Disclaimer: Les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si!

Couple: Harry / Draco.

Evaluation: M.

Salut les jeunes !

Lys : Coucou :).

Aujourd'hui, nous sommes le 20 juin 2010 ! Et comme certains le savent, c'est le jour de mon anniversaire !

Lys : En effet, Didi Gemini fête aujourd'hui ses 19 ans ! Elle devient vieille Oo.

… Merci.

Lys : Je t'en prie :).

Donc, pour l'occasion, j'ai décidé de poster non pas un, mais deux chapitres !

Lys : Un chapitre d'Existence et un autre de Papillon, pour ceux qui lisent cette histoire !

C'est mon anniversaire et c'est moi qui fais les cadeaux… Non mais je te jure, ou va le monde…

Lys : XD Nous dédions ces deux chapitres tout spécialement aux pauvres lycéens qui passent leur bac actuellement.

Pour info, j'ai obtenu ma première année en licence d'histoire !

Lys : … Nan mais on s'en fout, on parle pas de toi mais des bacheliers è.é !

… T_T

Lys : Nous espérons que cette suite vous plaira.

:-)

Bonne lecture !


Chapitre 2

Les lendemains de soirée étaient toujours difficiles. Draco avait beau engloutir de la potion anti-gueule-de-bois, passer sous la douche froide et boire du café, il avait souvent du mal à émerger. Enfin, physiquement, il était correct : rien ne laissait entendre qu'il avait passé la nuit à faire la fête. Mais dans sa tête, c'était un tout autre combat.

On ne pouvait pas dire qu'il y était allé de main morte, en même temps. C'était tout juste s'il avait dansé, s'étant placé au bar, sur un siège surélevé, afin de boire tout à son aise. Le prix des verres était peu élevé et, magiquement, ils étaient comptabilisés, de façon à ce que la note soit faite à la fin du mois. Cela permettait au client de ne pas s'embarrasser avec de l'argent, mais d'un autre côté, la plupart n'avait pas réellement conscience du nombre de consommations et la note était souvent salée. C'était notamment le cas pour Draco qui avait tendance à se laisser aller les soirs où il venait dans la boite de nuit, et il était suffisamment galant pour ne pas faire payer ses partenaires. Et vu que Harry buvait autant que lui…

Son visage s'assombrit. Harry. Harry Potter. Il avait encore dansé avec lui. Cela faisait bien deux semaines qu'il ne dansait qu'avec lui, dans la boîte de nuit. Draco l'avait rencontré par trois fois, et lors de ces soirs-là, ils dansaient ensemble toute la nuit, se reposant quelques instants pour boire quelques verres puis repartir sur la piste. Potter le suivait à chaque fois, et sans échanger un mot avec lui.

A la réflexion, ils n'avaient jamais parlé, là-bas. La seule fois où ils avaient échangé quelques mots, c'était quand Potter lui avait avoué ne pas savoir danser. Puis, il n'y avait plus rien eu. Draco agissait et Potter suivait, demeurant contre lui, sans jamais le lâcher. Draco aurait pu trouver cette attitude exaspérante s'il ne l'avait pas trouvée naturelle. En effet, le brun n'adoptait aucune résistance et, quand ils dansaient, il arrivait à s'adapter à ses mouvements, tantôt sages, tantôt sensuels. Ses yeux verts s'accrochaient aux siens, ses joues rougissaient quand il était trop tentateur… un peu comme si Draco avait trouvé son double, malgré les maladresses de son partenaire et sa gêne apparente.

Et c'était peut-être dû au fait que Harry recherchait la même chose que lui : l'oubli. Une nuit où il pouvait oublier qui il était, et danser avec son pire ennemi d'école. Quelle ironie… ils avaient passé leur temps à se taper dessus, à Poudlard, et ils se retrouvaient maintenant à danser ensemble dans une boîte de nuit sorcière et gay. Et le pire dans cette histoire, c'était qu'aucun des deux ne semblait prêt à aller voir ailleurs. Quand Draco arrivait et qu'il voyait Potter, ce dernier le regardait intensément, comme s'il lui parlait avec ses yeux verts : emmène-moi danser. Et le blond n'avait pas envie de chercher quelqu'un d'autre. Il aimait le silence de Potter, sa façon de rester près de lui et de siroter un verre sans rechigner, sans montrer de signe d'agacement. Ses précédents partenaires n'aimaient pas cette manie qu'il avait de s'enivrer ainsi et de retourner se déhancher après, se transformant alors en un être de luxure.

Sauf que Potter, quand il en faisait de même, devenait lui aussi un être de désir…

Draco poussa un grognement plaintif. Il n'arrêtait pas de penser à ce fichu Survivant, à ses yeux et à son corps. Il n'était pas mal, autant l'avouer. Son travail d'auror avait fait mûrir son corps de gringalet. Ses vêtements lui allaient bien et épousaient les formes de son corps. Il avait aussi un joli visage. En somme, il était attirant, et jamais il n'avait vu cette peste de Potter comme quelqu'un d'attirant. Ni même quelqu'un de sexué. Il y avait des gens, comme ça, qui ne pouvaient pas avoir de sexe ou de vie sexuelle, c'était tout simplement inimaginable. C'était comme imaginer Rogue, Granger ou encore Lovegood avec une vie sexuelle, ce n'était pas possible. Potter, c'était pareil.

Et pourtant, il était désirable.

Du moins assez pour que Draco, malgré ce fait, retourne régulièrement à la boîte de nuit. Cette fois-ci, Potter n'y était pas. Draco était allé danser et s'était fait aborder. Mais aucun homme n'avait éveillé sa curiosité et il avait passé la fin de la soirée à boire, jusqu'au moment où il était rentré chez lui. Il aurait pu se trouver quelqu'un pour passer la nuit, mais il n'en avait pas envie. Il avait eu une journée exécrable, la veille, une dispute avec sa mère puis avec son supérieur.

Ce qui l'énervait le plus dans toute cette histoire, c'était qu'il avait espéré voir Potter, en pensant que sa présence lui remontrait le moral. Mais mince alors, il devait détester cet homme, le haïr, et au contraire, il éprouvait du désir et du plaisir à danser avec lui, alors que son contact aurait dû l'écœurer au possible. Il avait été son ennemi, la cause de leur déclin et de ce tatouage indélébile sur son avant-bras. Il aurait dû se moquer de lui, lui renvoyer toute sa dégoutante timidité à la figure. Au lieu de ça, il le prenait dans ses bras…

Draco poussa un soupir à fendre l'âme. Là résidait la magie de ce lieu : les haines s'effaçaient, laissant place au désir de liberté. Désir et liberté. Envie de le toucher, de le sentir contre soi. De faire ce qu'il n'avait jamais pu faire auparavant.

Tendre sa main. Serrer la sienne entre ses doigts. Avoir son regard posé sur lui.

Comme si tout était normal.

Comme s'il n'avait pas repoussé sa main, autrefois. Son amitié. Son être. Tout ce qu'il représentait.

« Mr Malfoy ?

- Oui Paxton ?

- Venez voir, y'a un truc bizarre dans le chaudron.

- Lequel ?

- Le numéro vingt. »

Draco Malfoy poussa un nouveau soupir, en se disant que la journée serait longue. Il allait devoir traîner sa mauvaise humeur et son léger mal de tête une bonne partie de la matinée, le temps que les effets de sa gueule-de-bois disparaissent définitivement. Tout comme ce sentiment de déception qu'il traînait depuis cette nuit, parce qu'il n'avait pas vu Potter.

Léger sentiment. A peine senti. Mais déception quand même…

OoO

D'un œil vague, Draco regarda la photographie, détaillant rapidement la jeune fille qui se trouvait dessus. Elle devait avoir vingt ans, peut-être un peu moins. Blonde aux yeux bleus, elle avait un air innocent, doux et tranquille. Mais c'était une impression trompeuse, Draco le savait bien.

C'était la grande lubie de sa mère depuis qu'il lui avait avoué son homosexualité : toutes les deux semaines environ, elle lui envoyait la photographie et le profil détaillé d'une femme prête à être mariée. La précédente était plus âgée que Draco, et là, elle était bien trop jeune pour lui. Mais le principal défaut de cette fille-là était qu'elle était justement une femme, et non pas un homme. Il se dit que sa mère devrait lui trouver des jeunes hommes prêts à être mariés, cela aurait plus d'effet, mais elle se bornait à essayer de lui trouver une fiancée.

A la limite, Draco aurait pu se marier avec une gentille fille, lui faire un gosse et mener en parallèle sa propre vie, ses propres aventures. Après tout, vu les moyens dont il avait hérité de son père, elle n'aurait pas à se plaindre. Son rôle se limiterait à élever leur enfant, un fils de préférence, comme le faisaient toutes les épouses de la haute société sorcière. Mais Draco ne voulait pas de cette vie-là. Avoir un enfant ne le dérangeait pas, c'était même une sorte de rêve un peu secret, mais s'embarrasser d'une femme, non merci. Il préférait rester célibataire et libre. Mener sa petite vie dans son laboratoire, faire ses recherches, et vivre de ce qu'il gagnait chaque mois.

Draco reposa la photographie sur le bureau et ses pensées s'envolèrent vers les enfants. En effet, malgré son éducation, son caractère et l'impression qu'il donnait, Draco avait toujours aimé les enfants. Etant fils unique, il avait peu fréquenté de jeunes enfants, mais il avait toujours été intrigué et, en grandissant, il avait encore plus éprouvé l'envie d'en avoir un. Ce n'était pas comme acheter quelque chose, posséder un objet. C'était… plus complexe que ça.

Dans le fond, sa vie ne rimait à rien. À une époque, il se devait d'être la copie conforme de son père, et aujourd'hui, il était libre de faire ce qu'il voulait. Il consacrait ses jours à ses recherches et quelque unes de ses nuits au plaisir. Un schéma bien simple, qui montrait à quel point son existence était misérable : il s'enfonçait dans son travail et levait de temps à autre la tête, histoire de vérifier s'il était bien vivant et non mort devant son bureau en bois verni.

Plus d'une fois, il avait été tenté d'aller dans un orphelinat et y prendre un enfant. N'importe lequel. Le plus jeune et le plus malheureux qui soit. Il rêvait de lui donner une vie, de lui apporter ce que lui n'avait pas reçu : de l'attention, de l'amour, de la tendresse. Draco Malfoy n'était pas un homme réputé pour être doux, mais il avait envie de changer, de rendre une vie autre que la sienne plus belle qu'elle ne l'était. Se rendre un peu utile, donner de lui-même. À un enfant, abandonné dans un triste orphelinat parce que le destin n'avait pas voulu de lui.

Cela lui donnerait la sensation qu'il serait pardonné. Pardonné d'avoir cette marque sur l'avant-bras, d'avoir participé au meurtre de Dumbledore, d'avoir fait rentrer tous ces mangemorts dans Poudlard…

Juste se rendre utile… prouver qu'il n'était pas aussi pourri qu'il en avait l'air, qu'il n'était pas juste bon à boire et baiser comme une bête…

Précisément. C'était pour cela qu'il n'avait jamais franchi le pas, qu'il n'était jamais allé dans un orphelinat : il était incapable de passer plus de six jours sans aller dans cette boîte de nuit. Il était incapable de se fixer avec quelqu'un, ou de cesser de chercher des coups d'un soir. Et boire jusqu'à l'oubli… Il était trop mal dans sa peau pour cela, pour espérer être un bon parent. Il ne pouvait rendre un bébé heureux, alors que lui-même n'était bon à rien…

« Mr Malfoy ?

- Oui, Andros ?

- Paxton va chercher le déjeuner chez le traiteur moldu au coin de la rue, vous voulez quelque chose ?

- Oui. Comme d'habitude.

- D'accord. »

Draco se massa le front, alors que la porte de son bureau se refermait. Plus les années passaient, et plus il se sentait vieillir, alors qu'il était encore dans la fleur de l'âge. A peine vingt-cinq ans et il avait l'impression d'en avoir dix de plus. Dans un sens, il en avait vécu de choses, assez pour être lassé de tout, et de n'avoir quasiment aucun but dans la vie. A part travailler, oublier son ennui, et essayer de se rendre un peu utile par ses recherches.

Il ferma les yeux à nouveau. Et, pendant quelques secondes, il pensa à Potter. Potter fiancé, qui aurait de beaux enfants, avec une jolie femme.

Potter, avec lequel il avait dansé toute la nuit, oubliant la médiocrité de son existence dans ses yeux verts…

OoO

Draco prit ses affaires puis quitta son bureau. Il traversa le laboratoire et y jeta un coup d'œil circulaire, vérifiant si tout était en ordre, ce qui était le cas. Andromaque et Paxton ne laissaient jamais de bazar derrière eux, ce qui était une qualité indéniable. Pour avoir connu d'autres apprentis avant eux, Draco pouvait certifier que la majorité des étudiants était incapables de ranger leurs affaires sans qu'il n'ait à l'exiger. Enfin, il n'avait pas vraiment à se plaindre, ces deux là étaient serviables, agréables et respectueux. L'idéal, pour un chercheur à St-Mangouste, obligé de prendre des apprentis pour être rémunéré…

Une fois le laboratoire fermé, Draco entreprit de rentrer chez lui. Il traversa quelques couloirs afin de quitter le département de recherche, là où se trouvaient tous les laboratoires. Il arriva dans une sorte de salle qui servait surtout d'accueil. Une sorcière était toujours présente derrière son bureau, jouant les intermédiaires entre les chercheurs des laboratoires et les visiteurs. Un travail peu contraignant, du moins quand les chercheurs n'avaient pas besoin d'elle pour un motif quelconque, ce qui arrivait assez souvent.

Il allait passer devant le bureau de la secrétaire quand il eut une vision d'horreur : son supérieur hiérarchique, le terrible William Pathos, était en train de discuter avec Harry Potter. Draco serra les dents et regarda le Survivant, avec du désir et de la colère mêlés dans ses yeux bleus.

Harry Potter paraissait différent. Peut-être à cause de la lumière blafarde, ou était-ce ses vêtements, les robes typiques des aurors, qui lui donnaient un aspect assez classe, mais banal, par rapport aux vêtements de la boîte de nuit. Rares étaient les sorciers qui portaient des robes dans ce genre de lieu : les vêtements moldus étaient tellement plus sexy que ces robes, et tellement plus aisés pour se mouvoir…

Potter avec son pantalon foncé et sa chemise ivoire… Potter avec son pantalon foncé et son tee-shirt noir…

Potter et ses yeux verts envoutants… Potter et ses mains chaudes et fortes en même temps…

Son supérieur se retourna et vit le médicomage. Un mince sourire étira ses lèvres et il appela le jeune homme.

« Malfoy ! Venez par ici, s'il vous plait. »

Au moment même où il prononça ces mots, Potter tourna la tête vers lui et leurs regards se rencontrèrent. Draco ne lut rien d'étrange dans ses yeux, ni étonnement, ni désir, ni gêne. Comme si c'était normal de le voir là, comme si c'était normal qu'ils se rencontrent, après les nuits qu'ils avaient passées à danser, après toutes ces années qu'ils avaient passées à se détester.

Draco s'avança vers eux à reculons, peu emballé à l'idée de voir Potter. Il était comme un fantasme, un rêve qui peuplait certaines de ses nuits, et non pas un être réel, de chair et de sang. Potter avait toujours été cela, pour lui. Un rêve. Pas un homme…

« J'aurais besoin de vos services.

- Ma journée est terminée.

- Mr Potter est sur une affaire de trafic d'hybrides et il aurait besoin de vos lumières.

- Pourquoi moi ?

- Quelles sont vos disponibilités, Mr Potter ?

- Demain, ce serait le mieux pour moi.

- Bien. Libérez une ou deux heures dans votre emploi du temps, Malfoy, ça vous fera du bien de sortir un peu le nez de vos chaudrons. Mr Potter, venez avec moi, je vais vous montrer quelque chose de passionnant… »

Et Mr Pathos prit le Survivant par le bras, le traînant derrière lui sans ménagement. Tout en les regardant s'éloigner, Draco poussa un soupir à fendre l'âme : son supérieur était ainsi, il n'écoutait pas ce que les autres disaient. Il ne semblait nullement gêné à l'idée que Potter et Malfoy aient été ennemis à l'école, et que le père de ce dernier ait voulu tuer leur héros national. C'était une des caractéristiques de cet homme : cette façon qu'il avait de passer outre les relations entre les personnes, pour ne voir que l'essentiel. Et là, cet essentiel, c'était que Potter avait besoin de Malfoy.

Draco rentra donc chez lui. Il alla à la boîte de nuit, dans l'espoir que, peut-être, Potter viendrait l'y rejoindre. Mais il ne vint pas. Et Draco trouva un maigre réconfort dans les bras d'un jeune homme brun. Aux yeux verts, tirant sur le marron.

OoO

Harry Potter fut devant le laboratoire à onze heure tapante. C'était Paxton qui l'en avait informé : ayant apporté une lettre à la secrétaire afin qu'elle l'envoie, il avait discuté quelques minutes avec un camarade de classe et il était revenu au laboratoire. Entre temps, Potter s'était posté près de la porte. Paxton lui avait demandé s'il avait frappé, le Survivant lui avait répondu que, en effet, il l'avait fait, mais que Malfoy avait sans doute envie de le faire poireauter donc il ne lui avait ouvert.

Ce qui était en effet le cas : Draco avait ordonné à Andros de ne pas ouvrir, il le ferait lui-même quand il aurait terminé avec sa potion. Paxton entra donc et informa le médicomage que Harry Potter se trouvait sur le pallier, Draco lui demanda de lui dire qu'il en avait pour cinq minutes.

Un quart d'heure plus tard, Draco sortit enfin et découvrit que Potter était toujours là, l'attendant patiemment en se dandinant sur ses pieds, les mains dans les poches. Le brun lui fit un léger sourire et le salua d'un signe de tête.

« Bonjour, Malfoy. Ça fait longtemps.

- En effet. »

A peine quelques jours. A peine.

« Je suis désolé de te déranger, mais j'ai vraiment besoin de tes lumières.

- Dis-moi de quoi tu as besoin.

- On va déjeuner ? »

Non. Dans le fond, c'était toujours le même. Cette même innocence dans le regard, sur son visage d'homme, cachée par son assurance tranquille, qu'il s'était forgée avec les années.

« C'est toi qui paye.

- Evidemment. »

Ils allèrent donc dans un restaurant pour déjeuner. Pas très loin de Ste-Mangouste, il y avait une galerie marchande sorcière avec quelques magasins et quelques boutiques. Potter l'emmena dans un restaurant assez simple mais où les repas étaient bons. Ils déjeunèrent ensemble, dans une ambiance assez sereine, où ils parlèrent beaucoup.

De tout et de rien. Des Weasley, de la Gazette, du Quidditch… De Granger, des prochaines élections, de Poudlard…

Potter répondait à ses piques sans jamais vraiment s'énerver, même quand il disait que sa meilleure amie était vraiment exaspérante avec sa manie de venir dans son bureau à n'importe quel moment pour essayer de lui piquer ses recherches, ni quand il dénonça le dernier produit des jumeaux Weasley, quelque peu dangereux pour les jeunes enfants. Et Malfoy non plus ne se fâchait pas non plus quand Potter parlait de sujets sensibles, comme Azkaban ou la poursuite des mangemorts en liberté.

En fait, parler avec Potter, c'était assez agréable, car il n'était pas prise de tête. Certes, ils s'échangeaient des vannes, mais c'était assez reposant, bien loin des conversations que Draco avait avec ses collègues de Ste-Mangouste. Et puis, ça changeait un peu de sujet, Draco découvrait d'autres mondes que celui des malades et des recherches. Harry Potter n'était pas connu pour être quelqu'un de très intellectuel ni de vantard, donc il ne parlait pas dans des termes très recherchés, allant à l'essentiel. Et, ça, Draco aimait. Aller à l'essentiel en laissant le superflu de côté. C'était rafraichissant. Potter ne voulait pas lui en mettre plein la vue, juste discuter.

Ils ne parlèrent des recherches de Draco qu'au moment du dessert. En effet, l'auror était sur une affaire de trafic d'hybrides, un savant mélange entre des êtres humains et d'autres espèces animales, aussi bien les cheveux que les félins ou les poissons. Il avait besoin des connaissances de Draco sur le sujet, notamment comment il était possible de créer de telles chimères, quels matériaux étaient utilisés et quel était l'âge idéal pour faire ces transformations. Draco accepta de l'aider à condition que tout reste confidentiel, ce que Harry accepta.

Ils se quittèrent vers une heure de l'après-midi. Le temps passait vite et Draco n'avait pas vu les aiguilles tourner. Quand ils se quittèrent, Draco se dit qu'ils n'avaient même pas parlé de la boîte de nuit. Il était impossible de raconter ce qui se passait dans l'établissement à une autre personne, même cliente, mais il était possible de parler de ce qu'on avait fait avec la personne concernée. Ayant passé de longues heures avec Potter, Draco aurait pu lui parler de cela. Mais il ne l'avait pas fait. Car Potter n'avait jamais mentionné le fait qu'ils s'étaient déjà revus auparavant.

Dans le fond, ils s'étaient vus, c'était tout. Ils n'avaient quasiment jamais parlé, Draco ne savait quasiment rien sur Harry, lisant peu la Gazette du sorcier, et c'était réciproque. Ils n'échangeaient aucun mot, là-bas. Ici, c'était différent. C'était le monde réel, où il était auror, fiancé. Et Draco était médicomage, célibataire.

Pourtant… le voir en vrai lui fit du bien. Même s'il ne savait dire pourquoi…

OoO

La musique était trop forte. Presque trop violente. Draco se demanda bien ce qui était passé par la tête de cette vieille folle de Mme Nightingale d'avoir organisé une soirée « gothique ». Ils n'avaient plus quinze ans, c'était fini l'âge où ils pouvaient encore se déguiser pour s'amuser. Il était hors de question que Draco mette toutes ces breloques en métal ridicules à souhait, même pas en rêve. Certes, certains portaient très bien ces horreurs de pacotilles, mais d'autres étaient tout simplement ridicules.

La plupart du temps, tous les clients étaient mis au parfum quand il y avait des soirées à thème et la grande majorité jouait le jeu, ceux qui refusaient de se plier aux exigences se retrouvant la plupart du temps mis de côtés. Sauf quand ils étaient canons. Les canons, ça ne se mettait pas de côté, bien au contraire.

Draco faisait partie de ces hommes-là : qu'importe comment il était habillé, dans le thème où non, son corps était suivi par les regards soit envieux, soit emplis de désir. Il ne se trouvait pas particulièrement beau, parvenant à se trouver une multitude de défauts quand il se regardait franchement dans un miroir, mais il savait qu'il faisait de l'effet aussi bien aux hommes qu'aux femmes.

De façon presque mécanique, Draco se dirigea vers le bar. Il chercha son partenaire des yeux, cet homme qui partageait ses soirées. Mais il ne le vit pas. Encore une fois.

Il avait pensé que… espéré que… mais il avait eu tout faux. L'avoir vu dans la journée l'avait bouleversé, plus qu'il ne l'aurait pensé, et il avait eu le mince espoir qu'il pourrait le rencontrer ici. Qu'il viendrait le rejoindre, qu'il viendrait danser avec lui.

Mais il n'était pas là. Il eut beau chercher sur toute la longueur du bar, où s'échinaient les serveurs, il ne trouva pas le beau brun qui l'accompagnait habituellement sur la piste de danse. Déçu, il s'assit sur un siège et commanda un verre. La musique était forte, violente, elle lui frappait la tête de façon désagréable. Et, honnêtement, il était énervé. Parce que l'autre n'était là.

Il avait été troublé. Toute l'après-midi, il avait été troublé. Troublé par cet homme qu'il avait haï comme personne, l'admirant dans l'ombre. Un homme, digne d'un fantasme quand la nuit tombait et qu'il bougeait entre ses bras, et terriblement séduisant, quand le soleil éclairait son visage. Pas les spots de lumière rose, bleue ou jaune, mais le vrai soleil, les sept couleurs mélangées pour donner un air plus doux et clair à sa figure.

Draco avait été troublé, car après ce déjeuner, il s'était rendu compte qu'il s'agissait de deux hommes différents. Etait-ce réellement lui qu'il voyait ici, dans cette boîte de nuit ? Etait-ce réellement son corps qu'il enlaçait, qu'il effleurait ? Ou était-ce un rêve, ou était-ce un autre homme, qu'il aurait assimilé à lui ? Il ne savait plus. C'était pour cela aussi qu'il était venu, ce soir : il voulait être certain qu'il s'agissait bien de la même personne.

En espérant que cela ne soit pas le cas. En espérant que ce fantasme et cet homme ne soient pas un seul et même être.

Sinon, il devrait se rendre à l'évidence. Un jour ou l'autre, il devrait se rendre à l'évidence. Si c'était bien lui qui venait oublier qui il était toute la nuit dans cet endroit, alors viendrait le jour où il disparaitrait.

Viendrait le jour où il se marierait, le jour où cet endroit n'existerait plus pour lui…

Le jour où Draco n'existerait plus à ses yeux…

OoO

S'il y avait bien une chose que Draco Malfoy détestait, c'était quand on intervenait dans son travail. Surtout quand il avait passé une mauvaise nuit. C'est pourquoi quand Mr Pathos débarqua dans son bureau, exigeant de savoir où en étaient ses recherches, critiquant chaque chose qu'il voyait, Draco faillit prendre le chaudron et le lui renverser sur la tête. Sauf que ce même chaudron comportait un poison très puissant, concocté par Paxton pour un devoir, et que le simple contact avec une goutte de cette mixture ferait fondre la peau qu'elle toucherait. Et le médicomage ne voulait pas être accusé de meurtre sans préméditation, même s'il savait que nombre de ses collègues applaudiraient son acte : il aurait fait un grand geste pour l'humanité.

Draco dut faire des pieds et des mains pour faire rentrer dans la tête de cet abruti congénital que ses recherches étaient quasiment terminées et que son grimoire était en cours d'écriture. Quand aux mixtures douteuses qui faisaient des bulles dans les chaudrons, soient elles étaient pour Ste-Mangouste, soit c'était des devoirs des deux apprentis qu'on leur avait imposé. Il était chargé de leur formation, tout comme leurs professeurs, il était donc normal qu'il leur fasse faire de la pratique. Draco fit appel à tout son self-control pour pouvoir jeter son supérieur dehors en toute discrétion et avec politesse, mais ses nerfs, mis à rude épreuve, faillirent lâcher en bout de chemin.

Quand Mr Pathos quitta enfin son bureau, Draco souhaita bonne chance au pauvre malheureux qui recevrait sa visite : il contrôlait absolument tout, de la quantité des ingrédients dans les placards, à la propreté des lieux, en passant par la vérification des potions dans les chaudrons. Mr Pathos était le responsable du département de recherche, il contrôlait donc tous les médicomages qui possédaient un laboratoire, personnel ou commun. Normalement, il ne devrait pas venir ici, c'était à ses subordonnés de faire les visite, mais il avait tendance à descendre assez souvent et faire une inspection dans les laboratoires, histoire de voir si les chercheurs travaillaient ou s'ils passaient leur temps à lire Sorcière Hebdo.

Récemment, un sorcier avait été retrouvé dans son bureau en train de lire des magazines érotiques dans son bureau, tandis que ses deux apprentis concoctaient des potions plus ou moins douteuses dans le laboratoire. Il en avait résulté que le collègue s'était retrouvé parmi les potionistes de Ste-Mangouste, ses fonds de recherche étant coupés et sa réputation tachée. L'hôpital finançait grassement leurs experts, à condition qu'il y ait des résultats. Dans le cas contraire, telle une mère outragée, elle démolissait le fautif, au point que son seul secours, s'il voulait rester dans le domaine des soins, devait être relégué aux grades les plus bas. Et le manque de sérieux, comme lire des magazines au lieu de travailler ou fabriquer des mixtures douteuses pour les vendre au plus offrant, étaient très mal vu dans leur domaine.

Draco faisait parti de ceux qui venaient à Ste-Mangouste pour travailler, passant peu de temps dans la salle de repos et apportant une aide précieuse aux apprentis, qui constitueraient la future élite. Il avait lui-même choisi ses étudiants de façon à ne pas prendre ce travail comme une corvée. Certes, Paxton était maladroit et Andromaque se dévalorisait sans cesse, mais leur enseigner des méthodes était presque un plaisir : ils buvaient ses paroles, reconnaissaient leurs tords et apprenaient relativement vite. Ils n'étaient pas parfaits, mais par rapport à ceux qu'il avait eus, ils l'étaient presque…

« Mr Malfoy, le chaudron numéro deux bout un peu trop, non ?

- Rajoute des ailes de chauve-souris, mets-en deux. Ah, Andros ! Mets six pates de papillon de nuit dans le chaudron numéro dix, s'il te plait. Tu as bien mélangé le treizième ?

- J'ai même mélangé le quatrième. Je dois ajouter le venin de mamba vert dans le neuvième ou…

- Non, tu attends qu'il ait vraiment une couleur vert foncé, presque noire, avant de mettre le venin. Sinon, la potion sera bien moins efficace. Tu comprends, c'est un antidote et ce venin sert à tester son efficacité. Il ne faut pas courir le risque que l'antidote, au lieu de repousser le venin dans sa totalité, en garde une partie qui pourrait empoisonner le patient. »

Andromaque le regardait avec patience, écoutant chacune de ses paroles. Il pouvait presque entendre ses méninges fonctionner dans sa petite tête. Puis, il fit le tour de ses chaudrons, vérifiant les effluves, la couleur et la texture des produits qu'ils contenaient. L'un d'eux contenait un baume bleu azur. Il tenta de touiller mais la chose était trop compacte, il dut faire appelle à la jeune fille pour qu'elle vienne l'aider à mélanger la mixture. A deux, ils parvinrent à faire bouger cette espère de pate collante et épaisse.

« Va me chercher des récipients, il est temps de retirer le baume du chaudron.

- On y va à la cuillère ? »

Au lieu de lui répondre, il fouilla dans l'armoire et chercha les cuillères en questions, tandis que l'apprentie prenait des pots pour les baumes. Le médicomage lui présenta ce qu'elle aurait pu comparer à des cuillères pour faire des boules de crème glacée. A deux, ils vidèrent le chaudron, passant les cuillères dans de l'eau gelée pour que la pate ne colle pas au métal. Andromaque finit par demander à quoi servait cette chose que son patron préparait depuis un mois et qu'ils ne devaient toucher sous aucun prétexte.

« Un baume pour les « hommes sirènes ».

- Pardon ?

- Certaines mères mettent au monde des enfants au buste humain et avec une queue de poisson. Nous sommes obligés de leur faire une opération afin de replacer leurs poumons par des branchies, puis ils sont emmenés chez les vraies sirènes, ou alors dans une communauté d'« hommes sirènes » qui accepte, parfois, d'accueillir les enfants. Mais leur queue est douloureuse, fragile, et ce baume sert à solidifier leurs écailles tout en les soulageant.

- Ce baume a été commandé par Ste-Mangouste ?

- Pas du tout. Pour être honnête avec toi, j'ai acheté moi-même les ingrédients. Quand mon grimoire sera terminé, je devrais le présenter devant une assemblée de médicomages de toute sorte et j'accompagnerai ma conférence de potions et je les distribuerai toutes aux personnes qui en ont besoin. »

Andromaque le regarda avec une sorte d'admiration dans les yeux. Draco secoua la tête, fermant une énième boîte de baume, puis reprit.

« Je ne fais pas ça par bonté d'âme. Je suis bien payé par Ste-Mangouste, et vu que je vis seul et que ma vie est somme toute assez modeste, je reçois de l'argent inutile. Autant que j'en fasse bon usage. Ces potions ne me serviront à rien et ce n'est pas Ste-Mangouste qui va payer pour avoir ce genre de produits, c'est aux boutiques de les produire pour les particulier. »

C'était une façon comme une autre de se justifier, alors qu'en réalité, il faisait réellement cela parce qu'il avait envie d'aider les autres. On ne devenait pas médicomage quand l'autre nous indifférait : pourquoi faire des recherches sur les maladies, sur les moyens de les traiter ou de les rendre supportable ? Quel serait l'intérêt de travailler à Ste-Mangouste si l'avenir des autres, de ces inconnus dans le besoin, l'indifférait ? La pitié n'était pas un sentiment que Draco ressentait, car dans le fond, il était assez égocentrique. Mais il voulait se rendre utile, se battre contre ces maladies magiques plus ou moins dangereuses… être reconnu pour son intelligence, et non pas pour son nom…

Savoir que les enfants qui naîtraient ne subiraient pas ce que les anciens avaient vécu…

OoO

Postée près d'un vigile, lui-même placé devant son pupitre, Mme Nightingale discutait à voix basse avec lui. C'était un grand noir à l'air peu aimable. Draco pensa que, si sa mémoire ne lui faisait pas défaut, il s'agissait d'un ancien trafiquant de dragons envoyé à Azkaban pendant dix ans avant d'être libéré.

Tous les employés, ici, étaient des gens louches. Que des hommes, certains des voyous, d'autres avaient échoués dans leur vie, les autres venaient d'Azkaban. Draco l'avait appris peu à peu : Mme Nightingale n'embauchaient que les miséreux, le genre de personnes qui crèveraient sur le pavé de la route si elle n'avait pas croisé leur chemin. Elle les tenait en laisse, leur offrant du travail, et donc une vie descente. A ces hommes qui avaient fait des bêtises et à qui on crachait à la figure de dégoût.

Allez en Enfer.

Une insulte. Et une invitation…

Draco s'avança vers le pupitre, en se disant que la patronne n'accueillait que des gens louches, mais aucuns meurtriers, ou d'hommes assimilés de près ou de loin à des homicides ou autre. Trafiquants, prostitués, arnaqueurs, voleurs…

Allez en Enfer.

Tous autant que vous êtes…

« Oh tiens tiens… Ce cher Draco… Ca faisait longtemps. »

Sa cigarette au bout des lèvres, elle le regardait de ses yeux perçants, comme si elle parvenait à lire en lui. Il lui fit un léger sourire et inclina légèrement la tête en signe de salut.

« Bonsoir, Mrs Nightingale. Vous êtes radieuse, votre robe vous va très bien.

- Merci. Je reçois un invité de marque, c'est pour ça.

- Par moment, j'aimerais bien savoir qui se trouve là-haut.

- Crois-moi, tu n'as pas envie de savoir. Hein c'est vrai ? »

Elle donna un petit coup de coude au vigile qui gloussa, rapidement suivi par son collègue juste en face. Les deux hommes étaient bien plus grands que la patronne, qui faisait ridiculement petite à côté de ces deux géants. Deux géants qui la regardaient avec respect, comme chacun des employés de cet établissement, du petit merdeux qui servait les boissons à l'extrémité gauche du bar au gentleman qui tenait compagnie aux clients dans la salle d'à côté.

« Bon, je ne poserai donc pas de questions.

- Laisse ta carte dans ta poche et va t'amuser. Quelqu'un t'attend. »

Les yeux du blond s'illuminèrent, avant qu'il ne fronce les sourcils. La patronne lui fit un petit sourire et lui montra la porte. Elle savait tout. Tout ce qui se passait dans la boîte de nuit, dans le salon à côté, dans le restaurant à l'étage.

Draco passa la porte menant à l'escalier en colimaçon, sans se poser trop de questions. De toute façon, elle l'avait déjà vu sortir de l'établissement avec des hommes tous plus beaux les uns que les autres, parfois même des célébrités. Et elle savait où il les emmenait : l'hôtel à deux pas, donc le chemin était protégé magiquement, tout comme la zone entourant les établissements, de façon à ce que personne ne puisse voir les gens qui s'y déplaçaient. Hormis ceux qui se trouvaient dans cette même zone. Ce quartier était fait pour le plaisir. Pas pour que ce soit diffusé…

Draco n'eut pas à chercher longtemps. Il était bien là, près du bar, à siroter un verre. Un peu comme s'il l'attendait. Et quand le blond approcha, l'homme assit sur son siège leva les yeux. Des yeux vert émeraude qui brillèrent doucement, comme s'il était la seule personne qu'il désirait voir en cet instant. Un léger sourire apparut sur ses lèvres.

C'était le même. Le même homme avec lequel il avait déjeuné. Il avait les mêmes cheveux noirs, les mêmes yeux et la même cicatrice sur un coin du front. La seule différence, c'était qu'il ne portait pas de robe de sorcier, mais un jean noir et un tee-shirt de la même couleur, ce qui faisait ressortir le teint de sa peau.

Draco aurait dû partir. Loin de cet homme qui souriait doucement, de cet être qui ne tenait plus son rôle de fantasme. Il aurait dû quitter ce type qui se collait à lui quand son corps était déchaîné de tous les tabous. Il aurait dû détourner les talons, lui faire comprendre que tout cela n'avait aucun sens.

Draco lisait peu la Gazette du sorcier et n'avait jamais feuilleté Sorcière Hebdo. Il avait déjà entendu ses collègues parler de ces journaux, de Harry Potter et de son charme naturel. Il n'avait jamais cru à ses inepties.

Jusqu'à ce soir. Jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il ne pourrait pas lui tourner le dos. Pourquoi ? Pourquoi son corps refusait-il de bouger ? Pourquoi sa main se présentait-elle à lui, comme dotée d'une âme propre ? Pourquoi dansa-t-il toute la nuit avec lui, effleurant son corps, posant ses mains sur ses hanches pour le rapprocher de lui, touchant ses cheveux indisciplinés, effleurant sa joue de ses lèvres…

Pourquoi faisait-il cela ? Pourquoi se rapprochait-il de lui au lieu de le repousser ? Tout cela ne mènerait à rien. Un jour, il cesserait de venir. Il deviendrait sage. Plus aussi dévergondé qu'à cet instant même. Il cesserait de provoquer, de chercher d'autres sensations. Il se rangerait, avec une femme et des enfants. Pourquoi… ?

Parce qu'il avait du charme. Un charme indéniable qui attirait Draco, sans qu'il ne veuille réellement se l'avouer. Il était attiré par cet homme, à la fois timide et provocateur, il aimait leurs danses, leurs beuveries, leur complicité…

Il avait envie de l'embrasser. D'embrasser ses lèvres pulpeuses, d'effacer ses sourires sous sa bouche. De baiser ses paupières abaissées, l'espace d'instant, ses pommettes rosées. Son cou, ses épaules… poser ses mains plus bas sur ses fesses, sur ses cuisses… sur son torse…

Draco le désirait. Il désirait cet homme qui lui tenait la taille, blotti contre lui, un verre au bord des lèvres et le regard troublé par l'alcool…

OoO

Il s'était fait couillonné. Il n'aimait pas du tout cette expression, que Paxton utilisait à tord et à travers, mais là, c'était vraiment le cas de le dire.

« Excuse-moi ? »

Pour une fois, Draco remerciait ses parents pour lui avoir donné une éducation aussi rigide où la maîtrise de soi était primordiale, au détriment des vrais sentiments. Sinon, il serait devenu tout rouge et aurait hurlé de rage comme un sale gosse.

« Tu m'as très bien comprise. »

S'il n'avait pas été un Malfoy fier, poli et avec un contrôle sur soi hors du commun, il lui aurait arraché la langue et ses cheveux pour les lui faire bouffer. Il aurait effacé d'un coup de point ce petit sourire narquois, il aurait massacré ces paupières qui dévoilaient des yeux noisette et brillants de malice.

Il s'était fait couillonné. Couillonné par une sang-de-bourbe pas fichue d'avoir des cheveux correctement coiffés et laide à faire peur.

« Mr Cédor a accepté ma demande. Tu ne peux qu'abdiquer. »

Lui faire avaler ce petit papier qu'elle lui tendait, le coincer dans sa gorge et la regarde s'étouffer…

« Hors de question. »

Les dents serrées, Draco Malfoy la défia du regard. Il était hors de question qu'elle jette le moindre coup d'œil sur ses recherches. Evidemment, elle ne s'était pas adressée à Mr Pathos, jamais il ne lui aurait donné son accord. C'était un vieux bonhomme qui regardait le progrès d'un œil méfiant, appréciant les découvertes utiles et rejetant tout ce qui amenait à faire des expériences douteuses sur des êtres vivants. Depuis qu'on avait essayé de disséquer un hippogriffe vivant pour savoir si les propriétés magiques de son cœur seraient plus puissantes ainsi, il surveillait de près les expériences menées sur des animaux. Même sur de simples souris. Autant dire que, dans de pareilles circonstances, jamais Weasley n'aurait pu obtenir ce papier merdique de la part de cet homme.

« Tu es obligé Malfoy. J'ai besoin de savoir ce que tu sais sur les « hommes poisson » pour cet enfant…

- Va voir mon responsable.

- J'ai un ordre ! Tu es obligé de me montrer. »

Quelle garce… Toujours à vouloir prouver son intelligence, quelle était plus maline que les autres… Et personne ne voulait vraiment la contredire : elle était héroïne de guerre, ayant combattu aux côté de Harry Potter, dont elle était l'amie la plus proche avec son mari. Elle était célèbre, et on ne contredisait pas les célébrités.

Pendant un instant, malgré le dégoût qui empoisonnait sa bouche et sa colère encore toute récente pour son supérieur, il fut content qu'un connard pareil soit chargé de leur département. Il était comme un mur infranchissable, idéal quand on avait un problème. Une solution de dernier recours…

Draco esquissa un mauvais sourire et lui jeta un regard empli de mépris.

« Ecoute-moi bien, Weasley. Jamais tu ne toucheras à mes recherches. Si tu veux opérer ce gosse, fais-toi plaisir, mais tu as intérêt à assumer tes responsabilités. Il est hors de question que tu jettes le moindre coup d'œil à mon grimoire. Même pas en rêve.

- J'ai ce papier, Malfoy, tu es obligé ! La vie d'un enfant est en jeu !

- Dis plutôt que ta carrière est en jeu, Weasley. »

A ces mots, elle écarquilla les yeux avant de les plisser, en colère. Qu'elle lui dise que c'était faux, qu'il n'était qu'un salopard qui ne pensait qu'à lui, qui ne pensait qu'à garder jalousement ce qu'il savait sur ces êtres. Qu'elle l'accuse. Il l'attendait.

« T'es qu'un pauvre con, Malfoy !

- Et toi, t'es qu'une pauvre fille qui a trop gouté au succès. Tu sais, c'est fini, le temps de la guerre. C'est fini, l'époque où tu risquais ta vie, et l'époque où tu étais adulée pour tes mérites. Maintenant, t'es dans un hôpital, et t'es comme les autres. C'est pas parce que ce type t'a donné ce papier que tu auras ce que tu veux.

- Tu laisses bien Harry regarder !

- Et alors ? C'est un auror, il enquête sur un trafic d'hybrides ! Mais t'es conne ou quoi, toi ? »

Ca y est, il s'énervait. Elle ne faisait pas la part des choses, et quand elle se rendit compte de sa bourde, elle hoqueta et cacha sa bouche avec sa main. Mais il était trop tard, Draco avait entendu, et son visage reflétait tout le dégoût qu'il ressentait pour cette femme. Comment Potter pouvait-il traîner avec des gens pareils ? Pourquoi avait-il refusé son amitié, autrefois, lui préférant des gens comme eux ?

« Ecoute-moi bien, Weasley.

- Je…

- Non, tu la fermes ! Et tu m'écoutes. Va voir Pathos et demande lui une autorisation. Si tu ne l'as pas, tu te démerdes, mais je ne veux plus jamais te voir dans mon bureau. Mes apprentis ne t'ouvriront plus, et si jamais tu entres ne serait-ce qu'une seule fois de force, je t'expulse avec ma baguette, et crois que même ta mère ne saura pas reconnaître ton corps disloqué. »

Il parlait d'une voix froide, traînante, la regardant de ses yeux bleus qui lançaient des éclairs. Il mit fin à ses arguments d'un geste agacé de la main et tourna les talons, regagnant son bureau à grands pas, en colère et exaspéré par le comportement de cette garce.

OoO

Ils dînèrent ensemble dans un restaurant discret du Londres moldu. Pas le genre d'endroit que Draco fréquentait, vu qu'il sortait peu. Il lui arrivait rarement de manger dans des restaurants, sauf avec quelques collègues. Les rares amants qui l'avaient invité à manger, c'était dans le quartier des plaisirs. Le quartier de la boîte de nuit. Et du grand hôtel, tout près.

A la réflexion, ce quartier avait été créé grâce à cet établissement. Allez en Enfer. Sans lui, les maisons qui se trouvaient aux alentours n'auraient pas vu le jour, ni la nuit ténébreuse, qui attendait leurs hommes et les femmes en mal d'amour.

Ces restaurants plus ou moins chics. Ces hôtels plus ou moins luxueux. Ces maisons closes plus ou moins visitées…

Si éloignés de ces établissements saints et calmes, où ce n'était pas des alcools forts qui étaient servis mais du bon vin français. Où ce n'était pas des petits sandwichs de la taille d'une main ou des petits biscuits qui étaient présentés sur des assiettes, mais des assiettes pleines de mets raffinés qui émoustillaient le palais.

Et cet homme qui était assis devant lui, cet homme brun aux verts qu'il étreignait des nuits entières depuis presque un mois, les rares fois où il mettait les pieds dans la boîte de nuit, cet homme-là se trouvait juste devant lui, mangeant tranquillement son assiette, habillé de façon assez simple mais qui mettait en valeur sa musculature d'auror.

Un bel homme. Si éloigné de lui. Et si proche, quand la lune s'élevait dans les cieux, pour étreindre les hommes…

« J'ai appris que Hermione était venue te voir.

- C'est elle qui t'en a parlé ?

- Non. Mon supérieur s'entend plutôt bien avec Mr Pathos et j'ai déjeuné avec lui avant-hier.

- Tu es assez proche de ton supérieur pour déjeuner avec lui ?

- Il faut croire.

- Ta copine a un sacré culot quand même. A se demander comment tu peux la supporter, c'est atroce. »

Le regard de Harry Potter sembla s'assombrir quelques instants, avant qu'il ne pousse un soupir las. Il passa une main sur son front et, tout d'un coup, Draco lui trouva un air vraiment fatigué.

« Fatigué, Potter ?

- Oh oui. »

Puis, il leva les yeux vers le blond, qui fut troublé. Les mêmes yeux vert émeraude, le même genre de regard… mais pas le même homme. Avec le même penchant.

« Tu sais quoi ? J'aime ce qui ne change pas. L'immuabilité. C'est vraiment agréable. Un peu comme une chambre rangée : tu sais exactement où se trouvent tes affaires. Elles ne changent pas de place, à moins que toi, tu ne les déplaces. Tu sais où tu en es. »

Son regard partit dans le vague. Il avait l'air pensif, presque préoccupé. Draco le regardait, écoutait ses paroles. Il avait l'impression d'entendre l'écho de ses propres pensées. D'entendre des mots qui allaient de paire avec le fonctionnement de son esprit…

« Mais les choses changent. Les gens changent. Mais pas moi. La célébrité, le succès, les galas… Si je pouvais m'en passer, je le ferais. Le seul avantage, c'est que je peux être plus efficace lors de mes missions.

- Mais tes amis ont changé.

- Oui. Enfin, ils sont toujours pareils avec moi. Toujours les mêmes. Mais… il y a des choses qui ont changé, dans leurs caractères, leurs idées, leur façon de faire.

- Tu le leur dis, au moins ?

- Non. Ils ne m'écoutent pas, ils croient que j'exagère. Et puis… ce n'est pas bien grave. On se fait à tout. »

Potter porta son verre de vin à ses lèvres. Draco le regarda boire une gorgée et il se demanda quelle pouvait être la vie de cet homme quand il n'était pas au travail. Il le trouvait résigné, déçu, désappointé. Comment était-il, dans l'intimité ? Comment se comportait-il avec sa fiancée, Ginevra Weasley, qu'il n'avait toujours pas épousé ? Si Draco se souvenait bien, ils avaient commencé à sortir ensemble pendant la sixième année du sauveur, mais trop peu de temps. Leur relation s'était réellement construite à la fin de la guerre. Cela faisait donc près de sept ans qu'ils étaient ensemble. Toujours fiancés. Pas encore mariés.

« Et le mariage ? Il approche ?

- Mariage ?

- Tu n'es pas fiancé avec la dernière des Weasley ? »

Harry eut une expression du genre « oh, ça ? », comme s'il venait de comprendre où il voulait en venir. Draco se sentit soudain jubiler intérieurement : il s'ennuyait tellement avec cette gonzesse qu'il venait prendre du bon temps dans des lieux peu fréquentables… avec lui, en plus…

« Ce n'est pas pour tout de suite.

- Qu'est-ce que tu attends ? Le moment où elle te fera un gosse ? »

L'auror secoua la tête avec un léger sourire, comme s'il venait d'entendre une bêtise. Mais il ne lui donna aucune réponse. Peut-être que lui-même ne savait pas pourquoi il ne sautait pas le pas. En tout cas, dans le fond, Draco était content qu'il ne soit pas marié : la rouquine ne lui avait jamais plus, aussi bien physiquement que moralement. Si Potter devait se marier, il ne le voyait pas du tout avec ce genre de femme. Il le voyait plutôt avec des femmes comme Luna Lovegood. Un peu rêveuse, comme lui.

« Et toi ? Quand est-ce que tu penses à te marier ?

- Je n'en reviens pas : je suis en train de parler mariage avec mon pire ennemi d'école…

- C'est toi qui as commencé, je te signale.

- J'ai du mal avec les femmes. J'ai essayé, pourtant, mais ça ne dure jamais longtemps. »

Draco lut un éclair de compréhension dans le regard du brun. Pourtant, sa phrase n'était pas vraiment ambiguë : il avait toujours eu du mal à s'approcher des femmes, à rentrer dans leur jeu et à y demeurer. Les hommes, c'était plus facile. Et meilleur.

Et pourtant, Potter avait compris. L'autre sens de sa phrase. Il n'aimait pas les femmes. Ses rares aventures avec elles ne s'éternisaient pas, pour cette raison-là.

« Le mariage n'est donc pas pour tout de suite. »

Encore fallait-il trouver un homme qui saurait se satisfaire de lui, qui saurait affronter les flashs des journalistes, les crachats de la foule. Qui saurait regarder cette marque immonde sur son avant-bras sans ciller, qui saurait l'aimer pour ce qu'il était.

Un homme vide qui passait ses journées au-dessus de ses chaudrons et de ses parchemins, qui rêvait d'enfants et d'une vie meilleure, passant des nuits à danser et boire pour oublier à quel point son existence était misérable.

« Encore un peu de vin, Malfoy ?

- Avec plaisir. »

Dans les yeux verts de Harry Potter, Draco Malfoy put lire une sorte de promesse. Pour la première fois, il eut la preuve que ces nuits passées dans ce sous-sol bruyant n'étaient pas de simples fantasmes.

Il but son verre lentement, sans lâcher son visage des yeux. Le goût du bon vin empli sa bouche, et pendant quelques instants, il eut envie de goûter le nectar qui disparaissait entre les lèvres du Sauveur du monde sorcier…

OoO

Le soir même, il était là. Toujours au même en droit, en train de l'attendre, sur une chaise et son dos touchant le bar. Il regardait la foule qui dansait sur la piste, le regard vague. Ses cheveux étaient ébouriffés, comme toujours, et il portait une tenue plus décontractée que celle tellement officielle d'auror.

Quand il le vit, le brun esquissa un léger sourire. Draco se rapprocha de lui, sentant un sourire apparaitre sur ses propres lèvres. Il tendit la main vers le brun qui ne devait attendre que ça. Puis, il l'emmena sur la piste, le tirant au milieu de la foule. Des hommes se déhanchaient de façon sensuelle, et ainsi entouré, emporté par la musique si forte et puissante dans ses oreilles, Draco entraîna son partenaire dans une danse endiablée.

Pendant une éternité, leurs corps se frôlèrent, leurs mains se touchèrent, leurs torses s'effleurèrent… Draco était excité, il avait envie de cet homme qui jouait avec lui, qui posait sa main sur son cœur pour en sentir les palpitations, qui touchait ses cheveux blonds pour les ébouriffer, qui mimait avec ses lèvres les paroles de la chanson hurlée par des enceintes magiques. Draco ne lâchait pas des yeux l'homme qui dansait contre lui. Ses mains allaient et venaient sur corps, guidant innocemment ses hanches avant de descendre sur ses fesses, les touchant, les dessinant sous ses paumes. Et alors il voyait les joues de Harry rougir, ses yeux s'illuminer d'une étrange flamme, et ses lèvres s'entrouvrirent.

Un appel au baiser. A la luxure. Au désir…

Il fallut qu'une musique invitant au slow arrive pour que l'adrénaline cesse de circuler dans leur corps. Agacé, et d'un coup épuisé, Draco entraîna son partenaire avec lui. Le brun non plus ne semblait pas particulièrement attiré par ce genre de danse, cela l'aurait peut-être même gêné de danser de cette façon avec un homme, bien qu'il soit plus gênant d'allumer Draco que de tourner lentement sur lui tout en l'enlaçant.

Le bar était assailli par les clients, tous masculins. Draco et son partenaire se faufilèrent, l'un tirant l'autre vers l'avant, jusqu'à arriver devant la surface polie du bar. Draco accueilli le brun contre lui enlaçant ses épaules, et la promiscuité des autres hommes les forçaient à se coller l'un contre l'autre. Le brun passa un bras autour de sa taille alors que Draco commandait deux verres de firewhisky. Un serveur plutôt mignon posa les deux verres sur le bar avant de repartir servir de nouveaux clients.

Draco sirotait son verre, jetant de fréquents coups d'œil au brun qui semblait parti dans ses rêveries. Il avait envie de descendre sa main et de toucher à nouveau ses hanches, puis ses fesses, ou tracer le contour de son torse, ses muscles qu'il devinait bien dessinés sur sa chemise. Il le désirait. Depuis leur déjeuner du midi, il le désirait, depuis des nuits, il désirait posséder ce corps. Sans jamais oser aller plus loin. Sans jamais oser franchir les limites qui existaient entre chaque être humain.

Pourtant, il avait envie. Il avait envie de le toucher, de le caresser, d'éveiller le désir en lui. De voir ses yeux briller et sa bouche sourire, s'entrouvrir. Il avait envie de l'embrasser, de découvrir ses lèvres et le goût de sa langue.

Alors, quand son partenaire leva les yeux vers lui, l'interrogeant du regard, Draco se baissa. Lentement. Comme s'il attendait le moment où l'autre s'en irait, hésitant ou gêné. Mais l'autre ne se recula pas, ne s'échappa pas de cette main qui appuyait sur son épaule, le retenant. Au contraire, il ferma les yeux, et attendit que le blond l'embrasse. Et c'est ce qu'il fit.

Draco l'embrassa. Chastement, d'abord, déposant ses lèvres sur celles du brun. Elles étaient parfaites, ourlées et tendres. Des lèvres faites pour embrasser. Après avoir savouré ce contact, il pointa la langue, lécha la commissure des lèvres, qui céda bien rapidement. Le baiser devint langoureux au moment où Draco approfondit leur échange, glissant sa langue dans la bouche chaude du brun, au goût d'alcool et d'ivresse. Draco l'embrassa avec toute la fougue et la tendresse dont il était capable, dévorant ces lèvres rougies qui l'appelaient depuis des nuits, dégustant cette bouche qui répondait à ses assauts avec langueur.

Un baiser dont ils n'avaient jamais rêvé. Un baiser magique, qui n'aurait jamais dû exister. Parce qu'ils étaient ennemis. Deux hommes. L'un fiancé, l'autre sali.

Pourtant, cela avait un goût de paradis. Un peu comme si cela devait être ainsi, comme si c'était normal que leur esprit ce perde dans ce baiser Ô combien sensuel, qui les laissa pantelants. Le brun gémit quand leurs bouches se quittèrent, puis il rouvrit les yeux, rencontrant le regard de Draco. Ses yeux verts brillaient de mille feux, comme des pierres précieuses.

Et alors que le brun calait sa tête dans son cou, respirant son odeur, Draco ferma les yeux. Son cœur battait à la chamade, son bas-ventre se réveillait. Il se dit qu'il était maudit. Et que cet homme n'était pas un ange. Loin de là…

Allez en Enfer.

Là où le diable se trouve.

Une insulte. Presque invitation.


Merci de m'avoir lue ! J'espère que ça vous a plu !