So Close.

« John, entre là-dedans. »

Le cri de Sherlock résonna dans le vieil entrepôt désaffecté. Il se tenait à une porte et attendait le médecin qui était à bout de souffle. Des coups de feu se firent entendre et une balle claqua contre une paroi de métal à quelques centimètres du détective.

John entra dans la pièce et se cogna au mur du fond. Puis il senti qu'on se serrait contre lui et un lourd bruit métallique. Puis, l'obscurité.

« Sherlock ?

- Oui ?

- C'est ton pied qui marche sur le mien ?

- Hum je ne sais pas. Testons. »

Sherlock mit tout son poids sur son pied droit et senti la chose sur laquelle il était appuyé se tirer vivement.

« Oui, c'était mon pied, répondit John en grimaçant de douleur.

- Oh. Alors excuse-moi.

- C'est à marquer dans les annales ça. Sherlock Holmes qui s'excuse, c'est tellement peu courant … »

Des coups de feu retentirent contre la porte, qui firent sursauter le médecin.

« Bloquez la porte, ils ne sortiront pas d'ici vivants. »

Un frisson d'effroi parcouru la colonne vertébrale de John. Se calmant un peu, il remarqua qu'ils se trouvaient dans un placard très étroit. La pièce ne leur permettait pas de se tenir très éloigner l'un de l'autre, Sherlock se serait écarté de lui sinon. Il tendit les bras pour visualiser l'espace dans le noir. Il ne pouvait même pas les tendre complètement.

« Sherlock, tu aurais pu choisir un autre endroit, on est très à l'étroit ici.

- C'est le seul endroit le plus proche qui avait une porte blindée.

- Mouais. Je ne me sens pas à l'aise en tout cas.

- Je ne sais pas si « mal à l'aise » est le mot John.

- Pardon ?

- Et bien à en juger par ce que je sens contre mes fesses …

- Oh ça va, tais-toi. »

Sherlock se retourna pour faire face à son colocataire qui avait l'impression que les murs se resserraient autour d'eux. Le souffle commençait à lui manquer et la proximité avec le détective n'arrangeait rien. Ce dernier se colla plus que nécessaire au médecin. Il commença à se frotter doucement contre lui, son érection contre la sienne, les mains de chaque côté de son visage, penché dans son cou, respirant son odeur et frôlant sa peau du bout de ses lèvres.

« Sh … Sherlock ?

- Oui ? Murmura l'interpelé à l'oreille du militaire.

- Qu'est-ce … Qu'est-ce que … tu fais ?

- Je dirais que je te montre à quel point j'ai envie de toi. Là, maintenant.

- Sherlock ?

- Chut. Laisse-moi faire.

- Sherlock …

- Je sais que tu en as envie John, depuis quelques mois déjà.

- Sherlock …

- Oui John ?

- Ah Sherlock …

- Redis encore mon nom John.

- Ah Sh … Sherlock … »

Le détective faisait glisser la fermeture de la veste de John tout doucement, tout en continuant à bouger collé contre lui. Il retira la veste et s'attaqua à la chemise qui glissa à terre. Il s'arrêta pour enlever la sienne et son manteau et distingua les yeux de John, perdus, surpris, excités. Il enserra son visage avec ses mains et l'embrassa délicatement, une fois, puis deux, puis trois, avant que le médecin ne réagisse et réponde aux baisers.

John caressait le torse de Sherlock. La peau douce glissait sous ses doigts. Il passa dans son dos et rapprocha leurs corps. Le détective glissa ses mains vers l'entrejambe et caressa avec un peu plus d'instance, faisant pousser des gémissements au médecin. Il déboucla la ceinture et déboutonna le pantalon pour aller flatter le sexe en érection. Il allait et venait doucement, très lentement, tirant des soupirs et des grognements de frustration de la part de John. Il baissa le pantalon et le caleçon et retourna John contre le mur. Il se colla à lui et embrassa sa nuque, tout en continuant à le masturber. De sa main libre, il plaça celles de John sur le mur froid, et glissa son index vers l'intimité du médecin. Il se stoppa, attendant l'accord que John hésita à donner. Au bout de quelques instants, il acquiesça d'un mouvement de tête et serra les dents en prévision d'une douleur. Sherlock y alla très doucement, synchronisant les mouvements de ses deux mains. Il inséra un deuxième, puis un troisième doigt, et sentit que son partenaire s'impatientait. Il déboutonna son pantalon et le baissa à ses chevilles, entraînant la dernière barrière de tissu. Il passa une main sur l'abdomen de John et l'autre dans son dos, l'obligeant à se pencher. Il présenta son sexe devant l'entrée de l'intimité de John et s'introduisit doucement, poussant un râle de plaisir tandis que le médecin retenait un cri de surprise et de douleur. Douleur qui devint très vite supportable, agréable et enfin plaisir.

Sherlock maintenait John par les hanches et se mouvait en lui de plus en plus rapidement. Il se penchait sur lui pour embrasser sa peau, la mordre doucement, laisser une trace de son passage. Il attrapa de nouveau le membre de son amant et quelques instants plus tard, ils jouissaient tous les deux, prononçant le nom de l'autre, dans un souffle, ou dans un râle.

Sherlock s'adossa à la porte, retourna John et l'attira contre lui. Il l'enlaça longuement, sans dire un mot, reprenant sa respiration, respirant l'odeur de celui qui hantait ses nuits. Sentant l'air se refroidir, ils se rhabillèrent et Sherlock reprit John dans ses bras, l'entourant avec lui de son manteau bien chaud. Il lui chuchotait des mots d'amour à l'oreille, ces mots que seul John aurait la chance de les entendre un jour, des mots doux, humains, des mots amoureux.

« Lestrade va venir nous chercher. Il le fera, il trouvera où nous sommes John. Il n'est pas si idiot dans le fond.

- Je lui dirais que tu as dit ça, ça lui fera sûrement plaisir !

- Je te l'interdis, ricana doucement le détective. »

Il faisait froid. Très froid. John tremblait et commençait à ne plus sentir ses doigts et ses pieds. Sherlock tentait tant bien que mal de le réchauffer, en soufflant dans ses mains. Le médecin finit par s'endormir, la tête sur la poitrine du détective.

Sherlock entendit soudain un bruit, des échos, des appels, Lestrade qui hurlait leurs noms. Il réveilla doucement John et tapa de toutes ses forces sur la porte. Finalement, on vint leur ouvrir, on appela une ambulance mais Sherlock préféra emmener son John loin de tout ça, chez eux.

FIN