Chapitre 24: La fin d'une vie...
« Christine! Cria Mme Giry ».
Elle avait bien entendu les coups frappés à la porte mais rien ne la fit plus saisir que la vue de son ancienne protégée, allongée sur le sol, inerte. Meg accourut, dans le salon, suite au cri de sa mère.
« - Que se passe-t-il? Demanda-t-elle, lorsqu'elle découvrit, à son tour, le corps de Christine.
- Je ne sais pas, répondit sa mère. »
Elles la soulevèrent, ensemble, pour l'amener dans la pièce.
Que ne fut pas leur stupeur, lorsqu'elles découvrirent que la robe de Christine était maculée de sang...
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Christine s'éveilla, à nouveau, sous la force des spasmes qui lui contractaient le ventre. Elle pensait avoir fait un cauchemar horrible mais la douleur lui rappela très vite que tout n'avait été que réalité.
« Christine!... Christine! »
C'était une voix de femme. Elle connaissait cette voix mais elle était incapable de dire à qui elle appartenait.
« Pourquoi ne se réveille-t-elle pas? »
Cette voix d'homme, cette voix de ténor, celle-ci, elle la reconnaissait. Mais elle semblait si lointaine, comme dans ces rêves qu'elle faisait autrefois.
« Ange de la Musique... dit-elle dans un souffle faible. »
Pourquoi n'arrivait-elle pas à ouvrir les yeux?
« Elle délire. Ce doit être la fièvre. »
Une autre voix de femme.
Ne pouvait-elle pas la laisser tranquille? Elle ne voulait que la voix de son Ange.
« - Erik, tu devrais sortir, ce n'est pas ta place de rester ici, dit la première voix de femme.
- Ma place est là où elle se trouve. Elle a besoin de moi.
- Elle a surtout besoin d'un médecin, répliqua la seconde voix de femme.
- Nous n'en avons pas besoin. Nous nous débrouillerons sans.
- Erik, elle est faible. Elle devrait avoir besoin de soin. Elle a perdu déjà beaucoup de sang.
- Meg, tais-toi! Hurla l'Ange. »
Christine ne voulait pas entendre de dispute.
Pourquoi se disputait-on toujours à cause d'elle? Parce qu'apparemment, c'était bien d'elle qu'on parlait.
« Je vais bien, murmura Christine. »
Elle entendit quelqu'un crier. Pourquoi criait-on?
« Non, Christine, tu ne vas pas bien. S'il te plaît, ouvre les yeux! »
C'était donc elle qui avait crié? Elle ne s'en était pas aperçu. Elle sentit des mains qui lui tenaient les épaules. Ses mains la secouaient doucement.
Mon Dieu! Pourquoi avait-elle aussi mal?
« Réveille-toi! Réveille-toi! Implorait son Ange. »
Erik, oui, c'est comme cela qu'il s'appelait. Elle s'efforça d'ouvrir les paupières. Elle plissa les yeux, malgré le peu de lumière qui éclairait la pièce. Elle se trouvait dans un lit, un lit à baldaquin.
« - Erik? Demanda-t-elle.
- Je suis là, je suis là près de toi... »
Jamais elle ne l'avait vu si terrorisé. Jamais il n'avait eu peur de quoi que ce soit.
« - Qu'y a-t-il? L'interrogea-t-elle. Pourquoi ai-je si mal?
- Christine?
- Mme Giry?
- Oui, c'est moi, mon enfant. S'il te plaît, concentre-toi. Depuis quand étais-tu enceinte? »
Tout à coup, Christine fut complètement éveillée.
Comment Mme Giry savait-elle qu'elle était enceinte?
« - Cela fait bientôt 4 mois, Marie, répondit Erik, à la place de Christine.
- Erik, comment le sais-tu? Demanda Christine, interloquée.
- Tu n'as jamais su me cacher quoi que ce soit. Je suis peut-être un homme mais je me suis instruit sur le mode de fonctionnement des femmes. Tu n'as pas eu de saignements, depuis le mois de juin.
- Erik! Cria Meg, choquée. »
Ce dernier ne releva pas. Mme Giry et Erik se fixaient dans les yeux. Leur discussion muette dura quelques secondes.
« - Que se passe-t-il? Implora Christine, prise d'une nouvelle crise.
- Tu es en train de faire une fausse-couche, lui répondit Mme Giry. Tu es occupée de perdre ton bébé.
- Non! Non! Non! Hurla-t-elle, en essayant de se relever. »
Lorsqu'elle se redressa, elle découvrit le linge tâché de sang. Une bassine d'eau bouillante, à ses côtés, était également teinte en rouge.
« Je ne peux pas le perdre! Non! »
Elle était hystérique. Pourquoi cela lui arrivait-il?
Elle avait été si heureuse. Erik allait être père. Ils allaient vivre ensemble, peut-être. Raoul la comprendrait. Il ne pouvait en être autrement.
Pourquoi cette vie s'échappait-elle de son corps?
« Je peux encore le garder! Je peux encore le garder! Répétait-elle. »
Elle s'était mise à pleurer à chaudes larmes.
« - Christine! Lui dit Mme Giry, en lui prenant les poignets. C'est trop tard! Tu ne peux plus rien. Il faut que tu termines de pousser.
- Non! Erik, pardonne-moi! Pardonne-moi! »
Ce dernier était assis au bord du lit. Sa face valide était terrifiée.
« - Fait ce que Marie te demande, lui répondit-il.
- Pardonne-moi, répéta-t-elle.
- C'est mieux ainsi, Christine. Il n'aurait pu en être autrement. Je n'aurai pu supporter que tu engendres un monstre, comme moi.
- Mais je t'aime! Je l'aurai aimé autant que toi! Peu importe si les autres ne comprennent pas. »
Meg se tenait au pied du lit et serrait le montant du baldaquin dans ses mains. Elle était livide et des larmes coulaient, à présent, le long de ses joues.
« Meg? Demanda Mme Giry. Il faut que tu m'aides à soutenir Christine. Il faut qu'elle termine d'expulser le bébé. Elle a déjà perdu trop de sang. Elle ne peut plus attendre. »
Meg tremblait, maintenant. Elle était dans un état second.
« Je suis désolée, je suis désolée, répétait-elle. Excuse-moi, Christine! »
Meg sortit de la chambre, le plus vite possible. Mme Giry voulut suivre sa fille mais Erik l'en empêcha.
« Non, Marie. Reste ici. Il faut s'occuper de Christine d'abord. »
Marie opina de la tête.
« Allez, Christine, dit-elle. Dès que tu sens une contraction venir, pousse! »
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Christine se sentait fatiguée, si fatiguée. Au loin, quelque chose l'attirait, cependant. Une mélodie. Quelqu'un jouait du piano. Une musique douce mais mélancolique et triste. Une musique envoûtante, pourtant. Il n'y avait qu'une personne capable de jouer de cette façon.
« Erik? Dit-elle d'une voix faible. »
Elle ouvrit légèrement les yeux. Elle se trouvait toujours chez lui, dans sa chambre.
« - Je suis là, lui répondit-il, en venant s'asseoir au bord du lit.
- Depuis quand suis-je ici?
- Cela fait près de douze heures que tu es inconsciente.
- Le bébé?
- C'est terminé, Christine. C'est terminé.
- Non, gémit-elle »
Elle se rappelait maintenant. Sous l'insistance de Mme Giry et d'Erik, elle avait poussé. Le foetus expulsé, Mme Giry s'était dépêchée de le prendre, dans les linges souillés et elle avait tout jeté au feu. Christine avait hurlé à pleins poumons, alors qu'Erik l'avait maintenue fermement allongée sur le matelas pour qu'elle ne soit pas témoin de la scène. Elle s'était évanouie, tout de suite après.
« - Pourquoi ne voulais-tu pas de cet enfant? Lui demanda-t-elle, se souvenant de ses paroles.
- Tu sais que ma déformation est une maladie. Personne ne sait si elle est héréditaire ou non. Tout ceci était loin de m'inquiéter. J'ai toujours su que jamais je n'aurai d'enfants. Comment aurait-il pu en être autrement? Mais, voilà que tu es arrivée dans ma vie, que tu m'as aimée, comme si j'étais un homme normal. J'espérais, au fond de moi, que notre union serait stérile. J'étais persuadé qu'elle le resterait...
- Pourquoi ne pas m'avoir dit que tu le savais?
- C'était à toi de me le dire. J'attendais que tu me le confies, depuis plusieurs semaines déjà.
- Qu'aurais-tu fait, si je te l'avais dit avant?
- J'aurais discuté avec toi de la meilleure option possible.
- Tu n'aurais pas voulu que je le garde?
- J'aurais tout fait pour t'en dissuader. Quelle vie cet enfant aurait-il eu? Quelle vie aurais-tu eu? De Chagny t'aurait tué, si il avait appris ta grossesse. Il t'aurait répudié ou chassé de chez lui, dans le meilleur des cas. Même si il n'aurait rien dit, comment aurait-il réagi en découvrant que tu as mis au monde un enfant difforme ou défiguré? Je ne veux pas qu'un enfant vive ce que j'ai subi. Jamais.
- Tu ne veux donc pas une vie normale avec moi? Être père?
- Il est inconcevable que je te laisse tout abandonner pour vivre avec moi. Imagine-toi: quelle stabilité aurais-tu? Vivre cachés éternellement ou quitter Paris? Mais pour aller où? Pour un monstre et un enfant qui ne vaudrait pas mieux que son père!
- Je t'interdis de dire cela!
- Je ne dis que la vérité, Christine! Il n'y a rien d'idyllique dans ce tableau. Pourquoi vouloir cela alors que tu as déjà un fils en pleine santé? Un mari beau et au visage sain qui n'attend qu'un signe de toi pour revenir? »
Christine resta muette. Elle n'avait pas la force d'argumenter. Sa tête lui tournait.
« Je ne me sens pas bien, finit-elle par dire. »
Elle retomba, inerte, sur son oreiller.
« - Erik? S'est-elle réveillée? Demanda Mme Giry, qui venait d'entrer avec une bassine d'eau froide dans les mains.
- Oui, mais elle s'est de nouveau évanouie. »
Mme Giry avait une mine contrariée. Son front était plissé et son visage soucieux.
« Peux-tu me permettre de te parler franchement? Lui demanda-t-elle, alors qu'elle déposait sur le front de Christine, un linge humide. »
Erik hocha la tête, les yeux rivés sur la jeune femme qui reposait sur son lit.
« - Je connais les symptômes d'une fausse-couche. J'étais enceinte quand James est mort. Sous le choc de l'annonce de son décès, j'ai perdu l'enfant que je portais. Les signes que Christine présente ne sont pas normaux, Erik. Elle s'affaiblit d'heure en heure et elle continue à perdre énormément de sang.
- Que veux-tu dire?
- Que ce n'est pas un avortement naturel mais provoqué par autre chose. Je penserai que tu aurais pu me dire par quoi il a été déclenché.
- Qu'insinues-tu?
- Ne te fâche pas, je t'en pris. Je connais ta façon d'agir et, comme tu ne voulais pas que Christine ait d'enfant, j'aurais cru que tu allais forcé le destin. Voilà tout. »
Erik, sans un mot, sortit brutalement de la pièce et claqua la porte derrière lui.
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Il faisait nuit, à New-York, lorsque l'on frappa à la porte de la maison que louait le vicomte de Chagny. Ce dernier fut tiré de son sommeil par un domestique. Un télégramme express lui était destiné. Raoul se leva en maugréant.
Qui avait l'idée de lui envoyer un message en plein milieu de la nuit?
Il remercia, quand même, le porteur du télégramme en lui donnant quelques cents.
A sa lecture, le vicomte mit toute la maisonnée sans dessus-dessous.
« Retournez immédiatement à Paris. Stop. Christine se meurt. Stop. »
Je sais que beaucoup d'entre vous vont vouloir me lancer des pierres! Mais ne le faites pas, de nombreux rebondissements vous attendent dans les prochains chapitres. Je sais que vous voulez tous que Christine et Erik soient heureux mais ce n'est pas le monde des Bisounours! (à moins que l'on en fasse une version Disney ;D) L'histoire est dans la catégorie Romance et drame, quand même...
Si vous avez des commentaires ou des questions, n'hésitez pas à me les poser, je vous répondrai avec plaisir!
Merci à toi Tmara pour ta review!
Merci à toi Katelleva: Une review à chaque chapitre, c'est vraiment très cool et ça fait vraiment plaisir! Pour répondre à ta question: non je n'ai jamais lu le Fantôme de Manhattan et encore moins le Fantôme de l'Opéra. Je sais: honte sur moi! Mais vois-tu je voulais vraiment me baser sur le Fantôme d'Andrew Lloyd Weber et sa vision d'Erik et de Christine. Je ne voulais vraiment pas mélanger toutes les versions de l'histoire comme certains le font. Ainsi ma fic ne se base que sur la comédie musicale et le film et je trouve que je peux donner assez d'ampleur aux personnages de Sir ALW. En plus, j'avais écrit déjà cette fic sans savoir que Love Never Dies existait et sans lire les sequelles d'autres Phanfics pour ne pas être influencée. Je te rassure aussi, l'histoire est déjà complètement écrite, depuis un moment, donc il est hors de question que je l'abandonne! Je posterai tous les chapitres, promis! Peut-être qu'une fois que j'aurai lu Leroux une autre fic verra le jour, qui sait?
P.S.: Je cherche quelqu'un qui pourrait traduire cette fic en anglais. Il y aurait des volontaires? Contactez-moi sur mon profil! Merci d'avance.
