Celui-ci est un peu plus joyeux et tout mimi, pour vous sortir de la dépression causée par les deux précédents ...


Il y a des signes qui ne trompent pas.

John savait que Sherlock était un manipulateur. Un homme qui ne faisait aucune action sans raison particulière. Chacun de ses gestes étaient calculés, prévus, étudiés minutieusement.

Alors là, il cherchait une explication à toutes ces petites choses qu'il avait remarquées. Parce que ce n'était pas du au hasard. Il devait y avoir une explication. Le détective cherchait à lui dire quelque chose.

Tout avait commencé par les réveils, plus doux qu'avant. Ensuite, il y avait eu ce jour où il l'avait laissé dormir et ne l'avait pas dérangé pour une enquête, parce qu'il avait besoin de sommeil. Puis la fois où il confirma à Angelo qu'ils n'étaient pas en couple et que ce n'était pas un rancard. Le thé, apporté le dimanche sur un plateau, dans son lit, à très précisément 11:30 a.m. avec deux toasts de confiture. Le violon, joué seulement en journée, et stoppé au moindre soupir d'exaspération de sa part.

Après, il y avait ces petites choses inconscientes que même Sherlock, aussi brillant, intelligent et manipulateur soit-il, ne pouvait y échapper : le « collègue » prononcé un peu amèrement quand il le présentait, les petits regards un peu plus longs que nécessaire, l'hésitation de ses mains avant de le toucher, la petite lueur qui s'allumait dans ses yeux lorsque John apparaissait en pyjama, les cheveux en bataille, à peine réveillé, sur le pas de la porte. Ou encore le petit tremblement dans sa voix lorsque John lui parlait alors qu'il avait le dos tourné, la porte de sa chambre claquée un peu trop fort au moment de se coucher …

Mais là, ce soir là, il semblait exaspéré, et c'est avec un sourire presque forcé qu'il lui avait apporté un plateau avec un thé, et le sucre à côté.

Le détective n'en pouvait plus d'attendre que John veuille bien comprendre ce qu'il tentait de lui dire. Son impatience refaisait surface mais il voulait être subtil. Dire ces choses ne se fait pas en bloc, comme ça, de but en blanc.

John regarda le plateau, ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit. Tout prenait sens maintenant. Il ne voulait pas le voir avant. Mais là, c'était évident. Il leva les yeux vers Sherlock qui rougissait en regardant par la fenêtre. Il se leva, doucement, s'approcha de son colocataire tout doucement, comme on s'approche d'un cheval qui ne nous connait pas, pour ne pas l'effrayer, installer une certaine confiance. Il prit la tasse, un sucre, le plongea dedans, bu une gorgée et tendit la boisson fumante au détective qui le regarda de ses yeux surpris. Ce dernier sourit, prit la tasse et bu à son tour avant de la poser et de prendre les mains de John pour le rapprocher de lui.

Le médecin s'assit sur les cuisses de Sherlock et pencha sa tête pour l'embrasser tandis que deux mains caressaient son dos, frôlant à peine le tissu de la chemise.

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Le lendemain, John sortit de la chambre un sourire aux lèvres. Il regarda le plateau abandonné sur la table basse et sourit en voyant les morceaux de sucres. Ces sucres qui lui avaient permis de comprendre. Ces sucres, en forme de cœur.

FIN