un chapitre court avant les vacances. Joyeux noël !
Bonne lecture
Chap. 32 : Aux origines du mal.
L'elfe de maison s'occupa de Harry sans discontinuer jusqu'au retour de Sirius. Ce fut sur ses ordres et parce que l'héritier des Black restait à son chevet que Kreatur accepta de reprendre ses activités en cuisine. Les deux jeunes filles expliquèrent qu'il était arrivé l'après-midi et avait passé son temps à les écouter, les espionner jusqu'à cet échange étonnant entre lui et Hermione. L'irlandaise ne put décrire ce qu'elle avait vu ou ressenti, si ce n'était qu'elle en était passablement écœurée.
La cadette des Weasley rentra chez elle comme elle était venue et embrassa chaleureusement son amie en lui promettant de prendre des nouvelles le lendemain. Hermione lui indiqua qu'elle avait des choses à faire le matin suivant mais qu'elle serait ravie de la revoir.
La nuit fut très agitée. Harry n'avait pas repris conscience et Sirius fut très désagréable avec sa fille qu'il rendait justement responsable de l'état du jeune homme. C'est donc très inquiète et culpabilisante que la jeune fille retrouva son lit. Des impressions étranges la submergeaient par vagues et son esprit tentait d'en dénouer le sens.
« §§§ »
Hermione vit un enfant recroquevillé dans le coin d'une chambre surchargée de meubles et de jouets. Dressé devant lui triomphait un homme grand à la chevelure noire mal peignée. Un rire glaçant, désagréable semblait sortir de la gorge de cet homme inquiétant. Plus l'homme riait, plus l'enfant se faisait petit. La présence l'écrasait au point qu'il cherchait à disparaitre.
Hermione se senti nauséeuse devant cet homme qui ressemblait à Harry sans être lui. Son visage était brouillé, comme brulé et ses yeux ressemblaient plus à deux fentes brulant d'une lueur verte qu'à des yeux humains. La jeune fille prit peur à son tour. Elle voulut fuir devant lui et se trouva bloquée dans cette pièce phantasmatique. Malgré ce qu'elle avait déjà vécu, Hermione resta démunie comme le petit enfant.
L'ombre à forme humaine s'approchait d'Hermione qui voulait hurler mais n'y parvenait pas. De longs doigts noueux et blanchâtres s'élancèrent dans sa direction, un rictus effroyable occupait le visage brouillé. La jeune fille se sentait impuissante et se blottit dans l'angle de la pièce en attendant que l'homme la frappe. Des larmes de terreur perlaient sur son visage. Le monstre faisait ressurgir tout ce qu'elle haïssait le plus, tout ce qui l'angoissait le plus.
Hermione crut rester ainsi des heures sans que rien ne se produise. Puis, elle ouvrit les yeux sur le plafond blanc de sa chambre à coucher. L'irlandaise se releva vivement en se passant les mains sur les yeux et essuya les larmes qui coulaient autant dans son rêve que dans la réalité. Le retour au réel était déstabilisant. Ce qu'elle venait de vivre était très présent encore et le sens ne lui échappait plus autant. D'une manière ou d'une autre, elle devrait aider Harry à se débarrasser de ce monstre qui le hante.
Le lendemain matin, Hermione passa par la chambre de Harry et constata qu'il dormait à présent paisiblement. Sirius qui déjeunait à la cuisine lui fit part des évolutions de la nuit. Après quelques heures de délire, le jeune homme avait fini par reprendre conscience et se leva pour copieusement incendier son parrain et sa fille. Il avait même menacé de partir sur le champ. Étant donné l'heure tardive, Sirius avait obtenu qu'il attende le jour suivant.
Comme à son habitude, Harry avait été déplaisant et odieux envers son parrain, et plus désagréable, envers Hermione. Quoique la veille il fut inquiet pour la santé du jeune homme, Sirius défendait à présent sa fille. L'idée qu'on puisse la considérer comme une bâtarde l'ennuyait énormément.
- C'est pourtant ce que je suis. Remarqua Hermione. Et franchement, ça change quoi que tout le monde le dise ?
- Ce n'est pas vrai, tu es légalement ma fille, reconnue et aimée. Clama-t-il. Je pensais que c'était clair. Ajouta-t-il en la prenant par les épaules et en recherchant dans ses yeux la marque de son estime et de son affection.
- Je ne vis pas pour les autres. Trancha Hermione. Je me moque de ce qu'ils pensent. Elle arracha son regard du sien, ne souhaitant pas qu'il la voit finalement fragile.
- Pas moi ! lâcha Sirius exaspéré.
- Excuses-moi Papa, mais j'ai des choses à faire ce matin. Finit-elle par dire à court de répliques dans ce débat stérile qu'ils avaient à peu près tous les deux jours.
Après avoir déposé un baiser sur les joues mal rasées de son père, Hermione vola un quignon de pain à Kreatur qui ne s'en offensa pas. Pour l'heure, il préparait le déjeuner de Harry du mieux qu'il le pouvait. S'occuper des soins à donner à un malade n'entrait pas dans ses habitudes d'elfe de maison bien éduqué. Néanmoins, il savait comment faire plaisir aux jeunes garçons en les gavant de bonnes choses. Sirius râlait un peu de voir son elfe prendre autant soin de son filleul qui, à son avis, ne le méritait pas. Ce qui amusait la jeune fille. Son père avait mis tant d'espoirs dans la venue de Harry et ne se faisait pas l'illusion qu'il viendrait. Maintenant qu'il dormait à l'étage, Sirius ne savait pas comment s'en sortir.
D'un pas alerte, Hermione regagna la porte d'entrée de la maison et descendit le perron. Pour se rendre discrète, elle transforma ses vêtements sorciers en un habillement moldu relativement ressemblant. Au moins, elle n'attirerait pas l'attention sur son passage, et elle risquait peu de voir la porte des parents de Harry se refermer avant même qu'elle puisse discuter avec eux.
Parvenue au centre du square, elle se demanda ce qu'elle faisait là. La jeune irlandaise voulait se rendre chez les Dursley, il lui aurait été plus simple de passer par le système des cheminées publiques et de se diriger vers la cheminée la plus proche de leur maison. Indécise, la jeune fille pivota sur elle-même en pensant aux massifs de rose des Dursley derrière lesquels elle s'était cachée en novembre 1981. Un craquement sonore survint et Hermione se retrouva sur la pelouse parfaitement entretenue de l'oncle de Harry.
Elle resta un moment estomaquée. D'abord, elle ne se souvenait pas être venue ici auparavant, même si une image très nette des lieux lui était apparue. Ensuite, elle n'était pas sensée savoir transplaner. Ne pas avoir de souvenirs occasionnait un peu trop souvent ce genre de désagréments. Ceci dit, Hermione était exactement où elle le souhaitait l'instant auparavant. Il aurait été ridicule de se plaindre. Vérifiant que son arrivée n'avait pas attiré trop d'attentions mal inspirées, la jeune fille attendit un peu avant de rencontrer les parents de Harry.
Á cette heure de la journée, il n'y avait pas beaucoup de passage sur Privet Drive. Hermione déambula un moment en tous sens pour essayer de surprendre une activité quelconque dans la maison des Dursley. La jeune fille dût attendre une bonne heure avant de voir un jeune garçon, d'environ 15 ans, sortir de la maison. Sans aucun doute, il devait s'agir du cousin Dudley.
Le jeune homme de 18 ans bientôt s'engagea sur la rue d'un pas léger, sans se presser, en chantonnant doucement. Hermione lui emboîta le pas immédiatement et continua de le détailler. Dudley était assez grand, solidement bâti sans être gros, musculeux visiblement, sportif certainement.
- Excusez-moi tenta Hermione finalement. Vous êtes Dudley Dursley ?
- En effet, pourquoi mademoiselle ? fit le jeune homme en se retournant vivement.
- Je suis une amie de Harry et je voulais savoir où je pouvais le trouver aujourd'hui. Menti effrontément la jeune fille. Dudley ne fut pas dupe une seconde et la détaillait à présent avec un regard un peu moqueur.
- Vous ne ressemblez guère aux petites amies que mon frère ramène habituellement à la maison. Trancha-t-il.
- Pourquoi dites-vous cela. Articula Hermione sans y penser, choquée à l'idée que Harry puisse être un coureur de jupons.
- En règle générale, mon frangin évite les étrangères. Conclut Dudley avec un grand sourire.
- Les étrangères ? je ne vous suis plus.
La jeune fille ne prêtait guère d'attention à sa manière de s'exprimer. Tout le monde autour d'elle aurait affirmé sans aucune hésitation qu'Hermione parlait avec un très net accent irlandais, parfois teinté de gaëlique qu'ils ne souhaitaient guère faire expliciter.
- C'est que vous avez un fort accent miss ? Le jeune irlandaise n'eut guère d'autre choix que de se présenter officiellement. Mais au moins, le contact établi était bon enfant.
- Black, Hermione Black. Fit-elle. Je suis….
- La fille du parrain de Harry, probablement. Acheva le jeune homme.
Hermione fut passablement surprise que le cousin de Harry connaisse ce genre de détails. Il confirma qu'il avait entendu parler d'une fille apparue d'on ne savait où et que Harry affublait souvent d'un qualificatif qu'il ne voulait pas répéter.
- Allez-y, je sais qu'il ne me voit que comme une bâtarde. J'ai l'habitude. S'amusa Hermione devant le front de Dudley qui tendait vers le cramoisi.
- C'est que je n'aime pas trop ses manières. Fit-il. Et pourtant, c'est mon frère !
Hermione compatit aimablement et s'étonna de la proximité qui existait entre lui et son cousin.
- C'est que ma mère à toujours insisté pour qu'on le considère comme un membre à part entière de la famille. répondit-il sans tergiverser.
- Comme c'est ton cousin, je ne pensais pas qu'il fallait en faire plus. considéra Hermione un peu surprise.
- C'est quelqu'un d'important chez vous. trancha Dudley sans véritablement regarder son interlocutrice.
- En effet, mais quel rapport avec la manière de le considérer en famille ? continua la jeune fille ne comprenant pas.
Le jeune homme lui fit signe d'avancer à ses côtés et repris son chemin qui l'éloignait du domicile parental. Hermione hésita un instant, elle savait que les fréquentations de Dudley n'étaient pas des plus dociles. D'ailleurs, elle était persuadée que Harry ne s'entendait absolument pas avec son oncle et sa tante Dursley. Considérant qu'elle n'aurait pas grand-chose à craindre d'une poignée d'adolescents moldus, elle accepta l'invitation. Les deux jeunes gens cheminèrent un moment sans trop parler. Le cousin de Harry semblait un peu inquiet et paraissait vouloir s'informer de quelque chose de précis auprès de la jeune fille, sans oser le demander cependant. Cordialement, la jeune irlandaise tenta de faire un peu la conversation, mais Dudley était trop préoccupé pour répondre avec attention.
Les maisons rigoureusement identiques s'alignaient avec leurs jardins proprets tout le long de Privet Drive jusqu'à la rue nationale où elle prenait son origine. Ne parvenant plus à établir un contact avec Dudley, Hermione regarda avec un peu plus d'attention la répartition des habitations. Elle songea qu'il devait faire déprimant à vivre ainsi sous la surveillance des voisins qui s'assuraient que votre gazon ne fasse pas plus que les autres, que vos arbres soient parfaitement taillés, les parterres suffisamment entretenus.
D'un regard en biais, Hermione observa le jeune homme qui l'emmenait Merlin savait où. Elle avait déjà constaté qu'il était massif, un peu rond finalement, mais sportif et musculeux. Si elle avait dû fournir une description de Dudley, elle ne l'aurait pas vu ainsi. La jeune fille se l'était imaginée gras et flasque, avec des attitudes brusques et de mauvaises manières. Manifestement, elle s'était largement trompée dans ses appréciations. Voir Harry aussi négatif et malpoli devait conditionner ses impressions. Á présent, elle marchait aux côtés d'un jeune homme au pas décidé et au regard franc. Elle avait bien plus confiance en lui qu'elle n'en avait pour Harry.
Finalement, le deux jeunes gens parvinrent à l'entrée d'un tunnel piéton par lequel il était possible de gagner un espace de jeux réservés aux enfants du quartier. Instinctivement, Hermione frissonna avant d'entrer dans le passage sombre. Quand elle y fut engagée, la jeune fille vérifia plusieurs fois dans son dos s'il ne venait personne. Hermione avait la désagréable impression qu'il s'agissait d'un piège, surtout, cette impression se doublait d'un effet de "déjà vu". Pourtant, elle venait là pour la première fois.
Sans interrompre sa marche, Dudley passa le long de l'espace de jeux où des mamans surveillaient leurs bambins qui s'amusaient en toute sécurité. Après ce square, il n'y avait plus que des terrains vagues et des champs cultivés de loin en loin. Un grand panneau indiquait la construction prochaine d'un grand lotissement. Étant donné l'état de l'affiche, Hermione douta que le chantier débute prochainement. Au contraire, il semblait abandonné depuis plusieurs années déjà. Devant elle Dudley avançait en direction de lambeaux de palissades. Hermione savait qu'ils allaient bientôt se trouver en compagnie des amis de Dudley. Elle tiqua et porta la main sur sa baguette et s'arrêta, hésitante.
Le cousin de Harry disparu un instant dans l'angle de la palissade effondrée. Sans affolement, Hermione vérifia que les côtés étaient libres, que personne ne l'empêcherait de fuir si le besoin s'en faisait sentir. Sa main se fit plus ferme sur sa baguette. Elle se campa solidement sur ses deux jambes, prête à résister à une agression. Elle craignait un piège, impression qu'elle avait conservé de sa traversée du passage souterrain pour piétons. Mais le visage rond de Dudley repassa le coin de la palissade avec un air étonné. Il lui fit signe de s'approcher sans crainte.
Soupirant, Hermione considéra qu'elle n'avait pas d'autre choix, elle s'était déjà largement engagée dans cette direction. Si elle refluait à présent, Hermione aurait perdu sa matinée inutilement. Elle avança donc vers ce qu'elle considérait comme un coupe-gorge.
La jeune irlandaise passa l'angle de la palissade et se trouva face à face avec une demi-douzaine de garçons et de filles vêtus en boy-scouts. Des images mentales s'imposèrent à la jeune fille. Harry est un méchant garçon, Dudley un très gentil ! Elle repassa l'information plusieurs fois pour être bien certaine de ne pas l'oublier. Hermione devait avoir un drôle d'air car l'une des jeunes filles s'approcha instantanément d'elle.
- Bienvenue, moi c'est Amanda. fit-elle avec une voix haut perchée mais gentiment.
- Enchantée, Hermione. répondit l'interpellée sans bien comprendre pourquoi Dudley l'avait amené ici pour discuter de son cousin.
- Elle est comme "lui". invectiva le jeune homme en la désignant. Les regards des autres boy-scouts se firent plus durs et Amanda ôta prestement sa main de celle d'Hermione en lui jetant un regard effrayé.
- Je dois en conclure que Potter n'a pas laissé un souvenir impérissable ici. lança-t-elle en trouvant désagréable d'être mise dans le même lot que lui.
Des mines sombres admirent qu'Hermione venait d'exprimer assez justement leur état d'esprit. Elle resta un instant sans rien ajouter, se contentant de toiser Dudley qui venait de l'amener droit dans une réunion qui ne devait pas être plaisante. Les garçons firent craquer les articulations de leurs poings, visiblement prêts à faire usage de la force brutale au plus tôt. Les deux jeunes filles qu'Hermione avait remarquées en arrivant s'éloignaient posément mais fermement. En signe d'apaisement, Hermione leva les deux mains à mi-hauteur. Elle se jura que c'était bien la dernière fois qu'elle se fiait à son instinct. L'un des garçons s'approcha et un sort de bouclier projeta Hermione et lui en arrière sans ménagement. Un peu sonnée, la jeune fille eut quelques peines à se rendre compte de ce qui venait de se produire. Instantanément, elle fut redressée par des mains puissantes. La jeune irlandaise craignit que la séance ne fisse que débuter et serra les dents. Néanmoins, les boy-scouts se contentèrent de l'assoir sur un empilement de parpaings.
- Faut excuser Allan, depuis que Potter lui a envoyé un sort qui lui a fait pousser deux cornes et une queue, il tape d'abord et il cause ensuite. fit Dudley pendant que la jeune fille qu'Hermione ne connaissait pas s'occupait de vérifier si elle n'était pas blessée. Après un bref bilan, elle affirma qu'il n'y avait rien de particulier, à part quelques égratignures.
- Je n'ai pas compris ce qui s'est passé. Articula enfin Hermione.
- Nous pensions que tu pourrais. Parce que nous non plus, nous n'avons pas compris. coupa Amanda qui revenait d'ausculter Allan. Elle fit signe qu'il avait des contusions sur le côté de la tête et des bleus sur la poitrine, mais rien de grave.
Il fallut quelques instants à la jeune irlandaise pour imaginer que sa baguette ait réagi toute seule. Mais comme aucuns autres sorciers n'étaient présents, elle dût reconnaitre qu'il n'y avait pas d'autre alternative.
- Ma baguette a dû réagir à l'attaque avant que je ne formule le sort. expliqua-t-elle à un public qui n'avait pas les connaissances nécessaires pour comprendre.
- Dudley, je croyais que ton cousin était le plus puissant de leur monde. s'étonna l'un des garçons.
- Je le pensais aussi. admis Dudley penaud.
- Il ne faut pas croire la moitié de ce que raconte Harry. coupa Hermione en se relevant et en sortant sa baguette. C'est surtout un grand vantard. Elle se penchait à présent sur Allan qu'elle soigna d'un geste léger de sa baguette. D'ailleurs, il ne devrait pas pouvoir utiliser la magie en votre présence sans alerter notre police.
- Une fois, des sorciers ont voulu intervenir. expliqua Dudley. Mais quand ils ont vu de qui il s'agissait, ils sont repartis sans rien dire.
- Du coup, vous résistez tous seuls. acheva Hermione surprise. Vous n'avez aucune chance. S'il décide de devenir vraiment méchant. Elle laissa sa phrase en suspens, imaginant tout le mal qu'un sorcier mal intentionné pouvait faire.
Une fois que le dénommé Allan fut remis sur pied, Hermione retourna s'assoir. Elle était entourée de jeunes moldus qui connaissaient visiblement assez bien le monde sorcier. La jeune irlandaise avait même l'impression que l'un d'eux en était un. Hermione demanda des explications précises sur l'évolution de la situation. Leur porte-parole, Dudley, raconta que Harry avait été un garçon plutôt sympathique. Entre 7 ans et 11 ans, il avait même intégré cette troupe locale de boy-scouts. Sa magie s'exprimait parfois, mais il n'y avait pas de méchanceté particulière en lui.
Puis, ce fut son entrée dans l'école de sorcellerie. Pendant un moment, Pétunia avait espéré que Dudley y soit admis aussi. Malheureusement, le cousin de Harry ne présentait aucune disposition pour la magie. Á la réflexion, il était plutôt satisfait de n'y être pas allé. Car le comportement de son cousin changea radicalement après cette rentrée. Il revint à Noël la tête remplie de remarques désagréables à l'encontre des non-sorciers. Harry avait appris qu'enfant il avait vaincu le sorcier le plus puissant qui ait jamais existé. De ce fait, il avait tendance à se croire bien supérieur au reste des gens. Depuis, il s'attaquait à eux. Rien de bien méchant, un petit sort de confusion, une petite transformation provisoire, des boutons ou des pustules mal placés. Néanmoins, la situation était difficile à vivre parce qu'ils ne pouvaient répliquer. Et les parents de Dudley couvraient systématiquement les écarts de conduite de Harry.
Hermione fut atterrée de constater à quel point Harry était odieux. Son entrée à l'école et sa proximité avec Malefoy semblait conditionner son état d'esprit. Il avait rapidement intégré toute la méfiance des sorciers de sang-pur à l'égard des moldus. Elle ne comprenait pas pourquoi le ministère s'était abstenu d'intervenir contre un usage inconsidéré de la magie par un mineur. D'autant que ses victimes étaient toujours des moldus. Mais elle doutait que ce revirement soit explicable par sa seule introduction dans une faction négative des sorciers de Poudlard. Il devait exister un motif plus impérieux qui expliquait le changement de son caractère. La libération de ses pouvoirs pouvait avoir influé sur son comportement. L'ombre à forme humaine vue dans ses cauchemars alertait Hermione. Il y avait une relation de cause à effet, la possession de l'esprit de Harry par celui de Voldemort avait dû commencer à cette période. La jeune fille aurait pu préciser que Harry n'était pas pleinement responsable de ses actes ou de ses méchancetés. Mais le comportement global du jeune homme l'avait rendu moins amène à son égard.
- Pour le moment, Harry est chez moi. fit-elle finalement. Il devrait y rester une ou deux semaines.
- Et après il reviendra ici avec son copain blond. coupa Amanda. Et nous allons recevoir des coups. Sa voix était presque implorante.
- Drago vient ici ! s'étonna Hermione.
- C'est ça son nom ? rétorqua d'abord Dudley.
- Aussi moche que le bonhomme. compléta l'un des garçons.
- Il n'est pas laid. coupa Amanda. Juste méchant.
- C'est exactement ce que j'entendais. répondit le garçon.
Hermione préféra couper court aux appréciations en expliquant que le jeune homme en question était un de ses cousins qu'elle n'aimait pas particulièrement et qu'elle s'empresserait de dénoncer. Ainsi, la jeune fille espérait qu'il soit sinon consigné chez lui, au moins un peu surveillé. Mais elle n'avait pas encore trouvé de solution pour éviter que Harry ne redevienne le tyran de ce quartier. Soudain, elle se leva et sortit sa baguette. Son visage était éclairé d'un sourire satisfait. Elle pointa la baguette de séquoia vers le ciel et entonna une espèce de chanson aux paroles étranges. Finalement, un jet argenté s'élança et se dissipa à quelques mètres de hauteurs, éclaté dans toutes les directions.
- Qu'est-ce que c'était ? interrogea Amanda avide.
- Un sort que j'ai appris au cours de la guerre civile. répondit Hermione rayonnante. Normalement, Harry et aucun autre sorcier ne devraient pouvoir utiliser de magie dans ce secteur.
Des sifflements admiratifs virent saluer l'annonce faite par la jeune irlandaise. Elle reconnut néanmoins que ce n'était pas un sort très puissant et que la plupart des sorciers adultes n'auraient guère de difficultés à le supprimer. Mais elle doutait que Harry le connaisse, ce qui devrait leur permettre de bénéficier d'une certaine tranquillité au cours des prochaines semaines. Peut-être même tout le reste de l'été. Hermione s'approcha de l'un des boy-scouts.
- Tu ne devrais plus pouvoir utiliser de magie, toi non plus. fit la jeune fille à son unique destination.
- Mais, je ne suis pas comme vous ! s'étonna-t-il. Hermione l'observa suspicieuse. Elle sentait de la magie en lui, sans pouvoir expliquer cette impression.
- Pourtant, je suis certaine de ce que j'avance. s'exclama-t-elle finalement.
Le dénommé Robin Cash avait bien une grand-mère dotée de certaines capacités, mais aucun membre de sa famille ne paraissait appartenir au monde magique. Rapidement cependant, le groupe convint que toutes les interventions de Harry s'achevait chez sa grand-mère qui les soignait très efficacement. Comme Robin n'avait jamais vu son aïeule faire de la magie, Hermione pensa qu'elle devait être une cracmole. Sans être totalement dépourvue de pouvoirs, elle n'avait accès qu'à un potentiel limité. En conséquence de quoi, le reste de la famille ne devait pas être informé de ses origines magiques. La jeune irlandaise se promis d'en tenir deux mots à Dumbledore dès que possible. En guise de conclusion, Hermione affirma que les dons pour la magie pouvaient se développer bien après l'âge de 11 ans retenu comme limite habituelle. Elle admit aussi que sans baguette, il ne pouvait à priori pas faire de magie consciente. La jeune fille lui tendit sa baguette qui émit quelques étincelles au contact de la paume du jeune homme qui la fit tomber, terrorisé. D'un geste machinal, Hermione fit voler sa baguette jusque dans sa main.
Les amis de Robin le regardaient à présent un peu différemment, entre inquiétude et surprise.
- Le plus cool. fit Amanda. c'est de faire voler les objets comme ça. Elle imita Hermione récupérant sa baguette.
- En théorie, il est très difficile de faire ce genre de tour. rougit Hermione. Je suis un peu un cas particulier.
- En tous cas, je n'ai jamais vu Harry se passer de baguette. compléta Dudley venant au secours de la jeune fille embarrassée.
- Ce qui est bien. intervint un autre garçon. C'est que maintenant, on a quelqu'un pour nous défendre. Il gratifia le jeune Robin d'une bourrade virile indiquant manifestement sa reconnaissance et son respect. Robin rougissait à présent des pieds à la tête.
Le groupe envisagea un moment tout le bien qu'ils pourraient faire avec l'aide des pouvoirs de Robin. Hermione leur rappela que ce genre de pratiques devait rester le plus discret possible. Même si la situation du quartier était particulière, ils devaient tout faire pour protéger leur ami du regard des moldus. Elle expliqua aussi qu'elle n'avait qu'une impression et pas de certitude. Il était possible qu'elle se trompe, même si elle en doutait.
De Dudley, Hermione apprit encore que son cousin présentait de nombreuses manies désagréables. Il se souvenait d'une aventure entre lui et un serpent que Harry semblait pouvoir guider et avec lequel il discutait certainement. Une autre fois, la tante Pétunia avait découvert une boite à chaussure pleine de petits objets réunis sans cohérence dans la chambre de Harry. Ce dernier s'était emporté, visiblement très fâché que sa tante lui ait volé ses "trophées". La mère de Dudley n'avait pas bien compris de quoi il pouvait s'agir. Hermione resta, quant-à elle, tétanisée. Ce type de comportement était très caractéristique de Jedusor. Elle n'avait pas besoin d'avoir de preuve supplémentaire de la possession de l'esprit de Harry par le seigneur des ténèbres. Mais on lui en accordait.
Après quelques heures de conversation agréable, Hermione sentit la faim qui commençait à s'imposer. Poliment, elle prit congé des boy-scouts qui se félicitaient encore d'avoir parmi eux un probable sorcier. Ils se promirent de trouver un peu de temps pour se voir. Dudley se proposa de la raccompagner. La jeune fille manqua de rire à cette proposition. Elle lui garantit qu'elle n'avait nul besoin d'un chaperon. D'un geste précis, la jeune fille transplana sous leurs yeux.
Pendant son transfert, la jeune fille se demanda si le bilan de sa journée serait aussi positif qu'elle l'espérait. En changeant les choses qui existaient avant sa venue, Hermione n'avait-elle pas changé en mal le cours des choses ?
