Bonsoir à toutes... Navrée pour l'attente, j'ai eu un léger contretemps (à savoir un travail à mi-temps assimilable à celui qu'on a filé à la folle du Diable s'habille en Prada. avec la même patronne, kiffe kiffe...). La suite comme promis. Encore merci pour vos encouragements, c'est toujours très apprécié. :)
Merci beaucoup.
Bisous à Kiko et inci, les filles je pense bien à vous.
ENJOYYYYY (ou pas. Mwaaahaaahaaa...)
OoO
« Faut dire que c'est un coup dur pour lui… »
« J'ai entendu dire qu'il s'est brouillé avec le Ministre en personne. Vous vous rendez compte ? Mettre une prime sur des héros de guerre. »
« Nous vivons une époque, mes enfants… Une époque, terrible, hein… »
« Quelqu'un veut du café ? Je vais à la machine. »
« Ramène-moi un cappuccino, j'ai besoin de caféine. »
« Moi, jus de citrouille. »
« Déca. »
« Déca ? Tu charies. On va passer les huit prochaines heures à bucher sur nos fugitifs, avec le patron derrière nos culs, à ruminer le pourquoi du comment, et je te fiche mon billet qu'il a pas décoléré de son p'tit entretien avec le Ministre. Franchement, passe à l'expresso, et presto. »
Harry les entendait jacasser, derrière la cloison de son bureau. Les nouvelles l'avaient assommé. Directive expresse du Ministre. Le papier était devant lui, encore frais de la veille, sans plis, dûment signé et daté, paraphé, concis, clair, sans détour.
« M. Potter,
Veuillez lancer un mandat d'arrêt ainsi qu'une prime dont le montant sera évalué à mille gallions nets pour M. et Mme Ronald WEASLEY. Le motif de mise en accusation reste à ma discrétion.
Merci de votre compréhension.
Cordialement,
P. WEASLEY, Ministre de la Magie. »
Percy Weasley avait été élu deux ans plus tôt, et avait jusqu'alors fait montre d'une efficacité redoutable dans ses méthodes afin de parvenir à ses objectifs. Il avait promis une relance économique, une baisse de l'insécurité et une réforme sociale pour les cracmols. Entre autres.
Sa contribution majeure restait l'instauration d'un système de prime contre capture, concernant les affaires liées à cette fameuse « insécurité ». Depuis lors, les aurors et les chasseurs de prime avaient été mis en compétition. Une affaire de statistiques, de chiffres, répertoriés, classés, stockés dans d'étroits bureaux, puis reprochés, une fois par an, au Directeur Général du Bureau des aurors. Les chasseurs de prime s'insinuaient toujours dans des affaires qui n'auraient jamais dû être exposées au public, certains devenaient des taupes très fiables, et suppléaient les détectives privés, espèce sociale en voie d'extinction.
Il y en avait toujours un pour s'interposer et fourrer son nez dans les enquêtes menées par les aurors. Leur déontologie était des plus discutables et ces procédés mettaient les aurors en porte-à-faux vis-à-vis de la population magique.
Les aurors n'étaient plus que les ombres de leur grandeur passée. Ils n'étaient plus que des fonctionnaires auxquels on reprochait leur inutilité croissante face à ces justiciers aux allures de cow boys, effrontés, anarchiques, brutaux et fouineurs, idiots, oui, idiots. De sombres idiots.
Pas de maîtrise du danger, aucune règle, sinon celle de l'argent. Ils capturaient des fugitifs pour de l'argent, et non pour la veuve ou l'orphelin. Pour leur fichu whisky. Idiots.
Plus condamnable qu'eux était Percy Weasley et les membres de son cabinet. Ils ne se rendaient pas compte de l'énorme préjudice porté à la communauté… Permettre à de simples citoyens de se charger de questions de sécurité publique, sans réglementation, sans formation ni assermentation, les charger des mêmes missions qu'on plaçait sur les épaules des forces de l'ordre… C'était grave, très gr…
« MONSIEUR POTTER, J'AI MOLLY WEASLEY SURLE HIBOU 45 ! »
La secrétaire intérimaire avait fait irruption dans la pièce, beuglé l'information sans ménagement, et attendait à présent qu'une réponse lui parvienne. Harry soupira, et d'un signe de tête, l'autorisa à faire entrer le hibou 45.
Elle eut un sourire suave, et se retira pour laisser entrer un hibou rabougri et paniqué. Harry l'attrapa au vol pour détacher la missive de Molly en tremblant.
« Mon cher Harry,
Ronald m'a demandé de te faire parvenir une lettre, mais je crains que Percy ne surveille ton courrier de très près. Je l'ai laissée dans un endroit sûr, à une personne sûre.
Arthur me dit que les moldus sont férus des classiques de leur littérature pour enfants.
Bien à toi,
Molly. »
Ses yeux suivaient l'espace vide de la lettre, abandonnés à la réflexion. Molly faisait mention d'une référence littéraire moldue. Domaine que très peu de sorciers maîtrisaient dans l'entourage du Ministre.
Elle lui donnait du temps, puisqu'ils avaient probablement intercepté le hibou, lui laissait un avantage considérable…
« MONSIEUR POTTER, J'AI FAIT DU CAFE POUR V… »
La secrétaire intérimaire avait beuglé, sa voix haussée dans les aigus avec une nette intention de séduction, un café à la main, la bouche en cœur, le visage enjôleur délicatement passé dans l'entrebâillement de la porte.
Elle fut renversée par un Directeur pris d'une idée fixe, lancé en trombe vers le couloir. Son petit chemisier fut maculé de café brûlant. Elle poussa un hurlement hystérique auquel il ne prêta pas attention. Il était déjà en route vers le domicile des fugitifs, M. et Mme Weasley Ronald, qui comportait une bibliothèque, en toute logique. Avec des ouvrages moldus, selon toute vraisemblance.
oOo
« Suckfire, j'ai vendu mes bottes pour pouvoir entrer, alors magne ! »
Me voilà sur mon pallier, en chaussettes, à tambouriner contre ma propre porte.
« On dit « s'il te plaît », quand on a le sang bleu ! » Entends-je de l'autre côté.
Non mais je rêve. J'ai pas le sang bleu. Il est rouge.
« MAGNE ! »
« Un peu de politesse ne peut pas te nuire, Malfoy. »
« Suckfire, tu commences à me courir sur le haricot. MAGNE TOI D'OUVRIR ! »
Silence. Tiens, ça j'aurais jamais parié. Mauvais. Très mauvais.
« Steuplaît. »
« Plaît-il ? »
« Laisse-moi entrer, suppôt de l'Enfer… S'il te plaît. »
La porte s' ouvre. Ben voyons. Mais avant que je n'aie pu rentrer ne serait-ce qu'un centimètre de chaussette dans l'appartement, une main sort de l'entrebâillement et me tend une lettre.
« Ton courrier d'hier. Je l'ai ouvert, il est de Zabini. Tu as du boulot. A ce soir. »
Elle lâche le courrier, qui volette jusqu'au sol, claque la porte sèchement juste sous mon nez, manque de m'assassiner un orteil, et se retranche dans un mutisme d'outre-tombe, ce qui me laisse irrémédiablement bouche-bée .
« Ben voyons. »
N'ayant plus qu'une alternative devant moi, celle de lire mon fichu courrier, je ramasse la lettre et la lis tout en me laissant glisser contre le mur de mon appartement sur le sol.
« Je suis sur une affaire « levrette anale avec rousse ». Retrouve-moi demain midi au 154, Casselby Street. »
« PERVERS ! »
D'après la voix de Suckfire, je devine qu'elle est dans la cuisine. MA cuisine. Naturellement, « levrette » est un nom de code. Et naturellement, quoi de plus naturel pour un homme de ne penser qu'avec des logiques de lubrique dégénéré ? Ainsi, personne ne se doute que mes noms de codes, ceux que j'ai choisi en partenariat avec Blaise, ne concernent en fait aucunement le domaine sexuel. Ils indiquent l'importance d'une affaire selon le montant de la prime, le risque à encourir et le matériel à utiliser. Trop long à expliquer. Je tiens à souligner que jamais je ne partagerai de levrette anale sur rousse avec Blaise.
Mes chaussettes se tortillent devant moi. J'ai encore approximativement deux heures, et douze minutes avant le rendez-vous. Je vais me prendre une bière chez Oz.
OoO
