Bon, on change un peu. Ce n'est ni Sherlock, ni John, mais bien Jim qui est l'invité de mon imagination. Je voulais comprendre, ou du moins tenter, ce qui avait bien pu amener un homme à devenir ce qu'il est devenu. Voilà, c'est un peu noir mais j'espère que vous apprécierez.


Pauvre petit Jim.

Eux, ils nous font être ce que nous sommes, ils nous changent, en bien ou en mal, on dit « à cause » ou « grâce », on les remercie, on les déteste, on leur doit beaucoup même si on ne veut pas l'avouer. Ils nous hantent, ces regards, ces rictus, ces paroles, ces actes, nos pleurs.

« Un jour, je me vengerais. »

Voilà les dernières paroles qu'il lui avait dites. Et il lui avait rit au nez, il s'était moqué, une fois de plus. Une fois de trop.

Pauvre petit Jim, incompris.

Pauvre petit Jim, martyrisé.

Pauvre petit Jim, peut-être trop susceptible.

Pauvre petit Jim, la tête remplie de vengeance.

Pauvre petit Jim, intelligent, peut-être un peu trop.

Pauvre petit Jim, souffre douleur de Carl Powers.

Pauvre petit Jim, pleurant dans son oreiller.

Pauvre petit Jim, imaginant le crime parfait.

Pauvre petit Jim, voulant faire souffrir les autres comme il a souffert.

Pauvre petit Jim, devenant grandiose dans son domaine.

Pauvre petit Jim, oubliant les sentiments.

Pauvre petit Jim, ne pensant qu'à l'argent.

Pauvre petit Jim, voyant son business grandir en même temps que son orgueil.

Pauvre petit Jim, découvrant l'existence de cet homme.

Pauvre petit Jim, vexé et fasciné par le talent de sa Némésis.

Pauvre petit Jim, s'amusant de voir des gens apeuré, accroché à du semtex.

Pauvre petit Jim, ressentant la joie de le voir se creuser la tête.

Pauvre petit Jim, voulant le voir souffrir.

Pauvre petit Jim, se délectant de la seconde de déception dans ses yeux.

Pauvre petit Jim, la balle dans son camp, dans cette piscine.

Pauvre petit Jim, pensant qu'il tient là la plus belle revanche sur la vie.

Pauvre petit Jim, qui n'aurait pas du les laisser seuls quelques secondes.

Pauvre petit Jim, qui avait oublié ce qu'était la douleur physique.

Pauvre petit Jim, encore plus en colère qu'il n'a jamais été.

Pauvre petit Jim, croyant encore gagner.

Pauvre petit Jim, tombant.

Pauvre petit Jim, regardant son ennemi tomber avec lui.

Pauvre petit Jim, heurtant l'eau.

Pauvre petit Jim, sentant la vie s'échapper de lui.

Pauvre petit Jim, mourant vexé.

Pauvre petit Jim, martyrisé encore une fois.

Parce que tout est de sa faute. S'il en est là aujourd'hui, aux chutes de Reichenbach. Tout ça à cause de lui, Carl Powers. Celui qui, des années durant s'en est servit de punching ball, de défouloir. S'il est monté si haut, et s'il est descendu si bas, c'est de sa faute, la sienne, pas celle de quelqu'un d'autre. La sienne. Parce qu'il ne pouvait s'empêcher de se moquer de lui.

Il était seul et mal aimé. Il était rejeté. Il avait de noires pensées en lui. Il était très intelligent. Ce mélange l'a fait devenir ce qu'il était, un homme orgueilleux, un mauvais perdant, un homme ambitieux.

Et alors qu'il tombait, il voyait le visage de son tortionnaire se moquer de lui, jusqu'au bout, il l'aura hanté. Là, c'est lui qui tenait sa vengeance, le voyant filer vers sa mort, tué par le deuxième homme le plus détestable en son monde, Sherlock Holmes.

FIN