Disclaimer: Les personnages de Harry Potter ne m'appartiennent pas, mais l'histoire, si!
Couple: Harry / Draco.
Evaluation: M.
Bonjour à tous !
Lys : Hello :D Et non vous ne rêvez pas, d'une elle vous pas oublié (merci à Gogobook (ou Booky) qui lui a rappelé), et de deux elle poste en journée, et pas le week-end XD.
Oué, j'assure un max ! XD Bon, soyons sérieux. Voici donc le tout dernier chapitre de ce long OS que j'avais décidé de couper en petits bouts afin de le rendre plus agréable à la lecture. Quelle émotion ! T_T
Lys : Cette fic avait été écrite pour les 18 ans de Jojo Aquarius (depuis le temps, elle en a eu 19 XD), donc mention spéciale à cette charmante jeune fille :-).
Mention spéciale aussi à tous ceux qui ont posté des reviews depuis tout ce temps, qui m'on soutenue… Je ne peux pas donner tous les noms de tous ceux qui m'ont soutenue pour cette histoire, à travers leurs reviews si gentille. Cela dit, un GRAND merci à Ammara et Gogobook (ou Booky), qui ont été mes bêta.
Lys : Nous espérons que la suite vous plaira, que vous ne serez pas déçu. Et que vous apprécierez la fin ! XD Parce que Didi l'adore mais c'est pas le cas de tout le monde :p
Voilà. Bon, je ne sais pas quoi dire… A part que j'ai mis du temps à écrire cette fic qui, pour moi, est assez douce et tranquille, sans trop de chichis. J'ai suivi une trame simple et j'ai écrit une fic sans grande prétention, qui vous a plu, malgré ses défauts (et le fait que Draco soit allé en boite de nuit et ait ramené un homme chez lui alors qu'Elvis dormait dans son lit ! XD Mention spéciale à la personne qui souligné ce point avec beaucoup de passion :D).
Lys : Pour terminer, parlons du titre. Didi est incapable de faire un titre correct qui a un minimum de sens, donc elle a posté cette fic sous le nom d'« Existence » sans trop réfléchir là-dessus XD. Donc petite citation de la review de Pad'chan qui a su préciser la pensée de l'auteur, qui demeurait assez vague (c'est-à-dire qu'elle pensait vaguement l'existence morose de Draco, qui allait changer grâce à Harry et prendre tout son sens).
« Depuis le début, tu décris leur solitude, à ces deux âmes meurtries... leurs moyens de substitution pour s'en sortir, et puis la présence de l'autre. Avant il y avait l'absence mais sans qu'il n'y ait un manque. Ensuite il y a eu la présence. Et là, ce chapitre c'était le manque dans toute sa splendeur, la tristesse de ce manque, la solitude de ce manque... ce sentiment commun et banal qui nous a tous envahi, perfide car il ne se voit pas, il n'est pas "si" grave, il ne nous empêche pas de continuer à vivre ; mais il est là, blotti dans un coin, revenant de temps en temps nous narguer en nous fouttant des coups de blues. Tu as compris, on se retrouve en Draco... mais pas seulement, en Harry aussi. Tu as fait fort pour le coup ! Et c'est pour moi dans ce chapitre que le titre Existence prend tout son sens. Quand on nous prive de ce qui nous a fait exister ; on la réalise, cette existence. On réalise que sans ça, on vit, on respire, mais on existe pas en tant que personne humaine. »
C'est joli ce qu'elle dit… T_T T'es sûre qu'elle cause de moi ?
Lys : Je crois ouais :D
C'est vraiment gentil… Mais vous êtes TOUS gentil ! Donc MERCI A TOUS ET A TOUTES !
Changement de sujet.
COUP DE PUB !
Avec quelques copines, nous avons décidé de créer un fanzine. Ce projet se précisera au fil des mois. Nous comptons participer à de petites conventions avant de nous lancer dans l'aventure Japan Expo 2012 !
Ce fanzine s'intitule : Sectumsempra, mon amour ?.
Nous proposerons donc des goodies plus ou moins fabriqués avec nos petites mains (allez donc fabriquer un bagde A à Z ! XD) ainsi que notre fanzine ! Avec OS, illustrations… Nous pensons peut-être à faire imprimer Existence, par exemple :-).
Un blog ou site internet sera créé prochainement, quand nous aurons réglé les soucis administratifs et financier (car, blague à part, ça coute SUPER cher de créer un fanzine O.O Vous pouvez même po vous imaginer -.-).
Pour réaliser ce projet qui me (nous) tiens à cœur, nous avons besoin de votre aide ! Si vous savez dessiner ou si vous connaissez des gens qui pourraient nous aider, n'hésitez pas à me contacter pour en papoter ! Toute aide est la bienvenue ! :D
(Plus d'info sur mon profil, quand tout sera mis en place)
Une page facebook a été crée à ce nom, tout est encore en construction, mais ça avance gentiment.
Merci à vous !
Chapitre 7
On ne pouvait pas dire que sa vie avait réellement changé en si peu de temps, et pourtant, Draco avait l'impression de regarder d'un œil nouveau ce qui l'entourait. Plus rien ne semblait réellement l'énerver, ni les remontrances de Pathos, ni la chaleur insoutenable de l'étage, ni l'attitude quasi-insupportable de sa charmante génitrice.
En somme, rien n'avait changé dans son comportement, Draco agissait comme d'habitude. Il était simplement plus calme et le fait qu'il ne se soit pas énervé depuis au moins cinq jours étonnait beaucoup ses deux étudiants, bien qu'ils n'en disent absolument rien. Nott était aux abonnés absents, s'enfermant des heures et des heures pour étudier son grimoire de magie noire et, accessoirement, essayer de faire fuir les étudiants qui lui servaient d'apprentis. Si son premier travail n'avançait guère, en raison de la complexité de l'ouvrage, le deuxième était un véritable succès.
Cela faisait cinq jours qu'il s'était, en quelque sorte, remis avec Harry. Ils n'étaient pas en couple, à proprement parlé, mais leur histoire n'était pas tout à fait terminée. Draco ne voulait pas qu'elle se termine. Le fait que Harry l'ait attendu encore et toujours à la boite de nuit était révélateur : il tenait à lui et ne voulait pas que leur relation s'arrête. Quant au médicomage, il se sentait un peu plus sûr de lui-même car Harry lui laissait encore un peu de temps et il semblait aimer Elvis.
D'une certaine manière, leur vie avait repris sans grands changements. Ils s'étaient revus une fois, un soir, alors que Harry était censé être en mission. Draco s'était permis, cette fois, de lui demander s'il cherchait vraiment des excuses pour justifier auprès de sa fiancée ou de ses collègues ces départs inexpliqués et l'auror lui répondit que, oui, il le faisait, mais avec de moins en moins de convictions. Si ses collègues pensaient qu'il allait rejoindre sa promise, ce n'était évidemment pas le cas de cette dernière, qui se doutait de quelque chose.
Autant dire qu'apprendre cela stupéfia Draco. Bien sûr, Ginny ne pouvait qu'avoir des doutes, mais Draco n'aurait jamais cru qu'elle ait conscience des infidélités de son fiancé et qu'elle n'agisse pas. Harry lui répondit qu'elle lui trouvait des excuses : il s'était casé trop vite avec elle, alors il cherchait de l'amour dans d'autres bras, et elle laissait faire parce qu'elle pensait qu'il lui ferait des reproches, un jour, de lui avoir mis le grappin dessus trop vite, et de toute façon, il lui reviendrait forcément puisqu'ils étaient fiancés.
Un autre que lui aurait traité cette pauvre fille d'idiote. Mais Draco ne se le permettait pas. Bien sûr, il n'approuvait pas son comportement car à sa place, il n'aurait pas agi ainsi, gardant le silence au lieu de crever l'abcès. Et en même temps… Si des années plus tard, Harry le trompait avec un autre… pas sûr que Draco puisse le retenir. Par amour, il serait prêt à le laisser partir, ou plutôt, il serait prêt à subir ses infidélités, en continuant à espérer qu'il lui revienne entièrement.
Il y avait de ces choses niaises et romantiques dont il se moquait autrefois, en pensant ne jamais les vivre, alors qu'il était à présent obligé d'y penser et de les ressentir. Il ne savait pas si c'était une mauvaise chose. Il préférait ne pas y penser.
OoO
Elvis s'était enfin endormi. S'il avait été plus âgé, il aurait pu simuler le sommeil en fermant les yeux et en gardant un air serein sur le visage. Cependant, il n'avait que sept ans et il avait été tellement bouleversé que cela l'avait épuisé.
Ce jour-là, Draco ne travaillait pas, ayant pris un jour de congé bien mérité. Il avait prévu d'emmener Elvis dans le parc non loin de chez lui, afin de profiter un peu du soleil. Autant dire que l'enfant fut plus qu'heureux de pouvoir s'ébattre dans un bac à sable avec d'autres enfants de son âge, courir vers les balançoires pour s'y assoir ou se laisser glisser sur le toboggan.
Draco l'avait regardé un long moment, puis il s'était plongé dans la lecture d'un roman, jetant de fréquents coups d'œil à son fils. Il comprit rapidement qu'Elvis en faisait de même, un peu comme s'il avait peur que son père l'abandonne dans ce parc.
Alors qu'il lisait tranquillement sur un banc, ignorant les regards aussi étonnés que curieux des ménagères et nourrices qui se demandaient qui était ce jeune homme seul qu'elles n'avaient jamais vu, un homme s'assit à côté de lui, le faisant sursauter. En voyant le visage amusé de son amant, le médicomage grogna un « crétin » qui fit sourire encore plus Harry.
Il n'avait rien à faire là, mais c'était une évidence, et Draco se demandait même comment il pouvait savoir qu'il était en repos et qu'il se trouvait à cet endroit précis. Il ne posa cependant aucune question à ce propos, se sentant simplement bien en le sachant près de lui. Harry regardait avec tendresse le petit Elvis jouer comme un enfant de son âge dans le bac à sable, dont il sortirait aussi sale que possible.
Ils discutèrent tous deux un long moment, assis l'un à côté de l'autre. Aucun de leur compatriote ne pouvait se trouver dans ce parc, qui était moldu, et pourtant, même si une sorcière se trouvait parmi ces bonnes femmes faussement joyeuses, elle ne pourrait jamais soupçonner quoique ce soit les concernant. Gardant une distance respectable entre eux, ils parlaient avec un visage tranquille, sans dévoiler de grandes émotions, comme si leur sujet de conversation ne concernait que les affaires, ce qui était un peu le cas.
Grâce aux renseignements de Draco, Harry avait pu coincer les trafiquants qui créaient et vendaient des chimères, surtout les chimères à base d'être humains. Il lui racontait qu'il en avait vues quelques-unes et que ce n'était vraiment pas beau à voir. C'était pendant sa mission de trois semaines, où il était censé s'infiltrer dans le milieu, avec d'autres collègues, en changeant radicalement d'identité et d'apparence, se droguant au polynectar. Cette potion avait beau avoir un goût immonde, elle devenait rapidement additive. Arrêter de prendre ce breuvage et avoir les yeux hantés par les horribles choses qu'il avait vues l'avait plongé dans un état de détresse qu'il avait caché tant bien que mal.
C'était surtout pour cela qu'il s'était rendu à la boite de nuit chaque soir, espérant y retrouver Draco, et qu'il s'était laissé aller dans ses bras sans chercher à réfléchir, et c'était encore pour la même raison qu'il lui avait accordé un répit. En effet, sa présence l'avait rassuré et il s'était senti mieux après cette nuit presque magique et cette matinée en compagnie de son amant et d'Elvis.
A ce moment-là, Draco ignorait tout de cette affaire, mais en milieu de semaine, Harry débarqua chez lui dans la soirée, à moitié ivre, lui reprochant de ne pas être allé à la boite de nuit. C'était bien la première fois que Harry lui faisait ce genre de scène. Pire encore, qu'il venait chez lui directement. Se doutant que quelque chose ne tournait pas rond, Draco l'avait emmené dans sa chambre et l'avait couché, alors que Harry explosait en sanglots. Ce fut plus tard, le matin, après avoir bu une potion contre la gueule-de-bois, que l'auror lui expliqua plus posément l'affaire, et notamment qu'il avait dû visiter avec d'autres aurors une cave où se trouvaient d'autres de ces bêtes qui mourraient de faim dans des cages. Il s'était engueulé avec un suspect qu'il était censé interroger et, perdant la tête, dégouté comme jamais, il était parti s'enivrer à la boite de nuit en espérant y trouver son amant.
Autant dire que voir Harry aussi las et honteux de lui-même éveilla chez Draco un sentiment à la fois de pitié et de douleur : Harry lui paraissait toujours si sûr de lui, maître de lui-même, et le voir ainsi lui broya le cœur. Draco en avait vues quelques-unes, des chimères, à cause des expériences ratées de ses collègues, le plus souvent saisies par les aurors, avant que ces mêmes collègues ne soient arrêtés pour avoir transgressé la loi, sous le nom de Ste Mangouste. Mais il n'osait imaginer ce que Harry avait dû voir. Ce devait être assez horrible pour le bouleverser à ce point.
Ils ne parlèrent pas tellement de ça, assis sur le banc, mais plutôt des coupables et des conséquences de leurs actes, ce qu'ils allaient faire de ces choses… Rien n'était décidé encore mais les aurors cherchaient des solutions, en collaboration avec Ste Mangouste qui récupèrerait certainement ces choses pour les étudier, mais encore fallait-il les attribuer à des médicomages qui ne s'amuseraient pas avec ou qui ne dériveraient pas non plus. Harry avait cru percevoir le nom de Théodore Nott, occupé pour le moment sur un grimoire complexe, mais qui n'avait pas froid aux yeux. Peut-être même que Draco devrait étudier ces choses, une fois son grimoire terminé, ou alors il devrait le laisser de côté. C'était à l'hôpital de décider, si les négociations aboutissaient à une véritable collaboration entre les deux secteurs, ce qui n'était pas le cas pour le moment.
Ils se séparèrent quand Harry dut retourner travailler, sa pause étant terminée. L'auror dit au revoir à Elvis, qui s'était interrompu quelques minutes auparavant pour lui sauter dans les bras, puis au médicomage en lui serrant la main. Draco le regarda partir puis, peu de temps après, ils s'en allèrent à leur tour.
La journée aurait pu bien se terminer si sa mère, Narcissa Malfoy, n'avait pas soudain décidé de connaître ce qui était à présent son petit-fils. Autant dire qu'elle fut horrifiée en voyant ce petit garçon malingre qui flottait dans son pyjama, les cheveux bruns, courts, et le visage somme toute assez banal. Rien à voir avec la noblesse des Black et des Malfoy, rien de blond et de beau chez cet enfant sorti de la misère par les mains nerveuses de son fils. Elle piqua un scandale, le traitant d'inconscient : non seulement il refusait de se marier à une femme, en partie à cause de sa sexualité déviante, mais en plus, il osait adopter tout seul cette chose qui mendiait tous les jours assis au coin d'une rue.
A ce moment-là, Draco eut envie de la frapper. Comme pour l'apaiser, il lui soutenait que cet enfant était un sang-pur, mais il savait que rien de ce qu'il aurait pu lui dire n'aurait pu la calmer, et il eut la furieuse envie de lever la main sur elle pour la faire taire. L'homme voyait du coin de l'œil le visage désespéré de son fils, qui ne comprenait rien si ce n'était qu'il n'avait rien à faire là. L'enfant pleurait silencieusement, tremblant de tout son petit corps, face à tant de cris qui semblaient lui reprocher son existence même.
Finalement, Draco prit Elvis dans ses bras et jeta littéralement sa mère dehors, la poussant hors de son appartement. Outrée, elle sortit sa baguette et il la lui prit, la menaçant de la lui casser en deux si jamais elle ne quittait pas les lieux dans les secondes qui suivaient. Finalement, il put enfin claquer la porte et mettre un peu de silence dans cet appartement.
Draco mit un temps infini à réconforter le petit garçon qui sanglotait dans ses bras et qui se tenait fermement à lui, de peur que Draco le lâche et s'en débarrasse comme il l'avait fait avec sa mère. Le berçant dans ses bras, lui répétant qu'il l'aimait et qu'il ne le remettrait pas à la rue, l'homme fit tout ce qu'il put pour apaiser l'enfant qu'il finit par coucher dans son lit, où il s'endormit.
Cette soirée l'avait bouleversé, ce qui était compréhensible, et Draco aussi se sentait chamboulé par tout ce que sa mère lui avait dit. Ce qui lui surprenait le plus, en fait, c'était que ça ne lui faisait pas si mal que ça. Son désintérêt pour toutes ces choses qu'elle lui avait reprochées était plus grand qu'il ne l'aurait pensé. Sans doute parce que, dans son cœur, il était déjà en train de renoncer à tout. Plus qu'il ne l'avait fait jusqu'alors. Il se dit que c'était sans doute la détresse et les larmes d'Elvis qui l'avaient le plus retourné.
Avec un soupir las, Draco gagna sa chambre. Malgré tout, il se sentait mal dans sa peau et sa seule envie était de rejoindre Harry. A cette pensée, l'homme se mit une claque mentale : il commençait à devenir mièvre, ce qui n'était pas du tout bon signe. Et en même temps, il ne pouvait ignorer son envie de voir Harry, et de l'avoir chez lui.
Il l'aimait. Même s'il ne parvenait pas à être véritablement franc avec lui, il l'aimait. Et Harry devait avoir compris qu'il ne ressentait pas une simple attirance pour lui, puisque Draco lui avait demandé un répit.
Par moments, il avait envie d'être capable de lire dans les pensées, surtout dans celles de l'auror.
OoO
La soirée était bien avancée, du moins assez pour que le ciel soit d'un noir d'encre, le soleil ayant bel et bien disparut derrière les bâtiments.
Assise à côté d'un de ses vigiles, Mrs Nightingale examinait ses ongles manucurés, écoutant vaguement le léger filet de musique qui leur parvenait d'en bas, où des hommes se déchaînaient sur une piste de danse illuminée. Ce soir-là, c'était soirée blanc, et elle devait avouer qu'elle aimait beaucoup aller dans la boite de nuit à ce genre d'occasion : regarder les lumières se refléter sur les vêtements de ces hommes qui se mouvaient en rythme, détailler les différents habits qu'ils portaient… Oui, vraiment, elle aimait bien ce genre de soirée.
Mais elle descendait rarement en bas, car sa présence était inutile. Elle savait que ses clients, du moins la plupart, l'appréciaient, et elle-même en aimait un certain nombre, mais elle ne voulait pas créer de véritable lien avec ces hommes.
Cet établissement lui appartenait et il était régi par des règles très strictes. Notamment, aucun homme ne pouvait parler à qui que ce soit de ce qu'il faisait, de ce qu'il voyait en ces lieux, mis à part avec un autre client. Chacun avait fait un serment en entrant dans cet établissement. Bien sûr, il était possible de parler de la boite de nuit, en général, à d'autres personnes, mais la seule façon de pouvoir parler d'un autre membre que lui-même était d'avoir son accord. Et là-dessus, seul le serment et la magie qui l'entourait était juge.
Ouvrir un tel lieu fut très compliqué pour Mrs Nightingale, mais elle en était très fière, malgré les difficultés et les clients peu recommandables qui fréquentaient ces lieux, surtout dans le restaurant à l'étage, ou encore le fait qu'il valait mieux qu'elle ne se lit à personne, car tout cela n'était que du rêve.
Le rêve d'hommes mal dans leurs peaux qui se cherchaient, ou plutôt, qui cherchaient leur moitié.
La seule personne qui pourrait leur faire voir la vie d'une autre façon.
Souvent, Mrs Nightingale pensait à son fils, homosexuel. Combien de fois avait-elle été critiquée par ses proches et par la famille de son mari, depuis toutes ces années… Elle était sans doute pire que son fils, plus abominable encore, car elle avait ouvert cet établissement, au nom provocateur.
Allez en Enfer.
Mais qu'importe. Son mari était toujours derrière elle, l'encourageant encore et toujours. Son fils était plus heureux, et elle savait qu'il était fier d'avoir une mère comme elle.
Et puis… voir des êtres humains quitter cet établissement heureux, résiliant leur abonnement car ils avaient trouvé la personne pour eux… C'était quelque chose d'inestimable.
Les portes de la boite de nuit s'ouvrir. Mrs Nightingale leva la tête et eut un léger sourire en voyant deux hommes entrer. Elle remarqua de suite qu'ils n'étaient pas spécialement bien habillés pour faire la fête ou aguicher qui que ce soit.
« Tiens tiens… Draco, quel plaisir de te voir. »
L'homme blond lui rendit son sourire, alors qu'elle posait les yeux vers son compagnon.
« Harry…
- Madame… »
Ils se saluèrent d'un signe de tête respectueux. Les deux hommes se plantèrent devant elle. Ils paraissaient un peu hésitants, et en plus, elle ne les quittait pas des yeux.
« J'espère que vous avez amené de quoi me payer, cette fois-ci.
- Oui, nous venons vous régler ce que nous vous devons. Mais nous venons aussi pour résilier notre abonnement. »
La patronne haussa un sourcil et les regarda tous les deux, l'un après l'autre. Puis, elle esquissa un sourire tendre, le genre de sourire irrésistible qu'elle ne pouvait réprimer.
« Dans ce cas… vous ne me devez rien du tout.
- Mrs Nightingale…
- Je te l'ai déjà dit, Draco. Moins il y a de monde ici, et mieux je me porte. »
Puis, ignorant leurs insistances, elle fit signe au vigile et ce dernier sortit de son pupitre deux parchemins et deux plumes. Les deux amants se regardèrent un court instant avant de s'avancer, saisir la plume et signer en bas de la page, après avoir lu ce qui y était écrit. Quand ce fut fait, ils se regardèrent à nouveau. Leur regard semblait avoir changé, passant de la neutralité à la tendresse. Harry Potter saisit la main de son amant.
Mrs Nightingale souriait toujours.
« Bonne soirée, jeunes hommes. Et bonne chance à vous. »
La patronne les suivit des yeux, alors qu'ils s'inclinaient légèrement devant elle, en signe de respect, et partaient ensemble.
Elle ne les reverrait sans doute plus jamais, et c'était tant mieux.
La vieille dame gloussa puis se tourna vers le vigile debout à côté d'elle.
« T'imagine quand ils vont savoir que le grand Harry Potter est pédé comme un phoque ? »
L'homme éclata de rire.
OoO
Dans le rapport de son enquête, Harry Potter avait cité le nom de Draco Malfoy, qui lui aurait transmis de précieux renseignements qui lui permirent d'apprendre beaucoup de choses sur les êtres hybrides, et donc de comprendre à la fois les motivations de trafiquants et les méthodes qu'ils avaient sans doute utilisées. Vu qu'un certain nombre de ces informations étaient confidentielles, étant donné que le médicomage écrivait un grimoire regroupant toutes ses recherches en la matière, la Sécurité décida de remercier cet homme pour sa collaboration.
C'était cela qui expliquait alors sa présence hors de son laboratoire, alors fermé pour la journée. Il y avait passé quelques heures dans la matinée, dans le seul but de touiller les potions et poursuivre la rédaction de son grimoire, dont il commençait peu à peu à voir le bout, même s'il lui faudrait encore quelques semaines avant de le terminer. L'après-midi, ses deux apprentis devaient venir mais Draco leur donna leur journée : il était hors de question de laisser le laboratoire sans surveillance, qu'ils soient bons élèves ou non.
Le secteur de la Sécurité était un endroit aussi déconcertant que désagréable. Il détestait s'y rendre, même si en général, il était plutôt bien traité. En fait, c'était un grand bâtiment en plein milieu de Londres, où la partie immergée n'était qu'un amas de bureaux tandis que le sous-sol était consacré aux aurors. En somme, ce qui se trouvait sous les pieds des visiteurs entrant dans l'accueil du bâtiment grouillait d'aurors qui s'activaient à des tâches diverses et variées.
Le médicomage se rendit à l'accueil. Il attendit bien trente minutes, un papier dans la main, avant qu'une charmante hôtesse n'appelle son numéro. Calmement, parce qu'il savait d'expérience que s'énerver ne servirait à rien, il lui exposa la situation : il s'appelait Draco Malfoy, il était médicomage, et il avait rendez-vous avec un certain Mr Twin. Il s'agissait d'un haut gradé qui, pour des raisons inconnues et qui n'intéressaient pas Draco le moins du monde, s'occupait de remercier personnellement les médicomages ayant rendu service pendant une enquête complexe.
L'hôtesse lui répondit en souriant que quelqu'un allait l'emmener chez ce monsieur. Draco préféra garder pour lui qu'il connaissait plutôt bien le chemin : ces femmes paraissaient à demi humaines, tant elles étaient gracieuses, malgré les possibles sautes d'humeur des visiteurs, et sourdes quand ils protestaient, qu'importe ce qu'ils disent. D'un autre côté, n'importe qui n'entrait pas chez les aurors, et encore moins seul, non seulement parce que ce n'était pas prudent, mais surtout parce que la personne risquait de se perdre.
Une femme ne tarda pas à se charger de lui. Ils allèrent dans l'ascenseur, descendirent quelques étages puis traversèrent l'immense place qui se séparait en différents grands couloirs. Suivant mécaniquement son hôtesse, Draco regardait autour de lui en se faisant la réflexion qu'il ne pourrait jamais travailler dans ces conditions. Vivre sous terre ne lui plairait surement pas, malgré tous les lustres et torches qui éclairaient les couloirs comme en plein jour.
Ils mirent un temps fou à accéder au bureau de Mr Twin à cause de tout ce monde qui allait et venait dans les couloirs en un flot continu d'êtres humains. Quand ils arrivèrent enfin à destination, la femme lui demanda s'il saurait retrouver le chemin du retour ou si elle devait attendre pour le raccompagner. Draco lui répondit qu'il connaissait le chemin, il était souvent venu dans ce bureau. Alors l'hôtesse s'en alla, laissant seul le visiteur qui ne tarda pas à entrer dans le bureau de Mr Twin.
Leur rendez-vous ne fut pas bien long. Pour tous deux, ce n'était qu'une simple formalité : l'auror n'avait pas en face de lui un médicomage en manque de reconnaissance et ce dernier n'avait pas envie de s'attarder plus longtemps dans le secteur. Draco obtint une petite somme d'argent et à nouveau le soutien de la Sécurité. Une fois sorti, l'homme blond longea les couloirs pour atteindre la grande place, énumérant dans sa tête ce qui lui restait à rédiger pour son grimoire.
Soudain, il s'arrêta. Son regard perdu dans le vague détecta une forme rousse et il vit alors Ginny Weasley.
Sa première envie fut de se cacher quelque part, ou de se fondre dans le mur. Un sentiment de honte pénétra son cœur.
C'était une jolie femme : le visage gai, souriante et les yeux pétillants de malice, elle avait de longs cheveux roux qui tombaient dans son dos. Elle était habillée avec simplicité mais non sans élégance. Et la voir rire avec une autre femme de son âge lui fit serrer les dents.
Je t'ai pris ton fiancé.
Je couche avec ton futur mari.
J'aime l'homme qui partage ta vie…
Elle était belle. Il était beau. Ils formaient un beau couple, tous les deux, et sans aucun doute, ils auraient de beaux enfants à deux.
Il n'aurait pas besoin d'adopter ou de s'accrocher à des enfants qui n'étaient pas à lui. Il pourrait satisfaire ses envies de paternité avec elle, il pourrait avoir la famille qu'il n'avait jamais eue.
Il n'avait rien à perdre, avec elle, mais tout à gagner.
Ginny Weasley.
Sa fiancée.
Je t'ai pris ton homme…
Sans réfléchir, le cœur battant la chamade, la gorge nouée et l'esprit en ébullition, Draco fit volte-face et se mit presque à courir, marchant à toute allure dans les couloirs.
Il ne connaissait pas le secteur, mais il avait déjà mis les pieds dans l'endroit où Harry était censé travailler, et ce dernier lui avait décrit vaguement comment y accéder, des fois qu'il veuille lui parler des hybrides ou de quelque chose pouvant l'intéresser. Draco n'avait pas vraiment conscience qu'il était en train de se perdre dans ce dédale, suivant les panneaux sans trop croire à sa chance de pouvoir chopper Harry dans un coin.
Pourtant, il voulait le voir. Il devait le voir, c'était presque un besoin vital. Il avait besoin de lui parler, de se rassurer… Cette femme le mettait dans tous ses états, elle lui rappelait à chaque fois qu'il la voyait que sa relation avec Harry Potter était clandestine, interdite, inconcevable. Elle lui rappelait qu'il aimait son fiancé, qu'il avait envie d'une vie avec lui, mais que c'était impossible.
Et ça faisait mal.
Il avait mal.
Car quand Harry était là, c'était comme si son existence se résumait à sa seule et unique personne.
Il était son monde.
Son univers.
Le seul capable de lui lever le visage vers le ciel pour qu'il aperçoive le soleil au lieu de garder la tête baissée vers le sol.
Draco arriva dans un couloir peu fréquenté. En réalité, il n'y avait personne, ce qui l'étonna beaucoup, mais au point où il en était, il n'était plus à cette étrangeté près. Il avança alors, ses chaussures claquant sur le sol abîmé. Il était perdu, il le savait, mais rien n'aurait pu le détourner de son chemin.
Soudain, Harry apparut à ses yeux. Il était plongé dans ses pensées, regardant devant lui, quand il se rendit soudain compte de la présence incongrue de Draco en ces lieux. L'auror afficha une réelle surprise en le voyant, les yeux écarquillés et la bouche entrouverte, mais il redescendit sur terre que quand son amant le prit par le bras et le traina dans un autre couloir étroit qui menait à un autre où des portes s'alignaient encore et toujours.
« Draco ! Mais qu'est-ce que tu… »
Il fut interrompu par une bouche qui se posa sur la sienne, emprisonnant ses lèvres et l'empêchant de prononcer un mot de plus. Draco l'enserra dans ses bras, glissant ses bras autour de sa taille.
Qu'importe qu'on les voie.
Qu'importe qu'on leur crache à la figure qu'ils étaient dégueulasses.
Qu'importe qu'on leur crie dessus, parce que ce n'était pas normal qu'ils fassent ça dans un couloir.
Tout cela n'avait pas d'importance. Ça n'en avait plus. Ses peurs s'étaient envolées, il n'y avait plus que l'empressement, le désir de le tenir contre lui.
Savoir qu'il était là.
Qu'il était à lui.
Ils se séparèrent, haletants. Draco chercha le regard de Harry, qui ne comprenait pas, l'interrogeant des yeux.
« Quitte-la. »
Le brun haussa un sourcil.
« Quitte Ginny. »
Et il le regardait, n'osant y croire.
« Quitte Ginny, Harry… »
Sa voix pressée, presque suppliante… Ses yeux bleus désespérés, un peu perdus…
« D'accord… »
OoO
Il était vingt-et-une heures. Draco n'avait pas besoin de regarder la pendule pour le savoir. Depuis qu'il était rentré chez lui, il ne cessait de regardait la pendule. Il était tellement obsédé par les minutes qui passaient qu'Elvis en était devenu nerveux. L'enfant lui avait même demandé s'il se passait quelque chose. Draco avait secoué la tête puis sourit : non, il ne se passait rien.
A présent, le petit garçon était dans son lit, couché sous la mince couverture. Draco l'embrassa sur le front puis quitta la chambre, alors que des étoiles magiques s'illuminaient au plafond. Il savait que cela rassurait son fils et qu'il s'amusait à les regarder flotter au-dessus de son lit, dessinant de brillantes constellations.
Le médicomage retourna dans le salon, plus nerveux encore. Il regarda mécaniquement l'heure : vingt-et-une heures et cinq minutes. Il était stressé et qu'importe ce qu'il faisait, ses nerfs refusaient de se détendre rien qu'un peu.
Harry ne la quitterait pas. C'était presque évident. Il ne quitterait pas Ginny.
Cette idée lui avait sauté aux yeux quand il l'avait quitté, reprenant cette fois-ci le chemin de la grande place. Jamais Harry ne quitterait sa fiancée, du moins pas aussi rapidement. Il avait trop à perdre, il ne se presserait pas. Il la ménagerait, il parlerait à sa famille, il…
Ne la quitterait pas.
Draco avait presque envie de pleurer. C'était stupide de se laisser aller ainsi à ses émotions, lui qui parvenait si bien à les cacher… Mais Harry le bouleversait et ce soir encore, il se sentait complètement perdu. Un temps, il refusait l'idée même d'avoir une relation durable avec Harry, une relation réelle et non cachée. A présent, il désespérait car il était persuadé que jamais son amant ne pourrait quitter la vie qu'il menait avant.
Aurait-il vraiment le cran de la quitter, maintenant que Draco le lui avait demandé ?
Non.
Pas aussi soudainement, pas ce soir.
Le blond avait la désagréable impression d'être pris au piège. Dans son angoisse, il se demanda si Harry ne s'était pas moqué de lui depuis le début. S'il ne s'était pas laissé charmer en jouant à un jeu dont lui seul connaissait les règles. Il avait assez de pouvoir pour demander à Pathos, sans avoir besoin de se justifier, à s'entretenir avec Draco de façon régulière sur une de ses affaires, et il pouvait très bien avoir simulé son amour pour lui.
Harry l'aimait-t-il ? Peut-être pas. Peut-être que tout cela n'avait été qu'un jeu, pour lui. Un jeu de séduction, d'attentes, de sexe torride, de rêves éveillés… Un jeu du chat et de la souris, où il avait peut-être pris plaisir à voir Draco tiraillé entre deux idées…
Ses mains tremblaient. Il était en train de sombrer dans la paranoïa, angoissé au possible à l'idée que Harry ne revienne plus vers lui. C'était vrai, il lui avait dit qu'il quitterait sa fiancée, mais… il avait trop attendu. Harry avait passé son temps à attendre, sans cesse. Peut-être…
Il ne savait pas.
Il ne voulait pas savoir.
Il voulait fermer les yeux et oublier ses craintes.
On sonna à la porte. D'un mouvement sec, Draco se redressa, les sens en alerte. Comme un possédé, il se leva et se rua vers la porte d'entrée. Il n'osa ouvrir, et pourtant, sa main un peu moite se posa sur la poignée qu'il abaissa avant de tirer le battant vers lui.
Harry Potter se trouvait dans l'encadrement de la porte, une valise à la main. Il portait la même tenue d'auror qu'il avait dans l'après-midi et ne paraissait ni particulièrement énervé, ni particulièrement heureux. Plutôt neutre, un peu comme si c'était normal de sonner chez quelqu'un à neuf heures du soir avec une valise à la main.
« Bonsoir, Draco. »
Ignorant l'air étonné de son amant, alors qu'au fond de lui ce dernier était tout simplement atterré, Harry entra dans l'appartement. Draco ne voyait pas qu'il était tendu, il n'en revenait tout simplement pas que son ancien ennemi soit là, dans l'entrée de son appartement, avec un bagage au bout du bras.
Sans réfléchir davantage, Draco claqua la porte et attrapa pour la seconde fois de la journée son amant contre lui, le serrant de toutes ses forces, à l'étouffer. Harry en lâcha sa valise et poussa un léger soupir de douleur, sentant autour de lui les bras crispés de son amant.
Draco se mit à pleurer. C'était la première fois qu'il le faisait devant Harry. Il eut beau serrer les dents, retenir ses sanglots, les étouffer en collant sa bouche contre la robe de l'auror, il lui fut impossible de cacher à ce dernier ses larmes, car son corps tressautait à chaque hoquet. Alors les bras de Harry enserrèrent son cou, ses mains caressèrent ses cheveux, et tendrement, il lui parla à l'oreille.
Il lui demanda pourquoi il pleurait, de se calmer.
Draco lui répondit d'une voix mouillée et hachée qu'il ne pensait pas qu'il la quitterait.
Alors Harry se tendit et répliqua que ça faisait des mois qu'il voulait la quitter, mais qu'il ne pouvait pas le faire tant que Draco ne l'avait pas décidé.
« Tu sais, Draco… Le jour où je t'ai vu pour la première fois à la boite de nuit, je suis tombé amoureux de toi. C'est… un peu comme un coup de foudre. Tu étais tellement beau, si tu savais… Et tu m'as tendu la main, tu m'as fait danser… Tu m'as tenu contre toi… J'étais tellement bouleversé, si tu savais… Et les jours qui ont suivi, ça a été pareil. Je ne pouvais plus me passer de toi, je venais souvent en espérant te voir, et quand tu n'étais pas là, je m'en allais. »
Il lui parlait au creux de l'oreille, tout en caressant ses cheveux blonds. C'était comme une confession, que seul lui pourrait entendre…
« Et tu m'as embrassé… On a fait l'amour… Ce jour-là, j'ai craqué, et je t'ai dit que je pourrais quitter Ginny si tu me le demandais. Je pense que ça t'a fait peur, pas vrai ? Oui, j'en étais sûr. Mais j'étais sincère. Je n'attendais que ça, Draco, que tu me dises de la quitter. Ce n'était pas une preuve d'amour en soit, j'aurais pu m'en aller bien avant. Mais… j'ai appris à te connaître et je sais que le monde extérieur te fait peur. Les regards, ce que les autres diront, la réaction de la presse et de ton travail… Je sais que tu as peur de tout ça, alors j'ai attendu. Je voulais que tu décides toi-même, que tu sois prêt à te battre et à assumer ta sexualité. »
Draco serra encore plus ses bras autour de sa taille, s'imprégnant de son odeur. Il écoutait chaque mot, son corps menaçant d'exploser à tout moment.
« Ces trois semaines sans te voir ont été horribles, et quand je ne t'ai pas vu là-bas, j'ai cru que tu ne voulais plus de moi. Ça m'a fait mal. Alors j'ai attendu, encore et encore… Et tu es revenu. Toujours aussi beau… Draco, arrête de pleurer, s'il te plait… Calme-toi… Je t'aime, tu sais. Je te connais, maintenant. Tu n'es pas parfait. On est deux hommes. Notre couple est bourré de défauts. Mais si on est heureux… qu'est-ce que ça peut faire ? »
Harry parla encore. Longtemps. Une éternité. Et Draco buvait ses paroles, les plus belles qu'on ne lui ait jamais dites. Le cœur de son amant lui était ouvert, il savait enfin ce qu'il pensait…
Il l'avait quittée. Et il était avec lui, maintenant.
Dans ses bras.
Contre son cœur.
Dans sa maison…
OoO
Le fait que Harry Potter ait débarrassé le monde sorcier de la menace de Lord Voldemort était devenu tellement banal, surtout pour la génération du Survivant, que personne ne se serait attendu à une telle réaction des journaux.
Avec horreur, Draco Malfoy découvrit à dix heures du matin dans La Gazette du sorcier, rapportée par Andromaque, que le monde sorcier était en émoi : Harry Potter et Ginevra Weasley avaient brisé leurs fiançailles.
Dans toute Ste Mangouste, on ne parlait que de ça, et même Paxton et Andromaque eurent une conversation là-dessus. Certes, c'était de la pure curiosité, un peu comme s'ils parlaient du livre inattendu qu'une personnalité aurait sorti, mais ils en parlaient quand même. Dehors, des femmes se demandaient bien pourquoi ce si charmant jeune homme avait quitté sa jolie fiancée, s'il s'en était trouvé une autre, ou si ce n'était que le résultat d'une tromperie venant de sa promise. Des allusions grivoises allaient bon train et chaque sorcier, quasiment sans aucune exception, se demanda pourquoi leur héros se retrouvait célibataire.
Harry avait quitté Ginny deux jours auparavant, s'installant alors dans le plus grand secret chez son amant, et Draco se demandait bien comment la nouvelle de leur séparation allait être annoncée, et aussi comment Harry réagirait face aux questions pressantes et très indiscrètes. Bien qu'ils soient ensemble, Draco refusait d'apparaître publiquement avec Harry : leur histoire devait rester secrète encore un peu, il n'était pas prêt à tout affronter.
Son comportement aurait pu être mal perçu par l'auror, mais ce dernier se contenta de hocher la tête en souriant. Suspicieux, Draco lui avait demandé pourquoi il réagissait aussi calmement au lieu de s'énerver, ce qui était alors une réaction compréhensible. Souriant de toutes ses dents, ce vicieux auror lui répondit que, de toute façon, en lisant les gros titres des journées suivantes et en voyant toutes ces sorcières prêtes à tout pour mettre le grappin sur le meilleur parti d'Angleterre, Draco finirait par vouloir officialiser leur couple.
Et autant dire que les promesses de Harry ne le déçurent pas. Les journaux ne parlaient que de ça : la rupture du couple Potter-Weasley. Et ces deux noms trainaient dans toutes les bouches, chacun y allant de sa petite anecdote, décortiquant ce couple trop parfait que tous jalousaient. Draco était écœuré au plus haut point, et pourtant, il laissait traîner ses oreilles un peu partout. Il comprit rapidement que la bombe avait été larguée par Harry lui-même. Draco aurait pu être furieux après de son amant si, autant l'avouer, Harry n'avait pas pu faire autrement.
En effet, dans le mois à venir, un grand gala aurait lieu. Evidemment, le Survivant était invité avec sa fiancée. Le courrier fut envoyé à leur domicile et Ginny leur répondit par l'affirmative. L'un des organisateurs rencontra l'auror, alors que ce dernier se trouvait au Ministère de la magie, et alors que l'homme s'enthousiasmait à l'idée que Harry Potter soit présent à son gala en compagnie de sa fiancée, le brun lui répondit que ce serait impossible pour lui d'y aller. Etonné, l'homme le bombarda de questions et ne consentit à laisser Harry s'échapper que quand il lui avoua à demi-mots qu'il était « en froid » avec sa fiancée.
Ils ne mirent pas longtemps à aller à la rencontre de ladite fiancée qui refusa de leur ouvrir. Ces fouines se rendirent alors au Terrier. Molly et Arthur Weasley ne voyaient pas où ces hommes voulaient en venir : non, Harry et Ginny s'entendaient très bien, et leur fille était censée être chez elle puisqu'elle ne travaillait pas ce jour-là. Inquiets, les parents allèrent tout de même chez leur fille et ils la découvrirent affalée dans son canapé, les yeux gonflés d'avoir tant pleuré.
La nouvelle de leur séparation supposée, qui ne pouvait de toute façon être que vraie vu l'absence de Ginny et le silence buté de Harry. Les journaux s'étaient alors emparés de l'affaire et décortiquèrent ce couple si parfait. Et Draco écoutait tout, lisait tout, s'enfermant avec des journaux dans son bureau.
Autant dire qu'il eut peur. Des femmes gloussaient en s'imaginant dans les bras du Survivant, les journaux donnaient diverses hypothèses sur des possibles maîtresses que Harry Potter pourrait avoir ou sur de possibles amants que sa fiancée aurait pu fréquenter. Draco avait beau détester cette femme, elle avait été suffisamment traînée dans la boue par le comportement de son fiancé, elle n'avait pas à subir tout cela. C'était sans doute pour cela qu'elle gardait le silence : elle ne voulait pas voir la réalité en face, se sentir écrasée par tous ces racontars. Et elle avait mal. Inutile de pleurer en public : cela ne ramènerait pas Harry auprès d'elle.
Pendant un long moment, le médicomage se demanda où pouvait bien être Harry et comment il réagissait face à toutes ces agressions. Il se mordilla la lèvre, ses mains tenant un journal froissé, et se demanda s'il saurait tenir sa langue et garder leur secret. S'il le dévoilait, Draco ne lui en tiendrait pas rigueur : la pression devait être importante. Mais d'une certaine manière, il voulait que cela reste entre eux…
Oh oui… Que cela reste entre eux… Encore un peu. Il voulait profiter de lui et trouver un peu de courage avant de se lancer…
Et toute cette paperasse lui faisait peur. Ce serait dur. Il savait que ce serait difficile, il savait que l'engouement des journaux pour les histoires de cœur des célébrités était incommensurable, mais… pas à ce point. Il ne pensait pas que les gens seraient aussi fous en apprenant la nouvelle. Et qu'il flipperait autant en imaginant ce raz-de-marée s'abattre sur lui.
Draco Malfoy était un homme, un ex-mangemort qui plus est. Il n'y avait aucune explication à donner à leur rencontre : d'une, il était hors de question qu'ils racontent qu'ils avaient flirté dans une boite de nuit homosexuelle protégée par un serment de silence, et de deux, ils leur étaient de toute façon impossible de dire tous les détails à autant de personnes, quel que soit l'accord des deux personnes concernées. Leur histoire serait alors entachée de suppositions plus ou moins réalistes, plus ou moins méchantes.
Assis dans son bureau, parcourant des yeux des articles de presse tous aussi mensongers les uns que les autres, Draco ne pouvait s'imaginer un seul instant que Harry était chez lui, chez eux, en train de jouer tranquillement avec Elvis, ayant pris sa journée de congé quand il avait imaginé quel enfer cela aurait été… Il était bien le seul à ne pas se prendre la tête avec tout ça.
Ça l'amusait, même.
OoO
La cheminée crépita, les flammes virèrent au vert, puis Draco Malfoy entra chez lui. Il découvrit non sans surprise Harry et Elvis dans son salon, l'un penché sur la table basse où il dessinait, l'autre assis à côté de lui sur le tapis en train de lire un livre. Tous deux levèrent les yeux de leur activité quand le médicomage rentra chez lui. L'enfant se leva et courut vers son père, tendant les bras vers lui, alors que Harry esquissait un léger sourire, se levant alors que le blond prenait le petit garçon dans ses bras.
Après avoir embrassé Elvis dans les cheveux, Draco le déposa sur le sol. Il portait son pyjama et avait sans doute déjà mangé, vu l'heure. Harry finissait toujours avant lui et passait chez la nourrice pour récupérer Elvis. Autant dire que Miss Sweetlove fut plutôt surprise quand Draco Malfoy vint accompagné de cet homme en lui disant qu'elle pouvait lui laisser son fils, s'il passait avant lui pour le chercher. Cela avait eu lieu quelques jours auparavant et Harry avait été intenable : il y avait des risques que la nourrice raconte à quelqu'un cette entrevue, et même si c'était très improbable en vertu de la réputation de cette bonne femme, cela lui donnait du baume au cœur.
« Elvis, tu vas te coucher ? Maintenant que ton papa est rentré, tu n'as plus de raison de rester dans le salon. »
L'enfant fit la moue à Harry, qui ne céda pas, puis à Draco, qui ne céda pas non plus. Alors l'enfant baissa la tête d'un air déçu et suivit l'auror qui alla le coucher. Alors qu'ils quittaient la pièce, après un dernier baiser à son père, Draco s'effondra dans le canapé. Il ferma les yeux, la tête appuyée contre le dossier. Il était éreinté.
Quelques minutes plus tard, Harry revint. Il l'entendit marcher dans le salon, puis s'assoir à côté de lui, et enfin l'embrasser sur la joue. Ils ne s'embrassaient jamais devant Elvis. En fait, ils ne faisaient quasiment rien devant lui, à part se tenir la main ou rester l'un contre l'autre. Cela les gênait un peu, surtout Harry en fait : chez lui, l'homosexualité était encore plus taboue que chez les sorciers. Cela étonna Draco : son amant était prêt à hurler haut et fort qu'il sortait avec un ex-mangemort devant toute la population sorcière, et il était gêné devant un enfant ? Ecarlate, l'auror avait répliqué que c'était l'enfant de Draco, donc c'était différent, mais le blond demeurait sidéré.
« Dure journée ?
- Immonde.
- Pathos ne te laisse pas en paix, hein ?
- Les examens de Paxton et Andromaque approchent, ils sont stressés au possible et Pathos a peur qu'ils échouent. Il sait qu'ils sont autonomes et très doués, ce serait dommage pour lui de les perdre.
- Tu crois vraiment qu'un coup de stress pourrait les faire échouer ?
- Oh oui. Un simple oubli et une potion est foutue, et ta vie avec. »
Mr Pathos ne le lâchait pas, le tannant pour faire réviser ses élèves en vue de ces examens. Il sentait que les deux jeunes stressaient beaucoup et, avec honnêteté, le médicomage leur avait dit qu'il ne voyait pas ce qu'il pourrait leur faire réviser vu qu'il leur faisait faire des potions plus compliquées que ce qui leur serait demandé. Ça, ajouté au grimoire qui avançait au ralenti et aux négociations prises entre la Sécurité et Ste Mangouste à propos des hybrides… Draco était sur la liste des médicomages qui seraient chargés de s'occuper et d'étudier ces chimères, mais le fait qu'il ait des étudiants à charge ennuyait beaucoup son supérieur : Draco Malfoy serait libéré de toute responsabilité une fois que ses deux apprentis seraient diplômés, car alors ils deviendraient des potionistes avec assez de talent pour faire autre chose que de la pimentine toute la journée.
Harry l'écouta parler de sa journée. A la base, Draco n'en avait pas envie, mais la présence de Harry près de lui, le ronflement du feu dans l'âtre et sa main dans ses cheveux le détendirent. Ses mots venaient tout seul, sans qu'il ne puisse les retenir.
Cela faisait une semaine que Harry vivait chez lui, et peu à peu, une sorte de routine s'était instaurée dans leur vie. Oh, ce n'était pas le genre de routine à vous faire regretter l'adrénaline créée par la violation des règles, mais plutôt quelque chose de stable et de rassurant. Cet engrenage dans lequel Draco s'était enfoncé pendant des années avait été remplacé par un rythme de vie moins changeant. Harry avait des horaires fixes et faisait rarement des heures supplémentaires, alors que Draco ne faisait que ça. L'auror allait donc chercher Elvis, préparait le repas, et attendait le retour de son amant qui, lui, faisait des efforts pour rentrer moins tard. Mais ce soir, il n'avait pas pu échapper à une entrevue surprise avec son supérieur.
Ils restèrent un long moment dans le salon, à discuter. Ce fut au tour de Harry de parler de sa journée, et au fur et à mesure des minutes, ils se rapprochèrent. Le brun ne tarda pas à être à moitié assis sur l'autre qui le tenait contre lui, caressant ses cheveux. Et puis l'auror remit sur le tapis sans vraiment le vouloir le sujet fâcheux du moment : leur relation.
« Ron m'a presque agressé aujourd'hui pour savoir où je dormais, le soir.
- Ce n'est pas la première fois.
- J'ai beau lui dire que je dors à l'hôtel, il ne me croit pas. En même temps, n'importe quel maître d'hôtel aurait cafté à la presse si je dormais dans une de leur chambre. Il sait que je dors chez quelqu'un.
- Est-ce que c'est une façon détournée de me faire comprendre que tu en as marre d'attendre ?
- Tu es la seule personne à qui je peux vraiment me plaindre, alors j'en profite. Et, oui, j'en ai un peu marre. »
Draco soupira. Il n'était pas prêt. Enfin, assumer sa relation avec Harry, oui, il se sentait apte à le faire, mais il était encore incapable d'affronter la presse qui pondait chaque jour de nouvelles bêtises, suppositions en tout genre et âneries abyssales. Les sorciers n'avaient que le nom du Survivant à la bouche, c'en était plus qu'exaspérant, et plus les jours passaient, plus il se demandait comment la communauté sorcière allait réagir à la nouvelle, et accessoirement, s'il allait pouvoir garder son travail. Car entre les bonnes femmes pleines d'hormones qui se voyaient déjà mariées au Sauveur et celles jalouses de leur bonheur…
A demi assis sur lui, Harry monta alors ses cuisses, s'installant à califourchon sur Draco qui le laissait faire, étonné. Il déglutit en sentant les cuisses fermes de son amant contre les siennes, ses fesses sur ses genoux et ses mains enroulées autour de son cou. Le blond leva les yeux vers lui : Harry souriait.
Comme toujours.
« J'aime te taquiner.
- J'avais remarqué. Mais le fait est que tu ne pourras pas attendre indéfiniment.
- Je laisse la presse te convaincre. Tu en auras rapidement assez. Tu as vu toutes ces lettres énamourées qui s'entassent dans l'entrée ?
- J'en ai jeté un bon paquet ce matin. Et j'ai enfermé les beuglantes dans le placard. Heureusement que les sortilèges de silence existent… »
Harry eut un petit rire avant de l'embrasser tendrement sur la bouche. Draco posa ses mains sur sa taille et elles remontèrent vers son dos, caressant sa peau à travers le tissu de son tee-shirt. Il faisait un peu frais ce jour-là, il avait plu toute la journée, plongeant les laboratoires dans une ambiance morose. Bien que las, Draco se sentait de meilleur humeur, tout son être réchauffé par le feu et le corps de Harry qui épousait la forme du sien. Il se sentait bien dans sa peau.
Lui-même.
Enfin.
Sans ces idées noires qui lui polluaient l'esprit, assombrissant son existence…
Plus tard, ils se retrouvèrent dans la chambre. Leur chambre. Ils y firent l'amour passionnément, sans aucun doute, aucune pudeur, aucun remords. Ce temps-là était terminé. Ils n'avaient plus peur du matin, des jours à venir, de cette relation interdite qui perdurait quand le soleil se couchait et qui devenait intolérable aux yeux de tous quand la lune disparaissait à son tour. Tout cela était révolu.
Certes, ils se cachaient. Ils cachaient leurs baisers, leurs étreintes fougueuses et la tendresse de leurs regards. Mais ils étaient tout de même ensemble. Et c'était ce que Draco comprenait, jour après jour : ils étaient tous les deux. Et à partir de ce moment-là, tout ne pouvait que s'arranger…
OoO
Son grimoire était presque terminé. Il avait encore du pain sur la planche, des pages et des pages à écrire, des dessins à refaire et des schémas à compléter. Cependant, il ne restait que cela à faire avant que son étude ne soit enfin achevée.
Ses deux apprentis allaient passer sous peu leurs examens et Draco était persuadé qu'ils les obtiendraient haut la main. Par simple curiosité, il était allé voir quels avaient été les sujets des années passées, en théorie et pratique. Certes, il avait passé le même examen qu'eux, mais il s'en était suivi d'autres plus complexe et Draco ne se souvenait plus vraiment de ces épreuves, sachant simplement qu'il les avait toutes remportées avec les meilleurs résultats. En découvrant les anciens sujets, le médicomage avait poussé un soupir : il avait depuis longtemps dépassé ce stade de difficulté en potions avec ses deux apprentis.
Cependant, Paxton et Andromaque n'étaient pas rassurés pour autant, même si leur mentor leur répétait qu'ils étaient plus que capables d'obtenir leur diplôme. Il leur demandait tellement de choses qu'ils étaient parés pour passer au niveau encore supérieur. C'était sans doute ce qui leur arriverait s'ils avaient de très bons résultats : les responsables des examens leur feraient passer d'autres épreuves, plus compliquées et bien plus rémunérées. Certes, ils étaient encore jeunes et en manque d'expérience, mais cela voudrait surtout dire qu'ils iraient ensuite auprès de grands spécialistes des potions, des sorciers et des sorcières qui passaient leur vie à touiller des chaudrons pour obtenir des mixtures aussi fabuleuses les unes que les autres.
En conséquence de tout cela, Draco Malfoy avait bel et bien été ajouté à la liste des médicomages qui se chargeraient de s'occuper des chimères, hybrides et autres joyeusetés confisquées lors de l'arrestation de trafiquants. De longs débats avaient eu lieu, certains proposant de tuer ces abominations, pour des raisons variées, d'autres préférant les garder en vie et les étudier, offrant à ses êtres des conditions de vie correctes. Ce deuxième parti remporta la bataille, soutenu par la Sécurité : mieux valait savoir à quoi s'en tenir avec ses créatures plutôt que de les éliminer et se retrouver à nouveau avec ce genre de trafic sur les bras, sans savoir comment agir.
Seuls les médicomages les plus talentueux et connaisseurs des hybrides furent notés sur cette liste. Il était possible de refuser cette proposition, mais autant dire que les hauts responsables ne se gêneraient pas pour bien le marquer sur leur dossier et, accessoirement, leur rendre la vie difficile. En fait, personne ne voulait vraiment se pencher sur le cas de ces êtres, même les plus intéressés : savoir ce qu'elles avaient subies, que certaines bêtes avaient été humaines à une époque les répugnaient.
Draco eut de nombreuses discussions avec Harry. Ce dernier n'était pas vraiment pour l'idée qu'il s'occupe de ça, mais c'était son travail et il respectait ses décisions. Draco avait choisi d'accepter, malgré les échos qu'il entendait par-ci par-là à propos de ces créatures. Il ne savait pas s'il aurait le cœur bien accroché pour ce travail, mais il avait été noté sur la liste et ce serait un moyen d'approfondir ses recherches.
Cependant, pour donner son accord, le médicomage devait se rendre au département de la sécurité, où il serait peut-être amené à travailler. Pour le moment, les hybrides étaient installés dans les sous-sols du bâtiment et des négociations étaient encore en marche pour savoir s'il ne valait pas mieux qu'ils viennent à Ste Mangouste. Pour Draco, cela n'avait pas grande importance. Il regretterait juste de ne plus voir Théodore Nott aussi souvent, et encore, lui aussi risquerait de le rejoindre. Bien qu'il soit chargé de déchiffrer un livre de magie noire particulièrement pointu, le médicomage allait peut-être être retiré de cette mission : il était tellement doué dans ce domaine qu'il serait d'une grande utilité à l'épique, étant donné que la magie obscure avait été utilisée pour créer ces hybrides. Mais là encore, les négociations trainaient.
Et puis de toute façon, Théodore était un ami de Harry. Ça, Draco l'ignorait totalement. Il savait qu'ils s'étaient vus dans le cadre d'une enquête et qu'ils avaient développé une sorte de complicité, pour ne pas dire d'amitié. Mais Draco ne savait pas du tout qu'ils en étaient au stade où ils s'invitaient à dîner chez l'un ou chez l'autre. Ce qui, entre autres, signifiait que Théodore était parfaitement au courant de leur liaison, et évidemment de l'endroit où Harry passait ses nuits. Honnêtement, le blond n'était pas vraiment embêté : Théodore ne les trahirait jamais et, de toute façon, il était bien trop amusé de la situation pour divulguer la moindre information. Draco savait de source sûre que, au contraire, Harry aurait préféré qu'il la divulgue, cette info…
D'ailleurs, le soir même, Théodore devait venir dîner chez eux. Elvis était excité à l'idée que quelqu'un vienne chez lui et Harry était bien content de pouvoir parler avec quelqu'un sans se faire enguirlander juste avant. Ses pensées dérivèrent vers Harry, qui ne devait pas se trouver bien loin de là où il était. Accompagné de son hôtesse, Draco traversait les couloirs. Il n'en connaissait pas un seul, n'étant jamais allé dans cette partie du secteur. D'un autre côté, les sous-sols de la Sécurité s'enfonçaient profondément dans le sol et s'y étendait de tous les côtés. A se demander comment les aurors parvenaient à se retrouver dans ce dédale…
Son hôtesse le laissa devant le bureau d'un auror qui devait le recevoir, à propos de l'affaire des hybrides. L'homme ne tarda pas à lui ouvrir sa porte et leur entretien dura une bonne demi-heure, avant que Draco ne soit lâché puis remonté à la surface sous la surveillance de la jeune sorcière lui servant de guide. Pendant le chemin, le médicomage tenta de capter la silhouette de son amant, mais il ne la vit jamais. Il lui semblait pourtant qu'il ne partait pas en mission cette journée-ci…
C'était fou comme Draco se sentait libéré depuis que le Survivant vivait chez lui. Leurs soirées interdites à la boite de nuit lui manquaient un peu, certes, mais en réalité c'était surtout cet établissement qui lui manquait. Cependant, le blond possédait à présent ce qu'il avait toujours désiré : un avenir. Et cet avenir était à la fois constitué par Harry et par Elvis. La vie n'était pas toute rose, ils avaient déjà eu quelques disputes, mais rien qui ne pourrait entacher leur plaisir de se retrouver tous les deux.
Draco regagna Ste Mangouste. Il atterrit par le réseau de cheminée au sous-sol de la bâtisse et il dut remonter par l'ascenseur dans les étages, jusqu'à celui réservé à la recherche. C'était la pause déjeuner et il savait qu'il n'y aurait que peu de monde dans les couloirs, voire pas du tout. Draco était de ceux qui ne mangeaient que bien après les autres, évitant le raz-de-marée qui envahissait la cantine, ou alors dans leur laboratoire avec les apprentis, quand ils étaient là. Il ne fut donc pas déçu quand il sortit de l'ascenseur et découvrit un couloir silencieux et vide.
Un tel silence faisait du bien. L'affaire Harry Potter faisait toujours autant de boucan, surtout que Ginny Weasley avait enfin fait face et s'était plainte à la presse, ce qui n'était guère étonnant et plutôt compréhensible. Entre autres, elle accusait son fiancé de l'avoir trompée maintes fois et donnait de lui une image bien négative. Cela ne semblait nullement gêner le concerné, qui répondait alors aux journalistes que son ex-fiancée savait pertinemment qu'il la trompait et elle n'avait jamais rien fait pour l'en dissuader, pensant qu'il lui reviendrait naturellement. Et puis, c'était tellement facile de fermer les yeux et profiter de l'aura du Survivant…
Un soir, Harry avait confié à Draco qu'il n'aimait pas attaquer Ginny. Dans le fond, c'était lui qui était en tord, mais elle savait très bien qu'il ne lui était pas fidèle : il découchait et ne la touchait plus depuis longtemps. Elle avait préféré laisser couler. A présent, elle jouait à l'épouse tragique, mais Harry refusait d'être le tyran.
Draco regardait à présent tout cela d'un œil indifférent, se disant juste que la société sorcière en serait toute retournée en apprenant que le grand Harry Potter fricotait avec un ancien mangemort. Cela risquait d'être amusant, dans le sens ironique du terme…
Soudain, Draco s'arrêta de marcher. Machinalement, il venait de tourner la tête sur sa gauche, à un croisement de couloir, et il vit alors Harry regarder le mur, ou plutôt, les petits écriteaux fixés à côté des portes des bureaux qui longeaient ce couloir. Abandonnant alors son idée de rejoindre le secteur de la recherche, il pivota sur le côté et s'avança vers son amant qui tourna la tête vers lui en l'entendant venir. Harry lui fit un sourire quelque peu contrit.
« Bonjour, Draco. Dis, tu pourrais m'aider ?
- Ne me dis pas que tu t'es perdu.
- Quelle perspicacité ! Je cherche Mr Pathos, en fait.
- Tu passes ton temps à parcourir des couloirs à ton boulot et tu n'es pas fichu de te retrouver ici ?
- Draco, s'il te plait ! »
Leurs voix résonnaient dans le couloir blanc et vide, mais cela ne gênait ni l'un ni l'autre, sachant pertinemment que personne n'était dans le coin. Sinon, ils ne se seraient pas permis de telles familiarités en public.
Draco lui fit signe de le suivre, ajoutant que le bureau de Mr Pathos n'était pas du tout dans le coin. De bonne grâce, Harry le suivit dans le dédale des couloirs. Ils parlèrent un peu sur le chemin : Harry demanda à son compagnon comment s'était passé son rendez-vous, qui en somme avait été assez rapide. L'auror aimait de moins en moins l'idée que son amant soit chargé d'étudier ces hybrides. Cependant, le médicomage n'avait guère le choix, et de toute façon, ça l'intéressait. Et puis, ce n'était pas non plus comme si l'idée que Harry risque sa vie dans des missions périlleuses lui plaisait beaucoup. A cet argument, l'auror préférait se taire.
Ils ne tardèrent pas à arriver dans un couloir un peu plus large, toujours aussi blanc et aseptisé que les autres. Draco lui montra du doigt le fond du couloir, où se trouvait le bureau de son supérieur, Harry ne pouvait pas le louper.
« Merci Draco, c'est gentil. Tu retrouves travailler ?
- Oui, mes apprentis doivent passer, cet après-midi.
- A ce soir, alors. »
Harry tourna les talons et partit en direction du bureau. Draco eut un temps d'hésitation, les yeux posés sur les cheveux ébouriffés de son amant. Alors, poussé par une impulsion soudaine, il s'élança à sa suite et le saisit par les épaules, le faisant tourner sur le côté. Surpris, Harry se laissa faire, et il écarquilla les yeux quand Draco l'embrassa sur les lèvres, se penchant vers lui, ses mains encadrant son visage.
Et alors, le photographe appuya sur le déclencheur de son appareil photo.
Clic.
FIN
Et oui c'est la fin. Merci de m'avoir lue, de m'avoir soutenue... Merci pour tout :)
Pensez à lire ma note et ma pub :D
