Deuxième drabble avec pour mot : Ami.

Même Disclaimer, même pairing.


L'amitié c'est mal.

« Ami ? Oui. Ennemi ? Non. Colocataire ? Oui. Amant ? Oui … NON. Non. Potentiel ? … Non, définitivement non. Désiré ? Noooon. Ahah non. Non. NON. Bon d'accord … Oui. »

Sherlock pensait à John. Il le regardait ranger les courses dans le frigo. Frigo qu'il avait été obligé de vider de la tête et des poumons qui y reposaient depuis un mois maintenant. Le détective avait le regard fixé sur le médecin penché, tentant de trouver de la place pour quelque chose. Quoi ? Il ne le savait pas. Ça ne l'intéressait même pas.

« Sherlock que veux-tu manger ce soir ? demanda John, la tête toujours dans le frigo. »

« Toi ... Pourquoi je pense ça moi ? » Pensa Sherlock.

« Hum, rien merci.

- Ah non, ce soir tu manges, tu n'as rien mangé depuis deux jours.

- Je te laisse choisir alors. »

John tourna la tête pour regarder l'extraterrestre qui venait de céder très facilement. Sherlock le regardait intensément mais il n'arrivait pas à distinguer la lueur qui faisait briller son regard.

La pose suggestive de John -appuyé sur la porte du frigo, courbé en deux-, son jean qui moulait ses fesses, le t-shirt légèrement trop petit qui remontait pour laisser apercevoir une portion de peau, Sherlock se remplissait la tête de ces images. Il commençait à ressentir une sensation étrange en lui. Il regarda son entrejambe qui se levait progressivement et l'expression sur son visage, jusqu'alors neutre, vira à la surprise et à la peur.

« Sherlock ? demanda John en se rapprocha. Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Rien.

- Dis pas ça tu tires une tronche pas possible, je ne t'ai jamais vu comme ça.

- RIEN je te dis.

- Je suis ton ami tu peux me le dire. »

A cette phrase, Sherlock se leva d'un bond et se précipita dans sa chambre. Il claqua la porte et s'adossa contre elle, pour se laisser tomber au sol.

A travers la porte John tentait de le faire revenir, de le faire parler.

« Sherlock, ouvre cette porte. Qu'est-ce qu'il se passe ? Dis moi s'il te plaît. On est amis non ? Je peux peut-être t'aider. C'est ce que font les amis Sherlock. Ils se parlent, disent ce qui ne va pas, s'aident, se réconfortent.

- Justement.

- Justement quoi ? Tu n'aimes pas parler, tu n'as jamais eu d'amis, tu ne sais pas réconforter les gens, tu penses ne pas avoir besoin d'être réconforté ? »

Sherlock ouvrit finalement la porte, le regard qu'il lança à John était noir de haine.

« Je n'ai jamais eu d'ami avant toi, non je n'aime pas parler, non je ne sais pas réconforter les gens, non je n'ai pas besoin d'être réconforté. Ce qui me dérange, ce qui m'énerve et que je ne peux pas arranger c'est le fait qu'on soit amis. J'aimerai sincèrement te garder comme ami mais je ne peux pas, je ne peux pas te voir comme ça John, seulement toi tu ne me vois que comme ça, tu ne m'as toujours vu que comme ça et tu ne me verras que comme ça. Mais là moi je n'en peux plus, je ne me contrôle plus, je ne veux pas de toi comme putin ami, je t'aime John, et après ça comment veux-tu que l'on reste ami ? Maintenant que c'est dit on fait quoi hein ? On oublie tout et on fait comme si de rien n'était, on arrête là notre collab…

- TAIS-TOI. Tais-toi Sherlock. »

Le détective fut surpris par le ton autoritaire du militaire qui contrastait avec la douceur qui brillait dans ses yeux. Il vit les mains de John s'approcher pour encercler son visage et les lèvres du médecin se rapprocher, encore et encore, toujours plus prêt, doucement, pour enfin se poser sur ses lèvres à lui. Une fois, puis deux, puis trois, puis le cou, puis derrière l'oreille.

« Sherlock, je ne veux pas être ton putin d'ami, je veux être ton putin d'amant. »

Ils s'enlacèrent tout en s'embrassant délicatement. John avança pour faire les faire entrer dans la chambre et claqua la porte du pied.

FIN