Unis. De nouvelles opportunités s'ouvrent là-bas. Mes associés et moi voulions depuis longtemps créer un nouveau marché portuaire entre Le Havre et New-York. Pourquoi ne pas profiter de l'occasion? Plus de Mlle Simeniot, plus de Fantôme, il n'y aurait que toi, moi et notre fils. Et si nous nous y plaisons, pourquoi ne pas rester vivre là-bas? Aucune menace ne pèserait plus sur notre couple. Laisse-nous une chance.

- C'est impossible, Raoul. C'est trop tard. Je l'aime. Jamais je ne pourrai vivre sans lui. »

Christine ôta de son cou le pendentif de Raoul et le lui donna.

« - Alors, c'est fini. Il ne me reste plus rien.

- Je suis désolée.

- Arrête ça, tout de suite! S'emporta-t-il. Arrête ces excuses. Je m'en vais.

- Raoul, tu ne peux pas. Tu dois te reposer. Ta blessure n'est pas guérie.

- Elle ne guérira jamais, Christine. Pas si je reste ici à te regarder te vautrer dans la luxure avec cette bête! »

Christine, choquée, gifla Raoul de toutes ses forces. Jamais, il ne lui avait parlé de la sorte. Jamais ils ne s'étaient déchirés ainsi.

Raoul finit de se préparer, comme si de rien n'était. Malgré tout, sa joue gauche virait au cramoisi, sous la force du coup donné par sa femme.

« - Je pars ce soir au Havre. Je préparerai de là-bas mon départ pour New-York mais je ne pars pas seul.

- Avec quelle maîtresse t'en vas-tu? Demanda Christine, écoeurée par sa fuite.

- Aucune, Christine. Par contre, Raoul viens avec moi.

- Non! Non! Hurla-t-elle. Tu ne peux pas faire cela!

- J'ai autant de droit sur lui que toi. Comme cela, tu n'auras aucune entrave pour vivre librement ta vie.

- Non!

- Alors choisis! Sois tu pars avec nous, soit tu restes ici.

- Ne me demande pas cela. Tu sais ce que je choisirai.

- Il n'y a donc pas à tergiverser. Au revoir, Christine.

- Raoul, combien de temps serez-vous parti?

- Le temps pour toi de choisir. Lorsque je reviendrai, tu me donneras ta décision.

- Quelle décision?

- Soit tu reviens à la raison, soit je te ferai regretter d'être devenue ma femme. »

Raoul sortit, laissant Christine, accablée, derrière lui.

OooOoOoOoOoO

Christine passa le reste de la journée à s'occuper de son fils. Le petit Raoul était excité à l'idée d'un si long voyage mais lorsqu'il fut temps pour eux de se quitter, le petit garçon fut pris d'une crise de larmes. Christine refoula les siennes. Elle voulait se montrer forte pour son fils et ne voulait pas montrer à son mari la peine qu'il lui causait. D'ailleurs, le vicomte n'arrêtait pas de la dévisager.

Si Christine n'y voyait qu'une façon de la toiser, de lui montrer à quel point elle devait être coupable d'abandonner sa famille, Raoul, lui, espérait sincèrement qu'elle changerait d'avis et qu'elle sauve leur couple, en décidant de les accompagner.

Elle donna, d'une voix légèrement tremblante, les dernières instructions à la nourrice du petit Raoul, Mme Monier, qui avait accepté d'accompagner le vicomte, le temps de son voyage.

« Écris-moi si tu souhaites que nous rentrions ou si tu changes d'avis, lui dit son mari, en l'enlaçant froidement. »

Lorsqu'ils furent enfin partis, Christine se réfugia dans sa chambre et se laissa aller à son chagrin.

OooOoOoOoOoO

Cela faisait une semaine qu'elle errait dans l'Hôtel de Chagny. Elle était mortifiée par l'absence de son fils mais plus encore par l'absence d'Erik. Il ne s'était pas manifesté à elle, depuis leur rencontre. Elle avait voulu retourner à sa maison mais elle n'avait pas osé de peur de rencontrer Mme Giry ou Meg.

Émilie de Noailles lui avait rendu visite dans la semaine mais Christine était restée inattentive à sa conversation. C'était la dernière fois qu'elles se voyaient avant plusieurs mois. La comtesse avait prévu, depuis longue date, de faire le tour d'Europe avec son fils qui venait de terminer son pensionnat. Elle demanda néanmoins à son amie si elle désirait qu'elle reste pour la soutenir dans cette épreuve. Christine refusa. Émilie avait le droit de s'amuser et de s'occuper de son propre fils.

Christine lui avait seulement expliqué que Raoul avait décidé de partir aux États-Unis, après leur dispute concernant son infidélité. Même si Émilie était son amie, elle ne lui confia rien de ses retrouvailles avec Erik. Même si il fut difficile de trouver un mensonge pour expliquer que le vicomte avait décidé d'emmener son fils, la laissant seule à Paris. La comtesse prit congé d'elle, lui demandant de lui écrire si elle en ressentait le besoin.

Christine continua sa vie et, lorsque, comme tous les dimanches, elle se rendit à la tombe de son père, une rose rouge s'y trouvait déjà. Autour du ruban noir, une clé était accrochée. La même que Mme Giry lui avait prêtée: celle qui menait au passage secret. Elle regarda autour d'elle pour essayer d'apercevoir Erik; elle sentait son regard sur elle mais elle ne put le distinguer. Elle pria pour Raoul et son fils. Et, plus que tout, elle remercia son père de lui avoir ramené son Ange de la Musique.

Le soir venu, elle partit se coucher de bonne heure. Ou, du moins, fit-elle semblant pour que ses gens de maison ne la soupçonnent de rien. Les cheveux détachés et en chemise de nuit, elle ressemblait encore à la Christine Daaé que le Fantôme avait enlevé le soir d' ''Hannibal''. Cependant, sa grossesse avait laissé ses marques. Malgré sa minceur, sa taille n'était plus aussi fine qu'avant. Cela faisait longtemps qu'elle ne s'était pas regardée dans un miroir de plus près. Or, maintenant qu'elle savait qu'elle était bien aimée d'Erik en retour, elle se souciait beaucoup plus de son apparence.

Il lui avait dit qu'elle avait changé.

Parlait-il uniquement d'un point de vue moral ou aussi physique?

Il l'aimait, certes, mais la trouvait-il toujours aussi désirable?

Elle finit par cesser de se questionner. Elle s'habilla d'une robe fine et de sa cape de voyage et sortit discrètement de sa chambre.

Comme elle était désormais seule à l'Hôtel de Chagny, elle avait donné congé à une bonne partie de ses domestiques. Donc, elle avait moins de risque de croiser quelqu'un au détour d'un couloir.

Elle héla un fiacre et se rendit rue Montigny. Il faisait une chaleur lourde en cette nuit de mai et nombreux étaient les promeneurs nocturnes en quête d'un peu de fraîcheur.

Christine se dirigea dans l'impasse qu'elle avait emprunté huit jours auparavant. Quand elle entra dans le salon, elle ne vit personne. La maison semblait déserte et plongée dans l'obscurité. Elle se dirigea lentement et précautionneusement dans l'escalier. Les marches grincèrent sous ses pieds et elle espéra que ni Meg, ni sa mère ne se trouvaient dans les parages. Arrivée au palier, elle aperçut de la lumière qui filtrait au travers de la porte des appartements d'Erik. Elle toqua et attendit, fébrile, qu'il vienne lui ouvrir.

La porte s'ouvrit toute seule, sans qu'il ne soit là pour l'actionner. Elle entra silencieusement dans la pièce. Les lampes à huile étaient faiblement allumées et une légère brise d'air chaud passa sur sa peau.

Erik se tenait dos à elle, devant une des fenêtres ouvertes. Les rideaux n'étaient plus tirés et il n'y avait que les planches de bois qui masquaient la vue donnant sur le jardin de la maison.

« Comment as-tu fait pour que la porte s'ouvre? Demanda-t-elle pour entamer la conversation. »

Il se retourna pour lui faire face, vêtu, comme il en avait coutume, d'un pantalon noir et d'une chemise blanche qui laissait apparaître son torse. Le coeur de Christine fit un bond, lorsqu'elle reconnut son ancienne bague de fiançailles qu'elle lui avait donné dans les sous-sols de l'opéra, avant de s'enfuir avec Raoul. Il portait son masque blanc, lui couvrant la moitié droite de son visage et sa perruque aux cheveux noirs plaqués en arrière. C'était le masque qu'elle préférait car elle pouvait distinguer la partie saine de son visage. Elle pouvait voir ses yeux et lire ce qu'il pensait à travers ses traits.

« Si je t'expliquais, il n'y aurait plus de mystères, lui répondit-il, en essayant de lui adresser un sourire. »

Christine fut chamboulée par son expression. Jamais il ne lui avait souri. Elle osa s'approcher de lui et le regarda dans les yeux.

« - J'ai cru que tu avais à nouveau disparu et que je ne te reverrai plus, en dépit de ta promesse.

- Si je savais tenir une promesse, tu ne m'aurais jamais revu la semaine dernière. »

Elle fronça les sourcils. La conversation s'engageait mal, une nouvelle fois.

« - J'ai longuement hésité, continua-t-il. J'ai attendu que tu prennes ta décision.

- A quel sujet?

- Je ne voulais pas influencer ton choix. Au cas où tu aurais voulu rejoindre ta famille...

- Et je ne l'ai pas fait parce que c'est avec toi que je veux être.

- Je compte plus que ton fils? L'interrogea-t-il. »

Il avait besoin de savoir quelles étaient ses intentions, apparemment. Elle s'ouvrit donc à lui.

« J'aime mon fils par dessus tout. Mais il est de mon sang et je sais qu'au fond de lui, Raoul me permettra toujours de le voir. Tandis que toi, je t'adore encore plus que ma vie mais je tremble de peur, dès que je prononce le moindre mot devant toi, par crainte que tu décides de tout arrêter et de m'abandonner. Pourtant, je compte pour toi, sinon, tu ne porterais pas la bague que je t'ai donné contre ton coeur! S'il te plaît, ne m'abandonne pas, lui dit-elle. »

Elle lui tendit les bras et il la laissa se blottir contre lui. Il l'enlaça avec assurance et alors qu'elle blottissait sa tête contre son torse, il enfouit son menton dans son épaisse chevelure. Hormis ce baiser qui avait décidé de leurs destins, c'était la première fois qu'ils étaient si proches l'un de l'autre. Ils restèrent plusieurs minutes ainsi. Il humait son parfum enivrant de muguet, inchangé depuis ces années. Dix ans qu'il se serait damné pour le sentir à nouveau. Il sentait Christine frémir dans ses bras. Elle était la première femme qu'il étreignait et cette sensation d'être aimé et désiré fit battre son coeur à la chamade.

Il n'avait ressenti cela qu'en de rares occasions: quand elle l'avait embrassé pour sauver Raoul dans son repaire, bien sûr, mais aussi, quand il avait tué...

Il fut déstabilisé la pensée que l'amour et la mort étaient à ce point liés. Après tout, ces deux états étaient entremêlés d'une façon ou d'une autre. Il n'avait pu avouer son amour à Christine que lorsqu'elle avait demandé qu'il la tue.

Elle avait senti qu'il était troublé par quelque chose. Quand elle s'en enquit auprès de lui, il lui répondit que tout allait bien. Il referma alors les fenêtres et tira les rideaux.

« Viens voir, lui dit-il. »

Il prit sa main dans la sienne et la mena dans l'autre pièce. Christine entra dans la chambre d'Erik. Elle le désirait plus que tout mais, en même temps, elle était troublée que les choses aillent si vite.

Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu'il lui montra le piano droit, qui était installé contre le mur opposé au lit à baldaquin.

Christine ne put que sourire de sa méprise. Son Ange n'avait jamais été de ce genre et elle savait qu'Erik ne l'était pas non plus. Il agissait toujours en gentleman. Alors que ses pensées cheminaient dans son esprit, Christine esquissa un sourire rayonnant et Erik qui guettait sa réaction fut content de la voir si heureuse.

« - Erik, depuis quand possèdes-tu ce piano?

- Depuis, aujourd'hui, lui avoua-t-il.

- Tu vas de nouveau jouer? Tu vas de nouveau composer?

- Puisque ma muse m'est revenue, oui. Cela fait une semaine que la musique chante dans ma tête et elle ne s'arrête plus. Alors je pense que cet achat nous sera fort utile.

- Mais comment as-tu fait pour l'amener jusqu'ici?

- Mon Ange, cela aussi reste un secret, lui dit-il en souriant. »

Christine rayonnait de le voir aussi heureux qu'elle. Elle caressa les touches du bout des doigts.

« - J'ai hâte que mon professeur me donne à nouveau des leçons.

- Je crois qu'il nous faille tout reprendre depuis le début car, moi-même, je ne sais pas si j'arriverai à rejouer correctement, après tout ce temps.

- Nous allons prendre un nouveau départ, alors. L'élève comme le maître. »

Il s'assit au piano et posa ses doigts sur les touches. Il n'avait plus éprouvé une telle envie de jouer, depuis une éternité.

« Je veux savoir, si tu peux encore chanter pour moi, lui souffla-t-il. »

Un sourire se dessina sur les lèvres de Christine et une étincelle de joie pétilla dans ses yeux, alors qu'elle débuta ses vocalises.

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