Un chapitre amusant.

On finit d'éclairer la situation du chapitre précédent, parce qu'il ne faut pas oublier d'être logique.

Il n'empêche que c'est un chapitre léger et détendu. Joyeux Noël en somme.

"Chap. 33 : Sweet Dreams."

Hermione reprit consistance au centre du square qu'elle avait quitté le matin même sans aucune difficulté. Elle maitrisait le transplanage sans nul doute depuis un certain temps et avait pratiqué souvent l'exercice pour n'en ressentir pratiquement aucun effet. Elle se pinça les lèvres en regardant le perron du numéro 12. Comment allait-elle annoncer ce genre de nouvelle à Sirius. Une partie non négligeable de ce qu'ils avaient construit ne tenait plus. Réprimant une angoisse, la jeune fille traversa la rue et se dirigea chez elle.

La maison apparut progressivement à mesure qu'elle s'en approchait sans que les moldus présents ne puissent s'en rendre compte. Cette magie ancienne et puissante n'en finissait pas de la méduser. Un sort rendant une maison incartable en plein centre de Londres avait dû demander des efforts plus que considérables. D'autant que cela devait faire un bon moment que la maison était occupée par des sorciers. Elle regrettait seulement les heurtoirs qui n'étaient pas du meilleur goût.

Avec un sourire rétrospectif, Hermione ouvrit la porte d'entrée. Son jugement à propos des heurtoirs de la maison Black n'avait rien à voir avec ses préoccupations du moment, et d'une certaine manière cela allégeait un peu le fardeau. La jeune fille entra tranquillement sans qu'aucun son ne lui parvienne. Comme d'habitude, elle manqua de renverser le porte-parapluies, ce qui réveilla sa grand-mère adoptive. Depuis que le tableau avait eu une longue conversation avec Kreatur, elle n'adressait plus que de polis sourires ou d'agréables salutations à la jeune fille. L'idée d'une sorcière au sang-pur héritière des Black semblait plaire au portrait de la mère de Sirius. Hermione remercia la représentation de sa grand-mère pour les compliments qu'elle venait de lui adresser, et d'un geste léger, elle referma les rideaux. Dans un second mouvement de baguette, elle rendit à ses vêtements leurs apparences normales, plus conformes aux habitudes sorcières.

Définitivement, Hermione se sentait bien dans cette maison. Sans y être pleinement chez-elle, la jeune irlandaise y trouvait de grandes satisfactions. L'affection de son père adoptif n'étant pas la moindre des choses. Elle s'étira et ôta sa cape de voyage qu'elle suspendit aux patères se trouvant au-dessus du porte-parapluies. Hermione savait qu'elle ne faisait que reculer les échéances incontournables. Pourtant, elle ne savait pas comment aborder le problème et le temps qu'elle perdait là lui permettait de réfléchir encore un peu.

N'ayant plus rien à faire dans le couloir, Hermione se dirigea vers la cuisine. Habituellement, c'est là que son père passait la plus grande partie de son temps quand il était à la maison. D'autant qu'il était largement l'heure de diner. Elle fut donc très surprise d'apprendre de Kreatur que le repas avait été servi dans la grande salle à manger du rez-de-chaussée. La jeune fille remonta d'un niveau pour se rendre dans une pièce qui n'était pourtant pas très usitée. Quand elle entra, Hermione comprit ce qui s'était passé. Á l'une des extrémités se trouvait installé Harry, trônant littéralement sur une table de vingt-quatre couverts. Une place à sa droite était occupée par Sirius et un couvert se trouvait isolé à deux ou trois chaises de ce dernier. Hermione eut un rictus mauvais en comprenant que son "cousin" avait dû insister pour mettre en scène ce repas.

Avec légèreté, Hermione salua Harry de la main et fit le tour pour embrasser son père qui paraissait très gêné d'avoir cédé à la pression. En ne quittant pas Harry du regard, Hermione fit voler son couvert de la seconde moitié de la table à la place située en face de son père. Le "survivant" semblait beaucoup s'amuser. Hermione ne lui ferait pas le plaisir d'accepter sa loi chez Sirius, chez elle.

Durant tout le repas, Harry affecta de ne pas parler directement à Hermione, même lorsqu'il posait des questions la concernant. Plus le temps passait, plus Sirius semblait se décomposer. Visiblement, il essayait de ne pas incendier copieusement son filleul qui abusait nettement de la situation. Harry savait parfaitement que son parrain ne s'emporterait pas, trop heureux de l'avoir sous son toit.

- Alors Sirius, fier de ta "famille" ? ricana Harry. Pris au dépourvu, l'interpelé ne sut pas trop quoi répondre et balbutiait vaguement son contentement.

- Il est juste dommage qu'un parasite ait décidé de s'installer sur le meilleur de nos sièges. coupa Hermione. Sirius sembla s'étouffer, Harry éclata d'un rire mauvais.

- Je parlais à la famille, pas aux moins que rien ou au sang-de-bourbe. finit-il par hoqueter.

- Tu as le bonjour de Dudley au fait. répliqua Hermione. C'est bien eux ta famille non ? continua-t-elle sans le quitter des yeux. Une lueur de méchanceté vacilla dans le regard du jeune homme.

- Je n'ai pas besoin de famille. aboya-t-il. Hermione sourit, elle savait ce que cela signifiait, et elle allait profiter de son avantage.

- Si tu reste tout seul, ou si tu traine trop avec Drago, tu finiras comme Jedusor. fit-elle doucement en se servant des légumes et en proposant de servir son père qui refusa. Rien ne pouvait plus passer dans sa bouche.

- Peut-être que je pourrais être un plus grand sorcier encore. se gaussa Harry.

- Et tu seras anéanti comme lui. répliqua-t-elle.

Harry éclata à nouveau de rire, de ce rire glaçant qu'avait Jedusor. Hermione se retint de frissonner et regarda froidement son père pour lui faire comprendre qu'elle savait ce qu'elle faisait. Le jeune homme semblait prendre un grand plaisir à s'imaginer à la place de Voldemort. Il insista sur les erreurs commises par le seigneur des ténèbres et qui lui avait coûté la vie. Selon lui, Voldemort n'aurait jamais dû s'entourer de si peu de fidèles. Il était convaincu qu'en négociant plus largement avec tous les indécis, il était possible de tenir fermement le ministère avec le soutien de la plupart des sorciers. Il faudrait évidemment appliquer certaines règles très insatisfaisantes comme l'autorisation de recevoir les sorciers nés-moldus à Poudlard. Les premières années du moins. Ensuite, à l'aide d'un faux conseil de sages sorciers, il faudrait prendre la direction de la politique générale. Harry avait visiblement beaucoup réfléchi à la question. En face d'Hermione, Sirius avait blanchi et semblait sur le point de s'évanouir.

- Alors, je pourrais régner sans partage sur le monde sorcier. s'extasia Harry. Quiconque se dressera devant moi sera anéanti. Il écrasa dans sa main le morceau de pain qu'il grignotait avant de se lancer dans ses tirades extatiques. N'en pouvant plus, Sirius se leva.

- Tu me dégoûtes ! Je veux que tu sois rentré chez toi dès que tu auras fini de manger. Et il quitta la pièce en claquant la porte qui vibra un moment encore après son départ. Hermione souriait imperturbable.

- Il restera toujours quelqu'un pour empêcher ça Harry. Que ce soit un bébé, ou moi. trancha-t-elle fermement.

- Parce que tu penses pouvoir résister, bâtarde. s'amusa Harry.

Hermione le regarda droit dans les yeux et se concentra sur Tom Jedusor. Sans qu'elle puisse expliquer pourquoi, mais en sachant qu'elle en était capable, la jeune fille imposa son esprit à celui du jeune homme.

Hermione se dressait au centre d'une clairière dans une forêt hors d'âge. Á quelques pas d'elle se trouvaient une ombre à figure humaine et un petit enfant terrifié. Ignorant le monstre, Hermione s'approcha de l'enfant et s'accroupit devant lui.

- Regarde bien ce qui s'est passé Harry. lui confia-t-elle avec un grand sourire.

L'enfant leva de grands yeux verts interrogateurs. La jeune irlandaise se leva en l'attirant avec elle. De l'autre côté de la clairière, une jeune fille aux cheveux blonds attachés en catogan luttait contre l'esprit instable qu'était devenu Voldemort. Malgré des vêtements moldus, il était évident que la jeune fille était une sorcière.

- C'est ma mère, Harry. expliqua Hermione. Après que tu aies vaincu Tom Jedusor, il s'est réfugié très loin de nous.

L'ombre à figure humaine semblait prendre un grand plaisir à constater que d'autres restes de son âme avaient survécus. D'ailleurs, le combat tournait clairement à l'avantage de Voldemort.

- Ne te réjouis pas trop, Tom. fit Hermione.

- J'attends seulement que ta mère succombe sous mes coups. bâtarde.

- Tu vois, Harry. Même quand on ne croit pas pouvoir vaincre, il peut être utile de lutter.

Au moment où Seagull commençait à perdre contenance sous les assauts répétés de la masse vaporeuse, l'hydre apparut de l'autre côté de la clairière. Instantanément, les deux Voldemort s'extasièrent devant la nouvelle venue. Tout semblait jouer en défaveur de la jeune sorcière.

- Tu tiens vraiment à me montrer la mort de ta mère ? éructa l'ombre à forme humaine qui occupait l'esprit de Harry.

- Tu ne peux pas gagner Tom. Jamais. répondit Hermione sans le quitter des yeux. Le petit Harry se blottit contre la jeune fille, encore plus terrorisé qu'il ne l'était auparavant.

- On ne peut rien faire contre lui, il est trop fort. balbutia-t-il.

- Toute magie à ses limites. sourit Hermione qui pensait aux horcruxes mais ne voulait pas en parler devant Jedusor.

L'air de supériorité, les certitudes de la jeune fille sembla rassurer le petit Harry qui se redressa pour voir comment la mère d'Hermione allait combattre l'hydre. Le monstre s'approchait des deux combattants avec une légèreté surprenante. La masse vaporeuse tenta de se concentrer devant le monstre et un visage vaguement humain put être discerné. La voix sifflante de Voldemort se fit entendre qui ordonnait à l'hydre de détruire la jeune fille. Celle-ci paraissait terrorisée par l'animal, mais elle ne baissait pas sa garde, brandissant sa baguette sans ciller.

Ce fut bref, l'hydre anéantit ce qui restait de Voldemort d'une seule respiration. Hermione ne regardait pas la scène, sachant pertinemment ce qui allait arriver. Elle préféra observer le petit garçon quand il comprendrait que Voldemort avait été vaincu définitivement ce jour-là. L'enfant ouvrit de grands yeux verts où l'admiration brillait de tous ses feux. Visiblement, il n'oublierait pas la leçon. Les plus petits ne perdent pas toujours.

Hermione fut rejetée de l'esprit de Harry par un hurlement effroyable de Jedusor. Elle bascula de sa chaise en revenant à la réalité. De son côté, Harry, celui de 1997, se tenait la tête en hurlant. Ce qu'elle lui avait montré était inconcevable. Rapidement, Sirius et Kreatur pénétrèrent dans la pièce, inquiets du bruit.

Harry se précipita vers l'extérieur, poursuivit par Kreatur. Après quelques instants, l'elfe de maison revint penaud. Il affirma que le jeune homme avait transplané jusque chez ses parents moldus. La jeune irlandaise douta que ce soit sa vraie destination. Elle tenta de se relever de sa chaise et constata qu'elle s'était blessée en tombant.

- Tout va bien ? s'enquit vivement Sirius.

- Je craignais que tu me demande d'abord ce qui s'était passé. Le père d'Hermione la regarda étonné. D'une certaine manière, cette question montrait qu'il tenait plus à elle qu'à Harry. Rapidement, il ausculta sa fille.

- Tu t'es cassé la clavicule et foulé le poignet. finit-il par dire.

- Maintenant, tu veux peut-être savoir ce qui s'est passé. fit Hermione en se relevant et en grimaçant de douleur.

Son père lui fit signe qu'il voulait d'abord s'occuper de ses petites blessures. Il passa sa baguette en récitant des incantations de soin et la jeune fille se sentit mieux.

- Merci, papa. Je vais bien, tu peux arrêter. remarqua la jeune fille en faisant bouger ses articulations.

- Par contre, je ne peux rien faire pour ta cicatrice. admit-il enfin.

- Certaines magies laissent des traces indélébiles. fit-elle en haussant les épaules. Son estafilade ne la préoccupait plus depuis longtemps. Elle s'y était habituée.

Sirius ne posa pas de questions à propos de ce qui avait conduit au départ de son filleul. Bien au contraire, il exprima sa satisfaction de le voir parti. Le "survivant" était bien trop odieux à vivre, et il serait mieux chez des gens du même monde. Les Malefoy seraient bien heureux de le voir venir auprès d'eux avec de tels discours.

- Laisses-moi t'expliquer quelque chose. coupa Hermione.

- Si c'est pour me dire que ce n'est pas de ma faute. s'exclama-t-il. Dumbledore me l'a dit un nombre incalculable de fois. Mais je ne l'ai jamais cru.

- Papa, assieds-toi, nous avons des choses graves à nous dire. Le ton de la jeune fille était un peu dur, mais elle n'avait guère le choix.

Ne pouvant plus reporter sa mise au point, Hermione déballa ce qu'elle avait sur le cœur. Elle raconta son souvenir de la chute de Voldemort.

- Es-tu certaine qu'il s'agisse de la mort de celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom ? s'inquiéta Sirius.

- C'est le seul souvenir que j'ai de ma mère. trancha Hermione. Elle me ressemblait beaucoup. l'évocation de son souvenir la remplissait d'aise. Elle avait enfin une image pour chacun de ses parents.

- Donc tu crois que Harry porte en lui un fragment de l'âme de-tu-sais-qui. continua son père.

- Je l'ai vu, et le souvenir que nous avons partagé la beaucoup perturbé, visiblement. s'amusa-t-elle.

Sirius parut abattu par cette histoire. D'une certaine manière, il était soulagé de constater que son filleul n'était pas foncièrement méchant. Mais l'idée que deux âmes se partagent un seul corps n'était pas des plus plaisantes. Il insista même pour qu'on essaya d'éliminer au plus vite cette menace.

- Même Dumbledore ne sait pas comment procéder. répliqua Hermione.

- C'est un grand legilimens, il saura agir. la rabroua Sirius.

La jeune fille savait que cette affirmation était gratuite. Le grand Albus Dumbledore n'était pas le meilleur legilimens qu'elle connut. Malheureusement, Olaf Thorsthon ne pourrait plus jamais l'aider. D'ailleurs, il s'agissait d'un horcruxe, pas d'une possession plus "traditionnelle". Ils discutèrent de longues minutes à propos de tout ce que cette prise de conscience impliquait. Finalement, ils ne pouvaient pas accuser Harry d'être odieux, hautain ou méchant. Tous ces comportements étaient hérités de Voldemort. D'après Hermione le mage noir s'imposait nettement sur l'âme de Harry. C'était donc lui qui s'exprimait la plupart du temps.

- Je pense que la dernière fois que Harry a réellement contrôlé son corps, ce devait être quand il a sauvé Ginny du journal de Tom. affirma Hermione.

- Pourquoi une telle certitude ? s'enquit Sirius.

- Je vois mal Tom détruire sa propre magie. Tout simplement. ricana-t-elle devant tant de naïveté.

Sirius prit assez mal la réplique de sa fille. Il éructa qu'il était le maitre de maison, son père et qu'elle lui devait du respect. Hermione eut la sagesse de ne pas envenimer la situation et reporta la conversation sur Harry. Pour elle, le début de la prise de contrôle par Voldemort devait dater de sa première année à Poudlard. Le contrôle total s'étant imposé progressivement. Il lui semblait que la fréquentation de Drago Malefoy n'était pas un élément déclencheur quoiqu'aggravant.

- Et tu base tes conclusions sur quels éléments, petite fille ? fit Sirius dubitatif.

- Nous arrivons sur un sujet brulant. répliqua-t-elle un peu ennuyée.

- C'est-à-dire ? continua son père en se penchant vers elle.

- Je suis allée voir les Dursley ce matin. indiqua-t-elle enfin.

L'information ne causa aucune réaction particulière. Sirius regardait sa fille en ne semblant pas comprendre ce que cela pouvait avoir comme impact grave.

- Pour y aller, j'ai transplané. se contenta de dire la jeune fille après un silence. Sirius restait toujours aussi peu réactif. Je n'ai que 15 ans.

- Et alors ? s'étonna Sirius. Dans certains pays ils apprennent plus tôt.

- Sans activer la marque ? grimaça-t-elle.

En théorie, tant qu'elle n'aurait pas 17 ans, le ministère devait savoir constamment où elle se trouvait, et surveillait ses actions. Cela avait pour objectif d'empêcher les jeunes à utiliser la magie sans surveillance. Hermione comprit d'ailleurs pourquoi Harry n'était pas concerné par la marque lui non plus. Comme l'âme de Voldemort était celle qui s'exprimait le plus, la magie appliquée sur le jeune homme pouvait considérer qu'il était bien plus âgé. Enfin, Sirius sembla s'apercevoir que sa fille faisait quelque chose d'anormal.

- Il n'y a aucune raison pour que ça ne fonctionne pas. balbutia-t-il le visage fermé. Hermione ferma les yeux et mordit tant qu'elle put sa lèvre inférieure, mais elle ne put retenir ses larmes.

- La seule, ce serait que je sois plus âgée que prévu. articula-t-elle entre ses dents.

Il lui paraissait impossible de parler normalement. Les sanglots devenaient plus difficiles à retenir. La réaction de Sirius la surprit encore plus que de constater qu'elle avait probablement plus de 17 ans. Sans un mot, il vint se placer aux côtés de sa fille adoptive et la prit entre ses bras puissants. Il lui murmura à l'oreille que cela ne changeait en rien la décision qu'il avait eu de la reconnaitre comme étant sa fille. D'ailleurs, étant d'origine étrangère, il était tout à fait possible qu'elle ne soit pas soumise aux mêmes règles que les jeunes anglais. Hermione sourit d'un sourire disgracieux tant elle avait du mal à contenir sa peine. Mais les paroles de réconfort de Sirius la touchaient bien plus qu'il ne pouvait l'imaginer.

D'un geste tendre il lui proposa de ne pas rester dans cette salle à manger où de mauvais souvenirs venaient de se cumuler. Il la guida jusqu'au salon du premier. Hermione s'installa d'abord dans le grand canapé défoncé et son père s'assit à ses côtés. Il lui raconta plein d'anecdotes à propos de ce qu'il avait fait avec Lunar et cornedru alors qu'ils étaient gamins à Poudlard.

- J'y pense ! fit-il en se frappant le front. Il y a quelque chose que tu pourrais avoir pour ta rentrée. Il se leva et quitta le salon avant qu'Hermione put réagir.

Le décor fané du salon évoqua nombre de bons souvenirs à Hermione. Toutes les soirées passées avec son père lui revinrent en mémoire. Quoi qu'il se passe, Sirius venait de prouver qu'il y pensait aussi et qu'il n'avait nulle envie d'effacer le bonheur qu'il vivait aux côtés de sa fille. Seule, Hermione tournait comme un lion en cage. Son père ne paraissait pas pressé de descendre de sa chambre où il venait de se précipiter. Aux bruits, la jeune irlandaise pensa qu'il fouillait ses vieilles malles d'élève de Poudlard. En attendant, la jeune fille s'installa au piano. Elle jouait une reprise de "Oh my love" quand son père descendit enfin.

- Chouette morceau. indiqua-t-il. Un peu triste, mais les paroles sont chargées de sens.

- D'une certaine manière, je crois que je suis d'accord avec lui. reconnut Hermione. Devant l'incompréhension manifeste de son père, elle reprit le morceau du début.

La jeune fille avait le sentiment de se sentir enfin à sa place. Considération étonnante de la part de quelqu'un qui ne se souvenait pas de son passé. Pourtant, l'impression tenace d'être revenue là où on avait besoin d'elle perdurait.

- Je sens l'absence des amis de ma vie d'avant. convint-elle. Mais c'est ici que je veux être.

- Merci, je prends cela pour un compliment. rétorqua Sirius.

- C'en est un. s'esclaffa la jeune fille.

Il posa un baiser sur le front de sa fille et lui montra ce qu'il venait d'exhumer de sa malle. De prime abord, la jeune fille aurait annoncé qu'il s'agissait d'un vulgaire bout de parchemin vierge. Mais les mots se formèrent sans qu'elle y réfléchisse.

- La carte des maraudeurs ! s'écria-t-elle. Sirius resta un instant bouche bée.

- Comment tu connais ça ? s'enquit-il surpris.

- Je ne sais pas, comme le reste certainement. soupira la jeune fille. Elle ne voulait pas montrer que cette connaissance d'un détail ne concernant que Poudlard l'inquiétait un peu malgré tout.

- Nous en avions fait une pour chacun de nous, Lunar, Patmol, Queuedever et Cornedru. Je sais que Lunar a détruit la sienne en partant, Queuedever l'avait perdu depuis des années, et James s'était fait avoir par le concierge. Le souvenir l'amusait beaucoup et il rit de bon cœur un moment. Celle-là, nous n'avons pas pu la récupérer. fit-il en haussant les épaules.

- Je peux te garantir qu'elle n'était pas perdue pour tout le monde. s'amusa Hermione à son tour.

- Tu crois ? releva Sirius.

Hermione ne savait pas pourquoi, mais elle savait que cette carte existait, donc, on avait dû lui en parler. Par voie de cause à effet, c'est que la carte servait encore. Sirius admit que le raisonnement était juste. Il soupçonna d'ailleurs la réussite des jumeaux Weasley d'avoir pu profiter de cette carte.

- Les jumeaux ? demanda Hermione dans la foulée.

- Fred et George, tu les connais non ? s'étonna Sirius.

- Molly et Arthur nous en parlent souvent, mais je ne les ai jamais vus. Je crois. s'empressa-t-elle d'ajouter.

- Ils passent le plus clair de leur temps à faire des blagues à tout le monde. réexpliqua Sirius. Le fait qu'ils ne soient jamais pris pourrait s'expliquer par cette carte. Il agitait son exemplaire fermement.

Le bilan de la journée était étonnant. Malgré la prise de conscience qu'elle n'était probablement pas la fille de Sirius, l'affection qui s'était installée entre eux avait survécue. La jeune irlandaise se sentait bien auprès de lui et espérait que le temps ne modifierait pas le statuquo établit et consolidé ce jour-là. Par ailleurs, la confrontation avec les origines du comportement de Harry, le fait d'avoir plongé dans sa tête, avait paradoxalement ouvert les yeux de la jeune fille.

Non seulement, elle était exactement là où elle devait être, mais en plus, elle se devait d'achever la mission de sa mère. Voldemort avait été vaincu une première fois par Miss Parkinson, il le serait une seconde fois par Miss Black. L'ironie du sort voulait qu'elles aient le même prénom.

Sirius n'avait pas fait trop grand cas de son souvenir et de l'altercation qu'elle avait menée dans l'esprit de Harry. Il semblait considérer que l'affection de sa fille valait plus que les courbettes hypocrites de Harry. La jeune fille n'était pas aussi définitive quant à ses positions. Á son avis, il y avait une possibilité de retourner la situation à leur avantage. Au moins elle était persuadée qu'il subsistait un peu de l'âme du petit garçon arrivé à Poudlard à l'âge de 11 ans et que Voldemort essayait de détruire depuis. Si avec son intervention, Harry se rebellait, elle n'aurait pas perdu son temps. Resté debout à ses côtés, Sirius semblait absorbé par ses propres réflexions. La jeune fille aurait donné beaucoup pour savoir ce qui l'intriguait autant. Finalement, Patmol conclut qu'il devrait expliquer la situation à Dumbledore. En insistant bien sur le fait que Harry et celui-dont-on-devait-pas-prononcer-le-nom sont coincés à deux dans une seule tête. Le reste ne les concernait qu'eux seuls.

- Tu penses que nous pourrions aider Harry à se dépêtrer de cette situation. lança-t-il soudain.

- Évidemment, sinon, je crois que je ne serais pas ici. répondit-elle un peu sombre.

C'était un fait auquel elle n'avait pas trop réfléchit. Et si sa présence auprès de Sirius avait un rapport étroit avec Harry. Hermione savait qu'elle devait combattre Voldemort et probablement le vaincre. Le "survivant" n'était pas exclu de cette équation. Par contre, Sirius pouvait en être absent sans que la machine se grippa. Sans trop réfléchir, Hermione joua les premières mesures de "Let it be". Elle garderait l'espoir de réussir, et elle y ajouterait sa détermination. Elle n'était pas là par hasard et tout ne tournait pas autour de Harry Potter.

- Tu devrais te coucher. fit soudain Sirius.

- Pardon ? et pour quoi cela je te prie ? minauda-t-elle.

- Parce que Tonks vient juger de ton niveau demain. fit-il en posa sa main sur son épaule. Et crois-moi, c'est pas un auror qui aime plaisanter.

N'ayant d'autre possibilité, la jeune fille prit congé. Elle se releva du piano et s'étira un peu. Puis, Hermione embrassa son père en lui souhaitant une bonne nuit. La venue de l'auror était prévue, mais elle ne s'attendait pas à ce qu'elle arrive si tôt.

« §§§ »

Hermione se prépara vite et bien le lendemain. Alors qu'elle aimait à trainer un peu dans la cuisine, elle s'était précipitée pour déjeuner légèrement et pratiquait des étirements dans la petite salle à manger du premier. Elle aurait bien aimé profiter de la grande salle du rez-de-chaussée, mais les événements de la veille l'en dissuadaient. Rencontrer l'un des aurors du ministère anglais de la magie ne rassurait pas trop la jeune fille. De son évaluation dépendait son intégration à Poudlard. Et même si Hermione avait pris conscience qu'elle était probablement bien plus âgée que ce que les premières constatations avaient permis de déduire, elle n'en désirait pas moins intégrer la prestigieuse école de sorcellerie. La jeune fille mettait donc tout son cœur à échauffer ses muscles et ses articulations peu sollicités depuis près de dix semaines. Elle craignait sincèrement de ne plus être à la hauteur, de ne plus avoir le niveau. Alors, une partie d'elle-même profondément enfouie insistait pour qu'elle s'entraine et révise.

Á pied d'œuvre depuis 8h30 du matin, Hermione commençait à trouver le temps long lorsque son père l'appela à la cuisine vers 10h20. Elle s'y précipita pleine d'espoir, imaginant que son examinateur était enfin arrivé. La jeune fille fut un peu déçue en découvrant le visage magiquement agrandit et verdit de Ginny Weasley dans l'âtre. La rouquine s'excusait de n'avoir pas pu venir la veille comme prévu. Sa mère, Molly, ayant eu l'impérieux besoin de relaver l'ensemble des draps disponibles au Terrier, elle avait passé la journée à faire tourner les baquets et à étendre la literie dans le jardin. L'irlandaise se retint de rire trop ouvertement, elle imaginait sans peine le calvaire qu'avait pu être la lessive sous la direction de Molly.

Ce constat fait, Ginny demanda un peu vivement où se trouvait Harry. Avec un petit sourire en coin, Hermione lui demanda si elle ne préférait pas savoir comment s'était passé leur cohabitation. La communication par cheminée ne permettait pas de voir la carnation des personnes qui se trouvaient à distance, mais Hermione aurait parié que Ginny venait de rougir, prise en défaut. Très calmement, Hermione rapporta l'ensemble des détails significatifs qu'elle avait rassemblé sur Harry. Le départ précipité ne plût guère à Ginny qui aurait souhaité venir au square Grimaurd l'après-midi même.

- Merci pour moi. coupa Hermione. Je pensais que tu pourrais venir ME voir, même sans LUI.

- Évidemment, que je vais venir. s'excusa Ginny. Mais reconnait que tu es moins à mon goût. rit-elle de bon cœur.

- J'espère en tout cas ! s'amusa Hermione à son tour.

Il fut entendu que la rouquine viendrait dès que possible, si Molly lui laissait un peu de temps. Encore qu'elle ne se plaignait pas trop, les garçons étaient réquisitionnés depuis des jours pour repeindre, ranger, réparer et jardiner. Des activités qu'ils avaient bien peu l'habitude d'exécuter. La voix de Molly Weasley résonna soudain dans la cuisine du square Grimaurd. Penché sur son journal, Sirius sursauta et regarda autour de lui un peu affolé. Hermione réprima un fou rire en souhaitant beaucoup de courage à son amie qui se trouvait très satisfaite de sa compassion. Le visage de Ginny s'effondra sur lui-même comme une buche totalement consumée de l'intérieur.

En se relevant, Hermione expliqua à son père que Molly menait les grandes manœuvres au Terrier. Les événements qui approchaient devaient avoir une importance plus que vitale pour contraindre toute la fratrie Weasley à subir les directives passionnées de leur mère. Moqueur, Sirius fit remarquer que les jeunes Weasley devaient constamment se soumettre aux directives maternelles. Ensuite, il évoqua un prochain séjour au Terrier qui devrait éclairer la jeune fille. Même si Hermione avait perçu qu'il s'agissait d'un mariage, elle ne savait pas qui était concerné. D'ailleurs, à part Ginny, elle ne connaissait pas bien la fratrie. Son père la rassura en affirmant qu'elle aurait très prochainement l'occasion de mieux les connaitre. Pour l'heure, elle devrait se préparer à recevoir la visite de l'auror Tonks. Hermione s'affola, elle avait totalement perdu de vue son examen et se trouva particulièrement stupide.

Elle interjeta qu'elle était probablement la plus idiote élève que Poudlard aurait jamais reçu. Prestement, elle regagna la petite salle à manger en récitant des pages entières de l'Histoire de Poudlard qu'elle avait trouvé dans la bibliothèque du salon plusieurs jours auparavant et qu'elle lisait et relisait depuis. Resté seul avec son elfe de maison, Sirius eut l'impression que sa fille se moquait encore de lui et s'en ouvrit à Kreatur. Celui-ci admit que la jeune fille était parfois déconcertante. N'avait-elle pas appris en quelques observations le sortilège de récurage ? Alors même qu'elle ignorait comment passer le balai !

Ce fut définitif. Sirius ne put s'empêcher de rire à ces remarques et se cacha derrière son journal pour laisser libre cours à son hilarité sans vexer son elfe qui retourna à ses fourneaux. Des bruits de meubles déplacés, de coups sourds au sol montrèrent qu'Hermione retournait à son entrainement. Son père espéra qu'il resterait encore quelques meubles réutilisables après cette séance acharnée. Une voix le fit sursauter.

- Bonjour Sirius, la candidate est prête ?

- Tonks ! Il était temps, elle s'impatientait, et je commençais à craindre pour le mobilier et la maison…

Une grande jeune femme se tenait devant la cheminée en laissant poudrer un peu de cendre sur le sol. Kreatur s'empressa de la débarrasser de sa cape de voyage et de nettoyer autour d'elle les saletés éparpillées. Sans attendre les deux cousins se saluèrent et Sirius lui fit signe de le suivre jusqu'à l'étage.

- Ça ne s'arrange pas ta décoration. remarqua la sorcière au visage en cœur.

- Quand veux-tu que je fasse des travaux ? trancha Sirius. D'ailleurs, je ne saurais pas quoi refaire et comment.

- Je pensais que tu te reposerais sur ta fille pour tout cela. ricana Tonks.

L'idée n'avait jamais effleuré l'esprit de Sirius qui resta entre deux marches pendant que sa cousine continuait l'ascension des escaliers. Le dernier des Black regarda autour de lui et accorda que la galerie des têtes coupées, la tapisserie délavée et poussiéreuse, la moquette crasseuse n'étaient pas des éléments très conventionnels et qu'une jeune fille pouvait espérer un univers plus décent. Il pouvait être stupide parfois. C'était peut-être un trait de caractère de la famille. pensa-t-il en souriant pour lui-même. Déjà Tonks arrivait devant la porte de la petite salle à manger et empoignait la poignée qu'elle entreprit de faire tourner.

Alors qu'elle allait pénétrer dans la pièce, une jeune fille mince et blonde mais échevelée ouvrit la porte brutalement.

- Papa, j'ai dit qu'il ne fallait pas me déranger. les derniers mots moururent dans sa gorge. un : Je-suis-désolée-madame-je-ne-voulais-pas-vous-faire-peur. suivit de près la première remarque.

- Ce n'est pas grave. coupa sèchement Tonks qui jaugeait déjà la jeune fille.

Hermione pensa que son examen commençait drôlement mal. Il lui faudrait être particulièrement brillante si elle voulait obtenir l'autorisation d'aller à Poudlard. L'auror s'imposa et pénétra dans la pièce d'un pas assuré et ferma la porte derrière elle. De son côté, Sirius n'eut plus qu'à s'installer dans le salon voisin en essayant de lire. Il ne craignait pas que sa fille ne soit pas acceptée à Poudlard, le simple fait qu'elle sache transplaner montrait qu'elle avait largement les compétences requises. Néanmoins, il était un peu inquiet et ne pris pas goût à sa lecture.

Une fois seules dans la petite salle à manger, l'auror observa l'espace qui leur était réservé pour l'examen théorique et pratique que Dumbledore avait voulu faire subir à la jeune fille. Tonks n'avait pas bien compris l'intérêt de cette opération, mais en général on ne discutait pas les propositions du maitre de l'Ordre du Phénix.

Hermione avait chassé les meubles du centre de la salle vers les murs afin de bénéficier d'un peu de place pour s'entrainer. Tonks considéra que ce serait juste mais suffisant pour les exercices qu'elle avait préparé. Encore qu'il faudrait mesurer avec attention l'intensité de la plupart des sorts. La jeune auror proposa que l'examen se déroule en plein air, pourquoi pas dans les champs autour du Terrier. Un instant Hermione allait accepter de suivre son examinatrice. Mais l'idée de se planter magistralement sous le nez de ses amis n'était pas pour la réjouir. Quand elle expliqua les raisons de son refus, Hermione s'attira les taquineries de l'auror qui doutait qu'elle échoue sur les sorts les plus simples, ceux qui étaient véritablement exigibles pour ses aspics. La jeune irlandaise fut un peu rassérénée par les certitudes de Tonks.

Tout d'abord, on fit simple. Quelques sorts de lévitation, de transmutation d'objets, lecture de runes et oniromancie. Seule la dernière catégorie ne fut pas à la hauteur des autres. Progressivement, tout le programme des buses, tant sur le plan théorique que pratique, fut survolé. Tonks avait l'air satisfaite des réponses de la jeune irlandaise même si certains sorts étaient plutôt mal exécutés. Le bloque-jambe et le locomotor mortis furent justes suffisant. Ce qui surprit l'auror tant ils étaient simples à réaliser. Les bases étant acquises, Tonks proposa de vérifier ce qu'il en était des sorts plus complexes concernant les aspics.

- Certains des examinateurs apprécient de voir un patronus. fit l'auror. D'un geste ferme, elle lança un sort de spero-patronum très efficace. Le jet lumineux ne se contenta pas de traverser la pièce, il prit une forme animale.

- Très impressionnant. souffla Hermione. Je ne crois pas avoir déjà vu cela auparavant.

- Un patronus corporel demande un peu d'entrainement. admit Tonks. Mais si déjà tu parviens à en lancer un simple, tu pourras impressionner ton jury.

Hermione n'était pas très sure de parvenir à lancer quoi que ce soit. Et ses premières tentatives firent naitre de vagues formes ondulantes, à peine un début de sort. Sans s'énerver, l'auror expliqua tout ce qu'il fallait savoir sur le patronus et notamment qu'il fallait envisager un événement heureux. Malheureusement, la jeune irlandaise n'avait pas beaucoup de souvenirs pour soutenir ce sort efficacement. Le souvenir le plus heureux qu'elle avait était sa visite au ministère, ce qui avait fait d'elle la fille légitime de Sirius. Avec ce souvenir, Hermione parvint à lancer un sort presque structuré, une forme évoquant un chien ou un renard traversa mollement la pièce avant de disparaitre. L'auror félicita son élève pour cette maitrise aussi rapide de sorts complexes.

Les deux jeunes femmes restèrent enfermées le reste de la matinée et tout le début de l'après-midi. En arrivant, Ginny s'était étonnée de l'absence de son amie. Les bruits provenant de l'étage à l'appui, Sirius lui expliqua ce qui se passait. La jeune rousse fut très emballée de rencontrer un auror. Pour l'heure, ils attendaient surtout qu'elles descendent les rejoindre. Bien qu'il ait décidé de ne pas travailler ce jour-là, Sirius ne pouvait pas rester sans s'occuper un peu de ses affaires.

Enfin, la porte de la salle à manger de l'étage s'ouvrit en grinçant. Les deux jeunes femmes étaient écarlates, épuisées par les efforts fournis. Installé dans un fauteuil discrètement tiré devant la porte, Sirius en surgit instantanément, comme un diable de sa boite. Il attendait manifestement leur sortie avec une certaine impatience.

Sans leur laisser le temps d'expliquer quoi que ce soit, le maitre de maison leur imposa de descendre boire et manger un peu. L'elfe de maison dressa rapidement une table très copieuse. Affamée, Hermione se resservit plusieurs fois devant les regards amusés de Ginny. Quand elles eurent mangé et bu autant qu'elles le pouvaient, l'auror et l'irlandaise furent soumises à la question. Sirius surtout était inquiet.

- J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. fit l'auror. Par laquelle je commence ? demanda-t-elle.

- Très amusant, Tonks. coupa Sirius qui ne goutait absolument pas la plaisanterie, il avait trop attendu pour cela.

- La bonne c'est que ta fille est très douée. commença Tonks. La mauvaise, c'est qu'elle serait mieux parmi les aurors qu'à Poudlard.

- Á ce point-là ? s'étonna Ginny qui considérait son amie avec un regard étonné.

- Il parait que je maitrise tous les sorts des formations supérieures. fit Hermione en haussant les épaules. Mais en même temps, je ne connais pas la moitié des sorts des aspics.

Le paradoxe ennuyait visiblement la jeune irlandaise. D'une certaine manière, elle ne perdrait pas son temps à l'école où elle apprendrait ce qui lui manquait. Pourtant, elle disposait de la maitrise de sorts plus complexes. Même si cette maitrise était essentiellement laborieuse, la théorie était acquise. Un peu d'entrainement lui permettrait de réactiver ses connaissances. L'auror lui prêterait de quoi s'entrainer utilement. Hermione ne se sentait plus de joie. Elle ne savait pas pourquoi, mais apprendre des choses, faire des exercices, lire des livres la mettait toujours dans un état proche de l'extase. Certainement, elle avait dût être une excellente élève dans son pays d'origine intervint Tonks avec un clin d'œil.

- Je vais pouvoir rentrer. fit celle-ci en se levant. Mon loup-garou préféré va s'inquiéter si je ne rentre pas à l'heure.

- Comment va Remus ? lança Sirius avec un grand sourire entendu.

- Il a du mal à concevoir qu'il va avoir une charge de famille, mais sinon, ça va. sourit Tonks.

- Nynphadora ! s'exclama Hermione. Félicitations, je suis très heureuse pour vous. Au moins Remus se sentira utile.

- Sirius, tu avais promis de ne pas donner mon prénom aux gens. lança rageuse Tonks. Ses cheveux étaient instantanément devenus rouge vif, s'accordant avec ses sentiments.

Le pauvre Sirius utilisa toutes les dénégations possibles et Hermione vint à son secours en affirmant qu'elle avait parfois des souvenirs qui revenaient sans qu'elle sache comment ni pourquoi. Quoi que la plupart du temps, cela avait un rapport avec son état d'esprit.

Le fait qu'elle employa le prénom de la jeune femme sans y prendre garde tendait à prouver qu'elles se connaissaient avant son amnésie. Sachant qu'Hermione pouvait très bien avoir une vingtaine d'années, il était même possible qu'elles soient de la même génération, ou presque. L'auror resta dubitative et affirma que la jeune irlandaise ne lui évoquait rien du tout. Peut-être Remus saurait-il un peu mieux puisqu'il enseignait à Poudlard depuis une dizaine d'année. Le repas du samedi suivant serait l'occasion d'initier la jeune fille à leurs traditionnels soupers.

Au même instant, Hermione et Ginny s'étonnèrent du mélange des termes entre "initier" et "traditionnel". La jeune irlandaise émit l'hypothèse d'un groupuscule de magiciens qui souhaitaient faire revivre celui-dont-il-n-était-pas-bon-de-prononcer-le-nom. La rouquine proposa des alternatives un peu plus salées. Ce qui indigna Sirius et fit beaucoup rire Tonks. Le plus sérieusement du monde Sirius les réprimanda d'avoir de telles idées aussi mal tournées. Ne serait-ce que pour plaisanter, cela était à la limite de l'acceptable. Leurs soupers n'avaient rien de particulier si ce n'était leur localisation. Et encore, même dans ce cadre, ce n'était pas spécial, juste inattendu. Le maitre de maison remarqua aussi que nombre de sorciers avaient le même comportement, qu'il n'était pas déviant.

- Ce qu'essaye de dire ton père. coupa Tonks. C'est qu'une fois par mois, on va manger tous ensembles dans un restaurant moldu.

- C'est tout ! s'étonna Hermione. Mais je l'ai fait je ne sais combien de fois.

- Moi, jamais. intervint Ginny visiblement intriguée. Et je pense que mes parents ne me laisseront pas faire avant longtemps.

La réplique de la cadette des Weasley, lancée d'un ton bougon provoqua l'extrême amusement des autres. Sirius convint que Molly était du genre protectrice avec sa progéniture, d'ailleurs, la plupart des sorciers de sang-pur ne fréquentait qu'exceptionnellement les moldus. De cette manière, Sirius était un contre-exemple assez surprenant. Il finit par admettre que cette habitude lui était venue à force de chercher à retrouver Pansy dans les rues moldues de Londres qu'ils avaient parcourues ensemble. Ginny émit un soupir de contentement en écoutant cette histoire qu'elle qualifia de "siiii roooomaaaaaantique". Les quolibets d'Hermione rembrunirent à la fois son amie et son père au point qu'elle dût s'excuser de manquer autant de sensibilité. Quoi que s'amusant énormément, Tonks assura qu'elle devait partir. En passant le pied dans la cheminée elle agitait encore la main dans un salut au petit groupe qui continuait de s'invectiver.

Peu après son départ, Sirius décida qu'il était temps de cesser les hostilités. Il admettait qu'il avait conçu une certaine affection pour cette demoiselle Parkinson et que la présence d'Hermione justifiait ce qu'il avançait. L'intéressée rougit de la tête aux pieds. Imaginer son père et sa mère en amoureux transits, se promenant dans les rues de Londres lui parut à la fois romantique et écœurant. Les enfants ne sont jamais capables de concevoir leurs parents autrement qu'en parents. Ginny qui n'était pas concernée trouvait cela follement intéressant. Et aurait beaucoup aimé venir avec eux. Ce qui n'était évidemment pas possible.

Le maitre de maison signala à Arthur Weasley par un message dans la cheminée, qu'ils garderaient Ginny pour la soirée, son couvert étant déjà dressé par Kreatur. Ce qui somme toute n'était pas un argument valable et Arthur ne manqua pas de lui signaler.

- Tu me connais Arthur, autant que possible, j'évite de vexer ce damné elfe de maison. fit-il la tête disparaissant dans la cheminée.

- Dis surtout que tu ne tiens plus à rester tout seul avec ta fille ! remarqua Molly derrière son mari. Comment c'est passé l'état des lieux par Tonks ? continua-t-elle d'un air détaché qui ne permettait pas de dissimuler le fait qu'elle désirait vraiment savoir.

- Du mieux qu'on pouvait l'espérer. répliqua Hermione à son tour sans même se lever. Immédiatement, Arthur et Molly lui adressèrent leurs salutations.

- Bonne pour le service a décrété l'auror. compléta Ginny.

La remarque de Ginny servit d'épilogue. Molly assura qu'ils n'avaient pas besoin de la jeune fille ce soir-là et qu'elle devait rentrer au plus tard pour minuit. Hermione fit la moue à son père qui comprit sans qu'elle n'ait à l'exprimer qu'elle en voulait plus. Finalement, après d'âpres négociations, Molly accepta que Ginny resta la nuit au square Grimaurd, en échange, Sirius et Hermione viendraient au Terrier pour le repas du lendemain. Sirius accepta de raccompagner la cadette des Weasley mais il se garda de préciser quand. Détail que les jeunes filles n'avaient pas été sans relever.

Pendant le souper qui suivit, Sirius exposa l'idée qu'il voulait mettre en œuvre dès le lendemain.

- J'ai capitalisé suffisamment au cours de ma vie. commença-t-il un peu pontifiant. Maintenant, j'ai envie d'en profiter.

- En quoi cela me concerne ? demanda Hermione surprise.

- Tu vas t'occuper de refaire tout l'intérieur de la maison. lança-t-il visiblement très satisfait de sa décision.

- C'est une blague ! éructa-t-elle. Tout ce qui se trouvait à sa proximité failli se renverser. Je n'aurais jamais assez d'une vie pour y parvenir. Ses yeux reflétaient à présent plutôt de l'effroi. Sirius et Ginny s'amusèrent beaucoup de la réaction excessive de la jeune irlandaise.

- Ne t'angoisse pas autant. intervint Sirius. Je vais faire appel à des professionnels, mais ils travailleront sur nos recommandations.

- Dans ces conditions, d'accord. fit Hermione soulagée.

- C'est à Tonks que l'on doit cette superbe idée. questionna faussement naïve Ginny.

- Sous-entendriez-vous mademoiselle Weasley que je ne saurais pas gérer ma maison ?

- C'est juste la vérité papa ! rétorqua Hermione goguenarde. Sirius apprécia modérément la réplique mais avait suffisamment d'humour pour en rire avec les deux jeunes filles.

Ils finirent la soirée dans le salon où, comme à son habitude, Hermione jouait du piano pendant que Cassy venait réclamer de l'attention. Ce soir-là, elle préféra les genoux de Ginny, ce qui fâcha passablement Sirius, et amusa les jeunes filles. Ces habitudes de vieux célibataire émaillaient encore ses remarques et son comportement. Mais comme il l'affirmait souvent, il tentait de se soigner. Ce fut par contre une grande première pour Ginny Weasley qui n'avait qu'une vision limitée de la musique des moldus. Quand les histoires que partagèrent Hermione et son amie furent plus appropriées à une pyjama-partie, Sirius prétexta qu'il devait se lever tôt le lendemain pour s'éclipser. Les deux filles firent de même, trouvant plus juste de conserver un semblant de confidentialité entre les quatre murs de la chambre d'Hermione. Elle considéra d'ailleurs qu'il faudrait réfléchir sérieusement à propos des chambres d'amis et des lits en surnombre.

Trouver une tenue de nuit pour Ginny ne fut pas particulièrement compliqué mais il y eut du bruit dans la chambre d'Hermione jusque tard dans la nuit. Elles s'amusaient comme deux collégiennes qui ne s'étaient pas vues depuis longtemps. L'irlandaise trouvait très intéressantes toutes les anecdotes de son amie, surtout celles qui avaient pour acteurs principaux Ron ou Harry. La manière qu'avait Ginny de raconter les histoires mettant en scène le "survivant" laissait Hermione dubitative. Soit elle le voulait mort, soit elle l'adorait.

De son côté, Hermione raconta dans le détail sa présentation devant Tonks. Ginny eut de temps en temps des exclamations de surprise ou d'admiration. Pourtant, l'irlandaise n'avait fait que répondre aux questions. Au début, l'auror avait été elle-même étonnée du contenu du questionnaire fournit par Albus Dumbledore.

- Tu veux dire que Dumbledore savait que tu pouvais réussir tout ça ! s'exclama Ginny accroupie sur le lit de son amie.

- Visiblement, il s'y attendait. admit Hermione qui grattait Cassy derrière les oreilles. Ce qui signifie que. la phrase resta en suspens.

- Lui te connait bien. acheva alors Ginny fermement. Les deux jeunes filles échafaudèrent encore un moment des complots et des plans secrets qui expliquaient qu'on ait pris la peine de former une "super-sorcière".

Á l'heure de s'endormir, Hermione repensa à cette réflexion. S'il la connaissait, pourquoi n'avoir rien dit quand elle était allée le voir ? Il devait s'attendre à ce qu'elle ait le plein usage de ses pouvoirs et donc qu'elle ne soit pas amnésique. En comprenant la situation, il avait préféré se passer de son concours. "Vieux fou" pensa-t-elle "évidemment que je suis déçue à présent". Une larme perla entre ses paupières closes.

« §§§ »

D'un pas décidé, Sirius accompagné de sa fille et de la cadette des Weasley, traversait prestement Pré-au-lard. Au bout d'une rue secondaire se trouvait les bureaux d'un architecte qu'il souhaitait consulter. Les deux jeunes filles s'amusaient de visiter Pré-au-Lard en dehors des sorties organisées par l'école. Ginny expliquait à sa future condisciple où se trouvaient les meilleurs endroits pour coincer un prétendant récalcitrant ou pour se faire la plus discrète possible. Avoir six frères avait permis à la jeune rouquine de trouver moult escapades. L'irlandaise s'étonna de rencontrer autant de sorciers affairés dans les ruelles. Un peu amusé, Sirius lui signala qu'il n'existait pas beaucoup d'endroits où les sorciers pouvaient sortir sans attirer l'attention. Dans ces endroits, ils avaient tendance à se regrouper un peu.

- Pourtant, à Cork, on sort comme ça. répliqua la jeune fille en désignant ses vêtements sorciers. Un sort de confusion ou de dissimulation et les moldus ne font plus attention.

Elle ne remarqua pas l'atterrement dont faisait preuve son père et son amie. La fixité de leurs regards l'inquiéta au bout de quelques secondes.

- J'ai dit une bêtise ? questionna-t-elle.

- Tu viens juste de te souvenir de ta ville d'origine. répondit Sirius avec un grand sourire. Il prit sa fille par les épaules et l'embrassa.

- En même temps, ce n'est pas une surprise, nous savions déjà que je venais d'Irlande. articula la jeune blonde écrasée par les bras puissants de son père.

- Tu es vraiment. commença son père.

- Une fille étrange. acheva-t-elle. Je sais.

Mais le fait d'avoir pu citer la ville de Cork fit revenir en mémoire le découpage des rues qu'elle empruntait régulièrement. Les couleurs de la ville et la fraicheur du vent d'été semblaient très présents. Elle avait passé beaucoup de temps à se promener dans les ruelles de la vieille ville et elle put en raconter des bribes à son père et à Ginny qui déclarèrent sans hésitation qu'ils étaient prêts à s'y rendre avec Hermione pour guide. Cela lui fit plaisir autant que cela l'amusa.

Le passage chez l'architecte fut avant tout une formalité. Ses visiteurs avaient réfléchi une partie de la nuit et toute la matinée à propos des arrangements qu'ils souhaitaient faire exécuter. Hermione avait exigé que sa chambre soit pourvue d'une bibliothèque et d'une fenêtre magique représentant le port de Cork vu de la colline.

- Comme dans ma chambre dans la montagne. avait-elle répliqué à son père qui se demandait d'où venait cette lubie étonnante.

Les souvenirs de la jeune irlandaise devenaient plus précis. Cependant, elle ne les maitrisait pas plus qu'auparavant. L'effort qu'elle faisait pour organiser la maison de son père activait des souvenirs profondément enfouis. Mais elle ne pouvait pas les choisir ni détailler les images qui revenaient. La plupart du temps, il s'agissait de lieux, parfois des visages.

Quand l'architecte eut tout ce dont il avait besoin pour prévoir les devis et engager les travaux, les trois visiteurs retournèrent vers Londres. Cette fois, Sirius voulu prélever une partie des besoins du chantier dans son coffre. Ginny comprit pourquoi sa présence ne gênait pas Sirius. Le simple fait qu'elle se trouva dans le hall de la banque des Gobelins fit réagir presque immédiatement son frère Bill.

- Salut Bill. lança Sirius. J'ai besoin d'un peu d'argent dans mon coffre. Au passage je voudrais montrer les lieux à ma fille.

- Ta fille ? s'étonna le nouveau venu. Bien sûr, tu dois être Hermione. continua-t-il en tendant une large main vers la jeune fille.

- Bonjour Bill. répondit l'intéressée. L'image d'un garçonnet de 4 ou 5 ans s'imposa à la jeune irlandaise qui dut fermer les yeux pour tenter de la faire disparaitre. Si à chaque fois qu'elle rencontrait un Weasley il se passait quelque chose d'étrange, Hermione se dit qu'elle ferait mieux de rester enfermée chez elle.

- Tu vas bien ? s'enquit immédiatement Ginny.

- Une drôle d'impression, c'est tout. répondit Hermione en ouvrant à nouveau les yeux et en esquissant un sourire.

- Ne restons pas là. intervint Bill. Ginny, tu vas dans mon bureau et tu attends. fit-il durement. Sans toucher à rien ! acheva-t-il. Sa sœur lui adressa un méchant coup de langue dès qu'il eut tourné le dos. Ce qui fit ricaner Hermione et la plaça dans une situation inconfortable. Comment expliquer ce mouvement réflexe sans dénoncer son amie ? Bill lui lançait un regard surpris, un peu chargé d'interrogation muette.

- Excusez-moi. balbutia-t-elle. Vous ressembliez tant à Molly que je n'ai pas pu m'empêcher de l'imaginer à votre place.

Le mensonge passa et fit même beaucoup rire Bill qui les conduisit débonnaire vers l'entrée des couloirs menant aux coffres. Hermione n'avait évidemment aucun souvenir de cette banque et regardait tout ce qui passait à sa portée avec un émerveillement sans cesse renouvelé. Tout le temps que dura le trajet, et il fut long car le coffre des Black était l'un des plus anciens, la jeune irlandaise ne se lassa pas de poser des questions sur les modes de sécurisation, les formes de défense contre les agressions. Des questions pratiques posées avec une précision technique qui surprit beaucoup Sirius.

- Dis donc, tu veux organiser un braquage ou quoi ? finit-il par demander à sa fille.

- Personne n'a jamais réussi. coupa Bill très sérieusement.

- Je n'ai pas le droit de m'informer ? s'étonna Hermione.

Bill lui fit remarquer qu'elle n'avait pas besoin de savoir si la banque utilisait des sorts de dissimulation avancés ou simplement des transmutations interatomiques permissives. Ni même de savoir s'il existait des moyens de supprimer les sorts de dissimulation intégrés dans les parois. Trouvant que le monde était vraiment trop injuste pour les jeunes filles curieuses, elle croisa les bras et refusa de parler.

Au passage à proximité d'une superbe cascade, Hermione sortit de son mutisme.

- En plus, vos sorts anti-dissimulation ne sont pas discrets. lança-t-elle acerbe à Bill qui ne put retenir un rictus amusé.

- Tu viendras travailler ici après tes études si ces sortilèges te plaisent. reprit-il. Hermione y réfléchit sérieusement. C'était un métier intéressant de gérer les sorts de protection. Mais elle pensa qu'elle serait plus à l'aise dans un groupe plus actif, comme les aurors. Elle en fit part à ses compagnons de voyage. Sirius n'en fut pas surpris. D'après ce que lui avait indiqué Tonks, elle en avait le niveau.

Ils parvinrent devant une porte immense barré du nom des Black taillé dans le roc qui constituait une porte indestructible. La jeune irlandaise resta sans voix devant l'imposante construction. Bill expliqua que lui-même n'était pas insensible au travail que représentaient les rodes-bosses gravées sur les montants de la porte. Il indiqua aussi que chacun des coffres de la travée dans laquelle ils se trouvaient appartenaient aux plus anciennes familles de sorciers.

- Par-là, ce sont les coffres des Dumbledore, des Potter. Ils sont moins beaux déjà. fit-il en indiquant sa droite.

Sirius connaissait déjà les lieux et était assez peu sensible au patrimoine de sa famille. Ils l'avaient rejeté, il n'avait de ce fait qu'assez peu d'affection pour ce qu'ils lui avaient finalement légué.

- Et par ici, celui des Lestrange, des Olliver. continua Bill devenu pour l'occasion guide touristique.

Poussée par l'instinct, Hermione se dirigea dans la direction que montrait la main ouverte de Bill Weasley. Après quelques pas, elle s'arrêta devant le coffre des Lestrange. Toujours guidée par son instinct, Hermione posa sa main sur la porte du coffre et l'en ôta presque aussitôt. Le sentiment de dégoût qu'elle ressentait dans la bibliothèque de Sirius était présent ici aussi. La jeune irlandaise revint posément vers ses deux compagnons qui commençaient à se demander ce qu'elle recherchait. Ils étaient un peu loin pour voir le voile de satisfaction qui passa sur son visage. Un instant, très bref, pendant qu'Hermione se tournait vers eux, Seagull était revenue.