(Vous l'aurez sans doute compris, le mot de chaque drabble est le premier donc je ne le mettrais plus *flemme*)
Lettre à John
Mon ami, mon amour,
Il est 5h00. Tu dors encore, tu en as bien besoin. Après 2 jours d'enquête et cette course-poursuite cette nuit dans les rues de Londres, il faudrait être fou pour ne pas tomber de sommeil. Ou s'appeler Sherlock Holmes.
Par la fenêtre, la brume s'agite sous les pas des travailleurs. L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Ou qui ne dorment pas. Et qu'en est-il de notre avenir à nous ? Me quitteras-tu un jour pour te marier avec une femme qui pourra te donner une vie tranquille et deux beaux enfants, un garçon, que tu appelleras Martin, ou Simon, et une petite fille, Elizabeth probablement. Une famille parfaite.
Une vie parfaite ? Non, elle ne l'est pas. Et quand bien même elle le serait, ta vie parfaite est à mes côtés. Je le vois dans tes yeux quand tu me regardes, dans tes soupirs de bien être et de satisfaction quand on rentre à Baker Street après avoir attrapé un criminel de plus, dans tes gestes quand tu me fais l'amour.
Mon ami,
Tu es le seul que j'ai. Et tu peux t'en vanter. Le seul ami de Mr Holmes le sociopathe. Tu te moques de moi, gentiment. Tu m'apprends la vie, de temps en temps. Tu m'écoutes sans rien dire, à chaque instant. Tu te dévoues pour aller faire les courses, tous les deux jours. Tu dois y aller aujourd'hui, je viendrais avec toi, je te l'ai promis. Tu m'assistes, je t'apprends. Chaque jour tu deviens plus doué que la veille. Mais tu limites ton apprentissage, tu le fais exprès. Tu sais que j'ai besoin de quelqu'un d'humain pour m'arrêter et tu en as besoin, de cette humanité.
Mon amour,
Parce que je t'aime. Pour la première fois de sa vie, le grand détective consultant Sherlock Holmes aime quelqu'un d'autre que sa personne, la nicotine et les énigmes. Et je te place au-dessus de tout ça. La première fois que je t'ai embrassé, cette simple expérience, ce besoin de connaître mes sentiments, jamais je n'aurais cru que ça aurait pu changer autant nos vies et en même temps si peu. Et comme d'habitude, tu t'étais plié à cette expérience, sachant qu'elle t'aurait fait beaucoup de mal si je t'avais rejeté.
La deuxième fois, c'est celle que je retiens. Ce soir-là, tous les deux devant la télé, toi écrivant sur ton blog, moi nettoyant mon violon. Tu as posé violemment ton ordinateur par terre, tu as pris délicatement mon violon des mains et tu m'as regardé. Pendant à peine quelques secondes qui semblaient durer l'éternité. Et tout naturellement, sans un mot, nos lèvres se sont touchées. Jamais je n'effacerais ça de ma mémoire.
Malheureusement, je ne peux pas me souvenir de tout. Mais certaines choses restent. La première fois que je t'ai vu te réveiller à mes côtés, tu m'as fait le sourire le plus heureux que je n'ai jamais vu sur ton visage. La première fois que je t'ai apporté un plateau au lit et que tu as tout renversé, je n'ai plus rit aussi fort depuis. Ta tenue le matin, ce simple pantalon qui me laisse apprécier le dessin de tes muscles, façonnés par l'entraînement militaire. Cette cicatrice, à ton épaule, dont je connais les traits par cœur. Je pourrais la dessiner les yeux fermés. Ce bain qu'on a pris ensemble il y a un mois, parce que tu étais malade et que tu luttais contre le sommeil.
Tu m'as changé. Je suis toujours Sherlock Holmes, l'être insupportable, vaniteux et orgueilleux que tu as connu au premier jour de notre rencontre. Mais grâce à toi, je comprends mieux. Je comprends ce que sont les gens, pourquoi ils agissent d'une certaine façon, pourquoi ils choisissent telle solution et pas une autre. Grâce à toi, je sais ce qu'est le sacrifice par amour. Je sais ce qu'est la joie de voir rentrer quelqu'un même quand il n'a été absent que deux heures.
Je sais que tu m'aimes, je le vois. Tu sais que je sais. Mais ça ne t'empêche pas de me le dire, me le rappeler, et moi j'aime l'entendre. Je ne te le dis pas souvent, voir même jamais. Peut-être l'ais-je prononcé une ou deux fois, je ne me souviens pas. Toi tu le saurais. Toi, tu te souviendrais exactement du nombre de fois, et tu serais même capable d'imiter la façon que j'ai eu de te le déclamer. Parce que tu m'aimes. Et que tu es humain.
Un coup d'œil vers toi, tu remues un peu, tu ne vas pas tarder à ouvrir les paupières et je te rejoindrais. Aujourd'hui, nous serons tranquilles. Aujourd'hui, nous resterons au lit. Aujourd'hui, on coupe les téléphones, on ferme la porte à clé et on s'installe sous les couvertures. Ah … Non, il faudrait aller faire les courses. Et bien Mrs Hudson ira. Ça fait longtemps qu'on ne lui a pas demandé quelque chose. Une semaine environ. Aujourd'hui, je t'interdis de sortir. Tu restes avec moi, même si je dois avaler la clé, même si je dois t'attacher, même si je dois t'assommer.
Tu pousses un long soupir, te voilà réveillé. Je te rejoins tout de suite, le temps de fermer les rideaux, d'enlever ce peignoir et je suis tout à toi. Endormons-nous, l'un contre l'autre, et espérons que personne ne viendra nous déranger.
« John, je t'aime.
- Je sais Sherlock, je sais. »
De la première personne, du Sherlock ... C'était pas facile mais je l'ai fait \o/ !
