« Commodore ! Commodore, répondez-moi, je vous en prie ! »

Voilà quatre jours qu'Emy n'était pas retournée à la vieille grange. Après leur dispute, elle avait pris de la distance pour réfléchir. Elle s'en voulait d'avoir agi ainsi. Et maintenant qu'elle le cherchait partout pour s'excuser, Norrington restait introuvable. Elle avait regardé dans la bâtisse, il n'y était pas. Il ne restait plus qu'un endroit : la source. Et puis, il restait muet à ses appels. Peut-être ne les entendaient-ils pas. A chaque pas qui la rapprochait des roches, elle avait un peu plus peur. Lui avait-il pardonné ? Et s'il avait fait des choses inconsidérées ? Il était déjà mort, mais il restait des dizaines de choses à faire pour disparaître complètement. A cette pensée, son cœur eut des ratés.

Elle le trouva, le regard vide, adossé à un palmier. Immobile, il ne releva pas la tête à l'apparition d'Emy. Elle s'accroupit près de lui.

« Je suis revenue commodore. Je tient à m'excuser pour la dernière fois. Si vous ne pouvez ou ne voulez pas oublier Elizabeth et bien… je respecte votre décision.

Il se redressa brusquement. Emy sursauta, et bondissant sur ses jambes, recula de quelques pas. Il la fixa un instant, une lueur dans le regard. Puis, soudainement son visage se rembrunit.

- Vous n'êtes pas Emy. Vous n'êtes qu'une hallucination due à ma folie.

- Mais non, je vous assure que c'est bien moi.

Il secoua négativement la tête.

- La vraie Emy est retournée sur le Hollandais Volant. Je l'ai vu de mes propres yeux.

Emy leva les yeux au ciel d'exaspération. Elle ne pourrait lui faire entendre raison par les mots. Elle réfléchit donc aux possibilité qui s'offraient à elle. Elles n'étaient pas nombreuses. Elle finit par s'arrêter sur un choix dont elle n'était pas fière tant cela la … la répugnait… ou au contraire l'attirait ? Elle ne savait pas vraiment.

- Dans ce cas, croyez-vous que même dans vos rêves les plus fous, une hallucination puisse faire cela ? »

Elle le regarda avec un air de défi. Et elle commença. Tout d'abord son nœud de cravate, la veste bleue, sa chemise… Chacun des éléments de son uniforme allèrent au sol. Jusqu'à ce qu'elle soit complètement nue, masquant juste de ses mains les parties les plus féminines de son corps. De son côté, James la détaillait dans ses moindres détails. Il avait honte de procéder ainsi mais la blancheur de sa peau, ses courbes parfaites lui faisait perdre la notion des convenances. Il s'approcha et serra la jeune femme dans ses bras. Emy sourit. Elle avait réussi.

De se sentir si près de ce corps dénudé fit naître en Norrington en afflux sanguin qu'il n'aurait jamais voulu voir s'arrêter là où il s'arrêta. Emy s'en aperçu mais ne dit rien. Sa réaction été humaine. Non. Masculine. Cependant, elle choisit d'ironiser.

« Et ne prétendez pas que cela ne vous plaît pas, car je ne vous croirais pas !

Le commodore pesta entre ses dents. Ce qu'il pouvait détester ne pas avoir le contrôle de toutes les parties de son anatomie.

- Nous devrions rentrer. Vous risquez de prendre froid dans cette... tenue.

- Quelle tenue ? lui demanda Emy en riant.

Il trouva à son rire quelque chose de cristallin.

Elle se retira doucement de son étreinte et regarda d'un air désolé son uniforme qui avait terminé dans la source. Le commodore le vit et lui tendit sa veste. Elle s'en drapa, humant l'odeur de laquelle elle avait finie par s'imprégner. Une odeur où se mêlait le musc et l'ambre. Elle récupéra ensuite ses vêtements détrempés. Emy s'apprêta ensuite à faire route vers leur lieu de résidence lorsque quelque chose ou plutôt quelqu'un la retint par la taille. Elle se retourna pour sentir les lèvres du commodore se poser sur les siennes avec douceur. Elle glissa sa langue dans sa bouche, il en fit de même et il s'ensuivit un baiser passionné. Puis, ils s'éloignèrent l'un de l'autre pour respirer, cependant à regret. James prit la jeune femme dans ses bras et la porta ainsi jusqu'à la grange.