James serrait Emy dans ses bras. Elle s'amusait à entremêler ses doigts aux siens. Après avoir mis un acte physique sur le mot « aimer », Emy s'était blotti entre ses bras puissants. Des larmes de joie avait coulé le long de ses joues. Cependant, une question taraudait le commodore.

« Dis-moi… Tu n'as jamais été sous les drapeaux, n'est-ce pas ?

- C'est vrai.

- Racontes-moi ta vraie histoire, s'il te plaît.

Elle inclina la tête et la releva.

- Sache que tout ce que je t'ai raconté jusqu'à ce que le maître couturier m'ai recueilli es vrai. La suite est fausse. En réalité, je suis douée pour la couture. Mon père adoptif m'en a inculqué les bases. Lorsque je fus en âge de travailler, je me suis fait engagé en tant que domestique chez le gouverneur. C'est là que je vous ai rencontré. Lorsque vous veniez lui rendre visite, je m'arrangeais toujours pour faire partie de celles qui apporteront les plats du dîner. Juste pour vous voir. Je ne vous connaissez que de nom mais pourtant vous obsédiez mes pensées. Je savais bien que jamais vous ne me remarqueriez puisque je ne faisais nullement partie de l'aristocratie.

Emy fit une légère pause. Elle avait inconsciemment repris le vouvoiement.

- Un jour, deux soldats sont revenus à Port Royal. Ils ont annoncé votre mort. J'était toujours domestique, mais plus chez le gouverneur. D'ailleurs, je me demande comment il va…

- Il est mort.

Le ton de Norrington était grave et elle sut qu'il ne mentait pas.

- Je m'y attendais un peu, souffla-t-elle. Enfin, je travaillais à présent chez le maître d'armes de la ville. Alors que je leur servait le dîner, à lui et à un de ses amis qu'il avait reçu ce jour-là, ils évoquèrent votre mort. J'était anéantie. Ah, j'ai oublié de vous dire qu'entre deux, le capitaine Alexander avait fait réparer une pièce de son uniforme chez mon père et dès qu'il m'a vu, a commencé à me faire les yeux doux. Il disait sans cesse qu'une belle femme telle que moi méritait mieux qu'un travail de domestique. Jusqu'au jour où il m'a demandé en mariage. Les travaux de mon père étant réputés pour leur qualité, il avait une certaine popularité et m'épouser ne semblait pas le déranger.

Emy reprit sa respiration.

- C'est à partir de ce moment là que j'ai prié la déesse des mers pour votre retour. Je me suis dit que si cela marchait, vous chercheriez surement à savoir qui vous avez rendu la vie et que nous aurions pu nous connaître. Mais mon père insistait pour que j'accepte la demande du capitaine. Cela faisait une semaine que je me saignais pour vous. Il m'avait invitée sur son navire. Je m'étais résolue à accepter sa demande. En cadeau de mariage, je lui avait demandé un voyage sur son bâtiment. Il accepta. Il devait se rendre à Tortuga. Sauf que lors d'une halte dans un port, des brigands sont montés à bord et ont décimés les trois quart de l'équipage. Je fus l'une de leur victime.

Elle se lova un peu plus contre le commodore.

- Mais… et l'uniforme ? Et vos talents à l'épée ?

- Ah oui. L'épée, c'est mon demi-frère qui me l'a appris, comme je vous l'avais expliqué auparavant. L'uniforme, c'est du à un malheureux concours de circonstance. J'étais sur le pont de l'Invincible, et il avait plut la veille donc celui-ci était glissant. J'ai évidemment glissé, sauf que ma robe s'étais rattachée à un crochet qui dépassait du bois. Dans ma chute, elle s'est déchirée dans toute sa longueur. Il a donc fallu me trouver des vêtements de rechange et le capitaine n'avait que cet ancien uniforme à lui qui était à ma taille. »

Elle sourit en ce souvenant de cette histoire.

James embrassa le sommet de son crâne. Emy noua ses mains derrière son cou et planta le bout de ses doigts dans la chevelure brune de celui-ci. Il ne portait plus sa perruque, même s'il en prenait grand soin, et attachait donc ses long cheveux bruns en un nœud grossier. Ils s'embrassèrent. Soudain, un bruit les fit sursauter. Ils s'habillèrent en toute hâte et sortirent de la bâtisse. Au loin, sur la mer, reposait un navire. Ils descendirent vers la plage et croisèrent Jack Sparrow. Norrington écarquilla les yeux en le voyant et Emy resta impassible.

« Que faites-vous ici, Sparrow ? lui demanda-t-il sèchement.

- Ca-pi-tai-ne Sparrow, répliqua-t-il, séparant nettement les syllabes de son titre.

- Qu'importe! Répondez à ma question.

- Cette chère Calypso m'a dit que je trouverais de l'aide sur cette plage… mais si c'est visiblement ça qu'elle appelle de l'aide… je suis déçu…

- De l'aide pour quoi ?

- Pour retrouver mon cher Black Pearl puisque ce chien de Barbossa est encore parti avec …

- Hors de question, cracha Norrington.

- James, enfin… le morigéna Emy.

Jack dévisagea la jeune femme et il remarqua les regards qu'ils se lançaient.

- Je voie que tu n'as pas perdu ton temps, Jamesy.

Emy le fusilla du regard, le feu renaissant dans son regard.

- Taisez-vous! Si vous n'étiez pas rentrez dans sa vie, il ne serrait pas la aujourd'hui ! Nous allons vous aidez, mais après… disparaissez de sa vie, d'accord ?

- D'accord, murmura Jack, surpris par la vivacité des ses paroles et du feu de son regard.

- Mais…

- Ne t'inquiète pas. Une fois qu'il aura son foutu bateau, nous on retournera sur l'île et nous aurons l'éternité. Ca te va ?

Il opina.

- Dans ce cas, en route ! marmonna Jack, n'osant hausser le ton à cause de la présence déconcertante de la jeune femme. »

Il se mit en marche suivit de James et Emy, main dans la main.

Emy avait raison. Après, ils auraient l'éternité.