Un chapitre court et bucolique. Cela m'arrive parfois.
Chap. 31 : Doux-amer.
Le lendemain de leur retour de leur visite à l'école de Poudlard, Sirius trouva plus utile de rester avec sa fille. Á la fin du mois les cours s'achèveraient et les vacances d'été débuteraient. D'ici là, la jeune fille resterait seule la plupart du temps. Pour que cela lui paraisse moins long, son père avait choisi de refreiner un peu son ardeur au travail. D'ailleurs, il n'avait nul besoin de travailler et le temps qu'il passait avec sa fille n'avait à ses yeux pas de prix.
Hermione qui était assise sur les genoux de son père se blottit en son sein en entendant cette remarque. Elle était très émue de l'attention et de la tendresse qu'il avait à son égard. La jeune irlandaise n'avait aucun souvenir de sa vie antérieure, mais elle doutait d'avoir reçu autant d'affection de la part de Miss Parkinson comme l'appelait un peu sèchement Dumbledore.
Soudain Kreatur vint leur annoncer l'arrivée d'un visiteur. Un peu surpris, les deux Black descendirent dans la cuisine pour accueillir l'impromptu. Hermione resta bouche bée en voyant Dumbledore épousseter d'un geste léger sa cape de voyage recouverte d'une légère pellicule de poussière.
- Vous devriez faire ramoner votre cheminée mon cher Sirius. fit-il d'un ton détaché à un Sirius qui commençait déjà à s'échauffer.
- Bienvenue professeur. coupa Hermione pour éviter que son père ne s'emporte.
- J'ai oublié de vous confier ceci hier. fit le professeur en tendant un petit paquet délicatement emballé et ficelé.
Surprise, Hermione attrapa l'objet et commença à le déballer avec un rien d'impatience. Elle ignorait ce que ce pouvait être, et elle se trouvait comme un enfant devant les cadeaux de noël. Rapidement les coins d'un livre usé à la couverture verte passée par le soleil et le temps apparurent.
- Je suis certain qu'Albert sera particulièrement heureux de savoir que son carnet est enfin parvenu entre de bonnes mains.
Hermione ne sut pas comment remercier le directeur de cette gentille attention. Le carnet parlait souvent à sa mère et le posséder lui permettrait de mieux la connaitre. Tout en préparant sa quête à l'horcruxe. Elle ne put s'empêcher d'ouvrir le carnet et lu les premières lignes.
"Le 7 septembre 1983.
Ce matin j'ai vu mon amie partir loin de moi et de l'aide que je pouvais lui apporter.
Vole petite fille, vole loin de nous tes amis.
Un jour prochain nous nous reverrons. Peut-être.
En attendant, je vais accomplir la mission que tu m'as confiée. Ces damnés horcruxes sont bien cachés m'as-tu dis. Cela importe peu, j'aurais 15 ans pour les trouver."
La dernière phrase, énigmatique fit craindre à Hermione que le retour de Voldemort soit plus proche qu'ils ne l'escomptaient. Sous la pression de Kreatur, le directeur de Poudlard ne put faire autrement que d'accepter une part du diner qu'il préparait pour ses maîtres. Sirius s'installa en face de Dumbledore, il trouvait plus rassurant peut-être de garder la table entre lui et le vieil homme. Hermione aida un moment Kreatur avant qu'il ne lui pique la main d'un coup de fourchette pour la faire lâcher la poêle qu'elle entendait surveiller.
D'un geste réflexe elle avait porté la main à sa bouche. La jeune fille lança un regard noir à l'elfe qui se pencha jusqu'à ce que ses oreilles touchent le sol.
- Kreatur est navré que sa maitresse se soit blessée. Fit-il sirupeux. C'est pourquoi maitresse Hermione devrait laisser Kreatur s'occuper de sa cuisine.
- Tu as gagné, je vais m'assoir. Sale bête ! Rétorqua l'irlandaise en gaëlique.
L'elfe de maison ne parut pas s'incommoder des récriminations de la jeune fille et fit planer sur la table autant de bière-au-beurre que de convives. Hermione arriva à l'instant où son verre se remplissait du liquide jaune. Sirius et Dumbledore avaient mis à profit le peu de temps que l'altercation avait durée pour mettre un terme à leur opposition.
- Je suis désolé de mon attitude Albus. Fit Sirius alors que sa fille s'installait. Je crois que je suis un rien trop protecteur.
- Protéger ne signifie pas étouffer. Répondit doucement Dumbledore. Et vous savez de quoi il est question mon ami.
Le visage de Sirius se crispa un peu. Hermione savait que son père adoptif avait vécu des moments pénibles avec ses parents durant son enfance et au cours de cette scolarité passée à Griffondor.
- Je me comporte parfois comme s'il s'agissait encore de moi et de ma stupide révolte. Glissa enfin Sirius.
- Cette introspection me semble intéressante, mais ne vous blâmez pas trop. Coupa Dumbledore. Rien n'est facile lorsque les enfants arrivent à l'âge adulte.
Le dernier des Black dût admettre qu'il lui faudrait faire des efforts pour être plus digne de sa fille. Hermione n'était pas fâchée que son père arrêta de se conduire comme un adolescent en mal de rébellion. Dès qu'un événement, un contretemps ou quoique ce soit l'empêchait d'atteindre rapidement ses objectifs, il s'emportait et ne faisait plus rien de bon. Souvent la jeune fille se demandait lequel des deux était l'adulte. Même si elle savait pertinemment qu'il jouait aussi ce rôle pour la détendre, l'amuser ou que savait-elle encore.
Le repas n'apporta aucune réponse aux questions qu'Hermione pouvait se poser à propos des horcruxes. Néanmoins se fut un agréable moment. Sans être quelqu'un de très amusant, Dumbledore avait de l'humour et de la conversation. Le sujet principal porta évidemment sur la prochaine rentrée de la jeune fille et le directeur de l'école se montra très confiant quant à ses capacités d'intégration.
- Je suis même persuadé qu'Hermione aura un impact bénéfique sur l'atmosphère au sein de l'école. Il administra un agréable signe de tête en direction de la jeune fille en guise de reconnaissance.
- Je vais être la curiosité que tout le monde va vouloir approcher. Lança-t-elle. Vous parlez d'un plaisir !
- Rassurez-vous, vous équilibrerez surtout les forces en présence. S'amusa le directeur avec un grand sourire.
- Harry et Drago sont si influent que cela ? s'étonna Sirius.
- Á eux deux, ils me rappellent souvent le comportement de Tom Jedusor. Continua Dumbledore. Hermione pensa que ce n'était que naturel. Et je crains qu'ils ne finissent par faire de grosses bêtises.
- Vous voulez donc que je vienne à Poudlard pour en faire de plus grosses. Conclut le plus sérieusement du monde la jeune fille. Son père faillit s'étouffer dans son verre, tant il était stupéfié par l'aplomb d'Hermione.
Le directeur de l'école considéra un instant son interlocutrice avant de libérer un grand éclat de rire. Ses yeux bleus ne furent plus que deux minces fentes indiquant malice et finesse. En effet, elle aurait à faire un certain nombre de « bêtises » pour mettre la main sur les horcruxes. Et elle serait protégée par le directeur de l'école pour cela. Pour Sirius il valait mieux que cette boutade en reste une et qu'elle continue de masquer leurs véritables intentions.
Après un café très, trop, léger, Dumbledore repartit vers son école. Non sans remercier ses hôtes chaleureusement. Il s'avoua parfaitement convaincu que la jeune fille serait vraiment à sa place dans cette maison. Sirius passa le reste de la journée à le répéter à l'envie. Obtenir l'accord de Dumbledore semblait équivaloir à ses yeux à toutes les récompenses du monde.
Avant de s'élancer dans la cheminée, Albus se pencha vers Hermione pour l'entretenir un instant.
- Tous mes vœux Miss Black.
Hermione ne sut que le remercier et se demander ce qu'il entendait par ces vœux.
« §§§ »
Les vacances commençaient et les élèves de Poudlard rentraient à Londres par le Poudlard-Express. Ce jour-là, Sirius laissa sa fille dormir tard, mais quand elle fut enfin prête, il accéléra le mouvement. Parvenus à l'extérieur de la maison, il tira sa fille par la main jusqu'à la bouche de métro la plus proche.
Hermione resta un peu abasourdie, voir son père s'engouffrer dans une station de métro n'était pas un comportement habituel. Comme la plupart des sorciers, il répugnait à employer les transports moldus. Parvenu à un guichet, il demanda deux tickets pour King's Cross. La jeune fille comprit où ils se rendaient, mais ne comprenait pas pourquoi ils le faisaient en métro plutôt que de transplaner.
Le sorcier semblait prendre un grand plaisir à flâner dans les couloirs du métro, Hermione n'était pas très rassurée. L'attrait de la nouveauté pour l'un tranchait avec la surprise de l'autre. La jeune fille ne pouvait se souvenir, évidemment, qu'elle empruntait ces couloirs avec ses parents moldus lorsqu'elle était enfant et qu'elle se rendait à Poudlard.
Ils avançaient dans la station qui devait les mener à King's Cross quand un malandrin porta la main sur Hermione qui n'eut d'autre réflexe que de crier de stupeur. Avant qu'elle puisse se retourner, son père avait déjà stupéfixié l'homme. Il était sale et mal habillé mais n'apparaissait pas être une menace pour qui que ce soit. Il tenait encore en main un panonceau mal écrit dans un anglais visiblement peu assuré. Rapidement, Hermione déchiffra le carton serré entre des doigts sales et constata qu'ils venaient de s'en prendre à un clochard un peu entreprenant. La jeune fille grimaça de cette méprise. Elle ne lui voulait aucun mal, s'il avait essayé de lui parler plutôt que de la toucher, il n'y aurait pas eu une telle réaction. Sirius, quant-à-lui s'amusait beaucoup de la situation. Il avait vu sa fille prise en défaut, ce qui n'arrivait pas si souvent.
Les usagers du métro ne portèrent aucune attention à l'incident et personne ne s'enquit de l'état de santé du malheureux. Hermione lança un sort d'enervatum pour lui rendre sa mobilité et entraina son père dans le couloir d'un pas alerte. Elle craignait la vidéosurveillance des lieux. Qui savait s'il n'y avait pas déjà des vigiles en route pour les intercepter. Vraiment, Hermione garderait un souvenir ému de son voyage en métro. Quand ils arrivèrent sur le quai le plus proche, la jeune fille fit embarquer son père dans le premier wagon s'arrêtant devant eux, sans même se préoccuper de la destination qu'ils suivaient. Elle le regretta car il leur fallut plus de trois quart d'heure pour retrouver la bonne direction.
De son côté, Sirius ne se s'intéressait absolument pas aux noms des stations, au nombre d'arrêt nécessaires et s'inquiétait de tous les petits détails qui l'entouraient. La jeune fille dût batailler un moment pour que Patmol décide enfin d'abandonner le distributeur de boissons fraiches. L'idée de cacher, de mettre en réserve et au frais des canettes en aluminium distribuées à l'unité l'émerveilla. Il se proposa de transposer le principe dans le monde sorcier. Il y aurait certainement un débouché commercial lucratif. D'ailleurs, il ne parvenait pas à comprendre que personne n'ait essayé avant.
Avec presque une heure de retard sur l'horaire prévu, Sirius et Hermione parvinrent enfin sur le quai 9-3/4. Le Poudlard-Express n'était pas encore en gare et Hermione adressa un regard suspicieux à son père.
- Ne sachant pas comment cela fonctionnait là-dessous, j'ai pensé que prendre de l'avance ne serait pas inutile. Fit-il avec un sourire.
- Me prévenir, par contre, c'était inutile ! aboya Hermione.
- Nous sommes arrivés, c'est tout ce qui compte non ? remarqua Sirius qui s'amusait encore follement en repensant à toutes ces choses étonnantes qu'ils avaient croisées.
- Je croyais que tu n'aimais pas le monde moldu. Reprit Hermione.
- Ta mère me l'avait montré en 1981. Répondit-il un peu songeur. Et depuis, je n'y étais pas retourné. Maintenant que tu es là, je me suis dit que c'était amusant. Rit-il à l'évocation de ces souvenirs visiblement heureux.
Hermione observa longuement son père. Il paraissait rajeuni. Son célibat, passé entre petites affaires et solitude l'avait marqué. Il n'était pas très différent physiquement de ce qu'il était devenu après son évasion d'Azkaban. Un peu moins triste surement. Depuis qu'Hermione était arrivée chez lui, il se sentait plus jeune, plus fort, important. Sa place dans la société avait un sens et il vivait chaque jour un peu mieux. Cela, la jeune fille l'ignorait quoiqu'elle puisse s'en rendre compte par ses choix vestimentaires. Le gris et le noir ayant été remplacés par des tons encore sombres mais déjà un peu moins tristes. Il regardait sa fille et voyait la jeunesse, l'espoir et l'insouciance.
La manière qu'elle avait de ramener ses mèches folles ou de froncer les sourcils d'indignation lui rappelait Pansy et son bonheur d'alors. Même s'il n'avait pas eu l'occasion de la remercier, de lui dire ce qu'il ressentait. Pour cela, il se faisait un devoir d'aider sa fille, « leur » fille puisque c'était ainsi que les événements évoluaient.
- Parles-moi de maman. Intervint soudain la jeune fille en s'asseyant auprès de son père.
- Nous ne nous sommes connus que peu de temps. Se précipita-t-il.
- Il suffit d'une nuit, papa. Hermione avait insisté un peu longuement sur les deux dernières syllabes. Ce qui fit rougir Sirius.
- Les enfants n'ont pas à s'intéresser de ce genre de choses, surtout quand il s'agit de leurs parents. Coupa-t-il gêné.
- J'ai passé l'âge des petites abeilles et des fleurs. Sermonna-t-elle. Mais ce n'était pas ma question.
- Si c'est comment, je te dirais, le plus bêtement du monde dans une auberge. Il préféra ne pas raconter la platitude de ses propos de l'époque. Il se demandait bien pourquoi elle avait accepté de lui adresser la parole après ça.
Hermione avait gagné la partie. Son père évoqua tous ce qui lui restait de souvenirs de ces quelques jours passés avec Pansy Parkinson à Londres en novembre 1981, soit seize ans et sept mois avant ce jour. Malgré le temps qui s'était écoulé, l'émotion restait aussi présente en lui. La jeune irlandaise remarqua que les yeux de son père pétillaient lorsqu'il en parlait. Vraiment, il ne faisait pas ses 36 ans, et quelques. Hermione ne faisait pas ses 20 ans elle non plus. Vainement, Sirius avait essayé de faire parler de son pays la jeune irlandaise. Rien ne lui revenait de précis, parfois le matin elle se levait avec des images de bateaux, de mer houleuse, mais ça ne cadrait guère avec l'Irlande.
- Le voilà. Fit Sirius soudain en se relevant.
Au loin on commençait à percevoir le panache de fumée qui surplombait toujours la locomotive à vapeur du Poudlard-Express. Le quai 9-3/4 commençait à se couvrir de gens en quête de leurs progénitures. Sans qu'elle sache pourquoi, Hermione était très anxieuse et sentait que son angoisse progressait au rythme de l'approche du train. Elle n'avait qu'une amie à bord, Ginny Weasley, et elle serait heureuse de la revoir. De ce fait, elle ne comprenait pas ces inquiétudes. Pour se rassurer, elle se rapprocha de son père qui posa une main tremblante sur son épaule. Lui aussi n'était pas extatique. Pourquoi être venus dans ces conditions ?
- Si ça ne va pas. Murmura-t-elle. Pourquoi sommes-nous ici ? Sirius soupira longuement avant de répondre.
- Si je ne vois pas Harry maintenant, il y a peu de chance pour que nous le voyions de toutes les vacances.
- C'est à ce point ? sursauta Hermione.
- Il va passer les deux ou trois premières semaines chez son oncle et sa tante, puis il filera chez mes cousins Malefoy auprès de son « ami » Drago. Hermione décida de ne pas relever l'hésitation qui entourait le mot « ami ». Elle savait que Harry n'était pas attiré par les garçons, même si elle ne souvenait pas pourquoi elle en fut à ce point persuadée.
- Tu ne le vois jamais. S'exclama-t-elle enfin.
- Si je le contrains, parfois il cède.
Patmol semblait avoir sur les épaules une charge trop lourde, celle de cet impertinent qu'il aurait voulu guider et protéger comme un parrain qu'il n'avait pas pu être. L'animosité que ressentait Hermione aux propos de Harry « le survivant » Potter s'accroissait encore. Sa première rencontre avec le jeune homme n'avait pas été couronnée de succès et lui laissait un vague goût amer dans la bouche. D'autant qu'elle était persuadée, et Dumbledore avec elle, qu'il était le dernier des horcruxes. L'avoir sous la main pendant les vacances ne serait pas, à la réflexion, une idée totalement idiote.
Le train s'immobilisa le long du quai dans le crissement strident des antiques freins à lames. Déjà les premiers wagons s'ouvraient. Les enfants de tous âges saluaient leurs parents les attendant sur le quai. Quelques amoureux s'embrassaient avant de se quitter pour plusieurs jours ou plusieurs semaines. Sirius s'éloigna distraitement de sa fille, cherchant manifestement du regard la présence de son filleul. Restée seule, Hermione regardait sans voir les gens qui l'entouraient. Du coin de l'œil elle repéra Molly et Arthur Weasley qui s'avançaient vers l'un des wagons. Il lui sembla que Fred et George en sortaient virilement un troisième garçon roux. Apparemment, Ron avait fait des siennes pendant le trajet. Pas très loin des Weasley, Hermione aperçut deux moldus qui lui évoquèrent instantanément quelque chose. Elle les connaissait visiblement mais ne pouvait pas savoir pourquoi. Une jeune fille brune aux cheveux ébouriffés s'élança vers eux pour les embrasser. Cela mit fin à son interrogation. Il s'agissait de parents d'élèves comme d'autres et elle les avait probablement croisés quelques minutes auparavant sur les quais du métro ou dans la gare elle-même.
En reportant son regard sur ses amis, Hermione constata qu'ils cherchaient eux aussi quelqu'un. En souriant, Hermione pensa que la disparition de Ginny avait été remarquée. Elle-même avait eu des difficultés pour la repérer dans la foule. Mais à présent, Hermione savait où se cachait la jeune fille. Sous ses cheveux dans les bras d'un certain Dean Thomas. Discrètement, la jeune irlandaise vint se placer dans le dos de son amie pour la dissimuler un peu mieux à ses parents.
- Ginny. Murmura Hermione. Si tu ne tiens pas à finir enfermée le reste de ta vie, je te conseille lâcher ton soupirant. Salut Dean. Fit-elle ensuite, en levant la main, au jeune homme qui la regardait étonné.
- Bonjour. Répondit simplement le prénommé Dean, qui s'attendait visiblement peu à ce genre de remarque.
- Apprenez que je fais ce que je veux de mes frères, Miss Black. Trancha vivement Ginny avec un clin d'œil entendu.
- Il n'empêche que tu as intérêt à écourter. Continua Hermione. C'est pas que je t'aime pas Dean, juste que je te connais pas en fait. S'amusa-t-elle en s'apercevant du ridicule de sa remarque. Qui ne l'était pas puisqu'elle avait passé 6 ans à ses côtés, même s'ils n'en avaient pas conscience.
Ginny et Dean eurent encore un petit échange amical qu'un toussotement interrompit. Hermione signala prestement qu'elle n'y était pour rien. Mais Percy se trouvait droit, rigide et un peu sec aux côtés de sa sœur. Son visage reflétait clairement qu'il n'appréciait que modérément l'activité de sa cadette. Celle-ci grimaça un peu en voyant son frère qui était certainement le plus borné du lot.
- Enchantée, Hermione Black. Fit la jeune irlandaise jouant son va-tout. Percy resta interdit et hésita avant de répondre.
- Vous êtes de la famille de Sirius Black. S'enquit-il en saisissant la main que lui tendait la jeune fille.
- En effet, je suis sa fille. Continua-t-elle heureuse d'avoir détourné son attention. Pendant ce cours entretien, Ginny et Dean avaient disparu dans la foule.
- Je suis charmé de vous rencontrer. Fit Percy sans quitter Hermione du regard et sans lâcher sa main. Je suis Perceval Weasley, ancien préfet en chef de Poudlard et assistant personnel du ministre. Acheva-t-il non sans une pointe d'orgueil.
- Vous êtes quelqu'un de brillant et d'ambitieux. Émit la jeune fille non sans admiration. Le jeune homme n'était pas très beau mais pas laid non plus. S'il n'avait constamment cet air pincé, il serait plaisant à regarder. Les compliments de la jeune fille semblèrent l'attendrir totalement.
- Vous êtes étrangère, m'a-t-on dit. Si vous souhaitez un guide, il ne faudra pas hésiter à me demander. Flagorna-t-il.
- C'est une idée qui n'est pas pour me déplaire monsieur Weasley. Répliqua Hermione un peu surprise mais touchée. Mais pour le moment, je crois que je devrais retrouver mon père.
Percy admit qu'il serait sage qu'elle ne resta point trop longtemps seule. Une telle beauté risquait de mauvaises rencontres à rester isolée. Il insista pour ne pas l'abandonner tant que Sirius ne serait pas à ses côtés. Pendant qu'ils marchèrent, Hermione découvrit un jeune homme un peu gauche, très intelligent mais aussi charmant. Il fut plein d'attention et de délicatesse, posa quelques questions sur sa famille par courtoisie et n'insista pas quand elle lui expliqua ses problèmes de mémoire. Bien au contraire, il sut la plaindre sans trop en faire et la rassurer. Affirmant que l'important serait ses souvenirs à venir plutôt que ceux de son passé. Parfois Hermione s'amusait de ses remarques qui étaient drôles sans que ce soit volontaire, et cela le rembrunissait un peu.
Sirius semblait fendre la foule pour se précipiter sur sa fille. Percy eut un geste de recul en voyant le dernier des Black s'avancer aussi prestement. Pourtant, ils se connaissaient bien.
- Salut Percy. Fit le nouveau venu. Merci d'avoir retrouvé Hermione. Je la cherchais partout depuis dix minutes.
- J'ai préféré ne pas la laisser seule ici, non pas que ce soit dangereux, mais cela m'a paru plus raisonnable. Hermione perçut sans difficulté les reproches que faisait le jeune homme à son père et craignait qu'il ne s'en attire les foudres.
- Percy est véritablement charmant, il m'a expliqué tout ce qu'il y a à savoir sur le quai 9-3/4. Coupa Hermione avant que son père ne s'emporte.
- Et je serais ravi de vous en raconter plus encore sur notre monde. Fit-il très doucereux. Hermione pensa qu'il devrait se méfier, il arriverait rapidement à l'écœurement avec ce genre de remarques.
- Je te remercie Percy. Continua Sirius passablement amusé et en gratifiant le frêle jeune homme d'une bonne tape virile sur l'épaule qui manqua de le propulser au sol. On se revoit bientôt chez tes parents ?
- J'y prends des vacances dans une quinzaine de jour, du 13 au 28 juillet. articula-t-il pour bien faire comprendre les dates dans le brouhaha constant qui les entourait.
Vivement divertie par le frère de Ginny, Hermione repartit avec son père après avoir salué Percy d'un signe de la main et d'un clin d'œil signifiant qu'elle avait bien reçu ses dates de congé. Quand ils furent un peu plus loin, Sirius ne put s'empêcher de questionner sa fille à propos du jeune homme.
- Il est un peu vieux pour toi. Trancha-t-il déterminé.
- Tu tiens vraiment à t'immiscer dans ma vie privée, ou c'est juste une blague, papa ? s'étonna la jeune fille.
- Pas du tout, d'ailleurs il est le fils d'amis très chers. Je pourrais m'attendre à pire comme gendre. Mais je pensais que tu serais plus intéressée par des jeunes de ton âge. Plus tard aussi, après tes études en tous cas. Hermione leva les yeux au ciel. Son père lui faisait une crise de jalousie. Ce que les parents sont bêtes parfois.
- Il ne se passe rien de particulier avec lui. Pouffa-t-elle. Je le connais de cinq minutes, je ne suis pas une fille si facile. De toute façon tu seras informé de mes frasques, par ton filleul principalement. Ricana-t-elle enfin. Sirius parut soulagé, ce qui rendit Hermione encore plus désespérée.
- En parlant de Harry, j'ai réussi à lui mettre la main dessus.
Rapidement, Sirius accompagna sa fille jusqu'à un petit groupe d'adolescents. Au moment de se joindre à eux, Sirius désigna un grand blond dégingandé qu'Hermione reconnut comme étant Drago Malefoy, à ses côtés se trouvaient Harry et une jeune fille qui évoquait à l'irlandaise de vagues souvenirs. Lorsque s'échangèrent des poignées de main faussement cordiales, Drago prit la peine de présenter son amie. La jeune fille manifestement peu farouche s'était prestement collée à son petit-ami bond dès qu'Hermione entrait dans son champ de vision. La marque de la possession fit sourire l'irlandaise qui s'abstint de toutes remarques narquoises ou désobligeantes. Comme si elle allait tenter de voler à l'adolescente cet imbécile de Malefoy.
- Black, voici Pansy Parkinson, une amie. Cracha Drago désinvolte. Sirius resta un instant pétrifié. L'information devait être minutieusement analysée par un cerveau incapable de prendre la mesure des mensonges de sa nouvelle fille adoptive et amie de longue date.
- Enchantée. Répliqua Hermione d'un ton qu'elle voulait enjoué mais qui sonnait faux. Nous vous verrons probablement à la maison pendant l'été. Minauda la jeune irlandaise.
- Il y a peu de chance que je traine dans cette ruine. Coupa Drago. Et toi, Harry ?
- Je dois encore me décider. Reprit l'interpelé. J'y passerai probablement.
Étrangement, Harry semblait intéressé par un séjour au square Grimaurd, ce qu'il refusait en général. Ce revirement ne présageait rien de bon. Sirius craignait que son filleul ne profite des événements pour créer des ennuis. Le jeune homme avait convenu de rester chez ses parents Dursley au cours des deux premières semaines de juillet avant de venir s'installer une huitaine de jours chez son parrain. La fin de son séjour coïnciderait avec le propre départ de Sirius et Hermione pour le Terrier. La jeune fille éclata de joie en apprenant qu'elle vivrait chez Ron pendant une partie de l'été. Il s'y déroulerait de grands événements au tout début du mois d'août suivant. Mystérieux et amusé, Sirius refusa d'en dire plus.
« §§§ »
La soirée fut paisible au square Grimaurd. Revigorée parce qu'elle avait revu Ron, Hermione fut d'excellente humeur et joua longtemps sur le piano du salon pendant que Sirius lisait en caressant sa chatte Cassy. L'animal avait tenté de s'installer sur le clavier en produisant quelques dissonances malheureuses, avant que sa petite maitresse ne l'empoigne et ne la dépose sur les genoux de Sirius qu'elle ne quitta pas de la soirée, vexée par ce traitement.
Hermione jouait de mémoires certains morceaux et s'appuyait sur les partitions prêtées par tante Jane pour les autres. L'aïeule avait promis de venir les voir au cours des prochaines semaines, lorsqu'elle reviendrait de ses vacances, les premières depuis des années, sur la côte méditerranéenne. En attendant, la jeune fille essayait d'apprendre les airs de jazz qu'affectionnait particulièrement sa tante. Elle y mettait d'autant plus d'entrain que son cœur était allégé. Bien qu'elle n'ait fait que l'entrevoir, elle savait que Ronald Weasley représentait quelque chose de particulier à ses yeux.
Pendant qu'elle jouait, Sirius marmonnait pour lui-même des réflexions sur Pansy et l'impossibilité qu'il y ait un lien. Fatiguée par les errements de son père adoptif, Hermione finit par intervenir sans ambages.
- Papa. Tu n'imagines tout de même pas que ma mère s'est présentée à toi avec son vrai nom ?
- Évidemment non. Répliqua-t-il un peu rougeau. La preuve, rien que son prénom n'était pas le bon.
- Alors. Reprit la jeune fille. Pourquoi t'échiner à voir un lien avec cette Pansy Parkinson ? Ce n'est qu'un hasard !
- Je ne sais pas. Souffla Sirius dépité. Visiblement cette homonymie l'ennuyait terriblement.
Faute de pouvoir convaincre son père du bien-fondé de sa remarque, Hermione décida qu'il était grand temps de monter se coucher. Elle déposa un baiser sur le front de Sirius en l'enjoignant de ne pas trop s'angoisser.
- Si ça se trouve, ma mère et celle de Pansy se connaissaient. Fit-elle en souriant doucement. C'est en pensant à l'une que l'autre s'est nommée et inversement.
- Tu as probablement raison. Admit Sirius. Bonne nuit ma chérie.
Hermione laissa glisser sa main le long des épaules de son père, la remonta pour ébouriffer copieusement la tête du dernier des Black, puis s'éloigna paresseusement. Cassy qui semblait dormir s'élança instantanément lorsqu'Hermione ouvrit la porte. Le chat suivit sa maitresse jusque dans sa chambre et dormit consciencieusement sur ses genoux.
« §§§ »
Le 2 juillet, Hermione se leva avec précipitation. La veille elle avait revu Ron pour la première fois depuis son départ dans le passé. Même si ils ne se connaissaient pas, l'impression de légèreté persistait et la jeune fille était d'une extraordinaire bonne humeur. Elle ne laissa pas à Kreatur le temps de protester, et pris en main la réalisation du déjeuner qu'elle servit à son père dans sa chambre.
- Papa, ce matin, j'irai bien faire quelques boutiques, tu m'accompagnes ? s'exclama-t-elle en posant le plateau sur la frêle table de chevet de Sirius.
- Ce matin, j'ai d'importants rendez-vous. Coupa-t-il un peu durement. Mais appelle Molly par la cheminée et allez-y toutes les deux.
- Papa, c'est avec toi que j'aurais voulu. Bouda-t-elle un peu déçue de l'absence de négociations.
- Et puis, Molly sera de bien meilleurs conseils que moi, je t'assure. Continua-t-il en posant un baiser sur ses cheveux. Quoi qu'il en soit, merci pour le déjeuner. Il commençait déjà à engloutir le contenu de son assiette.
Un petit peu déçue et très énervée à l'encontre de son père, Hermione décida de redescendre en cuisine pour demander à Molly de l'aider à choisir quelques affaires pour les vacances. L'elfe de maison l'ignora ostensiblement quand elle entra dans la pièce. Il ne daigna pas même lever la tête de sa vaisselle pour l'aider à mettre la main sur le pot de poudre de cheminette que son père oubliait régulièrement dans des endroits les plus inattendus. C'est au milieu des verres du quotidien, dans les étagères à droite de l'entrée, et donc le plus loin qu'il était possible de la cheminée, que la jeune fille parvint à trouver le petit bocal de poudre verte.
Encore un peu plus fâchée, Hermione lança un peu de poudre dans l'âtre avant de s'y pencher en appelant le Terrier. Ce n'était pas la première fois que la jeune irlandaise utilisait ce moyen de communication, mais elle était encore surprise par les effets qu'il produisait.
Ainsi, elle se savait encore installée dans la cuisine de la maison de Sirius, pourtant elle voyait distinctement l'intérieur du Terrier. Où qu'elle regarde, la jeune fille ne voyait que la maison de Weasley. Pour le moment, personne ne se trouvait dans la cuisine et elle dût attendre que quelqu'un passa pour demander à parler à Molly. Heureusement, la mère de famille avait fort à faire avec tous ses enfants qui revenaient à la maison pour les vacances et Molly revint rapidement s'occuper de sa cuisine.
La jeune fille héla doucement son amie et lui demanda si elle disposait d'un peu de temps pour faire des courses avec elle au chemin de traverse. Poliment, Molly repoussa toute idée de quitter la maison, surtout pas avec ce qui se préparait. L'allusion fit tiquer Hermione qui était maintenue dans l'ignorance de ce qui se tramait. Néanmoins, il était possible que Ginny vienne passer la journée avec Hermione. Sous la promesse de ne pas quitter la maison du square Grimaurd. Les deux adolescentes étant bien trop jeunes pour pouvoir errer sans surveillance. En désespoir de cause, Hermione accepta la proposition. Elles pourraient au moins discuter en perdant allégrement leur temps. Après un appel tonitruent, Ginny apparut à la porte de la cuisine du Terrier, salua distraitement Hermione et s'adressa à sa mère. Celle-ci expliqua de quoi il retournait et le visage de la jeune rousse s'éclaira instantanément.
- Pousses-toi de la cheminée Hermione, j'arrive. Fit-elle en se précipitant. Mais Molly arrêta net sa fille cadette.
- Jeune fille, qu'il soit bien clair qu'il vous est interdit de sortir de la maison ! le ton ne souffrait pas de négociations, et Ginny s'empressa d'admettre la contrainte et d'embrasser sa mère.
Prestement, Ginny s'empara d'une cape de voyage s'élança vers Hermione qui n'eut que le temps de remercier Molly de lui confier sa fille avant de s'écarter de l'âtre. Elle bascula en arrière et se reçu assez douloureusement sur le sol en pierre de la cuisine de Sirius. Pendant qu'elle se frictionnait les parties de son corps qui avaient rencontré le dallage, Hermione vit Ginny sortir de la cheminée en souriant d'un large sourire.
- Alors on s'ennuie toute seule ? s'enquit la nouvelle venue en riant.
- Bienvenue en enfer. Ricana Hermione. Ici, il n'y a pratiquement rien à faire.
- Allons, au moins tu n'es pas obligée de ranger, nettoyer, arranger, repriser, ranger et nettoyer toute la journée. Sourit Ginny. Depuis hier, nous ne faisons que cela, c'est comme si maman avait attendu notre retour pour commencer les préparatifs.
- Les préparatifs de quoi ? demanda abruptement Hermione qui n'en pouvait plus de ces détours.
- Tu verras. Se contenta de répondre la rousse.
Hermione maugréa un peu et même beaucoup contre cette attitude partagée par tous les adultes et tous les Weasley qu'elle connaissait. Depuis des semaines, il n'était plus question que des événements de l'été mais la jeune irlandaise était tenue à l'écart de ses préparatifs. S'amusant, Ginny lui certifia qu'elle ne serait plus maintenue dans l'ignorance encore longtemps.
- Je peux même te dire que cela concerne Fleurk et Bill. Lança Ginny.
- C'est donc un mariage ! s'écria Hermione dont le visage s'éclaira de la compréhension nouvelle.
- Ce n'est pas moi qui te l'ai dit. Répliqua Ginny avec un clin d'œil complice. Sinon ma mère va me tuer.
Sans difficultés, Hermione accepta de garder le silence jusqu'à ce qu'on lui fasse l'annonce officielle. Mais elle ne parvenait pas à comprendre pourquoi on l'avait maintenue dans cette situation d'ignorance. Avec délicatesse, Ginny lui fit comprendre que jusqu'à ce qu'ils soient certains de pouvoir organiser les festivités, les Weasley n'avaient pas fait trop de publicité. Depuis quelques jours, ils avaient enfin réuni les sommes nécessaires et la fête serait plus belle que prévue. Le père de Ginny venait d'avoir une belle promotion et les finances de la famille s'en ressentaient.
Dans ces conditions, Hermione considéra qu'elle devrait faire un effort particulier pour trouver une tenue digne de l'événement. D'ailleurs, ce serait probablement son premier mariage sorcier. Il fut décidé de feuilleter des catalogues de boutiques moldues et sorcières jusqu'à ce que les deux jeunes filles aient trouvé le modèle qui leur plaisait. Cependant, Ginny savait qu'elle serait probablement contrainte d'accepter une ancienne robe de sa mère ou de porter la tenue des demoiselles d'honneur. Elle ignorait ce qui serait le pire. La moue qu'elle fit en expliquant ce dilemme amusa beaucoup Hermione. Par contre, l'irlandaise ne serait pas limitée dans ses choix.
Le deux jeunes filles passèrent la matinée dans les catalogues et décidèrent assez tard d'aller diner dans la cuisine. Elles auraient pu faire monter le repas, mais l'idée de se déplacer leur paraissait agréable. L'une et l'autre étaient engourdies par la longue inactivité musculaire. Mais leurs zygomatiques s'étaient largement musclés. L'ambiance constituée autour des brochures se maintenait en cuisine quand une sonnerie les interrompit.
L'elfe de maison ne parut pas s'étonner de ce bruit et se précipita dans le couloir aussi rapidement qu'il lui était possible. Surprise, Hermione décida de suivre Kreatur jusqu'à la porte d'entrée. Celle-ci s'ouvrit sur Harry Potter. L'elfe s'inclina en forme de respect et fit entrer le jeune homme qui portait un baluchon de toile sur l'épaule.
- Salut p'tite sœur. Lança le nouveau venu.
- Bonjour Harry. Reprit Hermione. Nous t'attendions dans presque deux semaines. S'étonna-t-elle.
Á ses côtés, Ginny émit un petit couinement qui devait signifier qu'elle lui souhaitait la bienvenue. Un peu surprise par l'attitude de son amie, Hermione lui jeta un regard interrogateur qui la fit rougir. De même, Harry ouvrit la bouche pour parler avant de la refermer, visiblement troublé.
- Laisse, tu l'impressionnes. Fit Hermione.
- Pas du tout. Trancha Ginny qui reprenait contenance.
- T'es là aussi toi ? coupa Harry. C'est la lie du monde magique qui traine dans cette maison ! acheva-t-il l'air mauvais.
- Alors ? qu'est-ce qui t'arrives ? ton oncle a fini par te mettre dehors ? lança Hermione acerbe.
- Ce qui m'amène ne regarde pas la bâtarde de Sirius. Cracha Harry. Inutile de me montrer le chemin, je connais. Continua-t-il en bousculant Hermione pour passer, l'elfe de maison dans son sillage.
Manifestement, le jeune homme ne supportait guère que l'on s'oppose à ses désirs ou que l'on tente de se moquer de lui. L'humour était passablement absent de sa conception du monde. Ginny semblait prête à lancer un sort sur l'odieux personnage pour défendre l'honneur de son amie qui l'empêcha d'intervenir. La présence de Harry dans cette maison était suffisamment exceptionnel pour que l'irlandaise ne souhaite pas le faire partir en le vexant. Ginny confirma à son amie qu'elle le détestait au point de l'agresser publiquement trois ou quatre fois par semaines. Les sentiments paraissaient partagés.
Cette arrivée intempestive modifiait considérablement les plans des jeunes filles. Il ne serait pas possible de faire comme si Harry n'existait pas, qu'il ne se trouvait pas dans la maison. Du moins, il n'y aurait probablement aucune difficulté tant qu'ils ne seraient pas tous dans la même pièce.
Évidemment, le jeune homme prit un malin plaisir à changer de location aussi souvent qu'elles. La maison qui était pourtant grande ne suffisait plus à retenir les trois jeunes gens. D'autant qu'Hermione sentait distinctement la présence de l'âme de Voldemort s'imposer à celle de Harry. Elle en avait des haut-le-cœur quand il s'approchait trop d'elle. Quoi qu'elle ne l'aimât pas, Ginny refusa de laisser Hermione seule avec lui. Les tensions devenaient très lourdes à supporter à mesure que le temps s'écoulait. Bien qu'elles souhaitaient ignorer Harry, les deux filles devaient constamment composer avec sa présence.
- Harry, si tu as quelque chose à me dire, fais-le ! éclata enfin Hermione alors que le jeune homme passait dans son dos en écoutant manifestement leur conversation.
- Qu'aurais-je à dire à une bâtarde ! cracha-t-il à nouveau. Ginny sortit précipitamment sa baguette de sa poche. Hermione lui fit signe de ne pas intervenir.
- Si tu veux te comporter comme Drago, il faudra être un peu plus subtil. Coupa-t-elle.
- Je ne comprends pas comment mon parrain peut te supporter ! continua-t-il.
- Mais Potter serait jaloux, tout simplement. Émit Ginny qui n'avait pas baissé la garde. Son intervention lui valut un regard très agressif du jeune homme.
- Je n'ai pas choisi ma situation. Trancha l'irlandaise. Tu devras faire avec et moi aussi !
- Tu n'es qu'une voleuse, une bâtarde et une vipère. Aboya-t-il sans originalité.
Hermione se redressa et se plaça devant lui. Ces insultes sonnaient bizarrement. Manifestement, Harry ne croyait pas en ce qu'il disait. Il n'avait pas les mots nécessaires pour exprimer ce qu'il ressentait vraiment, ou alors on lui imposait un discours. La jeune irlandaise plongea son regard dans celui de Harry et s'y perdit un moment. Elle y ressentit le désarroi et la haine, comme si deux personnalités s'exprimaient. Même si elle le savait possédé partiellement par Voldemort, elle ne réalisait pas que les deux âmes s'opposaient.
De sa place, Ginny s'inquiétait de voir son amie et son pire ennemi rester figés tels deux statues de sel. Le regard d'Hermione se fit soudain plus dur et Harry s'affaissa, inconscient. La jeune fille recula d'un pas en hésitant et porta la main au front. Visiblement, elle venait de fournir un effort important. Affolé par le bruit du corps de Harry tombant au sol, Kreatur se précipita dans la pièce et dévisagea la jeune rousse qu'il rendait responsable de l'état du jeune homme. Malgré ses dénégations, l'elfe de maison sembla considérer qu'il ne pouvait y avoir d'autre coupable. Finalement, il porta l'adolescent jusqu'à sa chambre pendant que Ginny s'occupait de son amie.
La première journée de Harry chez son parrain était particulièrement mal engagée.
