Chapitre 22: Une liaison désapprouvée
Erik ne pouvait cesser de contempler celle qui s'était donnée à lui sans retenue. Elle dormait paisiblement contre lui, une main sur son torse. Elle était véritablement un Ange. Il savait qu'il ne méritait pas son amour mais la simple idée de l'éloigner de lui pour son bien le rendait malade.
Il avait voulu remettre son masque par peur de l'effrayer lorsqu'elle se réveillerait mais elle était si étroitement lovée contre lui qu'il n'osait se lever pour le chercher. Car c'était ce qu'il craignait, à présent, que Christine se réveille et se rende compte de leur erreur. Elle avait souillé son mariage pour se donner à un démon. Il était mortifié.
Il avait lu de nombreux livres qui traitaient de l'amour physique et plus encore du sentiment d'amour. Il savait que, souvent, le couple se trouvait pris de remords après s'être aimé et cela pouvait mener à une séparation irréversible. Il savait que si elle regretterait ce qui s'était passé, il la laisserait s'en aller.
Il craignait cela, depuis qu'elle venait, chaque soir, le voir. Il avait lutté pour éviter chaque contact avec sa peau. Lorsqu'elle l'embrassait sur la joue, cette dernière lui brûlait toute la journée, son sang bouillant dans ses veines. Il ne savait ce qu'il deviendrait, si elle le quittait.
Autrefois, le Fantôme de l'Opéra ne se serait pas formalisé avec tous ces doutes. Il aurait eu ce qu'il voulait et il l'aurait gardé, quelque soit le coût. Mais Erik était à mille lieux de ce qu'il avait été durant vingt ans. Il ne pouvait plus imaginer prendre Christine par la force, ni la garder prisonnière pour son plaisir personnel. Car ce dernier passait par le bonheur de cette femme qui avait fait de ce vide dans sa poitrine, ce coeur qui, à présent, ne battait que pour elle.
Il la sentit remuer doucement contre lui. Christine s'éveilla. Elle ouvrit les yeux, sourit et l'embrassa dans le cou.
« - Bonjour, lui dit-elle.
- Bonsoir, plutôt, rectifia-t-il.
- Quelle heure est-il? Demanda-t-elle, en se redressant et faisant glisser sa chevelure sur le torse d'Erik.
- Il est bientôt 18 heures.
- Mon Dieu! Que vont dire mes domestiques!
- Veux-tu t'en aller? Demanda-t-il, une pointe d'amertume dans la voix.
- Non, voyons. Ce n'est pas si grave. Lorsque je rentrerai, je dirai que je suis partie très tôt, dans la matinée, rendre visite à une connaissance. Voilà tout.
- Tu deviens habile dans l'art du mensonge. J'ai une très mauvaise influence sur toi.
- Pourquoi dis-tu cela? Tu as toujours été sincère avec moi et cela est réciproque. »
Christine sentit qu'Erik était mal à l'aise.
« - Qu'est-ce qui ne va pas, Erik?
- Rien. J'attends seulement que les remords te viennent et que tu décides de partir.
- Pourquoi partirai-je? Je ne regrette nullement ce qui s'est passé. C'était merveilleux. Comme dans un rêve.
- Mais maintenant que tu es éveillée, la réalité pourrait te semblait bien amère.
- Aurais-tu des regrets sur ce qui s'est passé? Car, pour moi, ce n'est pas le cas. Je t'aime et je ne sais combien de fois je devrai te le répéter pour que tu finisses par l'accepter et me croire. »
Elle le dévisageait, incrédule. Pourquoi doutait-il d'elle? Pourquoi la situation lui semblait-il surréaliste?
Erik se leva brusquement.
« - Où vas-tu? Le questionna-t-elle.
-Remettre mon masque. Je ne peux supporter que tu me regardes de la sorte.
- Je te regarde comme une femme qui ne comprend pas pourquoi l'homme qu'elle aime la repousse ainsi, sans ménagement et sans explications. »
Elle se leva à son tour et le rejoignit devant le piano où leurs habits jonchaient le sol. Elle se dépêcha de prendre le masque, caché sous ses jupons, avant qu'il ne l'atteigne.
« - Christine, donne-moi, ce masque! Lui ordonna-t-il.
- Non! Si tu le mets, je ne pourrai savoir ce que tu penses. Tes yeux ne savent pas mentir, Erik. Dis-moi que tu regrettes ce qui s'est passé, en me regardant droit dans les yeux. »
Christine était si déterminée, sans dégoût, alors qu'elle le fixait intensément. Il finit par esquisser un sourire.
« - Je t'aime, Christine, tu le sais très bien. Je crains juste que l'Ange finisse par se brûler les ailes à force de côtoyer le Diable.
- Si le Diable est ici, il s'agit alors de moi. Ce n'est pas toi qui m'as forcé à t'aimer tout à l'heure mais plutôt le contraire!
- Je t'ai dit que j'ai eu une très mauvaise influence sur toi. A présent, quand tu désires quelque chose, tu le prends. »
Christine lui sourit. Soudain, un grondement se fit entendre. Elle plaqua machinalement ses mains sur son estomac.
« - Je suis désolée, lui dit-elle.
- Depuis quand n'as-tu pas mangé? Lui demanda-t-il, d'un air protecteur.
- Cela fait bientôt 24 heures, lui avoua-t-elle.
- Tu dois te restaurer avant de partir. Habille-toi. Nous allons aller à la cuisine. Tu pourras prendre une collation. »
Christine acquiesça de la tête mais ne bougea pas.
« - Peux-tu me rendre mon masque, à présent? Lui demanda-t-il.
- Pourquoi vouloir te cacher? Tu peux être toi-même avec moi. Je n'ai pas peur de toi, réaffirma-t-elle.
- Ce n'est pas à cause de toi. Mais si nous croisons Mme Giry ou Meg, j'ai peur qu'elles ne soient pas aussi habituées que toi à mon faciès. De plus, j'ai tellement l'habitude de le porter qu'il fait partie de moi, comme une seconde peau. Sans lui, je me sens vulnérable et nu. »
Christine ne put s'empêcher de rire.
« Mais, mon amour, tu es nu! Dit-elle, avant de l'embrasser passionnément. »
oOoOoOoOoOoO
Une fois habillés, ils descendirent l'escalier et Erik mena Christine vers la cuisine. Elle était apeurée car elle venait d'entendre les voix de Meg et de sa mère. Elle aurait préféré s'en aller.
« - Erik, je ferai mieux de partir maintenant. Je ne veux pas qu'elles me voient...
- Tu as le droit de manger. Tu es chez moi. Viens. »
Il serra plus fortement sa main qu'il tenait, puis, la précédant, il entra dans la cuisine.
« Erik? Que fais-tu... »
Mme Giry ne put terminer sa phrase. Elle resta sans voix, à la vue de Christine, qui restait dans l'entrebâillement de la porte. Meg, qui épluchait des pommes de terre, lâcha son couteau, qui tomba à terre.
« Christine a faim. Peux-tu lui donner quelque chose à manger, Marie? Demanda Erik, de façon toute naturelle. »
Mme Giry hocha la tâte, ne pouvant détaché son regard stupéfait de Christine.
« - Viens, dit Erik à l'attention de celle-ci.
- Bonjour, Mme Giry. Bonjour, Meg, dit-elle timidement. »
Erik lui tendit une chaise et Christine s'attabla. Marie apporta de l'eau, du pain, un morceau de fromage et une pomme. Meg restait stoïque et n'esquissait aucun mouvement.
« - N'aurais-tu pas autre chose de plus convenable à lui donner? Ce n'est pas ma prisonnière, tout de même! S'indigna Erik.
- Et qu'est-elle, alors? Répondit Meg, avec provocation, les poings sur les hanches.
- Cela ne te regarde pas, Marguerite! Lui lança froidement Erik.
-Le dîner sera prêt dans une heure. Si Christine veut un repas chaud, elle devra attendre, dit doucement Mme Giry, pour s'interposer entre Erik et sa fille.
- Tu ne peux pas la traiter, comme une invitée, que l'on convierait à un repas, Mère, s'énerva Meg. Si elle a faim, elle n'a qu'à prendre ce que tu lui donnes. Nous ne sommes pas ses domestiques!
- Non, mais tu es dans ma maison, alors si ce que je te demande ou que les personnes qui m'accompagnent ne te plaisent pas, tu n'as rien à faire ici! Hurla Erik. »
Christine trembla sur sa chaise. Elle ne voulait pas être un sujet de dispute mais elle n'osait s'interposer. La tension dans l'air était presque palpable.
« - Depuis combien de temps est-elle ici? S'insurgea Meg. Depuis combien de temps vient-elle te voir?
- Je n'ai pas de compte à te rendre et Christine non plus!
- Je suis... ta soeur et nous vivons sous le même toit, depuis dix ans! Mère et moi, nous avons le droit de savoir ce qu'elle vient faire ici! Maintenant que le vicomte ne veut plus d'elle, elle vient quémander ton affection, n'est-ce pas? C'est pour cela que tu as repris la musique? C'est pour cela que tu as tellement changé, depuis un mois? Parce que cette catin te fait les yeux doux! »
En une seconde de temps, Erik avait bondi sur le couteau, qui traînait à terre et le pointa sur la gorge de Meg. Prise de panique, Christine s'était levée et dans son geste, fit tomber sa chaise. Mme Giry traversa la pièce et agrippa l'épaule d'Erik.
« Erik, non! Je t'en supplie! Implora Marie. »
Meg, instinctivement, avait levé ses mains à hauteur de son visage.
« Inutile de lever ton poing à hauteur des yeux, Meg. Un couteau est plus dangereux qu'une simple corde! Va-t'en hors de ma vue ou je ne réponds plus de moi! Christine et moi, nous nous aimons et personne ne pourra s'interposer entre nous. Pas même toi! »
Christine était effrayée. Elle avait oublié, depuis un mois, le passé d'Erik et à quel point il pouvait s'emporter brutalement. Ici, dans cette cuisine, il était redevenu le sanguinaire Fantôme de l'Opéra et elle se sentait impuissante face à cette colère meurtrière.
Meg baissa ses mains. Elle était livide et semblait essayer de refouler ses larmes. Sans un mot, elle quitta la pièce, Mme Giry sur ses talons.
Erik se tourna alors vers Christine, le couteau encore dans la main. Christine, elle aussi, était blafarde et tremblait, comme une feuille en plein vent. Elle fixait intensément le couteau. Erik s'en aperçut et le lâcha immédiatement.
« Je suis désolé... Excuse-moi... »
Il s'approcha doucement d'elle. Malgré un léger geste de recul, elle se laissa prendre dans ses bras et elle se mit à sangloter.
« Cela ne se reproduira plus. Je te le promets... »
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