Disclaimer: Les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si!

Couple: Harry / Draco.

Evaluation: M.

Hello les jeunes ! Et non, je ne suis pas morte mais toujours en vie...

Lys : Pour ceux qui lisent Papillon, il va falloir attendre encore un peu. Je sais que ça met du temps à venir mais l'auteur a du mal à pondre le prochain chapitre et, accessoirement, elle a eu ses partiels ^^

Donc je m'excuse pour ce retard... Je poste ce chapitre car il était temps, tout de même XD Et aussi parce que c'est... L'anniversaire de Gogobook !

Lys : Donc un BON ANNIVERSAIRE à toi, Go' ! :D

J'espère que t'as passé une super journée ;).

Lys : Mention spéciale au lemon qui lui a pris la tête, avec son histoire d'éclipse... -.- Qu'est-ce que tu peux être relou avec tes métaphores...

Bah écoute, pour une fois que j'essaie d'être poétique... XD Au moins les choses avance ! :D

Lys : Il était temps !

Pas faux x)

Bonne lecture !


Chapitre 4

D'un geste lent, Draco ouvrit la porte du laboratoire. Il y entra et poussa la porte, avant de parcourir la petite distance qui le séparait de son bureau, dans lequel il s'enferma.

Il était épuisé. Tout simplement épuisé. Il avait l'impression que sa vie s'était accélérée depuis qu'il fréquentait Potter, tant ses jours et nuits étaient emplis de sa présence. D'ailleurs, ce dernier l'avait invité à déjeuner. Une fois de plus. Et Draco ne pourrait pas dire non, car lui aussi avait envie de le voir, même s'il avait dansé la veille avec lui.

Il était heureux, car il avait réussi à retrouver leur complicité. Harry n'émettait plus de réserves, il se livrait à lui sans contraintes. Et plus les jours passaient, plus Draco s'enfonçait dans ce piège vieux comme le monde, se laissant séduire par cet homme qu'il n'appelait même plus par son nom.

En fait, il était devenu dépendant de lui, et Draco s'en rendait de plus en plus compte, ce qui l'inquiétait. Il aurait dû se méfier, laisser le temps faire son effet, ou tout simplement le repousser au lieu de le laisser empiéter dans son espace vital. Faire comme il avait fait avec tous les autres hommes : une nuit et c'était fini. En fait, il n'aurait jamais dû l'approcher, tout simplement.

Mais les faits étaient là : il était séduit par cet homme et il ressentait le besoin de le voir. Et le pire était qu'il ne luttait pas. Il avait l'impression de revivre. De vraiment vivre, pour une fois, et cette délicieuse sensation, il ne voulait pas la perdre. Mais si elle était éphémère. Même si tout cela n'était qu'un rêve parmi tant d'autres. Il se sentait presque en paix avec lui-même. Même si cette relation était étrange et peu normale.

Draco poussa un soupir et se décida à travailler. Il sortit donc ses nombreuses notes ainsi que les pages de son grimoire, les dernières qu'il avait écrites. Puis, il se mit à recopier, barrant certains passages pour les reformuler, vérifiant certaines données sur d'autres papiers…

Le médicomage travailla une bonne heure avant que ses apprentis n'arrivent. Enfin, il n'y avait que Paxton, Andromaque ne devrait passer que dans l'après-midi. Draco s'en rappela quand il vit le jeune homme entrer seul dans le laboratoire. Et il fronça les sourcils quand il vit l'air soucieux sur le visage de son apprenti, sa lèvre mordillée par ses dents et son regard baissé vers le sol, comme un enfant pris en faute.

« Bonjour, Paxton. Tu vas bien ?

- Bonjour, Mr Malfoy.

- Prends ta respiration et calme-toi. Je ne vais pas te manger ni te mordre. »

Le jeune homme prit une profonde inspiration puis relâcha tout l'air et jeta un regard incertain au médicomage. Il parla, tout en se tortillant les doigts, angoissé au possible.

« Je vais arrêter mes études.

- Pardon ?

- Je vais arrêter. Je… je peux plus continuer, Monsieur… »

Draco n'arrivait pas à le croire. Un garçon aussi brillant, aussi doué et travailleur… c'était du gâchis. Du gâchis total…

Son visage traduisait son angoisse, sa peur, sa souffrance. Il était obligé. Il n'avait pas le choix.

« Je vais t'aider, Paxton. Je vais te prêter de l'argent, je…

- Je peux pas continuer, Monsieur… »

Sa voix se rempli de sanglots et ses yeux devinrent humides.

« Ma sœur a accouché hier soir. Et elle est partie. Sans le bébé. Elle m'a laissé le bébé… »

Des larmes coulèrent sur ses joues, alors qu'il se tortillait les doigts, les malmenant, sa bouche se tordant en une grimace de douleur. Il baissa les yeux et son corps maigre tressauta sous la force des sanglots qu'il tentait de contrôler.

Et Draco comprit. La gamine avait accouché et s'était enfui de l'hôpital, laissant un bébé nouveau-né à son frère qui n'avait pas le courage de le laisser à l'orphelinat, abandonnant cet enfant qui n'avait pas demandé à naître. Paxton travaillait déjà trop, il n'aurait pas les moyens de payer son loyers et les frais que ce bébé exigeait. Abandonner ses études était tout ce qui lui restait à faire.

Pris d'une subite impulsion, Draco le prit par les épaules et le secoua. Paxton leva ses yeux humides vers le médicomage. Le blond se rendit compte de la fatigue qui creusait ses traits, il imaginait ses tourments, ses espoirs envolés et la souffrance qu'il devait ressentir à cause de cette trahison. Lui qui avait tant fait pour cette fille abandonnée à elle-même, lui qui l'avait soutenu et qui était prêt à travailler pour l'aider à élever cet enfant…

Quel âge avait-il, ce gamin… vingt ans ? Draco ne savait même pas…

« Paxton, écoute-moi. Je t'interdis d'arrêter tes études. Tu m'entends ? Tu es un garçon doué, intelligent et promis à un bel avenir. Je refuse cette situation. Je refuse que tu laisses tomber ton avenir parce que ta sœur t'a abandonné, toi et cet enfant.

- Je peux pas, Monsieur, je peux pas…

- Je vais t'aider. Tu m'entends ? Je vais t'aider. Je vais te trouver une nourrice et t'aider à payer les frais. Ne secoue pas la tête, Paxton, tu ne peux pas travailler plus ! Tu n'as pas d'argent ! Je vais t'aider. Je veux t'aider. »

Paxton secouait la tête, en larmes, subissant les effets de la nuit précédente et de cette nouvelle qui l'avait assommé. Alors Draco prit son visage entre ses mains, ce visage de gamin qui sanglotait parce que le monde semblait se retourner contre lui.

« Paxton, calme-toi. Tu veux garder cet enfant, et rien que pour ça, je suis fier de toi. Peu de personnes le feraient. Alors écoute-moi : je vais t'aider à payer les frais. Parce que je ne veux pas que tu souffres davantage, tu as assez payé comme ça. Aujourd'hui, on ne va pas travailler. Je vais t'emmener au service de l'enfance et on va s'occuper de la paperasse. D'accord ? »

Le jeune homme secoua la tête et baragouina un mot que Draco interpréta comme un merci. Oubliant son déjeuner avec Harry, il prit ses affaires et ferma le laboratoire pour la journée.

OoO

Quand il rentra chez lui, il était épuisé. La journée s'était déroulée trop rapidement, pour lui. Draco ne savait pas à quel point c'était compliqué de déclarer un enfant, surtout quand ce n'était pas celui de la personne qui venait signer les papiers. Il fallut faire des tests pour prouver que le jeune Paxton était bien l'oncle de ce bébé qui dormait entre ses bras. Ils parvinrent à trouver un arrangement, ainsi qu'une nourrice qui accepta de s'occuper du nouveau-né. Draco signa un contrat, lui promettant qu'il la paierait lui-même à la fin de chaque mois pendant une période indéterminée. Quand la journée se termina, Paxton contint ses larmes et remercia avec sincérité et émotions son supérieur pour sa grande générosité.

Draco ne voulait pas réfléchir à ce geste. Pour lui, ce n'était pas de la générosité. Honnêtement, il appréciait ce gamin bosseur et gâcher un tel talent serait dommage. Et puis, cet enfant n'avait pas demandé à naître, mais il avait été abandonné à peine né… A quoi bon réfléchir à tout ça… Il avait agi, voilà tout.

Avec toute cette histoire, il n'avait pas travaillé de la journée. Et il avait manqué le déjeuner avec Harry. Mais ça, il ne l'avait remarqué que quand son ventre se manifesta. A ce moment-là, il était trop tard : l'heure était passée, et Potter devait être parti. A moins qu'il n'ait mangé seul. A cette idée, Draco s'en voulu, à la fois parce qu'il lui avait posé un lapin, mais aussi parce qu'il n'avait pu le voir. Enfin, il n'aurait jamais avoué cette dernière idée, même s'il y pensait très fort.

Il se demanda si Harry lui en voulait. Très certainement. Et s'il serait à la boite de nuit ce soir-là. Bien évidemment.

Draco partit donc dans la salle de bain pour prendre une douche et se débarrasser de cette journée aussi compliquée que fatigante. Il pensa à la petite fille que Paxton tenait dans ses bras, son tout petit visage endormi, ses mains minuscule et cette étrange aura qui entourait le corps frêle du bébé. C'était un prématuré, et il était normalement impossible de le transporter, c'était pourquoi les médicomages avaient lancé un sortilège de protection assez spécial sur l'enfant, ce qui lui permettrait pour une durée d'une seule journée de ne pas chopper toutes les maladies qui traînaient dans l'air. Draco avait écarquillé les yeux en voyant le nombre de potions que les médicomages avaient donné au nouveau papa pour assurer la survie de l'enfant sans le lait maternel de sa mère, empli de magie. Ils durent faire des pieds et des mains pour trouver une nourrice qui venait d'accoucher dans le but qu'elle donne son lait à l'orpheline.

Une jolie orpheline aux cheveux bruns et légers, un petit duvet sur le haut de sa tête. Draco n'avait qu'à fermer les yeux pour imager le visage de l'enfant qui dormait. Si innocent, si tranquille… ignorant de tout, de ce qui lui arrivait, de ce qui aurait pu lui arriver…

Draco quitta la salle de bain avec une simple serviette autour de la taille. Il entra dans sa chambre et fouilla dans son armoire, à la recherche de vêtements pour la soirée de ce soir-là : du cuir. Alors qu'il enfilait un pantalon en cuir noir, Draco se demanda si Harry jouerait le jeu. Il avait de gros doutes là-dessus, il l'imaginait mal avoir du cuir dans son armoire. A moins que… pour séduire Weasley… non, mauvaises pensées. Il ne voulait pas penser à cette garce rousse. Il préférait imaginer Potter avec une tenue indécente en cuir, c'était bien mieux.

Quand il eut terminé, Draco se regarda dans une glace. Il avait enfilé un pantalon en cuir qui mettait en valeur ses longues jambes et le galbe de ses fesses, une ceinture enserrait sa taille, et un débardeur dans la même matière cousu sur les côtés couvrait son torse. De plus, deux morceaux de cuir cousus avec des lanières recouvraient ses avant-bras. Il ne manquait plus que ses chaussures, et il serait parfait. Enfin, plus ou moins…

Draco ne tarda pas à atteindre la boite de nuit, espérant que Harry y serait. De toute façon, s'il ne le voyait pas, il s'en irait. Il n'avait pas envie de danser avec quelqu'un d'autre que lui, et il le lui avait bien fait comprendre d'ailleurs. En effet, au cours d'une soirée, le brun lui avait avoué pourquoi il l'avait ignoré pendant une bonne semaine : il était arrivé avec un peu de retard et avait vu Draco danser avec un autre homme. Et ce n'était pas une simple valse, loin de là, c'était limite s'il n'allait pas lui sauter dessus sur place… Draco comprit alors que Potter était jaloux. Possessif. Et la rougeur sur ses joues fit apparaître un sourire carnassier sur ses lèvres, alors que son cœur battait bien plus vite qu'habituellement…

Quand il entra dans l'établissement, il vit la patronne assise près du vigile gardant les portes de la boite de nuit, assise sur un siège. Elle semblait épuisée et mordillait plus qu'elle ne fumait la cigarette qu'elle tenait entre deux doigts.

« Bonsoir, Mme Nightingale.

- Bonsoir, jeune homme. Comment vas-tu ?

- Bien, et vous ? Vous m'avez l'air épuisée.

- Devine quoi : mon fils s'est trouvé un fiancé. Une tapette. Merlin, mais qu'ai-je fait pour mériter ça…

- Créer une boite de nuit gay ?

- Mais pourquoi pas un homme viril ? Un homme qui ressemble à un homme ? C'est limite s'il n'a pas changé de sexe, ce type ! »

Draco pouffa en l'entendant rouspéter et il vit bien le grand noir posté devant le pupitre esquisser un sourire goguenard. Mme Nightingale était loin d'être homophobe, ayant fondé ce lieu pour son fils, et continuant à accueillir des homosexuels. Elle les regardait résilier leur abonnement avec joie, car ils n'avaient plus besoin de venir là, ayant trouvé quelqu'un pour remplacer les conquêtes d'un soir. Moins il y avait de clients, et mieux elle se portait.

« Je vous pensais plus tolérante.

- Je suis tolérante. Quand on voit les énergumènes qu'il m'a ramenés à la maison, on peut dire que je suis tolérante. Qu'est-ce qu'il va m'amener la prochaine fois ? Un grand-père ? Merlin, il en serait capable… »

Elle semblait tout simplement hallucinée, refusant l'idée même que son fils lui présente un homme plus âgé qu'elle. Le médicomage trouvait cette femme vraiment étonnante et il se dit que son fils avait de la chance d'avoir une mère pareille. Et, à son avis, il devait le savoir.

« Allez, descend, un charmant jeune homme t'attend. »

Mme Nightingale lui fit un clin d'œil. Draco fit un gros effort sur lui-même pour ne pas rougir, esquissant un léger sourire à la patronne qui semblait glousser intérieurement. Elle devait en voir plein, des comme lui. Des hommes qui venaient ici pour retrouver des personnes qu'ils ne pouvaient voir à la lumière du jour, se contentant alors de la lumière des néons pour éclairer des visages aimés.

Draco passa les portes battantes, descendit l'escalier en colimaçon, et arriva dans la grande salle où une marée d'hommes vêtus de cuir se déplaçaient. Certains avaient des tenues assez osées, cachant à peine la peau de leur corps. Il vit des hommes portant des shorts de cuir se balader torse nu, aguichant d'autres mâles plus vêtus. Il fallait avouer que la plupart des tenues étaient incroyablement sexy, de quoi faire virer de bord un hétérosexuels, vu les spécimens qui se baladaient dans la salle. Draco aurait pu se retrouver, viser l'un d'eux et le tirer par la ceinture sur la piste, mais il avait une autre personne en tête. Un beau brun qu'il ne tarda pas à trouver près du bar. Avec un pantalon en cuir noir et un débardeur sombre, le tout mettant en valeur sa musculature.

Deux hommes étaient en train de lui parler. Draco fronça légèrement les sourcils, les trouvant un peu trop aguicheurs à son goût, mais décida de rester calme, comme à son habitude. D'une démarche traînante, il s'approcha de son partenaire habituel, et parla d'une voix froide aux deux énergumènes qui osaient poser les yeux sur son homme.

« Bonsoir messieurs. Belle soirée, n'est-ce pas ? »

Le brun leva les yeux vers lui et esquissa un léger sourire. Il leva un peu la tête et Draco interpréta cela un comme un signe. Alors, il se baissa et happa la bouche rosée du brun, qui répondit tendrement à son baiser. Draco plongea sa langue dans la bouche du brun un court instant, pour gouter sa bouche, avant de mettre fin à leur baiser et lever son regard vers les deux hommes qui demeuraient plantés là, médusés et ne sachant quoi faire. Le blond, tel un félin, leur lança un regard peu avenant et parla d'une voix traînante.

« Dégagez. »

Ils ne se le firent pas répéter deux fois. Draco entendit le brun glousser sur sa chaise, devant une telle manifestation de jalousie de la part du blond. Le médicomage le regarda et haussa un sourcil.

« Un problème ?

- C'est mignon.

- Quoi donc ?

- Ta jalousie.

- Je ne suis pas jaloux. Juste possessif. »

Draco posa une main sur le bar derrière le brun, qui avait appuyé le dos contre, et posa une autre main sur la hanche du jeune homme. Il esquissa un sourire séducteur qui fit rougir l'autre de façon adorable. Puis, il l'embrassa à nouveau, d'abord de façon tendre, sachant que l'autre répondait toujours avec plaisir à ce genre de baiser, moins fougueux, plus intime. Tendre. Presque amoureux.

Puis, le blond butina ses lèvres, embrassant sa bouche, puis la survolant. Le brun près de lui soupirait, se laissant faire, les yeux clos.

Il aimait ce genre de baiser. Ce genre d'échange, d'attention. Ça changeait tellement de d'habitude… Mais il se demandait tout de même si l'autre échangeait ce genre de baisers avec sa fiancée, s'il était aussi tendre avec elle. S'il avait un tel visage, doux, abandonné. S'il soupirait de cette manière quand on lui embrassait la joue, quand on remontait la main sur sa cuisse, tout en effleurant son cou des lèvres…

« Tu es beau, tu sais…

- Tu dis ça pour me séduire ?

- Je n'ai pas besoin de ça pour te séduire. »

Draco planta son regard dans les yeux verts du brun qui le soutient, lui présentant alors les émeraudes brillantes qui lui servaient d'yeux. Il les ferma un peu et se pencha vers Draco pour effleurer ses lèvres des siennes. Un léger baiser. Baiser papillon. Une caresse. Qui ébranla complètement Draco Malfoy.

« On va danser ?

- Si tu veux. »

Alors Draco se dégagea un peu pour que l'autre puisse se lever de sa chaise. Ils allèrent sur la piste et se mirent à danser au rythme d'une musique aussi forte que dynamique. Il y avait beaucoup de monde ce soir-là, les clients étaient déchaînés. On tenta de les séparer, mais Draco gardait son partenaire contre lui, et il en profita allègrement, ce qui ne sembla pas du tout gêner le brun.

Au contraire, il se rapprochait de lui, et ils ne tardèrent pas à se mouvoir, collés l'un contre l'autre. Le brun le défiait du regard, les yeux pétillants et un léger sourire sur les lèves. Quelques joues de transpiration apparaissaient sur ses tempes tandis qu'il secouait ses cheveux noirs indomptables. Et son corps, toujours son corps, si près du sien, à l'allumer, à attiser son désir de façon aussi innocente qu'efficace.

Si beau dans ce pantalon moulant et ce débardeur sombre. Sa peau légèrement bronzée, pas aussi pâle que la sienne. Ses yeux verts si vivants, brillants de mille feux. Son sourire. Ses dents blanches.

Un appel à la luxure…

Et Draco fut excité. Pas comme d'habitude. Plus que les autres nuits. Car son désir, pour la première fois, fut clairement visible. Il fit soudain partie de ces mâles en chaleur qu'il snobait, ces types qui ne parvenaient pas à gérer leurs hormones et qui déformaient leurs pantalons avec un désir mal contrôlé. Car il sentit une partie intime de lui-même se réveiller de façon gênante et il aurait pu rougir, s'enfuir, arrêter de danser s'il n'avait pas senti la même chose chez le bel homme qui dansait contre lui.

S'il ne l'avait pas embrassé comme si sa vie en dépendait. S'il ne l'avait pas touché comme on caresserait un amant. Si le désir qui les liait n'était pas aussi palpable qu'à ce moment-là…

Draco avait envie de lui. Comme il n'avait jamais eu envie d'un homme. Il voulait quitter cette pièce et lui faire l'amour. Lui montrer une autre facette de lui. Pas le danseur de la boite de nuit, pas le médicomage de Ste-Mangouste. Draco voulait le posséder, lui faire voir d'autres étoiles, le faire rêver.

Alors il osa. En sachant pourtant que l'autre allait le repousser. Que c'était aller trop loin, c'était pousser les limites imposées par cette boite de nuit.

« J'ai envie de toi. »

Il s'attendit à un rejet. Qu'il le repousse. Qu'il l'arrête, s'enfuie, disparaisse.

Mais…

« Moi aussi. »

OoO

Ils entrèrent dans l'appartement. La chambre était trop loin, ils mirent un temps fou à l'atteindre. Ils passèrent un long moment dans le couloir, le corps du brun plaqué contre un mur, alors que Draco dévorait sa bouche, incendiait son corps de ses caresses, ondulant contre lui. Leurs bouches fusionnaient, incapables de se séparer une seconde, comme si lier leurs lèvres était essentiel à leur survie. Et, dans le fond, peut-être était-ce le cas.

Ils s'arrachèrent leurs vêtements, tentant tant bien que mal d'atteindre la chambre à coucher. C'était difficile, surtout pour Draco, qui dévorait littéralement l'homme contre lui.

Il était en train de rêver. Draco rêvait. L'homme qu'il désirait, l'homme qu'il regardait de loin, il était là tout contre lui, brûlant d'une fièvre que lui seul pouvait guérir. L'homme qui partageait ses nuits, sous la musique entraînante ou dans ses rêves, et l'homme qui déjeunait avec lui le jour étaient en train de ne former qu'une seule et même personne.

Les deux amants finirent par atteindre la chambre, et quand ils y arrivèrent, ils se battirent avec leurs pantalons et sous-vêtements avant de s'écrouler sur le lit, nus et tremblants. Le brun alluma la lumière, la lampe de chevet éclaira alors faiblement la chambre d'une lueur dorée.

Le cœur de Draco battit plus vite encore dans sa poitrine : ils ne feraient pas cela dans le noir. et le visage du brun n'était pas éclairé par la lumière blessante des néons, ni par l'éclat du soleil. Mais par une lampe de chevet. Près d'un lit. Dans un endroit où il n'aurait jamais dû mettre les pieds. Où Draco avait toujours dormi seuls.

Où leurs vies étaient en train de changer…

Tout fut très lent. D'abord, Draco caressa le corps en feu de son amant, lui offrant des trésors de tendresses, avant de descendre le long de son corps, embrassant sa peau chaude et humide, et taquiner son sexe avec sa bouche. Il se délecta de ses gémissements de plaisir, de la beauté de son visage abandonné et de ses joues rougies. Draco lui fit l'amour avec sa bouche, avant d'abandonner un court instant le membre érigé pour attraper un tube de lubrifiant dans sa table de nuit. Placé là, des fois que ses fantasmes ne soient plus des rêves.

Draco commença à revenir sur terre quand il prépara son amant. Alors que ses doigts allaient et venaient en lui, il se dit qu'il allait trop loin. Malgré le désir, son envie de lui, son besoin de le faire sien, il se disait que tout cela était trop rapide. Qu'il fuirait. Peut-être. Que tout cela n'était qu'un rêve. Avant de se rappeler qu'il était dans son appartement. Dans sa chambre. Dans un endroit où personne, mis à part lui, n'avait mis les pieds.

Il était dans sa chambre. Le jour et la nuit étaient en train de se rencontrer. Le fantasme baigné dans la lumière de la lune était en train de se mêler à la réalité du jour. Tout cela allait trop loin. Mais rien au monde n'aurait pu empêcher Draco de continuer.

Le toucher. Caresser son intimité, lui faire oublier la douleur. Lui faire oublier cette femme qu'il avait aimée, et qu'il aimait peut-être encore. Sûrement. Lui faire oublier qu'il regretterait sûrement demain, que tout cela allait bien au-delà du rêve, et qu'il ne le reverrait sans doute jamais.

Oublier que la brûlure du soleil ferait mal, que son apollon disparaitrait comme il était apparu dans sa vie.

L'autre était prêt. Frémissant, abandonné, il était prêt à le recevoir. Alors Draco s'allongea sur lui. Leurs sexes se rencontrèrent, provoquant une décharge électrique dans leurs corps. Le visage du brun était beau à damner un saint, ses yeux brillaient comme jamais et sa bouche rougies et malmenée était un appel aux baisers.

« Je vais te faire l'amour. Moi, Draco Malfoy, je vais te faire l'amour. »

Une lueur de compréhension ? D'éveil, dans son regard embrumé ?

Non. Juste ses paupières qui se fermèrent, longuement, avant de se rouvrir, en un signe de consentement. Puis, il entrouvrait les lèvres et pointa sa langue, que Draco prit entre ses lèvres pour la sucer, puis prendre sa bouche. Le brun enlaça son cou, ses épaules, tandis que le blond prenait ses hanches. Puis, il s'enfonça à lui.

Et l'éclipse eut lieu. Le jour et la nuit se rencontrèrent, la lune et le soleil se superposèrent. Les deux images, le fantasme et l'homme, le danseur pommé et le gars fiancé se firent plus qu'une seule et même personne.

Draco fit l'amour à Harry Potter. Il lui fit l'amour, comme il ne l'avait jamais fait à personne, allant et venant dans son corps avec passion, privilégiant son plaisir au sien. Déployant des trésors de tendresse, caressant son corps, baisant son front, ses joues, sa bouche avant de déposer un suçon provocateur au creux de son cou. Leurs gémissements ne formaient plus qu'une même symphonie qui s'épanouissait dans la chambre innocente.

Draco ne vivait plus que pour ce moment. Ce moment rêvé où l'éclipse permettait la rencontre de ces deux êtres, un homme perdu qui rêvait d'une vie plus belle, sans jamais oser la chercher, et un autre qui désirait une existence bien à lui, loin des modèles que les autres voulaient lui imposer. Un homme qui ne vivait que la nuit, un autre qui ne vivait que le jour.

Une éclipse. Qui aurait des conséquences. Qui permit l'union de deux êtres qui atteignirent les étoiles d'un même cri de libération, s'envolant alors loin dans les cieux, avant de redescendre sur terre. Et s'endormir, bercés par les bras de Morphée. Sans penser au lendemain. Aux jours à venir. Qui ne seraient pas faciles…

OoO

Les rideaux n'avaient pas été tirés, alors les rayons du soleil passaient sans souci à travers la vitre de la fenêtre, illuminant la chambre de ses rayons chaleureux. Draco mit du temps à réaliser que c'était cela qui le réveillait : la lumière qui avait pris la place de la nuit.

Les yeux toujours clos, il se rappela des évènements de la veille. Vaguement. Aussi bien que son demi-sommeil le lui permettait. Puis, Draco étendit le bras. Et ne trouva que du vide. Aussitôt, il ouvrit les yeux et regarda tout autour de lui, anxieux. La nouvelle l'assomma dans toute sa splendeur, ce fut presque comme gifle : la veille, il avait couché avec Harry Potter, et il était parti. Pas un mot sur l'oreiller. Pas de vêtements par terre. Il avait disparu.

Sans même réfléchir, Draco se leva, enfila son peignoir, et parcourut l'appartement. Les autres pièces, le salon, la cuisine, la salle de bain… mais il ne trouva Harry nulle part. Il avait disparut.

Draco avait du mal à respirer, sa tête tournait. Il se laissa aller contre un mur, les mains tremblantes, la gorge serrée. Une grimace se forma sur son visage alors qu'il serrait les dents, un mélange de déception et de colère se brouillant en lui. Il tenta d'encaisser le coup, mais il n'y arrivait pas.

Tout cela n'était qu'un rêve. Un simple rêve. Un fantasme qu'il avait réalisé, et qui avait disparu. D'avait-il espéré ? Qu'il serait là au petit matin, pour partager une tasse de café ? Les yeux brillants et la bouche en cœur ? Bien sûr que non. C'était évident qu'il partirait.

Après tout, ils étaient allés trop loin. Bien trop loin. Leur désir réciproque les avait fait déborder. Harry était venu dans son lit, perdant alors son statut d'hétéro, fiancé à la sœur de son meilleur ami, tandis que Draco l'avait emmené dans son lit, dans son propre appartement, et non pas dans un hôtel du coin. S'il était honnête avec lui-même, le blond avouerait que c'était pour lui montrer qu'il tenait à lui, que ce n'était pas que pour tirer un coup. Et peut-être que Harry l'avait compris. Et c'était pour ça qu'il était parti.

Draco tenta de se reprendre. Il respira calmement, déglutit, en se disant que ça ne servait à rien de se lamenter sur son sort. Harry était parti, il aurait dû s'en douter, et il devait passer outre la douleur qui lui broyait les entrailles. Aussi blessé que déçu, Draco partit dans sa salle de bain pour prendre une douche, et se laver de cette nuit magnifique qui aurait mieux fait de ne jamais exister. Mais quand il sortit de la pièce, avec un autre peignoir sur le dos, Draco ne se sentit pas mieux, loin de là. Il n'en revenait toujours pas que Harry soit parti. Comme ça. Comme un voleur.

Quand, soudain, un cliquetis se fit entendre dans la serrure de sa porte d'entrée. Le cœur battant à la chamade, n'osant y croire, Draco arriva dans l'entrée. Où Harry Potter était en train de fermer la porte, le manteau du blond sur les épaules, et un sachet de viennoiseries dans les mains. Quand le brun vit l'autre debout dans l'entrée, il esquissa un léger sourire un peu gêné.

« Bonjour Draco. Je me suis permis de prendre ton manteau, c'était pas terrible de sortir comme ça… »

Il fut soudain interrompu par le blond qui venait de le prendre dans ses bras, les enroulant autour de ses épaules, pour le serrer fort contre lui. Le soulagement déferlait en lui, faisait trembler son corps par son intensité.

Il était resté.

« Draco ? »

Sa voix était étonnée. Draco ne savait pas quoi lui dire, ne savait pas comment lui expliquer à quel point il avait eu mal quand il avait compris qu'il n'était plus là.

« Je croyais… que tu étais parti. »

Il y eut comme un flottement. Le blond gardait sa tête nichée dans le cou du brun, les bras crispés autour de ses épaules. Il ne voulait plus jamais le lâcher. Plus jamais.

Alors, doucement, un bras de Harry remonta le long de son dos et fit de petits mouvements apaisants, tandis que son corps répondait à son étreinte. Une telle tendresse noua la gorge de Draco, qui s'était réellement senti abandonné, comme une merde. Il s'écarta un peu et embrassa la bouche de Harry, qui demeura blotti contre lui.

Le jour s'était levé. Et tout avait changé.

OoO

Dans sa panique, Draco n'avait pas vraiment regardé dans la cuisine, mais s'il avait fait plus attention, il aurait vu que le café était en train de couler et que deux tasses étaient sorties sur le plan de travail. Il ne put s'empêcher de rougir quand Harry les lui montra. Ce dernier pouffa, mais ne ria pas ouvertement : il avait l'air touché par l'inquiétude de Draco.

Une inquiétude pourtant bien fondée mais qui s'évapora au fil des minutes. Harry lui demanda s'il pouvait lui emprunter des vêtements : il devait aller au travail. Il ne pouvait pas repasser par chez lui, Ginny lui demanderait bien pourquoi à une heure pareille alors qu'il était censé être en mission en Ecosse, et il était hors de question de se rendre à la base avec de pareils vêtements : si les sorties des aurors n'étaient pas contrôlées, leurs entrée l'étaient bien plus.

Draco lui donna son accord et mit un temps fou à trouver des vêtements à sa taille. Il s'étonna tout de même, se demandant comment il avait pu sortir d'une base d'aurors habillé de cette façon. D'un air complice, Harry lui dit qu'il faisait nuit et un simple sortilège de confusion faisait l'affaire. Puis, il alla se laver.

Le blond était rassuré. C'était la première fois qu'ils parlaient de la boite de nuit, tous les deux. Pas directement, certes, mais ils en parlaient quand même : Harry faisait des escapades non autorisées afin de le voir. Il trompait sa fiancée. Et ne semblait pas avoir de regrets. Sinon, il ne serait pas descendu acheter des viennoiseries chez le boulanger français du coin de la rue.

Quand Harry revint dans la cuisine, Draco était en train de servir du café. Harry d'assit et prit un croissant dans la panière où Draco les avait disposés. Puis, le blond s'installa à son tour et ils mangèrent ensemble dans une ambiance agréable. Draco se détendit progressivement, il parvint à faire rire Harry qui semblait de bonne humeur, bien qu'il semblait assez gêné quand il faisait des mouvements brusques. Draco ne put s'empêcher de rire quand il comprit pourquoi le brun gigotait et, ce dernier, écarlate, le gronda en lui disant qu'il avait été un peu trop passionné la veille, d'où ces douleurs.

A ces mots, Draco réalisa que Harry lui avait donné sa première fois. Malgré lui, ses joues rosirent, et il s'attendit à ce que son amant se moque lui. Mais au contraire, il n'esquissa qu'un léger sourire, son regard intense rivé sur lui, avant de prendre un autre croissant et en déchirer un morceau pour le porter à sa bouche. Une bouche à laquelle il avait fait l'amour…

Draco se leva pour prendre dans le réfrigérateur une brique de jus d'orange. Au passage, il passa une main affectueuse dans les cheveux ébouriffés de Harry. Quand il revint s'asseoir, la brique et un verre dans les mains, le brun semblait tout troublé.

« Tu en veux ?

- Oui je veux bien.

- Dans combien de temps tu comptes t'en aller ?

- Dans peu de temps. »

Draco posa un verre devant lui et le servit. Harry prit le verre et but une gorgée, tandis que le blond enfin se rasseyait enfin pour voir son verre. Du coin de l'œil, il regardait le brun, avec au fond du cœur une sorte d'émerveillement à le voir là, alors qu'il aurait dû être à des kilomètres de cette chaise.

Quand ils eurent terminé leur petit-déjeuner, Harry s'essuya la bouche et parla.

« Merci pour ce petit-déjeuner. C'était agréable.

- C'est toi qui es allé chercher les viennoiseries.

- Oui, mais tu ne m'as pas jeté dehors.

- Je n'en aurais jamais été capable. »

Harry leva les yeux vers Draco qui l'expression de son visage se tendit. Draco se retint de froncer les sourcils mais il se demanda tout de même pourquoi il avait perdu cet air doux qu'il gardait constamment depuis son retour à l'appartement. Y avait-il un problème ?

« Tu sais… je ne regrette pas ce qui s'est passé cette nuit.

- Mais… ?

- Je…

- Harry, ne tourne pas autour du pot. Dis-moi ce que tu veux me dire. »

L'auror sembla hésiter. Il se mordilla la lèvre et Draco, le cœur battant d'angoisse, se dit que la courte liaison qu'il avait eue avec Harry se terminait ce matin. Que les espoirs qui avaient détendu son corps fondaient comme neige au soleil.

Harry leva les yeux vers lui une nouvelle fois, l'air sérieux. Franc.

« Il me suffit d'un mot de toi, Draco, et je quitte Ginny. »

Statufié. Il était statufié. Choqué. Les jambes sciées. La tasse dans la main, Draco ne put rien dire, les yeux rivés sur Harry, qui semblait tendu, nerveux. Le brun regarda sa montre et haussa un sourcil.

« Je dois y aller. »

Il se leva et se pencha vers lui pour embrasser sa joue, tout en lui souhaitant une bonne journée. Puis, il s'en alla. Laissant Draco seul dans la cuisine, ébahi.

OoO

Quelques jours passèrent. Trois, pour être exact. Draco ne mit pas les pieds dans la boite de nuit pendant ce laps de temps-là, mais il finit par céder à son envie et il y retourna. Il y rencontra Harry, qui semblait l'y attendre. Il l'invita à danser, il l'embrassa comme si sa vie en dépendait, enchaînant les verres. Puis, ils quittèrent la boite de nuit et se retrouvèrent en sueur dans le lit de Draco où ils firent l'amour un long moment.

Il était perturbé. Draco était perturbé. Il ne comprenait pas. Tout s'était chamboulé dans sa tête. Harry avait tout changé dans sa vie.

Pourtant, au début, rien n'avait été vraiment étrange ni bouleversant. Certes, il avait passé la nuit avec Harry Potter, son ancien ennemi et un auror de renom, et dans son appartement qui plus est. Il avait réellement cru qu'il l'avait abandonné, ce qui n'était heureusement pas le cas : Harry avait fait l'amour avec lui et il semblait assumer leur liaison, cet adultère. Draco aurait presque pu être rassuré s'il n'avait pas prononcé cette phrase, juste avant de partir : Il me suffit d'un mot de toi, Draco, et je quitte Ginny.

Pourquoi avait-il dit ça ? Pourquoi avait-il insinué qu'il suffisait que Draco le lui demande pour qu'il plaque sa fiancée ? Pourquoi lui avait-il une chose pareille ?

Il ne savait pas. Potter l'aimait-il ? Eprouvait-il quelque chose de plus fort plus lui que pour cette femme avec laquelle il vivait depuis tant d'années ? Comment cela pourrait-il être possible… Draco avait peur de mal interpréter cette phrase, ces mots dits avec tant de sincérité, et en même temps, il ne voyait quel autre sens pouvaient avoir ces paroles. Lui demandait-il de le libérer de cette situation ? De cette vie qu'il ne voulait pas ? N'importe quoi, il pourrait le faire de lui-même… et cela supposait qu'il tenait un minimum à Draco… Ou alors se moquait-il de lui ?

Incapable de tirer le vrai du faux, Draco avait décidé de ne plus se rendre à la boite de nuit pendant quelques temps. Ces paroles l'avaient bouleversé. Il se sentait presque euphorique, ces paroles avaient fait battre son cœur de bonheur… mais il avait suffi qu'il pose les yeux sur sa marque pour qu'il se souvienne de qui il était. Un mangemort. Un monstre. Une ordure. Et toute la beauté de Harry, la joie que ces mots avaient apporté à son âme, le tendre oubli qu'il avait éprouvé n'exista plus. Un profonde dépression étreignit son être pendant des jours, avant qu'il ne se traîne à la boite de nuit, comme un assoiffé, et qu'il y retrouve Potter. Ce rêve éveillé, qui lui avait voir les étoiles.

Et qui lui faisait encore voir les étoiles… car le lendemain matin, après cette nuit d'amour passionnée et tendre à la fois, Draco se réveilla avec Harry en creux de ses bras, à demi allongé sur lui, la tête sur son épaule. Quand le brun s'était réveillé, ils avaient échangé un baiser paresseux, ensommeillé, et le blond avait laissé l'autre se réveiller tranquillement, sans se soucier de l'heure. Quand le brun fut réveillé, il passa une main sur le torse pâle de Draco avait de se glisser sur l'épaule et sur son bras. Qu'il leva. Et vit la marque.

Draco se crispa alors, s'attendant à une quelconque marque de rejet, mais au contraire, Harry amena son bras vers lui et déposa un baiser sur le tatouage noir et immonde qui blessait sa peau. Draco fut tout retourné par un tel geste de sa part, par ces lèvres suivies par sa joue posée sur ce dessin témoin d'une époque révolue. Touché, il l'était aussi. Et ému, aussi. Un petit peu.

OoO

Cela faisait à présent une semaine et demie qu'ils avaient fait l'amour pour la première fois. Ils s'étaient revus deux nuits et ils avaient aussi déjeuné ensemble par deux fois. Rien n'avait changé dans leur comportement, Harry n'évoquait pas plus que d'habitude leur aventure. Ou peut-être que si. De façon cachée. Quand il lui disait que Draco semblait aller bien.

Et, dans le fond, c'était le cas : Draco se sentait bien. Presque en paix avec lui-même. Certes, leur relation était cachée et immorale. Certes, tout cela se faisait dans le plus grand secret et, dans le fond, il ne pouvait pas tirer grand-chose de cette liaison qui n'existait que dans les draps de son lit. Mais Draco se sentait comme en paix avec lui-même. Il allait moins à la boite de nuit, ne s'y rendant que pour trouver Potter, et quand ce dernier n'était pas là, il rentrait chez lui. C'était le seul homme qu'il désirait et le seul qui lui apportait quelque chose de bon. Qui lui faisait oublier un peu qu'il avait quelque chose d'atroce sur l'avant-bras, que sa vie était pourrie et qu'il n'était utile à rien.

D'ailleurs, Harry ne fut pas le seul à lui faire remarquer qu'il semblait aller mieux. Un jour, Draco entra dans la salle de repos pour prendre un café et il vit Théodore Nott à une des tables où le blond alla s'asseoir. Ils discutèrent un peu avant que le médicomage ne lui fasse remarquer qu'il avait bonne mine. Draco avait haussé un sourcil et son collègue précisa sa pensée : Draco lui paraissait plus vivant. Le blond lui répondit que le célibat lui allait très mal et Théodore répliqua d'un ton acide que, précisément, lui était bel et bien célibataire, mais ce n'était sûrement pas le cas de Draco, vu son air enthousiaste. Si le blond n'avait pas été élevé par un homme aussi calculateur et fermé que Lucius Malfoy, son visage serait devenu rouge pivoine.

Cela dit, Théodore ne posa pas davantage de questions : la vie privée de Draco Malfoy ne le regardait pas, et dans le fond, ça ne l'intéressait pas non plus. En tout cas, pas autant que toutes les commères qui se trouvaient dans la salle de repos et qui scrutaient le visage du blond, comme d'habitude, tout en chuchotant dans un coin, se demandant s'il était toujours célibataire ou s'il prévoyait de se marier un jour. Le célibat n'était pas spécialement bien vu dans les sociétés sorcières, c'était plutôt un signe de mœurs déviantes, ou d'un manque cruel de vie sociale.

Sauf que Draco ne pratiquait plus de mœurs déviantes. Ou, du moins, pas ce que Draco jugeait comme déviant autrefois, à savoir des aventures sans lendemain avec des hommes qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam. Là, il s'était fixé sur un homme, qu'il ne se contentait pas d'aimer l'espace d'une courte nuit, mais qu'il couvait des yeux les rares moments où il le rencontrait le jour.

C'était cela qui l'apaisait, aussi. Leurs regards. La façon dont Harry le regardait, les rares fois où ils se croisaient, et lors de leurs déjeuners. Cela lui donnait l'illusion qu'il comptait vraiment dans la vie de cet homme, qui avait tenu des propos aussi étranges que troublants.

Un mot de lui. Et il quittait Ginny.

Harry n'en avait plus parlé. Un peu comme si c'était oublié. Et pourtant, Draco était persuadé qu'il était sérieux, qu'il n'avait pas dit cela sur un coup de tête. Alors qu'attendait-il ? Qu'attendait-il pour lui demander de quitter cette bonne femme ?

Draco ne le ferait pas. Il le savait. Il ne le ferait pas. Car ce n'était pas à lui d'exiger une telle chose, et il n'était pas prêt pour assumer ce genre de relation…

Avec le Survivant… avec un homme…

Avec quelqu'un…

OoO

Par moments, il se demandait vraiment ce que Mme Nightingale avait dans la tête. Ou, plutôt, comment elle pouvait oser imposer des soirées aussi étranges que celle qui avait lieu ce soir-là. Enfin, cette soirée n'était pas « étrange », à proprement parler, mais…

Rose. Soirée rose. En somme, tout le monde devait s'habiller en rose. Et, à sa plus grande surprise, Draco était l'un des rares clients à ne pas avoir joué le jeu, ayant mis des vêtements clairs, mais très loin d'être rose. Et, à son plus grand plaisir, son amant ne s'était pas ridiculisé en s'étant habillé en rose de la tête aux pieds, ayant simplement enfilé un haut pâle de cette couleur honnie.

Draco le trouva tout de suite, ses yeux agissant comme un radar, ne cherchant que ses cheveux noirs ébouriffés et la silhouette de son corps. Son partenaire était en train de siroter un verre, discutant avec un autre homme vêtu en rose fuchsia, le genre de type à faire douter de son sexe par ses manières efféminées et sa voix haut perchée. Quand le blond arriva près de lui, il jeta le malotru sans la moindre douceur et prit son amant contre lui. Le brun se laissa faire, en lui faisant remarquer qu'il était en retard.

« Je me suis fait chopper par mon supérieur.

- Qu'est-ce qui te voulait ?

- Je m'en sors pas trop mal avec mes apprentis, ils font maintenant partie des meilleurs de la sélection. Il voulait savoir si j'accepterais d'en pendre un troisième.

- Tu as accepté ?

- Non. Je ne vais pas m'embarrasser d'un troisième apprenti, hors de question. Tu as l'air fatigué, toi. »

Le brun avait passé son bras autour de sa taille et appuyait sa tête contre son épaule. Il était plus petit que lui. Les traits de son visage étaient un peu tirés, de légères cernes soulignaient ses yeux verts. Il avait l'air un peu las. Tout autant que Draco.

« Ce sont tes ballades nocturnes qui te font cet effet ?

- Oh non. C'est le travail, plutôt. Ici, ce n'est que de la détente.

- Tu es en mission, actuellement ?

- Non. »

Alors pourquoi était-il ici ? Quel bobard avait-il raconté à sa promise pour venir ici ?

« Tu veux danser ?

- Dans cet amas de rose ? »

Le brun émit un petit rire amusé, ce qui vexa Draco : oui, toute cette ambiance de bonbon sucré ne lui plaisait pas du tout, à se demander pourquoi il y avait autant de monde, ici, et pourtant tous ces gens jouaient le jeu.

« Tu aurais dû te mettre en rose, le ridicule ne tue pas.

- C'est tout simplement hors de question.

- Tu serais mignon pourtant en lapin rose. »

Draco fit une grimace éloquente quand une armada d'hommes déguisés en lapins roses, à demi dévêtus, avec des oreilles dressées et un pompon sur leur arrière-train, parcourut la foule en se pavanant comme des stars. Certes, ils étaient désirables, le corps bien proportionnés et leurs attributs prometteurs à peine cachés sous leur caleçon rose pâle. Mais ce n'était certainement pas le genre d'hommes que Draco irait voir, loin de là…

« Jamais je ne ferai ça, tu peux rêver.

- On ne doit jamais dire « jamais ». »

Lentement, Draco passa une main douce dans les cheveux noirs de l'autre, qui ferma les yeux un court instant tout en poussant un soupir.

« Tu veux qu'on rentre ? »

Aussitôt, Harry ouvrit les yeux et les leva vers Draco, qui se rattrapa.

« Juste pour dormir. Pas… pour autre chose. »

Juste pour dormir. L'avoir dans ses bras, le serrer contre lui, sentir son odeur et sa peau contre ses lèvres. Pas besoin de plus. Pas de sexe, de sueur et de caresses.

Juste l'avoir contre lui…

« Je me lève tôt demain. »

Tant de sérieux dans ses yeux verts, sur son visage éclairé par la lumière rose de la boite de nuit…

« C'est pas grave. »

Harry tendit le visage vers lui et embrassa ses lèvres. Draco lui répondit, à peine un effleurement de langue, un baiser à peine amorcé.

Il préférait dormir avec lui. Ce soir. Avec lui. Et pas avec une autre…


Merci de m'avoir lue ! J'espère que ça vous a plu !